Tag: Franck Allisio

  • À Marseille, Jordan Bardella veut en finir avec la droite

    À Marseille, Jordan Bardella veut en finir avec la droite

    Après la dégringolade de Martine Vassal dans les sondages, le RN veut en finir avec la droite républicaine et les dernières digues qui la séparent de l’extrême droite. Venu ce vendredi midi soutenir son candidat à Marseille, Jordan Bardella a lancé un appel « à grouper les voix sur la seule liste capable de battre la gauche ».

    « Martine Vassal ne peut pas gagner cette élection, Franck Allisio le peut, assure le président du RN face à la presse. La dispersion des voix est l’un des meilleurs moyens de renforcer la gauche, et l’extrême gauche, et Monsieur Payan. » C’est qu’il croit en la victoire de son parti dans la deuxième ville de France, tremplin assumé de ses ambitions. « Cette élection municipale revêt un enjeu national, ce sont l’une des dernières élections avant la grande bataille de la présidentielle », assume-t-il. Alors dans cette ville où il décrit « la mexicanisation de quartiers entiers où les lois de la République ne s’appliquent plus », il promet que le RN saura mettre en place « une des premières polices municipales de France et d’Europe ». Et vise des coupes sèches dans les services publics, dans le soutien aux « associations politico-religieuses ». « Nous sommes partisan d’une philosophie politique qui consiste à dépenser moins et mieux pour taxer moins », assume-t-il. Peu importe que l’équipe qu’il soutient soit marquée par les condamnations ou positions racistes. « Nous respectons la présomption d’innocence. Allez faire les poubelles sur dix ou quinze ans si ça vous intéresse », balaie Franck Allisio. Peu importe que les poubelles du RN, comme souvent à Marseille, débordent toujours.

  • À Marseille, une liste RN de la justice aux outrances

    À Marseille, une liste RN de la justice aux outrances

    À défaut d’avoir été fait dans les rangs, le ménage a bien été fait sur les réseaux sociaux des candidats de la liste RN aux municipales à Marseille. De nombreux colistiers de Franck Allisio présentent désormais des profils fantômes, ou expurgés de pans significatifs de leur passé. C’est le cas pour l’ancien responsable de Reconquête dans la Drôme, aujourd’hui parachuté tête de liste du RN dans les 4-5, Thomas Battesti (17e sur la liste, ou pour l’ex-candidat de la Cocarde étudiante, syndicat étudiant d’extrême droite nationaliste, Hugo Cartallier (11e).

    Mais il y a ceux qui sont connus de la justice. À commencer par le député RN de Marignane lui-même, visé par une enquête suite à un signalement du conseil régional suspecté d’avoir détourné les moyens mis à sa disposition. Il se disait « à disposition de la justice ». Tête de liste dans les 13-14, Sandrine d’Angio (6e) a, elle, bien été condamnée pour favoritisme, pour l’attribution de marchés publics dans la mairie de secteur qu’elle dirigeait alors. Elle a fait appel. Antoine Baudino (23e), qui se demandait en novembre dernier « en quoi l’abolition de la peine de mort est une avancée de la civilisation » a été condamné en 2022 pour violences volontaires contre un militant RN.

    « Le fascisme c’est la fête ! »

    Ancien vice-président du Modem dans les Bouches-du-Rhône désormais rallié à l’extrême droite, Patrick Thevenin (37e) était convoqué en appel, en septembre 2014, après avoir été condamné en première instance à une peine d’emprisonnement de deux mois avec sursis pour « violence suivie d’incapacité n’excédant pas huit jours ». Une situation similaire avait conduit le RN à écarter l’ex-adjoint de secteur Romain Brument.

    Les archives ont conservé les sorties de Caroline Sicard (28e) qui écrivait sur son mur Facebook « le grand remplacement est là », avec la photo d’une fillette blonde barrée des mots : « dites non au génocide des blancs ». Les militants de Reconquête ne sont pas en reste. Jean-Marc Graffeo (21e) estimait que « le danger numéro 1 de notre civilisation, c’est le grand remplacement, et l’islam conquérant », et reprochait au RN d’avoir rompu avec les militants de l’AFD en Allemagne « parce qu’ils prônaient la remigration ». Élu dans les 9-10, Richard Dubreuil (69e), partisan de l’interdiction « tout court » du voile assurait que « ce que les Français combattent, ce n’est pas une génération (leurs enfants) qui remplace l’autre, mais une civilisation qui remplace la leur ».

