Tag: Marseille

  • On prend les mêmes et on recommence

    On prend les mêmes et on recommence

    Preuve des difficultés de Lecornu : ce n’est qu’une partie de son gouvernement qui a été annoncée dimanche soir au terme d’un week-end théâtral au terme duquel LR a donné son feu vert après que le président du parti, Bruno Retailleau, ait remporté une nouvelle manche contre Laurent Wauquiez qui s’était prononcé contre la participation au gouvernement. Beaucoup de bruit pour… pas grand-chose : pas de nouveau nom issu des rangs LR dans cette première salve de nominations. Résultat : « La composition du Gouvernement ne reflète pas la rupture promise. Devant la situation politique créée par cette annonce, je convoque demain matin le comité stratégique des Républicains », a twitté Bruno Retailleau dans la soirée.

    Sur le papier, les 18 ministres nommés permettront à Sébastien Lecornu de faire son discours de politique générale mardi et se retrouvent ce lundi à 16h pour un premier conseil des ministres. Avec une feuille de route qui creuse le même sillon. Dans une lettre transmise aux dirigeants du camp présidentiel et des Républicains dans la nuit de samedi à dimanche, Sébastien Lecornu estime que l’effort doit porter « essentiellement sur la réduction de la dépense publique ». S’il annonce des baisses d’impôts – « pour soutenir le pouvoir d’achat des ménages et la compétitivité des entreprises » – il assure également pouvoir dégager 2,3 milliards d’euros de recettes supplémentaires. Comment ? En luttant contre la fraude au sujet de laquelle il promet une loi rapide.

    Haro sur les dépenses publiques

    Mais alors que le scandale de blanchiment de fraude fiscale par des investisseurs étrangers avec la complicité de banques françaises qui aurait coûté des dizaines de milliards au fisc français a encore défrayé la chronique la semaine dernière, Sébastien Lecornu se penche sur la fraude aux prestations sociales qui fait tant fantasmer la droite. « Ordonnances sécurisées pour limiter les prescriptions abusives, obligation de consulter un dossier médical partagé avant certains actes coûteux, versement du chômage uniquement sur des comptes bancaires domiciliés en Union européenne… », écrit-il dans sa lettre, avec une conclusion limpide : « Chaque euro de la solidarité nationale doit aller à ceux qui y ont droit. » À cela s’ajoute le paragraphe consacré à la sécurité et l’immigration. « La sécurité du quotidien et la lutte contre les incivilités continueront d’être une priorité majeure », écrit ainsi Sébastien Lecornu, comme la lutte « contre l’immigration irrégulière par la mise en œuvre de solutions techniques et efficaces ».

    Censure ?

    Autant d’éléments qui complètent mesures déjà énoncées comme la volonté d’augmenter les salaires en réduisant la part consacrée au financement de la sécurité sociale et l’assurance maladie, et qui montre que le cap libéral contesté dans la rue et dans les urnes est bien maintenu.

    « Nous nous dirigeons tout droit vers la censure » si « la donne ne change pas », a martelé samedi le premier secrétaire du PS Olivier Faure, la numéro 2 du parti, Johanna Rolland, annonçant dimanche que les socialistes voudront « très probablement déposer leur propre motion ». La patronne des Écologistes Marine Tondelier dit avoir « pris contact avec tous les groupes pour être l’auteur d’une motion de censure unitaire, fédérative ». Les insoumis qui répètent depuis vendredi qu’ils seront à l’initiative d’une motion de censure dès mardi ont affirmé dimanche via le coordinateur national Manuel Bompard qu’ils avaient « proposé aux députés écologistes, aux députés communistes et même aux députés socialistes de la cosigner ». Quant à Fabien Roussel, il prévient dans un entretien accordé dimanche à L’Humanité si Sébastien Lecornu « ne permet pas au Parlement de retrouver ses pouvoirs, notamment pour abroger la réforme des retraites, les députés communistes voteront en faveur de la censure ».

  • Les Aygalades inaugurées à Marseille, le plan écoles suit son rythme

    Les Aygalades inaugurées à Marseille, le plan écoles suit son rythme

    Les minots sont à la fête, ce samedi matin, dans les cours du groupe scolaire Aygalades – Oasis, dans le 15e arrondissement de Marseille. «Les enfants m’ont dit que c’était super beau, qu’ils pouvaient jouer au foot le midi parce que maintenant il y a de la place, sourit Zineb, mère de deux petits en CP et CM1. Et nous, nous voyons les professeurs heureux, cela se répercute sur leur façon de travailler. »

    Entre stands de pop-corn, jeux en bois et confettis, de nombreuses familles sont venues pour l’inauguration des écoles réhabilitées après deux ans d’un chantier à 25 millions d’euros, confié au groupe Bouygues. « Cela a été très tendu pour que l’école soit livrée, mais nous avons travaillé en bonne intelligence », apprécie l’adjoint (PM) au plan écoles Pierre-Marie Ganozzi, avant l’ouverture des grilles. « C’est le quartier entier qui pourra en profiter », abonde Marie-Pervenche Plaza, la secrétaire générale adjointe de la préfecture.

    C’est que l’on part de loin. Pendant une décennie entière, la précédente mandature avait ignoré toutes les alertes sur les sols lourdement pollués sur lesquels ont été construits l’établissement. Désormais, en plus d’une nouvelle bibliothèque pour le groupe scolaire, le gymnase a rouvert, et Pierre-Marie Ganozzi promet que les associations y auront accès. « Nous souhaitons que les écoles soient la capitale du quartier, qu’elles soient ouvertes », explique-t-il.

