Tag: Hérault

  • Beaucaire pourrait-elle changer d’ère ?

    Beaucaire pourrait-elle changer d’ère ?

    Ensuite parce qu’il a laissé la place à Nelson Chaudon, 21e sur sa liste, qui, du haut de ses 33 ans, n’a que peu d’expérience en politique. Pour les électeurs, l’heure est aussi à juger le bilan de 12 ans de gestion par le RN. Et là, les points noirs sont nombreux. Car au-delà d’une ville fracturée, le centre-ville est délaissé, les points de deal n’ont pas tous été démantelés comme promis malgré une hausse importante des effectifs de police municipale, le marché est en perte de vitesse, la voirie est en mauvais état et l’investissement sur la base nautique de 8 millions d’euros contraint aussi les finances de la Ville.

    En face, Luc Perrin, à la tête de la liste « Unis pour Beaucaire », tente d’avancer un programme solidaire pour fédérer la commune en ayant par exemple un élu délégué et un référent dans chaque quartier. Le candidat soutenu par les forces de gauche souhaite aussi rénover l’École nationale, végétaliser les cours d’école, remettre la Maison des jeunes en activité, augmenter les places en crèche et créer un « vrai comité des fêtes ».

  • La presse des milliardaires au soutien de Ménard

    La presse des milliardaires au soutien de Ménard

    La droite -en tout cas ses dirigeants- et ses médias n’ont plus aucune retenue dans leur soutien à celui qui fut élu en 2014 grâce au FN.

    Au sommet de cette montagne de louanges, se trouve Le Point, propriété de François Pinault, un des hommes les plus riches de France. « Un volcan nommé Ménard » titre l’hebdomadaire. « L’emblématique maire de Béziers, candidat à sa réélection, a remis la ville en état de marche. Saisissant » sous-titre l’hebdo, qui célèbre « la très forte attractivité » de la « plus vieille ville de France ». Redoutant le ridicule, le journaliste ajoute « avec Marseille ».

    Paris Match, propriété de Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France, en rajoute en titrant le 6 mars sur une idée que Robert Ménard utilise depuis qu’il sait que le RN va présenter un candidat contre lui, histoire de le narguer : « Qui sait, je pourrais devenir le premier édile centenaire de la ville ? » Et Paris Match illustre la photo du candidat posant avec son chien d’un : « Après tout, Béziers n’a-t-il pas délaissé ses ­haillons de bitume, son manque ­d’attractivité, son insécurité palpable au profit d’atours verdoyants, de pavés, de commerces et de bars branchés… ». Ceux qui habitent à plus de 200 mètres des allées Paul-Riquet, apprécieront. Quant à Gala, propriété de la famille du marchand d’armes Dassault, il fait dans le potin. « Ma femme ne supportait plus mes jérémiades sur le thème : “Béziers, c’était mieux avant.” À un feu rouge, sur les allées Paul-Riquet, elle a arrêté le moteur et m’a dit : “Ou tu arrêtes ou tu te présentes.” Souhaitant faire bouger les choses, il a finalement décidé de s’engager. »

    « Adroit insoumis » ?

    Il faut lire le magazine d’extrême droite Valeurs actuelles pour avoir un peu de recul. Car Ménard n’est désormais plus en odeur de sainteté dans ce média, proche des identitaires, qui a plusieurs fois mis en couverture ce maire qu’il qualifiait de « courageux » lui offrant des dizaines d’interviews, tribunes et autres préfaces de livres qu’il éditait : « Ménard, entre radicalité et compromis : jusqu’où ira le maire de Béziers ? » s’interrogeait-il à propos de ce candidat qualifié d’« Adroit insoumis ». Cela n’empêche pas d’ailleurs une idéologie commune entre eux que Ménard continuera d’instiller sur les plateaux des télés des milliardaires Bolloré et Drahi.

  • Le Printemps de Béziers pour un autre avenir

    Le Printemps de Béziers pour un autre avenir

    Béziers tournera-t-elle la page de l’ère Ménard ? Concurrencé sur sa droite par le député RN Julien Gabarron, l’édile d’extrême droite essayera de garder son fauteuil de premier magistrat pour s’offrir un troisième mandat. C’est la première fois que le parti de Marine Le Pen présente un candidat issu de ses rangs face au maire girouette, soutenu par les Républicains au niveau national.

