Tag: Franck Allisio

  • Sébastien Delogu se désiste, mais LFI maintient ses listes dans 4 secteurs

    Sébastien Delogu se désiste, mais LFI maintient ses listes dans 4 secteurs

    Des larmes et des accolades à l’Afriki Djigui Theatri, ce mardi, où devant caméras et micros, le candidat insoumis, Sébastien Delogu, a annoncé son retrait. « Nous sommes face au RN le plus solide rempart. Partout dans notre pays où les Insoumis sont arrivés en tête et ont fait la démonstration de leur capacité à rassembler largement et à écouter les aspirations du peuple tout entier, pose-t-il. Mais ici, à Marseille, les socialistes sont arrivés en tête et ils ont fait la démonstration de leur irresponsabilité et de leur sectarisme. »

    Comme il n’a jamais cessé de le faire tout au long de la campagne, il dénonce l’attitude du maire sortant et candidat à sa succession avec le Printemps marseillais, Benoît Payan (DVG). « En refusant tout front antifasciste au second tour, [il] fait la démonstration éclatante que le combat contre l’extrême droite valait moins à ses yeux que la soif de pouvoir », balance Sébastien Delogu, estimant que « l’orgueil et l’égo d’un homme ne doivent pas précipiter notre ville dans l’abîme ».

    En revanche, dans les secteurs où il n’y a pas de risque RN, ce sera le maintien, le candidat appelant ses soutiens à s’engager là « où il y a quelque chose à faire ».

    L’extrême droite, « les premiers corrompus »

    En clair, dans les 1-7, avec le dissident écologiste Sébastien Barles, dans les 2-3 avec Alladine Abdallah Salim (LFI), dans les
    4-5 avec Léa Bijaoui et dans les
    15-16 avec Rabyata Boinaheri, pour « faire entrer notre programme de rupture dans les mairies d’arrondissement » espère Sébastien Delogu. De fait, mis à part dans les 13-14 avec 13,10% des suffrages, les Insoumis n’ont pas réalisé de score suffisant pour espérer peser sur le scrutin.

    Sinon, pas de consigne de vote, mais une certitude : le RN ne doit pas l’emporter. « Je veux dire aux Marseillaises et aux Marseillais que les premiers corrompus, ce sont l’extrême droite », martèle Sébastien Delogu, rappelant que « leur présidente, Marine Le Pen, est condamnée pour détournement de fonds publics. Leur candidat, Franck Allisio, est mis en cause pour détournement de biens publics. Et enfin, la candidate des 13e et 14e arrondissements de Marseille, Sandrine D’Angio, condamnée pour favoritisme durant son mandat précédent ». Une évidence : « Marseille ne doit jamais tomber dans les mains de ces gens-là. »

    Alors que Sébastien Delogu repart, refusant de répondre à la presse, Sébastien Barles en rajoute une louche. « C’est un retrait de combat », insiste-t-il. Et d’espérer avec les mairies de secteur, « créer une forme de “Parlement de Marseille fier et populaire” pour que les idées qu’on souhaitait porter comme nouvelles politiques publiques, soient portées à l’avenir à Marseille ». Sur l’extrême droite, « nos électeurs voteront en conscience, une conscience qui leur appartient », assure Léa Bijaoui, considérant avoir toutes ses chances dans son secteur, forte de 5 813 voix au premier tour, soit 16,64% des suffrages. « On a déjoué les pronostics », analyse-t-elle. Elle se félicite aussi au passage du score de Mathilde Lanté (Révolution permanente), « avec qui nous partageons pas mal d’idées ».

  • Le Printemps marseillais en rempart au RN

    Le Printemps marseillais en rempart au RN

    Le décor final est planté. À quelques heures de la date limite de dépôt des candidatures, l’insoumis Sébastien Delogu, qui avait promis de dégager Benoît Payan, le maire (DVG) sortant de l’hôtel de ville, a acté son échec. Arrivé en quatrième position du 1er tour des municipales dimanche, le député des quartiers nord a annoncé, mardi matin, son retrait de la course à la mairie centrale face « au risque » de victoire du Rassemblement national. Une annonce reçue avec froideur par Benoît Payan alors que la veille, une foule de partisans insoumis et de militants antifascistes était venue réclamer, avec force et dégradation, une fusion des listes aux fenêtres de son QG. La porte est restée close.

    Pari manqué

    La conclusion d’une campagne houleuse et arrogante dans laquelle l’insoumis, qui s’était promis de faire revenir aux urnes les habitants des quartiers populaires, n’a pas réussi son pari. Non seulement le taux de participation dans ces secteurs trop longtemps méprisés n’a pas connu l’engouement espéré, mais il n’a surtout pas réussi à rassembler. Dans une ville qui a placé Jean-Luc Mélenchon en tête du 1er tour de la présidentielle 2022 avec 31,12% des suffrages (108 423 voix), lui a plafonné à moins de 12%, réunissant péniblement 33 808 électeurs.

