Tag: Marseille

  • Ciblé par Stéphane Ravier, Théo Challande réagit

    Ciblé par Stéphane Ravier, Théo Challande réagit

    Dix jours après avoir été pris pour cible par le sénateur (ex-RN) Stéphane Ravier, l’ancien adjoint (EELV) à la lutte contre les discriminations Théo Challande Névoret indique ce dimanche à La Marseillaise qu’il va porter plainte face aux menaces reçues. En se filmant au volant de son véhicule, le parlementaire l’accuse de « christianophobie » pour avoir organisé dans le bar LGBT le Boum, (6e) une « fête de la v(i)erge » le jour de l’Assomption. « C’est dégueulasse, c’est ignoble » lâche le sénateur qui désigne l’ex-adjoint comme un « artisan assumé de l’islamisation de la ville », tandis qu’en réponse des commentaires appellent à « réorganiser les croisades et les milices » ou estiment que « la peur doit changer de camp ».

    « Quand cela s’est passé, j’étais très en colère, cela nous prend du temps, de la santé mentale, reconnaît Théo Challande Névoret. Mais nous nous sommes rendu compte qu’il valait mieux en rire, retourner la situation en continuant à caricaturer, à être drôles, à dénoncer un utilisant un langage non violent, artistique plutôt que de propager des haines ». Face aux menaces, la publication a été immédiatement signalée sur la plateforme du ministère de l’Intérieur Pharos, et une plainte devrait être déposée cette semaine face aux propos tenus en commentaire. « Nous nous réservons le droit de déposer une plainte si le sénateur à un comportement délictuel à mon encontre », précise l’ancien adjoint. Il dénonce surtout le procédé employé par le parlementaire : « Ce qu’il fait, c’est désigner une cible et sans le dire il ouvre la voie aux violences. L’extrême droite montre de manière franche qu’elle veut nous censurer, que l’on n’a pas le droit d‘avoir une pensée laïque, de caricaturer, que l’on n’a pas le droit à la liberté artistique ».

  • Il y a 82 ans… la naissance légale de « La Marseillaise »

    Il y a 82 ans… la naissance légale de « La Marseillaise »

    Après des numéros clandestins diffusés au péril de la vie de nos fondateurs, traqués par l’occupant et ses complices de Vichy, notre journal sort enfin de l’ombre pour jouer pleinement son rôle d’information de la population et d’appel à la mobilisation, afin que notre région et la France tout entière recouvrent leur liberté. Les efforts conjugués de la Résistance et des troupes du débarquement de Provence permettront la libération définitive de Marseille le 27 août 1944.

    Extraits du témoignage d’André Remacle, livré en 1979, résistant et principal artisan de ce numéro

    avec sa femme Rosette.

    La nuit du 23 au 24 août, Marseille est secouée par les bruits du canon. D’incessantes rafales troublent les rues du quartier. Dans l’imprimerie, l’agitation joyeuse bat son plein… Sur le « marbre » s’élaborent unis dans cette première victoire, comme ils l’ont été dans le combat commun, La Marseillaise et Rouge Midi.

    Les « formes » sont serrées, pressées sous la prise d’empreinte, coulées, portées aux rotatives, et bientôt le premier numéro de La Marseillaise dans le papier tendu autour du rouleau jaillit de la rotative, avec sous une bande tricolore ce titre sur huit colonnes : « Marseille est libérée » et des photos du général de Gaulle, de Roosevelt, de Staline et Churchill. Elle dit la ville en armes, la prise de la préfecture racontée par un témoin, la disparition des journaux locaux, l’entrée à Marseille des troupes, un résumé de ce qu’avait été cette longue et dramatique semaine du mois d’août.

    Au petit matin, dans les quartiers libérés, dans ceux qui sont encore au combat comme Endoume, le Roucas Blanc, les quartiers Nord, La Marseillaise et Rouge Midi sont littéralement arrachés dans les mains de ceux qui les vendent.

    La Marseillaise a tenu son rôle… Tout son rôle, c’est une autre histoire ! Les illusions de ces journées où éclatait la liberté n’ont pas été perdues mais parfois rognées.

