Tag: Marseille

  • Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Narcotrafic : l’État met en avant ses résultats

    Un bilan positif de par une action commune. C’est le message qu’ont voulu faire passer ce mardi 3 février les représentants des services de l’État engagés dans leur bilan de la lutte contre le narcotrafic. Le nombre de personnes interpellées à Marseille et dans les Bouches-du-Rhône a augmenté par rapport à l’an dernier, respectivement de 14,2 % et 11 %, les points de deal ont diminué de moitié, passant de 181 en 2021 à 89 à Marseille, de 222 à 114 dans le département. Sur les narchomicides, leur nombre est aussi en baisse de 49 en 2023, à 24 en 2024 puis 20 tués en 2025.

    « Notre stratégie », pose le préfet de région Jacques Witkowski, « ne rien lâcher, agir et encore agir. » Et s’appuyer sur le collectif, avec « la totalité de la puissance étatique en marche, chacun avec ses compétences. » Ses leviers d’action : le quotidien avec « un engagement permanent de la police nationale et de la gendarmerie pour sécuriser les secteurs » et la « poursuite des enquêtes judiciaires », le pilonnage et les opérations de grande envergure, « l’aval » avec des investigations dans « tout un tas de domaines » comme le recel et l’amont avec « des résultats probants » sur le blanchiment et 32 millions d’euros d’avoirs criminels saisis contre 30 en 2024.

    Face à des trafiquants qui se réorganisent, misant notamment sur le « ubershit », le « ubercoke » pour éviter aux consommateurs de se déplacer, policiers et gendarmes ont adapté leurs méthodes. Avec plus de contrôles de « flux » quand au-delà des voitures, les livreurs utilisent parfois des trottinettes, raconte Cédric Esson, directeur interdépartemental de la police nationale. Pour contrer l’arrivée de produits venus de Marseille et d’Avignon, « dans les trains, sur les routes, nous avons investi les transports en commun avec des équipes cynophiles » ajoute le général Pierre Baillargeat à la tête du groupement de gendarmerie départementale des Bouches-du-Rhône. Des « enquêtes sous pseudonyme » sont aussi menées détaille le procureur de la République de Marseille, Nicolas Bessone.

    La loi narcotrafic du 13 juin 2025 offre aussi de nouveaux outils. Comme les interdictions administratives de paraître détaille la préfète de police déléguée, Corinne Simon. Quelque « 150 cette année, ce qui nous permet d’assécher les points de deal », estime-t-elle, rappelant que le contrevenant risque jusqu’à 3 mois d’emprisonnement s’il se fait reprendre. Côté contrôles d’établissements, salle de sport, vendeurs de CBD et autres, ils sont une vingtaine à avoir été fermés dans le cadre des opérations baptisées « Jumbo ». Pour compléter l’arsenal, les expulsions de logements sociaux, avec 36 procédures en cours dont « plusieurs sont passées au tribunal » précise Corinne Simon.

    Apporter une réponse pénale à la hauteur

    Les consommateurs sont aussi dans la ligne de mire. Lors d’un contrôle organisé sur trois jours la semaine dernière mobilisant 1 200 agents dans tout le département, « une personne sur 12 était détentrice de produits stupéfiants » rappelle le préfet, « ils participent au narcotrafic » martèle-t-il.

    Côté justice, le ministère public se fait fort de suivre. Les infractions à la législation des stupéfiants représentent cette année « 24 % de l’activité du Parquet » indique Nicolas Bessone, le double d’une juridiction équivalente, le triple de villes comme Périgueux ou Valence, contre 18 % en 2023, 22 % en 2024. Le nombre de garde à vue dans les affaires de trafic a augmenté, de 15 % passant de 2 406 en 2024 à 2 853 en 2025. « Notre réponse pénale, c’est le déferrement systématique » assume Nicolas Bessone, se félicitant au passage d’une bonne collaboration avec le tout nouveau Pnaco parquet national anticriminalité organisée, mis en place le 5 janvier avec « deux affaires qui ont fait l’objet de co-saisines. »

    Sur les consommateurs, une convention avec la Direction Générale des Finances Publiques (DGFI) a été signée pour assurer le paiement des 10 000 AFD (amende forfaitaire délictuelle) de l’année, 200 euros chacune, les personnes en obligation de soins en ayant été exclues. Des instructions de saisies de voitures ou smartphone commencent aussi à tomber. Un « début » avec 9 téléphones et 4 autos.