    Le 2nd tour se jouera donc dans une triangulaire avec un seul candidat désormais à gauche, Benoît Payan, crédité de 36,69% des suffrages dimanche, mais talonné de près (35,02%) par le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio (RN). Jamais l’extrême droite n’a été aussi haute à Marseille. Une progression en partie liée à la dégringolade de sa concurrente Martine Vassal, présidente de la Métropole et du Département, représentante d’une droite républicaine locale quasi disqualifiée et qui jouera gros, dimanche prochain, à Marseille. Le retrait insoumis, qui libère un couloir au Printemps marseillais, a immédiatement fait réagir le président du RN, Jordan Bardella, qui a exhorté son homologue des Républicains, Bruno Retailleau, à « prendre (ses) responsabilités en obtenant le retrait » de Martine Vassal, ignorant que celle-ci n’a plus sa carte aux Républicains.

    Un retrait dans les 13-14

    Reste à savoir comment réagiront les électeurs de la France insoumise. Sébastien Delogu n’a pas été des plus clair, appelant « toutes celles et ceux qui ont accordé leur voix à ne pas abandonner la lutte antifasciste et notre programme politique ». Dans son esprit d’abord le soutien aux candidats insoumis restés en lice dans quatre des cinq secteurs où ils avaient franchi la barre des 10%. Des secteurs, les 1-7, les 2-3, les 4-5 et les 15-16, où la gauche apparaît majoritaire.

    Dans ce dernier (8e secteur), une voix s’est élevée, celle du collectif Ibrahim Ali, pour tirer la sonnette d’alarme (lire encadré) et éviter un scénario qui, en 2014, dans les 13e et 14e arrondissements voisins, avait vu l’extrême droite arriver au pouvoir. Une mémoire à vif qui a en partie conduit au retrait de Mohamed Bensaada (LFI) , quatrième (13,1%) dimanche, dans ce 7e secteur justement.

    Une triangulaire y opposera donc Sandrine D’Angio (RN), Tina Biard-Sansonetti, candidate du Printemps marseillais, et Marion Bareille, la maire (DVD) sortante, élue en 2020 après le retrait de la gauche. Arrivée derrière Mohamed Bensaada, elle se maintient malgré le risque de l’extrême droite. La valeur du déshonneur… Mais devant la défaite annoncée, à droite, toute place semble bonne à gratter pour s’accrocher à la Métropole. Dans le reste des secteurs, les seconds tours restent inchangés.

    Sébastien Delogu balaie la demande de retrait des 15-16 du collectif Ibrahim Ali

    Face au risque de voir l’extrême droite arriver au pouvoir, le collectif Ibrahim Ali a appelé, mardi, au retrait de la liste de la France insoumise dans les 15e et 16e arrondissements de Marseille. La candidate LFI, Rabyata Boinaheri, est arrivée en 3e position (23,28%) dimanche, derrière le candidat du RN (29,22%) et Samia Ghali, la cheffe de file (DVG) du Printemps marseillais (36,96%). « Ibrahim est mort ici dans ce secteur sous les balles des colleurs d’affiches du FN. Nous avons une obligation morale de toujours lutter pour sa mémoire et pour les générations futures. Ici, seul le Printemps marseillais est en capacité de l’emporter, il doit avoir toute notre force », justifient les proches du jeune marseillais assassiné en 1995 sur l’avenue des Aygalades. Une proposition rapidement balayée d’un revers de la main par Sébastien Delogu, soucieux de faire « accéder au pouvoir dans les quartiers Nord de Marseille la première femme noire » et « faire dégager Samia Ghali ». Un vrai programme…

    Réactions

    Martine Vassal, candidate de la droite et du centre

    « Benoît Payan choisit LFI. Marseille en danger. Accord secret, arrangements entre amis… Le masque tombe. Pour sauver sa place, Benoît Payan s’aligne sur les plus radicaux. Nous ne nous soumettons pas. Nous tenons. Pour Marseille, désormais, nous sommes la seule voie face aux extrêmes ! »

    Franck Allisio, candidat RN

    « [C’est une] alliance tacite entre Benoît Payan et Sébastien Delogu. Il n’y a que les plus naïfs qui y ont cru, comme ceux qui ont cru que Madame Rubirola allait être maire de Marseille. Eh bien ! Ils refont le coup ! Le vrai maire de Marseille, ce ne sera pas Monsieur Payan, mais Monsieur Mélenchon »

