Tag: CGT

  • Les leçons d’un syndicalisme toujours en lutte et en résistance

    Les leçons d’un syndicalisme toujours en lutte et en résistance

    L’Institut d’histoire sociale (IHS CGT) du Var se propose une fois encore de puiser dans la richesse des luttes passées de quoi éclairer les combats d’aujourd’hui et de demain, pour arracher par la mobilisation de nouveaux conquis sociaux et mener la bataille contre les idées d’extrême droite. La conférence de ce soir, qui sera donnée à 17h30 à l’Igesa, se donne pour objectif de mener une réflexion collective sur la manière dont s’est bâtie « une conscience de classe universaliste, offensive et émancipatrice » dans notre département, et comment celle-ci est capable encore aujourd’hui « de répondre aux défis du capitalisme en crise », si l’on parvient à la réactiver.

    L’occasion de rappeler que, des chantiers navals de La Seyne à l’arsenal de Toulon, mais aussi des mines aux industries métallurgiques, s’est constituée au XXe siècle une classe ouvrière dense, organisée et fortement marquée par l’internationalisme.

    Une situation qui s’est radicalement modifiée depuis la fin des années 1970 avec une désindustrialisation planifiée et mise en œuvre à grands coups de casse sociale. Ce qui a en plus profondément désorganisé les collectifs de travail et freiner la circulation des valeurs portées depuis toujours par la CGT. Rien d’étonnant donc, que dans un contexte de crise, les vieux démons ressurgissent face à « l’instrumentalisation des divisions opposant travailleurs et chômeurs, nationaux et immigrés », en faisant renaître la figure du bouc émissaire.

    L’unité face à la haine

    Comment donc aujourd’hui reconstruire l’unité du monde du travail quand le capitalisme et les forces de la réaction prospèrent sur sa fragmentation ? C’est le défi auquel doit répondre aujourd’hui le syndicalisme

    Alain Henckel rappellera en première partie le riche héritage des solidarités mises en mouvement par la CGT dans le Var avant de laisser la parole à André Prone, essayiste et secrétaire général de l’IHS, qui mettra en exergue « la résistance syndicale face à la crise du capitalisme et la montée de l’extrême droite ».

    « Ce qui se joue aujourd’hui dans le Var ne tombe pas du ciel », explique-t-il. Mais le fruit de transformations profondes qui ont généré un accroissement des inégalités, la fragilisation du travail, le recul des solidarités et la progression du racisme. Ce qui se traduit aujourd’hui dans les urnes par les conquêtes du parti à la flamme.

    Et de poursuivre : « Le Var est ainsi devenu un département où l’emploi est majoritairement dispersé, fragmenté et moins organisé collectivement que les bastions ouvriers d’hier. » Avec des milliers de salariés vivant avec des revenus modestes, des contrats courts, des temps partiels imposés, des horaires éclatés, et un taux de chômage global supérieur à la moyenne nationale d’environ de trois points.

    « L’histoire du Var montre que des femmes et des hommes venus d’origines diverses ont su s’unir, lutter ensemble, gagner des droits, défendre la paix, résister au fascisme, s’impliquer dans les luttes au niveau international, arracher des conquêtes sociales », insiste l’intellectuel marxiste.

    Et de conclure : « Si cela fut possible hier, cela reste possible aujourd’hui et demain. » Ce qui suppose de « reconstruire du collectif là où règne l’isolement, de la solidarité là où l’on organise la concurrence, de la conscience là où l’on entretient la confusion, et de l’unité là où l’on diffuse la haine. » Tout un programme.

  • Le projet Bio-Méthane en débat public

    Le projet Bio-Méthane en débat public

    Ils seront nombreux à répondre au rendez-vous organisé par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG). Partant d’une démarche volontaire, les salariés de la centrale, porteurs du projet Bio-Méthane Provence (BMP), lancent depuis ce lundi une consultation publique autour de celui-ci. Dans ce cadre-là, trois réunions publiques sont organisées par la CGT du site. La première se tiendra ce mardi 12 mai, dès 18h, à la Maison du Peuple de Gardanne. Pour rappel, le projet BMP est porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), sous l’égide de l’ATCG, en association avec Gazotech. Née de longues années de lutte, après la fermeture de la tranche charbon de la centrale, celle-ci a pour objectif de « produire de l’énergie verte à partir de ressources locales et contribuer ainsi à la décarbonation du territoire et à son indépendance énergétique », indique la CGT dans un tract distribué à la population la semaine dernière.

