Tag: Hérault

  • À Sète, Nouvelle Page à l’assaut de la mairie

    À Sète, Nouvelle Page à l’assaut de la mairie

    Après 25 ans de règne sans partage, la droite perdra-t-elle son siège de premier magistrat à Sète ? C’est en tout cas ce qu’espère le mouvement citoyen Nouvelle Page. Ce collectif, qui planche depuis plusieurs mois sur un programme en vue des élections de mars prochain, a désigné sa tête de liste le 11 octobre en la personne de Laura Seguin. La conseillère municipale d’opposition a ainsi été élue au terme d’une votation citoyenne -par 492 votants- aux côtés de huit autres candidats, dont Véronique Calueba, qui portait la liste d’union en 2020.

    Officiellement présentée le 17 octobre en présence de partis la soutenant (PCF, LFI et Les Écologistes), Laura Séguin espère tourner la page Commeinhes, ancien édile LR démissionnaire car condamné pour détournement de fonds publics. « Il faut mettre un terme à un système à bout de souffle, qui gère non pas le bien commun mais des intérêts particuliers », fait valoir Laura Séguin. Pour ce faire, la candidate mise sur la transparence et le renouvellement d’une démocratie mise à mal. « Il faut rendre le pouvoir aux citoyens en arrêtant cette confiscation du débat. Cela se joue à deux échelles : les quartiers, en créant des Assemblées avec des budgets participatifs pour que les riverains décident eux-mêmes des projets, mais également au niveau de la Ville, où les grands projets d’aménagements, de mobilité, seront soumis à une concertation avant toute prise de décision », souligne-t-elle.

    Miser sur la solidarité

    La démocratie participative sera donc un axe fort de Nouvelle Page, tout comme le logement, l’Île Singulière étant victime du surtourisme. « Nous voulons faire du droit au logement le pilier de notre campagne. Le tourisme, c’est bien mais jusqu’à un certain point. S’il affecte la population pour se loger à l’année, il faut une régulation plus stricte. Nous nous baserons sur la loi Le Meur afin d’instaurer des quotas par quartier », poursuit Laura Seguin. Une attention particulière sera portée aux plus précaires, dans un contexte où « les inégalités se creusent, 25% de la population vit sous le seuil de pauvreté, taux beaucoup plus important dans certains quartiers, notamment l’Île de Thau ». Et ainsi développer du logement social. Si la Ville de Sète est un peu en dessous du seuil de 25% de logements sociaux fixé par la loi SRU (21%), « cette production ne répond pas aux besoins des populations. Il faut également du logement très social et plus grand, des T4 pour loger des familles », soutient Laura Seguin, qui compte se baser sur la réhabilitation de logements vacants et la valorisation de l’existant.

    Plus de transparence, de logements et également de solidarité. « On veut mettre l’accent sur la jeunesse, les aînés. Il y a beaucoup de centres sociaux pour adolescents à redynamiser. Pour les aînés, nous avons plus de retraités donc nous soutiendrons le service à la personne afin de créer des emplois durables dans le soin. » Un programme toujours en construction, tout comme la liste. Les prochaines votations pour désigner les colistiers sont prévues les 8 et 24 novembre. Seule ombre au tableau, toute la gauche n’est pas rassemblée derrière Nouvelle Page. En effet, le socialiste Sébastien Denaja s’est également porté candidat. L’union impossible ? « Nous nous inscrivons dans une démarche de rassemblement avec une méthode de travail collective avec différentes composantes de gauche. Nous avons pris acte de la candidature de Sébastien Denaja. »

  • La scène méditerranéenneà l’honneur d’une biennale

    La scène méditerranéenneà l’honneur d’une biennale

    Mettre les arts méditerranéens à l’honneur. Tel est le credo de la Biennale des arts de la scène en Méditerranée, qui s’ouvre dès le 6 novembre dans une pluralité de lieux héraultais : Montpellier, Sète, Juvignac, Villeneuve-lès-Maguelone. Théâtre, danse, musique, lecture, une diversité d’arts est représentée. Tout comme un subtil équilibre géographique : la plupart des pays du bassin méditerranéen seront présents pendant ces trois semaines de manifestations culturelles.