    Mais la gauche ne l’entend pas de cette oreille. « Le Printemps de Béziers », liste d’union de la gauche et des écologistes portée par Thierry Antoine, conseiller d’opposition les Écologistes, veut mettre Robert Ménard en échec, forte de ses propositions sociales et écologistes. Dans une ville où 36% des Biterrois vivent sous le seuil de pauvreté, l’urgence de sortir de la précarité est une des priorités pour le mouvement de gauche. « Nos priorités ne seront pas de faire un colosse de Rhodes, de lancer un gigantesque chantier Béziers antique [des projets pharaoniques souhaités et subventionnés par Robert Ménard, Ndlr] ou de mettre tout dans la communication. Il y aura une réorientation des budgets municipaux vers la vie quotidienne des Biterrois, Béziers est touchée de plein fouet par la pauvreté », souligne Thierry Antoine.

    Surtout, le Printemps de Béziers veut voir sur le long terme. En ce sens, ce dernier a fait du projet Orbiana, pierre angulaire de son programme. « La bataille pour le climat est perdue à court terme. Mais nous devons nous saisir de cette opportunité afin de faire de Béziers la vitrine d’une ville adaptée au changement climatique », poursuit Thierry Antoine. Sur 150 hectares, c’est tout un quartier qui devrait sortir de terres avec des parcs, des entreprises spécialisées dans l’hydrogène, à l’adaptation de la viticulture. « Une partie sera réservée à de l’habitat pour répondre aux problèmes de logement. Beaucoup d’habitations ne sont plus adaptées : l’été, sous les toits, la température peut atteindre 50°C », fait valoir Thierry Antoine.

    Une jeunesse précarisée

    Le logement est également un levier pour faire baisser la précarité sur lequel l’autre liste de gauche emmenée par l’Insoumis David Ocard. « Le logement est la première dépense pour les foyers les plus précaires donc nous voulons une action qui défende un droit au logement digne à des prix abordables. Si cela doit passer par de la réquisition de logements vacants -une possibilité offerte par la loi- nous le ferons », soutient cet enseignant. Aussi, le candidat ambitionne de faire passer en régie publique plusieurs services comme l’eau, le transport ou encore une régie agricole qui fournirait les cantines scolaires afin de faire baisser la facture des usagers et de créer de l’emploi. « Si nous mettons des services en régie publique, il y aura plus d’argent à distribuer car ce serait la fin des dividendes versés à des actionnaires privés », note David Ocard. Ce dernier entend également expérimenter le territoire zéro chômeurs longue durée afin de favoriser l’emploi.

    Remunicipaliser est également au programme du dernier candidat en lice, Thierry Mathieu (SE), conseiller régional de la majorité de Carole Delga mais non soutenue par cette dernière ni par le PS. Ce dernier a par ailleurs déposé plainte contre l’édile pour diffamation et injure publiques. En effet, Thierry Mathieu prévoit de remunicipaliser les Halles de Béziers -privatisées par Robert Ménard- afin de faire baisser les loyers des étaliers, une mesure s’inscrivant dans une démarche plus globale de renforcer les commerces biterrois. Un autre enjeu de cette élection biterroise est à n’en pas douter -et lié à la précarité- l’avenir de la jeunesse. En effet, plus de la moitié des enfants de moins de 11 ans vivent sous le seuil de pauvreté. « Nous accompagnerons les enfants et leur permettre d’avoir accès à des activités culturelles et sportives. Concernant la réussite scolaire, un certain nombre d’associations ont vu leurs subventions baisser. Il faut arriver à les remettre en course », observe David Ocard. Un accompagnement du périscolaire que l’on retrouve également au Printemps de Béziers. « Il faut assurer le service minimum en réalisant la gratuité du soutien scolaire et du périscolaire, des fournitures scolaires, la gratuité de la cantine pour les deux premières tranches d’imposition », soutient Thierry Antoine.

    Assez pour convaincre les électeurs et chasser l’extrême droite de la cité de Riquet ?

  • L’après Commeinhes, Sète à gauche toute ?

    L’après Commeinhes, Sète à gauche toute ?

