Tag: Lycéens

  • Au lycée Saint-Charles, à Marseille, les élèves s’engagent pour leur avenir

    Au lycée Saint-Charles, à Marseille, les élèves s’engagent pour leur avenir

    Alors que de nombreuses mobilisations sont prévues, ce jeudi, dans différents lycées de la région, les élèves de Saint-Charles ont poursuivi, mercredi, leur action débutée la veille dans l’élan des manifestations pour le service public, en intersyndicale.

    À leur propre initiative cette fois, une trentaine de lycéens ont bloqué durant toute la matinée l’entrée à leur établissement à l’aide de grandes poubelles, ne laissant passer seulement les professeurs et les élèves en prépa. Ils soulignent l’importance d’une mobilisation qui les concerne tous. « On se bat pour nos droits, on le fait pour nous tous et pour les futurs lycéens », déclare Suzanne, une lycéenne, alors perchée sur une poubelle.

    Ils militent pour de meilleures conditions d’éducation et dénoncent une politique d’austérité pour les services publics, responsable des manques de moyens, de personnels et de matériels qui menacent, selon eux, le bon déroulement de leurs études. « On manque de moyens à cause des coupes budgétaires de Macron. En classe, on est passé de 29 élèves à 35, c’est juste pas possible pour étudier correctement », explique un élève qui a préféré rester anonyme.

    Les lycéens déplorent également la chaleur qu’ils endurent dans les salles de classe, une problématique de plus en plus alarmante avec l’augmentation affolante de la fréquence des canicules, ces dernières années. « On a hyper chaud le matin quand le soleil tape et chauffe les salles à mort, c’est invivable. On a qu’un seul ventilateur par classe, voire aucun. Ça devient tout simplement irrespirable, on ne peut pas se concentrer parce qu’on a trop chaud », se désespère Noé, un autre lycéen mobilisé.

    Ils condamnent par ailleurs la répression policière que rencontrent les actions lycéennes : « Quand on essaie de manifester comme on le fait, ils envoient les policiers. Il y a des jeunes qui se font tabasser alors qu’ils manifestent pour leurs droits », regrette Noé.

    Solidaires des agents publics

    Dans leurs revendications, ils expriment une solidarité ferme avec l’ensemble des lycées, mais aussi avec leurs professeurs et les agents des services publics avec lesquels certains lycéens ont partagé les manifestations de mardi. « On milite à Saint-Charles, mais on reste un lycée du centre de Marseille, on n’a pas toutes les galères que connaissent les établissements des quartiers nord qui sont encore moins pris en considération. On tient à manifester pour tout le monde, dont les professeurs qui sont de moins en moins bien payés et qui ne sont jamais remplacés et les agents d’entretien qui sont surexploités et très mal payés eux aussi », précise une autre lycéenne qui a préféré ne pas donner son nom.

    Les jeunes insistent sur leur légitimité à exprimer des revendications. « On aimerait se faire entendre, on n’est pas des jeunes de 16 ans qui veulent seulement sécher les cours, on est surtout des personnes révoltées. On va continuer notre lutte, même si l’on n’est pas écouté par l’État, car nous sommes les travailleurs de demain », conclut l’élève.

    Etienne Devillard Lacordaire

  • À Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics

    À Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics

    « Ce n’est pas possible que des milliards d’euros partent dans les poches d’entreprises qui font la guerre, et non pas dans celles des agents. De l’argent, il y en a. Ça suffit de payer pour les autres. » Reçue par le préfet du Var, mardi matin, en compagnie d’une délégation intersyndicale, Francisca Martinez, secrétaire départementale de la CGT finances publiques, brandit un symbole devant le cortège de manifestants, qui a achevé son parcours devant la préfecture : celui du budget de la Défense, rehaussé de 6,7 milliards d’euros en 2026, dans le cadre de l’augmentation de la loi de programmation militaire 2024-2030 (+36 milliards d’euros, pour atteindre 76,3 milliards d’ici 2030).

