Tag: Marseille

  • L’autre Bonne Mère désormais visible gratuitement au fort Saint-Jean

    L’autre Bonne Mère désormais visible gratuitement au fort Saint-Jean

    « On est montés pour voir la statue, c’est la seule occasion qu’on aura de la voir aussi bien et d’aussi près », explique Hélène. Parisienne en vacances dans le Sud, elle est venue à Marseille pour la journée, et en a profité pour passer par le Mucem. « On avait réservé des places payantes et j’ai découvert à l’accueil toutes les activités gratuites que l’on pouvait y faire. C’est à ce moment-là qu’on en a entendu parler », poursuit-elle.

    Du 1er août au 30 septembre, la sentinelle qui surveille, depuis le mois de mars, l’entrée du Vieux-Port de Marseille du haut du fort Saint-Jean devient accessible gratuitement. Il s’agit d’une réplique de la statue de la Bonne Mère, s’inscrivant dans le prolongement de l’exposition du Mucem « Bonnes Mères ». Explorant la maternité méditerranéenne comme enjeu politique, de construction sociale, et de création artistique, cette nouvelle statue, réalisée par la Maison Christofle, donne à voir un nouvel aspect de la maternité à travers le symbole qu’elle représente. Au-delà de sa nature religieuse, la statue de Notre-Dame de la Garde est réputée pour veiller sur la ville et ses habitants.

    Profiter de la vue

    « Nous sommes montés en haut de la tour pour voir la vue sur la ville, et nous avons été agréablement surpris par cette statue ! » s’émerveille Martina, Hollandaise de passage à Marseille avec sa famille. La tour du Roi René offre une vue panoramique sur la cité phocéenne. Le Vieux-Port, le quartier du Panier, Notre-Dame de la Garde, ou encore le palais du Pharo, monter les 147 marches de son escalier vaut le détour. « À la base, je venais pour voir la vue, je ne savais pas qu’il y avait cette statue. C’est très beau ! » raconte Marine, originaire de Versailles.

    La statue de la Maison Christofle est tournée vers l’entrée du port, face à son originale, sur la colline de Notre-Dame. Offrant une remarquable symétrie, elles donnent presque l’impression de voir double. La réplique, gratuite et accessible depuis le Vieux-Port, permet aux visiteurs de l’admirer sous un angle inédit.

  • [Passerelle interculturelle] Shanghai et Marseille : deux villes ouvertes sur le monde

    [Passerelle interculturelle] Shanghai et Marseille : deux villes ouvertes sur le monde

    Aujourd’hui, pour un voyageur français, Shanghai n’est plus si loin de Marseille. Grâce à la liaison aérienne directe entre les deux villes et à l’exemption de visa accordée par la Chine aux titulaires d’un passeport français pour les séjours de courte durée, il suffit presque d’acheter un billet d’avion pour partir de la Méditerranée et se retrouver, quelques heures plus tard, sur les rives du Huangpu. Cette liaison directe donne une réalité nouvelle aux relations entre Shanghai et Marseille, officiellement jumelées depuis le 26 octobre 1987. Les deux villes sont très différentes par leur taille, leur architecture et leur paysage, mais elles partagent une longue histoire liée au port, au commerce maritime et aux échanges avec le monde extérieur.

    Shanghai s’est développée à l’embouchure du Yangtsé, autour du fleuve Huangpu. Son port a fait entrer des marchandises, des capitaux, des voyageurs, mais aussi de nouvelles idées et différentes influences culturelles. Aujourd’hui, Shanghai constitue l’une des principales portes d’accès au delta du Yangtsé, l’une des régions économiques les plus dynamiques de Chine.

    Cette histoire reste visible dans son paysage urbain. Sur le Bund, les bâtiments historiques témoignent des échanges anciens entre Shanghai et l’étranger. Certains quartiers de l’ancienne concession française conservent également des rues bordées de platanes, des villas et des immeubles d’inspiration européenne. De l’autre côté du Huangpu, les gratte-ciel de Pudong incarnent une métropole financière et technologique tournée vers l’avenir.