    Au RN, la députée Monique Grisetti (8e) avait suscité un tollé lors des législatives. Sur son fil Facebook, elle partageait une interview de la figure antivax Christian Perronne ou réclamait que maître Gims « retourne de là où il vient » avec « toute sa tribu » pour qu’il « aille traire la chèvre ». En 2020, rendant hommage à un militant royaliste, le conseiller municipal Bernard Marendat (39e) célébrait : « Le fascisme c’est la fête ! » Après avoir traité en septembre 2022 l’adjointe (PCF) aux solidarités Audrey Garino d’assassin, il mimait à son encontre un égorgement deux ans plus tard. « C’est ce que font les communistes », justifiait-il.

    Et il y a les discrets : Gabrielle Occuly (42e) abonnée aux pages pro-Poutine, Vincent Vendredi (61e) qui se dit « pour la peine de mort ». Et Mireille Casassi, nostalgique de l’Algérie française, qui accuse « le sénateur rat-vier, de l’espèce des surmulots accouillus [sic] » , d’avoir émis un avis favorable pour une mosquée « faute de réponse dans les délais ».

    Sollicité, le porte-parole et directeur de campagne Olivier Rioult n’a pas donné suite.

  • Le RN peine à renforcer son ancrage

    Le RN peine à renforcer son ancrage

    La victoire du candidat RN à Rognac, le 24 novembre 2024, à l’issue d’une improbable quadrangulaire, avait constitué un choc. Pour la première fois depuis 1997 à Vitrolles, le parti lepéniste remportait une commune dans les Bouches-du-Rhône. L’extrême droite a beau réaliser des scores élevés dans la région, elle peine en effet à trouver cet ancrage local, avec dix municipalités sous sa gestion dans la région.

    Et pourtant, le nombre de ses électeurs a bondi. Entre les européennes de 2019 et de 2024, le RN a gagné quelque 230 000 voix dans la région, atteignant 38,6% des votes exprimés. Trente députés de la région siègent désormais à l’extrême droite, soit neuf de plus qu’en 2022. Malgré cela, le président du RN, Jordan Bardella, ne se hasardait pas, lors de ses vœux à la presse le 12 janvier dernier, à donner le moindre « objectif chiffré » de conquête aux municipales. Le regard plutôt rivé vers les sénatoriales et la présidentielle. « Le fait de remporter des municipalités à quelques mois de la présidentielle va évidemment donner du poids à la dynamique et à l’enracinement du RN », expliquait l’héritier désigné.

    Encore faut-il présenter des candidats, un obstacle auquel s’est longtemps heurté le RN. Leur nombre, cependant, augmente de scrutin en scrutin. Dans les communes de plus de 3 500 habitants, pour lesquelles elles doivent attribuer des nuances politiques, les préfectures de la région ont classé, cette année, 115 listes à l’extrême droite, dont 63 ont reçu directement l’investiture du RN. Soit au total 4 523 candidats.

    L’extrême droite assure ainsi sa présence dans 100 municipalités de plus de 3 500 habitants pour ce 1er tour, contre 85 lors du précédent scrutin. Soit quatre communes sur dix dans la région, pour les villes concernées par l’attribution de ces nuances politiques. Un nombre qui reste en deçà de la réalité. Le RN a en effet réussi à présenter des candidats dans certaines municipalités pour lesquelles les préfectures n’attribuent pas de nuance politique. Dans les Alpes-de-Haute-Provence, il a investi Aurélie Abeille à Peyruis (2 794 habitants), Pascal Gaugue à Gréoux-les-Bains (3 088 habitants). Dans d’autres, malgré les « faisceaux d’indices » évoqués par la circulaire du ministère de l’Intérieur, certains candidats restent classés divers droite. C’est le cas à Bollène (Vaucluse) pour Sophie Lorenzo, pourtant candidate investie en 2020 par Marine Le Pen pour les municipales au Teil (Ardèche). C’est aussi le cas pour éric le Dissès à Marignane, pourtant suppléant du délégué départemental du RN Franck Allisio aux législatives et fondateur avec lui d’un « RPR », créé pour faciliter le passage de la droite à l’extrême droite. Peut-être que le nom de la liste, « Marignane aux Marignanais », allusion transparente au slogan nationaliste « la France aux Français », ne suffisait pas.