    « On a d’abord besoin d’un service public de qualité »

    Car, dans le premier port militaire d’Europe, ce sujet résonne plus qu’ailleurs. « Quand on voit des crédits impôts recherche distribués à de grosses entreprises, à savoir 211 milliards d’euros sans surveillance, sans contrepartie, on sait les bidouillages qu’il peut y avoir. Surtout qu’on parle de Défense, mais on est le deuxième exportateur mondial d’armes. Ça montre qu’on ne produit pas pour nous », dénonce Colette Moulun, elle aussi membre de la CGT finances publiques, qui rappelle que la Direction générale des finances publiques a perdu un quart de ses postes (plus de 30 000) en 15 ans.

    Il en va de même dans l’éducation, qui déplore, au niveau national, 4 500 postes d’enseignants supprimés. « Nous sommes 36 élèves par classe », illustre Donia, élève en terminale au lycée Dumont-d’Urville, à Toulon, présente mardi matin, comme plusieurs dizaines de lycéens varois, parmi les 1 600 manifestants mobilisés selon la police, 7 500 selon les organisations. D’autres métiers sont concernés, comme celui de « psychologue scolaire, par exemple », pointe Cédric Turco (SNUIPP – FSU), avec, en conséquence, « de moins en moins de places dans le circuit spécialisé et des élèves qui se retrouvent dans le général sans qu’on ait les moyens de les y inclure ». Une situation dont les élèves ont eux-mêmes conscience. « Il y a un manque d’accompagnants pour les élèves en situations de handicap », constate Donia.

    La situation est comparable chez les pompiers, qui ont vu 30% des centres d’incendie nationaux fermer depuis 2000. Il n’en reste plus que 6 100, dont six sur dix fonctionnent grâce aux volontaires. Mais il y a aussi « le matériel, avec des véhicules vieillissants et régulièrement en panne », rapporte David Vaubien, adjudant-chef à La Seyne, au sortir d’un été qui a mis en lumière ces manques, à l’instar de la vétusté du bâti scolaire.

    « Nos écoles sont des passoires thermiques. On travaille dans des locaux amiantés. C’est une honte pour les salariés et pour les élèves », s’indigne Cédric Turco, élu communiste à La Seyne, qui conclut sur le non-sens de cette impétueuse militarisation : « La paix ne se gagne pas par la guerre. En France, on a d’abord besoin d’avoir des services publics de qualité. »

  • Les lycéens réclament de meilleures conditions d’études et d’enseignement

    Les lycéens réclament de meilleures conditions d’études et d’enseignement

    « Ce n’est pas l’éducation qui coûte trop cher, c’est l’armée, c’est la guerre », n’ont cessé de scander les lycéens, mobilisés mardi pour protester contre la dégradation du service public. Selon la préfecture, près de 350 d’entre eux ont pris part au cortège et en ont occupé la tête afin de dénoncer le manque de moyens dans l’Éducation nationale.

    « Si on est là aujourd’hui, c’est qu’on en a ras-le-bol que des milliards soient dépensés dans l’armée alors que nos profs sont sous-payés et nos classes surchargées. On veut des conditions décentes pour étudier », s’est indignée une étudiante au pied des Réformés (1er), avant le départ de la marche. À quelques mètres, Yasmine et Juliette expriment la même colère : « On ne peut plus faire de sorties, on est trop dans les classes, les conditions sont difficiles pour nous comme pour les profs. Macron donne des sous pour la guerre alors que nous n’avons plus de moyens. Pourtant, c’est nous le futur ! »

    En mars dernier déjà, lycéens, enseignants et parents d’élèves s’étaient mobilisés pour dénoncer une baisse des moyens dans l’éducation, illustrée par la fermeture de 143 classes dans le premier et le second degré, contre 88 ouvertures, soit un solde négatif de 55 fermetures dans l’académie d’Aix-Marseille. Un choix à l’époque justifié par la baisse démographique.

