Tag: Marseille

  • En grève, les cheminots relèvent la tête à Marseille

    En grève, les cheminots relèvent la tête à Marseille

    « Louverture à la concurrence, c’est le contribuable qui la paie ! Quand certains demandent la venue du privé, il faut leur dire que ce sont les citoyens qui paient son arrivée. » En gare Saint-Charles, ce mercredi, Rémy Hours, secrétaire général de la CGT Cheminots Marseille alerte usagers et citoyens sur une situation ubuesque au sein de la SNCF. Devant plusieurs dizaines de travailleurs du rail, il tempête : « La SNCF dégage des bénéfices, l’État les récupère et l’utilise pour financer des opérateurs privés qui arrivent les mains dans les poches sur le réseau opéré par la SNCF ! » En grève à l’appel d’une large intersyndicale (CGT, FO, CFDT et SUD), les cheminots affichent leur colère contre un ensemble de réorganisations au sein de l’entreprise historique du ferroviaire français. Et surtout une politique qui va à l’encontre de tout bon sens : « On est dans une logique de faire du fric en dehors de toute logique. Et sûrement pas pour répondre aux besoins des usagers. » Le syndicaliste développe : « Il y a un éclatement de l’entreprise, dont on voit malheureusement les conséquences aujourd’hui. Il y a des cheminots qui ne voient plus d’avenir avec les restructurations, des métiers qui disparaissent… »

    Le symbole de cette SNCF à contre-sens est évidemment l’ouverture à la concurrence à tous les niveaux. Et notamment avec la création de filiales pour répondre aux appels d’offres dans ce cadre. Les cheminots marseillais en connaissent d’ailleurs un rayon puisque la Région Sud a été la première à expérimenter cette ouverture. Avec encore récemment un lot de lignes de Trains express régionaux (TER) concerné : « Sur le troisième lot, celui Est Provence Alpes, ouvert à la concurrence, dont l’appel d’offres a été gagné par la SNCF le mois dernier : ils annoncent 30% d’augmentation de trafic mais à quel prix ? Et au lieu d’y aller en tant que service public, l’entreprise y va avec une société dédiée de droit privé via une filiale. Je ne sais pas qui gagne de l’argent là-dedans, mais ce n’est ni l’usager ni le cheminot. » Autre exemple au niveau national pour le TGV : « On ouvre les sillons à des entreprises étrangères, comme la Renfe, qui choisissent les sillons où ils viennent s’installer, avec des remises sur les péages. Et c’est même le fonds de concours de la SNCF qui soutient leur déficit ! » Si la CGT insiste sur le coût pour le contribuable, l’organisation pointe aussi le non-sens pour la réponse aux besoins des usagers. « Quand on fait grève, certains pensent que c’est pour garder des avantages. Non, si on est en grève c’est pour le service public, qu’il soit de qualité », martèle Rémy Hours.

    Un coût social dramatique

    Les cheminots alertent aussi sur le coût social de la situation. « L’éclatement du corps social de l’entreprise est un drame social. Le marqueur de la détresse cheminote est le nombre de suicides : 13 depuis le début de l’année, c’est du jamais vu, jusqu’où va-t-on aller ? », s’alarme le secrétaire général. Il énumère : « Perte de repères, perte de sens au travail, isolement, inquiétude. » Et avec un exemple parlant : « Quand on demande ce qu’il se passe pour ceux qui sont concernés par les lignes qui ont des appels d’offres, il n’y a que des points d’interrogation ! » En tout cas, les cheminots espèrent un changement de direction.

  • Des commerçants touchés par la tourmente métropolitaine

    Des commerçants touchés par la tourmente métropolitaine

    En appuyant sur le bouton rouge de la mise sous tutelle le 28 avril dernier, c’est une réaction en chaîne qu’ont déclenchée les élus de la Métropole Aix-Marseille. Parmi les victimes collatérales, des commerçants impactés par les chantiers métropolitains ne reçoivent plus le moindre centime des indemnités promises.