    Valérie Boyer, sénatrice LR

    « Ne vous leurrez pas, voter Benoît Payan et Yannick Ohanessian, c’est voter pour LFI. Une autre voix existe, celle de Martine Vassal et Sylvain Souvestre »

    Pierre Huguet, adjoint au maire et candidat Printemps marseillais dans les 9-10

    « Face au danger du RN, Sébastien Delogu a pris ses responsabilités en se retirant. Dans les 9e et 10e, où le RN est arrivé en tête, Laure-Agnès Caradec (LR) doit en faire autant. Se maintenir, c’est prendre le risque assumé de faire gagner l’extrême droite. »

  • Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Après un long silence, Martine Vassal se maintient, comme elle l’avait promis

    Il aura fallu la nuit et plus d’une demi-journée pour qu’enfin, Martine Vassal sorte d’un silence assourdissant. Le temps de digérer son score de 12,41%, sa liste étant arrivée loin derrière le Printemps marseillais du maire sortant Benoît Payan (36,69%) et le RN Franck Allisio (35,02%) mais un poil devant l’insoumis Sébastien Delogu (11,94%).

    « Je prends acte de ce résultat qui nous place en troisième position. Je veux l’affirmer avec clarté : nos courants doivent continuer à être représentés », assène-t-elle dans un long communiqué. « Entre la gauche de Monsieur Payan, l’extrême droite du RN et l’extrême gauche LFI, il existe à Marseille un courant de pensée profondément républicain, attaché à l’ordre, à la responsabilité, à l’équilibre et au respect de toutes les sensibilités de notre ville » qu’elle compte bien incarner. Elle met en avant « une équipe rajeunie, renouvelée et compétente, qui représente ces courants de pensée » qui « devra, demain, représenter une opposition claire et constructive au conseil municipal ». Pour Martine Vassal, « il serait impensable de priver les Marseillais de cette représentation au second tour ». Et de se poser en « véritable alternative à la gestion actuelle de la ville doit s’incarner dans un projet sérieux, expérimenté et capable de rassembler largement ».

    Des conséquences

    sur la Métropole

    La candidate de la droite et du centre revient sur son avenir au sein de la Métropole, qu’elle préside depuis 2018 et sur laquelle « cette élection aura également des conséquences majeures ». La Métropole « est une institution essentielle, composée d’une assemblée de maires qui travaillent ensemble pour les transports, l’économie, l’aménagement et l’avenir de notre territoire » rappelle-t-elle, « les électeurs qui nous ont fait confiance ne doivent pas être punis une seconde fois, en voyant cette Métropole basculer également à gauche ! Car nos courants sont les seuls à pouvoir maintenir une majorité à la Métropole ».

    Plus tôt dans la journée, Christophe Madrolle, au nom des « écologistes raisonnables » estimait lui aussi indispensable le maintien de Martine Vassal, qu’il qualifie d’« acte de résistance républicaine face à la montée des extrêmes ». « Une ville comme Marseille ne peut pas se résumer à un jeu de ping-pong institutionnel entre la gauche et l’extrême droite, les Marseillais ont besoin d’équilibre de pluralisme et de dialogue », insistait-il. Dans un communiqué, le référent Marseille de l’UDI, Frédéric Guelle, inquiet de la progression du Rassemblement national et de « la perspective de le voir accéder aux responsabilités », saluait l’engagement de Martine Vassal, porteuse d’une « alternative républicaine » et réclamait lui aussi son maintien.

  • Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Une triangulaire à haut risque se profile à Fos-sur-Mer

    Ce dimanche, la tendance a changé à Fos-sur-Mer, habituée à voir un maire de gauche élu dès le premier tour. Philippe Maurizot (EXD) est arrivé en tête avec 34,71% des suffrages exprimés, suivi de Rémi Esnault (DVG) avec 30,70% et de Jean-Michel Leroy (DVG) avec 26,49%. Pour rappel, le candidat en tête est soutenu par le label d’extrême droite de Franck Allisio La Provence qu’on aime.