    Contraste architectural saisissant

    Shanghai se découvre aussi par sa cuisine. Le matin, les habitants peuvent acheter des shengjian bao, de petits pains farcis à la viande et grillés à la poêle, ou des xiaolongbao, servis dans de petits paniers en bambou. On trouve également des nouilles, des raviolis, des poissons et des plats légèrement sucrés, caractéristiques de la cuisine locale.

    La ville offre de nombreuses manières de passer une journée. On peut commencer par une promenade sur le Bund, traverser le Huangpu en ferry pour rejoindre Pudong, puis monter dans l’une des tours afin d’observer la ville d’en haut. Plus tard, les jardins de Yuyuan permettent de découvrir une architecture chinoise traditionnelle au milieu d’un quartier très animé.

    Le soir, Shanghai change encore de visage. Les façades du Bund s’illuminent, tandis que les tours de Pudong se reflètent dans le fleuve. Les restaurants, les théâtres, les salles de concert et les petites rues commerçantes restent animés jusque tard. La ville mêle ainsi patrimoine, consommation, culture et loisirs dans un même espace urbain.

    Shanghai et Marseille ont chacune leur caractère, mais toutes deux savent accueillir ceux qui arrivent par la mer ou par les airs. Dans ces deux villes, le voyage ne commence pas seulement au moment du départ.

    Dong Qiao, correspondante de China Media Group à Paris

    « Passerelle interculturelle », est un espace dédié aux échanges d’idées et de perspectives entre la France et la Chine. Chaque lundi, grâce à des entretiens avec des personnalités françaises et chinoises ou des sujets sur les deux pays, notre ambition est de créer un pont entre deux traditions intellectuelles, deux sensibilités et deux visions du monde.

  • [Entretien] Anthony Gonçalves : « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie »

    [Entretien] Anthony Gonçalves : « Le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie »

    La Marseillaise : Le gouvernement a annoncé le doublement des franchises médicales et une hausse du reste à charge. Quel regard portez-vous sur ces mesures ?

    Anthony Gonçalves : Je suis profondément choqué par ces annonces. Le gouvernement considère que les gens consomment des médicaments ou ont des actes médicaux pour se faire plaisir. Il imagine qu’en augmentant ces franchises, ils vont réduire leur consommation médicale, ce qui est totalement faux. La grande majorité de ces consommations répond à des besoins réels. Ça va toucher des personnes atteintes de maladies graves qui n’ont pas choisi de l’être.

    Ces mesures permettraient, selon
    le gouvernement, de financer l’accès aux soins. Qu’en pensez-vous
     ?

    A.G. : C’est incroyable de ponctionner les malades pour favoriser l’accès aux soins. C’est l’inverse qui va se passer. Penser qu’on va freiner des dépenses de santé comme s’il s’agissait d’une consommation de confort est un calcul terrible. Les plus modestes, souvent en affection de longue durée, vont renoncer aux soins dont ils ont besoin. Les malades du cancer, avec des traitements lourds et réguliers, seront touchés de plein fouet. Au final, cela dégradera leur état de santé et coûtera encore plus cher lorsqu’il faudra les hospitaliser. C’est le calcul égoïste d’un gouvernement à l’affût de la moindre économie. Il ne va pas chercher l’argent là où il se trouve. On nous parle du déficit de la Sécurité sociale, mais il est largement alimenté par les exonérations de cotisations accordées aux entreprises.

    Qui seront les plus pénalisés ?

    A.G. : Les retraités vivant avec moins de 1 500 euros par mois et atteints d’affections de longue durée, de cancer ou de maladies cardiovasculaires. Ce sont des patients qui ont besoin de consultations et de prescriptions régulières. On va aller taper dans la poche de ceux qui n’ont déjà pas beaucoup pour vivre.

    Quelles seront les conséquences de ces mesures sur le prix des mutuelles ?

    A.G. : On parle d’un transfert de charges de 1,5 à 2 milliards d’euros, donc les mutuelles vont mécaniquement augmenter leurs tarifs, alors qu’ils sont déjà un problème pour une partie de la population. D’où notre idée d’instaurer une mutuelle communale à Marseille, pour permettre aux plus modestes d’accéder à une complémentaire à un tarif plus favorable.

