Tag: Franck Allisio

  • Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Dans les Bouches-du-Rhône, des porosités risquées entre droite et extrême

    Au fil des semaines et des déclarations successives de candidature, la poussière retombe progressivement sur les municipales dans les Bouches-du-Rhône. À commencer par sa ville centre, Marseille, où la campagne est déjà bien engagée alors que doit s’appliquer un nouveau mode de scrutin avec deux urnes. L’extrême droite a dégainé en premier, avec la candidature dès le mois de juin du député RN de Marignane, Franck Allisio, jouant sur la normalisation du parti lepéniste et les débauchages d’élus de secteur à droite qui se poursuivent de mois en mois.

    Dans une ville où un tiers des électeurs, lors des derniers scrutins nationaux, votaient pour l’extrême droite, le sénateur Stéphane Ravier lui a enlevé une épine du pied en se retirant de la course début octobre pour lui apporter son soutien. À droite, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département Martine Vassal a précipité sa candidature à la rentrée, durcissant le discours pour prendre des voix à l’extrême droite. Jusqu’à créer des tensions avec l’ex-secrétaire d’État Sabrina Agresti-Roubache, tandis que l’ex-maire des 9-10 Lionel Royer-Perreaut a annoncé quitter la vie politique, refusant de la soutenir. Le docteur Frédéric Collart (DVD), candidat, se fait désormais discret. Les insoumis, approchés par l’adjoint écologiste Sébastien Barles et son collectif Vaï Marseille, ont de leur côté adapté leur calendrier au contexte national, même si le député Sébastien Delogu ne cache pas son ambition. Quant à la majorité bien en place, le Printemps marseillais retarde son entrée en campagne après une démonstration de force à la rentrée, mais a reçu le soutien des communistes et d’écologistes frappés par la mise en retrait de leur chef de file.

    Ailleurs, l’extrême droite ne cache pas ses ambitions après avoir ravi il y a un an la ville de Rognac gangrenée par les affaires, mais à l’issue seulement d’une improbable quadrangulaire. Pour débaucher maires et candidats, le RN a concocté un label « Provence qu’on aime », espérant élargir son ancrage territorial après les législatives. Dans les bastions ouvriers de Fos-sur-Mer et Port-de-Bouc, la droite locale a franchi le Rubicon en s’y ralliant. Mais à Marignane, le maire Eric Le Dissès qui s’est allié à Franck Allisio doit faire face à une large coalition menée par le maire (UCE) de Gignac, Christian Amiraty.

    Sur la Côte bleue, le maire (DVD) de Carry René-Francis Carpentier doit faire face à une multiplication de listes, dont la défection de son ex-adjointe Valérie Guarino, également vice-présidente (DVD) au Département. À Aix, Sophie Joissains (UDI) déjà candidate annoncée depuis longtemps tient encore le centre et la droite, sans autre liste face à elle dans son camp pour le moment, mais devra affronter la gauche unie, sans les insoumis.

    Ailleurs, la gauche espère conserver ses villes, notamment les bastions communistes comme Martigues où le RN se montre ambitieux. Surtout, elle espère reprendre les territoires perdus comme Arles, où Nicolas Koukas (PCF) avait réalisé de bons scores aux législatives, ou Gardanne, où elle espère l’union face à la candidature du maire (LR) sortant Hervé Granier.

  • Mal de maire

    Mal de maire

    Les mandats de Macron les ont sacrément malmenés : les maires, quintessence des corps intermédiaires dont le superprésident voulait se débarrasser. Mais des Gilets jaunes à l’épidémie de Covid, ils ont montré leur importance. Quand le pouvoir central était dépassé, c’était eux les interlocuteurs. Le maire est d’ailleurs, et de loin, l’élu préféré des Français, l’élu de proximité par excellence, qui connaît son terrain et ses administrés. Mais le sentiment d’abandon, difficultés budgétaires sans oublier les violences… ont provoqué un malaise qui a débouché sur un niveau record de démissions : 2 181 édiles lors du dernier mandat.

    Film symptôme

    L’instabilité politique du pays n’aide pas au lancement d’une campagne paisible pour le scrutin de mars. Et l’extrême droite qui surfe dans les élections nationales rêve de voir son hégémonie se traduire à l’échelon local. D’autant que les engagements non tenus de Macron ont sacrément endommagé le « front républicain ». Une extrême droite qui compte bien aussi capitaliser sur le malaise d’une droite explosée par le « en même temps » et qui voit ses appels du pied vers la droite maquillés sous des labels inaugurés pour l’occasion commencer à faire mouche. Si tout le pays est concerné, notre région reste un laboratoire de l’exercice local du pouvoir de l’extrême droite hier à Toulon, Marignane ou Orange… Et aujourd’hui, la lutte commune entre la candidate divers droite Martine Vassal et Stéphane Ravier, ex-zemmouriste rallié au RN Franck Allisio, pour la diffusion du film prosélyte de Bolloré « Sacré cœur » au Château de la Buzine à Marseille ne peut qu’inquiéter.