    C’est le cas à Aubagne du Régence, bien situé sur le cours Voltaire où le Val’tram doit entrer en service en 2027. Il y a deux semaines, celui-ci a vu son électricité coupée en plein service en raison d’impayés. « Ils ont bloqué pendant plus de deux ans la ville, et nous étions en face des dépôts du chantier du tramway, témoigne un responsable du restaurant. À partir de là ça a été la catastrophe. Cela a impacté la clientèle, la moitié du chiffre d’affaires a été perdue. » Son dossier avait été validé par la commission métropolitaine d’indemnisation amiable (CMIA), qui compense chaque semestre à hauteur de 60% des pertes constatées les professionnels touchés par les grands chantiers réalisés par l’institution. « Mais le dernier versement a été bloqué », déplore le responsable. Et face aux impayés, le courant coupé en plein service.

    « Stricte réserve juridique »

    « Une bonne dizaine de commerçants sont concernés, place Castellane à Marseille ou à Aubagne, partout où il y a eu des travaux », alerte Bernard Marty, le président de l’union des métiers et des industries de l’hôtellerie dans les Bouches-du-Rhône (Umih 13). Il déplore que ces indemnisations, déjà prévues, ne soient pas versées. « Nous ne sommes pas responsables des résultats financiers de la Métropole, tempête-t-il. Il y a des engagements pris, on aimerait qu’ils soient respectés. Tous ces commerçants sont en danger ! »

    « Il y a des situations très compliquées, nous avons identifié ce problème comme étant prioritaire », acquiesce l’adjointe (DVG) marseillaise au commerce, Rebecca Bernardi. « Tant que la situation n’est pas débloquée avec la chambre régionale des comptes, rien ne peut être versé », déplore-t-elle, alors qu’une commission qui devait se réunir a été annulée.

    « La Métropole est pleinement solidaire des commerçants impactés par les grands chantiers de transport », indique-t-elle, avec 268 dossiers déjà traités. Pour ceux qui ont déjà été validés, « le versement a subi un léger décalage technique lié au renouvellement de l’exécutif métropolitain » et doit être débloqué par les Finances publiques la semaine prochaine. Mais pour les nouveaux dossiers, elle reste « temporairement soumise à une stricte réserve juridique concernant l’engagement de nouvelles dépenses », jusqu’à la notification officielle du budget par le préfet début juillet. Après la validation lundi, la chambre régionale des comptes doit de son côté présenter sa copie ce jeudi, tandis que les maires de la Métropole se réuniront le 15 juin pour l’étudier.

  • La CGT fait bloc contre la discrimination syndicale

    La CGT fait bloc contre la discrimination syndicale

    « Pressions », « menaces » ou « procédures disciplinaires » à l’intention de délégués CGT ou de salariés syndiqués… L’Union locale (UL) de la CGT Timone-Capelette a dénoncé, mardi, les pratiques de plusieurs structures qu’elle soupçonne de recourir à une forme de « discrimination syndicale ».

    « Depuis plusieurs mois, les organisations composant notre Union locale constatent une multiplication de situations préoccupantes visant des militants, élus et syndiqués CGT engagés dans la défense des salariés et l’amélioration de leurs conditions de travail, note François Batista, secrétaire général de l’UL. Nous nous réunissons aujourd’hui pour rendre visibles ces éléments, mais aussi pour envisager des initiatives qui puissent nous permettre d’inverser la situation. » Parmi les structures pointées du doigt : l’Amicial, association d’aide à domicile. L’une de ses salariés, déléguée syndicale et élue au CSE, serait, d’après l’UL, actuellement en arrêt de travail des suites d’une « agression verbale » de la part de sa direction. Elle serait également « l’une des seules employées toujours sous-classée au regard de son ancienneté et de ses diplômes ». L’UL insiste sur la multiplicité des cas identifiés qui « interrogent sur des pratiques patronales qui tendent à fragiliser l’exercice des libertés syndicales ». Ces revendications seront portées lors de la mobilisation prévue le 25 juin, à l’appel de la CGT Santé et action sociale, pour défendre les salaires et les conditions de travail.

  • Onze millions de dividendes pour les Eaux de Marseille

    Onze millions de dividendes pour les Eaux de Marseille

    L’argent ruisselle vers le haut, à la Société des eaux de Marseille (SEM). Assurant l’approvisionnement en eau potable de plus d’un million d’habitants dans le périmètre de l’ancien conseil de territoire Marseille-Provence, soit la majorité de la population de la Métropole, la filiale de Veolia doit présenter ses résultats annuels lors d’une assemblée générale prévue le 19 juin. Au total, celle-ci a réalisé quelque 10,99 millions d’euros de bénéfices sur l’exercice 2025. Qui remonteront presque intégralement à la société mère. Selon nos informations, la résolution présentée au conseil d’administration propose de fixer le dividende unitaire à 24,65 euros, avec un paiement prévu à compter du 26 juin. Soit au total 10,98 millions d’euros de dividendes, qui remonteront logiquement à la multinationale du CAC 40.

