Tag: Marseille

  • Masta Ace voyage en rimes à Marseille avec Marco Polo

    Masta Ace voyage en rimes à Marseille avec Marco Polo

    Après avoir tant apporté au hip-hop depuis 45 ans, quelle heureuse surprise de voir Masta Ace toujours actif. Du mythique Juice crew guidé par le pionnier Marley Marl dont il a été un compagnon de route à la fin des années 1980, jusqu’à l’album intime et adolescent The falling season (2016), un maestro. Avec des rimes dangereusement mélodieuses attestées par les opus Slaughta house et Sittin’ on chrome, lors de son climax dans les « nineties ». Du rap dansant au rap de rue. Des airs qui ont marqué New York et le monde du rap, que le public marseillais aura peut-être l’occasion d’entendre mardi 21 octobre au Molotov. Sur cette scène située à la jonction de la rue d’Aubagne et de Notre-Dame du Mont, Masta Ace se produira aux côtés du rappeur et producteur canadien Marco Polo.

    Boom bap

    Si leurs routes s’étaient croisées sur le son Do it man en 2004, augurant des multiples collaborations, les revoilà 20 ans plus tard à signer Richmond Hill, album dont les « rythmes incisifs rencontrent des paroles encore plus percutantes sur la vie, les classes sociales et la culture », stipule le programme.

    Le Mc made in Brooklynn y délivre ses couplets comme une série d’uppercuts. Toujours asséné dans un calme olympien, un punch qui se boit comme du petit-lait sur les instrus de Marco Polo, « producteur qui honore la tradition du sample avec style, sans s’enliser dans la nostalgie ». Du boom bap dans la tradition du rap new-yorkais, modèle inaliénable depuis des lustres, où la grosse caisse et la caisse claire servent la rime. Pas étonnant que Masta Ace soit un modèle pour plusieurs générations de rappeurs, et même d’un certain Eminem.

    Mardi 21 octobre à partir de 20h30. Entre 19 et 21 euros. www.lemolotov.com

  • Les travailleurs sociaux des Flamants baissent le rideau l’après-midi

    Les travailleurs sociaux des Flamants baissent le rideau l’après-midi

    « Nous avons une assemblée générale [ce mardi]. » Pour Valérie Marque, secrétaire générale de la CGT au conseil départemental, la situation à la Maison départementale de la solidarité (MDS) des Flamants (14e) est loin d’être réglée. En grève pour dénoncer la pression d’un réseau de narcotrafic tout puissant sur les salariés de la structure, les travailleurs sociaux ont été reçus en délégation, mercredi, à la préfecture.

    « Lors des échanges, nous avons partagé le même constat, c’est un renversement de la République où c’est nous qui nous adaptons au trafic », résume la responsable syndicale, pour qui « seule la présence policière peut changer les choses ». Mais, comme « tous les services publics, la police manque de moyens », regrette-t-elle.

    Parce qu’ils estiment impensable d’abandonner les habitants, le travail a repris ce lundi 20 octobre, mais « cela reste fragile », prévient Valérie Marque. Désormais, des camions de police et de CRS sont positionnés le matin, doublés avec des patrouilles dans la cité. Mais les chicanes sont de nouveau installées par les dealers dès leur départ, assure la responsable CGT, alors « à midi, on s’en va pour investir tout l’après-midi un local à Arenc », explique-t-elle. Des panneaux devraient être installés à destination du public, « on a également demandé à ce que tous les partenaires soient informés », complète Valérie Marque, inquiète de perdre un peu les habitants des Flamants.

  • Revaloriser les retraites reste une exigence de la CGT

    Revaloriser les retraites reste une exigence de la CGT

    Cette année, pour 13,8 millions des 17 millions de retraités, il n’y aura aucune évolution de la valeur du point de service de l’Agirc-Arrco. « La faute à la suspension de la réforme », selon le Medef, qui dénonce « un manque de marge de manœuvre ».