  • À Port-de-Bouc, la droite s’allie avec le Rassemblement national pour les municipales

    À Port-de-Bouc, la droite s’allie avec le Rassemblement national pour les municipales

    Soutenu par le « RPR », le mouvement fondé par le député d’extrême droite Franck Allisio et le maire de Marignane Éric le Dissès, Pascal Spanu officialise sa candidature aux élections municipales de Port-de-Bouc. « Je ne gagnerai pas sans le Rassemblement national, mais j’ai des divergences avec le parti, sinon je serais encarté », affirme le conseiller municipal d’opposition de 65 ans, créateur des centres d’orthopédie de Martigues et de Marignane. Des divergences, mais aussi des points de convergence. Ses priorités : propreté, « fin du matraquage fiscal » et sécurité, la police municipale en totem. Le candidat souhaite installer une brigade cynophile et des caméras supplémentaires tout en baissant la taxe foncière qu’il considère punitive à 48,65%. Comment financer ces mesures ? « Il y a des équilibres à trouver », répond-il, en certifiant toutefois qu’il ne tapera pas dans le budget de la culture ou du sport.

    Pascal Spanu assure qu’il mènera une liste de rassemblement évoquant même « des syndiqués CGT » et « un ancien de LFI » qui seraient à ses côtés, sans plus de précisions. Ce grand écart « ni droite, ni gauche », propre au discours d’extrême droite, fera-t-il illusion ? Virginie Pepe (DVD), sa directrice de campagne qui avait tenté sa chance aux municipales en 2014 sous l’étiquette UMP (16,44%) puis en 2020, après avoir quitté LR (13,73%), précise : « On souhaite réunir au-delà de l’étiquette, le seul parti qui nous anime c’est notre ville, on est rassemblés derrière un projet. » La liste sera présentée en début 2026.

  • Un transfuge LR sera le candidat RN à Vitrolles

    Un transfuge LR sera le candidat RN à Vitrolles

    Ancien attaché parlementaire de Renaud Muselier (Ren), ex-directeur de cabinet de Bruno Gilles (Hor), ex-conseiller au cabinet de Martine Vassal (DVD) à la Métropole, Fabien Bravi a rejoint l’extrême droite en janvier via le label « La Provence qu’on aime », lancé par le Rassemblement national pour investir des candidats sans adhésion formelle. Il avait été aussi adjoint au maire de Marignane, Éric Le Dissès (ex-LR). Sa désignation comme candidat officiel a provoqué des tensions internes à l’extrême droite. Philippe Sanchez, élu RN d’opposition depuis plusieurs mandats à Vitrolles, a été écarté par la commission d’investiture avait dénoncé une « OPA » sur le parti par des personnalités issues de la droite traditionnelle, accusant Franck Allisio, patron départemental du RN, député de Marignane, de promouvoir des proches de Vassal. Bravi, qui n’a pas pris sa carte au RN, est censé incarner cette stratégie de recomposition.

    Dans une ville de Vitrolles, où le souvenir de la gestion du couple Mégret (1997-2002), période durant laquelle la ville fut un laboratoire de l’extrême droite, reste vivace et douloureux, le symbole se veut fort.

  • Stéphane Ravier soutient Franck Allisio (RN) pour les municipales à Marseille

    Stéphane Ravier soutient Franck Allisio (RN) pour les municipales à Marseille

    Le parlementaire, ex-RN et ex-Reconquête !, a déclaré, dans un entretien à La Provence et BFM Marseille : « J’ai décidé de ne pas être candidat et d’apporter mon soutien sans réserve à Franck Allisio ».

    Stéphane Ravier laisse donc le champ libre au député RN de la 12ᵉ circonscription des Bouches-du-Rhône Franck Allisio, candidat du parti présidé par Jordan Bardella, dans la cité phocéenne, depuis juin dernier.

    « Le sacrifice est grand, car non seulement je ne serai pas tête de liste, mais je ne serai pas candidat du tout. Ni sur la liste municipale, ni même sur la liste des 13 et 14e arrondissements », a précisé Stéphane Ravier.

    Lors des élections municipales à Marseille, en 2020, la liste du Rassemblement national, alors portée par Stéphane Ravier avait récolté près de 20% des suffrages lors du second tour, se plaçant ainsi en troisième position.

    Par ailleurs, le sénateur est accusé de favoritisme dans l’attribution d’un marché public quand il était maire des 13e et 14e arrondissements de Marseille et sera jugé le 2 décembre prochain.