    Une union contre nature

    Jean-Michel Leroy, a fait le choix de fusionner avec Jean Fayolle (DVC), arrivé à la 4e place avec 8,10%. Rémi Esnault, confie qu’il lui a proposé une alliance : « Hier [dimanche] soir, je lui ai tendu la main, ouvrant une discussion et prêt à mettre les égos de côté face à la menace de l’extrême droite, mais il a préféré partir de son côté. » Il poursuit : « En général, ce genre d’alliance contre nature est une fausse bonne idée puisque les deux perdent en fin de compte. » Jean-Michel Leroy affirme vouloir dépasser les étiquettes partisanes pour rassembler autour d’un projet local. Pour rappel, il est secrétaire local du PS mais n’a pas reçu l’investiture de son propre parti, qui a préféré soutenir le successeur de René Raimondi, le maire sortant, face à la menace de l’extrême droite. Pour Rémi Esnault, l’alliance est maintenant impossible : « On ne va pas s’allier avec quelqu’un qui veut sacrifier une partie des agents de la Ville et donc le service public », dénonce-t-il. Rémi Esnault reste toutefois optimiste et explique : « Le réservoir de voix est de notre côté. Je pense que nos électeurs n’ont pas pris la mesure du risque potentiel et se sont certainement moins mobilisés que les autres. »

  • À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    À Marseille, Martine Vassal, à la peine, confirme les sondages

    Une permanence fermée aux médias. Voilà qui donnait déjà le ton ce dimanche du côté de la candidate de la droite et du centre Martine Vassal. Restait à savoir quelle était l’étendue de la catastrophe. Les premières estimations tombent, la créditant de 11 à 13% des voix. Mais de commentaires point. Toute la soirée, la candidate aura joué au chat et à la souris avec la presse rassemblée devant sa permanence du 42, cours Pierre Puget (6e), rideau tiré, lumières éteintes. La prise de parole prévue pour 22h30 est reportée d’une heure.

    Une de ses co-listières, Sandra Blanchard, avocate en droit public, finit par débarquer en voiture, chargée de sacs de courses. « On est allé acheter à manger pour les militants », répond-t-elle, un peu embarrassée, à la foule de micros qui se dressent devant elle. « On n’a pas encore les résultats, dès qu’on en saura plus, on vous tiendra au courant, je ne sais pas quand elle va arriver », promet-elle. Quand on lui demande si elle a prévu les mouchoirs, elle convient qu’elle est déçue. « Mais c’est le jeu démocratique, parfois on gagne, parfois on perd, les Marseillais ont décidé, évidemment qu’on aurait voulu faire beaucoup plus ». Et de se dire surtout « déçue qu’il y ait autant de Marseillais qui ont voté pour le Rassemblement national, pour le reste… »

    Un second tour décisif

    Même si elle n’a eu de cesse de le marteler, « le sondage qui va compter, ce sera le résultat du 15 mars au soir », au cours de la campagne, de projections en projections, la liste de Martine Vassal a lentement dégringolé. Elle n’aura rien lâché, jusqu’à son dernier meeting ce mercredi. « Ne vous laissez pas voler cette élection, on va gagner » exhortait-elle alors sur la scène du Florida Palace. Mais les électeurs ont tranché, réalisant le pire des scénarios.

    Reste à savoir quelle attitude elle va désormais adopter pour le deuxième tour. « Même satellisée sur la lune, je ne me retirerai pas » avait-elle promis lors d’un dernier débat avant le vote sur le plateau de nos confrères de La Provence. Une quadrangulaire permettrait d’éviter le naufrage total et d’éviter la fuite vers l’extrême droite.

    Pour mémoire, au second tour des municipales de 2020, Martine Vassal avait déjà vu lui échapper le 4e secteur (6e et 8e arrondissements), fief de la droite depuis 25 ans, au profit de la candidate du Printemps marseillais, Olivia Fortin, réunissant 39,16 % contre 41,78% pour l’actuelle maire de secteur. Elle avait dû affronter au 1er tour la liste dissidente de Bruno Gilles (DVD) avant de finalement faire alliance au second. Et la droite avait été mise hors-jeu par le Printemps marseillais dans une large partie de la ville.

    Une certitude désormais : Martine Vassal va devoir batailler pour conserver la tête de la métropole Aix-Marseille-Provence où elle a pris la suite de son mentor, Jean-Claude Gaudin en 2018. Au mieux, Martine Vassal peut espérer une dizaine d’élus et si elle se dépasse. Ce qui risque d’être un peu léger pour peser dans l’hémicycle du Palais du Pharo. À l’heure où nous écrivons ces lignes, c’est finalement le porte-parole de Martine Vassal, Romain Simmarano qui devait s’exprimer, sans certitude.

  • L’extrême droite à son plus haut niveau

    L’extrême droite à son plus haut niveau

    Face aux premiers résultats dans les villes du RN ce dimanche soir, ses militants serrent le poing, en signe de victoire. « Nous avons fait des scores indécents tant ils sont hauts dans les bureaux de vote qui nous sont favorables dans les 9e et 10e arrondissements », glisse-t-on dans l’entourage de Franck Allisio alors que le dépouillement a commencé. Pour autant, alors que les premières estimations de sortie des urnes le donnaient jusqu’à quelques points derrière le maire (DVG) sortant Benoît Payan, celui-ci a attendu 22h pour s’exprimer devant la presse, depuis la salle de la Palmeraie Borely et célébrer « un choix historique des électeurs marseillais », sous les applaudissements de ses colistiers.