    Les porteurs du projet Bio-Méthane organisent, dans le cadre de cette concertation, trois réunions publiques, permettant de présenter le projet en détail, mais aussi de répondre aux questions des citoyens, comme tenter de rassurer les plus sceptiques vis-à-vis du projet. « Le projet n’a jamais été présenté au public (sous cette forme-là), même si nous avons toujours été clairs sur notre projet et avons toujours informé le public de notre projet. Mais cette réunion permet une information pleine et entière pour tous les riverains, recontextualise Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site. (Cette consultation), nous n’avions pas obligation de la faire. Mais selon la Direction régionale de l’environnement, de l’aménagement et du logement (Dreal), il y avait une forte probabilité qu’on soit amenés à la faire via la Commission nationale du débat public (CNDP). » Celle-ci, a donc été saisie au plus tôt. La consultation elle, est ouverte jusqu’au 22 juin. Parmi les trois réunions publiques, la première se tiendra ce mardi 12 mai, dès 18h, à la Maison du Peuple de Gardanne.

    Associations, partis et élus présents

    L’entrée à cette rencontre reste libre, dans la mesure des places libres. Parmi les présents dans la salle, une délégation envoyée par la majorité – le maire, Hervé Granier (LR), se rendra sur place entouré de quelques élus. François Canu, secrétaire de l’Union départementale CGT et secrétaire général de l’Union locale d’Aix, sera lui aussi présent. « La lutte des salariés de la centrale est un dossier départemental, rappelle ce dernier. Le meeting tenu avec Sophie Binet à la centrale [en février 2026, Ndlr] était une première victoire, nous venons soutenir les camarades qui sont encore en train de boucler le projet. » Ce lundi soir, l’Union locale PCF, qui se rendra également à la Maison du peuple, indiquait recevoir dans ses locaux l’ATCG. « Ce projet, on le soutient. Il correspond à tout ce que l’on veut au niveau de l’emploi, de l’industrie… », souligne Amélie Barbey. Mais également, plusieurs associations et militants, notamment écologistes, opposés au projet devraient être présents.

    « Cette réunion permet une information pleine et entière »

  • Pour la CGT, l’hôpital « n’est pas prêt » à une pandémie

    Pour la CGT, l’hôpital « n’est pas prêt » à une pandémie

    La ministre de la Santé Stéphanie Rist, a déclaré sur France Inter, que le pays était suffisamment équipé « en termes de masques » chirurgicaux et FFP2, « de tests » ou encore « de médicaments d’usage symptomatiques », en cas de potentielle propagation du virus.

    « Gestion d’entreprise »

    Une projection qui laisse Greg Fontaine, infirmier à la Timone (5e) et syndicaliste CGT dubitatif : « Il y a un manque de transparence sur les stocks. Nous n’avons pas les chiffres, mais j’en doute. Le projet de lois et de finances et celui des dépenses de l’assurance maladie ne prévoient que peu de budget pour les hôpitaux publics. »

    Les équipes soignantes de tous les hôpitaux après avoir été applaudies tous les soirs à 20h, pendant la période de la Covid ont vécu les plans d’économie successifs comme une véritable douche froide. Avec des conditions de travail toujours aussi difficiles voire encore plus, au prorata des difficultés de recrutement.

    Pour l’heure, « il n’est pas question de pandémie », insiste le syndicaliste. Mais si la situation venait à s’aggraver, « nous ne serions certainement pas prêts », cingle-t-il. Manque de personnel, mais aussi de matériel, le budget alloué aux hôpitaux publics « ne suit pas l’inflation, ce qui affaiblit les chances de guérison des patients », déplore-t-il.

    Depuis 2020, le taux de fermeture de lits ne fait qu’augmenter. Si bien, que pendant la pandémie de la Covid 19, « des soignants s’étaient mobilisés pour constituer des lits de réanimation », rappelle l’infirmier. Un manque d’équipements, qui résulte « d’une gestion d’entreprise de l’hôpital », dénonce-t-il. « L’État réduit les temps d’hospitalisation des malades pour ne pas avoir à augmenter les effectifs. Si rien n’est fait, nous ne serons pas prêts pour une éventuelle pandémie. »

