Tag: Lycéens

  • Les communistes de Gardanne sur le pont

    Les communistes de Gardanne sur le pont

    « La centrale thermique fait ses vœux en février, on s’est dit qu’on allait faire notre rentrée en octobre. » Ce samedi, Amélie Barbey, secrétaire de la section communiste de Gardanne, prend avec humour le « traditionnel retard gardannais » à l’occasion de son discours qui officialise la rentrée des communistes de la ville.

    Avec humour, mais aussi avec du fond puisque cela permet justement « d’avoir du recul » sur ladite rentrée. « Les lycéens nous ont rattrapés avec leur actualité. Et ce n’est pas une étincelle qui a pris feu comme ça », campe la secrétaire. « Ils ont des revendications très claires : que les effectifs par classe n’excèdent pas 25. Dans toutes les classes du lycée Fourcade, cela dépasse 30 ! Ils veulent que des infirmiers et des psychologues soient présents dans les établissements. On a beau jeu de pleurer sur la santé mentale des adolescents mais rien n’est mis en place », développe-t-elle. Les communistes seront d’ailleurs de la partie pour la journée de mobilisation du 6 octobre aux côtés des lycéens gardannais qui devraient se retrouver devant la mairie. Elle en profite pour « dénoncer les violences » qui ont eu lieu en marge des blocus, la semaine dernière : « Il ne faut pas attaquer les pompiers… Ni quand ils interviennent, ni quand ils manifestent ! ». Référence aux charges répétées par les forces de l’ordre à l’encontre des sapeurs-pompiers lors de leurs différentes mobilisations, notamment pendant la réforme des retraites de 2023.

    Solidarité avec Cuba

    Amélie Barbey a aussi dénoncé « l’impérialisme américain » notamment en Amérique du Sud. De quoi faire le lien avec l’après-midi dédiée à la solidarité avec les Cubains avec la présence de représentants de l’association France Cuba 13, dont Nicolas Maury qui a animé un débat sur le sujet. Et la projection d’un film De la Camargue à la Cienaga de Zapata en présence du réalisateur Alain Sabatier. Ce dernier a documenté « l’état de siège » subi par les Cubains. « Il y a des menaces croissantes des États-Unis sur Cuba. Depuis fin janvier, Trump a mis un blocus énergétique, la situation sociale devient très tendue pour les Cubains », explique-t-il. Avis partagé par Nicolas Maury : « La pression contre Cuba est énorme. » Claude Jorda, figure des communistes de Gardanne, précise qu’une antenne de France Cuba a été créée sur la commune.

  • Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    Syndicats et parents d’élèves en soutien aux lycéens

    « Les revendications lycéennes sont légitimes, nous les soutenons et les partageons, le gouvernement doit y répondre ! ». Voilà le message limpide délivré par l’intersyndicale des personnels de l’éducation nationale des Bouches-du-Rhône, dans un communiqué de presse diffusé ce week-end. Une large intersyndicale (CGT, CNT, FO, FSU, Unsa et Sud) qui appelle même à la grève et « à participer aux rassemblements et manifestations aux côtés des lycéens », ce mardi en partageant le rendez-vous marseillais : 10h aux Réformés. « L’ensemble des syndicats éducation de la FSU 13 appelle à la grève mardi 6 octobre, et sera présent dans la manifestation pour encadrer et protéger la jeunesse », développe de son côté la FSU des Bouches-du-Rhône, principale organisation syndicale chez les enseignants. Même principe en Vaucluse où l’Union Départementale CGT « met à disposition des lycéens toute sa logistique ».

    « Journée noire »

    Autant d’échos locaux à la multitude d’appels lancés au niveau national par différentes organisations syndicales de travailleurs (lire notre article du 03/10). Des appels qui se sont multipliés dans le week-end avec une dimension interprofessionnelle puisque plusieurs fédérations CGT appellent désormais à la grève ce mardi 6 octobre, comme celle de l’énergie ou encore des industries chimiques. De quoi surtout appuyer sur le terrain les mobilisations lycéennes puisque dans le Var, comme dans les Alpes-de-Haute-Provence, les syndicats prévoient concrètement d’être présents sur les blocus et actions prévues. Car le Mouvement national lycéen (MNL) prévoit bien une « journée noire dans les lycées ». Et même les parents d’élèves s’y mettent puisque le Mouvement des Parents d’Élèves des Bouches-du-Rhône (MPE 13) a également apporté son soutien au mouvement social des jeunes : « En tant que représentants de parents d’élèves, nous considérons que les préoccupations exprimées par les lycéennes et les lycéens sont légitimes et doivent être entendues ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille, 10h. 7h devant les lycées et manifestation depuis les Réformés.

