Tag: Marseille

  • Maurel, Durk et Prud’homme, incontournables favoris

    Maurel, Durk et Prud’homme, incontournables favoris

    Ils vont de nouveau faire trembler le Parc Borély. Comme on vous l’a annoncé en début d’année, le pointeur martégal Pierre Maurel et les bombardiers Maison Durk et Kévin Prud’homme ont décidé de remonter la triplette, déjà finaliste du Mondial en 2021. « Je repense souvent à ce jour-là », lance le local de l’étape qui rêve de remporter La Marseillaise, « le plus beau concours du monde » à ses yeux. « C’était une aventure exceptionnelle, on a vécu des moments extraordinaires. Mais maintenant ce qu’il nous manque dans ce concours, c’est la victoire », poursuit Maurel, déjà vainqueur de deux Nationaux sur ce début de saison : Draguignan avec Maison Durk et Jean-Michel Puccinelli, puis le souvenir « Fernand Rivière » à Nice, en hommage à son oncle, aux côtés des Corses Basil Jackel et Joseph Barbato. De belles performances qui confirment son excellente saison 2025, où il a terminé troisième du classement Passion pétanque française (PPF) et des points Nationaux.

    Trio d’amis avec du caractère

    Les trois compères vont ainsi disputer leur troisième Marseillaise, après la finale en perdue 2021 et leur élimination prématurée en 16e de finale l’année suivante. « Chaque fois que l’on joue ensemble, on fait des beaux résultats. On sait que l’on a ce qu’il faut pour remporter ce Mondial », souligne Kévin Prud’homme, demi-finaliste de la dernière édition en compagnie de son frère Sony et Delson Boulanger. « C’est un concours où il faut aller doucement, tout en ayant conscience qu’on ne peut pas se rater sur une partie. C’est donc toujours mieux quand on est une partie d’amis », ajoute le pensionnaire du club de Décines, qui « arrive à faire le dos rond à côté des deux gueulards ». Comme Maurel, Durk et Prud’homme réalisent un début de saison très honorable. Les deux bombardiers ont même été dimanche jusqu’en quart de finale du National de Firminy. Ils seront d’ailleurs en lice pour un titre de champion de France triplette, ce week-end, à Douai.

  • Les maires appellent à déconstruire la Métropole d’Aix-Marseille

    Les maires appellent à déconstruire la Métropole d’Aix-Marseille

    Après trois heures d’échanges, la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, résumait dans un sourire : « De la Monstropole, nous sommes passés à la nécropole. » Ce lundi après-midi, quatre jours après l’avis budgétaire de la chambre régionale des comptes qui préconisait 118 millions d’euros de coupes dans le budget métropolitain, le président (LR) de l’intercommunalité avait convié les maires du territoire, afin de parler d’une seule voix auprès du préfet de région. Lequel doit désormais arrêter le budget de l’institution après le refus des élus de le voter.

    « Unanimement, l’ensemble des maires de notre Métropole considèrent que le temps est surtout venu que l’État, avec notre soutien, repense le financement des compétences et le périmètre de notre institution », lâche le communiqué final adopté par la conférence métropolitaine des maires, que le président devait adresser au préfet dans la soirée. Dans un œcuménisme résistant aux embardées d’une mise sous tutelle, ceux-ci appellent ainsi à déconstruire l’établissement public né aux forceps, il y a dix ans. De quoi comprendre la satisfaction exprimée à la sortie de l’hémicycle, malgré les 53 millions de dotation de solidarité communautaire (DSC) que la chambre régionale des comptes préconise de retirer aux communes.

    « Il y a une unité qui mérite d’être saluée », appuie Nicolas Isnard à la fin de la conférence des maires. Celui-ci estime toujours avoir choisi le bon chemin : « Sauf si le préfet venait à changer ce qui a été décidé par les magistrats, il n’y aura pas d’augmentation d’impôts pour les contribuables métropolitains. » Mais, surtout, après le constat réitéré par la chambre régionale des comptes d’un développement des transports non financé à terme, il lance : « La Métropole telle qu’elle est aujourd’hui n’est plus viable, nous n’avons pas assez de recettes pour couvrir ses dépenses. » Un diagnostic partagé par la maire d’Aix, qui glisse qu’« au plus haut sommet de l’État, on le dit encore sous le manteau, mais on le dit ».