  • Une pétition pour la survie de la Coopérative de presse méditerranéenne

    Une pétition pour la survie de la Coopérative de presse méditerranéenne

    Après plusieurs alertes, les travailleurs de la CPMM, qui sont en charge de la distribution de la presse sur une partie de la région Sud, passent à l’interpellation « de l’opinion publique, la population et des élus locaux ». Une interpellation qui passe par le lancement d’une pétition* à l’objectif clair : « On veut solliciter la population et les mairies qui tiennent à leurs petits commerces et à leur presse. On veut leur dire qu’il y a un risque économique, que la filière est en danger », résume Nicolas Guglielmacci, pour la CGT de la coopérative. Il rappelle la problématique : « Les aides à la distribution de la presse sont accaparées par des gros éditeurs et ne redescendent pas jusqu’à nous. »

    Concrètement, la coopérative, confrontée à une conjoncture économique difficile, ne touche pas un kopeck de la myriade d’aides pour la presse. « Les aides à la distribution ont été augmentées à cause de la baisse des ventes, de 4,5 millions d’euros, mais on n’a rien eu. Il y a un risque pour la CPMM, mais aussi les diffuseurs [kiosques par exemple, Ndlr], ou des éditeurs locaux si rien ne change. Il pourrait y avoir un arrêt de la distribution », développe le syndicaliste. Lancée le 7 mai, la pétition recueille déjà plus de 300 signatures en ligne à l’heure où nous écrivons ces lignes.

  • Métropole : Nicolas Isnard tente de rassurer les agents

    Métropole : Nicolas Isnard tente de rassurer les agents

    Alors que le budget de la Métropole AMP est entre les mains de la Chambre régionale des comptes (CRC), à la suite du refus des élus de le voter, le président de l’établissement public a rédigé un courrier à l’adresse des travailleurs.

    C’est le premier courrier à l’adresse « directe » des agents depuis le début du mandat de Nicolas Isnard (LR). Il n’hésite pas à les brosser dans le sens du poil, en préambule : « Je veux vous dire la confiance pleine et entière que j’ai en vous. » Mais l’élu revient surtout sur cette forme de mise sous tutelle de son institution : « Ce choix place notre collectivité dans une situation qui peut susciter des inquiétudes. »

    Rappelons que quasiment tous les syndicats de la Métropole étaient montés au créneau, à des degrés divers d’alertes, quant aux potentielles conséquences de la mainmise de la CRC sur son budget (lire notre article du 05/05). D’où un ton qui se veut rassurant : « Cette situation ne remet en cause ni la solidité de notre institution, ni votre place en son sein. » Nicolas Isnard tente d’apporter des réponses concrètes à une partie des inquiétudes : « Vos rémunérations, vos droits statutaires et vos acquis sociaux ne sont pas affectés. » Et assure que « le cadre juridique garantit la continuité du fonctionnement de la collectivité ». Pour autant, il a aussi une parole moins réjouissante pour les agents : « Cette situation appelle de notre part lucidité et responsabilité. […] Les mois à venir nécessiteront un effort collectif. »

    Un courrier « très inquiétant »

    Du côté de la CGT AMP, ces propos ne suffisent pas à apaiser les craintes : « Si, sur le maintien des salaires, il a pu rassurer les agents, ce courrier reste très inquiétant. […] Il ne fait aucune mention des 1 200 agents contractuels actuellement en poste. » L’organisation développe : « Les baisses budgétaires entraîneront une augmentation de charge de travail et une réorganisation des services. » Retour similaire, ou presque, du côté de la FSU. « Même si ça se veut rassurant, on ne l’est pas sur le fond. Il explique qu’il va falloir faire des efforts, et dans le fonctionnement de la Métropole, ça peut impliquer un mode dégradé », estime Serge Tavano, secrétaire général du syndicat. S’il reconnaît que « c’est une bonne chose qu’il parle aux agents », Serge Tavano reste inquiet : « Ce n’est pas sécurisant pour autant. » Enfin, Patrick Rué, pour FO, « remercie le président d’avoir répondu à notre inquiétude afin d’informer les agents sur sa position ».

