Tag: CGT

  • À Primark, les salariés à temps partiel veulent travailler davantage

    À Primark, les salariés à temps partiel veulent travailler davantage

    Face à une conjoncture économique difficile pour de nombreux foyers, en particulier ceux dotés de ressources limitées, il n’existe parfois qu’une seule solution : travailler davantage. Une conception très libérale du monde du travail, promue par Nicolas Sarkozy à travers son slogan de campagne pour la présidentielle 2007, qui ne traduit pas toujours une orientation politique, mais une nécessité dans la situation actuelle, avec des salaires qui ne suivent pas l’inflation.

    Les salariés de Primark, à La Valette-du-Var, sont concernés. Certains d’entre eux (86 sur les 123 vendeurs de l’enseigne), employés à temps partiel (25 heures hebdomadaires maximum), souhaitent travailler davantage, mais ne se voient pas proposer d’heures supplémentaires ou complémentaires par leur direction. « Pour beaucoup, le temps partiel n’est pas un choix, mais une contrainte. Les heures complémentaires représentent un ajout indispensable pour payer un loyer, financer des études, assurer les dépenses du quotidien ou constituer une épargne pour les mois où les revenus diminuent », dénonce la CGT Primark La Valette. Parmi eux, des contrats étudiants (8 à 16 heures), qui se retrouvent « particulièrement touchés. Pendant les vacances d’été, nombre d’entre eux ne perçoivent pas de bourse et comptent sur leur emploi pour préparer leur rentrée universitaire. Aujourd’hui, cette possibilité leur est refusée, les plaçant dans une situation financière difficile ».

    L’ombre de la grève

    Une situiation incompréhensible pour la CGT, eu égard aux récentes embauches, dont elle se félicite cependant, mais qui « ne doivent pas se faire au détriment des salariés déjà présents qui souhaitent augmenter leur temps de travail. Embaucher est une nécessité ; permettre à ces salariés de bénéficier d’heures complémentaires, lorsque l’activité le permet, l’est tout autant ».

    Alertée par les syndicats, la direction a indiqué « faire le maximum dans la mesure de [ses] possibilités économiques et organisationnelles, pour proposer des compléments d’heures lorsque les besoins de l’activité le permettent. Leur engagement (…) est reconnu, apprécié, et il constitue un élément important dans [ses] réflexions ». Des mots que la CGT considère comme « contradictoires » et « insuffisants » vis-à-vis de la situation, alors que les salariés s’étaient vus présenter la possibilité d’effectuer des heures supplémentaires lors de leur recrutement. Elle demande à la direction de « respecter les engagements affichés envers les salariés à temps partiel », sans quoi un mouvement de grève pourrait être enclenché.

  • À Avignon, le monde culturel maintient la pression sur le gouvernement

    À Avignon, le monde culturel maintient la pression sur le gouvernement

    C’est malheureusement une pièce à succès qui se joue lors de ce Festival d’Avignon. Avec dans la mise en scène un gouvernement austéritaire et comme acteurs principaux et victimes les professionnels du spectacle vivant. Après une manifestation jeudi dernier devant l’hôtel de Ville et avant une agora ce jeudi 16 devant le palais des Papes, une nouvelle mobilisation s’est tenue ce lundi soir, également sur la place papale. « On construit un mouvement unitaire en intersyndicale avec des organisations d’employeurs et de salariés », pose Joris Mathieu, coprésident du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac).

    À ses côtés, la CGT spectacle, le Synavi (syndicat national des arts vivants), Scène ensemble ou le collectif Livrer bataille. Tiago Rodrigues, directeur du festival, se joint aussi au mouvement. « Le service public de la culture est un patrimoine démocratique, ce festival n’est pas possible sans lui, à partir du moment où ce service public est en danger, on est tous en danger », estime-t-il. Sa voisine de tribune est l’une de ses prédécesseurs à la tête du festival, Hortense Archimbault. L’actuelle directrice de la MC 93 [Maison de la culture de Seine-Saint-Denis] confie n’avoir « jamais affronté ça en 22 ans ». Le ça en question : le gel de dotations par l’État pour le second semestre mettant en péril de nombreux spectacles et donc d’activités pour les artistes. « Je ne veux pas déprogrammer et renier la confiance accordée aux artistes et au public, en faisant cela, je crée un gros déficit pour ma structure », assume-t-elle. Et ce « alors qu’il y a une forte demande sociale pour le spectacle vivant avec jamais autant de monde dans les salles ».