  • L’extrême droite s’efforce de faire sauter les digues

    L’extrême droite s’efforce de faire sauter les digues

    Un ralliement au RN, un de plus. Ce lundi matin, l’équipe de campagne du candidat d’extrême droite à la Mairie de Marseille, le député Franck Allisio, avait convié la presse – mais pas La Marseillaise – pour annoncer un nouveau débauchage, celui du chef d’entreprise Mickaël Salfati. « Il va apporter son énergie et son expérience au service d’un projet ambitieux pour la ville », vante l’équipe de campagne du député du Marignane. Ce qui est certain, c’est que le quadragénaire, déjà, lui a ouvert des portes.

    Selon nos informations, c’est en effet sous le couvert de sa société La Maison Mickaël que Franck Allisio a pu obtenir une entrée au dîner du Crif Marseille – Provence ce mardi 12 septembre, accompagné de son directeur de campagne Olivier Rioult et son allié de l’UDR Jean-Baptiste Rivoallan. Une première, pour un parlementaire d’extrême droite. Sollicitée sur ces faits, son équipe de campagne n’a pas donné suite, tandis que la société de Mickaël Salfati indique qu’il ne sera pas disponible avant jeudi.

    « Le ménage n’a pas été fait »

    Candidat d’un parti cofondé par d’anciens collaborationnistes et Waffen-SS, Franck Allisio s’est largement gargarisé de cet événement, dont il célèbre la « portée politique majeure ». « Après Jordan Bardella invité en Israël, Serge et Beate Klarsfeld faits citoyens d’honneur de Perpignan par Louis Aliot, je suis touché et fier d’avoir été le premier parlementaire du Rassemblement national invité à un dîner du Crif », se vantait-il ainsi dimanche dans un courriel adressé aux adhérents. Quitte à s’arranger avec la réalité, n’ayant reçu aucune invitation officielle du Crif. Mais cela ne l’empêche pas de célébrer « un coup d’arrêt à la dictature de la pensée unique », en dénonçant « le procès injuste en antisémitisme qui a été intenté au RN par quelques bobos parisiens ». « Nous sommes le rempart face à l’antisémitisme », assure le parlementaire lepéniste, qui siège pourtant dans le même groupe que le Varois Frédéric Boccaletti, vendeur de livres négationnistes à Toulon dans sa jeunesse, ainsi que de la Nordiste Caroline Parmentier, qui évoquait le « lobby juif » dans les pages de Présent et célébrait Pétain sur Facebook jusqu’en 2018.

    « Franck Allisio a assisté au dîner sans être invité par l’institution, qui reste fidèle à sa ligne, insiste pour sa part la présidente du Crif 13, Fabienne Bendayan. Les députés de LFI et du RN ne sont pas invités. » Il ne figure ainsi par sur la photo officielle, n’a pas été cité au même titre que les autres parlementaires présents. « La communauté juive, pour beaucoup, est séduite par les discours philosémites et en faveur de l’État d’Israël », observe l’avocate. Mais elle avertit : « Au-delà des discours, il faut raison garder. Il faut constater que la métamorphose du RN vis-à-vis de la communauté juive manque de preuves, le ménage n’a pas encore été totalement fait dans les rangs du RN. » Les candidats antisémites des dernières législatives l’ont amplement prouvé.

  • Le président de Provence Métropole logement rallie Allisio

    Le président de Provence Métropole logement rallie Allisio

    Président du bailleur social de la Métropole Aix-Marseille, Provence Métropole Logement (ex-HMP), et de son parc de 14 700 logements sur le territoire, Patrick Pappalardo devrait annoncer, ce lundi, son ralliement au candidat du RN pour les prochaines municipales à Marseille, Franck Allisio.

    Une information confirmée de sources concordantes, que ni l’intéressé, ni le RN n’ont commenté suite à nos sollicitations. Lui-même n’avait même pas encore échangé au moment où nous écrivons ces lignes, vendredi soir, avec la présidente (DVD) de la Métropole, Martine Vassal, elle-même pressentie pour être candidate à la tête de l’union de la droite et du centre à Marseille.

    Sollicité, son entourage ne souhaitait pas faire de commentaire. Mais dans la matinée de samedi, la candidat d’extrême droite a annoncé tenir lundi une conférence de presse pour présenter « le ralliement d’un acteur local marseillais de premier plan ».

    Patrick Pappalardo est conseiller métropolitain et conseiller d’arrondissement dans les 9 – 10 où il avait intégré avec en 2022 un groupe dissident de la droite majoritaire formé de huit élus autour de Didier Réault, Guy Tessier, Frédéric Guelle, baptisé « Droite républicaine centriste et indépendante ».

    Ce ralliement fait suite à celui du président de son groupe à la Métropole, Jean-Baptiste Rivoallan (UDR) suivi par plusieurs élus des 11e et 12e arrondissement, ainsi que de l’ancien secrétaire général du groupe Olivier Rioult, désormais responsable du RN à Marseille.