Tag: Franck Allisio

  • Marine Le Pen et Franck Allisio en confiance au parc Chanot

    Marine Le Pen et Franck Allisio en confiance au parc Chanot

    Les CRS postés dans la station de métro rond-point du Prado donnent le ton. Devant la monumentale grille en fer forgé du Parc Chanot, près de 500 manifestants antiracistes sont rassemblés derrière une banderole : « Éteignons la flamme RN ». La foule entonne un « siamois tutti antifascisti ». Face à eux, un cordon de CRS barre l’entrée.

    Les sympathisants d’extrême droite venus assister, ce vendredi, aux vœux de Franck Allisio, candidat du RN à la mairie de Marseille, se faufilent, accompagnés de huées lorsqu’ils franchissent la porte. « C’est pas au parc Chanot… Le Pen et Allisio c’est en prison », lancent les manifestants avant de craquer des fumigènes. Il est 18h40 lorsque les CRS se mettent en position.

    Plus loin, à l’intérieur, dans la file qui se dirige tranquillement vers l’auditorium, l’ambiance est détendue. « T’as vu Delogu ? » glisse un homme à son voisin avant de sourire. L’allusion n’a rien à voir avec l’indiscret du Canard enchaîné (lire ci-dessous). Le député insoumis de Marseille est dans le comité d’accueil devant les grilles. La mobilisation s’achèvera sans incidents graves.

    à l’intérieur, l’auditorium est plein, le balcon a été ouvert. Bien plus qu’en mars 2020, lorsque celle qui était encore présidente du RN était venue dans une campagne municipale sous Covid soutenir Stéphane Ravier, alors candidat de l’extrême droite à la mairie. Six ans plus tard, à l’image du petit film d’introduction, le ton est plus policé.

    « Le mistral va souffler »

    Avec son timbre nasillard, « Francky » reste à sa place habituelle, derrière Marine Le Pen qui a déplacé la foule. Le député de Marignane invite les Marseillais à un « rendez-vous avec l’histoire », rappelle les succès électoraux de son parti et cite Pagnol.

    Mais il fait surtout penser à M. Brun lorsqu’il vante son identité marseillaise et se dépeint en « petit-fils de maçon piémontais » et de « policier rapatrié d’Afrique du Nord », avant de fustiger, Benoît Payan qui « voulait faire de Marseille le 1er port d’accueil des migrants ». La foule hue. Ne manquant pas de s’adresser au monde économique, lui va « tourner la page du socialo macronisme », « rompre avec le déclin » et propose « un projet tourné vers les Marseillais plus que SOS Méditerranée ». « Priorité absolue », il remettra « Marseille en ordre ». « Le mistral va souffler jusqu’à la victoire à Paris », conclut-il avant de devenir inaudible.

    Marine Le Pen lui succède pour dénoncer « six années de gauchisme à Marseille » et lui apporter « son soutien et sa confiance ». L’escapade à Marseille lui « offre l’occasion de quitter quelques heures la vie parisienne et de ressentir toute la ferveur et l’enthousiasme des Marseillais ». En plein procès en appel des assistants parlementaires, pour lequel elle a été condamnée à 4 ans de prison et à 5 ans d’inéligibilité en première instance, la légèreté n’étonne pas. Elle, réclame de nouvelles élections, raille « Calimero Lecornu » et appelle au « sursaut national » en 2027…

  • Marine Le Pen vise Marseille pour se refaire

    Marine Le Pen vise Marseille pour se refaire

    Marseille comme une prise de guerre… En faisant « l’amitié » à Franck Allisio, député RN de Marignane et candidat à la mairie, d’assister ce vendredi 17 janvier à ses vœux, transformés du coup en « meeting populaire », c’est un message clair qu’envoie Marine Le Pen pour son premier déplacement dans la campagne des municipales : pour la cheffe de file du Rassemblement national, la ville est gagnable.

