Tag: Etats-Unis

  • France-Maroc : le quart du rendez-vous des copains

    France-Maroc : le quart du rendez-vous des copains

    Si sportivement, l’équipe de France a tourné la page paraguayenne pour se focaliser sur son quart de finale, le huitième de finale va entrer en prolongation, sur le plan judiciaire cette fois, après la violente attaque raciste d’une sénatrice paraguayenne dont la justice française s’est saisie.

    Heureusement, le vrai jeu va reprendre ses droits. Avec une affiche sportivement alléchante, où Français et Marocains vont devoir, le temps d’un duel, oublier leurs amitiés. Comme ce fut le cas au Qatar, lorsqu’il y a quatre ans, les deux sélections s’étaient affrontées en demi-finale.

    Entre des Marocains formés en France et passés par les sélections de jeunes tricolores qui ont changé de maillot en passant senior, de vrais amis dans la vie qui ont même été co-équipiers, il est clair qu’après les hymnes nationaux, la sono du stade de Foxborough pourrait y ajouter Les copains d’abord de Georges Brassens, tant les propos du poète Sétois semblent coller à ce choc d’ouverture des quarts de finale.

    Malheureusement, dans la nuit de Boston, il n’y aura qu’un seul qualifié pour le dernier carré.

    Quarts de finale

    France – Maroc 22h00

    Espagne – Belgique ven 21h00

    Norvège – Angleterre sam 23h00

    Argentine – Suisse dim 3h00

  • Le quart de finale de tous les dangers pour les Bleus

    Le quart de finale de tous les dangers pour les Bleus

    Du côté de Marrakech, les supporters marocains donnent le la.

    « Si nous battons la France, pour beaucoup, nous aurons gagné la Coupe », clame cet habitant du quartier de Geliz. Si la présence du Maroc en demi-finales au Qatar en 2022, une première pour une nation africaine, pouvait être considérée à l’époque comme une énorme surprise, le voir de nouveau dans le Top 8 est cette fois d’une logique implacable. Les Lions de l’Atlas ont confirmé leur nouveau statut.

    Sixièmes au classement Fifa, ils ont fait jeu égal dans le groupe C avec le Brésil au premier tour (1-1) avant de se débarrasser des Pays-Bas en 16e de finale (1-1 a.p., 3 t.a.b à 2) puis de balayer le Canada, l’un des trois pays hôtes (3-0). Le Maroc a assurément changé de dimension et a largement la capacité de briser net les rêves de troisième étoile de la France.

    Gare à la désillusion

    Il y a quatre ans, les Bleus s’en étaient sortis à l’expérience et avaient réussi à dompter les Lions de l’Atlas en demi-finales sans trop de dégâts (2-0). Cette année, il faudra s’attendre à souffrir et le secteur offensif tricolore, encensé mais plutôt éteint contre le Paraguay, a tout intérêt à se réveiller sous peine de connaître une énorme désillusion.

    Considérée comme la formation la plus séduisante de cette Coupe du monde, la France possède une carte maîtresse avec son trio magique Mbappé-Dembélé-Olise (dont la demande d’annulation du carton jaune reçu face au Paraguay a été refusée par la Fifa, malgré la jurisprudence Folarin Balogun). Totalement muselé par une défense paraguayenne qui a trop souvent flirté avec la ligne rouge, il devrait trouver un contexte plus favorable face à une équipe beaucoup plus joueuse et portée vers l’avant.

    Si le Maroc ne peut pas rivaliser en attaque avec la France, il s’appuie sur un milieu de terrain Bouaddi-El Aynaoui-Ounahi qui risque de monopoliser le ballon, bien aidé par deux latéraux qui font référence, Achraf Hakimi à droite et Noussair Mazraoui à gauche.

    « C’est une très belle équipe. Ils ont progressé depuis 2022, aiment avoir le ballon et les un contre un. Il va falloir être attentif, défensivement et offensivement », a averti mardi Dayot Upamécano, le roc de la défense tricolore.

    Dans l’optique de la sévère bataille du milieu qui s’esquisse, le forfait probable d’Aurélien Tchouaméni est un coup dur pour les Bleus. Touché à la cuisse vendredi dernier, le joueur du Real Madrid était déjà indisponible contre le Paraguay et n’avait pas encore repris l’entraînement collectif mardi. Il devrait donc être trop juste pour débuter, laissant vraisemblablement Manu Koné accompagner Adrien Rabiot dans l’entre-jeu.