    Et le procureur de revenir également sur le travail entamé sur le « haut du spectre » avec de premières saisies d’appartements à Dubaï, des surveillances particulières sur les détenus dangereux qui continuent à gérer leurs affaires depuis la prison.

    Des points de deals qui se déplacent

    Autant de pressions qui ont permis d’avancer mais loin de tout régler. Au-delà des livraisons à domicile, les points de deal se sont déplacés des quartiers Nord vers le centre-ville. Celui du 3e arrondissement restant un point chaud dans le cadre d’un affrontement sans merci pour son contrôle.

    « C’est un travail de longue haleine qui commence à porter ses fruits » commente néanmoins Nicolas Bessone, qui dans le même temps, rappelle que « nous avons affaire à une contre-société » avec une DZ mafia qui fait des conférences de presse, des narcotrafiquants qui proposent du soutien scolaire, de s’acquitter de travaux de bricolage, ou s’organisent en cartel pour s’attaquer à des fonctionnaires de l’administration pénitentiaire. « Nous sommes désormais un pack, habitués à jouer ensemble » estime le préfet filant la métaphore rugbystique. De quoi assurer un début de première mi-temps, quand pour le moment, les trafiquants ont toujours le ballon.

  • Donner de la voix

    Donner de la voix

    C’est la dernière ligne droite pour s’inscrire sur les listes électorales dans sa commune de résidence.

    D’après l’Insee, en 2022, la part des personnes non-inscrites dans notre région oscille entre 14,8% pour les Alpes-de-Haute-Provence et 20,1% pour les Bouches-du-Rhône avec des chiffres intermédiaires pour le Vaucluse (15%), les Hautes-Alpes (15,3%), le Var (16,2%). Cela représente un nombre considérable d’électeurs potentiels sur la touche avant le match.

    Et pourtant, les élections municipales représentent une échéance fondamentale pour la vie quotidienne, celle de sa famille, de son quartier, de son club de sport, de son association…

    Durant 7 ans, puisque le mandat à venir sera plus long qu’à l’accoutumée pour des raisons d’embouteillage de scrutins à venir, les majorités qui sortiront des urnes les 15 et 22 mars prochain décideront du destin de nos communes. Solidarité, logement, tranquillité publique, environnement, transports, culture, jeunesse… les politiques qui seront menées ne seront pas les mêmes selon les équipes élues.

    Projet contre projet

    Et c’est là tout le sel du débat démocratique et de la confrontation républicaine des projets.

    Au-delà de la lutte contre l’abstention des électeurs déjà inscrits, celle pour l’inscription sur les listes des citoyens qui ne le sont pas ou qui le sont dans une commune qu’ils ont quitté depuis longtemps est un impératif démocratique.

    Elle doit être menée par l’État mais aussi par l’ensemble des forces politiques en présence.

    Quant aux non-inscrits, plus nombreux chez les jeunes et dans les milieux populaires, ils doivent se saisir de ces derniers moments pour pouvoir donner de la voix et défendre leurs intérêts.

  • Le Grand Prix de Marseille ouvre la saison en roue libre

    Le Grand Prix de Marseille ouvre la saison en roue libre

    Quand tous les ingrédients sont réunis, et que la mécanique bat son plein, la recette ne peut qu’être un succès. Au départ de Château-Gombert, la 48e édition du Grand prix cycliste de Marseille – La Marseillaise a été au rendez-vous sur tous les points.

    Notamment sportif avec un scénario plaisant et passionnant. « C’était une belle édition tout simplement parce qu’il y a eu de la course », souligne Lilian Calmejane, ancien coureur professionnel et consultant pour Novo19, le diffuseur du Grand prix. « Si on n’a pas suivi la course de l’intérieur ou qu’on n’a pas suivi à la télé, on se dit au final sprint massif, il ne s’est rien passé. Mais ce n’a pas du tout été le cas. Les coureurs nous ont proposé d’énormes mouvements de course depuis l’Espigoulier jusqu’à l’arrivée. Ça a été indécis avec le dernier gros repris à quasiment 500 mètres. Il y a eu du spectacle », poursuit l’Occitan, qui connaît sur le bout des doigts le tracé marseillais pour avoir terminé par deux fois à la troisième place de cette course d’ouverture de la saison cycliste européenne.

    La revanche du « Coq »

    « C’était un sprint massif, mais un sprint massif bien maîtrisé. Bryan Coquard a pris entre guillemets sa revanche, parce que c’est une course qui lui échappait alors qu’il a toujours pris en début de saison », note-t-il, conscient que « le Coq » était passé proche d’un premier sacre en 2021, année où Aurélien Paret-Peintre avait fait la différence dans un sprint final à trois.