    Nous roulions il y a quelques jours avec des amis sur les routes de l’Embrunais et un écriteau nous sauta aux yeux sur un de ces rudes chemins au flanc de la montagne : « route non déneigée, chaussée déformée ». Il y a encore devant nous beaucoup de routes non déneigées et de chaussées déformées, beaucoup de travail reste à faire et à refaire pour déblayer une voie qui, nous l’avons appris, n’est pas une voie royale.

    Oui, mais je veux toujours et longtemps encore entendre les vers de Verlaine : « L’espoir luit comme un brin de paille dans l’étable. »

  • OM : une belle ouverture face à Strasbourg

    OM : une belle ouverture face à Strasbourg

    Le match de toutes les peurs, vendredi, s’est transformé en démonstration de la part de l’OM.

    Avec à la clef un succès net, 4 – 0, obtenu avec des buteurs symboliques. Il y a d’abord le doublé d’Amine Gouiri, qui montre que l’international Algérien reste concentré sur son rôle en pointe de l’attaque, malgré les rumeurs de départ.

    Il y a eu le dernier but de Pierre-Emile Höjbjerg, suivi d’une manifestation qui en dit long sur l’attachement du Danois au maillot olympien. Mais également le troisième but, signé Keyliane Abdallah, symbole de ces Minots qui devraient jouer un rôle important cette saison.

    Si elle a rassuré, la victoire n’a pas fait perdre son sang-froid à Bruno Genesio. « Nous avons fait pas mal de bonnes choses, même s’il a manqué un peu de folie dans les 25, 30 derniers mètres, de dribbles, de percussion, de vitesse », a-t-il noté. Pour lui, son équipe a su gérer la situation après la rapide ouverture du score au retour des vestiaires. « Quand vous marquez si vite au retour des vestiaires, ça vous libère. Ensuite, nous avons su profiter de notre supériorité numérique ».

    Il a surtout rappelé que « cela va donner de la confiance, mais je le redis, attention de ne pas croire que tout est réglé. Il y a encore 33 matches à jouer et s’il n’y avait pas eu ce résultat, j’aurais dit la même chose. Donc à nous de rester comme nous sommes, de continuer à travailler ».

  • Le coup d’envoi de la Quadra solo – duo de Marseille aux Embiez a été donné

    Le coup d’envoi de la Quadra solo – duo de Marseille aux Embiez a été donné

    C’est une nouvelle formule qui régit la Quadra solo – duo, qui élargit les perspectives de l’épreuve.

    Afin de soutenir la navigation en équipage réduit en Méditerranée, la Société Nautique de Marseille a décidé d’ouvrir la Quadra Solo Duo à tous les régatiers, sans restriction d’âge. Auparavant, le règlement imposait que le skipper, ou au moins l’un des équipiers pour les duos, ait 40 ans minimum dans l’année en cours. Cette nouvelle disposition rend l’épreuve accessible au plus grand nombre.

    Sur le parcours Marseille – Les Embiez – Marseille, la Quadra solo-duo constitue un rendez-vous particulièrement séduisant du calendrier des régates en Méditerranée. « La course en solitaire ou en double est souvent un rêve. L’expérience permet de se lancer dans le grand bain » explique Stéphane Sollari, membre du comité directeur et responsable du pôle course, qui a lui-même déjà disputé plusieurs fois la grande classique.

    « En participant à une course, on bénéficie de l’accompagnement et de la sécurité du groupe. De l’ambiance aussi !… ». Avec six journées de régate dont une course de nuit et une escale aux Embiez, la Quadra solo-duo est une épreuve toujours particulièrement prisée par les régatiers. Son succès tient à la fois à l’aspect très sportif et à la bonne ambiance à terre, où l’amitié unit les coureurs. En mer, c’est une bataille acharnée ! « L’idée c’est de permettre au plus grand nombre de franchir le pas » ajoute-t-il encore. « Notre souhait est vraiment que chacun se sente bien dans ce nouveau format ».

  • [C’est l’été] Un festival gratuit pour préparer la rentrée à Marseille

    [C’est l’été] Un festival gratuit pour préparer la rentrée à Marseille

    « Régalez les jeunes avant la rentrée. » Saïd Sardi répète inlassablement cette formule pour résumer l’esprit du festival Back to School, dont la troisième édition se tient ce lundi, de 13h à 23h, au Parc Mistral, à l’Estaque (16e).