    Un travail de longue haleine opéré par les 14 structures organisatrices de l’événement comme le théâtre des 13 Vents de Montpellier, le théâtre Molière à Sète ou encore la scène conventionnée d’intérêt national juvignacoise L’atelline. « Chaque structure a des missions particulières, des disciplines auxquelles elle s’attache, donc la programmation dans son aspect pluridisciplinaire reflète aussi la diversité des partenaires », souligne Olivier Saccomano, codirecteur du théâtre des 13 Vents.

    Dialoguer entre artistes

    Ainsi, en fonction des disciplines et des pays, des artistes sont sélectionnés et ont carte blanche pour présenter leurs projets. « Le travail artistique nous intéresse et après les artistes sont parfaitement libres -heureusement- de travailler sur le sujet qui leur importe. Parfois, c’est assez proche de l’actualité, parfois c’est beaucoup plus lointain. La Méditerranée n’est pas une thématique de travail. C’est une situation géographique, politique, historique dans laquelle des artistes travaillent », reprend Olivier Saccomano. Et le codirecteur d’insister sur le dialogue offert entre les artistes, qui pourront partager leurs expériences. Le public n’en est pas oublié pour autant puisque plusieurs rencontres avec les artistes sont organisées tout au long de la Biennale.

    Certains axeront ce dialogue sur la question des migrations – tragiquement importante en Méditerranée – notamment la compagnie italienne Kepler-452, venue présenter « A place of safety, voyage en Méditerranée centrale » (13/11 à 19h et 14/11 à 21h au théâtre des 13 Vents). Une pièce documentaire s’inspirant de l’expérience des metteurs en scène Enrico Baraldi et Nicola Borghesi, qui ont suivi des humanitaires à bord du Sea-watch 5 et ont pu recueillir des témoignages de migrants ou de sauveteurs en mer. Dans cette période de troubles internationaux, le Proche-Orient n’est jamais bien loin. C’est le cas dans la pièce « Dans l’ombre du martyr », écrite par le fondateur du théâtre palestinien François Abu Salem juste avant son suicide, qui sera jouée pour la première fois en France (15/11, à 21h au théâtre des 13 Vents). Retraçant le témoignage du frère d’un martyr de la seconde intifada, la pièce « est rejouée par l’acteur orignal, Waseem Khair, en respectant la mise en scène d’origine, les costumes, c’est une espèce d’archive vivante », détaille Olivier Saccomano.

    D’autres font le choix de délaisser l’actualité internationale, comme Nicolas Heredia qui présentera « On fera mieux la prochaine fois » (12/11 à 21h, 13/11 et 14/11 à 19h à la Bulle bleue), pièce dans laquelle les comédiens de la Compagnie de la Bulle bleue réinterprètent des interviews d’acteurs de cinéma. En somme, une programmation éclectique qui reflète la diversité de la culture méditerranéenne.

    * Programme complet à retrouver sur : www.13vents.fr/basm-2025/le-programme25.

  • L’autorisation délivrée, le projet du COM bientôt lancé ?

    L’autorisation délivrée, le projet du COM bientôt lancé ?

    Serpent de mer héraultais, le Contournement ouest de Montpellier (COM) finira-t-il par voir le jour ? Une nouvelle étape vient d’être franchie pour ce projet routier censé relier l’A709 à l’A750 dans le but de diminuer le trafic routier et la pollution à Montpellier.

