Tag: Marseille

  • Marseille veut étendre son attractivité toute l’année

    Marseille veut étendre son attractivité toute l’année

    Si Marseille signe encore une saison touristique exceptionnelle en termes de fréquentation, le contexte économique demeure contraint. Le pouvoir d’achat se contracte avec un panier moyen qui diminue, et Marseille tire son épingle du jeu avec une clientèle principalement française », expose Jean-Pierre Cochet le président de l’Office de Tourisme, des Loisirs et des Congrès de Marseille. Il poursuit : « au regard de la concurrence des pays comme l’Italie et l’Espagne, les hôteliers n’ont pas hésité à réaligner leurs tarifs, cet été, pour être un peu plus attractifs. Avec succès.»

    Même constat du côté des locations de type Airbnb, où une hausse de 43 % des tarifs a été observée entre les étés 2023 et 2025. Non sans humour, Jean-Pierre Cochet suggère « d’atterrir en tenant compte de la réalité du pouvoir d’achat.»

    L’Office de Tourisme entend adopter une stratégie plus offensive pour renforcer l’attractivité de la ville. Attirer une clientèle étrangère, notamment coréenne ou chinoise, en dehors de la haute saison pourrait permettre de compenser la baisse de consommation des touristes français. « L’ attrait du tourisme pour les produits Fabriqué à Marseille est très important. En choisissant de mettre à l’honneur ses talents locaux, la foire a été témoin de ce succès. ça nous conforte pour l’attractivité de la ville, mais c’est aussi générateur d’emploi locaux », détaille Maxime Tissot, directeur général de l’Office de Tourisme et des Congrès de Marseille.

    La filière tourisme représente actuellement 25 000 emplois sur la ville. Allonger la saison à cinq ou six mois ne pourrait qu’amplifier cet impact. « Le tourisme d’affaires va également s’affirmer au Pharo mais aussi au parc Chanot, avec l’arrivée de GL Events », abonde Marc Thépot, président délégué de l’Office. « Ce parc doit devenir un produit de son temps avec la foire, le tourisme d’affaire et les événements ludiques. Cet été, huit concerts ont eu lieu au Vélodrome, attirant 530 000 spectateurs », précise Jean-Pierre Cochet.

    Conscients de l’impact des réseaux sociaux, les professionnels du secteur misent sur l’image photogénique et désirable de Marseille, qui s’exporte à l’international. Toutefois, la vigilance reste de mise face au surtourisme. Le mirage « des croisiéristes qui consomment 100 euros par débarquement », n’a pas fait ses preuves, tandis que la pollution des navires non raccordés à quai et les embouteillages dans les ruelles du Panier suscitent des inquiétudes. Marc Thépot est formel : « Marseille ne doit pas devenir une ville chère, mais une ville durable où on échange, on partage le savoir vivre Marseillais. » Concerts, événements ponctuels, valorisation de la gastronomie locale et promotion du vivre-ensemble sont désormais au cœur des ambitions pour un tourisme plus durable et apaisé.

    Marseilletourisme.com

  • Les cadeaux d’Urgo aux pharmaciens

    Les cadeaux d’Urgo aux pharmaciens

    Un coffret de deux séjours en Relais & Châteaux (formule « le bonheur de vivre » et « le temps d’un voyage »), trois lots de 21 bouteilles de champagne Taittinger, sept aspirateurs Dyson, quatre enceintes Bose, trois iPhone, un fauteuil Le Corbusier, un sac Lancel, deux valises Samsonite, un barbecue, etc. Tel un inventaire à la Prévert, le président égrène, pour chacun des apothicaires poursuivis, la quarantaine de cadeaux reçus entre 2015 et 2021 pour un montant allant de 20 000 à 50 000 euros.

    « Je n’avais pas l’impression d’avoir commis une infraction. On n’a jamais été mis en garde par le conseil de l’ordre. On en parlait librement entre confrères. On était tellement en confiance avec Urgo. Ils m’ont toujours assuré que c’était légal », s’est défendue Magalie, qui était chargée des commandes au sein de la pharmacie du centre commercial le Merlan. « Vous ne l’avez pas appris dans vos études ? Vous pensez vraiment qu’Urgo est le meilleur interlocuteur en éthique ? Votre pharmacie paye plus cher en renonçant à la remise et cela vous profite », a répliqué le juge.