    Mais alors que la droite en campagne accuse la Société publique des écoles de Marseille de n’avoir livré que cinq groupes scolaires, le maire (DVG) Benoît Payan s’irrite : « Ce n’est pas parce que l’opposition dit que la Terre est plate qu’elle est plate. »

    « Au rythme prévu » 

    « Nous avons aujourd’hui 15 écoles qui ont été livrées dans le cadre de la vague 1 », assure de son côté la secrétaire générale adjointe de la préfecture. Et d’affirmer que « le Plan écoles avance au rythme qui avait été prévu », avec 33 écoles en phase d’études, 36 en cours de programmation. En ajoutant les chantiers qu’elle porte seule, la Ville en annonce de son côté 95 au total programmées. « C’est le plus gros chantier européen, c’est absolument vertigineux », assure Pierre-Marie Ganozzi, tandis que les minots, pour seuls chiffres, se contentent du joyeux décompte de l’inauguration.

  • Lucien Molino. La première caisse de la Sécu à Marseille

    Lucien Molino. La première caisse de la Sécu à Marseille

    De nombreuses initiatives avaient été prises auparavant pour ne citer que les assurances sociales mises en place en 1930. Ce fut le premier régime obligatoire mettant le patronat à contribution pour servir un minimum de prestations en cas de maladie, maternité, invalidité, vieillesse, décès.

    Enfin, il fallut attendre la libération de notre pays pour que, en accord avec le programme du Conseil national de la résistance soit reprise l’idée de la Sécurité sociale sous la responsabilité de notre camarade et ami communiste Ambroise Croizat avec l’investissement des dirigeants syndicaux CGT et le concours du directeur général, Pierre Laroque, qui s’exprimait encore, en 1993, en ces termes : « Lorsque s’ouvre l’année 1947, la mise en place de l’organisation Sécurité sociale arrive à son terme, les textes fondamentaux sont adoptés et publiés. Les institutions nouvelles fonctionnent, les problèmes essentiels de locaux, de personnel, de matériel sont résolus. La Sécurité sociale est devenue l’élément de la vie quotidienne des Français. »

    La Sécurité sociale dans les Bouches-du-Rhône

    L’appui de la CGT n’a jamais cessé, depuis 1945, lorsque Ambroise Croizat et Pierre Laroque sont venus à Marseille nous demander de les aider afin d’ouvrir la première caisse dans un délai prévu. Nous avions appliqué les trois huit, travaillant jour et nuit et nous avons réussi, avec enthousiasme, à édifier une œuvre qui nous plaçait en tête de toutes les nations capitalistes dans le domaine des lois sociales.

    Notre gestion des caisses de Sécurité sociale permettait d’envisager pour les assurés sociaux de meilleures prestations et de belles réalisations. La première caisse à Marseille fut édifiée au square Stalingrad où se trouve actuellement le bureau des PTT.

    Une leçon pour le présent

    C’est du passé, mais une leçon pour le présent. Le système de protection sociale français, garantissant de nouveaux droits et devoirs, fut créé après la Libération alors que le pays était exsangue ! Fondé sur la répartition et la solidarité, il a permis que le pays se relève parce que les hommes s’étaient investis et que l’État assumait ses fonctions au service de la société tout entière. Pourtant, depuis le début, de multiples tentatives d’atteintes à ce système ont été faites par les gouvernements qui se sont succédé, dirigés soit par la droite, le RPR et l’UDF, soit par le Parti socialiste.

    Aujourd’hui, des milliards peuvent être récupérés pour améliorer et développer la Sécurité sociale avec la participation des employeurs. Il faut instaurer pour les entreprises un mode de cotisation basé sur la plus-value réellement ajoutée au travail et non sur le nombre de salariés.

    Applications du programme du CNR

    Les comités d’entreprise (ordonnance du 22 février 1945 et loi du 16 mai 1946) et aussi les comités techniques paritaires de la fonction publique furent une traduction concrète des objectifs affichés dans le programme du CNR. Mais l’adoption de la loi de 1946 fut laborieuse. Nous avions affaire à un patronat qui, avec la complicité de relais à l’Assemblée nationale, était soucieux de préserver les fondements de l’économie capitaliste, la propriété privée et le pouvoir exclusif des dirigeants d’entreprises. Je me souviens que cet avant-projet d’ordonnance était fort limité, nous décevait sans pour autant empêcher les réserves patronales. Nous en avions discuté avec Ambroise Croizat et Albert Gazier, réformiste et responsable de la CGT.

    L’assemblée consultative déposa un amendement pour améliorer le texte initial mais il ne fut pas pris en compte dans l’ordonnance. Dès le 24 février, nous affichions notre volonté de faire modifier ce texte insuffisant. Il aura fallu la démission du général de Gaulle et la grande victoire des partis de gauche pour que notre proposition soit votée à l’unanimité et donne le texte qui allait devenir la loi du 16 mai 1946. C’est ce nouveau texte qui fonda véritablement les comités d’entreprise en rupture avec le passé. Mais la réaction tendait d’accréditer l’idée que les CE étaient le prolongement des comités sociaux de la Charte du travail de Vichy, pur mensonge dont le but était de démobiliser les CE.