    Mais la victoire du Nazairien n’est en rien une surprise. Surtout comparé à la présence de coureurs inattendus dans le top 10, à l’image de Nicolo Buratti (MBH Bank CSB Telecom Fort) et Xabier Berasategi (Euskaltel-Euskadi) qui terminent respectivement quatrième et cinquième au classement général. « Mais ils sortent d’où ? », s’interroge Lilian Calmejane à l’arrivée, persuadé que d’autres surprises surgiront à l’Étoile de Bessèges à partir de mercredi.

  • Les supporters de l’OM mettent un gros coup de pression aux acteurs du club

    Les supporters de l’OM mettent un gros coup de pression aux acteurs du club

    Les tensions autour de l’OM sont montées crescendo depuis l’élimination en Ligue des Champions, à tel point que les groupes de supporters ont réclamé une réunion avec l’ensemble des acteurs olympiens, lundi soir à La Commanderie. Selon l’un des participants, « l’ambiance était plutôt sereine » malgré le contexte. Les discussions ont duré plus d’une heure, où le match de Coupe de France, ce mardi face à Rennes, a été l’un des sujets centraux. « On n’a pas grand-chose à dire, juste qu’on veut la victoire. […] J’espère qu’on a été entendu, après on verra la suite comme vous », lance un supporter à la sortie de La Commanderie. Au-delà de l’état-major, tous les joueurs ont assisté à la réunion et Roberto De Zerbi, l’entraîneur olympien, était accompagné par son staff. Les supporters leur ont promis, selon nos informations, qu’ils vont bien les encourager, mais qu’en cas de défaite, il pourrait « peut-être y avoir 60 000 personnes sur la pelouse », comme le balance un autre supporter. Un débordement qui serait inédit dans l’histoire olympienne.

    Comme un air de 2023…

    Pour rappel, la dernière rencontre au sommet entre les supporters et les acteurs du club remonte à septembre 2023, période où l’entraîneur espagnol Marcelino avait démissionné de ses fonctions, ce qui avait provoqué le très éphémère intérim de Jacques « Pancho » Abardonado, puis la nomination de la légende italienne Gennaro Gattuso.

  • Un dernier jour de mercato mouvementé à Marseille

    Un dernier jour de mercato mouvementé à Marseille

    Les périodes de mercato se suivent et se ressemblent côté olympien. L’état-major marseillais s’est activé dans les dernières heures avant la clôture définitive, prévue lundi à 20h, pour réaliser quelques retouches dans l’effectif.

    Attendu depuis quelques semaines, le club phocéen a officialisé lundi matin les arrivées de l’Angevin Himad Abdelli (3,5 millions d’euros, bonus compris), milieu offensif international algérien âgé de 30 ans, puis celle de Tochukwu Nnadi, milieu central international nigérian de 22 ans, en provenance de l’écurie belge du Zulte Waregem (6 millions d’euros). Si le nom d’Abdelli est plus parlant, en raison de ses trois saisons et demie passées en Anjou et de sa présence dans le groupe algérien lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations, celui d’Nnadi est très estimé hors de nos frontières. « Joueur très physique », « aspirateur de ballons » et « rugueux », comme on peut le lire chez nos confrères belges et nigérians qui critiquent également sa capacité à prendre trop de cartons, la recrue surprise possède de solides atouts.

    Dégraissage massif

    « Je suis content d’être ici. C’est mon premier jour en France. Je suis ici pour jouer au football et me battre pour l’équipe. C’est mon ambition », a-t-il déclaré lors de son arrivée à l’aéroport de Marignane. Pour ne pas accumuler pas trop de milieux de terrain inutilement, l’OM a décidé de se séparer d’Angel Gomes, Matt O’Riley et Darryl Bakola. Le Britannique fait son retour en Premier League en rejoignant Wolverhampton sous la forme d’un prêt payant estimé à environ un million d’euros, assorti d’une option d’achat fixée autour de sept millions d’euros. Le Danois retourne à Brighton, après que les Seagulls ait décidé de casser le prêt en cours. Et le jeune français de 18 ans file à Sassuolo pour la somme de dix millions d’euros. Bakola n’a pas fait le voyage en Italie seul. Le défenseur latéral gauche suisse Ulisses Garcia a également fait ses valises pour rejoindre les Neroverdi sous la forme d’un prêt avec une option d’achat à quatre millions d’euros. Toujours à Sassuolo, le club italien a décidé de lever l’option d’achat d’Ismaël Koné, ce qui permet à l’OM d’encaisser 13 millions d’euros supplémentaires. Dans le même temps, Keyliane Abdallah, vainqueur de la Coupe Gambardella 2024, quitte temporairement la cité phocéenne. Le neveu de Toifilou Maoulida va découvrir le football espagnol, où il a été prêté au Nastic Tarragona, partenaire de la maison olympienne.