    Plusieurs établissements sont par ailleurs restés portes closes mardi, bloqués par les jeunes militants en colère. Parmi eux, sept lycées marseillais : Saint-Charles (1er), Montgrand (6e), Périer (8e), Rempart (7e), Jacques-Chirac (2e), Marseilleveyre (8e) et Marie-Curie (5e). Trois autres établissements ont aussi été concernés dans le reste du département, à Martigues et Miramas. L’occasion, aussi, d’exprimer une vive opposition aux répressions policières survenues lundi en Île-de-France, où 12 jeunes, 8 enseignants et 12 policiers ont été blessés. « Ici, ça se passe bien, mais ce n’est pas le cas partout à l’échelle nationale, note Eustache, élève du lycée Montgrand. Dans le 93 et le 94, les lycéens se sont fait frapper et gazer par la police. Un jeune a perdu ses dents de devant après un tir [dans le Val-d’Oise]. La répression a été immense ». Quatre lycéens ont tout de même été interpellés à Miramas, mardi, selon la préfecture.

  • A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier et Nîmes, par milliers dans la rue pour défendre le service public

    A Montpellier, les manifestants, nombreux (7000 selon la CGT), se sont rassemblé sur la Place Albert 1er aux alentours de 14h30 ce mardi 29 septembre. Mathieu Guy, membre du bureau de l’UD 34, revient dans cette vidéo sur l’enjeu de cette mobilisation à l’appel de l’intersyndicale de la fonction publique, pour protester contre le recul du pouvoir d’achat et demander davantage de moyens.

    Un cortège dense composé des travailleurs des trois fonctions publiques (Etat, collectivités, Hôpital) mais aussi des pompiers, des lycéens ont défilé à Montpellier derrière une banderole de l’intersyndicale qui avait appelé à cette journée de grèves et de manifestations. De nombreux jeunes sont présents et le mouvement de blocage des lycées, parti de la région parisienne, essaime dans l’Hérault : ce mardi, les lycées Mermoz et Monnet de Montpellier ont été bloqués par les élèves.

    Élèves en classe de première au lycée Jean Monnet, Cali et Leoya ont rejoint le cortège de la mobilisation des agents publics. «On demande d’être écoutés et respectés, d’avoir plus de budget pour rénover le lycée, l’internat, et aussi d’avoir de l’argent pour la culture, car Jean Monet est un lycée avec options artistiques. On est inquiètes pour notre avenir».

    «Étudier est un droit, pas un privilège», scandent dans le cortège des étudiants derrière une banderole du Scum (syndicat de combat universitaire de Montpellier).

    Le pouvoir d’achat, grignoté par l’inflation et l’absence de revalorisation du point d’indice ces dernières années, est omniprésent dans les revendications du cortège montpelliérain. En grève depuis plusieurs semaines, les pompiers professionnels étaient également présents.

    À Nîmes, les manifestants se sont rassemblé au fur et à mesure devant la Maison Carrée. On y croise des agents de la fonction publique de tous les secteurs, de l’hôpital à l’école, en passant par le Département. Tous ont le même mot d’ordre : « Des salaires pour vivre, des moyens pour travailler, un service public pour tous. » Le départ initialement prévu à 14h a été repoussé et le cortège finit par s’élancer.

    Christophe Allègre (UNSA Gard) a porté la déclaration unitaire des organisations syndicales de la fonction publique. Face à la dégradation des conditions de travail et à la perte de pouvoir d’achat, les syndicats réclament « une revalorisation significative de la valeur du point d’indice » et de véritables progressions de carrière. Le représentant alerte aussi sur les moyens matériels : « Les piratages massifs et successifs montrent qu’il y a urgence à donner aux services les outils et les moyens d’assurer la sécurité de toutes les données personnelles ». Alors que les difficultés de recrutement s’aggravent et que « les risques psychosociaux se multiplient », il prévient : « C’est bien l’avenir des services publics qui est en jeu ».