    C’est une des inconnues de ce scrutin municipal. À Sète, la page Commeinhes se tourne. Après 25 ans de règne, l’édile LR, condamné pour détournement de fonds publics, avait dû laisser son fauteuil de maire en avril dernier. Depuis, sa succession est ouverte. Son dauphin, Hervé Marquès, tentera de défendre l’héritage de l’ancien maire. À sa droite, le RN est en embuscade, emmené par Sébastien Paccul, conseiller d’opposition et ancien adjoint de François Commeinhes. Encore à droite, Pascal Pintre, ancien directeur de l’agence économique Blue Invest. L’homme n’en est pas à sa première expérience politique puisque, en 2020 pour les élections municipales, ce dernier était l’ancien directeur de campagne d’un certain… Commeinhes François.

    Priorité au logement

    Face à ces dignes héritiers de l’ancien édile condamné, la gauche a une carte à jouer. Ils seront quatre sur la ligne de départ. Hormis les candidatures de Daniel Pilaudeau (EXG) et de Josiane Amarger (Parti animaliste), la gauche s’était presque rassemblée sous les couleurs de Nouvelle Page, emmenée par Laura Seguin. Soutenue par le PCF, LFI, les Écologistes, Génération.s ou encore le Parti occitan, l’élue d’opposition entend faire du logement une de ses priorités. « C’est un constat que l’on fait depuis des années. Les plus précaires sont exclus des logements, des jeunes, des familles mais aussi des travailleurs qui doivent se loger à l’extérieur. C’est une aberration », souligne Laura Séguin. En effet, la question du logement est centrale sur l’Île singulière, très prisée ces dernières années par de nombreux touristes alors que 25% des Sétois vivent sous le seuil de pauvreté. « Nous favoriserons l’accès au logement en régulant les résidences secondaires – qui représentent 20% des logements -et surtout les meublés touristiques », insiste la candidate. En instaurant notamment des quotas par quartier. « Nous continuerons à construire des logements sociaux et nous développerons des logements intergénérationnels. »

    Des mesures que l’on retrouve également dans le programme du dernier candidat de gauche, Sébastien Denaja, qui a reçu l’investiture du PS. Régulation des meublés touristiques, limitation des résidences secondaires sont également au programme. « Nous développerons les baux réels solidaires, comme cela se fait à Montpellier et nous instaurerons une bourse d’échange entre locataires », développe le conseiller régional. Et d’insister sur la réhabilitation de logements. « Notre priorité est de nous concentrer sur la lutte contre l’habitat indigne plutôt que de construire des logements neufs. Ce qui permettra aussi de nous désendetter. »

    Des priorités pouvant séduire les Sétois et qui pourraient permettre aux deux listes de gauche d’être présentes au second tour.

  • L’extrême droite menace Agde

    L’extrême droite menace Agde

    À l’instar de Beaucaire depuis 2014 dans le Gard ou de Perpignan dans les P-O, Agde pourrait-elle devenir la première ville gérée par le RN dans l’Hérault où Robert Ménard (EXD) dirige déjà Béziers ?

    Le danger semble réel tant Agde, en perte de repères et convoitée par le parti de Marine Le Pen, semble au bord du précipice. Depuis 25 ans qu’elle est dirigée par la droite, la « Perle noire de la Méditerranée » n’a cessé de s’enfoncer dans la précarité. Si la dynamique démographique existe avec 29 939 habitants recensés en 2023 (31 431 estimés par l’Insee en 2026), son développement économique anarchique, guidé par les intérêts privés, est une catastrophe.

    Construit à l’entrée du Cap-d’Agde, le nouveau casino maintient à flot les finances de la 4e commune héraultaise. Mais les chiffres sont têtus. Avec un revenu annuel moyen faible (20 410 euros) et un taux de chômage record (17,6%), Agde est une ville pauvre. Au plan national, elle forme avec Béziers et Pézenas le triangle des Bermudes : la pire zone d’activité du pays.

    Agde est avant tout une ville de retraités (35%) : la moyenne d’âge s’élève à 49 ans (41% des habitants ont plus de 60 ans), à peine 35,8% de la population travaille. Le niveau de diplôme est particulièrement bas : seuls 21% des habitants ont un diplôme supérieur au Bac.