    Le préfet de l’Hérault François-Xavier Lauch a délivré l’autorisation environnementale le 30 octobre, actant dans les prochains mois les opérations de déviation d’ouvrage et de réseaux, suivies de fouilles archéologiques avant un début du chantier espéré en 2027. Une décision motivée par l’avis favorable de l’enquête publique, rendu en septembre. « Chacun a fait le constat qu’entre le projet prévu à la déclaration d’utilité publique (DUP) et celui qu’a présenté Vinci aujourd’hui, il y a un certain nombre d’aménagements qui vont dans le bon sens – notamment le viaduc sur la Mosson, ouvrage qui n’existe pas tel quel dans la DUP et qui, écologiquement, est très important puisqu’il permet [au COM] d’éviter un certain nombre de zones humides – y compris pour les opposants au projet », souligne François-Xavier Lauch.

    Pourtant, chez les opposants justement, le compte n’y est pas. Ces derniers contestent notamment l’impact climatique des études réalisées lors de l’enquête.

    Trois recours déposés

    « Les auteurs considèrent les kilomètres de route en plus prévus pour le COM mais ne clarifient pas le type de route utilisé, or entre une autoroute et une route, le trafic n’est pas le même. De plus, leur travail de modélisation se base sur les objectifs de report modal fixés par la Métropole de Montpellier. Mais le COM va impacter ces objectifs », observent les Shifters du Languedoc. Et de craindre une augmentation du nombre de véhicules, qui « va conduire à une hausse des émissions de CO2 de 2 à 8% », au risque de compromettre les objectifs fixés par les accords de Paris.

    Également en ligne de mire, « les nuisances du projet ne sont pas prises en compte, la ligne 2 de tramway sera bloquée pour deux ans, les travaux vont durer quatre ans », fait valoir Céline Scornavacca, porte-parole du collectif AutreCOM. Ce dernier milite pour une alternative à 70km/h, permettant une emprise au sol moindre et donc un impact environnemental plus faible. L’alternative avait été prise en compte lors de l’enquête mais jugée non sérieuse, selon AutreCOM. « Selon le commissaire, il faut plus de foncier pour un projet à 70km/h qu’à 90. Mais c’est faux, plus on va vite, plus les rayons de courbure doivent être larges et demandent de foncier. Et ça ne coûte pas le même prix », soupire Céline Scornavacca.

    Des arguments balayés par François-Xavier Lauch, ne croyant pas « à l’explosion du trafic sur le COM à son ouverture. On a d’autres exemples en France, comme le contournement ouest de Strasbourg [GCO, Ndlr] où les premières données démontrent que le trafic induit qui avait été annoncé par les opposants n’est pas là. » Un exemple néanmoins contredit par une tribune publiée par le collectif GCO non merci. Pour autant, le préfet se veut rassurant. « Je présiderai la première réunion d’un comité de suivi des mesures compensatoires. L’État fera en sorte évidemment que ces compensations soient mises en œuvre. Il est hors de question de faire n’importe quoi au plan écologique », soutient François-Xavier Lauch.

    De quoi calmer les plus réfractaires ? Pas vraiment, à en juger par les actions en justice. « Nous attendons toujours la réponse de l’appel contre la DUP. Dès que le préfet donnera l’autorisation, nous déposerons un nouveau recours. Nous contestons aussi l’étude à 70km/h qui a été bâclée », précise Céline Scornavacca. « Je donne rendez-vous aux opposants au moment où le COM ouvrira pour démontrer que le trafic induit n’est certainement pas celui qu’ils indiquent », rétorque François-Xavier Lauch. Le COM n’a pas fini de faire parler de lui.

  • Un bilan riche pour la tournée citoyenne de la Région Occitanie

    Un bilan riche pour la tournée citoyenne de la Région Occitanie

    Pas moins de 330 déplacements sur le terrain pour 30 000 personnes rencontrées, 5 076 questionnaires remplis et 1 500 propositions de citoyens. La tournée de la Région Occitanie, qui s’est déroulée d’avril à août 2025, fut quelque peu intense pour les élus de la majorité, regroupée derrière la présidente PS Carole Delga. « Nous traversons un épisode de crise politique qui abîme le lien entre citoyens et politiques. L’étude “Fractures françaises[qui montre que 90% des Français se disent mécontents de la situation du pays, Ndlr] confirme cette défiance entre les élus et le peuple. Notre souhait était d’avoir une relation réinventée avec les citoyens, c’est le fil rouge de nos mandats », souligne Carole Delga.