    Avec l’ordonnance du 22 février 1945 complétée par la loi du 16 mai 1946 qui rendit obligatoire la création de comités d’entreprise dans toute entreprise ou établissement de plus de 50 salariés, élu pour 2 ans, le CE disposait d’attributions consultatives pour assurer l’expression collective des salariés. Il gérait les activités sociales et culturelles.

    Cette belle loi de progrès constituait une arme puissante entre les mains des travailleurs, pour agir sur la production, les prix de revient et les œuvres sociales.

    La loi institua aussi, pour les ouvriers du bâtiment, des indemnités couvrant une partie des risques dus aux intempéries, ce qui satisfaisait une très ancienne revendication des salariés de ce secteur, ce qu’ils doivent à Ambroise Croizat. Cette législation a été plusieurs fois remaniée. La loi de 1966, l’ordonnance du 17 avril 1947 et la loi du 28 octobre 1982 ont renforcé les attributions du comité d’entreprise : le chef d’entreprise a l’obligation de lui fournir l’information économique nécessaire et le champ de la consultation a été élargi à la formation et aux suppressions d’effectifs. Une autre loi de décembre 1993 permet aux entreprises comprenant de 50 à 200 salariés d’opter pour une délégation unique du CE et les délégués du personnel, ceux-ci disposant d’un mandat de deux ans. Malgré les attaques, la CGT demeure aujourd’hui la première organisation syndicale, comme le prouvent les élections. Mais la désindustrialisation et la montée de la crise ont contribué au déclin et la diminution du nombre de salariés par établissement a affaibli les syndicats. Plus de trois millions de chômeurs pèsent non seulement sur les recettes de la Sécurité sociale, mais facilitent une « dynamique répressive ». La diminution du nombre d’adhérents et de militants les rend moins présents sur les lieux du travail, ce qui pose le problème de la syndicalisation comme première tâche.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au palais Longchamp, Finson, vie brève : Italie et Provence, Le Caravage et Peiresc

    [Chefs-d’œuvre des musées de Marseille] Au palais Longchamp, Finson, vie brève : Italie et Provence, Le Caravage et Peiresc

    On aperçoit en pleine maturité un personnage audacieux et affranchi. Né à Bruges en 1578, Louis Finson quitte l’Italie et Naples en 1613. Dans sa trajectoire, les années italiennes sont cruciales. Parce qu’il croise à plusieurs reprises l’œuvre et la présence du Caravage, sa peinture se métamorphose : de même, en d’autres temps et toutes proportions gardées, Cezanne ou Picasso bouleversèrent de jeunes artistes. Finson n’est pas seulement comme l’écrivait Roberto Longhi un « peintre-marchand » qui vend, copie et comprend fortement les toiles d’un artiste qui révolutionne l’art. Il est l’introducteur du Caravage en France, son rôle fut déterminant.

    Torse nu, épaules et bras musclés, auparavant hanté par les clairs-obscurs et l’extase mystique de Madeleine, ce nordiste jubile. Sa main gauche brandit l’acier d’une hallebarde. C’est un guerrier d’opérette, le serre-tête d’un casque sans visière déploie une longue plume blanche. Sa main droite, ses clins d’œil et son visage songent ironiquement à ce que pourront dire son menton et sa bouche. Son séjour entre Marseille et Aix, moins que trois ans jusqu’en 1614, s’adapta aux circonstances et aux commandes : inégal et paradoxal, cet artiste qu’on imagine jouisseur et narquois réalisa pour les églises aixoises de Saint-Jean de Malte et de Saint-Sauveur des peintures religieuses brunes et grises, sobrement austères. Simultanément, il portraiturait l’entourage distingué et raffiné du grand érudit et collectionneur Nicolas Peiresc : entre autres, Boyer d’Eguilles, Lacépède et Guillaume du Vair, l’archevêque d’Aix Paul Hurault, François de Malherbe que Ponge vénérait.

    L’autoportrait est daté de 1613. Qui aurait pu deviner que cet homme robuste et joueur, cette personnalité épanouie, voyageuse et contradictoire doive interrompre brusquement une carrière à ce point prometteuse ? Après avoir séjourné à Arles, Montpellier et Paris jusqu’en juillet 1616, sa présence est signalée à Amsterdam. Il s’affaiblit, tombe malade. Il a 39 ans quand il rédige son testament ; Louis Finson meurt pendant les derniers jours de 1617.

    format 81 x 62 cm

  • Un dernier week-end de foire gourmand et festif

    Un dernier week-end de foire gourmand et festif

    Pour son dernier week-end avant sa fermeture lundi soir, la foire de Marseille met les bouchées doubles sur les festivités. En plus des incontournables stands, les visiteurs sont conviés à partager des moments de détente et de divertissement.

    Le tour du monde des saveurs se poursuit avec une ultime soirée gourmande, ce samedi. À partir de 19h, l’accès à la foire est libre et invite les amateurs de la gastronomie à trouver leur bonheur parmi les 7 000m2 d’espace restauration à ciel ouvert. Pour accompagner les dégustations, des animations musicales sont proposées jusqu’à 23h.

    La journée de dimanche mettra à l’honneur les couleurs de la Guyane. Sur l’esplanade 4, les Touloulous, figures emblématiques du carnaval guyanais, « feront vivre la danse et le costume traditionnels », annonce Josiane, à la tête de l’événement.

    À retrouver également tout le week-end : l’espace cinéma aménagé par Provence Studios. Que l’on veuille découvrir les coulisses de la réalisation d’un film, ou s’improviser acteur, rendez-vous est donné Hall 3.