    Jamais en effet, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, l’extrême droite n’a obtenu un score aussi élevé à Marseille. Selon les différents instituts, il était crédité d’au moins 33% des voix exprimées, un niveau proche des estimations sondagières de ces derniers mois. Il obtiendrait ainsi quatorze points de plus que les 19,45% obtenus en 2020 par Stéphane Ravier, et dix points de plus que les 23,16% de 2014, de celui qui est désormais sénateur (ex-RN) des Bouches-du-Rhône. Il va même au-delà du score obtenu par Jordan Bardella lors des dernières européennes en 2024.

    Pas un mot sur Martine Vassal

    « Le souffle du changement et de l’histoire a soufflé comme jamais sur notre ville », se gargarise Franck Allisio. Et le député de Marignane de répéter : « Comme jamais. » « Durant cette campagne, vous avez déjà tourné la page de la gauche », avance-t-il déjà. Et d’assurer, à son pupitre : « Le résultat de ce soir est bien plus qu’un score électoral, c’est une promesse. La promesse que demain, Marseille devienne le nouvel exemple français, source d’inspiration pour toutes les villes qui souffrent de l’insécurité, de la pauvreté, de la salubrité. » Le parlementaire, qui veut instaurer un « pass anti-racailles » pour réserver certaines plages et parcs aux familles et seniors, le même qui promouvait avant le scrutin la « préférence nationale » dans le logement social va même jusqu’à promettre que face à ceux qui « ont laissé la division, le communautarisme et l’antisémitisme prospérer, nous rassemblerons les Marseillais, tous les Marseillais ». Avant d’envoyer le seul message politique de la soirée : « Nous en appelons à toutes les Marseillaises et tous les Marseillais : rejoignez-nous, unissons-nous pour battre la gauche et l’extrême droite. »

    En tout et pour tout, sa déclaration à la presse aura duré moins de cinq minutes. Sans répondre aux questions, sans expliciter davantage ses propos, il s’engouffre dans sa voiture et quitte les lieux. Sans un mot sur la candidate de la droite, Martine Vassal, dont il a raflé l’électorat et à laquelle il tendait la main il y a un mois. Sans un mot spécifique pour ses électeurs qu’il cherchait à rallier lors de la visite de Jordan Bardella une semaine plus tôt. « Dimanche prochain, je serai votre maire », assurait-il, comme pour se persuader.

    Car derrière le score historique obtenu par l’extrême droite à Marseille, il restait bien, selon les premières estimations, en deuxième position derrière le maire sortant, distancé de plusieurs points. Aussi autour de lui ses troupes ne se montraient pas exubérantes.

    Dans la salle de réception, c’est le sénateur Stéphane Ravier qui se plie avec plaisir à l’exercice du service après-vente. « La responsabilité aujourd’hui est dans les mains des électeurs de Martine Vassal », répète celui qui s’est effacé derrière Franck Allisio pour unir toutes les voix de l’extrême droite dès le premier tour, conservant la tête de liste des 13-14 pour sa nièce, Sandrine d’Angio. « C’est une victoire du candidat qui a su avant même l’élection rassembler autour de son nom, de son mouvement, explique-t-il. Il a même réussi à me convaincre ! » Pour lui, « Martine Vassal n’a aucune chance de remontada ». « Quand on a des adversaires comme ça, on n’a plus besoin de soutien, elle a fait une campagne catastrophique », se marre-t-il. Sur de possibles tractations comme celles qui avaient déjà entaché la droite républicaine lors du troisième tour en 2020, « c’est au candidat d’émettre en avis ». « Je ne sais pas s’il est vraiment opportun de repêcher des gens qui ont fait une liste avec des macronistes », estime-t-il cependant. Avant une semaine de campagne difficile, l’extrême droite sans position de force mais toujours en capacité de renverser l’histoire d’une ville pourtant ouverte sur le monde.

  • Marseille sous la menace du RN

    Marseille sous la menace du RN

    Sans recul après une élection 2020 sous covid, et plongé dans l’inconnue du double scrutin, mairie centrale – mairie de secteur, imposé par la réforme de la loi PLM, l’issue du 1er tour des élections municipales à Marseille s’annonçait indécise. Les premiers résultats sortis des urnes dimanche ont confirmé ce sentiment et les sondages des dernières semaines de campagne.