    Pouvoir d’achat en tête

    Ainsi, au fil des rencontres avec la population, les élus ont pu prendre le pouls de leurs attentes mais aussi recueillir leur avis sur les politiques publiques menées depuis plus de 3 ans, date de l’élection de Carole Delga à la tête de l’Occitanie pour un second mandat. « Nous sommes allés sur le terrain hors contexte électoral, ce qui est d’autant plus intéressant car le dialogue est beaucoup plus franc. Nous n’avons pas toujours bien été accueillis mais assez vite, on voit que ce dialogue apaise la relation des citoyens avec la démocratie, on en a particulièrement besoin », soutient Benjamin Assié, président du groupe Occitanie Écologie.

    À l’analyse des questionnaires, il semblerait que plusieurs préoccupations soient primordiales pour les Occitans. « La question du pouvoir d’achat revient spontanément, toutes les mesures qui viennent en aide aux familles comme celle visant à faire la rentrée scolaire la moins chère de France. Les soins, ensuite, avec les recrutements de médecins dans les déserts médicaux. Enfin, la question des déplacements car nous sommes la région la plus enclavée de France, les citoyens nous demandent de rouvrir des lignes de train hors métropole », énumère Carole Delga. Autant de requêtes résonnant avec les dispositifs mis en place par la Région.

    Ensuite, vient le « mieux vivre ensemble » avec l’égalité femmes-hommes et la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. Une manière de montrer que les Occitans sont en réalité bien éloignés de la frénésie autour de l’immigration chère à l’extrême droite. « On veut présenter la France comme excédée par les immigrés mais ce n’est pas vrai. Certains populistes présentent l’immigration comme facteur d’insécurité mais ce n’est pas vécu comme tel par les Français », observe Carole Delga. La transition écologique quant à elle arrive en troisième position dans les propositions faites par les Occitans. « Il y a un éco-bashing de l’extrême droite, par certains médias. Mais en réalité, les habitants voient d’un bon œil le développement de cette filière », poursuit Benjamin Assié.

    Néanmoins, la collectivité socialiste a essuyé quelques critiques. « Nous étions parfois interpellés sur le fait d’avoir une meilleure connaissance de l’offre des transports. Nous allons faire des efforts pour avoir une meilleure lisibilité. Tout comme l’installation de médecins où dans certains départements, il n’y en a pas encore assez », reconnaît la présidente. Concernant le projet quelque peu décrié de l’A69, « elle est citée dans le Tarn mais les gens ne nous en parlent pas en dehors du département. C’est un phénomène monté en épingle », précise Carole Delga. Forte de ces échanges, la Région prévoit un acte 2 de cette tournée après les élections municipales, en mars 2026. La collectivité compte également lancer un Comité régional du dialogue citoyen, afin de pérenniser cette relation.

  • Montpellier : Huit familles à la rue campent devant la mairie

    Montpellier : Huit familles à la rue campent devant la mairie

    Huit familles, 35 personnes dont 15 enfants de 4 à 17 ans. C’est le pénible bilan de l’association Solidarité partagée. Ce lundi 27 octobre, la police a procédé à l’évacuation d’un squat situé rue de la Croix Lavit. Sans possibilité de relogement, les familles expulsées se sont réunies sur le parvis de l’Hôtel de ville de Montpellier. « Depuis plusieurs années, notre association n’a pas trouvé d’autre solution que de réquisitionner des locaux abandonnés pour loger ces familles », explique Samuel Forest, le président. « La justice nous avait accordé un délai qui est arrivé à son terme mais on ne nous propose rien. On s’est installés devant la mairie pour obtenir de l’aide et du soutien. »

    Mardi 28 au soir, après des négociations avec Michel Calvo, adjoint en charge des affaires sociales, Samuel Forest ressort les mains vides. La Ville rejette la responsabilité sur l’État. Tentes, couvertures, repas chauds, l’heure est à l’organisation pour la nuit alors que les conditions météorologiques se dégradent. « La pluie arrive. La mairie a accepté d’ouvrir ses grilles pour qu’on puisse se réfugier sous le préau, au sec. » Une promesse qui ne sera finalement pas tenue : le portail restera fermé toute la nuit.