    Organisé par le créateur de contenu originaire de la Castellane et son association Castelife, en partenariat avec la Ville de Marseille et l’association humanitaire Life Ong, le rendez-vous entend d’abord soulager les familles avant la rentrée. « Le but, c’est d’aider les parents pour la rentrée en leur donnant un gros coup de main avec la distribution gratuite des fournitures scolaires », rappelle Saïd Sardi.

    Au total, 750 kits scolaires complets seront offerts, tandis que stands de coiffure, village aquatique, maquillage, jeux, espace bien-être, rencontres avec des entrepreneurs et restauration gratuite rythmeront l’après-midi. « Ce festival, ce n’est pas que la distribution de fournitures scolaires, c’est une vraie préparation complète à la rentrée pour régaler les jeunes et leurs parents », résume-t-il.

    Favoriser l’insertion professionnelle des jeunes

    Cet événement s’inscrit pleinement dans la mission quotidienne de l’association : « Accompagner la jeunesse des quartiers populaires sur l’insertion professionnelle, précise le fondateur de Castelife. Avec cet événement, on incarne cette mission de faire le pont entre la jeunesse et les structures d’insertion ».

    Après deux éditions à La Castellane, le festival s’installe cette année à l’Estaque. « J’ai reçu tellement de demandes de jeunes d’autres quartiers que je me suis dit que l’Estaque était le lieu adapté car il est au carrefour de plein de quartiers populaires », justifie Saïd Sardi.

    Plusieurs personnalités connues et des créateurs de contenu, dont Bengous, Johan et Racha ou encore Houria Les Yeux Verts, sont attendus. De quoi nourrir les ambitions de Saïd Sardi : « En 2024, 1 000 personnes sont venues, l’année dernière 1 500 et cette année on en attend encore bien plus ! », conclut-il.

    De 13h à 23h. Réservations pour les kits via le lien disponible sur la page Instagram Castelife

  • 500 « Kouss-kouss » ont réuni les marseillais à Saint-Henri

    500 « Kouss-kouss » ont réuni les marseillais à Saint-Henri

    « Le couscous, c’est l’excuse mais la vraie raison d’être de ces événements, c’est le partage, la rencontre et la sociabilité que ça fait naître » déclare avec le sourire Lila, membre fondatrice de l’Après M qui aujourd’hui cuisine le fameux couscous aux herbes à Saint Henri. Sur la petite place Raphel, dans l’ambiance de fin de journée, les riverains du quartier et marseillais de tous horizons sont venus chercher l’un des 500 repas distribués gracieusement.

    C’est le cas d’Olivier, qui ne manque jamais une édition. « Pour moi ça représente un petit peu la fusion des cultures, le mélange, la vraie nature de la ville de Marseille. […] J’avais envie de sortir et de voir du monde, et comme tous les ans je sais que c’est l’endroit pour ! Le format est vraiment sympa, on est tous installés sur de grandes tables et on ne sait jamais qui sera le voisin. »

    À partir de 18h30, les premiers curieux commencent à arriver. À l’entrée, un tote bag à l’effigie de l’événement est offert, avec à l’intérieur un petit livret sur lequel est notée la recette du couscous annuel. Ensuite, il n’y a plus qu’à se diriger vers le stand tenu par les cuisiniers de l’Après M qui assurent la distribution. Tous les ans la recette change, cette fois, le couscous est vert ! En cause : les herbes aromatiques telles que la menthe, le persil et l’oseille, et les petits légumes qui l’accompagnent. Des effluves parviennent déjà au nez de ceux qui font la queue.

    Un plat qui rassemble

    Une fois servis (avec le sourire) soit l’on fait un petit détour par le bar à harissa et ses quatre déclinaisons, soit on s’attable.