    Le poids de l’héritage

    Depuis que le PS de Régis Passérieux a perdu la ville en 2001, les promoteurs y ont fait leur beurre au détriment des habitants qui peinent à se loger avec des loyers élevés. La droite aux affaires a fini par se faire prendre par les radars de la Justice. En mars 2024 éclate la désormais célèbre affaire de la voyante ventriloque, Sophia Martinez. Le 31 mai 2024, Gilles d’Ettore est poussé à la démission. Le 24 juin 2024, celui qui présidait aussi l’Agglomération est mis en examen pour « prise illégale d’intérêts, détournement de fonds publics et corruption ». Il est incarcéré dans la foulée puis libéré et remis en détention provisoire le 21 janvier 2026 après avoir violé son contrôle judiciaire. Prétendant alors vouloir être à nouveau candidat en Agde où il a pourtant interdiction de paraître, il avait rencontré un témoin de l’affaire avec qui il avait interdiction de s’entretenir.

    Le mois dernier, sa mise en examen a été étendue pour corruption passive. Finalement, Gilles d’Ettore ne tentera pas d’improbable come-back politique. Mais sa chute place Agde dans l’inconnu. Son successeur, Sébastien Frey, cherche à se faire élire sur son nom. S’il a tout fait pour couper les ponts avec d’Ettore, les électeurs associeront-ils l’ancien adjoint aux affaires ? C’est ce qu’espère l’opposant Thierry Nadal (divers droite) étrangement soutenu par le PS. En 2020, le docteur avait obtenu un score honorable de 35,1%. Pour le chef d’entreprise Didier Irailles (DVD), ce sera une première.

    Même divisé avec la candidature dissidente de Fabienne Varesano (EXD), le RN espère rafler la mise. Ayant placé Agde sur sa liste des villes gagnables, le parti à la flamme a envoyé l’artillerie lourde. À savoir le député RN Aurélien Lopez-Liguori. En 2020, son homologue Jean-Louis Cousin était loin du compte (9,8%) mais le contexte a changé. Les Agathois ont aussi préféré deux fois Le Pen à Macron.

    Éviter le scénario du pire, c’est le pari difficile d’une gauche faible scrutin après scrutin. Il y a 6 ans, l’écologiste Bertrand de Pontual avait été éliminé au 1er tour (7,22%). Écœuré par les divisions, il a cette fois renoncé à se représenter. Les espoirs des progressistes reposent sur les épaules du jeune Arthur Labatut (PRG), soutenu par l’écolo Chloé Donate Estournet. Pour lutter contre la précarité, la création d’une « sécurité sociale alimentaire » fait partie de leurs propositions phares.

  • Montpellier : les mesures phares des candidats

    Montpellier : les mesures phares des candidats

    Il y a ceux qui croient dur comme fer qu’ils vont diriger Montpellier, ceux qui viennent régler des comptes, d’autres pour témoigner ou faire le pitre. Mais les 13 listes en course le 15 mars ont toutes un programme : plus ou moins crédible, audacieux, finançable. L’examen des mesures phares de chacun rappelle que si des passerelles existent, les gauches et les droites cultivent des visions différentes, parfois à l’opposé.

    Parmi les sujets consensuels, on peut citer la création d’emplois (30 000 pour Delafosse, Atrad…) ou la propreté de la ville. En déclarant son amour à Montpellier, l’ancien maire Philippe Saurel (mouvement Utiles) qui déplore une « brutalisation sans concertation » promet une « ville plus belle » en rénovant le patrimoine à l’instar de la place royale du Peyrou. De l’entretien des parcs et jardins d’Isabelle Perrein (DVD) ou de la « végétalisation » de l’Écologiste Jean-Louis Roumégas, chacun promet un « embellissement ». Y compris le maire Michaël Delafosse (PS) qui entend ralentir sur les grands travaux et se consacrer, quartier par quartier, à la rénovation des places et des trottoirs pour une « ville-parc marchable et respirable ».