    « La bonne santé financière du régime » permet au contraire « la prise en compte de l’inflation et un rattrapage d’au moins 10% pour compenser les sous-indexation des dernières années », revendique l’UCR CGT.

    Vers une journée nationale le 6 novembre

    Le nouveau coup de massue porté au pouvoir d’achat des retraités a amené le groupe des neuf organisations syndicales à se réunir, en urgence, pour construire une riposte à la hauteur de l’attaque. Et parce que la lutte pour des retraites dignes doit aussi devenir celle des actifs, L’UCR, avec L’Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens (Ugict) et la Fédération des travailleurs de la métallurgie (FTM) « s’orientent vers une journée de mobilisation nationale le 6 novembre », indique Josette Biancheri, secrétaire de l’USR CGT 13.

    Le G8, intersyndicale des retraités du département, se réunit ce mardi pour décider des modalités des actions à mener. « Cette décision est hallucinante, réagit la militante syndicale, alors que les retraités s’enfoncent dans la misère, n’arrivent plus à se soigner, 101,7 milliards d’euros de réserve, ce n’est pas encore assez pour le patronat et le gouvernement pour répondre à notre demande ? »

  • Au Mucem, Don Quichotte extravagant et crépusculaire

    Au Mucem, Don Quichotte extravagant et crépusculaire

    Finement imaginée par deux responsables scientifiques du Mucem, Aude Fanlo et Helia Paukner, cette exposition requiert un singulier alliage de vigilance et de fantaisie. Sans souci de hiérarchie, elles ont réuni plus de 200 pièces : des farces, des turbulences et des pirouettes, une abondante iconographie à la fois « élitiste » et « populaire ». Des citations de Michel Foucault, Salman Rushdie et Monique Wittig sont juxtaposées avec des éditions originales du XVIIe siècle. En dérapage contrôlé, des coupures de presse, des photos de carnaval, un jeu vidéo et une vignette publicitaire de Tricosteril cohabitent avec des gravures de Dürer et Velasquez.

    Cette déferlante rencontra ses rebondissements, le récit de Miguel de Cervantès fut un best-seller, traduit en plusieurs langues. Sa tragicomédie et ses causes perdues furent interprétées et piratées, avec ironie, démesure et passion, par des gens de théâtre et des militants, ou bien par des incontournables comme Daumier, Gustave Doré, Picasso, Dali, Julio Gonzalès et Gérard Garouste. À côté de ces figures attendues, on découvrira les enluminures d’un « artiste brut », Reinhold Metz, autrefois repéré par Dubuffet et Thévoz.

    Un avenir brutal

    ou bien la mélancolie ?

    Une place de choix est accordée au performer Abraham Poincheval. On aperçoit, relatée par un film de Matthieu Verdeil, son errance parmi les éoliennes et les terrains vagues de la Bretagne, ainsi que la transformation de son armure d’hidalgo : sa doublure intègre sur la photo de cet article les algues, les coquillages et les feuillages d’un paysage marin.

    La démarche de Poincheval pose la question de l’héritage de Don Quichotte, entamé par les sombres connotations du XXe siècle : peut-on encore croire, comme l’écrit affectueusement Erri de Luca, que « Quichotte est tout le temps par terre, mais qu’il se relève et qu’il reste invaincu » ?

    Puisque cette exposition à la fois savoureuse et complexe est visible jusqu’au 30 mars, on conseillera de visiter deux ou trois fois le rez-de-chaussée du Mucem : le temps pour revoir l’effrayante tentative filmique d’Orson Welles qui campe le chevalier à la triste figure au milieu de processions de pénitents cagoulés issus du franquisme. Par « sauts et gambades », on pratiquera une révision libre, grâce aux multiples entrées de son catalogue (Gallimard, 264 pages, 130 illustrations). Dans la programmation du Mucem, on signalera la journée du 28 janvier, pour laquelle Roger Chartier et William Marx sont pressentis.