    Députés en tête

    Mais cette progression dissimule aussi des reculs. Le RN n’a pas pu présenter cette fois de liste à Digne-les-Bains (Alpes-de-Haute-Provence) ni à Valréas (Vaucluse). Surtout, il n’a pas réussi à débaucher de maires sortants. En janvier 2025, Franck Allisio avait pourtant lancé son label, « la Provence qu’on aime », comme une investiture sans logo pour les candidats des municipales. Moyennant un soutien aux sénatoriales et une compatibilité sur le programme, ils n’auraient pas de liste RN face à eux. Un procédé qui avait suscité l’ire de la présidente (DVD) du Département. « ça suffit de menacer les personnes, s’indignait Martine Vassal à l’occasion du salon des maires des Bouches-du-Rhône. ça correspond à quoi ? Si tu prends le label, tu n’as pas de candidat face à toi ? » Auprès de France 2, le délégué départemental du RN revendiquait, fin février, 15 adhérents. à Fos-sur-Mer, l’opposant Philippe Maurizot (DVD) a ainsi franchi le pas et fait sauter les digues entre la droite et l’extrême droite. Mais aucun maire sortant n’a franchi le Rubicon.

    Alors, pour assurer son ancrage, l’extrême droite a misé sur ses parlementaires. Ils sont 24 députés sur les listes, dont 13 figurent en tête, à commencer par Franck Allisio à Marseille et Laure Lavalette à Toulon. Des figures locales ont été débauchées aussi, comme le président de la Chambre des métiers et de l’artisanat Daniel Salenc, candidat à La Ciotat. Au risque de créer des dissensions. Ainsi dans douze communes de la région y a-t-il plusieurs listes concurrentes d’extrême droite en lice, jusqu’à quatre différentes à Cogolin (Var). Fait significatif : toutes ont réussi à rassembler assez de colistiers pour se présenter. Preuve que les aspirants candidats se bousculent de plus en plus au portillon de l’extrême droite.

    En chiffres

    115

    listes ont été classées à l’extrême droite par les services de l’état pour ces élections municipales en Provence-Alpes-Côte d’Azur, contre 90 lors du dernier scrutin en 2020.

    100

    communes auront des listes d’extrême droite en lice pour les municipales, contre 85 lors des élections de 2020. Cela représente 4 communes sur 10 pour celles qui ont plus de 3 500 habitants.

    4 523

    candidats figurent sur les listes de l’extrême droite dans la région, pour les municipales, soit 1 200 candidats de plus qu’en 2020, dont 24 députés (13 têtes de liste) et un eurodéputé.

    27%

    Seulement des candidats de l’extrême droite dans la région sont des femmes, soit 31 candidates sur les 115 têtes de liste. à peine mieux que la moyenne régionale, qui s’élève à 23,7%.

  • [Exclusif] La liste de l’extrême droite à Marseille est enfin connue

    [Exclusif] La liste de l’extrême droite à Marseille est enfin connue

    Jusqu’au bout, les équipes de campagne du député RN de Marignane, Franck Allisio, auront repoussé l’annonce de la composition de sa liste pour les municipales à Marseille « dans les jours qui viennent ». C’est finalement avec la publication des listes en lice par la préfecture de région que la presse a pu en prendre connaissance.

    En tête de liste, Franck Allisio est suivi par sa candidate RN dans les 9-10 Eléonore Bez, par le vice-président de l’UDR, le député ciottiste Olivier Fayssat, par la députée RN Gisèle Lelouis, ainsi que par l’ancien vice-président du Crif, l’avocat Samuel Benhamou.

    Les ralliés de la droite sont bien représentés, que ce soit ceux de la première heure comme Olivier Rioult, ancien membre du cabinet de Martine Vassal désormais délégué du RN pour Marseille (7e), ou l’ancien président du groupe majoritaire à la Métropole passé à l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan (13e). Dans les éligibles, on trouve aussi la seconde vague des ralliements, Jessy Nakache (19e) ou Gérard Audibert (25e) issu de la majorité des 11-12, ou les plus tardifs comme l’ancien premier adjoint des 9-10 (ex-Hor.) Blaise Rosato (27e). Et également les troupes de Reconquête, comme Jean-Marc Graffeo (21e) et Antoine Baudino (25e).

    Quant aux « brebis galeuses » que le RN promettait d’expurger, on en retrouve toujours, comme la députée RN Monique Grisetti (8e), épinglée pendant les législatives pour des publications racistes et complotistes sur Facebook, le conseiller municipal Bernard Marandat (39e) qui disait en 2020 que « le fascisme c’est la fête », Antoine Baudino reconnu coupable en 2022 de violences volontaires… contre un militant RN. Les signes d’une normalisation encore à la peine.