    Plus l’heure avance, plus l’osmose se fait dans les tablées où les discussions se mêlent à la musique jouée par le collectif Mektoub, Les enfants jouent, les parents et adultes se mélangent, comme à la table de Samia, Malika et Saliha. « On est originaires de Saint-Henri mais on a toutes bougé, on a moins l’occasion de se voir mais ça, c’en est une. On pense aussi aux personnes âgées qui sont trop souvent isolées, c’est un bon moyen de se retrouver entouré. » Romain Pastor, Délégué aux relations avec les comités d’intérêt de quartier (CIQ) et les commerçants de la mairie des 15-16 sont aussi venus rendre visite et goûter le couscous. « À une heure où les discours qui divisent sont préoccupants, il est urgent de se rassembler c’est le rôle du festival Kouss-kouss. Et c’est pour cela que la ville de Marseille le soutient. »

    L’organisation de l’événement met un point d’honneur à faire participer des associations, restaurants et établissements locaux. La soirée se déroulant dans les quartiers nord, il paraissait logique de mobiliser l’Après M.

    Alors que les assiettes se vident, les cœurs se remplissent, il est maintenant temps d’offrir le café à son voisin.

    Louis Golliot

    Le SO Caillols ne veut pas du Kouss-kouss festival sur son terrain

    Les grandes rencontres culinaires du Kouss-kouss festival, avec 10 000 couscous gratuits distribués entre le 21 août et le 9 septembre à travers la ville, ne font pas que des heureux. Dans un communiqué publié ce samedi, le Sport olympique caillolais proteste contre l’utilisation ce dimanche de son terrain – sous gestion de la mairie de secteur – pour « un évènement qui n’a aucun lien avec la pratique du football ni avec l’activité du club ». « Cette décision nous indigne d’autant plus que ce terrain, dont l’état s’est fortement dégradé au fil des années, est aujourd’hui impraticable », explique le communiqué, relayé par l’ex-maire (LR) du secteur Sylvain Souvestre.

    Formé dans le club, Eric Cantona avait dénoncé l’état des installations à travers deux vidéos publiées au début du mois d’août. À France 3, l’adjoint (MadMars) aux sports Eric Mery indiquait que si la municipalité ne gérait aujourd’hui pas cet équipement, elle pourrait « récupérer ce stade et l’intégrer dans une politique de travaux » dès ce mois de septembre.

  • Trente ans après, la lutte des sans papiers reste d’actualité

    Trente ans après, la lutte des sans papiers reste d’actualité

    La Camaraderie (3e) fait salle comble ce dimanche soir. Des dizaines de personnes assistent à la projection du film « La Ballade des sans papiers », de Samir Abdallah et Raffaele Ventura qui raconte la lutte de 300 travailleurs sans papiers d’origine africaine et leurs familles, pour leur régularisation. De l’occupation de l’église Saint-Ambroise, en mars 1996, des grèves de la faim, des manifestations de soutien, jusqu’à l’évacuation violente de l’église Saint-Bernard par les CRS le 24 août. Et ce, dans un contexte de politiques discriminatoires et xénophobes. « On ne peut pas faire des lois qui provoquent la clandestinité », déplorait alors la metteuse en scène Ariane Mnouchkine qui soutenait cette lutte. « Nous sommes des êtres humains à part entière », criait Ababacar Diop, porte-parole des sans-papiers de France.

    Trente ans plus tard, dans cette micro-brasserie sociale et solidaire de la Belle de Mai, cette lutte trouve tout son écho, au milieu de collectifs et militants antiracistes. Max explique que, loin d’avoir été un échec, ce mouvement a permis « un énorme changement de paradigme » et est « à l’origine des collectifs de sans-papiers actuels ».

    Les collectifs marseillais ayant mené des luttes passées par l’occupation sont invités à s’exprimer. Ainsi, le collectif 59 St Just, raconte son propre combat débuté en 2018, pour loger dignement plus de 250 personnes, familles et mineurs isolés en exil – compétence du Département. « C’était une action politique », insiste l’un des membres, quand un autre estime avoir « mis les pouvoirs publics face à leurs responsabilités », à travers leurs actions. Résultat : « Cette mobilisation a provoqué l’ouverture de 350 places en 2022 », soulève le groupe sur l’estrade.

    De son côté, le collectif 113, qui avait, lui, occupé le 113 Canebière, se réjouit d’avoir, par son combat, « réussi à transformer des squats en habitations légales » et faire embaucher par la Ville « un travailleur social qui s’occupe des jeunes ». Des victoires revendiquées sous les applaudissements nourris de l’audience.