  • L’OM nage en eaux troubles

    L’OM nage en eaux troubles

    Écarté de la course européenne, puis freiné dans son ascension en championnat samedi dans l’antre du Paris FC, l’Olympique de Marseille ne possède plus qu’une carte dans sa manche pour éviter de couler définitivement : l’épopée en Coupe de France qui pourrait apporter le premier titre, tant espéré par tous les Marseillais, après 14 ans de disette. Et sur le chemin menant au trophée, le Stade Rennais débarque ce mardi (21h10) au Vélodrome, pour les huitièmes de finale.

    Les Olympiens ont la ferme intention de rebondir après les derniers résultats décevants. « On travaille et on essaye de donner le maximum comme d’habitude », souligne Roberto De Zerbi. « Je prends mes responsabilités. Il faut essayer de tenir le coup dans les moments difficiles. C’en est un. Quand les choses vont bien, c’est facile. Mais il faut être fort dans les moments plus durs. C’est dans ce genre de moment que l’homme ressort, son professionnalisme et ses valeurs », poursuit le technicien italien. Il est notamment revenu sur le cas du défenseur Amir Murillo, rétrogradé en équipe réserve et qui était prié de quitter le club d’ici la fermeture du mercato, clôturé lundi soir à 20h en France.

    Selon De Zerbi, le Panaméen est coupable de plusieurs erreurs qui ont entraîné des buts cette saison. « La question est très simple : je pense que tout le monde voit des buts sur des touches, à la fin des matches… L’erreur footballistique je l’accepte mais il y a une chose que je veux voir : la faim. Je veux que tout le monde la voie », martèle l’entraîneur de l’OM, qui estime que cette rencontre face aux Rennais d’Habib Beye est « l’un des matches les plus importants de la saison », à l’instar de ceux joués à Bruges et au Koweït contre le PSG. Un retour au Vélodrome où les Marseillais vont probablement s’attendre à un accueil hostile, surtout vingt-quatre heures après la réunion entre les supporters, les joueurs, l’entraîneur et la direction à la Commanderie (lire ci-contre).

    « En ce moment, on est en tort. Quand tu es en tort, tu dois présenter tes excuses pour progresser. Le Vélodrome est un miroir. Un reflet de ce que tu donnes sur le terrain. Demain, il faut être prêt à recevoir des sifflets. […] Ça fait mal, mais il faut assumer et essayer de changer les choses », soutient De Zerbi, conscient que l’environnement olympien est unique. « La pression est plus élevée qu’ailleurs. C’est bien quand ça fonctionne et difficile quand ça va mal », résume-t-il avec justesse, tout en réclamant plus de temps pour parvenir aux résultats attendus par le peuple bleu et blanc.

    Le prometteur Nwaneri prend ses marques

    Il a débarqué dans un contexte sous tension, mais cela ne l’a pas empêché de montrer de bonnes choses sur le terrain. L’ailier international espoirs anglais Ethan Nwaneri, prêté par Arsenal et arrivé à l’OM la semaine passée en même temps que Quinten Timber, a vécu « une semaine très positive ». « Nous n’avons pas obtenu les résultats voulus mais nous allons dans la bonne direction. On est prêts à pousser et c’est très positif », souligne le natif de Londres âgé de 18 ans. Il s’est bien adapté aux consignes de son nouvel entraîneur, Roberto De Zerbi. « Il m’a juste donné quelques orientations tactiques pour prendre le ballon au bon poste et au bon moment. Il m’a donné beaucoup de liberté », ajoute celui qui veut « aider à marquer l’histoire du club ». « Marseille est un très grand club. Le coach, les joueurs, les supporters… C’est extraordinaire. C’était une grande expérience pour moi, je n’ai pas réfléchi longtemps. […] Le soutien est tellement formidable, le coach aussi… On sent une responsabilité. On veut faire au mieux », insiste Nwaneri.