    Un grand nombre de jeunes se sont joints au cortège pour cette mobilisation. Cela intervient lors d’une journée également marquée par des blocus dans plusieurs lycées Nîmois, dont Daudet et Dhuoda, et la montée de tensions avec les forces de l’ordre . Le maire de Nîmes, Vincent Bouget (PCF) a appelé « à l’apaisement et la la vigilance de toutes et tous, afin que les mobilisations lycéennes puissent se tenir dans le calme et dans le respect».

    Le message des lycéens est clair : de l’écoute, du budget pour les établissements et les personnels, et la lutte contre l’extrême-droite.

  • À Aubagne, la fin de la gratuité suscite l’incompréhension des usagers

    À Aubagne, la fin de la gratuité suscite l’incompréhension des usagers

    Il est 13h passé, vendredi, et la foule se presse au pôle d’échanges intermodal d’Aubagne. Entre les collégiens et lycéens qui quittent leurs établissements, les voyageurs de la gare en transit, et les simples passants, les queues se font et se défont à l’ombre des abribus.

    Gilles habite Auriol. Il rentre de Marseille où il est descendu faire des papiers rue Grignan. Ce retraité a le temps, alors prendre les transports en commun est évident. D’autant que c’est gratuit. « En plus pour moi c’est sur tous les Bouches-du-Rhône », sourit-il avant de rapidement cacher ses gencives : « Maintenant… Samia Ghali (la présidente DVG de la RTM, ndlr), de gauche, bravo ! »

    L’annonce la veille par Nicolas Isnard, président (LR) de la Métropole, de la fin de la gratuité des transports en commun en vigueur depuis 2010 sur le pays d’Aubagne et de l’étoile, et depuis un an sur toute la métropole pour les moins de 11 ans et les plus de 65 ans, le met en colère. « Elle, ne veut pas supprimer la gratuité mais elle veut la diminuer en fonction des revenus. Je ne suis pas d’accord. Les retraités ne sont fortunés et on sait que la limite du tarif social sera très basse. »

    « On recule »

    Le sujet est dans les têtes, entre colère et fatalisme. Le « tous pourris » s’impose dans la discussion de Sandrine et Nourdine qui tancent ces élus jugés loin des préoccupations de leur quotidien et moins enclins à « faire des économies sur leurs gueuletons ». Assis sur un banc, en pleine lecture, Sébastien utilise les transports pour aller travailler sur Marseille.

    « C’est une décision que je pourrais comprendre vu la situation financière de la Métropole mais je me demande si toutes les solutions ont été étudiées », s’interroge ce quinquagénaire pour qui seul le trajet Auriol – Aubagne est gratuit. « On n’est quand même pas sur du superflu. C’est une compétence de la Métropole, ça impacte les collégiens, les étudiants, ça risque de mettre la révolution. »

    Lena, 16 ans, habite aussi à Auriol. Elle arrive d’Aix où elle étudie. Son trajet sur sa partie non gratuite lui coûte 11 euros. « Ça fait déjà cher quand même » glisse timidement la jeune fille. Noa, 19 ans, vient lui de Saint-Maximin avec sa carte Zou à 90 euros par an pour effectuer son alternance à Aubagne. « La gratuité pour un étudiant ça compte. Mis bout à bout, les petits frais ça pique », sourit le jeune homme qui gagne moins de 1 000 euros par mois.

    Femme de ménage à la retraite, Nanou, 75 ans, habite Aubagne et entend conserver sa gratuité. « On s’est battu contre le maire sortant qui voulait nous faire payer. Il va falloir se battre encore », prévient la sexagénaire qui a connu le ticket à 1,20 euro avant 2010 et n’entend pas payer tous les jours pour se rendre au secours populaire où elle y est bénévole. « On a été les premiers à faire la gratuité et aujourd’hui on recule alors que d’autres s’y mettent je ne comprends pas. »

    ET AUSSI

    La ville d’Aubagne lance une pétition

    « La gratuité des transports est notre bouclier. Ne laissons personne le briser. Pour dire non à la décision de la Métropole et appuyer les démarches engagées par la ville, chaque signature compte ». La ville d’Aubagne a lancé dans la nuit de jeudi, sur son site internet une pétition pour la gratuité des transports. 2 000 signatures ont été recueillies dans la nuit. Vendredi soir, la barre des 5 000 était passée.