    Le sondage La Marseillaise/ Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié ce lundi 12 janvier dans nos colonnes, qui donne à égalité son poulain et le maire (DVG) sortant, Benoît Payan, avec 30% des intentions de vote au premier tour, ouvre le champ des possibles. Entre opération de dédiabolisation réussie, indifférence et transposition de la politique nationale au local, l’extrême droite fait désormais moins peur aux électeurs marseillais que La France insoumise (LFI), apprend-on dans le second volet de notre enquête exclusive. à propos des personnalités en lice, à la question « diriez-vous que si elle devenait maire, ce serait une très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise, très mauvaise chose ou ni une bonne chose, ni une mauvaise chose pour l’avenir de Marseille ? », 32% des sondés estiment que ce serait « une bonne chose » concernant Franck Allisio, avec une part importante qui estiment que ce serait « ni une bonne, ni une mauvaise chose ». L’élection du candidat LFI, Sébastien Delogu, serait jugée comme « une mauvaise chose » par 54%des personnes interrogées. Au sujet du RN, cela « fait une majorité potentielle, analysait Stéphane Zumsteeg, directeur du département Politique et opinion d’Ipsos-BVA, mardi. Clairement, le repoussoir, c’est LFI au plan national, c’est Delogu à Marseille. »

    S’emparer des villes fait aussi partie de la stratégie du parti d’extrême droite pour s’enraciner durablement dans une région Paca où il sévit depuis longtemps. « Le seul mandat qui permet d’ancrer solidement un territoire, c’est celui de maire », confiait ce jeudi 15 janvier au Figaro, un des cadres locaux du RN.

    À surfer sur l’insécurité, la candidate de la droite et du centre, Martine Vassal, a bien compris qu’elle risquait de nouveau de boire la tasse. Au lendemain du sondage, son porte-parole, Romain Simmarano (Ren), a tenté de renverser la vapeur : « Nous, c’est le gaullisme, la République, l’amour du drapeau, la volonté d’avoir une ville sécure qui offre des perspectives à tous ces enfants. Que M. Allisio arrête de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. »

    Unis pour résister

    À gauche, conscients que la bataille sera rude, le maire sortant et ses soutiens se posent en rempart. « On est dans une situation tellement inédite que Marseille doit montrer une forme de résistance à l’inclinaison que le pays est en train de prendre », déclarait Benoît Payan dans La Marseillaise du 14 janvier. « On a joué un rôle historique pour libérer cette ville de la menace fasciste, on ne les laissera pas venir », assène Anthony Gonçalvez, chef de file PCF aux municipales.

    En mettant la pression sur la deuxième ville de France, Marine Le Pen, si prompte à dénoncer « les magouilles » chez ses adversaires, voit là une occasion de faire oublier ses propres casseroles. Condamnée en première instance, le 31 mars, par le tribunal correctionnel de Paris à une peine d’inéligibilité, 4 ans d’emprisonnement dont deux ferme et 100 000 euros d’amende dans le cadre de l’affaire des assistants parlementaires du Front national, elle joue son avenir politique avec un procès en appel démarré ce mardi. Pour mémoire, son candidat est lui aussi visé par une enquête pour détournement de biens publics…

    Des élus d’extrême droite inquiétés par la justice

    Franck Allisio inquiété pour détournement de biens publics

    Le député fait l’objet d’une enquête du parquet suite à un signalement de la Région Sud, où il préside le groupe RN. Le travail de deux collaborateurs employés par la collectivité n’a pas été déclaré auprès de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Des véhicules de service auraient par ailleurs servi à du tractage et des réunions de la campagne des européennes de juin 2024, puis des élections législatives anticipées.

    Marc-Etienne Lansade condamné

    Après les affaires de gestion du port de plaisance, d’un restaurant de plage et de marchés publics, l’ex-élu d’extrême droite a perdu la mairie de Cogolin, le 1er juillet. Il a été condamné par la cour d’appel d’Aix à 18 mois de prison avec sursis, 30 000 euros d’amende et une peine d’inéligibilité immédiate de 3 ans pour abus de confiance après avoir fait signer une procuration à un « ami » sur son lit d’hôpital, permettant la vente d’un bien immobilier au profit de son ex-maîtresse.

    Yann Bompard et Marie-France Lorho jugés pour emploi fictif

    Le tribunal correctionnel de Marseille rendra sa décision, le 26 janvier, sur l’affaire d’emploi fictif et détournement de fonds concernant Yann Bompard, maire Ligue du Sud d’Orange, et Marie-France Lorho, députée RN. Deux ans de prison et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire ont été requis par le parquet pour le premier, 18 mois de prison avec autant d’inéligibilité pour la seconde.