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : 50 ans de luttes et de mémoire

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino : 50 ans de luttes et de mémoire

    Dans la chimie, il fallut quatre arrêts collectifs de travail d’une heure dans quatre usines. Ainsi, aux usines Kuhlmann, Rocca‑Tassy de Roux, les actions se répétaient pour le maintien des avantages acquis, le paiement de 25% sur les primes et pour protester contre les employeurs qui maintenaient l’abattement de 10% sur les salaires des femmes. Le 28 août, le personnel de la Compagnie générale des pétroles arrêta le travail le matin de 7h30 à 8h30. Des points de vue divergents décidèrent de porter le différend devant le ministre du Travail. La réaction des travailleurs ne se fit pas attendre. Le soir même, les ouvriers arrêtèrent le travail à l’Électrochimie de la Barasse en laissant sur place le personnel nécessaire au fonctionnement de l’usine. Le lendemain matin, le travail reprenait normalement, le syndicat respectant les mots d’ordre de la CGT en faveur de la production et des arrêts de travail de brève durée. La chimie avait un patron de combat, Keller, que nous dénoncions et qui n’avait qu’un but : arrêter le progrès social en fomentant des refus et des troubles. Le syndicat dirigé par deux bons camarades, Antoine Vabre et Maurice Alby, déjoua ce piège. En général, notre action porta ses fruits : en octobre les revendications ouvrières étaient satisfaites et les accords tenaient compte des avantages acquis.

    Mais l’inspecteur divisionnaire du travail fut rappelé à Paris, dénoncé par le CNPE, le Parti socialiste et le préfet comme un « ami de Lucien Molino et de la CGT ». Il est vrai que, dans de nombreux cas, il avait aidé les travailleurs. C’était un inspecteur honnête qui fut regretté par les syndicats. À Paris, on l’installa dans un bureau sans responsabilité et il attendit l’âge de la retraite. Dans mes déplacements dans la capitale, je lui rendais visite et j’ai pu me faire une idée de ce qu’étaient capables de faire les ennemis de la classe ouvrière.

    Les élections municipales du 19 octobre 1947

    Ces élections furent marquées par la montée du RPF et l’effondrement du MRP, tandis que le Parti maintenait, dans les grandes villes, les positions obtenues en novembre 1946. À Marseille, le PC augmentait son score de 1 000 voix et la SFIO de près de 4 000 voix. Pourtant, les bouleversements dans notre département furent importants. Nous perdîmes Marseille au bénéfice de Carlini, avec la complicité du Parti socialiste, et Aubagne à la suite d’une entente entre la SFIO, le RPF et le MRP. Arles, La Ciotat et Martigues passaient aux mains des socialistes soutenus par le RPF. La SFIO gardait la mairie d’Aix grâce au MRP. À Salon, Francou (MRP) obtenait sa réélection avec l’aide des socialistes.

    à suivre la semaine prochaine…

  • La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    La gauche seynoise interpelle les députés sur la situation du service de psychiatrie

    L’avenir du service de psychiatrie de l’hôpital George-Sand, dont dépendent neuf communes et environ 180 000 habitants, s’écrit en pointillé. Depuis plusieurs semaines, l’intersyndicale CGT-CFDT-Sud de l’établissement alerte sur une situation déjà périlleuse (manque d’effectifs malgré des prérogatives en hausse, accueil saturé…), bientôt fragilisée par le départ annoncé de trois des quatre médecins du service. Malgré les demandes de recrutement en urgence et plusieurs réunions avec la direction, aucune annonce n’a été faite.

    De quoi susciter inquiétude et indignation, d’autant plus que le gouvernement a décidé de prolonger en 2026 la grande cause nationale 2025 dédiée à la santé mentale.

    Un combat bientôt porté devant la Métropole

    « Cela pourrait laisser penser que ce problème est réellement pris en compte. Or, force est de constater que ce n’est pas le cas », dénonce le groupe municipal d’opposition seynois, Alternative progressiste. Il n’est pas le seul à gauche, les socialistes appelant aussi à « sauver le service psychiatrie ».

    Les doléances ne datent pas d’hier et avaient déjà été exprimées par les syndicats en 2020 au sujet des baisses d’effectifs et de l’absence de remplacement. Six ans plus tard, le danger se précise, à tel point qu’Alternative progressiste interpelle, dans une missive, les députés du groupe de la Gauche démocrate et républicaine, afin « que tout soit mis en œuvre pour débloquer la situation et que des médecins psychiatriques soient recrutés en urgence afin de permettre que les patients en grande difficulté mentale continuent à être soignés dans les meilleures conditions ».

    Un combat à la fois matériel et symbolique, car « investir dans la psychiatrie, c’est investir dans la cohésion sociale, la dignité humaine et l’avenir de notre société. Le manque de moyens apporté (…) nous interroge sur la réelle volonté de continuité. Mais aussi sur le devenir de l’hôpital où, petit à petit, les services ferment (maternité, chirurgie, cardiologie, service palliatif…) ». Et si les départs ne sont pas compensés, « il ne restera que 0,5 équivalent temps plein de médecin psychiatre dans le service », soit « sa mort assurée ». Si ces mots n’étaient pas entendus, Stéphane Sacco (GRS), élu Alternative progressiste, les portera lors du prochain conseil métropolitain TPM, dont il est le seul élu de gauche, le 21 mai.