    Une RTM façon RATP

    « Cette Métropole est malade de sa réalité financière, de sa réalité structurelle, elle est malade de naissance », affirme aussi le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, bien décidé à revoir les flux financiers entre la Métropole et les communes, dans lesquels sa ville reste sous-dotée. « La solidarité entre les communes doit prendre en compte l’histoire et la solidarité, y compris pour la Ville de Marseille », le soutient le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, qui rappelle que la Métropole pourra amender le budget arrêté par le préfet. « Ne nous privons pas de ça », sourit-il, satisfait d’un redécoupage annoncé des compétences qu’il réclamait. Les maires de Marseille et d’Aix, ainsi que le président (DVC) des maires des Bouches-du-Rhône, Georges Cristiani, sont chargés de défendre cette réforme structurelle « au plus haut niveau de l’État », confirme Nicolas Isnard.

    Surtout, les maires affichent aussi un front uni sur le financement des transports. « L’ensemble des élus demandent le déplafonnement du Versement Mobilité à l’instar du Grand Paris », écrit le communiqué final, alors que les entreprises contribuent déjà au maximum légal pour financer les transports sur le territoire. Parmi les pistes évoquées qui nécessitent l’aval du Parlement, un versement différencié en fonction des territoires, « pour payer les transports là où ils sont mis en place et pas de manière uniforme », défend Nicolas Isnard. À la fin de la conférence, Sophie Joissains plaidait aussi pour que les transports soient confiés à un établissement public indépendant de la Métropole, sur un périmètre plus large. « Cela marche à Paris, cela pourrait avoir du sens », défend-elle. Avec, en plus, un retard historique à rattraper.

    Le patronat inquiet pour l’industrie

    Dans une note publiée ce vendredi, l’Union des industries et des métiers de la métallurgie (UIMM) Alpes-Méditerranée appelle à « une sortie immédiate du blocage » face à la mise sous tutelle de la Métropole. Le puissant syndicat patronal demande à respecter la feuille de route signée pour la réindustrialisation du golfe de Fos et de sanctuariser les projets industriels face aux coupes annoncées. D’autant plus face à un retard « plus acceptable » pour « une armature de transport qui reste sous dimensionnée ». Et de tacler : « La responsabilité politique consiste à décider dans la difficulté, pas à transférer la difficulté à une procédure. » Y.S.

  • Le cinéma sous les étoiles, pour vivre un film ensemble

    Le cinéma sous les étoiles, pour vivre un film ensemble

    En 2025, plus de 15 000 personnes se sont déplacées pour assister au Ciné Plein-Air Marseille qui fêtait ses 30 ans. Une nette augmentation par rapport à l’année précédente, à hauteur de 40%. Pour cette 31e édition, le festival investit 26 lieux différents, dont 5 nouveaux, qui accueilleront une quarantaine de projections, tout au long de l’été, du 30 juin au 25 septembre.

    « Le Ciné Plein-Air n’est pas seulement une programmation de films. C’est des souvenirs d’été : des familles, des voisins, des amis qui se retrouvent sur une place, dans un parc, une cour, à la tombée de la nuit », confie Emilia Sinsoilliez, conseillère municipale et déléguée à la culture à la mairie des 2-3. « À Marseille, nous sommes attachés à cette idée d’une culture qui rassemble, qui crée du commun, qui occupe l’espace public. Le Ciné Plein-Air incarne pleinement cette ambition. » C’est un festival qui « réussit à être, à la fois populaire et exigeant, accessible et ambitieux », souligne-t-elle. La directrice du festival, Lucie Taurines partage : « L’ADN de ce festival, c’est avant tout la découverte du cinéma, l’expérience du cinéma qui se vit à plusieurs. »