    Que révèlent ces annonces sur
    la gestion politique de notre système de santé
     ?

    A.G. : Depuis des années, on entend cette petite musique de la responsabilisation des malades. L’idée serait de dire que le droit à la santé est une affaire de responsabilité individuelle. C’est un retour en arrière de plus sur un droit universel, qui ne doit dépendre ni des revenus ni du niveau social. On assiste à une attaque en règle globale contre notre système de Sécurité sociale.

    Les annonces ont été faites en plein été, sans débat parlementaire.
    Que pensez-vous de la méthode
     ?

    A.G. : La méthode est aussi choquante que le fond. L’an dernier, cette proposition avait été rejetée par le Parlement. Le gouvernement revient à la charge sans passer par le débat. C’est le pari abominable du gouvernement : on fait passer les mauvais coups pendant l’été.

  • Avec la grêle, les garagistes et les assureurs sont sous l’eau

    Avec la grêle, les garagistes et les assureurs sont sous l’eau

    « On n’est pas en capacité de répondre à toutes les demandes ». Le discours revient en bouche chez les assureurs depuis le 25 juillet. Nombre de voitures ont en effet été endommagées par la grêle : pare-brise fissurés, carrosseries impactées… et les appels aux assurances se multiplient. « Entre 20 et 30 par jour », explique l’un d’eux, soit « trois fois plus que d’habitude ».

    Pour tous, le discours aux clients reste le même : se diriger vers les carrosseries agréées. Des garages partenaires, proposant généralement des prix avantageux, « négociés » par les assurances avec la promesse d’amener un important « volume de clients », explique Julien, agent général à Marseille. Si, au regard de la loi, rien n’est imposé, le client pourrait avoir à « prendre à sa charge la différence » dans le cas où un devis effectué par un garagiste non agréé serait supérieur à celui d’un carrossier agréé, explique Sam, gestionnaire en assurance chez GMF.

    Des pratiques critiquées par les garagistes non agréés, comme Quentin, gérant de la carrosserie Arago. Lui a reçu une dizaine de véhicules endommagés par la grêle, mais sait d’ores et déjà qu’il n’aura « pas le droit de toucher la moitié d’entre eux ». Face à cette situation, certaines assurances s’organisent. « Deux centres de débosselage vont être ouverts temporairement, dans le 11e et dans le centre, des lieux particulièrement touchés », explique un agent d’Allianz. Un dispositif partagé avec d’autres assureurs, souligne-t-il.

  • 9 500 mégots ramassés au Vallon des Auffes

    9 500 mégots ramassés au Vallon des Auffes

    « Par l’acte de ramasser bénévolement, on montre aux gens qu’on peut agir sans attendre que l’initiative ne vienne des institutions », raconte Naya, coprésidente de l’association Marseillaise 1 Déchet par jour. Ce dimanche, les équipes étaient au Vallon des Auffes, pour une matinée ramassage de déchets. Avec les autres associations présentes, AVA (Amis du Vallon des Auffes), et Boud’mer, un nettoyage de la zone est organisé une fois par mois, de mai à septembre. « L’idée c’est toujours de collaborer avec d’autres associations, car au plus on est, au plus on va loin », développe Anne Christelle, trésorière d’1 Déchet par jour.

    9 kg de textile en deux heures

    Dans l’eau, plongeurs, apnéistes et kayaks ramassent toutes sortes de déchets. Sur terre, les bénévoles arpentent les rochers. Tous sont sur les lieux depuis 9h30 du matin. « On trouve beaucoup trop de mégots, c’est ce qu’on ramasse le plus », se lamente Anne Christelle. Aux alentours de midi, les bénévoles font leur inventaire et trient les déchets selon le système de la Métropole en vue de leur recyclage. Certains chiffres sont particulièrement significatifs : ils ont ramassé, en 2 heures, 9 500 mégots et 9 kg de textile. « Notre objectif est de faire en sorte que les gros déchets restent le moins longtemps dans la mer, car une fois transformés en microdéchets, on ne peut plus rien faire. Chaque semaine on ingère 5 grammes de plastique », poursuit la trésorière de l’association.