    Une enfant de 4 ans et demi sans-abri

    Pour Armen et sa femme Marina, citoyens russes originaires d’Arménie, la nouvelle fait l’effet d’un coup de massue. « On subit la situation. C’est très compliqué. Nous sommes en France depuis 6 ans et à Montpellier depuis 4 mois », raconte le père de famille. Autour de lui, sa fille de 16 ans, son fils de 17 ans et sa benjamine de 4 ans et demi se réchauffent comme ils peuvent. « Je veux travailler mais sans papiers, les démarches sont impossibles. Mes enfants ne peuvent pas partir en voyage scolaire ou s’inscrire à l’auto-école. On dort dans notre voiture en espérant que la situation s’améliore. »

    Contacté, le 115, numéro d’urgence sociale, n’est pas en capacité de les accueillir. Dans l’assemblée, le sentiment de ras-le-bol est palpable. « On ne veut pas de solution provisoire  », alerte une mère de famille.

    Mercredi 29, après une journée pluvieuse, Michel Calvo a évoqué la solution d’un hébergement temporaire pour « une ou deux familles » dans un local actuellement utilisé par une association d’aide aux sans-abri. Inquiètes de devoir retourner dormir dehors dans quelques jours quand les enfants reprendront l’école, elles ont décliné. « Elles ne veulent pas non plus choisir qui, parmi elles, sera sortie de la rue », souligne Une école, un avenir. L’élu a indiqué « prendre acte que la préfecture ne tient pas son obligation de vous trouver une solution ». Avant d’ajouter : « De notre côté, nous n’avons pas les moyens de vous loger collectivement. » Un rassemblement est prévu samedi 1er novembre à 11h devant la préfecture.

  • Adages 34 : le personnel de nuit en grève pour sa dignité

    Adages 34 : le personnel de nuit en grève pour sa dignité

    Ils ne dorment pas pour que d’autres puissent dormir. Et pourtant, leur travail reste dans l’ombre. Depuis le 24 octobre, les quatre salariés du service de nuit du pôle social Regain, à Montpellier, sont en grève. Un mouvement soutenu par la CGT Adages 34, qui dénonce la non-reconnaissance financière et symbolique d’un métier essentiel, au sein de l’un des plus gros employeurs du médico-social dans l’Hérault. Leur préavis court jusqu’au 31 décembre. « Ce n’est pas par gaieté de cœur qu’ils se mettent en grève », confie Gérald Verrier, délégué syndical central CGT Adages 34. « Ce sont des salariés isolés, souvent à bout, qui réclament simplement le respect de leurs droits et un salaire décent. »

    Le problème principal : la convention collective 66, qui ne reconnaît pas spécifiquement le travail de nuit. Résultat  : une compensation dérisoire de 7%, bien en deçà de la réalité des risques et de la charge mentale du poste. Les revendications portent sur plusieurs volets : revalorisation salariale, paiement des temps de pause, prime de risque mais aussi amélioration des conditions matérielles et de sécurité.

    « Des précaires au chevet de précaires »

    Les agents de nuit du centre Regain accompagnent des personnes en grande difficulté sociale. « Une nuit, un seul salarié peut avoir jusqu’à quarante personnes à suivre », souligne le syndicaliste. « Et s’il y a un problème, ils n’ont même pas de dispositif pour prévenir rapidement les secours. » La CGT demande l’installation d’un système de protection du travailleur isolé, déjà en place dans les hôpitaux. Au-delà des salaires, c’est la reconnaissance du métier qui est en jeu. Les salariés dénoncent un manque d’écoute de la direction : « Leurs remontées de terrain ne sont presque jamais prises en compte », déplore Gérald Verrier. Si certaines avancées ont été obtenues sur l’organisation du travail après une réunion avec la direction le 24 octobre, les questions financières restent lettre morte.