    Cette affectation des bénéfices reste dans le droit fil des années précédentes. Selon les comptes déposés par la SEM consultés par La Marseillaise, 66,7 millions d’euros ont été distribués ces cinq dernières années. Soit plus de la moitié du déficit que la Métropole, compétente pour la gestion de l’eau, cherche à combler. Au total, Veolia a ainsi reçu 93,8 millions de dividendes depuis 2014, date d’entrée en vigueur de l’actuel contrat de délégation de service public de la distribution de l’eau à Marseille et dans les quinze communes environnantes, qui court jusqu’au 30 juin 2029. La « durée excessive » de ce giga-contrat à 2,8 milliards d’euros avait fait tiquer les magistrats de la chambre régionale des comptes en février 2014 qui dénonçait déjà « l’absence d’une clause destinée à maintenir le bénéfice du délégataire dans les limites du raisonnable ». Une enquête du parquet national financier avait finalement été déclarée sans suite.

    D’autant plus que se pose déjà l’avenir de cette délégation. En juin 2025, le conseil métropolitain avait approuvé le principe d’un regroupement des périmètres de gestion de l’eau en deux blocs métropolitains, sans préciser leur mode de gouvernance. De quoi alerter les élus de gauche qui y voyaient une façon d’imposer des délégations de service public taille XXL (notre édition du 02/09/2025). Lors des dernières municipales, le Printemps marseillais réclamait le retour en régie des activités déléguées à Veolia depuis les années 1960. Reste à savoir si l’entente avec le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard, suffira à concrétiser la promesse.

    Sollicitée, la SEM n’a pas donné suite.

  • Défilé de stars au Meeting international de Marseille

    Défilé de stars au Meeting international de Marseille

    Vingt ans après sa création, le Meeting international de Marseille, organisé par l’incontournable SCO Sainte-Marguerite, continue d’attirer les plus grands noms de l’athlétisme mondial.

    Depuis le passage remarqué de la star américaine Allyson Felix (l’athlète féminine la plus titrée de l’histoire) dans la cité phocéenne en 2018, le rendez-vous marseillais s’est imposé comme une étape prisée du circuit international. Cette édition anniversaire, organisée mercredi 10 juin au stade Delort, à partir de 20h, ne dérogera pas à la règle.

    Douze épreuves figurent au programme de la soirée, réparties à parts égales entre les femmes et les hommes, une parité devenue au fil des années l’une des marques de fabrique de l’événement.

    À la recherche des minima pour Birmingham

    « C’est une édition compliquée à organiser parce qu’il y a énormément de meetings à travers le monde à cette période de l’année et, comme d’habitude, les athlètes sont à la recherche des minima », explique Laurent Manneveau, directeur du Meeting de Marseille.

    Habitué à l’exercice, le chef d’orchestre de l’événement parvient néanmoins à attirer sur la piste du stade Delort des athlètes de premier plan. « Les 400 m hommes et femmes vont être très intéressants », souligne-t-il, en faisant notamment référence à Louise Maraval, numéro un française de la distance, qui avait réalisé les minima pour les Jeux olympiques de Paris 2024 lors de cette même compétition il y a deux ans.

    Les épreuves de demi-fond promettent également un beau spectacle avec la présence de plusieurs têtes d’affiche, parmi lesquelles la Britannique Phoebe Gill, considérée comme l’un des grands espoirs européens de la discipline, l’ancien champion du monde en salle kényan Noah Kibet ou encore l’Italien Pietro Arese, finaliste olympique du 1 500 m en 2024.

    Les locaux veulent tirer leur épingle du jeu

    Plusieurs athlètes européens prévus au programme tenteront également de décrocher leur qualification pour les Championnats d’Europe de Birmingham, prévus dans deux mois (du 10 au 16 août).

    Face à ce plateau relevé, les représentants locaux auront à cœur de briller devant leur public. Parmi eux, la sprinteuse Lucie Jean-Charles sera particulièrement attendue sur le 100 m. Revenue récemment au SCO Sainte-Marguerite, elle reste sur un titre de championne de France du 60 m.