    Un « saccage délibéré

    des services publics »

    « Nous n’accepterons pas de mourir en silence », prévient Delphine Lalizout, coprésidente du Synavi. L’intersyndicale pose trois revendications : un moratoire urgent sur ces coupes budgétaires, la création d’une commission interministérielle en lien avec les collectivités territoriales pour mener une vraie concertation, et porter à 1% minimum la part de la culture dans le budget de l’État. « Une catastrophe sociale s’annonce avec un grand mépris du gouvernement qui ne nous a pas concertés », s’insurge Ghislain Gautier, secrétaire général adjoint de la CGT spectacle qui brandit la menace d’une grève. « On exige une prise en considération du gouvernement d’ici au 16 juillet, avoir au moins un rendez-vous, sinon on discutera des modalités d’action qui peuvent aller jusqu’à la grève », annonce le représentant syndical.

    Si pour l’heure il ne s’agit que d’une hypothèse, « c’est l’exécutif qui, par son mutisme, son mépris et son saccage délibéré des services publics, en porterait la responsabilité », conclut Joris Mathieu.

  • Fibre Excellence : un ultime délai pour l’offre de reprise

    Fibre Excellence : un ultime délai pour l’offre de reprise

    Le tribunal de commerce de Toulouse a repoussé au 27 juillet l’examen de l’offre de reprise de Fibre Excellence déposée par Matthieu Pigasse, accordant un ultime sursis au groupe papetier en redressement judiciaire. Ce délai doit permettre de « demander à l’État des ajustements techniques pour sauver toute une filière, deux usines et des emplois », a expliqué Matthieu Levieille, directeur général de Combat Holding.

    Le tribunal a prévenu qu’il s’agissait de la « dernière » offre pour les usines de Saint-Gaudens et de Tarascon, à l’arrêt depuis avril, selon Cédric Bye, délégué CGT. Le syndicat réclame un soutien de l’État sur l’approvisionnement en bois, les quotas carbone et le prix de l’électricité.

    « Reprendre les échanges » avec Bercy

    Combat Holding, à la tête d’un consortium d’investisseurs, dit avoir eu peu d’échanges avec le ministère. « On attend de l’État une saisie très rapide du dossier », a insisté Matthieu Levieille. À Bercy, l’entourage du ministre Sébastien Martin renvoie toutefois la balle au repreneur : les collectivités ont précisé leur soutien, mais Matthieu Pigasse doit « transformer les promesses en financements ».

    Déposée à la dernière minute, l’offre prévoit la reprise du groupe et de ses 660 salariés pour un euro symbolique, accompagnée de 107 millions d’euros d’investissements. Le projet vise aussi à préserver entre 5 000 et 10 000 emplois indirects dans la filière bois et papier. Le financement repose sur Combat Holding, des fonds régionaux, des aides énergétiques ainsi que des prêts publics et bancaires. « C’est un actif industriel unique à préserver », a souligné Matthieu Levieille. Le plan d’affaires devrait s’étaler en quatre phases jusqu’en 2035.

  • La CGT Santé alerte sur un « management agressif »

    La CGT Santé alerte sur un « management agressif »

    Je n’ai plus l’impression de travailler dans un hôpital, j’ai l’impression de travailler dans une prison », a écrit, il y a quelques jours, une infirmière à Cédric Volait, représentant de la CGT Santé des Alpes. Selon lui, depuis le mois de janvier, les conditions de travail ne cessent de se dégrader au sein des établissements sanitaires, sociaux et médico-sociaux du département. « Les salariés nous alertent d’un management agressif et répressif. Ce n’était pas trop le cas, mais là, ce type de gestion monte en puissance. De nombreux salariés ont l’impression qu’il y a une volonté de les faire partir », regrette Cédric Volait, aussi coordinateur régional Paca de la CGT Santé.