  • Méditerranéennes engagées devant et derrière l’objectif

    Méditerranéennes engagées devant et derrière l’objectif

    À l’occasion de ses 20 ans, Films femmes Méditerranée a choisi comme invitée d’honneur Anna Mouglalis. « Une actrice singulière, libre, engagée, avec une voix qui dérange, transforme », résume la présidente de ce festival, Marcelle Callier. « Elle sera présente à Marseille pour célébrer avec nous les valeurs d’inclusion, de partage, de sonorité qui nous animent », évoquent les organisateurs à propos de cette femme de cinéma dont l’engagement dépasse l’écran, comme a pu le prouver, au printemps dernier, son audition par les députés lors d’une commission d’enquête autour des violences sexuelles dans le monde de la culture.

    « Elle a souhaité intervenir publiquement », souligne Valérie Boudoire, coordinatrice de la programmation, qui s’étendra du 7 au 14 novembre. « Il est temps de renouveler les formes de représentations et de récits, une démarche au cœur de notre réflexion », explique-t-elle. Illustration dès le film d’ouverture à l’Artplexe avec Promis le ciel. « Le premier long-métrage de fiction d’Erige Sehiri, dans lequel elle dresse le portrait de trois femmes originaires d’Afrique subsaharienne, en quête d’une seconde chance à Tunis. Cette réalisatrice tunisienne rend visible les invisibles. »

    Dix-huit pays représentés par 44 films

    Parmi les « 44 films, dont six avant-premières, représentant 18 pays », situe la déléguée générale du festival, Camilla Trombi, un « focus » autour de la Grèce avec une section dédiée à la « pionnière » Frieda Liappa (1948-94) aux Variétés. « Elle s’est élevée contre la dictature des colonels », complète Marcelle Callier, au sujet de cette réalisatrice « d’œuvres majeures comme Je me souviens de toi, toujours sur le départ ». La création actuelle sera aussi mise en lumière avec l’avant-première de Gorgona, le 13 novembre à la Baleine, dans lequel Evi Kalogiropoulou « offre une relecture contemporaine du mythe de Gorgone ». La réalisatrice libanaise Dima El-Horr viendra, elle, présenter And the fish Fly above our heads, drame qui témoigne d’un pays en ruines et de la « désillusion » d’habitants de Beyrouth portant « le poids de leur mélancolie, peuplée des fantômes de la guerre civile ». Autant de films des deux rives de la Méditerranée, auxquels Marseille ne fait pas exception avec la projection de Roikin 3, issu des ateliers du collectif Film flamme du Polygone étoilé. « L’histoire d’un minot qui prend la tangente, alors que ses éducatrices s’interrogent sur leur rôle et son avenir. Une errance géographique parcourue de poésie », décrit Valérie Boudoire.

  • Biomim’expo 2025 explore l’innovation inspirée du vivant

    Biomim’expo 2025 explore l’innovation inspirée du vivant

    Après Paris en 2024, c’est une première dans la cité phocéenne. Cet événement, à la fois salon et showroom, explore le vivant comme source d’inspiration pour l’innovation, la transition écologique, l’adaptation au changement climatique et la restauration de la biodiversité.

    Avec 130 exposants et 80 intervenants, le Biomim’expo s’adresse à un large public : chercheurs, scientifiques, équipes en recherche & développement, dirigeants, managers, représentants d’organismes publics, économistes, sociologues, universitaires et étudiants.

    Agriculture, biomimétisme, climat, eau ou encore intelligence artificielle font partie des thèmes abordés tout au long de la journée. Natural Solution, entreprise marseillaise, participera à une conférence-débat sur le rôle de l’intelligence artificielle (IA) dans la préservation de la biodiversité. « Notre ambition, c’est de donner aux écologues des outils d’IA qui parlent leur langue et respectent la nature », explique Olivier Rovellotti, directeur général de Natural Solution et fondateur du projet nommé All Life Intelligence (ALI). Il poursuit : « Concrètement, ALI repose sur des agents intelligents capables d’analyser automatiquement des rapports écologiques, de cartographier des habitats ou de générer des recommandations de restauration. »

    Pour la première fois, la question d’une mode durable s’invite au salon. Un défilé est proposé par Biomim’expo pour stimuler la réflexion et la créativité autour d’une mode plus résiliente et régénérative, avec la nature comme directrice artistique.