    Premier point, et sans surprise, avec à peine plus de 52% de votants, la participation a été faible. Supérieure évidemment au scrutin 2020, marqué par la crise Covid, où seuls 32,76% des électeurs s’étaient préséntés aux urnes, mais en baisse par rapport à 2008 (57,74 %) et 2014 (53,5%). Un taux d’abstention qui n’a pas pour autant desservi la gauche dont on sait l’électorat moins assidu et lui laisse une marge de manœuvre.

    Le premier indice sur les résultats du vote est paradoxalement venu de Paris où Olivier Faure, premier secrétaire du PS, a annoncé que l’union de la gauche était « arrivée en tête à Marseille ». Quelques instants plus tard, une estimation sortie des urnes donnait la première photo finish. Elle plaçait Benoît Payan (DVG) en tête avec 35 % des suffrages, aux coude à coude avec le candidat de l’extrême droite, Franck Allisio (RN), également crédité de 35 %. Elle sera affiné au fil de la soirée avec eux autres instituts de sondage, Ifop et Elabe, donnant Benoît Payan en tête, entre 36 et 38%, devant le RN, autour de 34%

    « Rassemblement des électeurs »

    Première indication, l’extrême droite opère une nouvelle percée à Marseille confirmant ses scores des derniers scrutins nationaux. Allisio ferait même mieux que Bardella qui avait obtenu 30,14% des suffrages lors des Européennes de juin 2024. Second enseignement, le maire sortant et la majorité du Printemps marseillais font bien mieux qu’en 2020. La candidate (EELV), Michèle Rubirola avait alors réuni 23% des suffrages au 1er tour et devançait d’une courte Martine Vassal… Plus loin et décrochée, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, confirme six ans plus tard sa dégringolade.

    Elle est créditée de 12 % des suffrages, à égalité ou derrière Sébastien Delogu (LFI) selon ces mêmes estimations sortie des urnes. Un scénario catastrophe pour la droite marseillaise qui pensait avoir fait le plus dur en se présentant unie comme jamais après avoir perdue la ville en 2020 en étant déchirée. Le mal est bien plus profond. Et il faudra méditer les conséquences de cette course effrénée derrière l’extrême droite. A l’heure où nous bouclions, tous deux passaient toutefois la barre des 10% leur permettant de se maintenir au second tour pour un scénario de quadrangulaire inédit.

    Le député insoumis des quartiers Nord persuadé il y a quelques semaines de s’asseoir dans le fauteuil de maire, a été le premier à réagir. Il saluait dans un tweet, « un résultat considérable pour une première participation au scrutin » et appelait à la constitution « d’un front antifasciste pour empêcher le Rassemblement national de conquérir Marseille », tendant « la main à l’ensemble des composantes du Printemps marseillais et à leur candidat, Benoît Payan ». La formule paraît simpliste et interroge sur les intentions de la France insoumise qui plaide une fusion techniqui lui offrirait des places sur la liste du Printemps marseillais tout en restant dans l’opposition. Difficilement recevable pour le reste de la gauche. Marie-Arlette Carlotti, la sénatrice (PS) l’invitera à aller au bout de son idée et à se désister de manière républicaine et Anthony Gonçalves (PCF) préfère lui, appeler au « rassemblement des électeurs » plus qu’au rassemblement des appareils.

    Dans ce contexte, le positionnement de la droite qui a déjà vu ces dernières années, beaucoup de ses élus rejoindre l’extrême droite était attendu. Le RN lui a de nouveau tendu la main dimanche soir. Hier, après moulte renvois, l’entourage de Martine Vassal a indiqué qu’elle ne s’exprimerait finalement pas dans la soirée. Les 31 premiers bureaux dépouillés la plaçaient alors tout juste 4e avec 10,9% des suffrages. Chaque candidat a jusqu’à mardi pour faire son choix pour le 2e tour. Les résultats des mairies de secteur encore au dépouillement après minuit, pourraient être une clé.

  • [Bouches-du-Rhône] L’extrême droite cible de nombreuses villes moyennes

    [Bouches-du-Rhône] L’extrême droite cible de nombreuses villes moyennes

    Novice, débarqué au RN un an plus tôt, Christophe Gonzalez avait pris la mairie de Rognac avec 38,24% des voix en novembre 2024, après une gestion calamiteuse de Sylvie Miceli-Houdais (UDI). Et compte bien remettre ça, malgré des méthodes controversées, fort d’une première victoire symbolique. Un coup de tonnerre trente ans après le succès de ce qui était alors le Front national à Marignane et Vitrolles.

    Vitrolles qui a de nouveau placé l’extrême droite en tête lors des législatives et des européennes, a de quoi nourrir tous les espoirs pour Fabien Bravi, un ancien cadre des Républicains passé au RN, un temps attaché parlementaire de Renaud Muselier (Ren) et conseiller au cabinet de Martine Vassal (DVD) à la Métropole. Pour « ne pas diviser les voix de droite et faire barrage aux socialistes », entendre Loïc Gachon qui brigue un 4e mandat, le candidat DVD, Bruno Morosini, en se retirant, lui facilite la tâche.