    Aix, 11h. La Rotonde.

    Arles, 10h. Kiosque à musique.

    Toulon, 7h30. Lycée Bonaparte.

    Draguignan, 8h. Lycée Jean-Moulin.

    Saint-Raphaël, 10h30. Rond-point Kennedy.

    Manosque, 8h. Lycée Félix Esclangon.

    Digne-les-Bains, 8h. Lycées Beau de Rochas et David Néel.

    Gap, 7h. Lycée Paul Eluard.

  • Les lycéens mobilisés organisent la suite de leur mouvement

    Les lycéens mobilisés organisent la suite de leur mouvement

    Difficile de bloquer des portes closes. Vendredi, au lendemain de la mobilisation fleuve des lycéens, illustrée par le blocus de nombreux établissements à Marseille et dans toute la France, la majorité des lycées ont été fermés et les professeurs sommés de tenir leurs cours en distanciel. Au total, 55 établissements étaient concernés dans l’académie Aix-Marseille, et plus de 400 au niveau national.

    Mais la mesure n’a pas suffi à endiguer la fougue lycéenne : d’après la préfecture, 19 établissements ont été concernés par des attroupements et 1 800 personnes y ont participé au plus fort de la mobilisation dans les Bouches-du-Rhône. À Marseille, plusieurs lycées, appartenant à la courte liste de ceux restés ouverts, ont été bloqués. Parmi eux : Daumier (8e), Marseilleveyre (8e) et Simone-Veil (13e). La préfecture recense par ailleurs quatre blessés : « une personne âgée bousculée », « deux policiers » et « un enseignant aspergé d’essence volontairement puis agressé physiquement par deux individus ». 59 personnes ont été interpellées, dont 27 à Marseille.

    « Restructurer le combat »

    En parallèle, plusieurs assemblées générales ont été organisées. L’une d’entre elles s’est tenue au pied de la préfecture (6e), devant le lycée Montgrand où lycéens, professeurs et parents d’élèves ont échangé pour penser ensemble la suite des contestations. « Cette décision de cours en distanciel nous a pris de court. On essaie un peu de restructurer notre combat », admet Luc Bensa, élève à Saint-Charles (1er) et membre du Mouvement national des lycéens. Florence, maman d’élève venue soutenir les jeunes, s’insurge contre cette décision : « Il n’y a aucune raison de mettre les cours en distanciel, l’ambition est vraiment d’éteindre le mouvement ». « On nous prend notre outil de travail, on nous empêche de nous réunir dans nos murs, surenchérit l’une des professeures présentes. Les lycées sont un lieu de dialogue et d’apprentissage. Empêcher leur accès n’arrange absolument rien ».

    Passée la frustration, un élément émerge des débats : la volonté d’étendre le mouvement au reste de la société, pour renforcer au maximum les rangs de la marche prévue mardi. « Il faut créer du lien au-delà des lycéens, mais aussi en dehors du monde éducatif. La casse des services publics concerne toute la société. La convergence des luttes est la direction à prendre », abonde en ce sens Eustache, élève de Montgrand et militant au Poing levé.

    Les jeunes seront a minima soutenus par la CGT, qui a annoncé vendredi, dans un communiqué; « se tenir aux côtés des lycéens, étudiants et personnels de l’éducation mobilisés » et appeler « toutes ses organisations à se mobiliser et à mettre à leur disposition les moyens nécessaires pour s’organiser ». Une intersyndicale de l’Éducation nationale, comprenant la FSU, la CGT, FO, la CFDT, l’Unsa et Sud a aussi appelé à participer à la mobilisation « y compris par la grève ».

  • À Istres, blocage et tensions devant le lycée Arthur-Rimbaud

    À Istres, blocage et tensions devant le lycée Arthur-Rimbaud

    Vers 7h, selon plusieurs personnes présentes sur place, la police municipale aurait fait usage de gaz lacrymogène contre le barrage. La tension est montée d’un cran lorsque des élèves du lycée Latécoère ont rejoint le mouvement. Face aux CRS, mobilisés sur les lieux, les lycéens ont maintenu leur action jusqu’à sa dispersion, sans usage de la force, vers midi. Une poignée d’élèves ont fait part de leurs revendications au maire (LR) Robin Prétot, en marge. « On veut juste qu’on nous écoute quand on parle des salles à 35° et des profs manquants », explique l’un d’eux. « La manifestation partait bien ce matin, j’ai demandé un maximum d’interpellations pour ceux qui viennent casser du flic », assure le maire.