    La science invite la mode

    Longtemps centrée sur le modèle de la fast fashion, l’industrie de la mode commence à repenser ses méthodes de conception et de production. En juin dernier, Marseille a accueilli la slow fashion week, semaine de la mode responsable et engagée. Une initiative du collectif Baga. Le thème central : le kimono, décliné en cinq concepts, vernaculaire, symbiotique, circulaire, bio-architecturé multifonctionnel et vivant non humain.

    « à ce jour, 12 kimonos venus d’un peu partout en France nous sont parvenus. Ce n’est pas juste un défilé, mais un parcours réflexif sur ce que la nature nous apprend », relate Jocelyn Meire, membre du comité du pilotage du défilé, fondateur de FASK et président du syndicat Mode in Sud.

    Le 28 octobre au Palais du Pharo. Programme sur le site biomimexpo.com

  • Un référé pour la carrière antique de la Corderie

    Un référé pour la carrière antique de la Corderie

    Louis Alesandrini, président de l’association ART 13, a plaidé, lundi, en l’absence de son avocat pour demander au tribunal administratif l’arrêt en urgence des travaux en cours de requalification du jardin municipal Saint-Nicolas, présumant leur impact sur la conservation des vestiges antiques réensevelis au printemps.

    « Les travaux d’aménagement du jardin vont rajouter de l’eau qui va descendre par percolation et dégrader les vestiges. L’exhaussement de 4 m de terre n’était déjà pas autorisé au PLUi. Le mur de l’immeuble de la résidence des Loges fait barrage à l’eau et ils ont rajouté en avril une bâche en plastique », a-t-il expliqué tout en pointant la caducité du permis initial. « La ville s’était engagée à valoriser ce site historique, mais sa visibilité est réduite à un bloc abrité sous quelques bouts de bois posé à la va-vite. On est loin de la promesse d’une ombrière de 160m2. Le plus vieux monument de Marseille est en train de pourrir car ils étaient tous pressés de l’enfouir. »

    Des cadres municipaux sont venus réfuter cette analyse. « Aucun élément n’est produit sur un éventuel risque qu’aurait ce projet sur la conservation du monument, a dit une directrice de l’urbanisme. La commune produit des avis favorables de la Métropole sur la gestion des eaux pluviales. Tout a été pensé avec les Affaires culturelles (DRAC) et l’Architecte des bâtiments de France pour conserver et valoriser ce site. » De son côté, le directeur de la construction a souligné que « l’impluvium [système de captage des eaux de pluie] est total sur le jardin public. On ne rejette pas d’eau de pluie. La terre absorbe, le sol fait son œuvre. C’est un jardin fermé depuis trop longtemps. C’est sa vocation de service public d’y accueillir les enfants et leurs parents ». Délibéré mercredi.

  • Marseille-Cassis à la pointe sur le volet environnemental

    Marseille-Cassis à la pointe sur le volet environnemental

    Marseille-Cassis, c’est une course emblématique au niveau national, avec un parcours difficile, un véritable défi pour les quelque 20 000 participants au départ. Mais c’est aussi un décor naturel unique, au cœur du Parc national des Calanques. Une carte postale que les organisateurs prennent soin de préserver depuis plusieurs décennies. Encore cette année, des mesures écoresponsables ont été mises en place. Cette 46e édition est placée sous le signe de l’expérimentation.