    Et la colère dépasse les murs de Regain. Le syndicat alerte sur une crise plus large du secteur social et médico-social dans l’Hérault : « Nous sommes devenus des travailleurs pauvres au chevet d’autres précaires », résume Gérald Verrier. A.J.

  • L’Occitanie célèbre les 80 ans de la Sécu

    L’Occitanie célèbre les 80 ans de la Sécu

    Portées principalement par des collectivités de gauche, par la CGT et par le monde associatif (la droite a-t-elle oublié que le Général de Gaulle dirigeait le gouvernement provisoire lors de sa création ?), de nombreuses manifestations émaillent le Gard et l’Hérault. Le film La Sociale de Gilles Perret, qui raconte l’histoire de la Sécu, a été régulièrement diffusé comme jeudi 30 octobre à l’Union locale CGT de Béziers avant d’être suivi d’un débat sur l’avenir de la Sécu.

    Du côté de la Ville de Montpellier, une « exposition qui retrace 80 années d’existence de la Sécurité sociale » a été inaugurée le 27 octobre dans le hall de l’hôtel de ville. Mais elle ne sera accessible que jusqu’au vendredi 31 octobre. L’initiative la plus originale devait venir de la CGT de Lunel, qui avait lancé durant l’été un appel à projets artistiques pour une « exposition participative » intitulée « 80 ans de Sécu, 80 regards ». Le but était de faire appel aux artistes locaux (plasticiens, photographes, vidéastes, performeurs, collectifs, artistes numériques) pour obtenir des regards différents sur le soin et la solidarité. Sauf qu’à la veille de monter l’exposition, la mairie a refusé de prêter une salle. « On n’a pas réussi à rebondir après ce problème avec la mairie », regrette Alain Bobet, secrétaire de l’UL CGT de Lunel.

    Exposition sur Ambroise Croizat à Alès

    Dans le Gard, ce sont les deux bars du Prolé qui sont principalement à la manœuvre. À Nîmes, une conférence-débat avec Léo Rosell, auteur de « La sécu, une ambition perdue ? De la solidarité à la rentabilité », est organisée le samedi 15 novembre (à 17h). Du côté d’Alès, où la CGT a mené une large campagne de sensibilisation, notamment auprès des jeunes, sur l’importance de préserver la Sécurité sociale et où le collectif de défense de la santé du bassin alésien a aussi organisé des conférences et des débats, c’est le Prolé qui accueille désormais une exposition sur Ambroise Croizat. Ainsi, la vie du ministre du Travail (PCF) qui a joué un rôle déterminant dans la mise en œuvre concrète de la Sécu qu’il a conçue comme un mécanisme de solidarité nationale et non comme une simple assurance professionnelle est résumée sur une quinzaine de panneaux. « Non seulement, nous devons agir pour préserver notre système de sécurité sociale mais agir pour l’extraire des logiques de marché et l’inscrire dans notre constitution », a martelé Giovanni di Francesco, secrétaire de la section alésienne du PCF, lors de l’inauguration.

  • Sécurité sociale : Les syndicats inquiets pour l’avenir

    Sécurité sociale : Les syndicats inquiets pour l’avenir

    C’est un anniversaire en demi-teinte aux yeux des syndicats. À la fois symbole de persévérance et ressource précieuse, le système vacille une nouvelle fois face au PLFSS, le Projet de loi de financement de la Sécurité sociale. Entré en commission des affaires sociales ce lundi 27 octobre, le budget prévoit des économies massives en réduisant la durée des arrêts maladie et en augmentant les franchises sur les consultations et les médicaments. Des restrictions censées permettre de réduire son déficit à 17,5 milliards d’euros.