    La gratuité quasi unanime

    D’autres thèmes sont plus clivants. À commencer par les mobilités. La plupart de ceux qui en 2020 prétendaient la gratuité des transports « impossible » semblent avoir changé d’avis face à la popularité de la mesure. Seuls Thierry Tsagalos (EXD) et Isabelle Perrein (DVD) y mettraient fin pour une « gratuité intelligente » circonscrite aux jeunes et retraités. Nathalie Oziol (LFI) qui dit incarner une « gauche de rupture » face à ce qu’elle nomme « l’incarnation du macronisme », veut accroître la fréquence des bus et tramways (toutes les 10 ou 5 minutes) jusqu’à 2h du matin. Comme Jean-Louis Roumégas, la députée Insoumise s’oppose aux « méga-projets routiers écocides » (COM, Lien). Michaël Delafosse, lui, promet de mener à bien les 4 lignes de bustram restantes, soutenir la LGV et concrétiser le Service express régional métropolitain (Serm).

    Pour le reste, si personne ne dit vouloir supprimer de pistes cyclables, nombreux promettent de revoir le plan de circulation en ville. Y compris Jean-Louis Roumégas qui promet de rouvrir l’avenue Albert Dubout pour une « circulation en pétales sur les 4 boulevards » embouteillés. Comme T. Tsagalos, F. Jamet (RN) irait jusqu’à rouvrir aux voitures le tunnel sous la Comédie pour « rompre avec la sclérose actuelle » et « libérer Montpellier de l’écologie punitive ». Quant à Isabelle Perrein, qui s’est fait connaître en répertoriant les nids-de-poule et veut redonner toute sa place à la voiture, la notaire imagine un tunnel sous le rond-point du grand M. Osé mais moins que le dôme végétalisé imaginé par l’IA pour Rémi Gaillard avenue de Toulouse.

    Côté urbanisme, le maire sortant, qui prévoit 10 000 logements à prix abordables dont 4 000 en bail réel solidaire, promet de préserver les deux tiers des terres agricoles grâce au Plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi). Insuffisant pour Jean-Louis Roumégas qui prône le « zéro artificialisation nette » pour « arrêter l’étalement urbain sur les espaces naturels et terres agricoles ». Même logique chez Nathalie Oziol qui dit stop au « bétonnage ». À l’extrême gauche, Max Müller entend réquisitionner 13 000 logements vides pour loger les sans-abri. À droite, Mohed Altrad veut doubler le parc de logements sociaux et accession à la propriété dès 15 ans en HLM vu en « tremplin et non comme un enfermement ». Isabelle Perrein veut « rénover plutôt que construire ».

    Sur la sécurité, la droite et son extrême font comme toujours dans la surenchère. France Jamet rêve de doubler les effectifs de police municipale et les caméras, Thierry Tsagalos les tripler. Mohed Altrad veut instaurer un « couvre-feu » pour les mineurs non accompagnés de moins de 16 ans après 22h. Du Robert Ménard dans le texte. Même chose pour Isabelle Perrein qui ajoute « l’expulsion des logements sociaux pour fauteurs de troubles ». À noter que Philippe Saurel qui veut 100 à 200 policiers de plus, abandonnera le projet d’hôtel des sécurités jugé trop éloigné à Celleneuve. À gauche, Michaël Delafosse musclera les effectifs de police municipale (+100 agents) et les caméras (1 000 au total). Seul Max Müller veut « désarmer la police municipale, dissoudre les polices des transports et du logement ».

    Déchets : quelle option ?

    Sur le social, la gauche est de loin la mieux armée. Le maire promet de créer un « office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement ». Nathalie Oziol une « régie publique de l’énergie avec tarification sociale » et une « cantine bio à bas prix ». Avec Jean-Louis Roumégas, elle serait même « gratuite » (Altrad aussi) avec des « épiceries municipales à prix coûtant dans les quartiers populaires ». À droite, Isabelle Perrein imagine des maisons de santé et un handipass.

    Enfin, face au « fiasco historique » qui voit Montpellier exporter ses déchets, Michaël Delafosse propose un nouvel outil : une chaudière pour combustibles solides de récupération (CSR) à la place de l’usine Ametyst. Une technologie moderne mais méconnue dont quasiment tous ses adversaires dénoncent les dangers potentiels. « La santé des Montpelliérains n’est pas négociable », assène Mohed Altrad sans ne rien proposer d’autre. Isabelle Perrein préférerait un incinérateur, Thierry Tsagalos une nouvelle usine de traitement à bilan carbone neutre. À gauche, Jean-Louis Roumégas veut muscler le tri à la source et le compostage. Pareil pour Nathalie Oziol qui renvoie à une grande consultation. Un des sujets pour le fameux RIC que l’Insoumise, Jean-Louis Roumégas ou Max Müller promettent aux électeurs.