    La liste complète

    1. ALLISIO Franck

    2. BEZ Eléonore

    3. FAYSSAT Olivier

    4. LELOUIS Gisèle

    5. BEN-HAMOU Samuel

    6. D’ANGIO Sandrine

    7. RIOULT Olivier

    8. GRISETI Monique

    9. DUDIEUZERE Cédric

    10. AGIUS Chantal

    11. CARTALLIER Hugo

    12. ARRIGHI Sophie

    13. RIVOALLAN Jean-Baptiste

    14. BERMEJO Marie

    15. CHARPENTIER Thibaut

    16. SALÉMEH Clara

    17. BATTESTI Thomas

    18. POSTEAU Marie-Laurence

    19. NAKACHE Jessy

    20. GREGORI Anne-Marie

    21. GRAFFEO Jean-Marc

    22. LEVIEUX Céline

    23. BAUDINO Antoine

    24. COLOMBO Flavie

    25. AUDIBERT Gérard

    26. BALLETTI Mireille

    27. ROSATO Blaise

    28. SICARD Caroline

    29. SALFATI Mickael

    30. QUINQUIS Aurélie

    31. KELLER Arnaud

    32. LICCIONI Margie

    33. LAMY Dany

    34. CREST Elisa

    35. COULET René

    36. SAADI Roza

    37. HEVENIN Patrick

    38. PARODI Clémence

    39. MARANDAT Bernard

    40. TRIAIRE Gisèle

    41. ESCAVI Hubert

    42. OCCULY Gabrielle

    43. GENSOLLEN Thomas

    44. SERRA Lucie

    45. VIDAL Vincent

    46. ZOUBIR Linda

    47. COUTURIER Romain

    48. PONZIO Lugdivine

    49. MONTI Didier

    50. LAVARESE Domenica

    51. BOZZI Emmanuel

    52. SAMPOL Jane

    53. EMONDIÈRE Florient

    54. BALTAYAN Anais

    55. FLEISCHMANN Antoine

    56. POVER Aude

    57. DARMAGNAC Jean

    58. FAUCHARD Karine

    59. RAYBAUD Paul

    60. BENICHOU Brigitte

    61. VENDREDI Vincent

    62. VIGIER Jeanne

    63. KESTELLIKIAN Cyril

    64. COSTA Monique

    65. OUTOUZIAN Michel

    66. GAUDIN TOUSSAINT Nicole

    67. BUTAVAND Jean-Bernard

    68. PIAZZA Martine

    69. DUBREUIL Richard

    70. AVOGADRO Sandra

    71. KUBICKI Lukas

    72. RAMOS Nathalie

    73. BEAINI Franck

    74. ALIAS Lugdivine

    75. COUVE Pierre

    76. LE ROY Marie-Claire

    77. GONZALEZ DE GASPARD Laurent

    78. PICHINOTY Nicole

    79. GERVAIS César

    80. MELINE Johanna

    81. LASSERRE Quentin

    82. ROUX Charlotte

    83. DE BENEDETTI Fabien

    84. GANAY Florence

    85. CHACHUAT Axel

    86. DRAYON Yannick

    87. DO ESTANQUE Thierry

    88. DI SILVESTRO Vanessa

    89. BRAHIM Jean-Louis

    90. TIRAMANI Caroline

    91. DEBIANE Rahym

    92. CLAUSTRE Marie-Hélène

    93. ROUXEAU DE L’ECOTAIS Martin

    94. MACHEREY Marie

    95. JACQUET Joris

    96. LADAME Ghislaine

    97. BELLON Régis

    98. BIENFAIT Yane

    99. MANNI Philippe

    100. PARTOUCHE Deborah

    101. COTI Stephan

    102. SYLVI Loane

    103. GUIGUI Albert

    104. LUCHEUX Marina

    105. BONNAND Thomas

    106. CASASSA Mireille

    107. BEAUVAL Yves

    108. SAFFY Christelle

    109. AMODRU Patrick

    110. YACOUB Marie-Jeanne

    111. POLETTI Hervé

  • L’extrême droite prépare un duel avec Payan et s’imagine déjà gagnante

    L’extrême droite prépare un duel avec Payan et s’imagine déjà gagnante

    Le dernier sondage sur les intentions de votes pour l’élection municipale à Marseille, réalisé par OpinionWay pour les médias de la sphère Bolloré CNews, Europe 1 et le Journal du dimanche en début de semaine (lire notre article du 25/02), donne des ailes au candidat du Rassemblement national pour la mairie, Franck Allisio.