    Une programmation

    diverse et éclectique

    Cette expérience est vécue dans tous les quartiers. Parcourant films cultes, films d’auteur ou cinéma d’animation, le festival propose une programmation diverse et éclectique, une sélection qui s’est dessinée en lien avec chacun des partenaires qui les accueillent. La saison est marquée par de nombreux temps forts, parmi lesquels, un cycle de neuf films, en écho avec l’exposition Bonnes Mères au Mucem jusqu’au 31 août. À l’affiche, on retrouve entre autres, Mamma Roma de Pier Paolo Pasolini, ou encore Tout sur ma mère de Pedro Almodóvar. Autrement, le splendide théâtre Silvain (7e) accueillera l’avant-première de Route Algéricaine, en présence du réalisateur, Rabah Ameur-Zaïmeche, et de l’équipe du film. À la Plaine (14/08), le public pourra découvrir Hit the Road du réalisateur iranien Panah Panahi. Et cette année, le festival investit un lieu nouveau : l’Espace Mistral de l’Estaque où le public sera convié pour la projection de Partir un jour d’Amélie Bonnin (25/07). Au-delà des nouveaux lieux, une autre nouveauté. La directrice met en avant « une séance adaptée aux spectateurs et spectatrices en situation de handicap sensoriel, le 9 août sur le stade nautique avec le film L’Amour c’est surcôté ».

    Le Ciné Plein-Air, c’est aussi des incontournables comme Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, proposé en partenariat avec le festival Ciao Moka, Little Miss Sunshine ou encore l’émouvante histoire de Erin Brockovich : seule contre tous.

    Détails sur seances-speciales.fr

  • Des douanières de Marseille défileront à Paris le 14 juillet

    Des douanières de Marseille défileront à Paris le 14 juillet

    Un jour qui va marquer d’une pierre blanche leur carrière. Anne-Sophie, responsable du pôle RH à la direction régionale de Marseille et Noémie, membre de la brigade de surveillance extérieure sur le port à Port-Saint-Louis se préparent activement à défiler le 14 juillet à Paris.

    Après une sélection parmi 200 candidats, effectuée notamment par Anne-Sophie, qui va assurer le rôle de chef de bataillon, elles arrivent à une intense cession d’entraînement de deux semaines, à l’école nationale des douanes à La Rochelle, prévue mi-juin. « On marche entre 20 et 30 kilomètres par jour », explique Anne-Sophie, « le physique entre en jeu mais aussi le mental. Nous sommes l’avant-dernier bataillon à défiler, devant les légionnaires, c’est nous qui faisons le plus de mètres ». Le but : « que nous ne réfléchissions plus aux distances, que cela devienne un automatisme » embraye Noémie qui sera parmi les six gardes au drapeau, un emblème historique, orné du cor et de la grenade.

    Marcher au pas n’est pas naturel pour cette administration qui n’est plus militaire (lire ci-dessous). Administratifs et agents de terrain vont devoir trouver une harmonie. « Ce qu’on cherche c’est un collectif qui va réussir à porter nos valeurs », précise Anne-Sophie. Viendra ensuite, pour les 50 agents du carré et les trois remplaçants prévus en cas de blessure, le moment de monter à Paris, le 5 juillet, afin de prendre ses marques, sous la houlette de l’autorité militaire. « C’est elle qui décide si on est prêt ou pas », précise Anne-Sophie. Ne pas trop sourire sans être crispé non plus, contenir ses émotions, suivre la musique… Tout est soigneusement millimétré pour un temps dont toutes les deux espèrent néanmoins profiter. « Même si on sait que ça va passer vite », reconnaît Noémie dans un sourire.

    Porter haut des valeurs

    Avec ses deux ans et demi de douane, ce défilé pour lequel elle était déjà volontaire l’an dernier, reste un « honneur, quelque chose qui reste exceptionnel. On est fiers ». Fille de militaire, Anne-Sophie a eu la chance de voir son père le faire. « J’avais toujours un peu cette idée qu’il puisse aussi voir sa fille », confie-t-elle. Elle espère que ses deux enfants de 5 et 9 ans seront aussi « fiers de voir leur maman ». Mais surtout, viscéralement attachée à une administration où elle officie depuis 17 ans, elle entend mettre en lumière un métier « qui nécessite de prendre sur soi et d’accepter des fois un rôle un peu ingrat, un peu discret ». Elle tient aussi à préciser qu’« on ne s’attend pas forcément à avoir un chef de Pôle RH défiler sur les Champs le 14 juillet. Je le fais aussi pour ça. Dans l’administration, il y a des services qui sont invisibles, mais qui sont là pour faire que le reste fonctionne ». Elle sera la représentante de « tous ces collègues qu’on oublie souvent ».