  • [Maj] Le maire de Marseille appelle au calme face aux agressions et dégradations

    [Maj] Le maire de Marseille appelle au calme face aux agressions et dégradations

    Face aux nombreuses agressions et dégradations, le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan a dénoncé ce jeudi matin les «violences inacceptables, incendies et agressions subies par les professeurs, les pompiers, les journalistes, les Marseillais, qu’aucune cause ne peut justifier». Il appelle donc « à l’apaisement de chacun, et à retrouver le chemin d’une expression démocratique des revendications» en indiquant que la Ville «se tient aux côtés de ceux qui défendent le service public et l’avenir de nos jeunes, pas de ceux qui cassent, incendient et violentent».

    Selon nos informations, un professeur du lycée professionnel Le Chatelier, dans le 3e arrondissement de Marseille, a été blessé par un jet de pavé, comme le confirme la préfecture de police qui dit prendre tous les faits très au sérieux et invite à déposer plainte. Le maire (PS) du secteur Anthony Krehmeier a apporté son soutien au personnel. «Je soutiens les revendications et le droit des lycéens à se mobiliser, mais rien ne justifie la violence», écrit-il.

    Le rectorat de son côté a infirmé l’information selon laquelle les équipes de direction du lycée Victor-Hugo (3e arr.) ont été aspergées d’essence, précisant qu’elles avaient été éclaboussées lorsque des individus ont tenté d’en verser dans des conteneurs. De source policière, on évoque une quarantaine d’interpellations en fin de matinée, un chiffre susceptible d’évoluer.

    Le réseau de la RTM a été entièrement suspendu en fin de matinée suite à des agressions d’agents. Un camion des marins-pompiers a aussi été incendié et des uniformes dérobés. Le bataillon est intervenu sur 45 feux dans la ville à 12h15.

    La CGT 13 en défense des lycéens

    «Le mouvement lycéen se transforme en chaos urbain», écrit pour sa part la présidente (DVD) du conseil départemental Martine Vassal qui «appelle à la plus grande fermeté» et accuse la France insoumise de souffler «sur les braises». Dans un communiqué, le conseil régional comptabilise 39 lycées touchés par des violences entre le 28 et le 30 septembre. «Ce n’est pas de la contestation, c’est de la délinquance. Ceux qui brûlent nos lycées attaquent la République», dénonce la Région qui réclame l’identification immédiate et des poursuites «contre chaque casseur». La collectivité propose à la justice «10 000 heures de travaux d’intérêts généraux» et assure aussi que «les députés La France Insoumise portent une responsabilité lourde dans ce chaos».

    L’union départementale CGT des Bouches-du-Rhône rappelle de son côté que «leur mobilisation met en lumière les conséquences de choix politiques qui affaiblissent depuis des années l’Éducation nationale». «Dans plusieurs établissements, des directions maintiennent les cours et demandent aux personnels de signaler les élèves absent·es alors que des lycéens font entendre leurs revendications et que des gaz lacrymogènes sont utilisés jusque dans l’enceinte des lycées. Comment peut-on prétendre assurer normalement les cours dans de telles conditions ?» interroge l’union départementale qui appelle à se tenir au côté de la jeunesse et «contribuer collectivement à sa protection».

  • [Entretien] Amélie Barbet : « La méritocratie n’existe plus »

    [Entretien] Amélie Barbet : « La méritocratie n’existe plus »

    La Marseillaise : Partagez-vous la colère de vos élèves ?

    Amélie Barbet : Oui. Il y a plein de problématiques, à commencer par l’école inclusive. On accueille toutes sortes de pathologies, ce qui est formidable, mais il n’y a pas de moyens. Donc c’est une inclusion qui ne se fait pas, ou à moindres frais, ça nous mobilise beaucoup au détriment des autres élèves. Ils sont nombreux, il fait chaud, les emplois du temps sont intenables à cause de la réforme Blanquer, on leur vend un Parcoursup qui ne fonctionne pas, ou on ne sait pas bien comment… On ne peut pas dire que le lycée aille bien en France.