    « On nettoie le vallon mais surtout on porte un message. Il y a toujours des gens qui sont curieux et qui posent des questions en passant », commente Augustin, bénévole depuis deux ans. La sensibilisation est un autre aspect central du travail de l’association, qui intervient en milieu scolaire, professionnel et associatif. « 80% des déchets terriens finissent dans la mer, la sensibilisation est un acte citoyen » conclut la coprésidente.

  • La pistache, une filière d’avenir en Provence

    La pistache, une filière d’avenir en Provence

    À quelques mètres du Vieux-Port, une odeur singulière flotte dans une nouvelle boutique de la rue Pythéas. Depuis le 25 juillet, la Maison de la Pistache a ouvert, dans un espace entièrement consacré au petit fruit vert. À l’entrée, un torréfacteur diffuse des effluves de pistaches chauffées à 135 degrés. À côté, une grande carte présente les 160 variétés du fruit présentes dans le monde. « On en importe d’Iran, de Sicile, de Grèce et d’Espagne », précise Béatrice Loncle, responsable de la boutique.

    Nature, en coque, décortiquée, en poudre ou en pâte, le fruit est décliné sous toutes ses formes. « On choisit celles qui ont une AOP, avec un ramassage et un séchage faits à la main. La pistache, c’est comme le vin, il y a des grands crus », insiste-t-elle.

    L’objectif est aussi de faire connaître une filière en pleine renaissance : celle de la pistache provençale, lancée en 2018 sur le plateau de Valensole, après sa disparition progressive au XXe siècle. C’est d’ailleurs là que la première boutique de la marque a ouvert. « Ça fait sens pour nous de mailler notre présence en Provence, parce que le but est d’être proche de la filière, de là où les pistaches vont être récoltées », explique Guillaume de Foucault, directeur général de la Maison de la Pistache.

    80 producteurs

    en Provence

    Pour l’instant, les pistaches commercialisées ne sont pas encore produites en Provence. « Les premières plantations datent de 2021 et il faut six ans pour être capable d’avoir un fruit et le récolter », rappelle-t-il.

    La filière se structure progressivement. Selon Benoît Dufay, coordinateur technique du syndicat France Pistache, elle compte aujourd’hui 160 producteurs adhérents, dont 80 en Provence, pour 300 à 350 hectares plantés dans la région, sur les 600 recensés en France.

    La relance de la filière bénéficie du soutien de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, dans le cadre d’un plan lancé en 2023. « Il y a un axe d’aide à la plantation pour les agriculteurs avec une partie des frais de plantation prise en charge par la région. On nous accompagne sur des prestations de recherche qu’on met en place pour valider des modèles de culture », indique Benoît Dufay.

    D’après l’agronome, cette renaissance est le fruit d’un marché en pleine expansion. « C’est une culture sur laquelle on a un vrai débouché. On observe des augmentations de consommation importantes en France. Il y a un réel besoin pour trouver de la pistache française », souligne-t-il.

    Un engouement renforcé ces dernières années par le phénomène des recettes venues de Dubaï, largement relayées sur les réseaux sociaux. « L’effet de mode n’est pas redescendu. Aujourd’hui, il n’y a pas un pâtissier, un boulanger ou un chef qui ne propose pas une pâtisserie à la pistache », observe Guillaume de Foucault.

    Le retour en force du pistachier s’explique également par son adaptation au changement climatique. « C’est un arbre qui a toutes les armes pour résister au chaud, aux sécheresses et en même temps au froid. Et il a des besoins en eau très faibles », détaille Benoît Dufay. Une qualité qui séduit des agriculteurs, notamment des viticulteurs à la recherche de diversification. « Le pistachier est un bon candidat parce qu’il a besoin de terrains qui sont à peu près les mêmes que la vigne », ajoute-t-il.

