Le constat établi par le baromètre Ipsos pour le Secours populaire français va bien au-delà de la description d’une situation économique et sociale difficile, voire dramatique pour une partie toujours plus importante de la population. Pour rappel, plus de 5 millions de personnes en France vivent sous le seuil de pauvreté en France, selon les derniers chiffres de l’observatoire de la pauvreté.
L’angoisse, la peur, le stress, le pessimisme, la perte de sens touchent une part croissante de la population française et européenne, et en particulier les jeunes : « un tiers des Français craint de basculer dans la précarité », une crainte qui n’est pas un fantasme, « près de trois Français sur cinq connaissent un proche vivant une situation de pauvreté » et « un Français sur cinq se déclare dans une situation précaire ». Les raisons sont connues et se généralisent à grands pas : en premier lieu, « des revenus insuffisants » pour faire face au quotidien, la crainte de « dépenses imprévues importantes » qui les mettraient sous l’eau, et celle d’un problème de santé physique qui amoindrirait leur capacité à travailler et à subvenir à leurs besoins. Le fait d’avoir « un travail » est loin de répondre aux craintes, comme l’atteste déjà la montée en puissance des travailleurs pauvres dans les files d’attente des associations caritatives. « Pour près d’un actif sur trois, les revenus du travail ne permettent pas de faire face à l’ensemble des dépenses », ont-ils répondu en masse.
Prolongement logique de cette réalité : « la majorité des Français se montre pessimiste pour les futures générations, estimant que le risque qu’ils connaissent une situation de pauvreté est plus élevé que pour leur génération ». Et 86% des jeunes expriment un sentiment négatif quant à leur avenir : « angoisse, désespoir, colère… »
Pour autant, face une situation sociale toujours très tendue, « les Français ne baissent pas la garde et maintiennent un haut niveau d’engagement », auprès de leurs proches, en signant des pétitions, en faisant des dons ou du bénévolat. Un paradoxe qui n’en est pas un pour Farida Benchaa, la secrétaire générale de la fédération du Secours populaire des Bouches-du-Rhône et secrétaire nationale. Face à un climat anxiogène, une situation sociale difficile, « cet engagement permet de reprendre la main, de redonner du sens à sa vie », constate-t-elle. Même si ce n’est pas la panacée. Tendre la main, c’est aussi faire un choix « et ne plus subir ». Aider l’autre, c’est aussi s’aider soi.
« L’engagement permet de reprendre la main et de redonner du sens à sa vie »

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