    La ferme opposition de Frédéric Szabo

    Frédéric Szabo, maire (DVD) de La Penne-sur-Huveaune, affirme dans un communiqué s’opposer fermement à la décision de la Métropole. « Dans le contexte actuel, la gratuité des transports est à la fois une mesure de pouvoir d’achat, une réponse aux difficultés quotidiennes de nos concitoyens et un engagement concret en faveur de la transition écologique et de la sécurité publique », explique-t-il après avoir rappelé la baisse significative des incivilités sur le réseau. Et d’en appeler aux maires du territoire : « Nous devons préserver ce dispositif et défendre les habitants ».

    LFI veut supprimer la Métropole

    La liste de La France insoumise aux élections sénatoriales, conduite par Michelle Blanchard-Svoboda, dénonce fermement la fin annoncée de la gratuité des transports. Les insoumis estiment qu’elle pénaliserait les ménages, sans garanties d’économies réelles, et défendent la gratuité comme un outil de justice sociale, écologique et de mobilité pour tous. « La gratuité des transports, comme les autres services publics, ne doit pas être sacrifiée au nom d’une pseudo-rentabilité », affirme la tête de liste qui entend « redonner leur pouvoir aux communes, concerter les citoyens et mettre fin à cette organisation métropolitaine responsable de nombreux maux de notre territoire ».

    Ch.C.

  • À Istres, les enseignants du lycée Rimbaud font bloc après une agression

    À Istres, les enseignants du lycée Rimbaud font bloc après une agression

    Le lycée Arthur-Rimbaud était vidé de ses élèves, ce jeudi 24 septembre. Les enseignants ont voté l’arrêt des cours et exercé leur droit de retrait suite à l’agression d’une professeure le matin même. Rachel Véran, représentante syndicale Snes-FSU, raconte : « Un étudiant avait son téléphone à la main dans le lycée à 8h du matin. C’est interdit pour les lycéens comme pour les BTS par le règlement intérieur depuis juin dernier. Un encadrant lui a fait la remarque, l’élève n’en a pas tenu compte, et ma collègue a donc insisté. Elle a reçu un coup de poing très violent, est tombée au sol, puis a été prise en charge par les pompiers avant d’être transportée aux urgences. » Elle y était encore en fin d’après-midi, dans l’attente de réponse à ses examens.

    Pour l’équipe enseignante, cet incident reflète « l’insécurité croissante » au sein de l’établissement. Cyril Belmonte professeur d’histoire géographie et représentant Snes-FSU, l’affirme : « La violence physique de ce matin est le point d’orgue d’une dégradation des relations entre certains élèves, certains parents et la communauté éducative, avec un certain nombre d’altercations agressives. En mars dernier, une collègue a été menacée de mort sur les réseaux sociaux ». Une plainte a été déposée et est en cours d’instruction.

    Un manque d’encadrants

    Devant le lycée, Adam et Romain sont adossés à un muret. Pour ces deux terminales, l’agression survenue le matin même était « un événement ponctuel ». « En tant qu’élèves, on a pas l’impression qu’il y ait une montée de l’insécurité », assurent-ils. Eux y décèlent plutôt la conséquence d’un manque d’effectif. « On est plus de 1 300, pour très peu de surveillants », confient les deux amis. Selon l’équipe pédagogique, il y aurait six assistants d’éducation (AED) en équivalent temps plein dans l’établissement.

    Rachel Véran confirme : « Notre lycée est plein comme un œuf avec 1 350 élèves alors qu’il n’est pas dimensionné pour ça et qu’on a des moyens constants : on n’a pas d’AED, ni de professeurs supplémentaires. » La représentante syndicale s’agace : « On a pourtant de bons résultats, avec 99% d’élèves qui fonctionnent correctement. Mais avec cet accroissement des effectifs et le manque flagrant de moyens humains, on se retrouve dans des situations ingérables et intolérables ».