    Enfin, alors que la Grande Scène (parvis du Hall 8) accueille danseurs et stand-uppers pour divers spectacles, les sportifs peuvent se dépenser dans l’allée du Hall 2. Avec de nombreux ateliers proposés dès l’ouverture, le Village des Sports fait bouger petits et grands « pour se déculpabiliser des excès de gourmandise », s’amusent les organisateurs.

    Mélanie Russu

    À VOIR, À FAIRE

    À la rencontre des armées

    L’esplanade 4 accueille le Village des Armées pour plonger dans les coulisses des interventions militaires, avec par ailleurs une journée spéciale, ce samedi. Les visiteurs peuvent approcher les véhicules blindés (hélicoptère, pétrolier, canon) et assister à des démonstrations de secourisme en milieux périlleux, réalisées par les Marins-Pompiers de Marseille. L’espace, sur 1 500m2, est également un lieu d’information et de recrutement.

    Infos pratiques :

    La foire internationale de Marseille (Parc Chanot, 8e). est ouverte ce samedi de 10h à 23h, ce dimanche jusqu’à 20h et lundi jusqu’à 19h. Tarifs : de 5 à 8 euros. Gratuit pour les moins de 12 ans.

  • [Recette] Ricotta maison, figues fraîches et amandes torréfiées

    [Recette] Ricotta maison, figues fraîches et amandes torréfiées

    Les ingrédients

    Pour quatre personnes, il vous faudra :

    – Un litre de lait entier

    – 1 citron et son zeste

    – Une poignée d’amandes torréfiées

    – 4 figues fraîches

    – 1 linge type torchon ou gaze propre

    – De la crème liquide à 35%

    – Sel, poivre, huile d‘olive

    – Un peu de persil frais haché

    Faire cailler le lait

    Pour débuter la recette, versez votre lait entier dans une casserole et faites chauffer à feu fort jusqu’à ce qu’il atteigne environ 92°, avant ébullition. L’idéal est d’utiliser un thermomètre, mais si vous n’en avez pas, l’astuce du chef est d’arrêter le feu lorsqu’une petite mousse se forme sur la surface du liquide « un peu comme un cappuccino » et là, le lait est à bonne température.

    Pendant que le lait chauffe, vous pouvez zester l’entièreté du citron, de préférence bio. Filtrez ensuite le jus. Si vous voyez que votre citron ne donne que peu de jus, n’hésitez pas à en rajouter. Le citron fait cailler le lait et ainsi séparer la matière solide du petit-lait.

    Une ricotta onctueuse

    Une fois que le lait est prêt, retirez la casserole du feu, versez le citron dans le lait chaud et mélangez à la maryse. L’action de l’acide est instantanée.

    Laissez reposer à température ambiante pendant une dizaine de minutes. Filtrez ensuite dans un chinois au-dessus d’un saladier et déposez un linge sur le chinois pour filtrer le plus finement possible. Laissez égoutter le tout entre 15 et 30 minutes. Attention à ce que la future ricotta ne soit pas en contact avec le petit-lait, sinon, ça ne fonctionne pas.

    Pendant le temps de repos, vous pouvez concasser vos amandes à la main, au pilon ou au mixeur et préalablement torréfiées au four pendant 10 minutes à 180°. Coupez les figues en quartiers et réservez.

    Une fois que la ricotta est égouttée, débarrassez dans un saladier et ajoutez les zestes du citron, un peu de crème liquide, une belle lampée d’huile d’olive, du sel et du poivre à votre convenance. Mélangez bien pour amalgamer le tout et avoir une ricotta lisse et onctueuse.

    Pour le dressage, formez trois petites quenelles à l’aide de deux petites cuillères et disposez-les dans l’assiette, un filet d’huile d’olive, un tour de moulin à poivre, les figues, une pincée de persil et les amandes. Bon appétit !

  • [Le Grand entretien] Kassav’ : « La créolisation, on la retrouve partout »

    [Le Grand entretien] Kassav’ : « La créolisation, on la retrouve partout »

    La Marseillaise : Suite à la disparition en 2021 de Jacob Desvarieux (leader et cofondateur du groupe), vous avez déclaré : « Après sa mort, pour moi, Kassav’, c’était fini. » Qu’est-ce qui vous a redonné du souffle pour poursuivre l’œuvre du groupe ?

    Jocelyne Béroard : Quand je disais cela, ce n’était pas une affirmation. On se demandait alors comment Kassav’ pouvait continuer après la mort de Jacob, car il avait une voix particulière et un tel charisme… Pratiquement tous les gros tubes du groupe sont écrits, composés ou chantés par lui. Maintenant, chacun a la même importance. Si Kassav’ a pu offrir au reste du monde sa musique qui venait de toutes petites îles, c’était justement grâce à la réunion de tous ses membres. On avait déjà déploré, en 2010, le décès de Patrick Saint-Eloi, puis celui de Jacob derrière. On finit par se poser des tas de questions. D’abord, parce qu’on monte en âge. On se demande si on a encore l’énergie pour continuer sans eux. Il a donc fallu faire cet hommage à Jacob. ça nous a permis de reprendre confiance. Et on lui devait ça. On a donc cherché des gens qui pouvaient nous accompagner sur scène, d’autant que Jean-Philippe Marthély, aussi un élément majeur de Kassav’, avait fait un AVC. On a eu la chance de rencontrer des musiciens qui avaient le talent et l’énergie pour nous accompagner et continuer l’aventure.