    Une augmentation

    des conseils de discipline

    Le délégué syndical dit observer une hausse des conseils de discipline au sein des établissements pour des raisons qui, selon lui, ne sont pas valables. Surprise par son directeur, une aide-soignante a été convoquée pour s’être assoupie lors de sa garde de nuit, affirme-t-il. « Écœurée », elle a démissionné. « Ce qui se réglait avec un avertissement verbal prend aujourd’hui des proportions démesurées. C’est très brutal », estime Cédric Volait.

    Certains entretiens disciplinaires conduisant à une mise à pied conservatoire des salariés. « On souhaite revenir à un management bienveillant. Ça commence par mettre en place les moyens nécessaires », poursuit-il. Une délégation a rencontré le directeur de l’ARS, le 2 juillet. Ce dernier, selon Cédric Volait, aurait dit « entendre les retours du terrain » et demander aux équipes « d’améliorer le dialogue social ». Le syndicat réfléchit à une mobilisation en septembre.

  • La CGT Paca promet un festival contre l’extrême droite

    La CGT Paca promet un festival contre l’extrême droite

    Après, lundi, la tenue d’une rencontre à l’initiative de la CGT spectacle pour se prémunir face à l’extrême droite, le comité régional CGT Paca s’est réuni ce vendredi au sein de la Bourse du travail d’Avignon. Avec un peu la même optique au sein de chaque union départementale : promouvoir la culture comme rempart à l’extrême droite. « On est dans une période cruciale d’affrontement entre l’extrême droite et les idées de progrès social », campe Patrice Kantarjian, secrétaire régional de la CGT. Surtout depuis que l’extrême droite, via « les milliardaires Bolloré ou Stérin ont décidé d’investir le champ de la culture avec des moyens colossaux », constate-t-il.

    Localement, les exemples sont nombreux « avec le RN qui cible la culture populaire comme à Monteux en coupant drastiquement sa subvention à la MJC [notre édition de vendredi] », note Patrice Kantarjian. Dans les Bouches-du-Rhône, la CGT s’est mobilisée à Aix en novembre contre la programmation de la Dame de pierre, spectacle sur Notre-Dame de Paris promu par Pierre-édouard Stérin. « Des membres de l’Action française étaient là, cela pose aussi des problèmes sur le droit du travail qui n’est pas respecté avec des bénévoles qui agissent à la place d’intermittents du spectacle, on a saisi l’inspection du travail », rappelle Marc Pietrosino, secrétaire de l’UD des Bouches-du-Rhône. La mobilisation devrait reprendre car le spectacle est programmé au Dôme de Marseille le 22 septembre.

    « Partout où l’extrême droite veut réécrire l’histoire, la CGT sera là pour construire un contre récit avec des villages de la paix, des pièces de théâtres, de la musique, des bibliothèques… », prévient Richard Roméo-Giberti, secrétaire de l’UD CGT du Var. À Avignon, « depuis 18 ans au Festival, la CGT ouvre son théâtre de la Bourse du travail comme lieu de contre-pouvoir à l’extrême droite dans l’esprit de Jean Vilar », appuie Laurence de Villèle, secrétaire de l’UD CGT de Vaucluse. Maxime Séchaud, secrétaire adjoint de la CGT spectacle, assure que « face aux coupes budgétaires du gouvernement, on se serre les coudes en construisant un mouvement commun ». « Il faut sortir de la logique mortifère du tableau Excel, la culture ne peut se concevoir comme une matrice mathématique », exhorte Richard Roméo-Giberti.