    Christiane Giraud, vice-présidente de la SCO Sainte-Marguerite, détaille le dispositif : « Nous avons choisi d’innover sur la distribution de l’eau, en accord avec le Parc national, car il n’y a pas d’eau dans la Gineste. On va installer une citerne au 15e kilomètre, avec des ecocups, et voir si cela fonctionne. L’installation de rampes d’eau est aussi prévue sur le parcours et à l’arrivée, à Cassis. Ce sera en collaboration avec la Société des eaux de Marseille et la Métropole. »

    Les bouteilles d’eau en plastique ont donc disparu des radars et c’est aussi le cas pour les bénévoles. Sur le village, tous seront munis d’une gourde durant le week-end de compétition. L’organisation a également mandaté une société pour réaliser un audit environnemental durant l’épreuve. Une observation qui servira, dans le futur, à améliorer le dispositif 2025. Récemment, le marathon de Lyon s’est couru sans qu’aucun gobelet ne soit utilisé et distribué. Ce sera aussi le cas pour celui de Paris, dès 2026. Mais les retours laissent encore à désirer et, à Marseille, cette alternative n’a pas été choisie. « J’ai eu des échos des juges arbitres lyonnais et c’est catastrophique pour les coureurs au niveau médical. Sur le principe, ça peut paraître bien mais il y a la réalité humaine qui doit être prise en compte. La réalité écologique, nous sommes les premiers à en être conscients », justifie la vice-présidente de la SCO Sainte-Marguerite.

    Un sujet majeur depuis longtemps

    Christiane Giraud appuie aussi sur le fait que l’épreuve appelle également à la mobilité douce. « Nous incitons à ne pas prendre la voiture. Des cars sont à disposition pour amener au départ les coureurs et les retourner sur Marseille ensuite. Nous avons aussi un partenariat avec la SNCF pour des trains spéciaux. En course, la majorité des voitures sont électriques, même si toutes ne le sont pas. »

    La question environnementale n’est pas nouvelle – « c’est notre dada » – pour les organisateurs du Marseille-Cassis. La SCO Sainte-Marguerite avait participé, en 1990, au nettoyage de la Gineste suite à de vastes incendies qui avaient terrorisé la population. 23 000 hectares étaient partis en fumée. Le club d’athlétisme a également participé à la plantation de nouveaux arbres, dont un olivier, aujourd’hui visible depuis le parcours. L’évolution majeure de l’édition 2025 porte donc sur l’accès à l’eau pour les coureurs. Ces dernières années, t-shirts et dossards offerts aux participants étaient déjà recyclables. L’épreuve continue de se réinventer et apporte aussi une nouvelle initiative avec les Cleanup dossards (voir ci-dessous), pour sensibiliser au ramassage des déchets. Un autre volet clé pour une course qui se veut précurseure sur le côté environnemental.

    CHIFFRES

    815

    C’est le nombre de bénévoles qui participeront à Marseille-Cassis en 2025. Ils seront mobilisés sur plus de 1 000 missions pour assurer le bon déroulement de la course. 200 bénévoles se consacreront au ravitaillement et à l’environnement.

    95 520

    La performance collective des 19 604 coureurs finishers du Marseille-Cassis en 2024, sur la distance de 20 kilomètres, représente environ 28 656 000 de calories dépensées dans l’effort, soit l’équivalent de 95 520 croissants.

  • Des dossards verts menés par un ambassadeur de luxe

    Des dossards verts menés par un ambassadeur de luxe

    Une tonne de déchets ramassés en une semaine, c’est l’exploit réalisé par un ancien champion des pistes et 214 autres personnes. L’initiative Cleanup dossards fait partie des nouveautés de l’édition 2025 du Marseille-Cassis. L’ambassadeur choisi n’est autre que Pierre-Ambroise Bosse, champion du monde 2017 du 800 mètres et désormais retraité. « Mon nom est venu sur la table et j’ai fini par accepter car les deux sujets me concernent : la course à pied et le ramassage des déchets. » L’ancien athlète s’est rapidement impliqué sur des projets environnementaux et a créé The Clean Project, un festival qui se veut « écocitoyen, sportif et culturel ». Il était d’ailleurs, le week-end dernier, place Bellecour, au centre de Lyon, pour sensibiliser les locaux.