    Didier Deschamps devrait donc reconduire le même onze qu’en 8e de finale avec Bradley Barcola sur le côté gauche de l’attaque pour exploiter les éventuels espaces laissés dans son dos par Hakimi.

    Maroc – France

    Stade de Foxborough, 22h00.

    Arbitre : Facundo Tell (ARG).

    FRANCE : Maignan – Koundé, Upamécano, Saliba, Digne – Koné, Rabiot – Dembélé, Olise, Barcola – Mbappé.

    MAROC : Bounou – Hakimi, Diop, Riad, Mazraoui – Bouaddi, El Aynaoui – Diaz, Ounahi, El Khannouss – Rahimi

    ET AUSSI

    Gare au carton jaune

    Vingt joueurs pourraient être privés d’une potentielle demi-finale de Coupe du monde en cas de deuxième carton jaune reçu lors du tour précédent. C’est donc un paramètre à prendre en compte par les sélectionneurs, qui va influencer indirectement le déroulé des quarts de finale, et tout particulièrement celui entre la France et le Maroc, dans lequel huit joueurs sont sous la menace.

    Cinq Marocains (Achraf Hakimi, Azzedine Ounahi, Redouane Halhal, Bilal El Khannouss et Issa Diop) et trois tricolores (Bradley Barcola, Manu Koné et Michael Olise) sont concernés.

    Mais aussi cinq Anglais (Jude Bellingham, Declan Rice, Marc Guéhi, Nico O’Reilly, Jordan Henderson), trois Suisses (Granit Xhaka, Denis Zakaria, Miro Muheim) ainsi que le Norvégien Antonio Nusa, l’Espagnol Ferran Torres, le Belge Brandon Mechele et l’Argentin Gonzalo Montiel.

    Le FBI enquête sur l’Argentine

    La Fédération argentine de football (AFA) est dans le viseur du FBI. Les autorités américaines recueilleraient actuellement des témoignages autour des agissements financiers de l’instance aux États-Unis, selon le quotidien argentin La Nacion. Le FBI cherche en effet à déterminer si l’AFA a pu se rendre coupable de faits relevant du blanchiment d’argent ou de la fraude bancaire.

    Miramas dans le grand bain

    Dans le cadre des festivités des Soirées du Lac de Miramas, l’association N.A.F.S League, qui vient tout juste d’officialiser sa création en partenariat avec la Ville de Miramas, organise une soirée festive autour de la finale de Coupe du Monde. Dimanche 19 juillet, sur le site de Saint Sulpi, des animations et la retransmission de la finale seront proposées, dès 18 heures.

  • Trump fait annuler le carton rouge d’un joueur américain

    Trump fait annuler le carton rouge d’un joueur américain

    Les médias internationaux le qualifient déjà de « plus grand scandale de la coupe du monde ». Le président Américain, qui ne se cache pas de sa longue amitié avec le président de la Fifa (Fédération internationale de football association) depuis 2016, Gianni Infantino, l’a contacté afin de faire réexaminer la suspension prévue contre Folarin Balogun. Donald Trump a jugé la décision de l’arbitre de « très douteuse » et « injuste ».

    L’attaquant des États-Unis avait reçu un carton rouge mercredi 1er juillet lors du match contre la Bosnie-Herzégovine pour s’être réceptionné avec ses crampons sur la jambe de l’adversaire Bosnien Tarik Muharemovic après un saut.

    L’action avait été réexaminée longuement avec l’aide de la VAR (l’assistance vidéo à l’arbitrage) et l’arbitre avait conclu à « un geste constituant une faute grave mettant en danger l’intégrité physique de son adversaire. » Le joueur américain devait être exclu du match suivant comme le prévoit l’article 10.5 du code disciplinaire de la Fifa.

    Cependant, un autre article, le 27, vraisemblablement introduit par Gianni Infantino lui-même en 2019 selon le journal sportif l’Équipe, permet également d’atténuer, modifier ou lever une sanction. C’est celui qui a été utilisé afin d’annuler l’interdiction de jouer le prochain match pour Balogun permettant à l’attaquant de disputer la rencontre avec la Belgique en toute impunité mardi soir.

    « Une injustice »

    Alors que le président américain salue déjà la « réparation d’une grande injustice » sur son réseau social Truth, Mauricio Pochettino, le sélectionneur de l’équipe américaine, a félicité lui aussi Gianni Infantino pour avoir levé la sanction de son attaquant.