    Pour Édouard Gloanec, secrétaire général de SUD-Solidaires Gard-Lozère, c’est une offensive de plus pour une « capitalisation de la santé ». « On se dirige vers un système au profit des assureurs privés. Une couverture sociale restreinte engendre des souscriptions coûteuses. Les personnes qui auront les moyens pourront se soigner tandis que les autres devront y renoncer. » Face au grignotage progressif de la protection sociale, le syndicat assume revendiquer le « 100% Sécu ». « On est pour le remboursement intégral. Les assurances privées qui viennent se nicher dans le système capitalisent sur le risque santé des populations. »

    « Le système va droit dans le mur »

    Infirmier en psychiatrie au centre hospitalier d’Uzès, il constate chaque jour un peu plus l’impact des restrictions sur les patients comme sur les soignants. « On manque de places à cause de la suppression de lits et l’augmentation du reste à charge pour les médicaments qui engendre parfois une discontinuité dans le traitement de certains patients. Du côté des soignants, il y a aussi la fatigue, le manque de personnels et les salaires gelés. On est très inquiets. »

    Si elle avait été validée par l’Assemblée nationale après le vote du Sénat en 2023, la suppression de l’Aide médicale d’État (AME) aurait été, selon lui, un « non-sens sanitaire et humain ». « Laisser des personnes sans soin est un manque d’humanité, mais c’est aussi prendre le risque d’un processus de contamination. Sur le long terme, on précariserait la société toute entière car le curatif coûte plus cher que le préventif. Le système irait droit dans le mur. »

    « Bataille perpétuelle »

    Aux yeux de Serge Ragazzacci, secrétaire départemental de la CGT de l’Hérault, la Sécurité sociale est une « bataille perpétuelle ». « Dès que le patronat s’est remis de la Seconde guerre mondiale, la conquête sociale a été remise en cause. On est toujours dans ce combat. Aujourd’hui, on pousse les gens vers des consultations en ligne par manque de moyens sans connaître les conséquences sur la santé publique. »

    D’après la CGT, la situation est tout aussi inquiétante vis-à-vis du manque de logements sociaux et de solutions de garde d’enfants. « On a peur d’une situation qui continue de se dégrader. Notre pays a des besoins vitaux. Pas des besoins de luxe. »

    Cette « victoire sociale » en 1945, qui visait à apporter une sécurité aux travailleurs, a « toujours été une source de conflits entre le monde du travail et le capital », mais elle était aux mains des travailleurs. « Aujourd’hui, on est passés en mode “géré”. Retraites, assurance chômage, arrêts maladie, remboursements… C’est cette étatisation de la Sécurité sociale qui est inquiétante. »

    « Au niveau social, tout va énormément se tendre, conclut Édouard Gloanec. Au plus il y a d’inégalités, au plus c’est explosif. Mais on a de l’espoir. Sinon on ne se battrait pas. »

  • Après la santé, une Sécu pour l’alimentation et le logement ?

    Après la santé, une Sécu pour l’alimentation et le logement ?

    Lors de la promulgation de l’ordonnance créant la Sécurité sociale en octobre 1945, Ambroise Croizat se doutait-il que cette mesure aurait essaimé dans d’autres secteurs de la société ? On peut en douter, tant la jeune Sécu faisait office d’ovni dans le paysage français. Pourtant, force est de constater que 80 ans plus tard, l’idée a fait son bout de chemin.

    Dans le secteur de l’alimentation, tout d’abord, où plusieurs associations expérimentent le dispositif d’une Sécurité sociale de l’alimentation. À Montpellier, la mise en place d’une caisse alimentaire commune est à l’étude depuis 2022. Car le constat est accablant dans un domaine rongé par l’industrie capitaliste. « Notre système alimentaire produit plusieurs injustices : des gens ne peuvent pas manger à leur faim, 8 millions de personnes bénéficient de l’aide alimentaire, un chiffre sous-estimé au regard du non-recours à cette aide », s’indigne Manu Sevilla, coordinateur de la Caisse commune de l’alimentation de Montpellier. À cela s’ajoute la situation des agriculteurs, dont beaucoup n’arrivent pas à vivre dignement de leur métier, sans parler des dégâts causés sur l’environnement par l’industrie agroalimentaire.