    Ils étaient huit pharmaciens à comparaître ce lundi, les uns après les autres, à la barre de la 6e chambre correctionnelle. Ils font partie des 215 pharmaciens du ressort du tribunal de Marseille à devoir rendre pénalement des comptes – dont 30 en correctionnelle – pour l’acceptation d’avantages personnels en échange de la renonciation de leur officine à des remises commerciales. Ce qui permettait aux laboratoires Urgo de réaliser des marges plus importantes. Le tout en violation frontale de la loi « anti-cadeaux », instaurée en 1993, dans le secteur de la distribution de produits médicaux.

    « Cette loi a instauré un système anti-corruption pour contrôler et moraliser les relations économiques entre l’industrie et les professionnels du secteur de santé, pour garantir leur indépendance intellectuelle, s’assurer de leur impartialité », a vivement rappelé la procureure Marion Chabot. Constitué partie civile, le Conseil national de l’ordre des pharmaciens a réclamé et obtenu de chacun des prévenus l’euro symbolique. « Le scandale Urgo crée une atteinte à la confiance que doit avoir le patient envers le personnel médical », a-t-il déploré.

    En 2021, une enquête de la Répression des fraudes (DGCCRF) révélait un système décomplexé mis en place par le groupe Urgo, premier fabricant français de pansements, pour s’assurer de leur fidélité. En tout 8 672 officines y ont cédé, soit 40 % des 22 000 pharmacies de l’Hexagone. Urgo a ainsi offert 65 000 objets divers pour un montant total de 55 millions d’euros en six ans. C’est dire l’ampleur de la fraude organisée qui a valu la condamnation du groupe à une amende de 1,125 million d’euros dont 625 000 euros avec sursis et la confiscation de 5,4 millions d’euros. En tant que praticienne au Havre, l’ancienne ministre de la Santé par intérim Agnès Firmin Le Bodo a été condamnée en octobre 2024 sur reconnaissance préalable de culpabilité à 8 000 euros d’amende dont moitié avec sursis pour 20 000 euros de cadeaux illicites.

    Le tribunal a prononcé, lundi, plusieurs peines d’amende allant de 6 000 euros dont 2 000 avec sursis à 50 000 euros d’amende dont 30 000 euros avec sursis. Cette dernière a été infligée à un pharmacien des Olives. Une peine ajustée à son chiffre d’affaires.

    « Je n’avais pas l’impression d’avoir commis une infraction »

  • Agression d’une agente territoriale à l’école St-Louis Campagne Lévèque

    Agression d’une agente territoriale à l’école St-Louis Campagne Lévèque

    Elle a été violemment attaquée aux abords de l’école alors qu’elle s’y rendait », relate Patrick Rué, secrétaire général FO Territoriaux de la Ville de Marseille. Son organisation tire la sonnette d’alarme suite à une agression d’une Atsem, ce mardi matin, à l’école Saint-Louis Campagne Lévèque (15e arrondissement). Le syndicaliste affirme qu’elle a «reçu des coups violents» et pointe la gravité de l’agression. Toujours selon Patrick Rué, les agents de l’établissement prépareraient un droit de retrait.

    Contacté, le bataillon des marins-pompiers confirme l’intervention de ses services aux alentours de 8h50 et explique que l’agent d’une quarantaine d’année a été transportée aux urgences « pour des douleurs au visage et au dos ».

    « La police municipale a été prévenue immédiatement quelques minutes après l’agression. Une fois sur place, nous constatons la hauteur de l’agression subie par cette personnelle de la Ville. Nous lui apportons notre soutien total, plein et entier», réagit Yannick Ohanessian (PS), adjoint au maire de Marseille en charge de la sécurité et de la police municipale. Il précise qu’un dépôt de plainte «au nom de la Ville» va être fait prochainement. « Nous avons demandé à cette agente de faire de même. Pour l’heure, les services de police sont à la recherche de l’individu. Nous avons dépêché un équipage de police municipale qui restera autant que nécessaire pour assurer la sécurité devant l’école », développe l’adjoint qui met en avant «la réaction rapide du bataillon des Marins-Pompiers et de la police municipale». « L’agente a été prise en charge, elle a été très choquée, nous prévoyons un accompagnement psychologique en sa direction et une cellule psychologique pour les autres agents de l’établissement », conclut-il.