    Le club organisateur du Meeting international de Marseille pourra également compter sur plusieurs recrues de poids, à l’image de la Toulonnaise Charlotte Pizzo, triple championne de France du 800 m, qui cherchera elle aussi à se mettre en évidence sur la piste phocéenne.

    Un avant-programme placé sous le signe de l’inclusion

    Le Meeting de Marseille prendra son envol dès 16 heures avec les épreuves du pré-meeting, réservées aux catégories jeunes et seniors des niveaux régional et national. Près de 150 enfants, âgés de 6 à 14 ans, se succéderont sur la piste du stade Delort tout au long de l’après-midi. Pour la troisième année consécutive, le para-athlétisme sera également mis à l’honneur. Un 100 m ouvrira le programme régional et offrira au public l’occasion d’encourager les concurrents. « L’athlétisme s’est beaucoup démocratisé ces dernières années », observe Laurent Manneveau. Il se réjouit de voir se côtoyer sur la même piste des athlètes de tous âges, des plus jeunes licenciés jusqu’aux compétiteurs quadragénaires.

    C.K.

  • [Entretien] Nadav Lapid : « Ce boycott renforce la position de l’extrême droite en Israël »

    [Entretien] Nadav Lapid : « Ce boycott renforce la position de l’extrême droite en Israël »

    Visiblement essoré par la polémique au centre de laquelle il se trouve depuis quelques jours, Nadav Lapid a accordé quelques minutes à La Marseillaise. Déplorant l’attitude du FID Marseille qui ne l’a, à ses yeux, pas soutenu, voire poussé à se retirer, le réalisateur reparcourt, façon express, son attitude face à un boycott qui couvait depuis un moment. Selon lui, une démarche contre-productive qui ne fait que le lit du gouvernement israélien, encore et toujours à l’œuvre dans sa destruction du peuple palestinien.

    La Marseillaise : L’appel
    au boycott dont vous avez été
    la cible est parti de réalisateurs sélectionnés au FID qui ont d’abord refusé que vous siégiez dans le jury, avant de pointer
    la projection de votre film «
     Le policier ». De quoi cette démarche est-elle le nom ?

    Nadav Lapid : À mes yeux, il n’y a aucun problème lorsqu’il s’agit de discuter et débattre. On me parle du financement de mon film [Oui, sorti en 2025 et financé en partie par le Israël film fund, Ndlr]. C’est une question tout à fait légitime. Mais pour l’instant, ce débat est posé de manière extrêmement superficielle. Mais la vraie question à poser selon moi est: « Peut-on faire aujourd’hui du cinéma politique, radical sur le fond et sur la forme, si on touche toutes formes de financement ? » Après, est-ce qu’on adresserait cette même critique à Jafar Panahi qui a pris pour la moitié de ses films de l’argent iranien, de l’argent des mollahs ? Est-ce que quelqu’un aurait donc pensé à le boycotter ou à le délégitimer ? Heureusement que non. Pareil en ce qui concerne l’un des plus grands réalisateurs de notre siècle Abbas Kiarostami. Il y a aussi pas mal de cinéastes israéliens et palestiniens qui ont bénéficié de financements israéliens. Sont-ils boycottables ou non ? La discussion est légitime mais la manière de faire, le boycott, est idiote.

    Vous, le critique virulent de la politique israélienne, cela vous a-t-il étonné d’être au centre
    de ce boycott ?

    N.L. : Je n’ai pas anticipé cela car il ne s’agissait pas d’un film mais de moi-même. Je n’ai pas l’impression d’être quelqu’un d’illégitime, que ma propre présence soit inadmissible. Donc oui, cela m’a étonné.

    Les producteurs d’une dizaine
    de films sélectionnés au FID Marseille ont ensuite annoncé leur retrait. Qu’est-ce qui vous
    a poussé à annuler de vous-même votre présence au festival ?