    David Rachline poursuivi pour favoritisme

    Poussé à la démission de son poste de vice-président du parti par Marine Le Pen, début décembre, car mis en cause pour « prise illégale d’intérêt » et « corruption », le maire de Fréjus, David Rachline, poursuivi pour favoritisme, sera jugé le 22 septembre pour avoir favorisé la société de sécurité d’un de ses proches dans l’attribution de marchés publics pour la sécurité de la mairie.

  • [Entretien] Sylvain Souvestre : « Si Allisio ne vient pas ici, ce serait un manque de courage politique »

    [Entretien] Sylvain Souvestre : « Si Allisio ne vient pas ici, ce serait un manque de courage politique »

    La Marseillaise : Vous présentez vos vœux de fin de mandat, de quoi êtes-vous particulièrement fier ?

    Sylvain Souvestre : En partant d’une feuille blanche sur des domaines qui m’intéressent comme le sport, il y la création des premiers paddles municipaux de France, gérés à 100% mairie de secteur, et qui ont un succès monstre. Je suis très fier aussi de l’Académie des sports qui réunit les clubs du secteur sur des tournois, des stages. À côté de la rénovation des équipements, il y a la création de la Maison des abeilles et de la biodiversité, aussi. Je suis fier aussi d’avoir mis fin aux squats de Saint-Marcel, de la Barasse et de St-Jean-du-Désert, et d’avoir pu rénover aussi avec la Métropole et sa présidente, les noyaux villageois de Saint-Barnabé et Saint-Marcel, ou la place de l’église de la Valentine. Quand il y a de la volonté, on réussit de belles choses.

    Il y a des regrets, des choses que vous n’avez pas pu faire ?

    S.So. : Il y a déjà la frustration de ne pas avoir eu, pas un accord, mais rien qu’une réponse du maire de Marseille aux demandes qui le concernaient. J’ai écrit plus de 1 500 courriers sur cinq ans sur des problématiques d’école, j’ai proposé l’installation de 185 caméras de vidéosurveillance… pas une réponse. Je regrette d’avoir vu ce secteur laissé en dehors du plan école. Aucune n’a été entamée sur ce mandat. La première est inscrite dans la prochaine vague et débutera en 2027. C’est La Figonne à Beaumont, une des quatre écoles « Geep » qui auraient dû être terminées depuis trois ans si le partenariat public-privé (PPP) n’avait pas été dénoncé par cette majorité. Pour la première fois de l’histoire, Marseille a de l’argent, c’est inadmissible d’avoir laissé 124 000 habitants au pain sec et à l’eau. J’ai même proposé à l’adjoint à la sécurité d’installer un poste de police municipale dans des bâtiments vides à Saint-Marcel… C’est du mépris.

    Qu’est-ce qui fait la force d’un maire de secteur ?

    S.So. : Ma force en tout cas, c’est mon engagement dans la proximité. Je me lève tous les jours à 4h30, je travaille toute la journée, je vais chaque jeudi matin aux opérations de propreté coups de poing de la Métropole. Cette proximité fait la force des maires de secteur, quel que soit leur bord. Il est dommage que la modification de la loi PLM n’ait pas renforcé ces pouvoirs.

    Votre discours très sécuritaire sur un secteur où le RN est très fort, est-ce nécessaire ?

    S.So. : Notre secteur historiquement à droite, a une identité, des traditions et des marqueurs forts. Je me suis battu contre la sortie de Pagnol de la Buzine, j’ai dénoncé la censure du film Sacré-Cœur. Après, les gens disent qu’ils veulent de la sécurité, même si on est assez protégé ici par rapport d’autres. Nos principaux problèmes, c’est l’incivisme, le jet clandestin, le stationnement illégal, ce qu’on peut résoudre grâce à de la vidéosurveillance et de la police de proximité. Si certains, comme le RN ou LFI, cherchent à nationaliser l’élection, c’est pour compenser leur absence du terrain. Moi, je suis dans l’action de proximité et les résultats. Franck Allisio, candidat du RN sur la ville, était élu du secteur en 2020 avant de démissionner pour aller se faire élire député à Marignane. Aura-t-il le courage d’être à nouveau candidat ici ? Où va-t-il se protéger en l’étant juste sur la ville ?

    Si jamais Franck Allisio venait sur ce secteur, vous seriez prêt ?

