Tag: CGT

  • Avant leur départ, les pompiers soutenus en gare d’Aix-TGV

    Avant leur départ, les pompiers soutenus en gare d’Aix-TGV

    Mobilisés pour obtenir davantage de moyens humains et matériels, notamment à la suite des incendies qui ont touché le pays cet été, ils ont rejoint les mobilisations de la fonction publique. Avant leur départ, ils ont reçu le soutien de la CGT, dont les banderoles ont été déployées. Ils ont également été rejoints par des militants du PCF 13. Sur place, des tracts appelant à soutenir les pompiers ont été distribués.

  • À Montfavet, la qualité de vie des soignants menacée

    À Montfavet, la qualité de vie des soignants menacée

    Derrière leurs grandes banderoles, les salariés de l’hôpital psychiatrique de Montfavet ne se sont pas arrêtés, défilant d’abord en centre-ville avant de filer tout de suite 7 km plus loin, devant leur établissement, afin d’alerter sur leurs conditions de travail.

    « Aujourd’hui, on se heurte à une dichotomie entre les directives qui nous arrivent de la direction par manque de moyens et la réalité du terrain et les besoins qu’on a pour pouvoir prendre soin dans de bonnes conditions », résume ainsi Claire Moreno, secrétaire CGT de la structure hospitalière.

    Le tout en lien avec le « manque de reconnaissance » à l’égard des agents du service public de la fonction hospitalière. « En fait, on se bat pour la qualité de vie parce qu’on a tous besoin de se soigner, on a tous besoin des services publics, mais aussi de nos conditions de travail », poursuit la responsable syndicale. Tout en regrettant que si les budgets sont débloqués pour divers projets, « aujourd’hui, on nous retire des postes, on met à la porte des contractuels alors qu’on en a besoin. Et on pêche toujours sur la masse salariale alors que nous, pour prendre soin, on a besoin de moyens humains et de qualifications ».

    Elle appelle à rendre le métier plus attractif pour maintenir à flot le bateau des soins psychiatriques, secteur particulièrement fragile. Elle rappelle également que nombreux sont les établissements qui sont des « passoires thermiques ».

  • La CGT Éduc’action revendique des moyens pour les AESH

    La CGT Éduc’action revendique des moyens pour les AESH

    Une cinquantaine de personnels et syndicalistes issus de divers lycées étaient présents, mardi matin, pour porter deux réclamations : une augmentation des moyens pour l’accompagnement des élèves en situation de handicap, et la reconnaissance d’un statut pour les accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH), qui possèdent encore un statut de contractuel.

    Le personnel du lycée Diderot (13e) veut fédérer face à ce problème systémique dans l’académie. « On a une forte culture de l’unité des personnels à Diderot », précise Anne, ancienne professeure à la retraite. Assia, AESH au lycée Diderot, décrit la flexibilisation et la précarisation de son métier : « J’ai été recrutée pour accompagner un élève 32 heures par semaine. Maintenant, on doit suivre parfois jusqu’à dix élèves différents dans la semaine. En plus, pour faire 32 heures, c’est difficile désormais ». Les élèves concernés pâtissent, eux aussi, de cette situation, avec des suivis jugés insuffisants. « À Diderot, avant, on était cinq, aujourd’hui, plus que trois, pour 1 500 élèves », poursuit Assia.

    « On n’est pas satisfait »

    Après une entrevue de plus d’1h30 avec la DSDEN, les syndicalistes se disent peu convaincus par les réponses apportées. « On n’est pas satisfait. On n’a pas réussi à se comprendre et à s’entendre, même leurs chiffres ne sont pas les bons », estime Françoise Laura, professeure au lycée Diderot en sortant de la réunion. « C’est ça la réalité du terrain », conclut Assia.

  • Les marins de Corsica Linea en grève et sur le pavé

    Les marins de Corsica Linea en grève et sur le pavé

    Coup de colère en mer également du côté de la CGT des Marins de Marseille et de la CGT Corsica Linea. Le syndicat a appelé à la mobilisation dans le cadre d’un appel national et c’est sur le pont des navires de la compagnie maritime corse que la tempête fait particulièrement rage.