    En revanche, le président de l’UEFA (l’Union européenne des associations de football) ne cache cependant pas sa stupeur et parle de « ligne rouge » franchie par la Fifa : « Lorsque la certitude des règles n’est plus garantie par ses gardiens, c’est l’intégrité de la discipline qui est en jeu et la crédibilité d’une compétition qui est mise à mal.(…)Nous tenons à exprimer notre incrédulité face à une décision aussi inédite, incompréhensible et injustifiable. »

    Le ministre Belge des affaires étrangères Maxime Prévot a jugé « incompréhensible » l’intervention de la Fifa et évoque un « bafouement des règles les plus élémentaires du sport et du football ».

    La ministre des sports de Wallonie Bruxelles Jacqueline Galant complète : « la vraie force c’est de gagner avec fair-play » et ajoute que « c’est ce que les Belges feront demain [ce lundi soir à 20h] », lors de leur match contre les États-Unis. Le sélectionneur des diables rouges, Rudi Garcia a, quant à lui, ironisé : « Je ne savais pas que le 5 juillet correspondait au 1er avril à la Fifa. »

    Une décision qui pourrait faire jurisprudence

    La crainte du monde du football aujourd’hui est que cet article ayant été utilisé pour une décision controversée, beaucoup le réclament désormais pour des cas jugés similaires.

    ET AUSSI

    Les Norvégiens ont refroidi le Brésil

    Après s’être imposée mardi dernier face à la Côte d’Ivoire, la Norvège a dominé les Brésiliens 2-1. Portée par le géant Haaland qui inscrit un doublé en deuxième mi-temps, cette victoire emmène les Vikings directement en quarts de finale, au cours desquels ils affronteront les Anglais ce samedi 11 juillet.

    Neymar raccroche les crampons

    Le n° 10 de la Seleção, Neymar Jr, a annoncé sa retraite à l’issue du match perdu 2-1 contre la Norvège. Sa carrière internationale s’est achevée dans le même stade où elle avait commencé 18 ans plus tôt, avec la sélection brésilienne, non sans amertume, en partant en huitièmes de finale de cette coupe du monde. « ça a commencé ici, ça s’achève ici », a-t-il commenté.

    Les Mexicains battus à domicile

    Dimanche soir les Anglais se sont imposés contre le Mexique chez eux au stade de Mexico City, la victoire 3-2 propulse les Three Lions en quarts de finale grâce notamment à un Jude Bellingham et un Harry Kane en pleine forme. Ils ont inscrit respectivement un doublé à deux minutes d’intervalle en première mi-temps et un but à la 60esur penalty.

    La Colombie de Luis Diaz face aux Suisses

    Le redoutable ailier Colombien Luis Diaz qui affrontera l’équipe suisse, mardi en 8es de finale, fait la fierté des siens. Après une saison exemplaire au Bayern Munich avec 26 buts et 23 passes décisives, son entraîneur le décrivait comme « bon dans le chaos ». Suite à un début de coupe du monde en trombe face aux Ouzbeks, le Colombien s’est tout de même fait plus discret en termes de buts inscrits, malgré un jeu très offensif. Et il lui faudra redoubler d’effort face à la tacticité Suisse.

  • États-Unis – Belgique pour clore les huitièmes

    États-Unis – Belgique pour clore les huitièmes

    Après les rencontres de la nuit, à savoir Brésil-Norvège et Mexique-Angleterre, deux places restent à prendre pour les quarts de finale.

    Le premier de ces duels sera un derby, puisqu’il va opposer l’Espagne au Portugal, ce lundi. Les deux sélections de la péninsule ibérique, qui organiseront le prochain Mondial en 2030, sont allées crescendo dans la compétition. Espagnols comme Portugais ont su trouver les bons réglages pour éviter les pièges. Ils restent des candidats sérieux, mais un seul pourra poursuivre l’aventure. Ce face-à-face pourrait avant tout signifier la fin de sa carrière internationale pour Cristiano Ronaldo. Coup d’envoi à 21h, à Arlington.

    Se rapprocher au plus près

    du dernier carré

    Plus tard dans la nuit, du côté de Seattle, la Belgique de Rudi Garcia va défier les États-Unis. Les « Diables rouges » ont su éviter les pièges pour se hisser en huitième de finale. Avec un sélectionneur qui n’a pas été épargné par les critiques.