    S.So. : Je l’attends, j’espère qu’il viendra. Même si je crois qu’il n’y habite pas, il a été plusieurs fois candidat et a toujours voulu être ici. Si Franck Allisio ne vient pas dans les 11-12, ce serait un manque de courage politique. Le RN cherche à incarner la sécurité, mais c’est un vernis auquel beaucoup de gens ne croient pas. Je peux comprendre leur ras-le-bol, mais je peux vous dire qu’ils font la différence entre le local et le national. Ils parlent d’insécurité, d’immigration, mais savent que ça ne se règle pas à ce niveau. Puis on est identifié, avec mon équipe, avec Valérie Boyer, on a des résultats. Le marqueur de la proximité peut faire la différence. Et la crédibilité aussi. Les gens qui viennent à deux mois du scrutin et n’ont pas été là pendant six ans… Personne n’est naïf.

    Vous êtes référent sur les 11-12. Vous y serez candidat ?

    S.So. : Je suis quelqu’un de très légitimiste, je m’inscris dans un collectif. Tant que notre candidate n’a pas arbitré, je ne vais pas me positionner. Mais j’ai bien entendu la volonté de défendre ce secteur. Je serai là où je suis le plus utile pour les habitants des 11-12.

    En mairie centrale aussi donc ?

    S.So. : Ça peut. Mon souhait parce que je maîtrise moins bien les autres secteurs est de m’engager pour les 11-12.

    Qu’est-ce que vous souhaitez aux habitants pour cette année ?

    S.So. : Je leur souhaite des débats sains et sereins, sur du fond, avec de vraies propositions, pour qu’ils puissent choisir en toute connaissance. Je leur souhaite aussi de continuer à être fier de ce secteur, de cette qualité de vie et de conserver ce dynamisme, cet état d’esprit et cette bienveillance entre nous.

  • [Sondage La Marseillaise] Distancée par le RN, la droite marseillaise appelle à « la confrontation des idées »

    [Sondage La Marseillaise] Distancée par le RN, la droite marseillaise appelle à « la confrontation des idées »

    Point presse sous pression au QG de campagne de Martine Vassal, cours Pierre-Puget (6e), ce mardi. Le thème initial a été ajourné pour un rendez-vous « plus politique », et l’heure avancée pour permettre à la très droitière sénatrice (LR), Valérie Boyer, d’y prendre part. à deux mois du scrutin, le sondage égrainé depuis lundi dans La Marseillaise, a bousculé la campagne en plaçant le candidat d’extrême droite (30%), largement devant la candidate de la droite dite républicaine (23%). Deux courbes qui se croisent.

    « Il y a beaucoup d’agitation, tout le monde commente en jouant le second tour avant le premier, mais la plupart des candidats confondent des échéances nationales avec ces municipales », tempère Romain Simmarano (Ren). Le porte-parole de Martine Vassal essaie de recentrer le débat, appelle à parler « projet », « visions », à la « confrontation des idées » et s’évertue à replacer sa candidate dans « un duel à deux », s’appuyant sur le second volet du sondage, sorti le matin-même.

    à la question « qui ferait un bon maire ? », 47% des Marseillais interrogés répondent Benoît Payan (DVG), 44% Martine Vassal (DVD) et 29% Franck Allisio (RN). « On a pour la première fois un chiffre intéressant, avec la seule question qu’on devrait se poser. Et là, les choses s’inversent et créent un duel de fait », argue Simmarano.

    « Mais qui sont-ils ? »

    Pour l’équipe de campagne, ce chiffre souligne la fragilité du maire. « Un sortant n’a pas un taux de satisfaction de moins d’une personne sur deux », glisse Valérie Boyer, quand son partenaire met en avant sa candidate qui « n’a jamais été maire, se présente avec son expérience et une équipe forte de son renouvellement et de son savoir-faire ». L’offensive contre Payan, accusé de « nier les problèmes » et « recycler 85% du programme de 2020  », est ciblée : « Il a eu six ans et les pleins pouvoirs municipaux et son bilan est famélique », assène le porte-parole.

    Et si on observe que les 46% de Marseillais estimant que « Martine Vassal ne serait pas une bonne maire », jugent peut-être aussi son bilan à la tête de la Métropole sur les transports, la propreté ou la voirie, les deux balaient. « Elle n’est pas maire », objecte Valérie Boyer. « C’est une élection municipale », répond Simmarano, oubliant que les conseillers métropolitains seront aussi désignés en mars. « Le maire a un statut particulier avec la clause de compétence générale. Donc, quand on regarde l’état d’une ville, on ne peut regarder que le bilan de la municipalité ».