    Le Jean Nicoli est resté à quai, rejoint par le Vizzavona, qui ne bougera pas non plus durant 48 heures. Une grève reconductible, dont le secrétaire général de la CGT Marins de Marseille, Frédéric Alpozzo, est déjà convaincu, « sauf surprise » qu’elle sera reconduite après l’assemblée générale. Il appelle d’ores et déjà « tous les personnels navigants à la grève ». En cause : « Nous refusons que le Vizzavona sorte de la flotte de la compagnie. Cela représenterait la perte de 90 emplois marins français en CDI », précise le syndicaliste.

    Cette décision attise d’autant plus la colère des équipages que « les actionnaires des deux compagnies, les dirigeants, ont signé un accord d’affrètement sans avoir l’aval, ni même avoir consulté les élus des personnels dans le CSE (comité social économique) ».

    Par ailleurs cette décision arrive en contradiction d’un accord d’entreprise « où la règle prévue est un départ pour une embauche ». Deux motifs qui ont conduit le CSE à déclencher une procédure devant le tribunal.

    Quelle stratégie ?

    Ce mardi, après la mobilisation, un CSE extraordinaire a été convoqué à la demande des représentants des personnels. Quel est le projet des deux compagnies, La Méridionale (groupe CMA-CGM) et Corsica Linea, qui jusqu’alors étaient partenaires dans la délégation de service public sur la desserte de la Corse ? « Depuis des mois, on se bat pour que la Méridionale et Corsica se repositionnent sur l’Algérie dans une stratégie commune depuis Sète pour faire barrage à la compagnie low-cost GNV, qui use de dumping social », indique Frédéric Alpozzo. Cette décision va à l’inverse de ce qui avait été annoncé par les compagnies.

    De même, interpellé sur cette question, le ministre des Transports, Philippe Tabarot, avait rassuré, dans un courrier du 28 juillet dernier à la présidente socialiste de la Région Occitanie, Carole Delga, sur l’organisation d’une réunion de suivi « allant dans le sens du renforcement de la compétitivité du pavillon, du suivi des contrôles opérés, de la coopération des ports de la façade, de la transition énergétique, de la formation et de l’emploi des marins français, de la continuité territoriale et de nos relations avec l’Algérie sur le maritime ».

    La réunion est très attendue sur le port de Marseille. Car le risque d’un sabordage est toujours bien identifié du côté des marins, craint Pierre Maury, élu CGT au CSE. La grève se poursuit ce mercredi chez Corsica Linea.

  • À Martigues, la santé publique sous pression

    À Martigues, la santé publique sous pression

    Le lieu était symbolique. C’est devant l’entrée de l’hôtel de ville de Martigues que l’Union locale CGT a choisi d’organiser le rassemblement pour cette journée de grève au sein de la fonction publique, comme pour signifier que l’administration ne tournerait pas sans ses agents. Mais la manifestation aurait très bien pu se tenir devant le centre hospitalier des Rayettes.

    « Les services publics sont partout soumis aux mêmes logiques : réduire les dépenses, supprimer des moyens, rechercher des économies et faire payer les agents et les usagers », dénonce Laure Privat. Pour la représentante syndicale CGT de l’hôpital, la logique financière s’applique à la santé depuis la mise en place de la tarification à l’acte, en 2004. « On parle d’efficience, de mutualisation, d’externalisation, de restructuration… Mais derrière ces mots, ce sont des agents, des services et des patients qui sont concernés. »

    Cette recherche de rentabilité, les aides soignantes de l’Ehpad les Magnolias de Port-Saint-Louis-du-Rhône, un établissement rattaché à l’hôpital de Martigues, la ressentent au quotidien. Deux d’entre elles, qui souhaitent garder l’anonymat, témoignent : « Le matin, on est quatre pour faire la toilette de 46 résidents, qui sont soit grabataires, soit valides mais avec des troubles cognitifs. On essaye de faire de notre mieux, mais il faut aller vite, donc le travail est forcément bâclé. On nous demande aussi de les stimuler et de favoriser leur autonomie, mais pour ça, il faut des moyens humains et du temps. » Les deux collègues plaident pour un changement de prisme au sein de l’Agence régionale de santé, qu’elles pointent comme déconnectée des réalités de terrain. « Il faut qu’on parle d’humain, pas de chiffre. »