    Le maire de la ville, Benoît Payan, a également réagi sur les réseaux sociaux : « Cette agression est révoltante et je veux dire toute ma solidarité à cette victime qui ne faisait qu’exercer son métier. Je suis à ses côtés et aux côtés de toute l’équipe ». Avant de développer : « Nos agents municipaux sont en première ligne pour offrir aux Marseillais un service public de qualité. Toute violence envers eux est intolérable et doit faire l’objet de sanctions exemplaires par la justice ».

    Plus d’informations dans La Marseillaise de demain.

  • L’Avi sourire lance ses randonées

    L’Avi sourire lance ses randonées

    Pour l’Avi sourire, les rendez-vous se succèdent selon une belle cadence.

    L’association a connu une fin septembre riche, avec ses ateliers de découvertes proposés sur le site de Corbière, la participation à la journée mondiale de nettoyage des plages, à l’occasion de laquelle ses membres ont récolté 520 kg de déchets en une heure trente, ou encore, au niveau international, la belle prestation d’Alexis Sanchez, finaliste en skiff lors des championnats du monde de para-aviron.

    Le week-end dernier, c’est au large de Marseille que les amateurs de rame se sont retrouvés. Le club proposait sa première randonnée en mer. Un parcours de 25 km au cœur de la rade, reliant les îles emblématiques du Frioul, du Château d’If et un passage vers la baie des Singes.

    Plus qu’un défi sportif, cette randonnée constituait une expérience de mixité et de partage. Les équipages unissaient rameurs valides et en situation de handicap. Les bateaux sont partis de la marina Florence-Arthaud, samedi après-midi. Ils ont effectué leur parcours, avant de revenir à leur point de départ, juste avant que le mistral ne se lève.

    D’autres randonnées de ce type sont d’ores et https://lavisourire.fr/ grammées en 2026 : le 12 avril, le 10 mai et le 4 octobre..

    https://lavisourire.fr/

  • Arthur Vermeeren est venu à l’OM pour la confiance

    Arthur Vermeeren est venu à l’OM pour la confiance

    Prêté avec option d’achat par Leipzig, Arthur Vermeeren est loin d’être la plus connue des recrues estivales olympiennes.

    Néanmoins, sa venue, lors des derniers jours du mercato estival, est loin d’être le fruit du hasard. « Avant même mon arrivée ici, je savais que j’avais la confiance de Medhi Benatia et Roberto De Zerbi », a-t-il confessé lors de sa première conférence de presse, à la Commanderie, avant le déplacement de l’OM à Metz.

    Celui qui était arrivé sur la pointe des pieds avait disputé quelques minutes face à Lorient, suffisantes pour délivrer une passe décisive sur le quatrième but marseillais. Avant de sortir une prestation éclatante en Ligue des Champions face à l’Ajax.

    Personne ne s’attendait à le voir débuter la rencontre de Ligue des Champions. Mais, dans son idée de mobiliser tout le monde et de gérer au mieux son groupe, Roberto De Zerbi n’a pas hésité à lui faire confiance. Et Arthur Vermeeren a su mériter cette confiance.

    « Je me suis bien entendu avec Matts », a souligné l’international espoir belge. Matts, c’est Matthew O’Riley, qui a su s’imposer comme le patron du jeu phocéen en moins d’un mois. Au-delà de la complicité avec le Danois, Arthur Vermeeren a reconnu qu’il était « capable de jouer aux côtés de n’importe quel joueur de ce groupe, car nous avons trouvé nos repères ».

    Lorsqu’il est arrivé, l’OM était encore plombé par le cas Adrien Rabiot. Lui ne s’y est pas attardé. Il s’est plongé dans le travail, avec pour objectif de s’intégrer au plus vite. Montrer ses qualités sur le terrain.

    Le modèle Iniesta

    Quand on lui demande justement ce qui le caractérise, le natif de Lierre évoque sa « bonne vision et compréhension du jeu et mon idée d’avoir toujours un temps d’avance sur l’adversaire ». Ce qui lui a permis d’être le détonateur de la démonstration marseillaise face à l’Ajax.