    Réunie en assemblée tout l’après-midi, la communauté éducative demande des AED supplémentaires, la mise en place de protocoles de prévention pour être mieux armée face à ce type de situations, et un meilleur accompagnement du ministère de l’Éducation national et du rectorat pour faire appliquer les nouvelles règles, à l’instar de l’interdiction des portables.

    L’adjoint du Directeur académique et le maire (LR) d’Istres, Robin Prétot, sont venus apporter leur soutien aux enseignants. Les cours doivent reprendre ce vendredi. Une cellule psychologique va être mise en place.

  • À Cournonterral, le lycée Badinter inauguré en dépit des embûches

    À Cournonterral, le lycée Badinter inauguré en dépit des embûches

    Mille quatre cents élèves et cent trente agents. Jeudi 10 septembre, quelques jours après la rentrée des classes, le lycée de Cournonterral a été inauguré en présence de la philosophe et essayiste Elisabeth Badinter, dont l’établissement porte le nom ainsi que celui de son défunt époux. Il s’agit bien sûr du célèbre garde des Sceaux, Robert Badinter, dont l’engagement humaniste avait conduit à l’abolition de la peine de mort en 1981, puis à la dépénalisation de l’homosexualité en 1982.

    Dans l’ouest de Montpellier soumis à la pression démographique, ce nouveau lycée est un soulagement pour les familles de nombreuses communes dont les enfants étaient contraints aux longs trajets en cars jusqu’à Montpellier. Pourtant, rien ne fut facile. Faire sortir de terre le 11e lycée (le second dans l’Hérault après celui de Gignac en 2020) depuis 2016 que Carole Delga est à la tête de la Région Occitanie, a eu des airs de parcours du combattant sur le plan juridique et administratif. « Ça a été un lourd combat avec 2 ans de retard et 6 millions d’euros de surcoût en raison de normes environnementales (coût total : 52 millions d’euros) », regrette Carole Delga qui a fini par hausser le ton auprès du préfet de Région. « Je lui ai rappelé l’essentiel : que le diplôme est le meilleur moyen de lutter contre l’isolement et le chômage. »

    « Un lourd combat »

    À l’instar de tous les nouveaux lycées, celui de Cournonterral est à énergie positive, c’est-à-dire qu’il produira plus d’énergie qu’il n’en consomme grâce à un système de géothermie et de panneaux photovoltaïques. Sur une surface de 17 200 m² sur un site de 6 hectares dont 60% d’espaces verts (un millier d’arbres ont été plantés), le lycée est doté d’un plateau sportif de 4 000 m², d’un internat (50 places) et d’une maison des lycéens. L’établissement propose des formations générales, technologiques et professionnelles vers les métiers du numérique et de l’informatique. Des métiers d’avenir à l’heure de l’intelligence artificielle.

  • Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Quatre siècles de la Royale dans l’histoire de Toulon

    Le plus grand port militaire d’Europe s’apprête à souffler les 400 bougies de la Marine. Depuis la décision du cardinal Richelieu de doter la France d’une véritable puissance navale jusqu’à la construction programmée du nouveau porte-avions nucléaire de nouvelle génération Le France libre, son histoire étant indissociable de celle de Toulon.

    Quatre siècles plus tard, la Marine nationale est toujours là. Elle a changé de navires, de technologies, de missions mais continuer d’influer sur le devenir de la ville et sa prospérité. La base navale du Port du Levant restant le premier employeur du département avec plus de 20 000 personnels civils et militaires, ce qui représente un habitant sur cinq de l’agglomération toulonnaise.

    L’arsenal de Toulon marque également l’histoire sociale de la ville avec de grandes luttes menées par les ouvriers de la sorbe pour la conquête de leurs droits et contre les guerres coloniales. Notre titre a d’ailleurs longtemps été interdit de franchir la porte de cette enceinte protégée, les syndicalistes le glissant en cachette sous leur veste pour faire prospérer les idées d’émancipation.