    La marche des solidarités de Marseille

    Cette soirée a également vu le lancement officiel de la Marche des solidarités de Marseille, composée de collectifs de sans-papiers, de mineurs isolés mais aussi anti-raciste, antifascistes, féministes, LGBT et plus encore, ainsi que d’individus en leur nom propre. Les membres ont distribué leur feuille de route pour les mois à venir. Ces derniers s’alarment de « la progression latente de l’extrême droite », qui fait craindre la victoire du « danger fasciste en 2027 », souligne Gabin au micro. Parce qu’elle « ne veut pas attendre la présidentielle », la plateforme donne rendez-vous dès le 20 septembre prochain, à rejoindre la mobilisation nationale contre la loi « permis de tuer » organisée par le collectif SAVE (Stop aux Violences d’État).

  • Mercato et Europe, une semaine décisive pour l’OM

    Mercato et Europe, une semaine décisive pour l’OM

    Agatha Christie aurait pu rédiger un chapitre supplémentaire à ses « Dix petits nègres ».

    La reine du polar aurait pu s’inspirer d’un été olympien marqué par des ventes à gogo. Et surtout utiliser le onze de départ de vendredi, face à Strasbourg, pour imaginer qui se cache derrière les « trois, quatre ou cinq joueurs » pouvant encore être transféré d’ici la fermeture du mercato, le 31 août.

    Au micro de Ligue 1+, alors que son équipe venait de réussir une belle démonstration collective en s’imposant 4 – 0, Bruno Genesio s’est montré fataliste. « On doit baisser la masse salariale. Tant que ça ne sera pas fait, on ne pourra pas recruter. Ça peut être trois, quatre, cinq joueurs. »

    L’entraîneur olympien était au courant des discussions entre Frank McCourt et les représentants de groupes de supporters, avant le coup d’envoi du match. Le boss de Boston s’est montré intraitable sur la question. Il n’y aura aucune recrue tant que les plus gros salaires n’auront pas changé d’air.

    La manière dont ces gros salaires, notamment Pierre-Emile Höjbjerg, se sont comportés face à Strasbourg, pourrait-elle infléchir la volonté du patron ? Car cet OM, sans recrue mais avec des joueurs revanchards, a montré de belles choses.

    Ils étaient huit titulaires, vendredi, à cocher les cases des exigences du propriétaire. Et la manière dont l’OM a abordé le match de toutes les peurs contre Strasbourg a montré qu’il fallait peu de choses pour que le groupe, tel qu’il est, puisse être compétitif.

    Rendez-vous européen

    Même si la victoire a été acquise aux dépens d’un adversaire qui cherche encore son style de jeu et ses repères, il était capital d’ouvrir la saison de cette manière. Ne serait-ce que pour aborder plus sereinement le premier déplacement à Monaco, dimanche. Un voyage que certains ne feront donc peut-être pas. Un voyage qui sera intercalé entre le tirage au sort de la Ligue Europa, vendredi, et le dernier jour du mercato, lundi.

    Cette semaine s’annonce donc cruciale pour l’avenir du club. Bruno Genesio va vivre des heures compliquées, alors que les supporters, mêmes s’ils n’y croient pas trop, espèrent une fin heureuse de ce suspense intenable.

    1ere journée

    OM – Vendredi 4 – 0

    Lens – Auxerre 5 – 2

    Le Mans – Brest 2 – 2

    Nice – Lorient 0 – 0

    Toulouse – Lyon 0 – 2

    Troyes – Paris FC 0 – 0

    Angers – Lille 0 – 2

    Le Havre – Monaco 0 – 1

    PSG – Rennes tardif

    « On doit baisser
    la masse salariale… de 3, 4, 5 joueurs »

  • À Marseille, des manifestants réclament le déjumelage avec la ville d’Haïfa

    À Marseille, des manifestants réclament le déjumelage avec la ville d’Haïfa

    « On ne s’arrêtera pas, on n’a pas le droit de baisser les bras », souffle Catherine, de l’Union juive Française pour la paix (UJFP). Au-dessus d’elle flotte une banderole sur laquelle est écrit en lettres rouges « arrêtez le génocide et les coupables ». L’organisation qui se définit comme « juive laïque, universaliste et antisioniste » est présente à chacune des manifestations organisées par le collectif l’Union pour la Palestine Marseille (UPM), dont elle est membre.