    À l’hôpital de Martigues, au-delà du sous-dimensionnement des infrastructures, ce sont les conquis sociaux des personnels qui sont menacés, en raison de mesures d’économie portées par la direction sur injonction de la Chambre régionale des comptes. « Aujourd’hui, il y a une crise des vocations parce qu’il n’y a plus de perspectives qui donnent envie de travailler dans le public, dénonce Nathan Cabiac, représentant CGT. Les salaires sont très bas, il n’y a plus de compensation humaine, on vient attaquer notre temps de travail, nos heures supplémentaires, nos RTT, notre pause méridienne… Dans quelque temps, si on va au bout de ce genre de chose, des agents vont fuir l’hôpital comme c’est déjà le cas pour les infirmiers, qui ont le libéral en face. »

    Le syndicat demande l’abrogation de toutes ces mesures. Au niveau national, « la priorité est l’augmentation des effectifs et la revalorisation du point d’indice, parce qu’on est pratiquement à 20% de perte de pouvoir d’achat depuis le début des années 2000 sur des salaires qui sont déjà très faibles, puisque la catégorie C représente la grande majorité des salariés ».

  • À Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics

    À Toulon, les manifestants irrités par la hausse du budget de la Défense au détriment des services publics

    « Ce n’est pas possible que des milliards d’euros partent dans les poches d’entreprises qui font la guerre, et non pas dans celles des agents. De l’argent, il y en a. Ça suffit de payer pour les autres. » Reçue par le préfet du Var, mardi matin, en compagnie d’une délégation intersyndicale, Francisca Martinez, secrétaire départementale de la CGT finances publiques, brandit un symbole devant le cortège de manifestants, qui a achevé son parcours devant la préfecture : celui du budget de la Défense, rehaussé de 6,7 milliards d’euros en 2026, dans le cadre de l’augmentation de la loi de programmation militaire 2024-2030 (+36 milliards d’euros, pour atteindre 76,3 milliards d’ici 2030).

    « On a d’abord besoin d’un service public de qualité »

    Car, dans le premier port militaire d’Europe, ce sujet résonne plus qu’ailleurs. « Quand on voit des crédits impôts recherche distribués à de grosses entreprises, à savoir 211 milliards d’euros sans surveillance, sans contrepartie, on sait les bidouillages qu’il peut y avoir. Surtout qu’on parle de Défense, mais on est le deuxième exportateur mondial d’armes. Ça montre qu’on ne produit pas pour nous », dénonce Colette Moulun, elle aussi membre de la CGT finances publiques, qui rappelle que la Direction générale des finances publiques a perdu un quart de ses postes (plus de 30 000) en 15 ans.

    Il en va de même dans l’éducation, qui déplore, au niveau national, 4 500 postes d’enseignants supprimés. « Nous sommes 36 élèves par classe », illustre Donia, élève en terminale au lycée Dumont-d’Urville, à Toulon, présente mardi matin, comme plusieurs dizaines de lycéens varois, parmi les 1 600 manifestants mobilisés selon la police, 7 500 selon les organisations. D’autres métiers sont concernés, comme celui de « psychologue scolaire, par exemple », pointe Cédric Turco (SNUIPP – FSU), avec, en conséquence, « de moins en moins de places dans le circuit spécialisé et des élèves qui se retrouvent dans le général sans qu’on ait les moyens de les y inclure ». Une situation dont les élèves ont eux-mêmes conscience. « Il y a un manque d’accompagnants pour les élèves en situations de handicap », constate Donia.

    La situation est comparable chez les pompiers, qui ont vu 30% des centres d’incendie nationaux fermer depuis 2000. Il n’en reste plus que 6 100, dont six sur dix fonctionnent grâce aux volontaires. Mais il y a aussi « le matériel, avec des véhicules vieillissants et régulièrement en panne », rapporte David Vaubien, adjudant-chef à La Seyne, au sortir d’un été qui a mis en lumière ces manques, à l’instar de la vétusté du bâti scolaire.

    « Nos écoles sont des passoires thermiques. On travaille dans des locaux amiantés. C’est une honte pour les salariés et pour les élèves », s’indigne Cédric Turco, élu communiste à La Seyne, qui conclut sur le non-sens de cette impétueuse militarisation : « La paix ne se gagne pas par la guerre. En France, on a d’abord besoin d’avoir des services publics de qualité. »

  • Marseille fait front pour les services publics

    Marseille fait front pour les services publics

    La rue a repris la parole pour défendre la fonction publique sur les pavés marseillais, ce mardi, à l’occasion d’une journée de grève et de manifestation intersyndicale pour le moins suivie. « Il y a une convergence des colères ! Le gel du point d’indice des fonctionnaires depuis 10 ans n’est pas acceptable et la baisse des salaires concerne tout le monde », gronde Marc Pietrosino, secrétaire général de l’Union Départementale CGT des Bouches-du-Rhône. Autour de lui, les manifestants s’amassent aux Réformés, en haut de la Canebière, avant de partir en direction de la Préfecture.