    Est-ce une « génération sacrifiée » ?

    A.B. : C’est le service public et la vision du bien public qui est sacrifié. Tout le modèle se tourne vers le privé, c’est pareil à l’hôpital, c’est pareil partout… C’est un projet de société. Nous, à Martigues, petite ville de province, tout le monde s’en fout. On n’a plus d’option latin, on n’a plus de théâtre, on n’a plus rien et ce n’est pas grave. Par contre, dans les bahuts privés d’exception, ça va.

    La méritocratie existe-t-elle encore ?

    A.B. : Moi, je suis un pur produit de l’école publique. J’ai eu des profs formidables, j’ai fait une classe prépa alors que mes parents n’avaient pas fait d’études. Elle a existé, mais elle n’existe plus.

    Quel regard portez-vous sur les violences en marge des blocus ?

    A.B. : On condamne à 100%, c’est pour ça qu’on est là, pour calmer le jeu. Après, il ne faut pas oublier qu’on est sur un public adolescent. Et on se demande dans quelle mesure la violence n’est pas attisée parfois. Ce serait bien de dire que ce ne sont que des casseurs, mais c’est pas le cas. Ça fait 10 ans qu’on est gouverné par le 49.3. On a mené des luttes pour les retraites, on a laissé des semaines de salaire pour ne rien obtenir. Il y a un message de surdité totale de la part du gouvernement. Ça finit par avoir des conséquences.

  • À Aix, la tension s’est déplacée dans les rues du centre-ville

    À Aix, la tension s’est déplacée dans les rues du centre-ville

    Les premiers mouvements se sont manifestés dès 7h du matin. Au lycée Duby, les élèves se sont rassemblés aux aurores devant les grilles de l’établissement. Parmi leurs revendications figurent des journées longues ponctuées de plages horaires vides, le manque d’enseignants dès la rentrée ou encore la dégradation des locaux. Plusieurs feux d’artifice ont été tirés et un début de feu de poubelle a nécessité une intervention rapide des pompiers.

    Dans la foule, plusieurs lycéens rappelaient le mot d’ordre « d’un mouvement pacifique ». Dans le centre-ville d’Aix en revanche, les tensions se sont cristallisées jusqu’à la mi-journée. Les premières mobilisations, selon les lycéens sur place, ont commencé à émerger des lycées Cézanne et Vauvenargues. Dans ce dernier établissement, la manifestation s’est conclue par une intervention des forces de l’ordre. Un camion de pompiers a aussi été bloqué par la foule de lycéens, dont certains venus d’établissements voisins…

    Selon des manifestants, les policiers ont dispersé la foule vers 9h30. Plus tard dans la matinée, des centaines d’élèves issus des établissements du centre-ville se sont rejointes place Bellegarde, formant un cortège qui a ensuite emprunté la rue Mignet, la rue Gaston-de-Saporta puis le boulevard Jean-Jaurès. « On ne nous écoute pas quand on est 100, peut-être qu’on nous écoutera si l’on est 2 000 », estime un lycéen qui déplore, comme beaucoup, la « répression policière ». Dans la foule, les revendications mêlent manque de moyens, conditions d’enseignement dégradées, « soutien aux profs » et solidarité avec les « peuples opprimés par la guerre ». C’est sur le cours Saint-Louis et aux abords du lycée Cézanne que les tensions se sont concentrées, tandis que les forces de l’ordre repoussaient la mobilisation. Plusieurs dégradations, notamment des abribus détruits, ont été constatées. Des faits régulièrement dénoncés par les manifestants pacifiques rencontrés sur place…

    RÉACTIONS

    Sophie Joissains, Maire (UDI) d’Aix-en-Provence

    « Aucune cause ne peut justifier les dégradations, les violences ou la destruction du bien public, qui appartient à tous les Aixois. »

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône

    « Je condamne fermement les dégradations et les agressions qui touchent actuellement Marseille et le pays tout entier. Le mouvement lycéen se transforme en chaos urbain et appelle à la plus grande fermeté. »

  • À Toulon, une mobilisation itinérante devant les établissements

    À Toulon, une mobilisation itinérante devant les établissements

    Dès 7h jeudi à Toulon, plusieurs centaines de lycéens se sont mobilisés devant leurs établissements. Les lycées du Parc Saint-Jean, Bonaparte, Dumont-Durville et de la Rouvière ont été bloqués pendant environ une heure, mais l’intervention des forces de l’ordre a rapidement dispersé les manifestants, après l’allumage de feux de poubelles. Ces derniers se sont rejoints, bloquant divers axes de circulation, tout en se rendant devant plusieurs lycées de la ville, dont les directions ont confiné leurs élèves dans l’enceinte des bâtiments.