  • Gardanne : Concertation à venir pour le projet des salariés de la centrale thermique

    Gardanne : Concertation à venir pour le projet des salariés de la centrale thermique

    Top départ, ce lundi, pour la concertation préalable volontaire autour du projet Bio-Méthane Provence, à Gardanne.

    Ce dernier, porté par la Société de production d’énergie gardannaise (Speg), détenue par l’Association des travailleurs de la centrale de Gardanne (ATCG) et résultant d’une lutte sociale de plusieurs années, a pour but de produire du gaz renouvelable sur le site de la centrale thermique de la commune.

    « On a saisi volontairement la Commission nationale du débat public (CNDP), on a pris les devants pour une totale transparence dans l’élaboration du dossier d’un point de vue administratif », campe Jean-Michel Roccasalva, secrétaire général de la CGT du site, cheville ouvrière de l’ATCG. Ce dernier rappelle : « On n’est pas des porteurs de projet lambda, la genèse du projet BMP vient en réponse à l’arrêt du charbon sur le site, pour une transition avec le maintien d’emplois et des compétences… ». Les travailleurs espèrent produire du gaz dit « vert » via un procédé industriel de pointe pour transformer du bois de récupération en fin de vie en combinant pyrolyse et méthanation, mais sans incinération.

    « Informer les riverains »

    Concrètement, trois réunions publiques sont au programme : les 12 mai, 26 mai et 16 juin, à 18h, à la Maison du peuple à Gardanne. Un dossier de concertation est à disposition dans les mairies du périmètre large du projet : Gardanne, Meyreuil, Fuveau, Bouc-Bel-Air et Aix-en-Provence. De même qu’un site internet est dédié à la concertation. « On veut éteindre toute incertitude sur ce qu’est le projet BMP, ce qu’on va faire, ce qui va être exploité, quelle ressource… », résume Jean-Michel Roccasalva. Avant de développer : « On ne convaincra pas certaines associations qui sont opposées à tout projet qui peut émerger dans le bassin. On s’en accommode, mais on souhaite surtout informer les riverains, directement concernés ou pas, le plus précisément possible. »

    D’où un déroulement précis des réunions : « On prévoit une réunion de deux heures, les garants de la CNDP présenteront la concertation. Il y aura un premier volet sur l’élaboration et le pourquoi de l’émergence du projet, puis un échange avec le public et un volet technique : comment on fabrique, quels enjeux, quels risques, quel niveau d’étude… ».

  • La CGT de l’hôpital d’Avignon convoquée au tribunal pour diffamation

    La CGT de l’hôpital d’Avignon convoquée au tribunal pour diffamation

    Le conflit entre la direction du centre hospitalier d’Avignon et la CGT sort des murs de l’établissement et se poursuit désormais au tribunal. Ce mardi 5 mai, le secrétaire général du syndicat, Patrick Bourdillon, et une autre syndicaliste étaient convoqués pour « diffamation envers particulier(s) par parole, écrit, image ou moyen de communication au public par voie électronique ». L’affaire est finalement renvoyée au 30 juillet prochain.

    La peine encourue en cas de condamnation est une amende pouvant aller jusqu’à 45 000 euros, voire davantage en cas de circonstances aggravantes. Peu d’échanges se sont tenus devant les juges avant l’annonce du renvoi. Mais sont notamment visés, dans la plainte, des propos tenus les 20 et 21 janvier lors d’une conférence de presse organisée par le syndicat. À cette occasion, des extraits d’un rapport d’expertise réalisé par un cabinet agréé sur les conditions de travail au bloc opératoire avaient été présentés par des membres de la CGT, qui dénonçaient alors « un environnement propice à la souffrance, aux risques sanitaires et à la dégradation des soins ».

    « C’est un gros dossier pour lequel ils vont réserver une plage horaire de plusieurs heures », glisse maître Turrin, avocate de la défense, à la sortie de l’audience.