  • Toujours le bras de fer entre salariés et direction d’Haribo

    Toujours le bras de fer entre salariés et direction d’Haribo

    La direction est fermée, on est face à des murs. » En grève illimitée depuis quinze jours, les salariés de l’usine marseillaise d’Haribo dénoncent « l’évitement » de la direction. Ils réclament « de nouvelles NAO » (négociations annuelles obligatoires), pour revaloriser leurs salaires. Ils réclament une augmentation de 100 euros brut mensuels pour suivre l’inflation. Une demande restée sans réponse de la part de la direction. Difficile à digérer pour les employés qui décrivent l’année 2025 « exceptionnelle » pour l’entreprise en termes de chiffre d’affaires.

    Une grève prête à durer

    Depuis le début du mouvement, les salariés « débrayent deux heures par jour », expliquent Thierry Cambola, délégué syndical central FO, et Marc Mansano, délégué syndical CGT. Seul changement : « On ne prévient plus la direction au préalable », ajoutent-ils. le reflet d’une « tension grandissante » avec la direction du groupe.

    De son côté, l’entreprise fait appel depuis lundi « à des intérimaires et au personnel de l’administration », pour pallier l’absence des grévistes, assure le syndicaliste. « Un personnel qui n’est pas fait pour cela », s’insurge-t-il. En réaction, l’inspection du travail a été saisie par les salariés et s’est rendue sur place jeudi 9 juillet.

    Des déclarations contredites par la direction, qui affirme qu’« aucune embauche n’a été réalisée en intérim ou CDD pour remplacer spécifiquement un salarié gréviste » et assure formellement ne « pas entraver le droit de grève ». Quant aux demandes salariales, la direction considère que « l’entreprise s’est toujours alignée sur l’inflation voire au-delà (…) », mais les demandes des syndicats sont « éloignées » de leurs « propositions » et pour l’heure les parties « ne sont pas parvenues à un accord », constate la direction.

  • Les agents de l’hôpital de Martigues votent la grève contre l’austérité

    Les agents de l’hôpital de Martigues votent la grève contre l’austérité

    « Ce n’est pas une question de statut, de grade ou de métier, si on se mobilise pas tous ensemble jusqu’au bout, le bateau coule. » Ce brancardier de l’hôpital de Martigues a donné le ton de l’assemblée générale du personnel, bondée, organisée à l’initiative de la CGT et rejointe par la CFDT.

    Au cœur des préoccupations, les mesures sociales présentées par la direction aux syndicats le mois dernier et dont certaines doivent s’appliquer dès septembre. Le plus gros point d’achoppement est celui de la pause méridienne, dont le projet est de ne plus la décompter du temps de travail. « C’est impensable pour nous alors que ça fait partie de la prise en charge de prendre le repas avec les patients », s’insurge cette soignante en psychiatrie. Inquiétude aussi au bloc opératoire. « On mange sur site, si on devait sortir manger à tour de rôle, c’est juste pas possible », pour cette infirmière au bloc opératoire, notamment en raison des procédures très encadrées de préparation sanitaire.

    Autre mesure, la fin des gardes de 24h dans certains services. Cette infirmière anesthésiste au bloc opératoire indique que « ce roulement convient très bien à l’équipe depuis 20 ans ». « La direction veut couper le service en deux fois douze heures, ce qui voudrait dire travailler plus souvent et des roulements de nuit imposés. Le confort de vie personnel est menacé sans salaire ni repos en plus », poursuit-elle.

    Une autre infirmière du bloc complète : « On devra faire des astreintes de nuit mais au final on devra des heures à l’établissement car on n’aura pas assez travaillé. Avec parfois 47 passages au bloc, on travaille déjà jusqu’à des heures pas possibles. » « On a besoin de repos ! Au bloc on est habillé pendant 4-5h et on doit être concentré sur le robot chirurgical. Sinon, c’est un danger direct pour le patient », insiste-t-elle.

    Un laboratoire

    pour les autres hôpitaux ?