    Les deux agentes incarneront également leur genre. La douane met un point d’honneur à ce que les bataillons soient dirigés chaque année alternativement par un homme et une femme. « Montrer que cet exercice ne doit pas être teinté plus masculin ou plus féminin » reste pour elles importants. « Parmi la garde au drapeau, on a l’égalité. Au final, le bataillon est plutôt équilibré », se félicite Noémie. Quand Anne-Sophie souhaite nous raconter une anecdote. « Je défilerai en pantalon, comme mes collègues de derrière et pas en jupe. C’est volontaire. Il n’y a pas si longtemps que ça que les femmes cadres supérieures ont ce vêtement dans la tenue de cérémonie… »

    Depuis 2016, pour marquer l’engagement de la douane face aux crises et dans la lutte contre le terrorisme suite à la vague d’attentats qui a touché la France, la douane participe de nouveau au défilé du 14 juillet. Sa présence remontait à celui de la Victoire en 1919, en hommage à leur contribution militaire exceptionnelle durant la Première Guerre mondiale.

    Pas moins de 19 000 agents avaient alors été regroupés en bataillons afin de sécuriser les frontières et 1 421 douaniers meurent au champ d’honneur. Lors de la Seconde Guerre mondiale, les bataillons sont mobilisés en 1939, 326 douaniers sont tués, d’autres seront déportés.

  • Les collégiens brisent les barrières par la musique avec Marsatac School

    Les collégiens brisent les barrières par la musique avec Marsatac School

    Sur scène, quelque 150 jeunes des collèges Stéphane-Mallarmé (13e), Henri-Barnier (16e) et Françoise-Duparc (4e) défilent devant un public de parents, d’amis et de curieux venus assister à ce grand concert. « C’est un projet d’initiation à la musique qui est né en 2018, justement au collège Françoise-Duparc », rappelle Pauline Wohlhuter, administratrice de Marsatac School.

    Pendant dix séances d’une à deux heures, des élèves de la sixième à la troisième ont été accompagnés par des artistes, lyricistes et beatmakers pour réaliser leurs propres musiques. « On leur montre comment on crée des rythmes, des rimes, des paroles. Après ils apprennent à chanter, à rapper, et ils arrivent comme des vrais artistes sur scène », sourit Loucas, qui a accompagné le projet.

    Soutenue par le Département des Bouches-du-Rhône, cette initiation à la musique a permis à trois classes, dont une classe Ulis pour enfants en situation de handicap, de créer quatre chansons chacune. « Le but c’est aussi d’être inclusif et de les aider. On a des retours sur des élèves qui sont en décrochage scolaire, et c’est un projet pour lequel ils reviennent à l’école », affirme Pauline Wohlhuter.

    Artistes en devenir

    Grâce à Marsatac School, certains se voient déjà continuer dans cette voie. « Maintenant on sait rapper et écrire. Peut-être que plus tard, on percera dans le rap et on fera un groupe », rêvent Ylias et Mehdi, élèves de troisième au collège Françoise-Duparc.

    Le projet permet aussi aux jeunes de s’affirmer. « Déjà, ça donne un accès à la culture et en plus ça joue sur leur confiance, leur sociabilité, leur empathie », admet Loucas. « Au début j’étais timide. Maintenant je me dis, autant me lancer », atteste Linoa, qui espère poursuivre dans le rap. Une volonté entendue par Pauline Wohlhuter, qui souhaite que l’accompagnement des élèves perdure. « On essaie de travailler sur une Marsatac Academy pour donner l’opportunité à ces jeunes de continuer à pratiquer. »

    Dans le public, les cris de soutiens fusent. « Ça les a vraiment rassemblés, ils créent de la coopération. C’est la raison pour laquelle j’ai demandé à participer à Marsatac School », détaille la professeure d’anglais des collégiens. De quoi confirmer le pouvoir de la musique comme levier d’inclusion pour les jeunes.

  • Un grand défilé écoresponsable pour clôturer la Slow Fashion Week

    Un grand défilé écoresponsable pour clôturer la Slow Fashion Week

    C’est dans un cadre idyllique, en face de la rade de Marseille, que 105 silhouettes ont défilé, vêtues uniquement de matériaux recyclés. « Il y a 405 kilos de déchets textiles du territoire qui ont été revalorisés », sourit Marion Lopez, fondatrice du Studio Lausié et du collectif Baga qui est à l’origine de la Slow Fashion Week.