  • Eric Feldman sur le drôle de divan de l’histoire à Marseille

    Eric Feldman sur le drôle de divan de l’histoire à Marseille

    Son spectacle aurait pu s’intituler « Freud et Hitler sont sur un bateau ». D’un côté, l’inventeur de la psychanalyse, « un savoir qui m’a sauvé la vie », campe Eric Feldman. De l’autre, « un assassin majuscule » qui a « tué un peuple, une culture et une langue, le yiddish ». Mais l’auteur et interprète de ce solo, qui prend ses quartiers au Théâtre des Bernardines du mardi 3 au samedi 7 février, a finalement opté pour le titre On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie. L’idée de son « stand-up théâtral », qui oscille entre l’humour et la gravité : évoquer « les effets traumatiques de la Shoah sur les enfants cachés survivants » – à savoir ses parents, oncles et tantes – « sur leurs propres enfants et particulièrement sur moi », rappelle Eric Feldman. Ses aïeux juifs « portaient l’étoile jaune infamante et ont miraculeusement survécu. Aujourd’hui, ils sont morts ou très âgés. Bientôt, il n’y aura plus aucun témoin direct de cette sombre période », alerte-t-il à propos cette « autofiction » qui, comme l’indique le programme des Bernardines, tire le fil rouge suivant : « Et si Hitler avait fait une psychanalyse avec Freud, aurait-il perpétré un tel génocide ? ».

    « Humour et dépression »

    Eric Feldman, lui, en a bien suivi une : « J’évoque aussi, par le biais de mon expérience psychanalytique, le thème essentiel de l’altérité, la question de l’étranger en soi, celle de la relation à l’autre, son éthique. »

    Sur un « plateau presque nu », Eric Feldman « nous parle de lui, mène le récit intime de ses névroses, qui sont nombreuses », résume Olivier Veillon. Mais, selon le metteur en scène de ce spectacle, « il mène aussi, par l’incarnation de lui-même, le récit d’un personnage auquel on s’attache, tout en flirtant avec une forme de danger souterrain, de folie douce et abysses où l’on sent qu’on pourrait plonger, sans jamais pourtant s’y abîmer tout à fait ». Se jouant des frontières entre le stand up et l’autofiction, Eric Feldman parle aussi bien d’Hitler et de psychanalyse que « d’avortement et de suicide », mais aussi de son « chat Milosh et du grand écrivain Isaac Bashevis Singer [auteur polonais en langue yiddish, Ndlr] ». Comme il le rappelle, « dépression et humour font souvent bon ménage ». Quant à l’origine du titre, On ne jouait pas à la pétanque dans le ghetto de Varsovie, « il ne vient pas de nulle part. Les spectateurs le comprendront à un moment », entretient-il le mystère.

  • Un festival d’idées à Marseille pour se nourrir ensemble

    Un festival d’idées à Marseille pour se nourrir ensemble

    Le festival a un slogan fort cette année : « Nourrir et relier les mondes ». Car, selon les organisateurs, « dans un contexte de bouleversements écologiques, géopolitiques et sociétaux aigus, il devient urgent de repenser notre rapport à la nourriture ». Le démographe Marc Véron anime mardi, à 18h, une conférence sur la prospective alimentaire jusqu’en 2050. Une prévision importante puisque d’après un rapport publié par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), près de 1,7 milliard de personnes vivent dans des régions où la dégradation des terres est une menace croissante pour la productivité agricole, la sécurité alimentaire et la résilience des écosystèmes. Des apéritifs sont organisés après chaque conférence : « On crée des moments d’échanges debout, verre a la main, où on sort des dynamiques de prises de parole assises, ce qui permet à des personnes qui ne s’expriment pas en temps normal de le faire », décrit Cécile Arnold, codirectrice de l’association Opéra Mundi.

    « Les conditions d’une démocratie réelle »

    Ces moments permettent de « recréer les conditions de démocratie réelle, on refait société en plus de placer le savoir dans les mains du citoyen », ajoute la codirectrice. Le biologiste Olivier Hamant sera présent ce samedi pour expliquer son concept de « robustesse ». « Une idée qui repose sur l’importance vitale d’entrer dans un nouveau modèle de société qui replace le vivant et sa fragilité au centre, en opposition totale au culte de la performance », explicite Cécile Arnold. « Quand on observe le vivant, on voit que tous les systèmes fonctionnent en sous-optimalité. C’est ce qui leur permet d’être durables, de continuer à vivre avec les fluctuations de leur environnement », développe le biologiste au micro de France Inter. Pour aussi s’alimenter de joie et d’espérance, une fête est organisée à la Fabulerie, samedi, pour cette dernière journée. L’occasion de danser sur le DJ set original de Milena Rousseau, qui samplera des extraits de conférences de la semaine.