    « Nous créerons un office du pouvoir d’achat et une agence municipale du logement »

  • Marie-Pierre Pons, une femme en tête de liste

    Marie-Pierre Pons, une femme en tête de liste

    À la question de savoir si la loi devrait imposer la parité des maires en France, Marie-Pierre Pons, maire sortante de Cessenon-sur-Orb, concède : « Intellectuellement, on ne devrait pas en avoir besoin, mais c’est évident que la loi sur la parité des listes a donné un coup d’accélérateur et nous avons gagné beaucoup de temps. »

    La maire sortante considère pourtant que rien ne l’empêchait « a priori » d’accéder à la tête de sa commune, si ce n’est ses propres « barrières mentales » : « J’ai mis du temps avant de me sentir légitime, ce qui, je pense, est profondément féminin malheureusement. J’ai toujours peur de ne pas me sentir à la hauteur. »

    Les femmes doivent « faire leurs preuves »

    Marie-Pierre Pons est également conseillère départementale du canton de Saint-Pons-de-Thomières. « Il y a 16 femmes maires dans le canton et nous parlons beaucoup ensemble, raconte-t-elle. Elles disent toutes qu’être une femme maire peut parfois être difficile, parce que la place ne nous est pas laissée facilement : il faut s’imposer. Nous devons constamment prouver que nous sommes compétentes, alors que certains hommes sont considérés comme compétents a priori. D’ailleurs, les autres femmes maires que je connais sont toutes des bosseuses, parce que pour nous, il faut aller chercher cette légitimité. » L’édile se rappelle avec humour s’être retrouvée dans des situations où des personnes s’adressaient plus volontiers à son adjoint qu’à elle, parce qu’il était un homme.

    Elle conclut : « Je ne peux qu’encourager les femmes à se lancer dans cette belle aventure, parce que c’est très enrichissant. Cependant, cela représente quand même une charge mentale importante, qui peut être dure à concilier avec la vie privée : dans mon canton, la plupart des maires ont une cinquantaine d’années ou sont retraitées. »

  • Les étudiants mobilisés contre la hausse des loyers

    Les étudiants mobilisés contre la hausse des loyers

    Aujourd’hui, le premier poste de dépense pour les étudiants est leur logement », soupire Enola Kraemer. Alors pour la représentante du Scum, syndicat étudiant à Montpellier, la dernière hausse des loyers Crous ne passe pas.

    « C’est la quatrième fois en trois ans que le Crous augmente les loyers de son parc. Là, c’est une hausse de 1,4%, ce qui représente environ 30 euros par mois. Alors que la précarité étudiante ne cesse d’augmenter », poursuit la vice-présidente étudiante de l’université Paul-Valéry. Soit environ 350 euros à l’année. Pour faire entendre leur colère, les syndicats étudiants* se sont donc rassemblés devant les grilles du rectorat le 11 mars, lors du conseil d’administration du Crous Occitanie qui a entériné cette augmentation des loyers. Les étudiants, qui ne représentent que sept sièges dans un conseil de 23 membres, n’ont pas pu faire capoter le vote.

    Si la précarité augmente en France ces dernières années, force est de constater que les étudiants sont touchés de plein fouet. « Lors de nos distributions alimentaires, on voit des centaines d’étudiants faire la queue pendant plus d’une heure pour des paquets de pâtes, du pain et des conserves. Et on doit refuser du monde car nous n’avons pas la capacité de donner à tout le monde, ce qui est scandaleux dans une puissance économique comme la nôtre », constate amèrement Fabien Bon, membre du Scum.