    « PAB » sera donc au départ de ce Marseille-Cassis et explique le concept de ces dossards verts : « Le concept est simple, la course étant complète, l’organisation a fait gagner de nouveaux dossards par l’intermédiaire d’un jeu. Chaque déchet ramassé était compté et les 215 premiers ont donc gagné leur dossard vert. Je trouve ça top. Pour certaines personnes, c’était la première fois de leur vie qu’ils faisaient un ramassage. » Ce dispositif a été installé cette année pour mettre en avant les bonnes pratiques à adopter et montrer aux gens, à travers le sport, qu’il y a un geste simple à faire. « Toutes ces grosses courses ont des sponsors, de la rentabilité, sauf qu’on doit vraiment commencer à faire attention. Le trail, beaucoup de monde s’y est mis et ç’a été une catastrophe écologique car les gens jetaient leurs petits déchets n’importe où. Pour les courses sur route, c’est le même principe », analyse le spécialiste du double tour de piste.

    Pierre-Ambroise Bosse devait faire cette épreuve en compagnie de Jimmy Gressier, frais médaillé d’or mondial du 10 000 m, mais il a finalement renoncé, pour son bien. « On m’a dit que je partirai dans le même sas que Jimmy, mais finalement je ne vais pas le faire à fond. Je le fais surtout avec ma copine. Si je cours avec Jimmy, je ne tiens pas cinq minutes ! » rapportait-il, par téléphone.

  • Les commerçants de la rue de la République grevés par leurs loyers

    Les commerçants de la rue de la République grevés par leurs loyers

    Avec quelque 13 500 euros de loyer pour 185 mètres carrés, Alain Bétache, gérant du restaurant Chez Alain, rue de la République (2e), préfère jeter l’éponge : incapable d’assurer un montant qui représente plus de 50% de son chiffre d’affaires, il va accepter l’expulsion. Mais il n’abandonne pas pour autant « le combat » : faire en sorte que les loyers des locaux commerciaux soient encadrés, quand le sien relève « de l’emplacement et pas de la superficie » indique-t-il. Chose légale, assure son avocate, Maître Agathe Roblès, même s’il est possible de contester. « Mais la procédure, au fond, est très longue et les commerçants se font expulser avant par une procédure plus rapide, en référé », explique-t-elle.

    Un des commerçants de la rue dénonce des montants prohibitifs établis par des propriétaires « qui sont des fonds de pension et ont donc un objectif de rentabilité à remplir absolument », assure l’un d’entre eux. Tabac, pan cakes, restaurant, « c’est l’hécatombe », assure-t-il. Et de dénoncer, par la même occasion, des problèmes structurels patents, avec des caves qui prennent l’eau.

    La Ville en soutien

    « La Ville nous a soutenus immédiatement », se félicite Alain Bétache, qui se félicite aussi de la tenue de discussions avec le député marseillais Laurent Lhardit (PS). L’élu a déposé, le 14 octobre, une proposition de loi « visant à soutenir et valoriser les commerces de proximité » en encadrant le loyer des baux commerciaux. Parmi les principales mesures : supprimer la charge de la taxe foncière au locataire pour les baux commerciaux et professionnels, favoriser l’installation de commerces de proximité via la modification du Plan local d’urbanisme et permettre aux maires « d’engager une procédure visant à contraindre les propriétaires et bailleurs à remettre leurs locaux commerciaux sur le marché locatif lorsque le taux de vacance commerciale de la commune dépasse les 20% » au moyen d’une préemption « forcée ».

    Une solution nationale avec des leviers locaux que nos commerçants estiment indispensable pour arrêter l’hémorragie. Rue de Rome, rue Saint-Ferréol… La rue de la République n’est pas la seule concernée par les faillites, insiste Alain Bétache, particulièrement inquiet avec le coup d’arrêt mis aux Galeries Lafayette et un potentiel déménagement du Palais de justice.

    Les députés LFI Sébastien Delogu et Manuel Bompard se sont aussi fendus, le 8 octobre, d’une lettre à l’un des principaux bailleurs et au préfet, réclamant au premier une baisse des loyers, au second une révision et un encadrement. En France, plus de 10 000 commerces de détail et d’artisanat ont été perdus entre 2015 et 2020.