    Berre et Miramas dans le viseur

    À Marignane aussi Éric Le Dissès, suppléant de Franck Allisio (RN) aux législatives et avec qui il a fondé le Rassemblement pour Reconstruire (RPR), y retourne, dans une ville où le RN Romain Baubry avait obtenu 65,18% des voix aux législatives.

    Arles, longtemps bastion communiste avant l’arrivée aux manettes de Patrick De Carolis (Hor.), nourrit aussi les espoirs frontistes. Lors des législatives, le candidat PCF-NFP, Nicolas Koukas (51,43%) et celui du RN, Emmanuel Taché de la Pagerie (48,57%), étaient au coude à coude, ce dernier finissant par remporter la circonscription. Pour ce premier tour, la tête de liste RN, Rémy Benson, éleveur de brebis, se fait le chantre de la ruralité.

    Les communes du pourtour de l’étang de Berre restent aussi des cibles majeures avec Miramas où le maire sortant, candidat à sa succession, Frédéric Vigouroux (DVG) a été lâché par le PCF et se retrouve confronté à une liste LFI-Les Écologistes. Ce qui pourrait profiter au candidat d’extrême droite Kilian Santana dans une ville où le RN Emmanuel Taché de la Pagerie a totalisé 55,51% des voix. À Berre, la division de la gauche, avec trois listes face au RN pourrait favoriser ce dernier. Lors des législatives, le frontiste Romain Tonussi l’avait emporté ici loin devant le candidat Renaissance, Jean-Marc Zulesi (54,67% contre 45,33%).

  • Un premier tour décisif et indécis pour la bataille de Marseille

    Un premier tour décisif et indécis pour la bataille de Marseille

    Porté au pouvoir en 2020, pour mettre un terme à 25 ans de règne de Jean-Claude Gaudin, le Printemps marseillais (PM) transformera-t-il l’essai ? La question reste entière. Benoît Payan (DVG), installé dans le fauteuil de Michèle Rubirola (EELV) cinq mois après l’élection et un « switch » décrié, mène sa première campagne municipale en son nom. Malgré un mandat sérieux, amputé par le Covid et marqué par la prise en main d’une administration sclérosée, l’ancien socialiste défend un bilan. Imparfait et incomplet sans doute, au regard de l’attente née du drame de la rue d’Aubagne, de la situation des écoles et des problématiques de transports et de propreté inhérentes à la Métropole, mais largement défendable.

    Au fil des semaines, d’ailleurs, les sondages ont laissé un scénario se dessiner. Celui d’un maire sortant, devançant d’une courte tête au 1er tour du scrutin, le candidat d’extrême droite, député de Marignane, Franck Allisio (RN). Tous deux ont été régulièrement jaugés au-dessus des 30%.

    Malgré son absence du terrain et des prises de position à l’emporte-pièce, le candidat du Rassemblement national a capitalisé sur l’étiquette RN et une campagne qui a pris dans les grandes villes une tournure nationale à un an de la présidentielle. Résultat, l’extrême droite n’a jamais semblé aussi haute à Marseille et le risque de voir la deuxième ville de France tomber entre ses mains est réel. Et les conséquences se sont déjà fait sentir sur cette campagne privée d’un véritable débat de fond au nom du vote utile.

    Plusieurs inconnues

    Derrière ce duo, Martine Vassal, présidente de la Métropole et du Département, candidate (DVD) de la droite républicaine largement rassemblée, partie en campagne dès septembre, a, petit à petit, décroché. À force de ne courir que derrière les obsessions sécuritaires de l’extrême droite, elle semble s’être fait avaler. Le débat où Martine Vassal reprend le triptyque pétainiste, « travail, famille patrie » et assume, semble l’avoir définitivement enterré. Juste derrière, le député insoumis, Sébastien Delogu, lui, n’a jamais décollé. Tourné vers les quartiers populaires et chantre du « tous pourris », il semble peiner à convaincre dans une ville qui avait pourtant voté à 31% pour Jean-Luc Mélenchon lors de la présidentielle de 2022.

    Tous les quatre en revanche ont toujours été donnés au-delà des 10% et en capacité de se maintenir au second tour. À ce titre, l’ordre d’arrivée, dimanche, sera évidemment déterminant pour se projeter sur le second tour même si le scénario le plus probable semble celui d’une quadrangulaire.