    Côté États-uniens, les coéquipiers de Timothy Weah n’ont, pour le moment, manqué aucun de leurs rendez-vous. Mais celui-là sera capital, car il pourrait leur permettre de réussir le pari de se rapprocher au plus près du dernier carré.

    Le coup d’envoi sera donné à 2 heures du matin, heure française. À l’issue de cette rencontre, le tableau des quarts de finale sera complet.

  • Les Bleus évitent le piège paraguayen et attendent le Maroc

    Les Bleus évitent le piège paraguayen et attendent le Maroc

    Ouf ! C’est ce qu’a dit Didier Deschamps après le but de Kylian Mbappé.

    S’il n’est pas en or, comme celui de Laurent Blanc en 1998, le septième inscrit par le capitaine des Bleus dans la compétition a les mêmes conséquences que lors du dernier face-à-face France-Paraguay. Il ouvre la porte des quarts de finale du Mondial à une équipe de France qui a su se sortir du piège tendu par les Guaranis.

    S’ils s’attendaient à un duel compliqué, face à un adversaire qui n’avait visiblement pas l’intention de faire du jeu, les Français ne pensaient pas que le mur serait aussi dense. Et que l’arbitre allait plus facilement sortir les cartons jaunes contre les victimes des tacles assassins de Paraguayens qui ont profité de l’aubaine.

    Néanmoins, Ilgiz Tantashev ne pouvait pas fermer les yeux sur une faute commise sur Désiré Doué. L’arbitre signifiait le penalty, que Kylian Mbappé a transformé. Suffisant pour assurer la qualification. « On savait quel type de match on allait avoir… On a montré qu’on n’était pas seulement une équipe qui savait jouer un football offensif. S’il faut mettre les mains dans la merde, on va mettre les mains dans la merde. Nous aussi, nous savons faire dans le sale football. Et même à ce jeu-là, on a été meilleurs qu’eux », a réagi le capitaine des Bleus.

    Gardes du corps

    Didier Deschamps a déploré le traitement dont ont été victimes ses joueurs : « C’est nous qui nous faisons sanctionner et eux, ils ont fait des fautes sans l’être. » Il a souligné aussi le traitement réservé à Kylian Mbappé dans les derniers instants très électriques : « J’ai demandé aux deux plus costauds des joueurs sur le banc qu’ils aillent tout de suite le protéger à la fin, parce qu’on ne sait jamais. »

    Satisfait de « cette étape de passée », le sélectionneur a cinq jours pour préparer sereinement les retrouvailles avec l’ambitieux Maroc, que la France avait éliminé en demies au Qatar.

    Favoris à Houston, les Lions de l’Atlas ont, comme prévu, réussi leur décollage vers les quarts, laissant sur le carreau le Canada dans un match longtemps terne et fermé, avant un second acte plus animé, qui a viré à la correction.

    Ounahi réveille le Maroc

    C’est au retour des vestiaires qu’Azzedine Ounahi a inscrit le but de la délivrance, en réussissant une frappe placée, après une combinaison avec Hakimi sur un coup franc excentré (50e). Le milieu offensif marocain y est allé d’un doublé, au bout d’un contre rondement mené (82e) après une offrande de Brahim Diaz. Ce dernier a réussi une autre passe décisive dans le temps additionnel pour Soufiane Rahimi (90e+8).

    Entre-temps, les Canucks n’ont pas démérité, mais ils se sont trop peu approchés des cages de Yassine Bounou pour espérer meilleur sort. Premier des trois coorganisateurs éliminés dans cette édition, au bout d’un parcours qui l’aura enfin vu dépasser la phase de groupes en trois participations, le Canada peut sortir la tête haute.

    Après avoir éliminé les Pays-Bas aux tirs au but en 16e, le Maroc s’est donc évité un traquenard, mais la qualification a été ternie par la sortie sur blessure de l’attaquant Ismæl Saibari, révélation du tournoi.

    Racisme : l’alerte de la Fifpro

    La Fédération internationale des associations de footballeurs professionnels (Fifpro) a tiré la sonnette d’alarme, avant le début des 8e de finale de la Coupe du monde. L’organisation a notamment interpellé les organisateurs de la compétition autour de la montée de comportements racistes visant des joueurs prenant part au tournoi.

    L’organisation a notamment appelé à « des actions collectives pour protéger les joueurs d’une tendance croissante aux abus, qui englobe une partie de la couverture médiatique, les après-matches et les éliminations d’équipes ».