    Les rues mêmes de la ville conservent l’empreinte des soirées endiablées des marins en goguette le temps d’une escale très alcoolisée. Du petit Chicago, comme il était appelé, avec ses néons criards et ses entraîneuses auprès de qui beaucoup venaient chercher de la compagnie et lever le coude. Et même s’il ne reste plus grand-chose de ces bars de nuit malfamés depuis la rénovation du centre-ville, un hôtel a conservé le nom de la cité américaine et la mémoire s’est perpétuée au travers des anecdotes des anciens. Tout comme le dicton populaire qui prétendait que toucher le pompon des appelés portait bonheur aux filles les plus téméraires.

    Une mémoire vive

    Tout cela est bien derrière nous. Depuis le ministère de la Défense a hélas fait place à celui des Armées et les missions des personnels ont changé, plus centrées sur la construction d’armements que sur l’entretien de la flotte.

    Cette date anniversaire mérite donc qu’on se tourne vers l’épopée de cette institution dans la ville préfecture. Une omniprésence vécue par moments comme un peu étouffante, notamment par rapport aux accès à la mer qu’elle interdit sur une longue bande littorale. Même si une partie aujourd’hui a été restituée aux Toulonnais, de la Tour Royale à la Mitre. Une fête donc qu’on ne peut ignorer ne serait-ce que pour occuper le terrain et ne pas laisser le récit accaparé par la communication de la Royale et la militarisation des esprits.

    Ouvert à tous, cet événement a vocation de mettre en lumière la Marine pour en faire découvrir les missions et les équipages, tout en rassemblant le public dans une ambiance conviviale, explique-t-on. Ce samedi après-midi sur la place de la Liberté, les visiteurs pourront pour cela participer à des ateliers pédagogiques, rencontrer les marins et découvrir des expositions de maquettes.

    Et après la cérémonie militaire à 18h, la musique sera également au rendez-vous, avec à un concert de jazz, avant qu’un DJ prenne le relais de 20h à 22h.

    « Ces célébrations rappellent une réalité essentielle : si la Marine agit chaque jour sur toutes les mers et tous les océans du globe, son efficacité et sa capacité d’action reposent sur l’engagement et le soutien de l’ensemble de la Nation », en profite pour glisser le ministère.

    L’occasion de rappeler aussi, avec la CGT, qui dressera le 18 septembre sur la place d’Armes son Village de la paix, que pendant que des militaires défilent dans les classes et que des forums sont organisés pour vanter les métiers de la défense aux lycéens, les budgets de l’école fondent. « La jeunesse mérite une école qui apprend à penser, pas à obéir », réaffirme la CGT.

  • Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Aix-Marseille : des élèves fouillés le premier jour du lycée

    Des chiens, des policiers et des gendarmes devant les grilles du nouveau bahut. C’est ce qu’ont vécu des élèves de seconde des lycées Nelson-Mandela à Marseille (12e) et Fourcade à Gardanne, mardi, le jour de leur rentrée. Au programme : fouille des sacs des élèves sélectionnés et contrôle des chauffeurs de bus. Une pratique possible depuis la circulaire de mars 2025, conjointement signée par Élisabeth Borne et Bruno Retailleau, alors respectivement ministre (Ren.) de l’Éducation nationale et ministre (LR) de l’Intérieur, qui autorise donc aux forces de l’ordre des fouilles aléatoires et inopinées des sacs et cartables aux abords ou à l’entrée des collèges et lycées.

    Des méthodes déjà dénoncées dans le passé par l’intersyndicale des enseignants du secondaire et que le Snes-FSU juge d’autant plus violentes le jour d’une rentrée. « Ce qui nous a particulièrement choqués, c’est que ça se fasse le jour de la rentrée des secondes, s’indigne Salima Ouannaï, secrétaire académique adjointe du Snes-FSU Aix-Marseille. Nous avons été contactés par les personnels des établissements en question, qui ont été particulièrement choqués, de même que les élèves. »