    Ainsi, chaque week-end depuis l’attaque du 7 octobre 2023 et le début de l’offensive israélienne sur la bande de Gaza, ces militants défilent dans le centre-ville de Marseille, sensibilisant la population sur le massacre du peuple palestinien. Ce samedi en fin d’après-midi, ils sont une cinquantaine à déambuler au départ de porte d’Aix.

    Micro en main Younès de l’UPM cible, dans son discours, le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot : « Pourquoi ces 5 500 français engagés au sein de l’armée génocidaire ne sont-ils pas jugés ? », interroge-t-il. Le nombre de ressortissants français qui combattent au sein de Tsahal est estimé entre 4 185 et 6 464 soldats. Des organisations telles que la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH), ont demandé l’ouverture d’informations judiciaires contre certains d’entre eux, restées lettres mortes à ce jour.

    « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous », ont ensuite scandé les manifestants sur le cours Belsunce. Un appel qui a trouvé son écho à quelques mètres de là, aux pieds de la Canebière, où quelques passants se joignent à la protestation. Ils crient « de Marseille à Gaza, résistance, résistance ». Arrivés sur le Vieux-Port des affiches « Stop au jumelage Marseille Haïfa » sont distribuées.

    « À Haïfa ville jumelle de Marseille depuis 1958, les citoyens palestiniens d’Israël vivent sous un régime d’appartheid », clame Sabrina. Puis, le maire DVG de Marseille, Benoît Payan, est pointé du doigt pour avoir annoncé le jour de la reconnaissance par la France de l’Etat de Palestine, le jumelage avec la ville de Bethléem, en Cisjordanie, « mais depuis, rien. Aucune délibération actée, aucune mise en œuvre. Ce jumelage n’existe que dans un communiqué de presse », pousse-t-elle.

  • [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    [Vidéo] Reportage sur les pas de Jean Moulin en Provence

    Reportage

    Entré au Panthéon en 1964, honoré en Provence, Jean Moulin est le grand oublié de la cité phocéenne. Marseille a bien consacré au chef de l’armée des ombres le nom d’un collège, d’une avenue, mais rien du niveau de « la première capitale de la résistance » suivant la formule de Maurice Chevance-Bertin (1910-1966) dirigeant du mouvement Libération Nationale né rue de Rome à l’été 1940.

    Dans les Bouches-du-Rhône, l’unificateur de la Résistance, enfant du midi né à Béziers en 1899, est surtout commémoré dans les lieux phare de son épopée. D’abord, le berceau familial à Saint-Andiol dans la maison de ses parents, 55, Route Nationale, pavoisée de drapeaux tricolores. Après son parachutage le 1er janvier 1942, il avait installé au fond du jardin une échelle en cas d’urgences et confié à sa sœur Laure un double de son ordre de mission microfilmé et signé De Gaulle qu’elle avait caché dans un tube d’aspirine dans l’interstice d’un mur du cimetière.

    Fausse moustache

    et lunettes fumées

    Un musée Jean Moulin installé dans son école rend hommage à l’enfant du pays propulsé à 25 ans sous-préfet d’Albertville. Il a été inauguré en juillet 2018 par Daniel Cordier, son secrétaire et biographe avec les descendants de Jean Moulin. Des photographies, ses lettres, ses dessins car c’est un artiste aussi, des documents racontent comment après un séjour chez sa mère et sa sœur à Montpellier, le préfet d’Eure-et-Loir limogé le 2 novembre 1940 par Vichy, s’installe comme agriculteur à Saint-Andiol. Le haut fonctionnaire a 41 ans et mûrit son départ clandestin pour Londres. « Il circule beaucoup dans la région, sous sa fausse identité de Joseph Mercier, un chapeau rabattu sur les yeux, affublé d’une moustache et de lunettes fumées » écrit l’historien Robert Mencherini.