    « Pour la première fois, un sondage nous a donnés vainqueur au second tour. C’est une indication importante, un tournant de la campagne », se réjouit Franck Allisio, ce jeudi matin, lors d’un point presse à Marseille. Il évoque « une clarification qui intensifie le duel entre Benoît Payan, le maire sortant, et notre équipe ».

    Avant de marteler : « Au second tour, ça se jouera entre lui et notre liste, qu’on soit deux, trois ou quatre. » Le député de la 12e circonscription des Bouches-du-Rhône s’y voit déjà : « Dans le cadre d’une quadrangulaire, nous l’emportons d’un point, c’est aussi un événement de campagne ». Mais ne s’enflamme-t-il pas un brin ? Rappelons que la marge d’erreur estimée se situe entre 1,4 et 3,1 points, que l’enquête portait sur 735 personnes sondées entre le 16 et le 23 février, et qu’il donnait à 2% le candidat Victor Hugo Espinosa (Écologie au centre) qui s’est retiré depuis. Surtout, en cas de triangulaire où la liste LFI de Sébastien Delogu se retirerait, c’est la gauche qui l’emporterait largement…

  • L’enjeu du soutien à SOS Méditerranée

    L’enjeu du soutien à SOS Méditerranée

    Six cent six : c’est le nombre de migrants morts ou disparus dans la mer Méditerranée depuis le début de l’année 2026, selon l’Organisation internationale des migrations (OIM). « Il s’agit du début d’année le plus meurtrier en Méditerranée depuis que l’OIM a commencé à recueillir ces données en 2014 », à travers son projet Migrants disparus, déplore l’agence onusienne. Depuis 2014, l’OIM recense 34 266 morts, dont la plupart en Méditerranée centrale, la route migratoire la plus meurtrière au monde. À titre comparatif, c’est légèrement moins que l’ensemble de la population du 7e arrondissement de Marseille et davantage que la totalité des habitants de la commune de Marignane. À noter qu’il ne s’agit là que des naufrages documentés, qui sait combien d’âmes ont sombré au fond de ce cimetière à ciel ouvert ?

    Les bouleversements géopolitiques ponctués de guerres, de changements de régime, de persécutions religieuses et sexuelles, de répression politiques favorisent ces départs qui se succèdent de même que les naufrages, faute de politique européenne coordonnée sur la question. Des ONG, telles que SOS Méditerranée tentent de pallier l’inaction de l’Europe. Si l’association européenne de recherche et de sauvetage fonctionne à 91% de dons privés, les 9% restant sont issus des subventions de 143 collectivités dites « solidaires ». Marseille, figure en pole position, devant Paris.

    L’an dernier, la municipalité de gauche a ainsi octroyé une subvention à hauteur de 130 000 euros à l’association. « C’est une obligation et une fierté pour la Ville de Marseille d’être le premier soutien en France de SOS Méditerranée. (…) Nous sommes une ville méditerranéenne et on refuse de détourner le regard sur ce qui se passe sous nos yeux », clame Audrey Garino, adjointe PCF au maire en charge de la Solidarité. « Bien évidemment, nous continuerons. Non pas par idéologie mais parce que le droit international n’est pas respecté, parce que l’Union européenne et ses États membres sont volontairement défaillants sur cette question », renchérit l’élue.

    Fracture politique

    À l’approche des élections municipales, le sujet est remis sur la table par la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal : « Si je suis élue maire, il n’y aura plus aucun centime versé à SOS Méditerranée et aux associations similaires. Je n’encouragerai pas le trafic d’êtres humains par dogmatisme politique », assurait-elle dans un communiqué transmis en janvier au JDD, désormais propriété du milliardaire d’extrême droite Vincent Bolloré. « On n’est pas dupes de la posture électoraliste. On s’inquiète de ce basculement de rhétorique dont on a l’habitude de l’extrême droite et qui n’est pas surprenante de leur part. En revanche, que cela vienne de candidats qui se revendiquent d’une droite républicaine c’est franchement inquiétant », déplore-t-on au sein de l’ONG.