    La mobilisation a déjà commencé. « On a commencé une opération escargot au bloc, on a prévenu les chirurgiens qu’on ne ferait que 10 opérations, pas 47. Ils nous soutiennent, donc ils se plaindront à la direction », détaille cette autre infirmière de salle de réveil. « Notre espoir est de les emmener avec nous » reprend une autre infirmière du bloc, « Les opérations c’est ce qui ramène le plus d’argent à l’hôpital, c’est là qu’il faut taper. On met pas en danger les patients. » De la même manière, les agents du service facturation, sous « grosse pression de la direction pour faire rentrer l’argent » selon l’une d’entre elles, compte aussi se mettre en mode escargot et ne facturer que les consultations, non plus les hospitalisations. « C’est le seul moyen de pression qu’on a car on ne veut surtout pas toucher aux soins », justifie-t-elle.

    En filigrane de la mobilisation au CH de Martigues, les agents pensent aussi global. « À Arles et Aubagne, ils sont aussi en plein conflit social, face à des mesures faites à partir de Martigues », analyse à l’assemblée cette syndiquée CGT. La grève d’une heure jeudi 16 juillet prochain a été votée à l’unanimité par les participants. « Nous allons interpeller les élus du territoire et la population sur les marchés », précise Laure Privat, secrétaire du syndicat CGT de l’hôpital.

    Contactée, la direction du CH de Martigues n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • Adapter les conditions de travail au climat

    Adapter les conditions de travail au climat

    « Quand on parle de fortes chaleurs, on parle d’un enjeu de vie ou de mort pour de nombreux travailleurs et travailleuses », martèle d’emblée Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT. La centrale syndicale a présenté jeudi lors d’une conférence de presse, un plan de lutte pour l’adaptation des conditions de travail au changement climatique. Hasard du calendrier (ou pas), dans son 8e rapport annuel publié quelques heures plus tôt, le Haut Conseil pour le climat (HCC) pointe « les impacts du changement climatique [qui] deviennent de plus en plus dangereux ». La France « n’est pas prête », estime l’organisme indépendant créé en 2018, jugeant « impératif » qu’elle « change d’échelle dans l’ampleur, la portée et la vitesse de mise en œuvre des actions d’adaptation ». Parmi les 82 recommandations formulées – auxquelles le gouvernement a six mois pour répondre – le HCC réclame le renforcement du « cadre réglementaire en santé au travail ».

    La CGT a pris les devants et tiré la sonnette d’alarme. À l’issue d’une réunion avec les différentes fédérations, au moins dix morts au travail sur ces trois épisodes caniculaires, ont été recensés. Sophie Binet intime le ministre du Travail de publier « immédiatement » les chiffres officiels des accidents mortels liés à la chaleur. À ces drames s’ajoutent des « centaines de malaises » et « d’accidents » : « des travailleurs et des travailleuses qui poursuivent leurs journées malgré les vertiges, la déshydratation, les nausées ou l’épuisement, parce que les objectifs de production fixés par les patrons, eux, ne connaissent pas la canicule », pousse la numéro 1 de la CGT.

    La centrale a mis en ligne le 4 juillet dernier sur son site internet un « calculateur de chaleur »*. Cette grande enquête nationale élaborée par les statisticiennes de la CGT, la Dares et la Drees vise à recueillir des témoignages de salariés et recenser leurs revendications. Les premiers résultats sont édifiants. Sur les 5 000 personnes ayant répondu en cinq jours seulement, 9 salariés sur 10 jugent les dernières canicules « pénible », « très pénible » ou « insupportable ».

    Au moins 10 morts

    au travail

    Dans ce plan, l’une des mesures principales est l’interdiction systématique du travail en extérieur au soleil, ou entre midi et 18h à partir des alertes orange et rouge, y compris pour les travailleurs micro-entrepreneurs ou abusivement considérés comme tels (livreurs à vélo liés aux plateformes numériques), en prévoyant le maintien des rémunérations, sans report des heures de travail, écrit le syndicat. Météo France a placé en vigilance rouge neuf départements de l’Ouest et 76 départements en orange pour la journée de vendredi. Dans le BTP, « on en est à une bonne grosse douzaine d’hyperthermies sévères, ce qui veut dire qu’il y aura potentiellement des séquelles permanentes », gronde Frédéric Mau, de la Fédération nationale des salariés de la construction, bois et ameublement CGT.