    De réels bénéfices

    Ainsi, en février 2023, après la sélection d’un panel de 500 personnes représentatif de la métropole de Montpellier en fonction des revenus et de l’âge, la caisse commune de l’alimentation a été lancée. Chaque bénéficiaire reçoit 100 euros mensuels via une monnaie solidaire, la MonA, à dépenser dans 55 points de vente. Les cotisations sont déterminées en fonction des revenus des participants. « La caisse a un vrai impact sur l’assiette des expérimentateurs en favorisant l’accès à des produits jusque-là inaccessibles comme la viande », détaille Manu Sevilla. Forte de son succès, l’expérimentation s’étend à 200 nouvelles personnes chaque année. « On essaie de mettre en place une autre recherche sur le modèle économique : comment démontrer que la caisse laisse un vrai impact socio-économique sur le territoire », poursuit Manu Sevilla.

    Dans un tout autre registre, la Commission nationale du logement (CNL) s’est mise également à plancher sur un système de Sécurité sociale. « La crise que connaît le secteur dure depuis des années avec une pratique insupportable : les expulsions locatives, qui coûtent très cher à la société », soutient Eddie Jacquemart, président de la CNL. Pour pallier la situation, l’idée d’une Sécu reposerait sur la création d’une caisse de solidarité où seraient mutualisés les dispositifs existants tels que le Fonds de solidarité pour le logement, l’argent des CCAS, et d’autres encore. À cela s’ajouteraient une cotisation des bailleurs et la centralisation des dépôts de garantie versés par les locataires. « On verserait ensuite une indemnité dégressive de 24 mois aux locataires et aux accédants à la propriété qui ont un accident de la vie, comme la perte d’un proche, d’un emploi, une maladie, etc. Avec une particularité, on fait signer au bénéficiaire une charte d’obligation de traitement social de son problème, avec une prise en charge des services sociaux », insiste Eddie Jacquemart.

    En parallèle, seraient sanctuarisés les dispositifs de sécurisation des locataires tels que le permis de louer, l’encadrement des loyers. Une véritable alternative qui pourrait sortir le logement de la crise. La CNL espère porter le sujet lors des élections municipales. 80 ans après sa création, la Sécurité sociale n’a pas fini de faire parler d’elle.

  • Apprécier et s’essayer au Lunel Flamenco festival

    Apprécier et s’essayer au Lunel Flamenco festival

    Les talons claquent et les robes volent au rythme des sonorités espagnoles. Cette année encore, dans le cadre de la cinquième édition du Lunel Flamenco festival Lunel réserve un programme chargé aux amateurs de danse et de culture andalouses, du jeudi 6 au dimanche 9 novembre. Les festivités débutent jeudi 6 dès 19h à l’espace Castel avec la chorale « El Coro Río Quema » de Marsillargues, suivie, à 19h30, du vernissage de l’exposition photo « Balada flamenca » de Jean-Louis Duzert, spécialisé dans la photographie en noir et blanc.

    Deux masterclass de Gema Moneo

    Ses œuvres, précédemment exposées à Jerez, Tokyo ou New York, seront visibles jusqu’au 5 décembre. La première journée du festival s’achèvera par le spectacle « Flamencos de Francia » à 21h avec treize danseurs et musiciens.Le lendemain à partir de 20h30, le spectacle « Embrujo Sevillano » réunira sur scène le couple de danseurs natifs de Séville Rocio Reyes et Rafael Campallo à l’espace Castel. Samedi 8 novembre, place au concours de Sévillanes à 14h organisé par l’association Terres du sud également à Castel.

    Entre deux bodegas, Gema Moneo et José Maya se produiront dans « El encuentro Jerez y Madrid » (20h30).Enfin, dimanche 9 novembre, le festival s’achèvera avec deux masterclass de Gema Moneo. Elles s’adressent aux danseurs justifiant d’au moins deux années de pratique.