    Reste à construire un modèle économique durable pour les producteurs. « Tous ceux qui plantent aujourd’hui savent qu’ils sont pionniers », assure-t-il. La filière vise, à terme, une production annuelle de 2 000 à 3 000 tonnes de pistaches françaises d’ici 2035.

    Cette année déjà marque un premier tournant : « Jusqu’ici on avait produit 200 kg en tout, et là on s’attend cette année à avoir entre deux ou trois tonnes de pistaches », conclut Benoît Dufay.

  • Vent de colère après l’annonce d’économies sur la santé

    Vent de colère après l’annonce d’économies sur la santé

    Le débat, déjà rejeté à l’Assemblée à l’automne dernier, revient sur la table pour freiner les dépenses de santé. En 2024, le gouvernement avait déjà doublé les franchises médicales, passant de 0,50 à 1 euro. Aujourd’hui, leurs montants unitaires restent inchangés, avec 2 euros par consultation et 1 euro par boîte de médicaments. Jusque-là plafonné à 50 euros par an chacun, le plafond pourrait doubler avec la nouvelle mesure. Un rapport de la Cour des comptes, publié en mai, chiffre à 48 millions le nombre d’assurés concernés. Les mineurs, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire ou de l’aide médicale d’État, ainsi que les femmes enceintes en fin de grossesse en restent dispensés.

    Selon la ministre de la Santé, la mesure représente seulement « un petit effort extrêmement mesuré à ceux qui achètent plus de cinquante boîtes de médicaments par an et qui vont plus de vingt-cinq fois chez le médecin ». Un discours que rejette Valérie Ollier, présidente du Syndicat général des pharmaciens des Bouches-du-Rhône. Elle dénonce une mesure qui « pointe du doigt tous ceux qui consomment, alors que la plupart en ont besoin, en particulier les personnes âgées et celles qui ont des pathologies avec des douleurs ».

    Elle prend l’exemple d’une patiente en oncologie : « À chaque fois qu’elle fait un traitement, elle a une visite obligatoire chez le médecin. Donc, parfois, c’est deux ou trois visites dans la semaine. Le message qu’on donne à cette personne, c’est qu’elle coûte cher à la société, c’est culpabilisant ». Pour la pharmacienne, « une solution plus judicieuse » reposerait sur la Sécurité sociale qui « pourrait, avec les systèmes informatiques actuels, déceler qui est le “superconsommateur” qui coûte cher et vérifier pourquoi il coûte si cher ».

    « C’est un plafond que les Français, en moyenne, n’atteignent pas. En moyenne, ça fera 18 euros en plus pour les Français », tentait de rassurer Stéphanie Rist en fin de semaine sur Franceinfo. Pourtant, à la pharmacie du Grand Pavois, où exerce Valérie Ollier, plusieurs clients dépassent déjà le seuil des 50 boîtes par an.

    Un coût supplémentaire pour les patients

    C’est le cas d’une cliente de 86 ans, atteinte de Parkinson, qui achète six boîtes par mois. Après la mesure, 22 boîtes ne lui seront plus remboursées, soit 22 euros de dépenses en plus par an. « Ça arrange peut-être le gouvernement, mais c’est nocif pour nous. En plus, on est mal informés à ce sujet », réagit la patiente. Sa pharmacienne s’indigne du poids que l’on fait peser sur ses épaules : « Son traitement mensuel a été prescrit par un spécialiste. Il faut à tout prix qu’elle le prenne pour pouvoir vivre normalement. Les politiques ne se rendent pas compte de ce que c’est que de vivre avec une maladie chronique ».

    Pour Valérie Ollier, le raisonnement du gouvernement « n’est pas fait dans le bon sens » : « Il y a certainement des mesures à prendre au niveau financier, mais ce n’est pas parce que les gens consomment plus. Si on la compare aux autres pays européens, la France n’est pas en surconsommation, le nombre de boîtes de médicaments est même en recul depuis quatre ans dans l’hexagone. Ce sont les nouveaux traitements, très chers, qui font exploser le budget de la Sécurité sociale. Il vaudrait mieux que l’État voit avec les laboratoires pourquoi ces médicaments sont si chers. Ce n’est pas la boîte de Doliprane à 2 euros qui va changer la donne ». Et de synthétiser : « on est là pour soigner, pas pour faire le percepteur de l’état ».