    Et la banderole de tête, derrière laquelle se retrouvent les représentants des trois pans de la fonction publique, agents des collectivités territoriales, des hôpitaux publics et de l’État, délivre un message clair : « Plus de services publics, plus de salaires. » Car cette mobilisation entend remettre en avant le mal-être et les besoins des centaines de milliers d’agents qui portent les différents services publics à bout de bras. « Tout augmente sauf les salaires : le gasoil, le gaz, l’électricité, l’alimentaire… Et au boulot, on nous demande toujours plus, mais on n’est pas payés plus ! », dénonce Marie, une agente territoriale de Port-Saint-Louis qui travaille au centre communal d’action sociale (CCAS) de la ville et syndiquée CGT.

    « 50% de grévistes

    chez les instituteurs »

    Christophe Martin-Chalamel, secrétaire général de la CFDT Ville de Marseille, abonde : « Le pouvoir d’achat des fonctionnaires baisse de plus en plus. Quand le Smic augmente, nous, on reste au même niveau à cause du gel du point d’indice. On demande simplement une réévaluation avec l’inflation ». Cette question du gel du point d’indice, base de calcul de la rémunération des fonctionnaires, cristallise l’attention. Mais c’est surtout le symbole d’un manque de moyens durablement imposé aux services publics. « Encore une fois, le budget prévu et les différentes mesures pour la fonction publique s’annoncent rétrogrades et austéritaires. C’est moins d’État, moins de services publics et ce sont les plus fragiles qui paient ! », développe Virginie Akliouat, secrétaire générale de la FSU 13. Syndicat qui évoque le chiffre de « 50% de grévistes chez les instituteurs dans les Bouches-du-Rhône » comme mesure de l’exaspération des fonctionnaires.

    Une chose est sûre, c’est que la colère monte crescendo. Avec 30 000 manifestants décomptés côté intersyndicale et 3 800 côté préfecture de police, on est bien au-dessus de la précédente journée de grève et de manifestation, qui s’est déroulée le 15 septembre dernier. Il était alors décompté 5 000 manifestants côté syndicats, contre 900 selon la préfecture. Il faut dire que les fonctionnaires ont reçu le soutien de nombreuses autres catégories de travailleurs, comme ceux du monde de la culture, les travailleurs de l’énergie ou encore les lycéens. La fougue de la jeunesse a d’ailleurs pris la tête du cortège. « Pour Bernard Arnault et ses collègues, il n’y a pas de crise », lance Renaud Henry, secrétaire général de la CGT Énergie Marseille, sur le fameux camion bleu de sa profession. Avant de délivrer un message de soutien à l’adresse des agents : « La fonction publique, les écoles, les pompiers, les infirmières, c’est notre patrimoine ».

  • Le 29 septembre pour faire converger toutes les colères ?

    Le 29 septembre pour faire converger toutes les colères ?

    Le 29 septembre ne sera pas seulement une bataille de fiches de paie. Dans le Gard et l’Hérault, comme partout dans l’Hexagone, les syndicats veulent faire de cette journée de grève un point de convergence des colères qui traversent les services publics et, au-delà, le monde du travail. Les huit organisations représentatives de la Fonction publique (CGT, FO, CFDT, Unsa, FSU, Solidaires, CFE-CGC et FA-FP, auxquels s’ajoute la CFTC) appellent ensemble à se mobiliser pour une journée interprofessionnelle. Une unité rare, renforcée après l’échec du rendez-vous salarial du 8 juillet et sur fond de nouvelles économies annoncées pour 2027.