    « On veut une vie normale, pas faire du 8h-18h, métro-boulot-dodo », revendique Enzo, élève de première à Bonaparte. Alexis (nom d’emprunt), parle de « ras-le-bol général de la jeunesse. Ça faisait longtemps qu’elle ne s’était pas mobilisée de la sorte à Toulon, ça peut créer un renouveau. Mais il faut que ça continue ». S’il considère « qu’il n’y a pas de revendication politique extrêmement forte », il parle de « prise de conscience générale » et d’une « violence légitime, qui vient d’en bas. Ce n’est pas un mouvement bourgeois ».

    Lycées ouverts vendredi

    D’autres mobilisations ont eu lieu dans plusieurs communes varoises (Fréjus, La Seyne, Brignoles, Hyères…). On recensait 2 250 manifestants dans l’ensemble du département. 45 d’entre eux (68 depuis mardi) ont été interpellés, tandis que 10 blessés (6 policiers, 3 lycéens et une personne âgée) ont été signalés. Les lycées varois resteront ouverts ce vendredi. Le préfet a toutefois décidé d’interdire toute manifestation non déclarée, ainsi que le transport de carburant, d’engins pyrotechniques et de produits corrosifs aux abords des établissements scolaires, où le dispositif policier sera renforcé.

  • À Avignon, la colère face au mutisme

    À Avignon, la colère face au mutisme

    C’est en fin de journée que le préfet du Vaucluse a pris plusieurs arrêtés dont un interdisant les rassemblements aux abords du lycée Philippe de Girard à Avignon où des affrontements ont eu lieu entre jeunes et forces de l’ordre. Dans une vidéo, largement partagée, du vidéaste indépendant Adrien Arbl, on aperçoit des policiers charger violemment un jeune et lui asséner un coup de pied au visage alors qu’il est au sol avant de le laisser repartir.

    Un collectif de personnels de l’établissement a tenu à s’exprimer après les événements matinaux. Ils regrettent des « messages et actes de violences » qui « nuisent profondément à la cause du mouvement, que nous soutenons ». En dénonçant également « tout débordement et violence à l’encontre des lycéens ». Ils rappellent qu’eux aussi ont alerté sur « les conditions délétères dans lesquelles nous devons faire travailler et progresser les élèves ».

    La mobilisation avait démarré devant lycée Théodore-Aubanel où les choses ont commencé à dégénérer après un feu et une explosion à quelques mètres du portail. Des face-à-face qui ont continué dans les rues adjacentes, où insultes et tirs de mortiers ont fusé en direction des forces de l’ordre, qui ont chargé les jeunes à diverses reprises. « Ils devraient nous protéger et nous laisser nous exprimer car c’est vraiment de mauvaises conditions pour travailler », regrette Clélia*, élève de première. Dans la journée, les rues situées autour de l’établissement, dans le centre-ville d’Avignon, étaient plongées dans un nuage de fumée. Face à quelques dizaines de jeunes, les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène et procédé à plusieurs charges. 49 personnes ont été interpellées en Vaucluse, selon la préfecture. Qui ajoute que trois policiers et un gendarme ont été blessés et annonce 2 160 manifestants en Vaucluse.

    Ce mouvement lycéen est également soutenu par les syndicats FO et CGT. En Vaucluse, des lycées à Orange, Carpentras, L’Isle-sur-la-Sorgue ou Bollène ont aussi été bloqués.

    RÉACTIONS

    Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon

    « Manifester est un droit. Casser n’en est pas un. Car ces dégradations ont un coût pour la collectivité : plus de 9 000 euros à l’heure actuelle et dans l’attente du bilan définitif… Nous ne laisserons rien passer et nous avons déposé plainte. »

    Raphaël Arnault, député (LFI) du Vaucluse

    « Et dans le même temps [le Premier ministre] annonce qu’ils vont faire payer aux étudiants leur inscription en BTS et en classe prépa, geler les APL, geler la prime d’activité… La crise c’est eux ! ».