    Des loyers impayés

    Les étudiants étrangers extra-européens sont encore moins bien lotis. Dans un contexte de xénophobie latente portée par la droite et l’extrême droite, ces derniers sont encore plus précarisés. « On leur a supprimé les APL [Aides personnalisées au logement, Ndlr]. Or, ils sont déjà surreprésentés dans la précarité étudiante. Ils sont donc obligés de travailler pour financer leurs études », poursuit Enola Kraemer. Mais même avec un travail – près de la moitié des étudiants exercent une activité salariée parallèlement à leurs études – certains n’arrivent pas à joindre les deux bouts. « Des gens se retrouvent avec 100 euros de reste à vivre pour le mois entier. Dans les logements du Crous de Montpellier, il y a une augmentation de près de 50% des loyers impayés, ce qui représente 130 000 euros. Cette nouvelle hausse est totalement scandaleuse », fait valoir Floriane Dahan-Torralbo, membre du Poing levé, autre syndicat étudiant. Dénonçant une « logique de tri social » opéré par le Crous, les syndicats demandent le gel des loyers et l’annulation des impayés, avant de mettre en place une baisse progressive qui irait « jusqu’à 150 euros par mois pour 9 ».

    *Scum, Le Poing levé, RUSF.

  • Des propositions pour faire face au manque de logement social en Occitanie

    Des propositions pour faire face au manque de logement social en Occitanie

    À l’aune des élections municipales, rares sont les candidats faisant du logement social une priorité de leurs programmes. Pourtant, force est de constater que la crise perdure. C’est en tout cas le constat posé par la Fondation pour le logement d’Occitanie, qui vient de publier son éclairage annuel. Réalisé avec le master Urbanisme et aménagement de l’Université Paul-Valéry, celui-ci dresse un sombre tableau. « La situation du logement social est dramatique. En Occitanie, 217 915 demandes ont été enregistrées en 2025, un chiffre en hausse de 6% », soupire Sylvie Chamvoux, directrice de la Fondation pour le logement d’Occitanie. Le Gard et l’Hérault ne sont pas épargnés. Alors que 65 469 Héraultais en ont fait la demande en 2025, seuls 6 212 logements ont été attribués. Côté gardois, on dénombre 25 282 demandes pour 3 769 attributions.

    Pire, il semblerait que ces attributions soient déconnectées des réels besoins des demandeurs. « Sur les 6 212 attributions héraultaises, plus de 4 000 personnes vivent avec des ressources sous le plafond du PLAI [logement très social, Ndlr]. Or, le nombre de logements PLAI attribués est de 550. Ces ménages sont donc relogés dans des logements plus chers, moins accessibles, ce qui les met en difficulté », poursuit Sylvie Chamvoux. Une situation due en grande partie au non-respect de la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain) par les édiles qui imposent un quota de logements sociaux. « Nous avons essayé de comprendre pourquoi ces élus ne respectaient pas la loi. Certains ne veulent pas, d’autres mettent en avant le respect de la loi ZAN [Zéro artificialisation nette, Ndlr]. Mais cet argument n’est pas entendable », observe la directrice régionale.

    Des mécanismes existent

    La Fondation -épaulée par les étudiants- a donc engagé une réflexion avec trois communes héraultaises (Saint-André-de-Sangonis, Poussan et Castries) afin de montrer qu’il est possible de produire du logement social tout en restant sobre foncièrement. « Dans l’Hérault, il y a beaucoup de patrimoine à l’abandon, comme les caves coopératives. Leur réhabilitation permettrait de produire du logement social, tout comme celle des centres anciens. On pourrait également réquisitionner les logements vacants ou encore construire dans les dents creuses », énumère Sylvie Chamvoux. Des mécanismes possibles, donc, mais qui nécessitent une forte volonté politique de la part d’édiles.

    Sauf que le gouvernement ne semble pas l’entendre de cette oreille. En effet, un décret publié fin janvier revoit à la baisse le taux obligatoire de logements sociaux dans la loi SRU pour la période 2026-2028. Ainsi, pour 87 agglomérations et 144 intercommunalités, le quota de logements sociaux sera de 20%. Un détricotage qui offre la possibilité à nombre de communes de rentrer dans les clous de la loi SRU, tout en produisant moins de logements sociaux, à l’instar de Toulouse (22,59% du parc social).