    Le syndicat réclame par ailleurs la création d’un système de congé intempéries avec maintien du salaire à 100 %, qui peut être activé en cas d’alerte orange ou rouge, sur validation du CSE et financé par une cotisation des plus grosses entreprises. « Il y a besoin (de) mesures pour l’ensemble des travailleurs et des travailleuses et que ces mesures soient prévues par le Code du travail pour garantir l’égalité des droits », poursuit Sophie Binet, refusant que le sujet soit renvoyé « au bon vouloir des employeurs ».

    Le Premier ministre présidera ce vendredi une cellule interministérielle de crise consacrée à la canicule. Face à cela, le système de santé est, une nouvelle fois, en première ligne. « Il y a des morts à l’hôpital, dans les Ehpad et à domicile (…) On sait que bilan va être terrible », s’alarme Barbara Filhol, secrétaire générale de la CGT Santé et Action sociale. La fédération prévoit une minute de silence le 8 septembre « pour celles et ceux qu’on n’aura pas pu sauver » et une journée de mobilisation le 15 septembre. Toutes les professions sont en tension. « L’hôpital n’a pas de climatiseurs donc il en demande aux pompiers », souffle Sébastien Delavoux, animateur réseau CGT Sdis. Déshabiller Pierre pour habiller Paul. Pendant ce temps, la saison des feux est déclarée, plus violente que jamais. « D’année en année les interventions augmentent et les moyens diminuent », grince le sapeur-pompier, « l’été ne fait que commencer ».

  • Question de classe

    Question de classe

    N’en déplaise à un présentateur de télévision à succès, non tout le monde n’a pas chaud de la même manière. Non on n’est pas « tous logés à la même enseigne ». Selon que l’on travaille avec un marteau-piqueur sur une autoroute surchauffée ou en pianotant sur un clavier dans un bureau climatisé, on n’est pas tous logés à la même enseigne.

    Selon qu’on habite un logement social mal isolé ou une villa climatisée avec piscine, on n’est pas logé à la même enseigne.

    Les questions soulevées par le dérèglement climatique sont des questions de classe.

    Rapport
    de forces

    Quels droits pour les travailleurs qui sont en première ligne dans la fournaise ? Quelles améliorations des conditions de travail ? Quelles nouvelles protections des salariés face à ces nouveaux défis ?

    Des organisations syndicales, singulièrement la CGT, posent des revendications en la matière. C’est une bouffée d’oxygène là où, trop souvent, le sujet est réduit à des déplorations verbales et à des bavardages météorologiques.

    Le dérèglement climatique est un fait.
    Il est nécessaire de mettre en place des mesures à l’échelle planétaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et freiner le phénomène mais aussi urgent de conquérir des droits collectifs.

    Cela ne se fera pas sans établir un rapport de force avec le patronat qui minimise les effets des fortes chaleurs et dont certains secteurs sombrent dans le déni du dérèglement du climat.

    Cette confrontation qui s’annonce, a le mérite de poser en grand, et au-delà des fortes chaleurs, la question des conditions de travail trop souvent effacée du débat public.

    N’en déplaise à un présentateur de télévision à succès, non tout le monde n’a pas chaud de la même manière. Non on n’est pas « tous logés à la même enseigne ». Selon que l’on travaille avec un marteau-piqueur sur une autoroute surchauffée ou en pianotant sur un clavier dans un bureau climatisé, on n’est pas tous logés à la même enseigne.

    Selon qu’on habite un logement social mal isolé ou une villa climatisée avec piscine, on n’est pas logé à la même enseigne.

    Les questions soulevées par le dérèglement climatique sont des questions de classe.