    Créée en 1978, une route « Jean Moulin, chemin de la liberté », suit ses pas depuis le Mémorial de Salon-de-Provence inauguré en 1969, quatre ans après son entrée au Panthéon et l’oraison d’André Malraux qui ont définitivement inscrit Jean Moulin dans l’histoire de France. Il a 41 ans, multiplie les contacts et rencontres à Marseille, devenue la plaque tournante des premiers noyaux d’organisations clandestines. Il repère ainsi le mouvement de Libération nationale de Henri Frenay, Libération-Sud d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie et Franc-Tireur de Jean-Pierre Lévy.

    Durant six mois, Jean Moulin parcourt la région, va d’Orgon à Miramas en bicyclette, ausculter les réseaux naissants. « Je me souviens de cette rencontre à Avignon car il portait toujours un grand foulard » écrit Emmanuel d’Astier de la Vigerie (1900-1969). Un tissu qui cache le coup de rasoir qu’il s’est donné à Chartres pour ne pas signer un écrit des Allemands accusant à tort des tirailleurs sénégalais de massacres. Il multiplie les séjours à Marseille (page suivante) qui grouille de réfugiés, d’exilés en attente de visa. Jean Moulin rencontre les hommes des premiers réseaux émergents dont Henri Frenay qui à l’été 1940 avec Berty Albrecht (1893-1943) a créé le Mouvement de Libération Nationale (Combat). Il observe le bouillonnement contestataire qui se traduit par la première manifestation hostile à Vichy. Elle a lieu le 28 mars 1941 au bas de la Canebière en face de l’hôtel où il descend.

    « Je vous garantis, j’en ai eu les larmes aux yeux »

    De cette exploration, Jean Moulin fera à De Gaulle le portrait de cette résistance intérieure qui s’invente. Le 9 septembre 1941, il prend le train en gare Saint-Charles pour aller à la rencontre du chef de la France libre. Un périple clandestin de Barcelone à Lisbonne, avec un faux passeport au nom de Joseph Mercier. Il touche l’Angleterre en hydravion le 20 octobre 1941 et reçu par De Gaulle à qui il remet un « rapport sur l’activité, les projets et les besoins des groupements constitués en France en vue de la libération nationale ». De Gaulle, 50 ans, voit un préfet de 42 ans « rempli jusqu’au bord de l’âme de la passion de la France ». Il en fait son représentant et délégué du Comité national français pour la zone sud. « M. Moulin a pour mission de réaliser dans cette zone l’unité d’action de tous les éléments qui résistent à l’ennemi et à ses collaborateurs. M. Moulin me rendra compte directement de l’exécution de sa mission ». La Mission Rex est lancée.

    Le musée de Saint-Andiol a reconstitué la carlingue du bombardier de la RAF d’où Jean Moulin a sauté dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 à 300 mètres d’altitude. « Rex » saute en premier et atterri dans un marais, puis ses deux officiers et enfin le parachute bleu pour la valise radio. Le « point de tombé » a été identifié en 2022 par les historiens Jean-Marie Guillon et Benoit Senne (page suivante). « Quand Benoît est venu m’annoncer ça dans mon bureau, je peux vous garantir que, pour quelqu’un de ma génération et jeune maire d’Aureille, j’en ai eu les larmes aux yeux. C’était historique. La mission Rex avait démarré à Aureille ! » se souvient encore ému Lionel Escoffier. L’itinéraire de la mémoire commence désormais par la borne du kilomètre zéro inaugurée en janvier 2025, et se poursuit à la bergerie d’Eygalières où « Rex » a trouvé refuge.

    La mission de Jean Moulin accomplie jusqu’au sacrifice suprême a permis de fédérer les forces combattantes, de créer les Mouvements Unis de la Résistance (MUR) et une Armée secrète. Le 27 mai 1943, « Rex » réussit le tour de force de convaincre les représentants de 8 mouvements de Résistance, de 6 partis politiques et de 2 centrales syndicales, de se réunir au 48, rue du Four à Paris. Le Conseil National de la Résistance (CNR) est né. C’est l’« embryon de la représentation nationale » qui allait légitimer De Gaulle auprès des Alliés. On connaît la suite, la trahison de Caluire le 21 juin 1943, son supplice dans les mains du SS Klaus Barbie à Lyon, le dernier souffle de Jean Moulin, le 8 juillet 1943, dans un wagon à Metz qui partait en Allemagne. Les lèvres du « chef d’un peuple de la nuit » n’avaient pas parlé.