    L’ancienne star du football paraguayen, José luis Chilavert, est le dernier en date à s’être signalé, avec sa phrase postée sur X : « En 98, nous avons affronté les Français, et maintenant, le Paraguay affrontera une sélection africaine. »

    ET AUSSI

    L’Argentine a eu très chaud

    Outre de la canicule, les champions du Monde en titre ont souffert pour décrocher leur billet en huitièmes de finale. Face aux surprenants joueurs du Cap-Vert, qui ont poussé les Argentins jusqu’à la prolongation, c’est un but contre son camp d’un défenseur cap-verdien qui leur évite le pire, dans la nuit de vendredi à samedi.

    Facundo Medina, le clap de fin ?

    Le défenseur de l’OM n’a pas terminé le match Argentine – Cap-Vert. Il a dû céder sa place à Nicolas Tagliafico avant la fin du temps réglementaire à cause d’une blessure qui compromet sa participation pour la suite de la compétition.

    Remise à zéro

    Après une première remise à zéro après la phase de groupes, le compteur des avertissements le sera une seconde fois, à l’issue des quarts de finale.

  • [Tribune] Mesdames et Messieurs les députés, ne faites pas de la Fédération française de foot une holding de spectacle…

    [Tribune] Mesdames et Messieurs les députés, ne faites pas de la Fédération française de foot une holding de spectacle…

    Alors que le Mondial de football bat son plein et que la voie royale semble s’ouvrir aux Bleus, une autre partie se joue loin des terrains. À la suite du Sénat, les députés s’apprêtent à se prononcer sur la réforme de la gouvernance du football professionnel (1). Leur décision dépasse une simple question d’organisation : elle engage l’avenir du modèle français foot et même du sport.

    Depuis plus d’un siècle, la Fédération française de football n’est pas une entreprise. Association investie par l’État d’une délégation de service public, elle exerce, en vertu de l’article L.131-14 du Code du sport, une mission d’intérêt général : éduquer la jeunesse, organiser les compétitions, développer la pratique, former les éducateurs et les arbitres, soutenir les clubs et garantir l’équité sportive.

    Cette délégation ne fait pas de la FFF la propriétaire du football français, seulement le dépositaire d’une mission confiée et contrôlée par l’État. Les ligues professionnelles, régies par les articles L.132-1 et suivants du Code du sport, constituent leur outil, des structures créées pour organiser les compétitions professionnelles dans le cadre de cette délégation.

    Le texte issu des travaux sénatoriaux entend répondre à la crise née de l’effondrement des droits audiovisuels. Il renforce la gouvernance, le contrôle financier exercé par la DNCG (2), le cadre des sociétés commerciales gravitant autour des ligues et la lutte contre le piratage. Chacune de ces mesures peut se justifier. Mais leur accumulation traduit une évolution périlleuse : le football tend à être appréhendé d’abord comme un secteur économique.

    La mutation est ancienne. Le budget prévisionnel 2025-2026 de la FFF avoisine 300 millions d’euros, financés à 58% par les partenariats commerciaux, les droits audiovisuels et les licences. Ce modèle permet de financer les missions fédérales et le football amateur, mais il accroît aussi la dépendance à des recettes de marché.

    Le partenariat conclu avec la société de jeux en ligne Betclic, évalué à 30 millions d’euros, illustre cette tension. La logique commerciale d’un opérateur de paris sportifs entre en porte-à-faux avec la mission de protection de la jeunesse notamment contre les risques d’addiction. Un grave problème constaté et dénoncé par Kylian Mbappé lui-même, le conduisant à refuser que son image soit associée à cette marque partenaire de la FFF.

    L’autre symbole de cette évolution demeure l’entrée de CVC Capital Partners au capital de LFP Media filiale de la LFP (3) qui dispose d’une délégation de la FFF. En apportant 1,5 milliard d’euros contre environ 13% du capital dans le cadre d’un accord conclu pour 99 ans, CVC a contribué à stabiliser le football professionnel. Mais cette opération introduit durablement une logique de rendement actuellement fixée à 13% de toutes les recettes. CVC peut ainsi être perçu comme le « cheval de Troie » d’une transformation où la valorisation des droits audiovisuels et des actifs devient un critère majeur de gouvernance.