    N.L. : Dire que je me suis retiré de moi-même n’est pas totalement exact et précis. Par rapport à la question du jury, le FID m’a fait comprendre que pour eux, la meilleure chose qui pouvait leur arriver, était que je me retire. Je sentais qu’ils avaient, d’un côté, très peur de cette pression de certains réalisateurs, et de l’autre, très peur de me demander explicitement de me retirer. Ils ont finalement trouvé la solution de me désinviter sans me le demander concrètement. Une solution facile. Trop facile. Quand quelqu’un vous répète plusieurs fois qu’il ne sait pas quoi faire, qu’il est sous une pression forte, vous comprenez de vous-même ce qu’ils essaient de vous dire. Et en ce qui concerne la question de la masterclass que je devais donner et de la projection de mon film, c’est moi qui me suis délibérément retiré. Je n’avais pas envie de venir parler de mise en scène en étant sécurisé par la police. Cela aurait été absurde.

    Le Crif Marseille Provence,
    relais de la propagande du gouvernement d’extrême droite en Israël, a publié un communiqué ce mardi. Il ne s’émeut à aucun moment du boycott dont vous avez été victime mais déplore plutôt les qualificatifs «
     génocidaire », « raciste » et « colonialiste » accolés par le FID à l’État d’Israël…

    N.L. : Suite à l’annonce de mon retrait du FID, c’est par exemple le ministre de la Culture israélien qui n’a pas pu cacher son bonheur. Il a d’ailleurs tout de suite déclaré que pour lui, c’était la preuve ultime que, quelle que soit notre position, qu’on soit un opposant au régime ou non, on sera toujours haï partout. Et encore, selon lui que, parce que nous sommes des juifs d’Israël, nous devons agiter les drapeaux en l’air. Tout cela renforce la théorie de l’extrême droite en Israël.

  • Ludovic Perney élu à la tête de la fédération LR

    Ludovic Perney élu à la tête de la fédération LR

    C’est une page qui se tourne pour les Républicains dans les Bouches-du-Rhône. À l’issue de deux jours de vote, les militants ont élu ce mardi soir à la présidence de la fédération le vice-président au conseil régional chargé de la jeunesse, Ludovic Perney. Celui-ci a recueilli 71,3% des suffrages exprimés, distançant nettement l’ex-présidente du groupe d’opposition au conseil municipal marseillais, Catherine Pila. Parmi les plus de 2 300 adhérents inscrits, ils sont 58,7% à avoir voté. Un résultat qui vient terminer la séquence des municipales et leurs conséquences pour la droite dans le département, entre son effondrement à Marseille face au RN et l’émergence d’une nouvelle génération de maires. Élu à Istres, Robin Prétot lui avait apporté son soutien, tout comme – plus discrètement – le nouveau président de la Métropole, Nicolas Isnard.

    « Si l’on m’avait dit, lorsque j’ai pris ma première carte à l’UMP à l’âge de 14 ans, que quelques années plus tard je présiderais la fédération départementale de ma famille politique, je ne l’aurais sans doute pas cru », partage l’élu âgé de 30 ans au moment d’annoncer les résultats du vote. Reconnaissant que « la tâche est immense pour retrouver la confiance des électeurs ».

    Mais derrière ce vote se jouait aussi un autre affrontement politique. « La candidature de Catherine Pila n’est poussée que par la volonté de Martine Vassal de garder une main sur le parti », accusait-il. Quand d’autres reprochaient à Ludovic Perney sa proximité avec le président (Ren.) de Région Renaud Muselier. L’ex-présidente de la RTM lui avait aussi reproché d’utiliser illégalement les contacts des adhérents pour sa campagne et avait alerté les instances du parti. « La campagne étant terminée, je l’appelle à venir travailler à nos côtés, conformément au choix des adhérents, pour le succès de nos idées », propose-t-il désormais.

    Dans un communiqué, celle-ci « prend acte du résultat de l’élection ». Mais face à ce qu’elle désigne comme des « irrégularités », elle annonce « former un recours auprès de la Haute autorité des Républicains ». En précisant qu’elle « ne revendique pas la présidence de notre fédération ».

  • Les soutiens à Cuba refusent de baisser les bras

    Les soutiens à Cuba refusent de baisser les bras

    Ils sont une soixantaine, drapeaux et pancartes dans les mains, à afficher leur soutien à Cuba. « On est là pour revendiquer la liberté des peuples à vivre dignement. La situation actuelle, c’est un non-respect de l’humain », témoigne Josette Biancheri, secrétaire générale adjointe à l’Union syndicale des retraités (USR) CGT 13.