    « L’Ajax n’a pas été si mauvais. C’est surtout nous qui avons su être décisifs et fait ce qu’il fallait, quand il le fallait », note-t-il. Face aux Néerlandais, malgré son jeune âge (20 ans), il fait preuve d’une grande maturité. « Je sais garder mon sang-froid, rester calme et j’ai confiance en mes capacités. » Des caractéristiques qu’il a emmagasinées en suivant les prestations de celui qui est son modèle : Andrés Iniesta. « Je l’observais dans tous ses matches, et j’ai énormément appris de ses prestations », avoue-t-il.

    Avec l’OM, il découvre son quatrième championnat, après l’Espagne et l’Allemagne. Formé en Belgique, au Royal Antwerpen, le club d’Anvers, il a rejoint l’Atlético de Madrid après deux saisons en Ligue Jupiter belge. « Mais j’ai très peu joué en Espagne, c’est en Allemagne, à Leipzig, que j’ai fait mes premiers progrès, dans un championnat très physique », détaille-t-il.

    Depuis son arrivée à Marseille, il se familiarise avec une Ligue 1 « où le jeu est très intense ». Prêté avec option d’achat, Arthur Vermeeren arrive à un moment clé de sa carrière. Lui et l’OM peuvent bénéficier de cette situation.

  • L’envers du décor tisse sa toile au Canebière film festival

    L’envers du décor tisse sa toile au Canebière film festival

    Appartenant depuis plus d’un an aux mêmes propriétaires, Philippe Dejust et Alexis Dantec, les cinémas les Variétés et l’Artplexe lancent la première édition du Canebière film festival. « On voulait créer un événement commun entre les deux salles pour que les spectateurs de l’un puissent se familiariser à l’autre », rappelle Emmanuelle Meilhoc, coordinatrice de cette manifestation qui démarre mercredi 8 octobre.

    Piochant aussi bien du côté des films d’art et essai que grand public, le festival entend souligner « le travail des techniciens de cinéma. Des postes rarement valorisés. En plus, après l’Ile-de-France, on est la deuxième région en termes de jours de tournage. Ce vivier de compétences, il fallait le mettre en avant », constate-t-elle.

    Chaque édition se focalisera sur un métier en particulier. Pour la première, place aux décorateurs, avec une invitation particulière faite à Katia Wyszkop. Les spectateurs auront l’occasion d’échanger avec cette cheffe décoratrice ayant notamment travaillé avec Maurice Pialat pour Sous le soleil de Satan, Palme d’or controversée du festival de Cannes 1987. Ou, plus récemment, Vie privée, film réalisé par Rebecca Zlotowski, avec Jodie Foster et Daniel Auteuil au casting, projeté en avant-première aux Variétés. « Katia Wyszkop a commencé à travailler dans les années 1980. Elle avait fait
    les Beaux-Arts ainsi que des études d’architecture
     », situe Emmanuelle Meilhoc. « Elle a vécu des débuts difficiles auprès de Maurice Pialat, qui n’était pas si simple que ça », euphémise-t-elle. « D’autant plus que les femmes décoratrices se faisaient rares à l’époque. »

    De « Météors »

    à « L’Engloutie »

    En ce qui concerne les longs-métrages en compétition au Canebière film festival, chaque projection sera accompagnée de techniciens ayant officié sur l’œuvre. Parmi ceux-ci, le réalisateur Hubert Charuel ainsi que le chef décorateur Thomas Grézaud pour Météors, fruit d’un « travail incroyable pour reconstituer un site de déchets nucléaires », ou encore Louise Hémon et Anna Le Mouël pour L’Engloutie. « Un film qui parle d’une jeune institutrice au XXe siècle qui vient enseigner dans un village reculé des Alpes françaises. C’est presque un huis clos qui a été tourné à plus de 2 500 m d’altitude, dont les décors ont nécessité beaucoup de neige et d’éléments naturels. Le décor est encore plus important dans ce genre de dispositif », éclaire Emmanuelle Meilhoc. « Et avant chaque séance », précise son alter ego Antoine Bertrand, « on projettera un court-métrage réalisé par des élèves d’écoles de la région, issus du master d’écriture documentaire d’AMU, de la CinéFabrique, de Kourtrajmé, de la classe préparatoire cinéma du lycée Marseilleveyre, et de la Satis, à Aubagne ».

  • Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Un cargo à voile pionner en escale à Marseille

    Sur la traversée Atlantique, on envisage d’utiliser uniquement la voile. Les moteurs de propulsion nous servent seulement à sortir du port et à y rentrer. » Entre deux coups de talkie-walkie avec son équipage, Mathieu Poulain, commandant du Neoliner Origin, ne cache pas sa satisfaction de naviguer avec le « premier cargo roulier de grande capacité à propulsion principale vélique du monde ».

    Entendez par là le premier navire de commerce à voile, de dimension industrielle. Et quelles voiles ! 3 000 m² de voilure total, en panneau de carbone avec un intérieur en fibre de verre, sur deux mats en carbone « Made in France » de plus de 70 m de haut et « autoporteurs »…

    Quand le Neoliner Origin déploie sa voilure en accordéon dans le port de Marseille, elle cache le soleil pour les dockers depuis les quais. « C’est carrément différent. Quand on est à la voile, au niveau des vibrations et du bruit, je n’ai jamais connu un navire aussi confortable depuis ma cabine. C’est dingue », poursuit le capitaine Mathieu Poulain. En escale à Marseille avant de prendre le large vers Nantes, son port d’attache, la CMA CGM et Neoline présentaient cette « innovation » qui pourrait bien être la première pierre d’un nouveau genre de fret maritime.

    « Décarboner à 80 % »

    « Il a une capacité de 1 200 mètres linéaires, c’est l’équivalent de 350 à 400 voitures, il peut aussi transporter des conteneurs, pour une capacité de 265 EVP [équivalents vingt pieds, Ndlr] », explique Jean Zanutti, président de Neoline, compagnie dont la CMA CGM est au capital. « C’est le premier navire dont le moyen de propulsion principal est la voile, contrairement à d’autres navires qui ont des aides à la propulsion, mais ce ne sont que des aides. Là, on va décarboner le transport jusqu’à 80 % », abonde Xavier Leclercq, vice-président du groupe CMA CGM, en charge des constructions neuves. Et le Neoliner Origin ne souffre pas de la comparaison avec ses homologues consommateurs de carburant. « En moyenne, ça va prendre à peine deux jours de plus pour une traversée Atlantique », précise Xavier Leclercq. « On est capable d’être alignés en termes de prix sur ce trajet grâce à l’économie de fioul, même si l’amortissement est plus cher », ajoute Jean Zanutti. Si toutes les routes maritimes ne conviennent pas forcément au navire, reste qu’il est « une solution remarquable » pour la décarbonation du fret maritime. « C’est un voilier, mais c’est d’abord un cargo, un navire de commerce qui embarque de la marchandise par roulage. Mais, lorsqu’on est en mer, on hisse les voiles et on est propulsé uniquement par le vent », confirme le commandant, Mathieu Poulain.

    Une innovation à plus de 60 millions d’euros avec beaucoup d’avantages et quelques inconvénients. « C’est un peu particulier à piloter, on est assisté par pas mal d’ordinateurs et d’automatisation. On est limité par la puissance et la force du vent. Sinon, ça reste relativement facile à manœuvrer grâce notamment aux balestrons [support sur lequel est fixé le mât Ndlr] qui tournent à 360 degrés », développe le capitaine. Avec l’espoir d’insuffler un vent nouveau pour le transport de marchandises sur les mers. « J’espère et je rêve que ça puisse être le futur de la navigation », conclut Mathieu Poulain.

    « Lorsqu’on hisse les voiles, on est propulsé uniquement avec le vent »

  • L’excellence nationale en compétition au parc Chanot

    L’excellence nationale en compétition au parc Chanot

    Cette année, 70 lauréats défendront, devant près de 80 000 visiteurs, les couleurs de la région Paca dans la finale nationale de la plus grande compétition de savoir-faire professionnels. « En 2023, nous avons battu les Occitans et les Bourguignons », rappelle Renaud Muselier. C’est l’esprit combatif que le président (Ren) de la Région Sud accueille l’étape de ces « JO des métiers », qui doit conduire de jeunes talents à la finale mondiale qui se déroulera à Shanghai.