  • Grève des marins, menacés de perdre pavillon et emplois

    Grève des marins, menacés de perdre pavillon et emplois

    « Nous bloquons toute entrée par la passe nord du port », a confirmé Frédéric Alpozzo, secrétaire général CGT des marins de Marseille lundi matin. Après une grève le 2 décembre, la CGT des compagnies Corsica Linea et La Méridionale avait déposé la semaine dernière un nouveau préavis de 48 heures débutant ce 2 février afin de « sécuriser les emplois ».

    Le syndicat dénonce l’arrivée de compagnies opérant sous pavillon étranger sur les lignes desservant le continent français avec le Maghreb et certaines destinations corses induisant une concurrence déloyale. « Les marins de ces bateaux n’ont pas de contrats français et sont payés entre 650 et 1 200 dollars par mois. Contre ça, on ne peut pas lutter », s’insurge le syndicaliste. Dans un courrier adressé au ministre des Transports, la CGT Marins exige de l’État français qu’il oblige les armateurs qui s’installent en France à respecter la législation française. « Il n’est pas normal que ces compagnies puissent utiliser un pavillon international, dénonce Frédéric Alpozzo, l’État doit supprimer les autorisations de GNV à Sète avec l’Algérie et nous attendons une coopération entre la France et le Maroc avec les ports de Sète et Marseille. » Autre revendication « urgente », précise le secrétaire général, « il faut un programme commun de flottes entre nos deux compagnies avec un programme supplémentaire de coopération à Sète avec l’Algérie, complémentaire au port de Marseille avec Algérie Ferries ».

    Un raz-de-marée low cost

    De sérieuses inquiétudes pèsent sur les compagnies françaises. Pour rappel, en juin dernier, le groupe CMA CGM n’excluait pas la revente de la compagnie La Méridionale, en difficulté. La CGT Marins, dans une lettre du 3 juillet demandait « solennellement » au PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé de conserver La Méridionale, craignant les lourdes conséquences sociales d’une telle vente. Le 24 janvier, confrontée « à une dégradation de sa situation économique, dans un contexte de concurrence internationale très intense », expliquait la direction de La Méridionale justifiant la cession du Kalliste à un chantier turc en vue de sa mise à la casse. « On nous annonce la perte de 50 000 passagers, des résultats qui ne permettront plus de payer les navires neufs, ni la mise aux normes écologiques de la flotte avec une activité réduite au service public entre Marseille et la Corse également menacée par Corsica Ferries sous pavillon italien. » Les marins refusent de désarmer et exigent une stratégie d’avenir.

  • De nouvelles destinations accessibles depuis Marignane avec Transavia

    De nouvelles destinations accessibles depuis Marignane avec Transavia

    La filiale d’Air France-KLM a annoncé qu’à partir du 10 avril, les voyageurs pourront se rendre, à raison de trois vols par semaine, à Oran, ville du Nord de l’Algérie et, dès le 9 avril, à Séville, dans le sud de l’Espagne, grâce à deux vols par semaine.

    Une ouverture sur le pourtour méditerranéen, qui, selon Julien Mallard, directeur général adjoint commercial de Transavia France, vise à « développer l’attractivité de Marseille, en même temps que l’offre destinée aux Marseillais ».

    La compagnie aérienne, arrivée en 2022 sur le sol marseillais, avait déjà élargi les horizons de Marignane en automne, avec l’ouverture de quatre nouvelles lignes internationales vers Praia (Cap Vert), Médine et Djeddah (Arabie saoudite) et Tel-Aviv (Israël). À partir d’avril, Transavia desservira donc 22 destinations depuis l’aéroport Marseille-Provence, dont quatre en métropole, avec la reprise des deux vols quotidiens vers Paris-Orly, anciennement opérés par Air France.

    Nouveaux vols à quel prix ?

    La compagnie low cost veut « permettre à chaque type de passagers de pouvoir utiliser Transavia », en mettant en place une « transparence sur les prix », explique Julien Mallard. Les prix des allers simples vers Séville et Oran démarreront respectivement à 28 et 80 euros, quand celui vers Paris est annoncé à partir de 45 euros. Ce prix dépendra cependant de la demande, mais aussi des options choisies par les voyageurs (35 euros de supplément pour un bagage cabine simple, pour le vol vers Séville).