    Devant la préfecture des Bouches-du-Rhône, les voix dénoncent « l’impérialisme de Donald Trump ». Sabrina Manca, secrétaire de l’Union départementale CGT 13, s’indigne : « Certes il n’utilise pas les bombes, mais il sème la misère, la famine et met le peuple à l’agonie. » Un avis partagé par Nicole Giraudi, présidente de France Cuba Marseille 13 : « Depuis janvier et les nouvelles mesures, il n’y a pas d’énergie, plus de transports. C’est un désastre réel. »

    Garder espoir

    Malgré la situation, les militants ne se découragent pas, et voient d’un bon œil la discussion qui se tiendra jeudi 11 juin à l’Assemblée nationale. « Au moins, ce sera mis dans le débat. Ça informe les gens, donc ça permet de faire pression », espère Robert, participant au rassemblement. Micro à la main, Nicole Giraudi accable le gouvernement : « On a écrit à Monsieur Macron, qui a toujours fait la sourde oreille. On continuera. C’est crucial d’être debout avec les Cubains. »

    Et les organisations insistent avant tout sur la solidarité. « Nous allons interpeller les compagnies maritimes pour débloquer l’envoi de conteneurs et de matériel à Cuba », promet Pascal Galéoté, secrétaire général de la CGT du Port de Marseille. Et Nicole Giraudi de conclure : « Trump dit que le fruit sera mûr et tombera. Et bien le fruit continue de résister, malgré tous les aléas. »

    Rassemblement mercredi à Toulon

    À la veille du débat sur la résolution portée par le PCF à l’Assemblée nationale jeudi, la Fédération du PCF du Var appelle au rassemblement mercredi, à 17h30, place du Murier à Toulon. « Il est temps que la France se fasse entendre pour exiger la fin du blocus, la levée des sanctions (…) et apporte de l’aide humanitaire », lancent les communistes varois.

    Ad.B.

  • Vingt ans, le plus bel âge de la vie des Archives

    Vingt ans, le plus bel âge de la vie des Archives

    La Marseilloise, avec une Une particulière : « Jul, nouveau maire de Marseille, lance les JO 100% phocéens ! » À l’occasion des 20 ans des Archives et Bibliothèque départementales (ABD), plusieurs événements ont été organisés mardi, lançant des animations qui se poursuivront durant le mois de juin. Parmi eux, une restitution d’un projet d’éducation artistique et culturelle, réalisé par des collégiens de la cité scolaire Jacques-Chirac et André-Chénier.

    « Cette image est vraie ou fausse ? », demande un collégien qui présente une installation en forme de bateau, nommée CTRL+S, rempli de fausses informations. Durant l’année, les élèves ont réalisé un travail autour de notions du vrai et du faux et de thématiques liées à la mémoire, illustrant la manière dont les archives peuvent aborder des problématiques actuelles. « L’idée était d’ancrer les archives dans la réalité, le monde présent », souligne Marie-Claire Pontier, directrice des Archives. Le projet, porté par le Département et l’association Planète émergences, a fait appel à Germain Prévost, artiste plasticien, pour encadrer les élèves. « J’ai voulu transformer le bâtiment des Archives en bateau, car vu d’au-dessus, il a une forme de coque », sourit l’artiste. « L’objectif était d’apprendre à comment naviguer sur un océan qui serait Internet, avec son flux d’informations, et comment gérer ce que les jeunes voient sur les réseaux sociaux », développe-t-il. Driss, élève de 3e, a participé à l’élaboration du « navire ». « Je pense que c’est un projet important, on voit de plus en plus de fake news, surtout avec l’augmentation de l’utilisation de l’IA sur les réseaux sociaux », explique-t-il.

    Préserver la mémoire

    Autre temps fort, une frise photographique « 20 ans des ABD » déroulée sur le mur extérieur du jardin de la lecture, présentant le quartier d’Arenc avant Euroméditerranée, avec la construction du bâtiment et l’histoire du quartier, qui était à l’origine dans une friche industrielle. « Ce bâtiment est emblématique, c’était une première en France. Il part d’une volonté du Département d’installer deux compétences dans une même structure », note Marie-Claire Pontier. Des espaces habituellement fermés au public sont également ouverts, une manière de mettre à l’honneur l’architecte du bâtiment, Corinne Vezzoni.

    « Préserver et transmettre nos archives, c’est faire vivre notre mémoire collective et la rendre accessible à tous », rappelle Martine Vassal, présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône.