    L’opération a en effet fortement mécontenté plusieurs enseignants du lycée Fourcade, prévenus lundi, lors de la pré-rentrée, de la venue des officiers de gendarmerie. Ils parlaient alors, dans un communiqué de presse, d’un déploiement « inadapté » et susceptible de « créer un stress inutile pour les enfants et leurs parents », cités par La Provence. « Voilà donc le message envoyé à la jeunesse pour son premier jour au lycée : bienvenue, vous êtes d’abord considérés comme une menace. (…) Beaucoup de stress, aucun objet découvert et une rentrée transformée en opération de communication sécuritaire. Nous dénonçons fermement ces pratiques. Elles instaurent un climat de suspicion et stigmatisent les élèves », fronde de son côté le Snes-FSU.

    « Masquer un manque

    de moyens »

    Au-delà des méthodes jugées inadéquates, c’est l’utilité même de ce genre d’opération que le Snes-FSU réfute. « On envoie un mauvais message aux jeunes, en leur faisant comprendre que ce sont des fauteurs de troubles, tout en suggérant que l’école est un lieu dangereux, note Salima Ouannaï. Une vision passéiste d’abord, mais aussi totalement inefficace. » Pour elle, comme pour ses camarades du Snes-FSU, c’est de personnels dont a besoin l’Éducation nationale pour lutter contre les violences scolaires, pour que les élèves puissent être accompagnés. « On veut de la prévention et des solutions qui soient éducatives, poursuit-elle. On manque de CPE, d’AED [surveillants], de psychologues et d’assistantes sociales et, à Marseille comme ailleurs, on refuse la création de postes. Cette circulaire est juste une façon de communiquer pour masquer le manque de moyens. »

  • Dernière rentrée pour le président Macron auprès de lycéens de Lozère

    Dernière rentrée pour le président Macron auprès de lycéens de Lozère

    Le ministre de l’Éducation, Édouard Geffray, s’est rendu mardi au lycée Chaptal, à Mende (Lozère), avec le président Emmanuel Macron, qui a échangé avec des élèves sur l’interdiction du téléphone portable dans les lycées, principale nouveauté de cette rentrée scolaire.

    Des manifestants en guise de comité d’accueil

    « Bonne rentrée à toutes et tous. On vient perturber une journée qui est déjà particulière », a lancé le président aux élèves, qui ont dû déposer un à un leur téléphone sur un espace dédié et numéroté accroché au mur de la classe. À l’extérieur de l’établissement, une quarantaine de manifestants, dont plusieurs arboraient un drapeau de la FSU et de la CGT Éducation, ont attendu le président en demandant davantage de moyens et notamment la fin des classes « surchargées ».

    Parmi les autres nouveautés de cette rentrée, des questions sur les violences sexistes et sexuelles seront ajoutées au questionnaire annuel sur le harcèlement scolaire distribué en novembre aux élèves, de la grande section à la terminale.

    Après plusieurs années marquées par des réformes successives et malgré des candidats à la présidentielle multipliant les propositions sur l’éducation en cette rentrée, la reprise reste relativement calme.
    « Il n’y aura pas de réforme Geffray », a répété la semaine dernière le ministre. Il a mis l’accent sur la maîtrise du langage et du raisonnement scientifique. « On a encore beaucoup de travail à faire. Il y a un effritement du niveau notamment sur les années collège depuis maintenant très longtemps », a-t-il reconnu, lundi, alors que sont attendus la semaine prochaine les résultats de l’étude internationale Pisa, qui évalue le niveau des élèves de 15 ans en français et en sciences.

    Cyberattaque

    Dans certaines régions, les enseignants étaient surtout accaparés en cette rentrée par des perturbations engendrées par l’importante cyberattaque révélée fin juillet par le ministère. Le piratage a entraîné la suspension préventive de nombreux outils numériques, entraînant des difficultés dans les académies de Toulouse et de Nantes. Les personnels doivent encore composer avec l’absence d’accès aux messageries professionnelles, aux bases de données des élèves et des familles ou à certaines applications administratives. À Toulouse, les emplois du temps seront distribués en version papier.