    Pendant une semaine, la ville de Marseille a accueilli des conférences, des ateliers de couture et des défilés destinés à mettre en lumière la mode écoresponsable. « C’était magnifique. Je suis très heureuse de cette semaine, et ce soir, très fière de mes élèves. »

    Pour les 21 étudiants de l’école, ce défilé marque l’aboutissement de deux mois de travail. « Les matériaux que j’ai utilisés viennent de mon village d’enfance. Je travaille les plaquettes de médicaments et les filets de pomme de terre », détaille Sascha, qui a réalisé une collection inspirée de la culture alternative, rave et punk.

    « À jamais les premiers »

    L’objectif de ce défilé : que les looks présentés n’aient pas à pâlir face à la haute couture. « Ça nous tient à cœur de montrer que la mode écoresponsable a sa place sur les podiums », campe Marion Lopez. Un pari visiblement réussi : depuis la création de la Slow Fashion Week, « beaucoup d’écoles se sont mises au réemploi ».

    Premier en France à prôner la mode durable, l’événement sensibilise aussi le public à une pratique plus inclusive, encore rare dans ce milieu. Devant la Major, des mannequins de tout âge, tout genre ou en situation de handicap ont défilé. « Marseille a toujours été un port d’accueil (…) Je voudrais que le phare de ce port éclaire tous ceux qui sont dans la démarche de cette mode pleine de valeurs », a salué Jina Luciani, présidente de Maison Mode Méditerranée.

    Alors que la fête s’achevait, Marion Lopez s’est réjouie de l’essor de la mode écoresponsable à Marseille. Une dynamique qu’elle résume par une formule simple : « À jamais les premiers. »

  • La culture continue de s’allier au soin en Provence

    La culture continue de s’allier au soin en Provence

    Une personne ne se soigne pas seulement avec des traitements. Elle se reconstruit aussi grâce aux liens, à l’émotion, à la vie et à la création. Là où la santé protège, la culture rassemble. » Sous les arbres de l’hôpital Salvator, dans le 9e arrondissement de Marseille, Auréa Cophignon, membre de la commission santé de la Région Sud rappelle que l’égalité de l’accès à la santé va avec l’égalité d’accès à la culture. Ce mercredi, Auréa Cophignon, Yann Bubien, directeur de l’Agence régionale de santé (ARS) et Claire Rannou, directrice de la Direction régionale des affaires culturelles (Drac), ont réaffirmé leur engagement pour la politique Santé et culture.

    Créée en 1999 par les ministères chargés de la Santé et de la Culture, cette politique a été relancée et renforcée dans la région Paca avec une nouvelle convention pour 2025-2028. Portée par l’ARS, la Drac et la Région Sud, l’objectif est de faire venir la culture aux patients, proches et personnels soignants au sein des hôpitaux, structures de santé ou médico-sociales.

    Le programme se fait en coordination entre les structures de santé et culturelles. Pour l’appel à projets de 2025, 43 initiatives ont été retenues et 39 en 2026. « Ces projets permettent à la fois à nos soignants et à nos patients d’avoir accès à la culture », se félicite Yann Bubien, directeur de l’ARS.

    « Si l’art et la culture apportent quelque chose d’essentiel, c’est une évasion, une vibration qui échappe au protocole [médical] quelquefois lourd [de certains patients] », affirme Claire Rannou, directrice de la Drac.

    Ces initiatives permettent donc à certains de s’échapper de leur quotidien rythmé par les soins et sont également une forme de guérison.

    E.J.
  • La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    La collecte de sang soutenue par Anthony Gonçalves

    Plus qu’un symbole : l’espace Bargemon, à deux pas de l’hôtel de ville de Marseille, où se déroulent habituellement les conseils municipaux, s’est transformé, ce samedi, en centre de collecte de sang géant le temps d’une journée.

    En son sein : une équipe de l’Établissement français du sang (EFS) reconnaissable avec leurs blouses blanches et tout le matériel nécessaire pour collecter le précieux produit. « C’est grâce à la Ville de Marseille qu’on peut réaliser une collecte dans cet espace. Ce dimanche c’est d’ailleurs la journée mondiale des donneurs de sang, pendant 15 jours on multiplie les actions dans la région pour des collectes », campe Virginie Ferrera-Tourenc, directrice de l’EFS Paca-Corse.