    Germain Prévost partage cette idée : « Il y a une réelle importance des lieux comme les Archives, qui sont des garants de l’information, un sanctuaire des rôles de l’histoire, permettant de préserver la démocratie », déclare-t-il.

    « Vous pourrez venir voir vos travaux quand vous serez plus grands ! », lance la directrice des Archives aux élèves. Les documents des collégiens seront rangés et conservés dans les 14 kilomètres de rayonnage, aux côtés des 415 000 archives des Bibliothèques départementales.

    Programme sur archives13.fr

  • [Entretien] Maître Marie-Julie Conciatori : « Dans l’énergie, l’amiante reste un énorme chantier »

    [Entretien] Maître Marie-Julie Conciatori : « Dans l’énergie, l’amiante reste un énorme chantier »

    Le 18 juin, c’est une enquête de l’inspection du travail qui concernera Enedis. La CGT Énergie dénonce, par voie de justice, l’inertie de l’entrepreneur sur plus de 4 400 postes de distribution d’électricité susceptibles d’exposer les salariés à l’amiante.

    La Marseillaise : Le combat pour
    la reconnaissance du préjudice d’anxiété d’exposition à l’amiante des salariés d’Enedis remonte
    à 2012. Qu’est-ce qui a changé
     ?

    Marie-Julie Conciatori : Cette étape concernait principalement les retraités et un actif. Il y a eu plusieurs étapes procédurales qui ont suivi. Car on obtenait difficilement les justificatifs parce que rien n’était vraiment mis à disposition des agents, rien n’est accessible, il faut investiguer sur tous les points et arriver à collecter les informations. C’est la même procédure mais certaines juridictions ont été plus rapides que d’autres. Sur celles qui sont passées au stade de l’appel et de la cassation, on a gagné des petites victoires, qui cumulées font une belle victoire, puisqu’aujourd’hui on a obtenu la reconnaissance du préjudice d’anxiété ce qui était totalement refusé par la partie adverse depuis le début. Cette fois, on travaille sur la question de la salubrité qui concerne les actifs. C’est une procédure interne au statut mais qui est tue par la direction, rien n’est mis en place.

    Des techniciens sont aujourd’hui encore exposés au risque d’amiante ?

    M.-J.C. : Les électriciens restent concernés par l’exposition à l’amiante et aux substances CMR dans le cadre de leurs missions et interventions aujourd’hui encore. Il y a eu des malades déclarés, des agents décédés et il y a des agents actifs toujours exposés aujourd’hui. Dans une procédure qui concernait principalement les retraités, sur une soixantaine de dossiers, il y a eu 8 décès et 15 malades. Aujourd’hui encore les informations de l’employeur sont insuffisantes et les agents sont donc contraints de travailler alors qu’ils savent qu’ils risquent leur vie.

    L’employeur manque-t-il à ses obligations de prévention,
    de formation
     ?

    M.-J.C. : Il y a des formations qui commencent à être dispensées mais elles sont stéréotypées et généralistes. Elles donnent la connaissance de la dangerosité mais ne sont pas spécifiques ni adaptées à la prestation au travail. Les fiches d’exposition sont une obligation de l’employeur mais elle n’est pas respectée car elles sont toujours délivrées avec du retard et avec des manquements, notamment sur la mesure de l’exposition. Les moyens de protections individuelles et collectives ne sont toujours pas délivrés, ni en nombre suffisant, ni fournies aux agents et il y a un problème de gestion des déchets usés.

    Les sous-traitants d’Enedis sont donc aussi exposés…

    M.-J.C. : Tous sont exposés. Pour exemple sur un chantier où il y a eu un problème important, une équipe est intervenue, a enlevé les plaques et les a jetées dans la voiture. Eux-mêmes ne sont pas informés. C’est un chantier énorme, l’amiante dans l’énergie. Il y a un prestataire qui s’est désengagé. Ils font valoir leurs droits sur les interventions et ce devrait être une alerte mais ça ne semble pas arrêter les donneurs d’ordre. Il y a les entreprises qui sont listées amiante et qui sont reconnues et il y a celles hors liste, c’est un vrai combat. La réalité est une prévention obligatoire et incontournable, mais il y a une inertie par recherche de la rentabilité. Un salarié a expliqué que pour gérer un chantier, il lui fallait à la fois se protéger de l’amiante et de l’électrification. Ces équipements sont très chers.