    Mais le discours est vite parasité par un point presse tenu une heure plus tôt par le RN (lire ci-contre). Se basant sur le sondage, il y a appelé au retrait de Martine Vassal. Si Valérie Boyer juge la manœuvre « paresseuse », Romain Simmarano s’énerve presque : « Mais qui sont-ils ? La démocratie, ce n’est pas demander à son adversaire de se retirer avant l’élection ! La campagne de Franck Allisio est motivée par la peur, la trouille des autres, de la confrontation et du terrain (…). Le RN n’a aucune proposition. Il se complaît dans le rôle d’assurance vie de Benoît Payan. »

    La droite, qui a surfé sur les thèmes sécuritaire, jusqu’à assumer un partage des valeurs avec le RN, revendique désormais une ligne claire. « Nous, c’est le gaullisme, la République, l’amour du drapeau, la volonté d’avoir une ville sécure qui offre des perspectives à tous ces enfants. Ça c’est nous, cette droite et ce centre, cet humanisme. On n’est pas de la même famille. Que M. Allisio arrête de se faire passer pour ce qu’il n’est pas. Il est le candidat de l’extrême droite, il faudra le courage de le dire », martèle le proche de Renaud Muselier, pointant l’absurdité de l’état d’urgence proposé par Allisio pour lutter contre le narcotrafic et la surenchère fiscale du RN à Paris.

    Acculée à deux mois du scrutin, la droite se cherche un récit. Celui d’une candidate « capable de rassembler » face à un maire sortant fragilisé et un RN « fébrile ». « Bien sûr que nous ne nous retirerons pas. Nous avons uni la droite et le centre pour changer Marseille sans céder aux extrêmes. On ira projet contre projet, vision contre vision », promet Simmarano. « Et nous allons gagner ».

  • [Sondage La Marseillaise] Pour la droite, le Rassemblement national est « l’assurance-vie » de Benoît Payan

    [Sondage La Marseillaise] Pour la droite, le Rassemblement national est « l’assurance-vie » de Benoît Payan

    À deux mois des élections, la course à l’hôtel de ville s’annonce disputée. Le sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié lundi, place Benoît Payan (DVG) et Franck Allisio (RN) en tête du 1er tour avec 30% des intentions de vote chacun. Martine Vassal, la candidate (DVD) de l’alliance de la droite, en recueille 23%. Sébastien Delogu (LFI) est lui crédité de 14%.

    Dynamiques croisées

    La réaction de l’équipe de campagne de Martine Vassal n’a pas tardé. Dans un communiqué, elle appuie sur la volatilité de l’électorat. « Les sondages se suivent et ne se ressemblent absolument pas. En deux mois, on a eu trois candidats différents en tête, on voit bien que c’est une élection très incertaine qui sera sûrement la plus serrée de l’histoire », appuie Romain Simmarano (Ren), porte-parole de la candidate. Sur les réseaux, ce dernier poste un tableau faisant la moyenne des sondages précédents. Une façon d’atténuer l’impact. Mais le document met en valeur deux dynamiques qui se croisent : celle de sa candidate qui perd six points depuis son entrée en campagne en septembre et celle de Franck Allisio qui en gagne autant sur la période.

    « Il faut se souvenir que notre liste était à 21% il y a un an. Cette élection n’est pas jouée, tout est très ouvert, voilà ce que disent ces sondages », répond Romain Simmarano. Pris en étau entre une extrême droite dont Martine Vassal a admis partager des valeurs, et une gauche sortante dont le socle est plus large qu’en 2020, la droite essaie de s’ouvrir une voie pour être dans « le match » de cette élection.

    « Le grand fantasme de Benoît Payan d’installer un match avec le RN se met en place. En 2020, il a utilisé Michèle Rubirola en bouée de sauvetage, en 2026, ce sera Allisio », note Maxime Boudet, porte-parole de Renaissance Marseille. « Il a bien compris que c’est pour lui une assurance-vie, car le RN ne peut pas gagner », renchérit Romain Simmarano, pour qui l’alliance des macronistes aux LR reste « la seule voie médiane, raisonnable et ambitieuse ».