    Pourtant, les bénéfices sont réels. Au-delà de faire preuve de solidarité avec les plus démunis -mais ce qui n’est pas porteur électoralement parlant pour une majorité de maires- la Fondation met en avant une « relation gagnant-gagnant ». « En réhabilitant avec du logement social et libre, on réinstalle des gens qui vivent bien, on remet de la mixité sociale. »

    L’Hérault, mauvais élève de la loi SRU

    Si le nombre de communes respectant la loi SRU pour la période 2023-2025 ne sera connu qu’à la fin de l’année, l’Hérault faisait office de mauvais élève parmi les premiers chiffres récupérés par la Fondation. Ainsi, sur les 47 communes concernées par la loi SRU dans l’Hérault, seule Montpellier arrivait à 25% en janvier 2024. Pire, d’autres régressent comme Saint-Georges-d’Orques, qui passe de 12,5% en 2023 à 10,7% en 2024.

  • Les propositions de la gauche pour conquérir la mairie de Castelnau-le-Lez

    Les propositions de la gauche pour conquérir la mairie de Castelnau-le-Lez

    Dirigée par la droite depuis 43 ans, Castelnau-le-Lez peut-elle enfin rebasculer à gauche ? Face aux trois listes de droite (celles du maire sortant Frédéric Lafforgue, de son ex-adjoint Julien Miro et de Jean-François Vendrell), deux répondent par l’affirmative : « Ici et ensemble » de l’écologiste Richard Corvaisier et « Réinventer Castelnau-le-Lez » de la socialiste Najate Haie.

    Celle-ci a refusé l’union jusqu’au bout avec R. Corvaisier qui a fait le choix, en plus du PCF ou de Génération.s, de s’allier avec les Insoumis. Rédhibitoire pour N. Haie. « Dommage » car leurs idées semblent souvent compatibles. Dans la 5e ville de l’Hérault qui connaît une fulgurance démographique (26 058 habitants en 2023 et 28 678 estimés à ce jour par l’Insee), la gauche veut stopper l’urbanisation galopante et incontrôlée.

    R. Corvaisier fait deux promesses. La première : préserver les acteurs de la filière agricole et leurs terres. Conséquence : avec lui, la clinique du Parc n’ira pas à Sablassou. « On propose une étude d’aménagement autour du lycée Pompidou qui a un arrêt de tramway et la route métropolitaine à côté ». Second engagement : réclamer à la Métropole la modification du Plan local d’urbanisme intercommunal (Plui) pour rehausser les exigences de logements sociaux. Pour atténuer la flambée des loyers dans une commune où le revenu moyen plafonne à 25 160 annuels, l’écologiste promet aussi la transformation d’actuels logements en habitats sociaux et l’encadrement des loyers.

    La clinique à Pompidou

    Soutenue outre le PS par Place publique, Génération Écologie, GRS ou le Parti animaliste, N. Haie se satisfait du Plui qui « sauvegarde les deux tiers des terres agricoles ». Elle milite aussi pour la clinique à Pompidou et déplore un manque de stratégie. « Tout est vendu aux promoteurs, il y a des malfaçons, le quartier Eurêka n’a pas d’école et peu de services ». Plutôt que l’étalement urbain, la socialiste souhaite « reconstruire la ville en hauteur ». Dans une ville qui ne respecte pas encore la loi SRU (20% d’habitat social au lieu de 25%), elle veut aussi développer le Bail réel solidaire pour permettre aux jeunes de devenir propriétaires.

    Entrée Est de Montpellier, Castelnau est embouteillée en dépit du tramway. Pour desservir les nouveaux quartiers excentrés, N. Haie propose une « navette électrique ». Elle veut revoir le plan des mobilités avec la Métropole. Notamment passer en sens unique l’avenue centrale J. Jaurès ou sécuriser le passage à niveau n°39. Même logique chez R. Corvaisier (avenues Jaurès et du jeu de mail en sens unique) qui veut « détourner le flux de transit » vers la route métropolitaine 65. Il prévoit des navettes scolaires et des parkings de covoiturage pour « des alternatives à l’autosolisme ».

    Pour créer de l’emploi pour lutter contre le chômage (7,9%), R. Corvaisier veut instaurer une « régie agricole » ainsi qu’une « cuisine communale » en plus de recrutements pour le soutien scolaire ou la tranquillité publique (médiateurs). N. Haie promet « la fermeture des commerces louches » et le doublement des dotations scolaires par élève.