    Même inquiétude chez Stéphanie Gauthier, 55 ans, suivie pour une hypothyroïdie, une tension oculaire et une dépression.

    « Sans mon traitement, je meurs, tout simplement »

    Elle dépasse déjà le plafond actuel. « Je vais payer davantage mes médicaments car le remboursement sera moindre, mais je n’ai pas choisi d’avoir ça ! Ce n’est pas normal », s’offusque-t-elle. La patiente dénonce aussi un coût élevé des franchises par boîtes qui contiennent déjà peu de comprimés : «J’ai besoin de 30 comprimés par mois, c’est complètement illogique de faire des boîtes à seulement 10 comprimés. Je suis prête à payer un petit peu, mais là 1 euro par boîte… »

    Les syndicats, déjà mobilisés en septembre dernier, dénoncent aujourd’hui un « passage en force pendant l’été ». Valérie Ollier insiste sur les inégalités d’accès aux soins qu’engendre la mesure : « On a choisi un système où tout le monde paie en fonction de ses moyens. Si c’est comme ça, on change de système, comme aux États-Unis ou en Angleterre ».

    Andréa Goyard de Castro

  • Coups bas

    Coups bas

    Faire toujours payer plus ceux qui sont malades et ont besoin de soins. C’est la logique des gouvernements depuis des années mais, cet été, celui de Lecornu pousse le cynisme encore plus loin en imposant par décret ce qui lui avait été refusé par les parlementaires lors du dernier débat sur le budget de la sécurité sociale : la hausse des franchises médicales. Petit à petit, les libéraux torpillent la sécurité sociale, le système imaginé par Ambroise Croizat à partir du programme du Conseil national de la résistance pour le transformer en assurance au rabais pour les pauvres, les riches pouvant se payer les soins de qualité. En toile de fond, l’éternelle rengaine du « trou de la sécu » qu’il faudrait absolument combler sous peine de voir disparaître cette merveilleuse « exception française ».

    211 milliards aux entreprises

    Ce discours est un leurre pour ne pas assumer les choix politiques qui sont ceux de ce gouvernement. Les économies attendues par les modifications imposées par décret
    – doublement des franchises, relèvement du ticket modérateur et baisse du remboursement des médicaments à service médical rendu faible ou modéré – sont estimées à 2,15 milliards d’euros. Une somme à mettre en balance face aux milliards accordés aux entreprises : 211 milliards. Un tiers du budget de l’État.

    Sans oublier l’argent que le gouvernement se refuse à aller chercher. « Plutôt que de ponctionner quelques dizaines d’euros supplémentaires sur
    les malades, faisons contribuer les milliards
    de revenus financiers qui échappent aujourd’hui aux cotisations sociales
     », pointe ainsi le PCF.

    La santé n’est ni un luxe, ni une marchandise. Mais un droit qu’il faut véritablement défendre quand les coups bas se multiplient.

  • La piscine de Font Obscure à Marseille rouvre en 2027

    La piscine de Font Obscure à Marseille rouvre en 2027

    C’est le début d’une nouvelle histoire pour la piscine de Font Obscure » se ravit Tina Biard-Sansonetti, maire (PM) des 13e et 14e arrondissements de Marseille. Cette piscine avait été fermée par le maire précédent, Stéphane Ravier, du Rassemblement national, pour cause « d’insécurité ». Presque 10 ans plus tard, le premier coup de pelleteuse est donné dans la terre qui a enseveli le bassin.

    « Le Rassemblement national a toujours le même réflexe : fermer dès qu’il y a de l’insécurité », s’indigne l’édile du secteur. Au moment de sa fermeture, étaient mises en cause des intrusions et des incivilités à répétition. « S’il y a eu des intrusions, c’est qu’elle n’était pas assez ouverte. On va ouvrir sur des plages horaires de plus en plus larges, pour que tous les habitants se l’approprient, insiste Eric Méry, adjoint au sport (Mad Mars) du maire de Marseille. Il y aura aussi en permanence un agent de sécurité. »

    Cette piscine sous les arbres, rattachée au centre municipal d’animation dans le parc de Font Obscure, « ouvrira d’abord pour les enfants du centre et, au fur et à mesure, pour l’ensemble de la population, explique Tina Biard-Sansonetti. Cela permettra de créer un îlot de fraîcheur pour les habitants qui vivent dans des petits logements sans climatisation ».