    Plusieurs inconnues concourent à ce flou dans ce scrutin impossible à comparer avec le vote sous covid de 2020 marqué par une abstention record. Le taux de participation d’abord qui pourrait niveler le niveau de la vague brune qui a déferlé aux législatives, au même titre que celui de la droite. Les modalités du scrutin ensuite. Revues dans le cadre de la réforme de la loi PLM, elles n’offrent pas de recul. Reste enfin les autres listes engagées. Elles sont quatre.

    On retrouve deux listes d’extrême gauche Rémy Bazzali (LO) et Coralie Raynaud (POI). à leur côté figure aussi Erwan Davoux (Divers centre). L’ancien collaborateur de Martine Vassal au Département, parti en guerre contre cette dernière, s’est trouvé une alliée de choix avec Nora Preziosi, l’ex-présidente (DVD) de 13 Habitat. Mais l’interrogation la plus forte concerne la candidature de dernière minute de Christine Juste.

    Adjointe chargée de l’environnement du PM, suspendue du parti Les Écologistes et de facto écartée des listes de l’union de la gauche, elle a monté en réaction, une liste attrape-tout dont la propagande n’a même pas pu être livrée à temps. Mais qu’importe, ses bulletins seront dans les bureaux de vote. Et leur couleur verte, la seule des listes inscrites, pourrait convaincre les indécis et hésitants, pensant bien faire en choisissant un bulletin écologiste. Or cette fois, chaque voix comptera.

  • Austérité et exclusion, dans le programme du RN à Marseille

    Austérité et exclusion, dans le programme du RN à Marseille

    Lors de la venue de Jordan Bardella à Marseille le 6 mars dernier, Franck Allisio se gargarisait de faire main basse sur les voix de droite. « Les électeurs de Martine Vassal ne se tromperont pas », affirmait-il, sûr de lui. Au service de cette ambition, son programme assume désormais être « pro-business ». L’extrême droite veut ainsi dérouler le tapis rouge aux multinationales avec « comme objectif l’installation de 5 sièges sociaux d’entreprises de taille internationale », promet de protéger « les propriétaires et les investisseurs » dans le bâtiment, notamment en dérégulant les permis de construire. Il veut même livrer une partie du foncier portuaire au tourisme d’affaires avec une « marina du nord de Marseille », un projet qui « menace directement l’équilibre industrialo-portuaire de la ville et les 17 000 familles qui vivent de cette activité », alertait la CGT du Port.

    Surtout, il promet aux propriétaires et entreprises des baisses d’impôts conséquentes. « L’objectif sera la baisse de 20% de la taxe foncière, de la contribution foncière des entreprises et de la taxe d’enlèvement des ordures ménagères », décrit le programme. Soit pour la Ville de Marseille, un manque à gagner de 100 millions d’euros, alors même qu’un amendement du RN qu’il avait voté à l’Assemblée projetait de réduire les dotations aux communes.

    Plages interdites

    De l’argent, il en faudra pourtant quand le candidat, qui veut mettre les écoliers au garde-à-vous devant le drapeau, promet d’instaurer le port de l’uniforme dans les écoles. Une bagatelle de plus de 15 millions d’euros au bas mot. Il faudra surtout payer les 1 200 agents de police municipale que Franck Allisio compte recruter sur le mandat (environ 100 millions d’euros par an) et les 2 000 caméras de vidéosurveillance qu’il veut installer.

    La sécurité en effet, « s’est imposée comme le fil rouge, ma ligne directrice », assurait vendredi Franck Allisio. Dans son programme, il cible pêle-mêle « narcotrafiquants », « voyous », « racailles » dont il veut expulser les familles des logements sociaux. Ses propositions semblent pourtant pour la plupart irréalistes. Ainsi de l’état d’urgence qu’il réclame pour Marseille, avec un couvre-feu imposé aux mineurs, une proposition qui dépend du président de la République. Cette politique sécuritaire, il veut la faire entrer à l’hôpital en interdisant aux familles d’entrer aux urgences. Il veut en effet restreindre l’accès à un accompagnant par patient, une décision illégale qui n’est pas de son ressort. Tout aussi illégal est son « pass anti-racailles » qu’il souhaite mettre en place dans certains parcs et plages sur certains horaires, pour en réserver l’accès aux seules personnes âgées et familles.

    S’ajoute une chasse au « wokisme » et des « associations militantes à vocation politique » qu’il veut chasser des écoles et des bibliothèques. Ce réflexe de censure vise tout le monde associatif, avec l’annonce de la fin des « subventions politiques et idéologiques », un motif suffisamment flou pour ratisser large. Mais après le triple audit promis, pas sûr que cela suffise à couvrir les 100 à 200 millions d’économies qu’il compte réaliser pour « réorienter les moyens municipaux vers l’essentiel ». Au risque de saper le service public municipal.