  • À Martigues, les élèves veulent l’égalité des chances

    À Martigues, les élèves veulent l’égalité des chances

    Deux salles, deux ambiances aux lycées Paul-Langevin et Jean-Lurçat. Dans le secteur de l’hôpital, les élèves ont animé un blocus dans le calme en condamnant le portail de l’établissement à l’aide de grillages et de pancartes revendicatives. Dans le quartier Tourret-de-Vallier, la situation était un peu plus tendue.

    Des élèves ont mis le feu à des poubelles à proximité de l’enceinte de leur lycée. Les forces de l’ordre, qui encadraient l’action des sapeurs-pompiers venus éteindre le sinistre, ont usé de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants après avoir reçu des tirs de mortiers. Une élève a été blessée pendant les heurts. La veille, deux jeunes ont été placés en garde à vue en marge du blocus, ce qui a mis le feu aux poudres auprès de leurs camarades. L’UL CGT dénonce une « pratique de terrorisation » malgré des « mouvements pacifistes » et appelle à se mobiliser aux côtés d’une jeunesse qui n’est « pas dissociable du monde du travail ». « Notre solidarité doit être complète et notre réponse collective. »

    Thomas, 18 ans, témoigne : « Il y a de la violence de notre côté parce qu’on ne se fait pas entendre et qu’on ne se fait pas respecter. Les forces de l’ordre répondent de manière disproportionnée. » Son amie Océane ajoute : « On fait du 8h-18h, parfois avec des trous de 4h. Il y en a qui habitent loin, ils se lèvent à 6h et rentrent à 19h, sans compter les devoirs… On n’a plus de temps pour nous. Ça fait des années qu’on essaye d’alerter l’Éducation nationale. On nous écoute pas, on nous dit qu’on n’a qu’à écouter et aller en cours, donc oui, on en a marre. »

    Le groupe de lycéens veut pouvoir retourner en cours dans de bonnes conditions, ce qui n’est pas le cas actuellement, entre les « classes surchargées », le manque « d’accompagnement pour les élèves en situation de handicap » ou la mauvaise isolation thermique des bâtiments. « En STMG, on était 35 l’an dernier alors que c’est censé être des classes à effectif réduit pour permettre à des élèves en difficultés scolaires de mieux apprendre », dénonce Thomas. À côté de lui, Mathis s’agace des inégalités qui persistent alors que l’école « devrait tous nous remettre au même niveau ».

    Organiser la mobilisation

    Parcoursup leur apparaît également comme une injustice. « C’est un algorithme qui va décider de notre avenir, souffle Mathis. Ça met en concurrence des élèves de tout le pays, qui n’ont pas du tout les mêmes conditions sociales. Les élèves de Paris ou de lycées privés ont de bien meilleures chances que nous, qui sommes dans un lycée où il fait 40 degrés en été. »

    L’Union locale CGT et la section PCF étaient présentes devant les deux lycées martégaux. Laetitia Sabatier, secrétaire communiste, affirme : « Les lycéens subissent la casse des services publics par effet ricochet. Ils sont en colère et veulent revendiquer, ce qui est légitime. On soutient cette mobilisation, mais pas la forme. On a décidé d’accompagner les jeunes pour leur expliquer comment se faire entendre hors de toute violence. »

    Parti à la rencontre de la jeunesse dans la matinée pour lui dire son soutien, Gaby Charroux précise toutefois : « Des revendications légitimes doivent pouvoir s’exprimer dans le calme et ne sauraient justifier (…) les dégradations ou la mise en danger de quiconque. » À Jean-Lurçat, ce discours a trouvé écho. Aïda, Esther, Léa et Mathéo veulent « essayer de monter un comité et d’organiser une réunion avec les professeurs pour faire remonter ce qui ne va pas au proviseur puis au rectorat et avoir un bon cadre lors de nos manifestations ». « On a des appuis sérieux, entre les enseignants et la mairie, ça fait plaisir de voir qu’on est entendus. »

    RÉACTIONS

    Pierre Dharréville, adjoint (PCF) au maire de Martigues

    « Les débordements ne servent pas la cause des lycéennes et des lycéens. Et ce mouvement sera gagnant s’il continue de rassembler largement et incarne la responsabilité, celle-là même que le pouvoir exécutif n’assume pas. Mais plutôt que de chercher à détourner le débat, à réprimer et à criminaliser le mouvement, le gouvernement a le devoir d’écouter. »