    Apprendre à nager

    Ce sont donc 150 enfants qui pourront profiter en priorité des 60 m² de la piscine. « L’objectif de cette piscine c’est que les enfants du centre apprennent à nager », insiste l’adjoint au sport. « En 2020, on avait 10 000 enfants qui apprenaient à nager, aujourd’hui, ils sont 30 000, grâce à l’élargissement des créneaux d’ouverture », indique-t-il.

    Le premier coup de pelleteuse est mis, les carreaux bleus de la piscine se révèlent. « La terre a l’air de l’avoir conservée ! », s’exclame la maire. Une fois la terre retirée du bassin, « une expertise sera faite et soit il faudra démolir puis reconstruire, soit il faudra simplement reconstruire », détaille le directeur des travaux. Le coût dépendra de ce qui sera décidé suite à l’expertise, dans une fourchette « entre 60 000 et 130 000 euros », estime-t-il, ensemble des équipements type vestiaires compris.

    « On continuera d’aller aussi à la mer, mais ça va nous soulager cette piscine » , se réjouit une personne du centre d’animation municipal.

  • La valse des départs prend de l’ampleur à l’OM

    La valse des départs prend de l’ampleur à l’OM

    Qui succédera à Mason Greenwood, Bilal Nadir, Pierre-Emerick Aubameyang et Hamed Junior Traoré dans la liste des départs durant ce mercato d’été ? Avec les portes de la braderie grandes ouvertes, depuis l’annonce du nouveau directeur sportif olympien Grégory Lorenzi, les prétendants sont de plus en plus nombreux à s’intéresser aux joueurs qui ont de la valeur.

    Parmi eux, Facundo Medina fait notamment l’objet d’un grand intérêt du Bayer Leverkusen. Le club allemand a transmis une première offre de 20 millions d’euros, tandis que les dirigeants marseillais réclament au moins 25 millions d’euros, auxquels pourraient s’ajouter des bonus, pour laisser partir l’international argentin. Le refus de cette première offre pourrait pousser Leverkusen à finalement jeter son dévolu sur le latéral espagnol Miguel Gutiérrez.

    Rulli comme doublure

    de Donnarumma à City

    Peu évoqué depuis le début du mercato, le poste de gardien est plus que jamais au centre des négociations. L’Olympique de Marseille a reçu une offre de Manchester City pour Gerónimo Rulli, mais souhaiterait d’abord trouver le nom de son successeur avant de le lâcher définitivement.

    Parmi les candidats ciblés figurent le portier toulousain Guillaume Restes et l’international polonais Marcin Bulka. Selon L’Équipe, les deux sont trop chers compte tenu des maigres finances marseillaises.

    Toujours dans les cages, Jeffrey De Lange pourrait également faire ses valises plus rapidement que prévu. Le Néerlandais de 28 ans, frustré d’être resté la doublure de Rulli, serait sur le point de faire son retour dans son pays natal sous les couleurs du FC Twente.

    Aucun accord définitif n’a été trouvé pour le moment, mais une photo de Jeffrey De Lange publiée sur Instagram dans un aéroport vendredi renforce l’hypothèse d’un départ imminent.

    Avec un grand nombre de joueurs sur les postes du milieu de terrain, l’OM souhaiterait se séparer d’une bonne partie d’entre eux. Les noms de Geoffrey Kondogbia, Pierre-Emile Højbjerg, Amine Harit et Quinten Timber sont mis en avant. Leurs départs permettraient d’alléger la masse salariale. Ainsi, la direction olympienne pourra officiellement passer à l’attaque sur le mercato, en ne se faisant pas d’illusion comme avec Meunier.