    Devant le tribunal, quelques dizaines de membres de la CGT se sont rassemblées en soutien, dont Isabelle*, infirmière au centre hospitalier Henri-Duffaut, qui estime que c’est « une atteinte au droit syndical ». « Ils visent les articles sortis après cette conférence de presse. Sauf qu’y sont donnés des éléments qui figurent dans ce rapport, qui montrent qu’il y a de la souffrance au travail. Cette démarche détourne le débat de fond, c’est-à-dire la situation compliquée que l’on vit au quotidien », poursuit-elle. Une situation qui n’aurait que peu évolué d’après elle. En février dernier, l’équipe dirigeante avait, de son côté, affirmé qu’un plan d’action pour « travailler avec l’ensemble des partenaires sociaux » allait être mis en place. « On ne dit pas que tout va bien. On est sur le chemin pour essayer de régler les problèmes. On pense que l’organisation mise en place est un socle pour sortir de la crise », affirmait alors le docteur Vincent Pestre, président de la commission médicale d’établissement (CME).

    Pas de commentaires

    Le directeur de l’hôpital, Pierre Pinzelli, n’était pas présent dans l’enceinte du tribunal. Contactée par La Marseillaise, la direction de l’hôpital a répondu que « l’affaire est entre les mains de la justice » et qu’elle ne ferait « pas plus de commentaires ».

    Mais, lors d’une conférence de presse tenue au début du mois de février, le directeur et son équipe médicale évoquaient la possibilité d’engager des actions en justice, ce qu’ils ont donc fait. Ils avaient alors notamment remis en cause « la neutralité » du rapport, l’expert diligenté étant un membre de la CGT dans une autre région.

    Une situation tendue au sein de l’hôpital alors que les équipes se préparent à la visite de la Haute Autorité de santé (HAS) d’ici la fin du mois, afin de tenter de récupérer la certification du centre hospitalier, perdue en janvier 2024.

    *le prénom a été modifié

  • [Entretien] Sylvain Bego-Ghina : « La macronie tue la formation pro »

    [Entretien] Sylvain Bego-Ghina : « La macronie tue la formation pro »

    La Marseillaise : Quel état des lieux faites-vous de la formation professionnelle ?

    Sylvain Bego-Ghina : Ça va être vite vu : ils sont en train de tuer la formation professionnelle. Sur les 13 milliards d’euros récoltés par an aux entreprises, 11 sont orientés vers l’apprentissage, il ne reste donc plus d’argent pour les opérateurs de compétences [Opco, Ndlr.]. Tous les budgets baissent, les voyants sont dans le rouge. Le Compte personnel de formation (CPF) est aujourd’hui limité. À France Travail, les choix de formations se résument à celles dont les métiers sont en tension, comme l’hôtellerie-restauration ou l’aide au service… Les missions locales subissent des baisses de moyens. C’est plus que les vaches maigres ! Dans 10 ans, il n’y aura plus de centre de formation tel qu’on l’a connu, l’Afpa ne sera peut-être plus là. L’apprentissage est normalement adressé aux mineurs, ou aux moins de 20 ans… Ce n’est pas ce qu’on entend traditionnellement par « formation professionnelle ».

    Qu’est-ce que ça implique
    de favoriser l’apprentissage
    au détriment de la formation professionnelle
     ?

    S.B.-G. : Plusieurs choses. Quand on est en apprentissage, on est une semaine dans une boîte de formation et trois semaines chez un patron. C’est de la main-d’œuvre bon marché pour le patronat. À l’Afpa, les stages étaient de 3-4 semaines, on n’est pas sur la même échelle de temps. On est d’ailleurs en train de devenir des centres d’apprentissage. La direction veut prendre « le train de l’apprentissage » et table sur des fermetures de CFA… On va faire la voiture balais des CFA, ça en dit long sur les politiques menées. D’autant que notre direction veut tout rentabiliser et entend fermer tout ce qui n’est pas rentable. On craint prochainement des fermetures de formations, de centres, a minima des regroupements de structures ou encore des licenciements. C’est toute l’histoire du macronisme : ils ne veulent plus de services publics de pleine compétence, faire plus avec moins… De toute façon, on est tellement dans le rouge, que la seule chose qui reste pour baisser les coûts c’est baisser la masse salariale. Et moins il y a de masse salariale, moins il y a de formations… Vous voyez le schéma.

    Quelles conséquences concrètes de ces baisses de moyens ?

    S.B.-G. : Avant, à l’Afpa, les usagers étaient hébergés, nourris, il y avait la médecine du travail, de l’orientation, une vraie égalité devant la formation… Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Également, les fermetures de centres ont une conséquence très concrète : l’impossibilité de faire une formation près de chez soi. Il y a des endroits où il faudra faire 150 km pour devenir maçon…