    L’entourage de Martine Vassal appelle aussi à recentrer le débat. « Ne nous trompons pas d’élection », écrit son équipe, plaidant pour une confrontation des « idées » autour de Marseille, de sa sécurité et de son rayonnement. « La campagne commence, on va pouvoir parler projet et vision. La propreté, la RTM, ce n’est plus l’enjeu », estime Maxime Boudet, souhaitant voir le centre macroniste prendre toute sa part. « Les résultats de Berland en 2020 montrent que sont les voix qui manquent aujourd’hui à Martine Vassal. On doit aller chercher les électeurs du centre. Renaissance peut rapporter ces voix à Martine Vassal ». Ces mêmes voix qui s’étaient déjà refusées en 2020 ?

  • [Sondage La Marseillaise] Un rejet désormais plus marqué de LFI que du RN

    [Sondage La Marseillaise] Un rejet désormais plus marqué de LFI que du RN

    Pour chacune des personnalités suivantes, diriez-vous que si elle devenait Maire de Marseille en mars prochain, ce serait une très bonne, plutôt bonne, plutôt mauvaise, très mauvaise chose ou ni une bonne chose, ni une mauvaise chose pour l’avenir de Marseille ?

    C’est la question à laquelle l’échantillon représentatif de Marseillais a répondu. À nouveau, le maire de Marseille fait la course en tête (44% de oui), devant Martine Vassal (40%de oui), Franck Allisio (32%de oui) et Sébastien Delogu (22% de oui).

    Indifférence croissante vis-à-vis de l’extrême droite

    L’enquête révèle un rejet désormais plus marqué de LFI que du RN. Ainsi, l’élection du candidat insoumis serait jugée comme « une mauvaise chose » pour l’avenir de Marseille par 54%des personnes interrogées. « Clairement le repoussoir c’est LFI au plan national, c’est Delogu à Marseille », analyse Stéphane Zumsteeg le directeur du département Politique et opinion d’Ipsos-BVA.

    Les conséquences d’une élection de Benoît Payan comme de Martine Vassal seraient perçues comme négatives par 36% des personnes interrogées.

    Quant au candidat RN, s’il y a plus de Marseillais qui verrait son élection comme « une mauvaise chose » (39%) que comme « une bonne chose » (32%), une part importante des personnes interrogées estiment que ce serait « ni une bonne, ni une mauvaise chose ».

    « C’est le symptôme d’une institutionnalisation du RN qui fait de moins en moins peur y compris au plan local. 20+32 ça fait 52% donc oui, si on ajoute ceux qui y sont favorables et ceux qui y sont indifférents cela fait une majorité potentielle », souligne Stéphane Zumsteeg.

  • [Sondage La Marseillaise] Qui ferait un bon maire ? Benoît Payan en tête

    [Sondage La Marseillaise] Qui ferait un bon maire ? Benoît Payan en tête

    La deuxième partie de l’enquête exclusive La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA est riche en enseignements. Elle démontre notamment que les intentions de vote diffèrent de la perception de tel ou tel candidat susceptible d’être aux yeux des Marseillaises et des Marseillais « un bon maire ».

    En effet, Benoît Payan, le candidat du Printemps marseillais, donné au coude à coude avec le RN plie le match lorsqu’il s’agit d’incarner de savoir s’il ferait un bon maire pour Marseille. Il enregistre 47% de oui et il est le seul candidat à pouvoir se prévaloir d’une proportion de oui supérieur à celle de non. Il se paye le luxe d’être perçu comme un futur « bon maire » par 73% de l’électorat insoumis, devant le candidat LFI, Sébastien Delogu à 70% parmi ses sympathisants.

    Martine Vassal (DVD), profitant sans doute de sa stature de présidente du Département et de la Métropole arrive deuxième à 44%, devançant Franck Allisio du RN alors que celui-ci la précède en matière d’intentions de vote. Logiquement, elle plaît à son camp et un tiers de l’électorat de gauche lui concède qu’elle ferait « une bonne maire ».

    Franck Allisio, député de la circonscription de Marignane-Vitrolles, pâtit de son manque de notoriété avec 17% qui ne le connaissent pas et 21% qui ne sont pas en mesure de se présenter. Il ferait un bon maire pour 29% des Marseillais, 18 points derrière le sortant.

    Sébastien Delogu suscite le plus net rejet avec 56% de non. Quant à Erwan Davoux, que l’on imaginait en concurrence avec Martine Vassal, fait son meilleur score chez les sympathisants insoumis. 14% d’entre eux le voient comme un « bon maire » potentiel.