    Au cœur des revendications : la revalorisation du point d’indice, gelé à 4,92 euros depuis juillet 2023, la refonte des grilles, le retour de la GIPA [garantie individuelle du pouvoir d’achat], l’abrogation du jour de carence et davantage de moyens humains. Depuis juin, 862 000 agents doivent même percevoir une indemnité différentielle pour que leur traitement indiciaire atteigne le Smic. Ambiance faste. « Ce n’est plus une histoire de pouvoir d’achat, mais de pouvoir de vivre », tranche Pascale Thoirey, de la FSU du Gard. Elle décrit des enseignants qui décrochent, des AESH maintenues dans la précarité et « une perte de sens du métier » jusque chez des personnels autrefois « avec le service public chevillé au corps ». « L’État organise la précarité de ses personnels », tout simplement.

    Même constat côté CFDT. Sylvia da Costa, secrétaire générale de l’UD du Gard et soignante, refuse de réduire la mobilisation à une défense corporatiste : « Le service public, c’est un bien commun. Tout le monde doit pouvoir y accéder dans de bonnes conditions. » La soignante pointe les urgences du CHU de Nîmes, où plus de 150 patients attendaient récemment une prise en charge, mais aussi les écoles et collectivités confrontées aux non-remplacements. « Sans nous, le pays ne fonctionne pas. »

    Du salaire au service rendu

    Dans le Gard, FO veut justement éviter que le 29 septembre ne soit qu’une date de plus sur le calendrier syndical. Gilles Besson, secrétaire général de l’UD, préfère partir des conflits déjà ouverts : à Carrefour Supply Chain Saint-Gilles, dans l’énergie, à la Sécurité sociale ou encore chez les marins-pêcheurs. « La convergence ne se décrète pas depuis une salle de réunion », insiste-t-il. Elle doit, selon lui, se construire sur les revendications concrètes des salariés : « Une journée de grève coûte cher : pour qu’un salarié accepte de perdre une journée de salaire, il faut construire un rapport de force qui ait du sens et des perspectives. »

    Pour Mathieu Guy, qui coordonne la journée pour la CGT dans l’Hérault, « le 29 septembre n’arrive pas de nulle part ». Santé, éducation, secours, action sociale : « Les besoins explosent », tandis que les syndicats redoutent de nouvelles restrictions budgétaires. La CGT oppose notamment ces économies aux 211 milliards d’euros d’aides publiques aux entreprises recensées en 2023, tandis que 54 milliards d’euros d’efforts sont annoncés pour 2027. Le sens des priorités. Derrière les salaires se joue enfin la capacité même des services publics à remplir leurs missions. « Nous ne voulons pas choisir entre de bons services publics et des agents correctement rémunérés : nous voulons les deux, parce que l’un ne va pas sans l’autre », résume Mathieu Guy. Tous ne promettent pourtant pas déjà un mouvement reconductible. Les suites dépendront du rapport de force construit sur le terrain, dans les ateliers, les hôpitaux, les écoles et dans la rue. La colère est là : reste à voir si, le 29 septembre, elle saura se transformer en rapport de force.

    « L’État organise la précarité de ses personnels »

  • Pays d’Aubagne : pétition, manif, et actions citoyennes pour défendre la gratuité des transports

    Pays d’Aubagne : pétition, manif, et actions citoyennes pour défendre la gratuité des transports

    Cette première intervention, en l’occurrence un point presse samedi matin qui a rapidement tourné à un rassemblement d’une cinquantaine de personnes sur le cours Foch, à Aubagne, « c’est le premier acte de la résistance », lance Maurice Marsiglia, le président de l’association Se déplacer en liberté et l’une des chevilles ouvrières de ce long combat pour la « gratuité des transports en commun ».

    « Pas question de se laisser faire », « il faut s’organiser ! », « aller manifester », « signer la pétition lancée par la mairie ! », « et informer dans vos associations, tout le monde est concerné ! » Les échanges fusent entre les participants. Car l’heure est grave. « Cette gratuité a été mise en place par l’Agglo d’Aubagne, en 2009, c’est une réussite », résume Yves Mesnard, le maire honoraire (DVG) de Roquevaire. Ils sont aussi venus de La Bouilladisse, de Belcodène, d’autres communes environnantes directement touchées par ce séisme, dont l’épicentre est à… Salon-de-Provence. « C’est honteux d’avoir fait une telle déclaration sans même en avertir les élus du territoire », dénonce Maurice Marsiglia. Et sur le fond, rien ne tient. « Les prétendues économies réalisées correspondent à 0,9% des 144 millions d’euros de déficit de la branche transport de la Métropole… », tranche Christine, membre de l’association, armée d’un solide argumentaire. À Rolland Bourglan de pointer les coûts faramineux pour remettre le réseau en payant, ce qui devrait réduire à néant les dites « économies ». « Sur le plan social comme écologique, alors que la moitié des grands réseaux urbains passent ou sont passés à la gratuité, cela ne va pas dans le sens de l’histoire… », conclut-il. Puis l’élu écologiste Denis Grandjean, délégué à la mobilité, apporte le soutien de la Ville aux militants qui s’apprêtent à livrer une dure bataille. Bataille qui s’apparente à une course contre la montre, « il y aura un vote sur cette question en séance, le 15 octobre prochain », pose Maurice Marsiglia.