    Le rapport sénatorial « Football-business : stop ou encore ? » met en garde contre cette financiarisation symbolisée aussi par l’entrée en jeu d’un mastodonte comme LVMH de Bernard Arnault devenu propriétaire du Paris FC. Il rappelle la nécessité de préserver les missions d’intérêt général du football. En l’état la loi proposée par les sénateurs y répond-elle ? Rien n’est moins sûr, les tendances persistent, les dangers demeurent. Au-delà du football, cette réforme pose une question de principe : jusqu’où une mission de service public peut-elle être gouvernée selon les critères de la rentabilité ?

    Le football professionnel crée de la richesse. Le football amateur crée du lien social. Le premier a besoin du second. L’inverse n’est pas vrai. Les députés remettre ce projet de loi sur le métier. Ils devraient réaffirmer la primauté de la mission de service public confiée à la FFF, renforcer les garanties accordées au football amateur et rappeler qu’une fédération délégataire n’a pas vocation à maximiser la valeur d’un portefeuille d’actifs mais à préserver un patrimoine sportif, éducatif et social.

    Une fédération n’est pas une holding. Son premier dividende ne devrait jamais être la valeur de ses contrats commerciaux. Il devrait rester celui que l’on ne cote sur aucune place financière : des millions de pratiquants, des milliers de bénévoles, des éducateurs engagés, des clubs vivants et une jeunesse qui trouve, sur tous les terrains de France, bien plus qu’un spectacle : une école de la République.

    1) Proposition de loi relative à l’organisation, à la gestion et au financement du sport professionnel.

    2) DNCG : Direction nationale de contrôle de gestion.

    3) LFP : Ligue de football professionnel créée par la FFF est son outil commercial.

  • Ousmane Dembélé – Jules Koundé, ça matche

    Ousmane Dembélé – Jules Koundé, ça matche

    Il n’y a pas qu’entre les attaquants français que l’osmose est excellente. Le côté droit tricolore, composé de Jules Koundé et Ousmane Dembélé, est en train de construire une certaine alchimie depuis le début de la compétition. Le Barcelonais et le Parisien ont tous les deux haussé le curseur, match après match, et leur entente apporte aussi plus de diversité offensivement.

    Les dédoublements du latéral formé à Bordeaux sont plus nombreux que lors des premiers matches sur le sol américain. Une opportunité supplémentaire lorsque Dembélé subit une prise à deux aux abords de la surface de réparation. Cette relation s’améliore également car Jules Koundé a compris que plus Ousmane Dembélé reçoit le ballon tôt, plus il est efficace. Le dernier Ballon d’or apprécie logiquement ce temps d’avance, qui le rend encore plus dangereux pour la défense adverse.

    Comme Pavard et Mbappé en 2018

    Didier Deschamps leur a offert une totale confiance, valorisant en conférence de presse les prestations des deux joueurs concernés. Avec son triplé face à la Norvège, l’ailier droit ne quittera plus la composition d’équipe jusqu’à la fin de la Coupe du monde. Ce duo est non sans rappeler celui formé par Kylian Mbappé et Benjamin Pavard en 2018. Malgré ses 19 ans, le Madrilène était déjà bien marqué et des espaces se libéraient pour le joueur passé par le Bayern. Les deux hommes combinaient naturellement jusqu’à cette finale remportée. Espérons la même issue pour Koundé et Dembélé.

    ET AUSSI

    Les 16es de finale se terminent

    Après Argentine-Cap-Vert, il ne restera plus que deux matches dans ces seizièmes de finale de la Coupe du monde. Ce vendredi soir, à 20h, l’Australie et l’Égypte s’affrontent pour franchir le cap et potentiellement faire face aux Argentins. Ensuite, les yeux se tourneront vers Kansas City pour la dernière affiche : Colombie-Ghana. Une rencontre à suivre dans la nuit de vendredi à samedi (3h30).

    Le Paraguay, adversaire détendu de la France

    Aucun stress pour le futur adversaire des Bleus, ce samedi à 23h. Le Paraguay est sereinement en train de préparer cette rencontre dans son hôtel du centre de Philadelphie, lieu de la partie.

    Les joueurs évoquent déjà « le match le plus important de leur carrière » avant d’affronter le rouleau compresseur bleu.

    Pour rappel, l’Albirroja n’a jamais remporté un match contre l’équipe de France dans toute son histoire. Le bilan ? Trois victoires pour les Bleus et deux résultats nuls.