    Le zouk est, à l’image des Antilles, un mélange de toutes les cultures qui la composent. Selon vous, Marseille, cette cité carrefour où vous venez jouer, est-elle aussi une terre de créolisation ?

    J.B. : Il est vrai que Marseille est le lieu d’énormément de rencontres, un port avec des bateaux qui arrivent de partout, notamment d’Afrique. Après, chacun défend son héritage, sa culture. Mais les enfants qui naissent en France créent autre chose, c’est ça la créolisation. Et la créolisation, en fait, on la retrouve partout dans le monde aujourd’hui avec le développement et l’accès aux moyens de transport. Les voyages permettent de s’habituer aux autres cultures, de devenir plus tolérant.

    Le producteur de Kassav’, Georges Debs, avait déclaré en 1988 à « L’Humanité », après le succès de l’album « Vini Pou » : « Pour la première fois de l’histoire des Antilles, un groupe authentiquement antillais est récompensé nationalement. Ce ne sont pas les doudous et les plages qu’on récompense, mais notre culture et notre créole ». Vous sentiez-vous méprisé par l’industrie à l’époque ?

    J.B. : Je n’utiliserais pas le mot de mépris, mais plutôt d’ignorance. Et il ne faut pas oublier que les États-Unis envahissaient le monde musicalement. Même la variété française avait du mal à subsister et certains chanteurs se mettaient parfois à chanter en anglais. Ils rêvaient d’exploser en Amérique, alors que les Américains avaient la main forte sur l’industrie. Nous qui venions de petites îles qui comptent 350 000 habitants et 80 km de long, on ne faisait pas le poids. Certains leur avaient vendu une vision doudouiste des Antilles : cocotiers, sable blanc, doudou, accras, punch, fête… Eh bien non, chez nous, comme partout ailleurs, on travaille, on réfléchit à une culture, une musique… Et cela, il fallait le faire admettre à tous.

    Kassav’ a même commencé à cartonner dans le reste du monde avant de le faire en France…

    J.B. : Oui, on avait besoin d’un public, d’assurer nos attaches au niveau local. Cela nous a rendus beaucoup plus fort pour aller ailleurs. L’Afrique a vite appelé Kassav’. Ensuite, on est revenu par ici. Car quand ils ont su les scores qu’on faisait dans les concerts, jusqu’à 80 000 personnes dans les stades, tout le monde a sursauté. Un gros truc est en train de se passer et on n’est pas au courant, ont-ils pensé.

    À vos débuts, vous définissiez le zouk comme « la musique antillaise actuelle » qui « amalgame les cultures ». C’est toujours le cas ?

    J.B. : Ce qui nous avait nourris au départ, c’était les musiques traditionnelles de chez nous, comme le gwo ka. ça vient de nos arrières grands-parents, qui jouaient du tambour. Aujourd’hui, c’est le même principe, on peut les mélanger à tout : de la musique classique, du jazz, du RnB… Désormais, on se nourrit de tout ce qu’on peut. Avec juste un ordinateur, on peut vagabonder dans les musiques du monde. La base du zouk, c’était ça. Et c’était important qu’on ne soit pas une pâle copie des Américains, ni de qui que ce soit. Même si on aimait le reggae par exemple, on n’allait pas se mettre à en faire, car on avait autre chose de plus original à offrir au reste du monde.

    Votre show actuel s’ouvre par du gwo ka, musique traditionnelle de Guadeloupe jouée avec des tambours, entre autres symboles de résistance pendant le Code noir, qui en interdisait la pratique. Est-ce que la jeunesse antillaise s’en empare encore pour porter ses aspirations face à un état central qui les laisse encore à l’abandon ?

    J.B. : Je crois que dans les gens ont besoin d’avoir leurs propres réponses dans tous les pays. Ça vous ramène à votre enfance et culture. Même en ce qui concerne les gens nés en France et qui n’ont jamais vécu aux Antilles : quand leurs parents leur font découvrir la musique du pays, ça leur parle. C’est dans les tripes. Quelle que soit l’évolution, il y a toujours une référence à l’origine, qui fait qu’on appartient à un groupe de personnes.

    Propos recueillis par Philippe Amsellem

  • [Rue de la République] Anthony Gonçalves : « Nous mettrons les intérêts du monde du travail au cœur des municipales »

    [Rue de la République] Anthony Gonçalves : « Nous mettrons les intérêts du monde du travail au cœur des municipales »

    Sa candidature

    Didier Gesualdi : Les communistes de Marseille viennent de vous désigner chef de file. C’est un peu tôt alors que le maire n’est toujours pas déclaré ?

    Les communistes sont des gens organisés qui aiment anticiper. Nous avons eu jeudi une assemblée générale des communistes de Marseille. Nous sommes nombreux, motivés et engagés dans cette ville. Nous avons traité plusieurs questions : quelle stratégie ? Quel programme nous souhaitons mettre en débat ? Et quel chef de file ?

    Didier Gesualdi : Benoît Payan a-t-il raison de ne pas se dévoiler alors qu’on sait qu’il sera la tête d’affiche ?

    Vous lui poserez la question. Il est maire de Marseille, il fait du bon travail. Il a encore des choses à faire avant la fin de son mandat. Ça ne nous pose pas de problème dans cette phase de réflexion et de propositions. Nous initions le débat et nous serons heureux quand chacun nous rejoindra dans ce débat.

    Léo Purguette : Vous êtes professeur de médecine, cancérologue réputé, ce n’est pas le profil habituel d’un candidat communiste et pourtant vos camarades vous ont désigné à l’unanimité. Qu’entendez-vous incarner dans cette campagne ?