    « Nous allons aussi nous mobiliser, lance Erwann Bouisseren, de la CGT Métropole, la gratuité concerne l’ensemble des salariés et des entreprises de ce territoire ! » Tous les citoyens, sans exception.

  • La maintenance des TER sur de bons rails ?

    La maintenance des TER sur de bons rails ?

    L’annonce, inattendue, a pris tout le monde de court. Tandis que la création d’un centre de maintenance des Trains express régionaux (TER) est à l’étude depuis des années en Occitanie, Carole Delga (PS) a tranché.

    Vendredi 16 septembre, la présidente de Région a dévoilé par communiqué le lieu du futur centre (qui sera raccordé à la ligne ferroviaire Colombiers-Maureilhan) que sa collectivité s’engage à construire et à financer à 100%, une première en France. Il s’agit d’un terrain appartenant à la Région situé sur la commune de Colombiers, au sud-ouest de Béziers. En complément des ateliers de Toulouse et Nîmes, « saturés », ou encore de Tarbes et Perpignan, ce futur centre accueillera, dès fin 2028 ou début 2029, les 18 nouvelles rames de TER liO Regio2N pour les opérations de maintenance lourde. « Nous souhaitons disposer d’un équipement performant et adapté à l’arrivée des Regio2N sur la ligne du littoral mais aussi anticiper l’augmentation du nombre de trains liO (…) », explique l’élue socialiste qui y voit la démonstration que « la transition vers des mobilités décarbonées appelle du courage politique, de l’innovation et un fort investissement ».

    Les rames accidentées sur le site du Capiscol ?

    Du côté de la CGT cheminots qui, via la Région, avait obtenu il y a quelques mois de la SNCF le lancement d’une étude de faisabilité pour le site du Capiscol à Béziers, on ne s’attendait pas à une telle annonce. « Face à la direction de la SNCF qui voulait tout mettre à Nîmes, on voulait un centre de maintenance à Béziers. Ce terrain de la Région près de Montady n’est pas le meilleur car on n’est pas en milieu ferroviaire et il s’agit d’une voie unique », regrette Éric Bringuier. Mais faute de grives, on mange des merles. Le secrétaire de la CGT cheminots tempère aussitôt. « Le choix d’implanter le centre entre Béziers et Narbonne, au milieu de la région, reste judicieux ».

    Le vice-président régional aux transports justifie l’implantation. « On a d’abord essuyé un refus du maire (DVD) de Narbonne. Notre terrain de Colombiers est constructible immédiatement car dérisqué, ce qui n’était pas le cas du site du Capiscol. Il y aurait eu des études environnementales à faire sur un an voire 18 mois. Et on ne passait pas dans le calendrier », explique Jean-Luc Gibelin (PCF).

    Il n’en reste pas moins que la CGT ne lâche pas l’affaire sur le Capiscol. « On va pousser pour en faire un centre de réparation pour les rames accidentées », rebondit Éric Bringuier, soulignant le potentiel en la matière. « Il n’en existe qu’un seul à Nevers, d’autres régions pourraient l’utiliser. À la SNCF de travailler au business plan. » Une option qui séduit la Région Occitanie. « Cela fait partie des accords de la convention TER. Et je partage l’idée que le site de Béziers est celui qui s’y prêterait le mieux », acquiesce Jean-Luc Gibelin. À une condition majeure : que l’État mette cette fois la main au portefeuille. « Ce n’est pas à la Région de payer en totalité, tels étaient nos accords dans la convention TER. »

    Dans l’attente d’un retour de la SNCF, une chose est acquise : à Colombiers, le centre de maintenance des TER emploiera entre 40 et 50 cheminots du bassin d’emploi de Béziers.