    Rapport de forces

    Quels droits pour les travailleurs qui sont en première ligne dans la fournaise ? Quelles améliorations des conditions de travail ? Quelles nouvelles protections des salariés face à ces nouveaux défis ?

    Des organisations syndicales, singulièrement la CGT, posent des revendications en la matière. C’est une bouffée d’oxygène là où, trop souvent, le sujet est réduit à des déplorations verbales et à des bavardages météorologiques.

    Le dérèglement climatique est un fait. Il est nécessaire de mettre en place des mesures à l’échelle planétaire pour réduire les émissions de gaz à effet de serre et freiner le phénomène mais aussi urgent de conquérir des droits collectifs.

    Cela ne se fera pas sans établir un rapport de force avec le patronat qui minimise les effets des fortes chaleurs et dont certains secteurs sombrent dans le déni du dérèglement du climat.

    Cette confrontation qui s’annonce, a le mérite de poser en grand, et au-delà des fortes chaleurs, la question des conditions de travail trop souvent effacée du débat public.

  • Avignon : à l’hôtel du cloître Saint-Louis, une grève qui sort des murs

    Avignon : à l’hôtel du cloître Saint-Louis, une grève qui sort des murs

    La touffeur du Festival d’Avignon, les salariés de l’hôtel du Cloître Saint-Louis la vivent au sens propre. Pas de mise en scène alors que les fenêtres de leur établissement quatre étoiles donnent dans la cour où le festival In a son siège. Ce mardi matin, une dizaine d’entre eux a entamé une grève. « Ce n’est qu’un début, on attend une réaction de la direction* qui est absente », prévient Laetitia Pancuvilier, déléguée CGT. Si les problèmes sont latents, le démarrage du Festival, « où l’hôtel affiche complet », ainsi que la canicule n’ont fait qu’accroître le malaise. « Évidemment que le festival permet d’attirer l’attention et faire pression », admet Laetitia Pancuvilier. L’union locale CGT est présente, tout comme Philippe Martinez, ex-secrétaire général de la CGT. « Le festival est une belle vitrine qui n’empêche pas de s’intéresser à tous ceux qui contribuent dans l’ombre à sa réussite, confie-t-il. Là, on voit le décalage entre le prestige d’hôtel et les conditions de travail des salariés. »

    « Il manque des machines à café »

    Au cœur des revendications, l’impact de la canicule. « Les chambres sont climatisées, il fait 26, mais dans les couloirs on peut avoir jusqu’à 46 degrés en ressenti, expose Laetitia Pancuvilier. On souhaite que le bâtiment soit entièrement climatisé. » Plus globalement, les salariés réclament plus de moyens humains et matériels. « Il faudrait que l’on soit une dizaine de plus [sur environ 25 salariés actuellement] pour répondre aux standings d’un 4 étoiles », détaille la représentante syndicale.

    « On sert 170 petits-déjeuners [facturé 18 euros l’unité] en ce moment, il manque des machines à café, des tasses… les conditions d’accueil ont vraiment diminué », constatent sous anonymat, d’autres salariés. « On est à flux tendu, les touristes viennent profiter d’un lieu où on lutte face à des conditions de travail intolérables, on se mouille pour qu’il y ait du chiffre d’affaires, la direction devrait y penser », résume l’un d’eux. Autre revendication, le maintien de salaire à 100% alors que l’hôtel devrait fermer entre 1 à 2 ans pour une lourde réhabilitation et qu’une perte de rémunération de 28% est pour l’heure prévue. Ce conflit, « illustre les conditions de travail pénibles de l’hôtellerie-restauration en général, où les salariés subissent l’éclatement des collectifs de travail et l’isolement d’un établissement à l’autre », expose Carlos Acha Moreno, secrétaire de l’UL CGT Avignon. Depuis plusieurs mois (notre édition du 9 février), le syndicat a entamé un travail de terrain « afin d’unir au-delà des différents établissements et constituer sur le terrain un corps syndical militant ».

    * Contactée, la direction n’a pas donné suite.