    Fiche technique

    Institut

    Ipsos / BVA

    Échantillon

    801 habitants de Marseille, constituant un échantillon représentatif de la population marseillaise âgée de 18 ans et plus, inscrite sur les listes électorales à Marseille.

    Date de l’enquête

    Du 2 au 8 janvier 2026

    Méthodologie

    Échantillon interrogé par téléphone sur système CATI (Computer assisted téléphone interviews). Représentativité assurée par la méthode des quotas selon le sexe, l’âge, la profession, l’arrondissement de résidence.

    La notice de cette enquête est consultable sur le site de la Commission des sondages.

  • [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite s’inscrit dans un match à deux

    [Sondage La Marseillaise] L’extrême droite s’inscrit dans un match à deux

    Le vent est porteur. Et ce n’est pas le soutien de Marine Le Pen, attendue vendredi en meeting à Marseille, en plein procès en appel dans l’affaire des assistants parlementaires européens du Front national, pour laquelle elle a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux fermes, et cinq ans d’inéligibilité en première instance, qui devrait le contrarier.

    « Franck Allisio est le seul rempart face à la gauche et l’extrême gauche à Marseille » martelait, ce lundi, l’extrême droite dans un communiqué, saluant les 30% d’intention de vote accordée à leur candidat dans le sondage La Marseillaise / Experts et territoires / Ipsos-BVA. « Tout cela est conforme à ce que nous vivons sur le terrain. En mars prochain, les Marseillais auront le choix entre un candidat qui souhaite remettre Marseille en ordre et un qui souhaite accélérer son déclin », fanfaronne la liste « Marseille en ordre avec Franck Allisio », affichant une réelle satisfaction à l’idée de distancer Martine Vassal, la candidate de la droite républicaine, et de s’inscrire dans un match à deux avec le maire (DVG) sortant de Marseille, Benoît Payan.

    À la manœuvre, Olivier Rioult, ancien membre du cabinet de Martine Vassal au Département et collaborateur des groupes majoritaires de droite au Département et à la Métropole, aujourd’hui directeur de campagne et porte-parole d’une candidature d’extrême droite qui n’hésite plus à marcher sur les pas très libéraux de son ancienne famille, défendant un « projet pro-business, pro-entreprise, pro-travail donc pro-pouvoir d’achat pour les Marseillais ! ». La Macronie n’aurait pas dit mieux. Mais la crédibilité à ses limites.

    Le soutien de l’ancien patron de l’extrême droite dans le département, ex-lepéniste et zemmouriste, Stéphane Ravier, déjà condamné pour prise illégale d’intérêts (six mois de prison avec sursis et un an d’inéligibilité) et injure publique, interroge sur la capacité de Franck Allisio à rassembler « une majorité de Marseillais afin de remettre Marseille en ordre et de rebâtir une cité phocéenne propre et heureuse ».

    Et que penser de ses soutiens plaidant sur les réseaux sociaux le « chaos » en cas d’élection de Benoît Payan et promettant abusivement un Sébastien Delogu (LFI) en 1er adjoint « en charge de l’insertion des dealers ». Sans trop de surprise, la campagne municipale de l’extrême droite nous replonge rapidement le nez dans le caniveau.

    Erwan Davoux : « Vassal finira au même niveau que Delogu »

    S’il regrette d’avoir été sondé (2%) comme liste DVD et considère mener avec Nora Preziosi une liste citoyenne défendant « la dignité humaine et l’égalité entre tous les Marseillais », Erwan Davoux espère encore voir la dynamique s’enclencher suite à l’inauguration, samedi, de son local de campagne. « Globalement, on voit bien toutefois que cela va se jouer entre le RN et Benoît Payan. Martine Vassal est durablement décrochée, elle finira au même niveau que Sébastien Delogu, si ce n’est derrière », estime l’ancien agent du Département à l’origine de l’enquête pour détournement de fonds publics ouverte contre sa présidente, Martine Vassal.

  • [Sondage La Marseillaise] Le camp de Martine Vassal appelle à ne pas se tromper d’élection

    [Sondage La Marseillaise] Le camp de Martine Vassal appelle à ne pas se tromper d’élection

    À deux mois des élections municipales, la course à l’hôtel de ville de Marseille s’annonce particulièrement disputée. Le sondage La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA, publié ce lundi, place le maire sortant, Benoît Payan (DVG), et le candidat d’extrême droite, Franck Allisio (RN), en tête du 1er tour avec 30 % des intentions de vote chacun.