    Au-delà d’une vitrine de l’orientation et de la formation régionale, le show a pour objectif de « créer l’émulation, l’inspiration, chez tous les jeunes du territoire, précisait Renaud Muselier, c’est une opportunité unique de valoriser nos jeunes et de montrer que le Sud est une terre de réussite ». Dans un pays où « les diplômes sont très prédominants, complétait la présidente de Worldskills France, Florence Poivrey, notre mission est d’être des passeurs, des facilitateurs. Quand des ponts sont offerts ça donne des ailes ».

    Saïd Soumaila, qui a décroché le titre de champion d’Europe en 2023 dans la catégorie cuisine, en témoigne : « Je viens d’un milieu modeste et quand on manque de confiance en soi, être coaché, être reboosté par une équipe ça vous porte, c’est le truc en plus qui fait qu’on a envie de se dépasser, d’aller plus loin. » À 26 ans, le jeune chef est aujourd’hui gérant du restaurant Quai des saveurs à Avignon. « Un challenge, confie-t-il, car cette expérience a aussi changé ma perception du travail avec l’envie de voir plus loin que les fourneaux en cuisine ».

    Lors de ces trois journées d’épreuves où ils seront 800 à confronter leur maîtrise et leur savoir-faire, il faudra aux compétiteurs convoquer toute la préparation technique dont ils ont bénéficié. « Les professionnels qui sont impliqués à nos côtés nous transmettent leurs connaissances mais aussi leur passion », explique Thomas Zglinski, 33 ans, champion du monde 2013 en section maintenance aéronautique. « Il y a toute une préparation mentale, de gestion du stress, un tempérament qu’on conserve tout au long de sa carrière. Cela permet aux sociétés d’évoluer et de grandir à travers ces jeunes talents » précise l’Istréen qui a intégré les équipes de Dassault aviation.

    Créer des vocations

    Autant d’exemples qui ont inspiré les nouveaux candidats. Sorti du bac avec une mention très bien, Théo Moni qui a intégré le lycée hôtelier de Marseille et s’est inscrit au concours, prend attache avec Saïd. « Déjà ce concours a poussé les formateurs à me donner plus de tâches et de défis. Maintenant j’espère qu’il va m’ouvrir des portes et m’aider à développer ma capacité à m’adapter…et à transmettre à mon tour », espère le jeune cuisinier. L’excellence, c’est aussi « beaucoup d’émotion », indique Marie Florence Bulteau-Rambaud, vice-présidente de la Région et de Worldskills France depuis 2019, invite vivement à « assister à la compétition, ça se vit ! ». Nouveauté de cette édition, la fusion d’Abilympics France avec Worldskills France le 1er juillet 2024 découle sur la participation d’une quarantaine de candidats handicapés.

  • La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La Banque alimentaire cherche des bénévoles pour sa grande collecte

    La grande récolte dans les supermarchés, c’est 10% de ce que nous distribuons à l’année. » Devant des membres de la Banque alimentaire, bénévoles, associations et entreprises, Joseph Arakel, président de la Banque alimentaire des Bouches-du-Rhône, rappelle l’importance de cet événement. Ce lundi, une centaine de personnes se sont réunies dans la salle d’honneur du Département, à Marseille, pour lancer l’organisation de ces collectes de dons dans les supermarchés, du 28 au 30 novembre. Face à l’augmentation de la précarité et des besoins, le président espère mobiliser de nombreux de bénévoles pour récolter plus de nourriture.

    Des dons nécessaires dans un contexte où l’insécurité alimentaire explose. Dans les Bouches-du-Rhône, 107 000 personnes ont recours à l’aide alimentaire, soit 5,3% de la population du département, d’après les chiffres de la Banque alimentaire. L’association permet d’approvisionner 188 associations qui s’occupent de la redistribution. Des associations qui viennent prêter main-forte pour ces trois jours de collecte. « C’est grâce à cet organisme que l’on peut fournir des paniers aux personnes dans le besoin, donc on se doit d’aider », explique Nathalie Dumas, bénévole à la Croix Rouge d’Aubagne.

    Le nombre de bénévoles est, pour le moment, insuffisant pour atteindre les objectifs du président de la banque alimentaire : 200 tonnes de plus que l’année dernière, où déjà 400 tonnes de denrées avaient été données dans le département. « Il y a une baisse des dons liée à l’augmentation de la précarité et donc des besoins, explique Alexis Lada, chef d’exploitation. C’est pour cela que l’on a besoin de plus de monde pour récolter plus de dons. ».