    Car cette position est aussi celle défendue par Franck Allisio, le candidat du Rassemblement national à Marseille, qui promet lui aussi de mettre fin à ces subventions. « Marseille n’a pas vocation à accueillir toute la misère du monde », justifie Sandra Blanchard, cofondatrice du mouvement « Une génération pour Marseille ». Pour l’avocate, qui figure dans la liste de Martine Vassal pour le conseil municipal, « ces 130 000 euros auraient pu être affectés à des clubs sportifs, des associations qui s’occupent des jeunes dans les quartiers ou pour lutter contre la pauvreté », estime-t-elle.

    Dans le camp de Sébastien Delogu, qui maintiendrait ces subventions s’il était élu maire, ces propos sont jugés « scandaleux » : « SOS Méditerranée ne favorise pas l’immigration illégale mais sauve des vies. Même au Moyen-Âge on ne laissait pas les gens mourir en mer ! », gronde Hedi Bounouar, directeur de campagne du candidat insoumis. « Ce que dit Martine Vassal est dans la lignée de la campagne qu’elle mène : de caniveau et d’extrême droite. Pour nous, l’argent des Marseillaises et des Marseillais doit servir à la collectivité. S’il y a bien des personnes mal placées pour dire cela, ce sont celles mises en examen pour détournement de fonds publics, ce qui n’est pas le cas de SOS Méditerranée », tacle-t-il.

  • Le RN veut restreindre l’accès des visiteurs aux urgences à Marseille

    Le RN veut restreindre l’accès des visiteurs aux urgences à Marseille

    Après avoir voulu restreindre l’accès à certaines plages et parcs, qu’il veut réserver aux seules familles et personnes âgées à travers un « pass anti-racailles », Franck Allisio s’attaque à l’hôpital. à l’occasion d’une conférence de presse ce lundi matin, le candidat du RN à Marseille a en effet annoncé qu’il souhaitait « investir dans des sas de sécurité aux urgences avec filtration et une doctrine simple : un patient aux urgences, un seul accompagnant ». « L’objectif est simple, améliorer les conditions d’accueil des patients, mais aussi éviter que les médecins s’inquiètent de leur sécurité », explique-t-il en lisant ses notes. Une mesure qui s’accompagne de l’installation de bureaux de police municipale ouverts 24h/24 dans les hôpitaux volontaires, d’aides à l’installation de vidéosurveillance ou de boutons d’alerte pour les cabinets médicaux, de subventions pour lutter contre les déserts médicaux urbains…

    Mais, interrogé sur les modalités concrètes de mise en œuvre de cette limitation du nombre d’accompagnants aux urgences, le député de Marignane reste évasif. « Une règle sera fixée, on la fera respecter au besoin par la police municipale », répond-il. Et pour cause. « La police des visites est un pouvoir du directeur », explique Me Caroline Lantero dans un entretien pour la revue juridique Dalloz. Un pouvoir encadré par une jurisprudence qu’oublie le parlementaire.

  • À Marseille, l’hypothèse d’une majorité sur le fil

    À Marseille, l’hypothèse d’une majorité sur le fil

    Et si la prochaine majorité du Printemps marseillais ne tenait qu’à un siège ? Avec toutes les précautions que nécessite un tel exercice, c’est bien la composition de l’hémicycle municipale qui ressort du sondage Elabe publié par La Provence, BFMTV et Le Figaro ce mercredi soir, en projetant les intentions de vote pour le second tour dans le scénario d’une quadrangulaire.

    La réforme du scrutin des municipales à Paris, Lyon et Marseille (dite loi PLM) rebat en effet les cartes des équilibres politiques. Pour la première fois depuis 1959, les Marseillais désigneront directement les élus du conseil municipal, lesquels choisiront le prochain maire dans ce « troisième tour » du scrutin.