    Les stars tout en haut du classement des buteurs

    Cette Coupe du monde est celle des attaquants. Ils sont sept à posséder, ce jeudi, quatre buts ou plus au compteur. Lionel Messi et Kylian Mbappé sont au sommet avec six réalisations, suivent Harry Kane et Erling Haaland avec cinq. Ensuite, Ousmane Dembélé et Vinicius Junior sont à quatre, tout comme l’ancien Marseillais Ismaïla Sarr. Ce dernier est déjà éliminé de la compétition, avec le Sénégal (défaite face à la Belgique), et n’améliorera donc pas sa marque actuelle. Il est le seul joueur de cette liste dans ce cas.

  • L’Angleterre trouve le chemin de justesse

    L’Angleterre trouve le chemin de justesse

    Et à la fin, l’Angleterre s’en est sortie. Les joueurs de Thomas Tuchel ont vu de près la sortie après une partie longtemps insuffisante pour bouger des combatifs congolais. Les Three Lions ont fini par renverser la République démocratique du Congo (2-1), ce mercredi, pour se qualifier en huitièmes de finale de la Coupe du monde.

    Les Anglais ont rapidement été menés lors de ce match. Grâce à un puissant tir premier poteau, Kibambe Cipenga a ouvert le score pour les siens (1-0, 7’). Avec un fort contingent originaire d’Angleterre, la RDC a donné du fil à retordre à son adversaire. Yoane Wissa, attaquant de Newcastle, a même failli offrir le 2-0 avant la pause, mais il a touché le poteau. Entre-temps, le portier du Havre Lionel Mpasi s’est sublimé pour repousser des tentatives de Jude Bellingham puis Harry Kane.

    Harry Kane, sauveur de la patrie

    D’abord maladroits, les Blancs vont continuer de pousser pour faire exploser les Congolais. Mais il a surtout fallu le talent du meilleur buteur mondial de la saison passée, Harry Kane, pour se remettre sur le droit chemin. 75e et 86e minutes, l’artilleur du Bayern a envoyé sa nation en 8es de finale. L’Angleterre va découvrir, lundi à 2h du matin, le volcan qu’est le Stadio Azteca pour une rencontre face à l’hôte mexicain. Impeccable depuis l’entame du Mondial, « El Tri » aura ses chances face à Declan Rice et ses partenaires. Un match immanquable.

  • L’Angleterre, un géant aux pieds d’argile défensifs face au Congo

    L’Angleterre, un géant aux pieds d’argile défensifs face au Congo

    Deux buts inscrits pour trois encaissés : le bilan des trois premiers matches de poule des internationaux anglais, pourtant considérés parmi les grands favoris avant le Mondial, est loin d’être convaincant. « Nous n’avons pas encore vu le meilleur de cette équipe d’Angleterre offensivement, mais ce qui m’inquiète le plus jusqu’ici, c’est le nombre de fois où nous avons été mis en difficulté défensivement », a pointé Alan Shearer. L’ancien international anglais, désormais consultant pour la BBC, regrette une équipe trop friable dans son organisation : « Nous avons été mauvais défensivement en première mi-temps contre la Croatie, en encaissant deux buts. Et même si nous nous en sommes sortis face au Ghana et au Panama, nous avons concédé beaucoup trop d’occasions. »

    Au-delà d’un secteur offensif encore en rodage, où Harry Kane n’a pas toujours été suffisamment alimenté, le principal point faible de cette Angleterre reste la stabilité de sa ligne défensive. Et plus particulièrement le couloir droit, devenu un véritable casse-tête pour Thomas Tuchel. Le sélectionneur allemand dispose de plusieurs options, mais aucune ne s’impose naturellement dans ce rôle, la plupart des joueurs concernés n’évoluant pas habituellement dans un poste de latéral droit.

    Le retour du bâton

    Selon plusieurs observateurs, le technicien pourrait être contraint d’aligner une nouvelle ligne arrière remaniée, avec Djed Spence repositionné dans le couloir droit, Ezri Konsa décalé depuis l’axe, ou encore une charnière associant John Stones et Marc Guéhi, si ce dernier est pleinement opérationnel. Comment expliquer cette instabilité ? Elle s’explique d’abord par une accumulation de blessures et par le manque de spécialistes du poste.