    Martine Vassal, la candidate DVD, présidente du Département des Bouches-du-Rhône et de la Métropole, en campagne depuis le mois de septembre, recueille 23 %, malgré un large rassemblement des macronistes aux LR. Sébastien Delogu (LFI) est crédité de 14 %. En décembre, dans un sondage de La Provence, Martine Vassal était crédité de 26 % des intentions de vote et Franck Alliso de 27%. Une tendance se dessine.

    La réaction de son équipe de campagne n’a pas tardé. Dans un communiqué, son camp insiste sur la volatilité de l’électorat marseillais. « En deux mois, trois candidats différents ont été donnés en tête des sondages », souligne le texte, y voyant la preuve que l’élection sera « l’une des plus serrées de l’histoire de la ville ».

    Sans contester frontalement les résultats, l’entourage de la présidente de la métropole mise sur une dynamique de rassemblement. Le texte insiste sur « l’union des Marseillais qui veulent sauver leur ville », présentée comme la « seule réponse politique » face au bloc (PS, PCF, Ecologistes, Place publique, Mad Mars, GRS…) constitué autour de Benoît Payan, qu’elle tente encore d’associer à La France insoumise pourtant parti en solitaire, et à celui de l’extrême droite Franck Allisio (RN).

    La candidate DVD appelle aussi à recentrer le débat sur les enjeux locaux. « Ne nous trompons pas d’élection », écrit son équipe, plaidant pour une confrontation des « visions, idées et projets » autour de Marseille, de sa sécurité et de son rayonnement. Une ligne déjà défendue la veille par Martine Vassal sur France 3.

  • L’extrême droite peut-elle l’emporter dans la deuxième ville de France ?

    L’extrême droite peut-elle l’emporter dans la deuxième ville de France ?

    L’enquête d’opinion La Marseillaise/Experts et territoires/Ipsos-BVA donne le candidat du RN, Franck Allisio à 30%, à égalité avec la liste du Printemps marseillais conduite par Benoît Payan. Un score très important pour un candidat d’extrême droite, député depuis 2022 de la circonscription de Marignane-Vitrolles qui souffre d’un déficit de notoriété dans la cité phocéenne.

    Mais, sûr de son influence, le RN a placé Marseille depuis de longs mois dans la liste de ses objectifs prioritaire pour les municipales de mars. Signe de l’enjeu : Marine Le Pen tiendra meeting ce vendredi au Parc Chanot, au côté de son candidat à la mairie de Marseille. Et ce, trois jours seulement après l’ouverture de son procès en appel à Paris, ce mardi, dans l’affaire des assistants parlementaires du RN qui lui a valu cinq ans d’inéligibilité avec exécution immédiate en première instance.

    En 2024, la liste Bardella réalise 30,14%

    Il faut se souvenir que les bons résultats du FN puis du RN ne datent pas d’hier mais ils étaient plutôt circonscrits aux scrutins nationaux. Ainsi, pour mémoire, lors de l’élection présidentielle de 2002 Jean-Marie Le Pen est en tête au premier tour puis réalise près de 27% au second tour face à Jacques Chirac. Vingt ans plus tard, en 2022, sa fille récolte 20,1% au premier tour mais parvient à capitaliser 40,16% au second, face à Emmanuel Macron.

    En 2024, la liste de Jordan Bardella figure nettement en tête avec 30,14%. Un étiage sur lequel Franck Allisio semble pouvoir toujours compter d’après les résultats du sondage La Marseillaise/Ipsos-BVA. D’autant qu’il a négocié la non-candidature de Stéphane Ravier ancien du RN, passé par Reconquête qui aurait pu handicaper son score. La « marque » RN avec un candidat flanqué de Marine Le Pen et de Jordan Bardella sur ses affiches, bénéficie de la situation politique nationale avec un bloc de droite et du centre empêtré dans les conséquences de la dissolution désastreuse décidée par le chef de l’État. Le changement de mode de scrutin qui municipalise une élection autrefois morcelée par secteur semble aussi bénéficier au RN car il pâtissait jusque-là de sa faible implantation face à une droite qui cultivait depuis longtemps son réseau de notabilités avec l’appui de ses élus de proximité. Dans ces conditions, le RN peut-il emporter la deuxième ville de France ? Il est évidemment trop tôt pour l’affirmer mais il n’a probablement jamais été si près du but.