    Prime majoritaire

    Avec cette réforme, le candidat arrivé en tête du second tour obtiendra automatiquement un quart des sièges de l’hémicycle, soit 28 élus, tandis que les sièges restants sont attribués proportionnellement entre les listes présentes au second tour. Cette prime majoritaire reste en deçà du droit commun, ce qui avait suscité un débat à l’Assemblée nationale : dans les autres communes, la moitié des sièges est attribuée au vainqueur, assurant une confortable majorité. Et bouscule tout le jeu politique de l’hémicycle. Les majorités en effet s’en retrouvent beaucoup plus tenues. Ils sont aujourd’hui quatre candidats, selon le sondage Elabe, à se placer au-dessus de la barre des 10% à partir de laquelle ils peuvent se qualifier pour le second tour. De quoi rendre possible une quadrangulaire de plus en plus probable. Martine Vassal en effet a répété que quoi qu’il arrive elle se maintiendrait, tandis que si les Insoumis répètent « tendre la main à toutes les forces progrès », le Printemps marseillais déplore, par la voix de Benoît Payan, l’« ambition personnelle » de Sébastien Delogu. Or dans cette hypothèse, le Printemps marseillais obtient la majorité minimale dans l’hémicycle, de 56 sièges. De quoi comprendre la pression exercée par l’union de la gauche face aux Insoumis pour qu’ils ne se maintiennent pas au second tour, mais aussi l’importance des équilibres, au sein de la liste de Martine Vassal, face aux différents scénarios du « troisième tour » qui détermineront l’élection du futur maire.

    Ainsi dans le cas d’un retrait des Insoumis au second tour, alors que Sébastien Delogu annonçait ce jeudi soir sur BFMTV qu’il « ferai[t] tout pour faire barrage », le maire sortant pourrait s’appuyer sur une majorité de 65 sièges pour 111 élus, une majorité assez confortable notamment pour faire passer ses budgets alors que le mandat passé a pu démontrer l’érosion de la majorité face à l’exercice du pouvoir. Face à un retrait aujourd’hui peu probable de la candidate de l’union de la droite et du centre, c’est en effet l’extrême droite qui serait la plus grande vainqueure, obtenant 35 sièges dans l’opposition. Un quart seulement des électeurs de Martine Vassal irait vers Benoît Payan, 45% vers l’extrême droite. Et 28% s’abstiendraient.

    Reste la possibilité, encore moins probable, d’un duel entre le maire sortant (DVG) Benoît Payan et le candidat du RN Franck Allisio, un duel dans lequel les deux obtiendraient logiquement le plus grand nombre de sièges. Au prix de la disparition de la droite républicaine et de LFI des scrutins.

    Reste que ces chiffres ne sont que le fruit de sondages, le reflet temporaire de dynamiques de campagne. Dans l’entourage du maire, on souligne ainsi la fragilité de ces données du second tour, sondées quelques secondes au téléphone après le premier tour. De quoi éluder le poids de l’entre-deux tours. À droite, on souligne l’espoir de voir le scrutin se municipaliser davantage, pour jouer sur la stature d’une présidente de collectivité. « Je ne crois pas dans ces sondages qui nous mettent aussi bas », lance le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano. Espérant au moins 25 sièges quand le RN recule. Et de souligner que les 25 prochains jours feront la différence, avec une campagne qui va pouvoir s’accélérer pour remplacer les projections par le verdict des urnes.

  • Benoît Payan en tête d’un sondage, talonné par l’extrême droite

    Benoît Payan en tête d’un sondage, talonné par l’extrême droite

    Ce sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV/La Provence/ Le Figaro a été réalisé entre le 9 au 16 février, sur un échantillon de 1 032 personnes représentatives de la population résidente de Marseille âgée de 18 ans et plus, dont 800 inscrits sur les listes électorales.

    Alors que les dernières enquêtes d’opinion donnaient une égalité entre la liste (Printemps marseillais) portée par Benoît Payan et celle de Franck Allisio (RN), avec 30% ou 31% des intentions de vote, ce dernier sondage, publié mercredi, redonne un léger avantage au maire sortant, au premier tour. Benoît Payan (DVG) est en tête (31%) avec deux points d’avance sur le candidat du Rassemblement national, Franck Allisio.

    Cette enquête confirme un léger recul pour le candidat d’extrême droite (29%), par rapport aux derniers sondages. Mais ce résultat permet au chef de file RN de rester au coude-à-coude avec le maire sortant.

    Ce nouveau sondage confirme également un recul des intentions de vote pour Martine Vassal (DVD), créditée de 21% au premier tour. La candidate de la droite et du centre affichait 26% dans un sondage en décembre dernier(Ifop-Fiducial pour La Provence et Sud Radio) en décembre dernier, puis 23% dans celui paru le 12 janvier dans nos colonnes (La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA).