    L’Angleterre doit composer sans Kyle Walker, longtemps indéboulonnable et désormais retraité de la sélection, mais aussi sans Ben White, blessé en mai et forfait pour la compétition. Plus récemment, le pépin musculaire de Reece James, touché aux ischio-jambiers, est venu fragiliser encore un peu plus un secteur déjà sous tension. Dans ce contexte, Thomas Tuchel apparaît sous pression, d’autant qu’il a fait le choix de ne pas rappeler Trent Alexander-Arnold, pourtant disponible et capable d’évoluer dans ce rôle, lui préférant Trevoh Chalobah, un profil davantage défensif et central. Un pari qui interroge, tant le poste de latéral droit semble aujourd’hui être le talon d’Achille de cette sélection anglaise.

    Conséquence directe : avoir écarté cet expérimenté défenseur, malgré des qualités défensives parfois discutées, revient aujourd’hui comme un choix lourd de conséquences, avec la blessure de Reece James qui prive le sélectionneur d’une option majeure face à la RDC.

    Car Thomas Tuchel ne dispose pas de véritable solution de repli crédible. Djed Spence évolue surtout à gauche à Tottenham et manque d’expérience internationale, Ezri Konsa est installé dans l’axe à Aston Villa, tout comme Jarrell Quansah au Bayer Leverkusen.

    ET AUSSI

    Un duel endiablé avec des Lions affamés

    Le Sénégalais Sadio Mané et le Belge Jérémy Doku, deux armes fatales de leur sélection, n’ont pas vraiment été létales au Mondial-2026 et doivent recharger rapidement avant de s’affronter en 16e de finale, ce mercredi (22h) à Seattle. À 24 ans, l’attaquant de Manchester City (45 sélections 7 buts) était très attendu par les Diables Rouges après une belle saison en Premier League. De dix ans son aîné, Sadio Mané dispute son dernier grand tournoi international avec les Lions de la Terranga, après avoir remporté sur le terrain le titre de champion d’Afrique en janvier, puis en avoir été dépossédé au profit du Maroc. L’ancien attaquant de Liverpool, parti à Al-Nassr où il a été couronné champion d’Arabie saoudite cette saison avec Cristiano Ronaldo, a été titulaire mais n’a pas marqué lors des trois matches de groupes contre la France (défaite 3-1), la Norvège (défaite 3-2) et l’Irak (victoire 5-0).

    Vagues de chaleur aux États-Unis

    Dans les prochains jours, les États-Unis vont à leur tour être frappés par une intense vague de chaleur. Cette dernière pourrait battre des records de températures localement et donc affecter la Coupe du Monde tout comme les célébrations du 250e anniversaire du pays. « Une vague de chaleur record et dangereuse va s’étendre cette semaine sur les deux tiers est du pays », ont prévenu les services météorologiques américains (NWS) sur X. Selon leur site, des températures largement supérieures à 30°C sont attendues dans la plupart des États « du centre et de l’est des États-Unis ». Combinée à un taux d’humidité élevé, la chaleur ressentie pourrait atteindre entre 40 et 46 °C. Environ 142 millions de personnes se trouvaient dimanche sous alerte canicule, selon NBC.

  • La Norvège d’Haaland trompe les Éléphants

    La Norvège d’Haaland trompe les Éléphants

    En mettant au repos ses cadres lors du troisième et dernier match de poule face à l’équipe de France, le sacrifice de Stale Solbakken, le sélectionneur de la Norvège, a porté ses fruits. Sans être transcendants, les Vikings sont allés chercher la qualification pour les 8e de finale du Mondial 2026 grâce à sa victoire face à la Côte d’Ivoire (2-1).

    Malgré une possession de balle très équilibrée entre les deux formations, les Norvégiens ont trouvé en premier le chemin des filets par l’intermédiaire de l’ailier du RB Leipzig, Antonio Nusa (39’, 1-0). Avec trois tirs cadrés seulement à l’heure de jeu, les Éléphants ont cruellement manqué de précision dans le dernier geste. Mais leurs efforts ont finalement été récompensés à un quart d’heure du terme grâce à la réalisation d’Amad Diallo (74’, 1-1).

    Ce diable d’Erling Haaland

    Alors que ce 16e de finale se dirigeait vers les prolongations, une brillante action collective des Norvégiens a permis à leur serial-buteur Erling Haaland (86’, 2-1) d’inscrire son cinquième but du Mondial. En gérant leur courte avance jusqu’au bout, les Vikings ont validé leur billet pour le troisième 8e de finale de leur histoire, où ils affronteront dimanche (22h) le Brésil de Vinicius Junior. Un défi de taille pour les Lions Nordiques.