    Des besoins croissants

    Pour l’occasion, l’EFS reçoit un donneur de sang bien particulier : Anthony Gonçalves (PCF), adjoint au maire de Marseille en charge de la santé. « On réalise cette action dans le cadre du partenariat que nous avons avec l’Établissement français du sang. Concrètement, la Ville favorise la collecte de sang, de plasma, de plaquettes… », développe celui qui est également oncologue médical à l’Institut Paoli-Calmettes. Il insiste sur l’importance de l’action du jour : « C’est un acte extrêmement important dans notre société : c’est une action de solidarité réelle. Comme oncologue médical, je passe mon temps à prescrire des traitements qui nécessitent qu’on ait ce soutien en globules rouges ou en plaquettes. » La directrice de l’EFS ne dit pas le contraire : « L’été est une période fragile en termes de dons. Les gens donnent un petit moins et les stocks en France sont en diminution, entre les ponts de mai et la canicule. » Elle insiste sur le fait que les besoins de l’établissement ne portent pas que sur le sang : « On a aussi besoin de dons en plasma, l’eau dans laquelle circulent les cellules. C’est très riche en protéines, avec lesquelles on peut faire des médicaments qui aident des patients au quotidien. »

    En clair, donner son sang, mais pas que, est plus que jamais nécessaire : « Les besoins en médicaments dérivés du plasma sont en augmentation partout en France. Il faut continuer à donner. La demande est toujours importante : urgences vitales, accidents de la route, traitements de cancers et greffes… Sans sang, on ne peut pas traiter les patients. » Des paroles aux actes, Anthony Gonçalves a donné son sang, souhaitant « montrer l’exemple ». Le geste n’a rien d’insurmontable : le parcours du donneur prend 45 minutes pour le sang, avec un accompagnement aux petits oignons de l’équipe de l’EFS qui met à disposition boissons et nourriture. L’élu à la santé note aussi l’aspect « non-marchand et altruiste » du don du sang à l’heure où certains pays, comme les États-Unis, rémunèrent les donneurs : « Les principes de don de sang en France sont clairs : volontariat, bénévolat, gratuité. C’est l’assurance de concrètement sauver des vies. »

  • L’entreprise Satys reste et signe dans les quartiers Nord

    L’entreprise Satys reste et signe dans les quartiers Nord

    Cette rénovation est très motivante pour tout le monde. Car on est passé par des moments difficiles, mais là on est très optimistes. » Salarié depuis 25 ans dans l’entreprise de peinture aéronautique Satys Coating, Sébastien Vitti est très fier, ce vendredi, de présenter son travail aux élus et partenaires de l’entreprise venus découvrir les nouveaux aménagements de l’usine.

    Le site a été rénové avec du matériel de pointe et une productivité augmentée et a célébré sa remise en activité. Un pari réussi alors qu’en 2018 l’activité devait être déplacée dans la Zone d’activité des Florides à Marignane. Le projet avait été stoppé à cause de réticences des habitants et des élus, laissant comme seul choix la délocalisation de l’activité en Hongrie, où une branche existe, ou réinvestir dans le site Marseillais. Fin 2023, la décision est prise : l’activité et le savoir-faire resteront dans les quartiers nord de Marseille, après une réhabilitation du site, qui a donc rouvert ses portes.

    « Ce plan de modernisation, avec trois millions d’euros d’investissement, nous permet de participer à la croissance du secteur de l’aéronautique, de donner à nos salariés de meilleures conditions de travail et enfin de décarboner le secteur en réduisant de 50% notre consommation de gaz », se félicite Thierry Cotelle, directeur général de Satys Coating. Le choix de se maintenir sur place répond au développement dans la région d’Airbus Helicopter, principal client de l’entreprise. Avec 120 emplois sur le site marseillais, le maintien de l’activité est également une victoire pour l’emploi et l’avenir industriel de la ville de Marseille. « Cette rénovation témoigne de la confiance que Satys place dans l’avenir industriel de Marseille, avec ses 1,5 million de pièces traitées par an », salue Julien Harounyan, adjoint (MadMars) au maire de Marseille en charge de l’attractivité économique.

    Une activité d’autant plus importante qu’elle se situe dans le 15e arrondissement de Marseille, où le taux de chômage est plus élevé que la moyenne nationale. « On est contents car on reste dans le secteur où on est nombreux à habiter, sourit Zoheir Messaoudi, représentant des salariés, et aussi car on est fiers de notre savoir-faire. » Car derrière les murs de l’entreprise, ce sont des gestes minutieux et précis qui permettent à des hélicoptères ou des avions de voler au mieux.