    Dans un communiqué de presse publié en réaction à ce sondage, mercredi, la liste menée par la présidente de la Métropole et du Département réaffirme que Martine Vassal est « la seule capable de gagner face à Benoît Payan ». Et d’affirmer : « Il n’y aura aucun retrait, ni accord. Martine Vassal se maintiendra. »

    Du côté de la liste de la France insoumise, le candidat Sébastien Delogu est crédité de 12% au premier tour. Le député des 15-16 élu dans les quartiers nord depuis 2022 compte deux points de moins que dans l’enquête d’opinion publiée par La Marseillaise, le 12 janvier.

    Le candidat Erwan Davoux (divers droite), qui se présente avec Nora Preziosi, et qui se positionne ouvertement contre Martine Vassal, affiche un score stable autour des 2% au premier tour. Rémy Bazzali ,de Lutte ouvrière, reste à 1% des intentions de vote. Le candidat de l’Écologie au centre ,Victor Hugo Espinosa, qui récolte 4% des intentions de vote, a déclaré, ce mercredi, se retirer, dénonçant « un coût de campagne » trop élevé et le danger « que Marseille bascule dans l’extrême droite ».

    Le sondage présente également quatre configurations possibles pour le second tour, en fonction des maintiens ou retraits de divers candidats en lice. Tous donnent la victoire à la tête de liste du Printemps marseillais, mais pas avec la même avance.

    Quadrangulaire

    ou triangulaire serrée

    Dans le cas de figure d’une quadrangulaire, sans désistement, le sondage Elabe/Berger-Levrault pour BFMTV/ La Provence / Le Figaro donne la victoire au maire sortant, mais avec seulement 34% des intentions de vote, contre 32% pour le candidat RN. Martine Vassal gagnerait quant à elle un seul point (22%),et Sébastien Delogu resterait au même score (12%).

    Dans l’hypothèse d’un retrait de la présidente du Département, peu probable au dire de son communiqué, Benoît Payan l’emporterait avec 44%, Franck Allisio suivrait avec 42% et Sébastien Delogu gagnerait 2 points, passant à 14%.

    Dans le cas d’un désistement du candidat insoumis, le Printemps marseillais se démarquerait du candidat d’extrême droite. Dans le cas de cette triangulaire, le maire sortant recueillerait 45%, contre 32% pour Franck Allisio et 23% pour Martine Vassal.

    Dans le cas d’un duel entre le leader du Printemps marseillais et celui Rassemblement national, la liste de Benoît Payan l’emporterait avec 56% des intentions de votes, contre 44% pour le candidat d’extrême droite.

  • L’appropriation de la croix de Lorraine par le RN contestée

    L’appropriation de la croix de Lorraine par le RN contestée

    En bas des affiches de Franck Allisio, tête de liste du RN pour les municipales à Marseille, un logo, celui du RPR, avec la croix de Lorraine. À rebours de l’Histoire, le candidat du parti héritier de l’OAS (Organisation armée secrète, organisation terroriste pro-Algérie française qui a tenté d’assassiner le général de Gaulle) fait figurer dans ses soutiens le sigle du parti gaulliste. Le parlementaire s’était en effet approprié le nom en 2023 pour en faire une antichambre du RN à destination des transfuges de droite (notre édition du 24/06/2023). Mais son utilisation est désormais ciblée par un recours du président (Ren.) de Région devant l’Institut national de la propriété industrielle (INPI). « Renaud Muselier depuis longtemps combat cette utilisation, il est le petit-fils de l’amiral Muselier qui avait donné avec l’amiral d’Argenlieu la croix de Lorraine à la France libre », rappelle son directeur de cabinet Romain Simmarano, désormais porte-parole de la candidate de la droite Martine Vassal. Mais si le combat n’est pas nouveau, de nouveaux arguments juridiques ont convaincu de lancer une procédure de nullité des marques au mois d’octobre dernier. « On considère que c’est une utilisation mensongère du sigle RPR, qui correspondait à une période, à un courant d’idées », souligne Romain Simmarano. Franck Allisio cependant ne devrait pas avoir à le retirer de ses affiches : la décision de l’INPI est attendue en avril. « Le RN a fait traîner les choses », déplore le directeur de cabinet.

    « Cette procédure dure depuis des mois », balaie de son côté le porte-parole et directeur de campagne du RN, Olivier Rioult. Et d’appuyer : « Nous avons déjà gagné deux procédures à l’encontre de Monsieur Muselier à l’INPI. » Le 17 octobre puis le 7 novembre 2024, Franck Allisio avait en effet réussi à s’opposer aux dépôts de marque « RPR » par le président de Région. Piétinant l’histoire gaulliste.