    C’est vrai. Je suis en effet professeur de médecine, cancérologue, je suis aussi un enfant des milieux populaires, de la classe ouvrière et je n’oublie pas d’où je viens. Enfant, j’ai été marqué par une chanson de Jean Ferrat, l’un des artistes qu’on écoutait beaucoup à la maison, dans laquelle il disait « je rêve d’un monde où on n’est pas toujours du côté du plus fort ». C’est ce qui m’anime. Je suis heureux de participer à l’effort collectif des militants d’un parti qui a toujours été du côté de ceux qui n’ont pas grand-chose et qui cherche à améliorer leur quotidien. C’est dans cet esprit que je me trouve et c’est pour ça que je suis candidat à la demande des communistes. Qu’ils me demandent d’être leur chef de file à l’occasion des élections municipales, c’est un grand honneur qu’ils me font.

    LE MOUVEMENT SOCIAL

    Léo Purguette : Quand vous entendez Sébastien Lecornu parler de rapprocher le salaire net et le salaire brut, que répondez-vous ?

    Je tremble parce que je vois bien que cela signifie saper le financement de la Sécurité sociale. On en fête le 80e anniversaire. C’est une avancée majeure. La plus grande avancée médicale que l’on ait connue car elle met à disposition de chacun les soins dont il a besoin. N’importe quelle innovation thérapeutique n’a aucune valeur si elle n’est pas accessible. Ce que propose le Premier ministre, c’est exonérer les patrons de leur responsabilité dans l’augmentation des salaires et une façon de saper la Sécurité sociale.

    Didier Gesualdi : La rue est en train d’imposer un débat sur la taxation des hauts revenus mais elle a régulièrement perdu ces dernières années. Que faut-il faire ?

    Il ne faut pas se décourager. C’est un combat éternel qui a commencé avec Spartacus, il s’est poursuivi pendant la Révolution française dans notre pays. Je mets en garde les ultra-riches de notre pays qui s’efforcent de ralentir toute tentative de partager un tout petit peu leur richesse. Je leur dis : un jour, il y a eu la nuit du 4 août, et les privilèges de l’ancien régime ont disparu en fumée. Leur attitude est totalement indécente. La taxe Zucman, c’est une taxe très sociale-démocrate, pas une taxe révolutionnaire. Si les communistes étaient au pouvoir, c’est d’autre chose dont on parlerait. Là il s’agit de prendre à 1 800 milliardaires 2% de leur richesse.

    Léo Purguette : Ça vous inquiète le rapprochement RN-socle commun pour se répartir des postes à l’Assemblée nationale ?

    Oui, lorsque le pouvoir de l’argent se sent menacé il est capable du pire. La réponse, c’est la mobilisation populaire pour remettre les questions de classe au cœur du débat.

    LA MÉTHODE

    Léo Purguette : On entend vos propositions, vous êtes là pour les incarner, quelle sera votre méthode pour les faire cheminer dans le rassemblement de la gauche ? Vous allez dialoguer avec le maire de Marseille ?

    D’abord, nous mettons nos propositions en débat avec la population. Elles ne sont pas à prendre ou à laisser. Notre parti politique est un intellectuel collectif. D’où l’intérêt d’avoir des structures organisées qui permettent aux gens de réfléchir ensemble. Ces propositions, les communistes eux-mêmes les ont travaillées collectivement. Nous espérons qu’elles seront discutées, probablement amendées avec la population et avec nos partenaires. Tout fait l’objet de discussion. Nous voulons construire, nous voulons rassembler. Vous savez, la radicalité pour nous, ce n’est pas se positionner dans un coin de la pièce en répétant des mantras qui ne deviendront pas réalité. Nous voulons le rassemblement, c’est pour nous la manière d’accéder à la radicalité.

    Léo Purguette : Vous avez été élu chef de file sans jamais avoir exercé de mandat. Est-ce un signal envoyé en pleine crise de confiance vis-à-vis de ce que d’aucuns appellent la « classe politique » ?

    C’est une observation qu’on peut faire. Je suis professeur de médecine et oncologue médical mais je suis surtout le salarié d’un hôpital. Je travaille, je me lève le matin, je trouve que c’est plutôt pas mal que des gens qui sont engagés dans le combat politique y compris dans un mandat électif puissent être de plain-pied dans les réalités du monde du travail. On parle de moi parce que je suis chef de file mais dans le vivier des candidats communistes, il y aura toutes les composantes du monde du travail représentées.

    LA PAIX

    Léo Purguette : Les communistes prônent la paix mais comment y parvenir ?

    La paix, c’est un marqueur de notre parti. Nous voulons que Marseille joue un rôle majeur dans le combat pour la paix, du fait de son histoire, de son brassage de population, de sa position en Méditerranée…

    Léo Purguette : Vous avez apprécié le jumelage avec Bethléem ?

    Bien sûr, nous avons félicité le maire pour cette initiative qui rapproche les peuples. On est tous dégoûtés par les massacres qui se passent à Gaza, nous demandons le cessez-le-feu immédiat, la libération des otages des terroristes du Hamas, des sanctions contre le gouvernement israélien… Il faut aller plus loin que la reconnaissance d’un État palestinien et rester unis ici. Le racisme et l’antisémitisme sont des poisons qui divisent les peuples. C’est inacceptable. Pendant la Seconde guerre mondiale, nous avons été ceux qui ont organisé la Main-d’œuvre immigrée (MOI) y compris juive qui a lutté contre l’occupant. Des dizaines de héros communistes issus de cette communauté sont tombés. Nous ne laisserons jamais rien passer en matière d’antisémitisme.