    Le directeur général espère que l’activité continuera d’augmenter et pouvoir ainsi embaucher plus de personnes du quartier et de toute la région.

  • Une « bonne idée » mais annoncée trop tard aux yeux des lycéens

    Une « bonne idée » mais annoncée trop tard aux yeux des lycéens

    Je l’ai appris sur TikTok », raconte Lucille Giocanti, en terminale au lycée Sévigné, à Marseille. Le mois de juin est rythmé par les évaluations de fin d’année et par une nouvelle consigne que les élèves de terminale et de première doivent prendre en compte : le durcissement des notations concernant l’orthographe, la grammaire et la syntaxe, dans toutes les épreuves du baccalauréat. L’annonce a été faite par le ministre de l’éducation, Édouard Geffray, au mois de mai.

    À l’unanimité, tous les élèves interrogés jugent cette consigne comme une bonne nouvelle, comme Mathis Motyl, en terminale au lycée du Coudon, à La Garde : « Je trouve que c’est intelligent. On sera bientôt des adultes dans le monde du travail et ce n’est pas normal de ne pas savoir écrire des mails, sans l’aide de correcteurs d’orthographe. » Un avis partagé par Victor Battle, en première, au lycée Irène-
    et-Fréderic-Joliot-Curie, à Marseille : « Dans le fond, c’est une bonne initiative de demander aux élèves de faire attention à l’orthographe. » Toutefois, Lucille Giocanti se demande si cette consigne représentait une priorité face aux enjeux actuels dans l’éducation : « L’état devrait s’attarder sur des choses plus importantes. »

    En revanche, à l’unanimité, tous ces jeunes déplorent un délai trop court entre l’annonce de cette nouvelle notation et les épreuves du baccalauréat. « Le timing n’a pas de sens. Si le ministre avait voulu un meilleur niveau en orthographe, il fallait le dire au début de l’année, là, c’est trop tard, s’insurge Victor Battle. Je n’ai pas spécialement de nouvelle pression puisque mon niveau en orthographe n’est pas trop mauvais. En revanche, je pense à mes collègues qui font des fautes d’inattention, peut-être que certains ont dû réviser ça, en plus du programme. »

    Joa Malliet, en première au lycée Mongrand, à Marseille, renchérit : « On nous a prévenus tard, personne n’a pu se préparer alors que nous étions en plein dans nos révisions. On aurait dû le savoir au début de l’année et pas à trois semaines du baccalauréat. » Pour Imane L’amoulen Caron, en terminale au lycée Saint-Charles, à Marseille, « cette façon de l’annoncer aussi tard est assez brutale est contre-productive ».

    « Un bon nombre de lycées vont perdre des heures »

    Tous confient avoir pris connaissance de cette consigne sur les réseaux sociaux. Depuis, c’est le flou. « Nos professeurs n’ont pas pu nous apporter d’informations complémentaires », explique Lucille Giocanti. Deux questions subsistent chez beaucoup de futurs bacheliers : « Qu’est-ce qu’une copie suffisamment correcte niveau orthographe ? Et sur quel barème se baseront les correcteurs ? »

    Au-delà de ces questionnements, le vrai problème semble ailleurs selon les élèves : les règles de langue ne seraient pas suffisamment enseignées, ni pratiquées sur la durée. « Malheureusement, l’orthographe est très rapidement remplacée par la construction d’idées dans les programmes d’éducation et ça, depuis le collège », confie Mathis Motyl. « En mars ils ont annoncé qu’un bon nombre de lycées allaient perdre des heures de travail. Il me semble qu’à Saint-Charles, ils perdent 50 heures à la rentrée prochaine », ajoute Victor Battle.

    Certains disent ressentir une pression supplémentaire, comme Imane L’amoulen Caron : « Je fais des fautes mais j’estime savoir parler français et l’idée que cela puisse me coûter mon Bac me stresse beaucoup. » D’autres, comme Noa Malliet, se sentent mois stressés : « Comme toutes les réformes appliquées avant, les professeurs seront plus laxistes la première année. Tant que le contenu est bon, ça devrait le faire. »