    « 360 commerces, dans toutes les Bouches-du-Rhône, ont donné leur accord, mais il faut que l’on trouve des bénévoles », insiste Julie Caseville, salariée de la Banque alimentaire en charge de la grande collecte. « Pour l’instant, nous sommes à 40% d’inscription. Mais on est optimiste et on espère avoir assez de bénévoles pour que les 360 magasins participent à la récolte », sourit-elle.

    Mail : ba130.collecte@
    banquealimentaire.org

  • Marseille en lutte face à sa Métropole

    Marseille en lutte face à sa Métropole

    Peu importait l’ordre du jour, ce lundi matin, en conseil métropolitain. Le débat était ailleurs, déjà annoncé quelques jours plus tôt en conseil municipal de Marseille. Après le ralliement de son président Patrick Pappalardo à l’UDR, la nomination de nouveaux représentants au sein du bailleur social Provence Métropole Logement (PML, ex-HMP) est ainsi l’occasion pour l’adjoint marseillais Pierre Huguet (G.s), de rappeler les transfuges de la majorité métropolitaine vers l’extrême droite. « Cette porosité constante ressemble parfois à une véritable passerelle », s’alarme-t-il, réclamant la démission de la vice-présidence du maire de Marignane, éric Le Dissès. Sans que la présidente (DVD) de la Métropole, Martine Vassal, ne réagisse.

    Carences des transports

    et de la propreté

    Alors la gauche marseillaise énumère, au fil des modifications budgétaires, ses griefs sur les politiques métropolitaines dans la ville centre. à commencer par les transports en commun. « Après un printemps houleux, un été compliqué, nous avons un mois de septembre éprouvant, rappelle l’adjointe marseillaise aux mobilités, Marie Batoux (PM). Ce sont chaque jour des bus qui manquent ! » Dans la foulée, le maire (PS) des 2-3, Anthony Krehmeier, enchaîne sur les problèmes de propreté, qui ont agité la rentrée : « Marseille est abîmée par une collecte défaillante et voilà qu’on nous explique que si Marseille est sale, ce serait la faute des Marseillais ! Mais soyons sérieux, dans quelle commune accepteriez-vous que l’on parle ainsi de vos habitants ? » à chaque fois, Martine Vassal laisse couler. Le temps que les délibérations passent, avec une extrême droite qui, pour la première fois, monte au front en séance plénière pour insister sur l’insécurité. « Moi, j’attends toujours la loi Allisio sur la sécurité », balaie Martine Vassal.

    Finalement, la présidente (LR) de la RTM, Catherine Pila, prend la parole pour répondre à la gauche marseillaise, mettant en avant le déploiement de la gratuité, qui a profité à 2,2 millions de voyageurs depuis la rentrée, les nouveaux bus à haut niveau de service. Avant d’expliquer le manque de matériel roulant par les retards de livraison de la société Iveco, qui n’a fourni que 47 bus électriques sur les 75 qui devaient arriver. « Dans un contexte de développement de l’offre, cela a créé une petite tension sur le parc de bus, de moins de 5% », explique-t-elle, avant de promettre que « dans quelques jours, la situation sera de nouveau à la normale ». Après elle, Jean-Yves Sayag (DVD) balaie les questions de propreté : « La situation est simple : on nettoie, aussitôt après, c’est dégradé. » Et de rappeler que Marseille a refusé de reprendre la propreté.

    « Les discussions ont été complexes, riches, mais ne nous ont pas permis de récupérer les compétences », commence Benoît Payan. « Rendez les sous ! » l’interrompt le maire de Peynier, Christian Burle. L’édile marseillais bondit. « Quel maire ici à quelqu’un dans son opposition qui choisit ce qu’il fait pour son aménagement, ce qui se passe pour la propreté ? » s’emporte-t-il. Le maire (DVD) de Châteauneuf-les-Martigues (DVD), Roland Mouren, en profite pour promettre aux Marseillais que s’ils ont la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus élevée, ils ne paient pas pour autant pour les autres villes. Mais il reconnaît la saleté. « Vous prenez un marteau, et tous ceux qui pissent, vous tapez sur ce qui dépasse », préconise-t-il. Dans un brouhaha, la séance est levée.