    L’EXTRÊME DROITE

    Didier Gesualdi : Le climat de la campagne est-il de nature à mobiliser les électeurs ?

    La politique c’est sérieux. Il ne faut pas montrer des exemples qui ne sont pas toujours les plus attractifs. La quasi-fusion entre le RN et la composante ignoble constituée par Stéphane Ravier est de nature à inquiéter les citoyens de cette ville, les démocrates. Il va falloir réfléchir à construire un grand front démocratique contre la menace du RN.

    Didier Gesualdi : Que dites-vous à ses électeurs ? Vous les considérez comme des nazis ?

    Nous n’avons jamais fait partie de ceux qui considèrent les électeurs du RN comme des nazis. C’est totalement déplacé. Beaucoup de ces électeurs sont issus des classes populaires, nous ne pouvons pas mener la lutte pour la transformation sociale en méconnaissant cette réalité. Comment fait-on ? On parle des questions sociales, on répond aux questions que se posent les gens, on affronte le sujet de la sécurité et on ne renonce jamais sur l’égalité, sur la justice.

    LE PRINTEMPS MARSEILLAIS

    Didier Gesualdi : Vous prônez l’union autour du Printemps marseillais qui a connu un certain nombre de dissensions. Est-ce encore possible un « Printemps marseillais 2026 » ?

    C’est une des questions débattues à l’assemblée générale des communistes de Marseille jeudi soir. Est-ce qu’on doit renouveler la stratégie du Printemps marseillais ? Nous avons répondu massivement oui à cette question avec deux raisons principales. La première, c’est qu’il y a un danger réel à Marseille avec un RN qui est en train de solidifier ses positions et qui avance ses pions petit à petit. Dans cette situation, les communistes ont un rôle à jouer pour alerter du danger et pour organiser la résistance. La deuxième, c’est que nous faisons partie des premiers initiateurs du Printemps marseillais, en 2019 avec ce qu’on appelait le « mouvement sans précédent » et donc c’est un peu notre propriété aussi. Nous avons des droits sur cette construction de partis politiques et de citoyens et nous avons forcément des améliorations à apporter. Il faut tenir compte du bilan que nous jugeons bon et aussi de ce qu’il faut faire pour à nouveau convaincre les Marseillais que nous avons besoin d’un mandat supplémentaire pour continuer de transformer la ville.

    Léo Purguette : Quel bilan tirez-vous de l’action des communistes dans le Printemps marseillais ?

    Les communistes qui ont débattu jeudi, considèrent que le bilan des élus communistes et notamment des adjoints est bon, très bon. Il a contribué à transformer la ville. Je pense à l’action de Jean-Marc Coppola dans le domaine de la culture, à celle d’Audrey Garino, dans le domaine de la Solidarité, à celle d’Aurélie Biancarelli pour l’amélioration des conditions de vie étudiantes. Je pense aussi au rôle fantastique joué par Nathalie Tessier dans la lutte contre les violences sexuelles et sexistes, le combat pour l’égalité femme-homme. Je pense enfin à Marie-Josée Cermolacce qui était en charge de l’accueil des nouveaux habitants et qui a pu démontrer au cours des dernières années que la population de la ville augmente. C’est le reflet de nos acquis en matière de politiques publiques si Marseille attire de nouveaux habitants.

    Léo Purguette : Il reste encore beaucoup à faire dans une ville traversée d’inégalités.

    Le bilan n’est jamais la raison pour laquelle on gagne. Ce qui va emporter la décision, c’est ce qu’on propose. Nous les communistes avons un apport original : nous voulons que se trouvent au cœur de la campagne, les intérêts du monde du travail. Dans cette alliance que nous allons construire avec d’autres partis politiques et citoyens, nous voulons incorporer ces aspirations. En matière de santé, nous proposons par exemple de construire avec l’AP-HM des centres de santé répartis partout sur le territoire, dans chaque arrondissement.

    LA SÉCURITÉ

    Didier Gesualdi : On ne vous entend pas parler de sécurité. Ce n’est pas important pour le PCF ?

    Pas du tout. Nous ne sommes pas de ceux qui la mettent de côté. Nous avons lancé, à l’initiative du sénateur Jérémy Bacchi et d’un certain nombre de personnalités marseillaises, ce qui s’est appelé « l’appel de Marseille » pour pointer l’urgence qu’il y avait à mener la lutte contre les narcotrafics de manière implacable. En donnant les moyens à la police, à la justice, à la lutte contre le blanchiment, en allant chercher les trafiquants. Et en même temps en développant la justice sociale, l’égalité républicaine dans les quartiers populaires. Les communistes ont été dans le siècle précédent, avec François Billoux, de grands artisans de la lutte contre le crime organisé. Nous pouvons aujourd’hui prendre la tête d’une grande coalition citoyenne qui se donnera l’objectif de débarrasser les quartiers des mafias.

    LA QUESTION DES LECTEURS

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Gabriel :

    Bonjour, qu’allez-vous faire pour le logement ? Il faut construire massivement des logements sociaux dans tous les arrondissements comme à Paris.

    Bonjour. Oui je suis d’accord, il faut construire massivement comme à Paris. Dans les priorités que les communistes ont adoptées jeudi, il y a un grand programme de logements publics qui soient accessibles, de haute qualité environnementale et implantés dans un cadre doté en services publics car on ne fait du logement dans un désert. Nous voulons aller jusqu’à 40% de logements publics à l’échelle de la ville. Je parle de logements publics, c’est une autre façon de parler de ce qu’on a appelé le logement social et qui est devenu connoté. Nous, par ce terme de logement public, nous voulons affirmer que le logement public, ce ne doit pas être considéré comme du logement pour personne dans la grande misère. C’est le logement des gens qui travaillent, qui ne peuvent pas passer des milliers d’euros dans leur loyer. C’est le logement des infirmières, des ouvriers, des policiers… C’est aussi une manière de souligner l’effort public qui doit être mis en œuvre pour construire ce type de logements en s’appuyant sur les bailleurs sociaux notamment.

  • Des avocats dénoncent les arrestations devant Eurolinks

    Des avocats dénoncent les arrestations devant Eurolinks

    « C’était une manifestation pacifique qui ne troublait pas l’ordre public », affirme Adrien Mawas, avocat de trois personnes interpellées et membre du Syndicat des avocats de France (SAF). Jeudi, en marge d’un rassemblement contre l’entreprise marseillaise Eurolinks, qui vend des composants d’armes à Israël, 123 personnes ont été placées en garde à vue. Quatre avocats, qui ont accompagné certaines des personnes interpellées, dénoncent une grave atteinte à la liberté de manifester.

    « La grande majorité des suites, ce sont ce qu’on appelle des alternatives aux poursuites, explique Mathilde Lanté, avocate et membre du SAF. C’est-à-dire qu’on propose des peines extrêmement faibles pour que les gens reconnaissent les faits, alors que la grande majorité d’entre eux ne les reconnaissent pas. C’est du chantage. »

    Un grand nombre de gardés à vue qui n’a pas permis aux avocats de tous les prendre en charge. « Certains ont eu des commis d’office et d’autres n’ont carrément pas eu d’avocat », se désole Adrien Mawas. Pour lui, « l’objectif est d’intimider et de priver d’une liberté fondamentale des personnes qui ne commettent aucune infraction ».

    La préfecture affirme les avoir arrêtés pour « participation à un attroupement après sommation et certains pour dégradations et violences sur personne dépositaires de l’autorité publique ». Les avocats affirment que leurs clients n’ont pas entendu les sommations.

  • [Entretien] Carole Rovère : « L’alimentation demeure la cause principale de l’obésité »

    [Entretien] Carole Rovère : « L’alimentation demeure la cause principale de l’obésité »

    Ses recherches portent sur les mécanismes cérébraux qui régulent les comportements alimentaires et particulièrement l’obésité.

    La Marseillaise : Parle-t-on d’intelligence ou de régulation ?

    Carole Rovère : J’essaie de comprendre comment notre cerveau arrive à contrôler les dérégulations du comportement. L’hypothalamus est la partie du cerveau qui contrôle cet équilibre physiologique. On peut parler d’intelligence alimentaire ou nutritionnelle. C’est essayer de manger le meilleur pour notre corps, tout en gardant le plaisir des saveurs.

    Vous insistez sur la prévention ?

    C.R. : Car revenir en arrière est très compliqué lorsque le cerveau est dérégulé. Si les causes de l’obésité sont multiples, soit génétiques (5%) ou hormonales ( 5%), l’alimentation demeure la cause principale avec 90% des cas. Les régimes hyper lipidiques sont dangereux, mais c’est le sucre le plus mauvais, car beaucoup plus addictif.

    Comment se rend-on compte que l’hypothalamus est déréglé ?

    C.R. : Les neurones qui le composent expriment des peptides (soit des neuro hormones), qui sont normalement à l’équilibre. Si elles sont anorexigènes, elles coupent l’appétit et on maigrit. Si elles sont orexigènes, c’est la prise de poids.

    Peut-on les réguler ?

    C.R. : Ces hormones ont d’autres fonctions physiologiques. Elles sont impliquées dans le sommeil ou l’humeur. Les modifier peut faire intervenir des signes d’anxiété ou de dépressions. C’est l’exemple du médicament Médiator, qui à l’origine était prévu pour réguler le diabète et a été détourné pour la perte de poids. N’étant ni étudié, ni quantifié pour agir sur l’obésité, toute une série de problèmes sont apparus.

    Comment agir autrement ?

    C.R. : Au laboratoire, nous travaillons plus sur des approches nutritionnelles. On a enrichi les croquettes des souris en huile de colza, de tournesol ou de soja-maïs, en jouant sur les rapports Oméga 6-Oméga 3 du régime alimentaire. L’OMS préconise un résultat autour de 5. Si le taux est très inférieur, c’est très bénéfique. C’est par exemple le résultat avec de l’huile de colza, riche en Omega 3. En revanche, à l’inverse, avec trop d’huile de tournesol, le taux peut approcher les 17. Une IRM révèle que le cerveau est alors inflammé au bout de 4 mois de ce régime, il y a une prise de poids, des troubles anxieux et de mémoires, selon notre étude publiée en 2024.

    Y a-t-il des aliments qui rendent intelligents ?

    C.R. : (Rires) Sur le Vieux-Port, il y a les poissons bleus, qui sont riches en Omega 3, bénéfiques pour développer la mémoire, un des critères de l’intelligence. Il faut essayer de manger des aliments sains, non transformés, bon pour notre cerveau tout en gardant le plaisir de manger.