Tag: budget

  • À Marseille, la mairie des 15-16 veut fédérer les acteurs de l’éducation populaire

    À Marseille, la mairie des 15-16 veut fédérer les acteurs de l’éducation populaire

    « Résister face à la pédagogie du renoncement et s’assurer que les lumières ne s’éteignent pas dans l’esprit de nos jeunes » : telle est l’une des contributions majeures de l’éducation populaire, selon Jean-Marc Coppola, maire (PCF) des 15e et 16e arrondissements. L’élu est venu à la rencontre des acteurs associatifs du secteur, mardi matin, à l’occasion d’une réunion organisée par sa mairie. « L’éducation populaire est essentielle pour notre société. C’est un levier essentiel pour la démocratie, l’émancipation humaine, la citoyenneté et la transformation de la société, a-t-il poursuivi. Cette rencontre de nouvelle mandature doit permettre d’échanger nos expériences, mais surtout de construire ensemble des projets. Une association isolée peut faire de grandes choses, mais associée aux autres, elle peut se rendre beaucoup plus efficace. »

    C’était l’ambition de ce premier temps d’échanges entre associations, organisé à l’initiative de Lyèce Choulak, conseiller municipal délégué à l’éducation populaire et aux vacances pour tous dans les 15-16. « C’est l’occasion de rassembler toutes les forces vives de l’éducation populaire dans les 15-16, parmi lesquels on compte les associations de proximité et les centres sociaux, bien sûr. Mais aussi les institutions (Métropole, État) et les bailleurs, détaille-t-il. Je voudrais qu’on puisse aboutir sur un projet commun qui défende l’intérêt collectif ».

    Pour soutenir la démarche, Hassan Guenfici, adjoint au maire délégué aux centres sociaux et à l’éducation populaire, était présent pour représenter la mairie centrale.

    Un budget pour l’enfance ?

    Les difficultés financières des collectivités, limitant le niveau des subventions accordées aux différentes structures, n’ont pas manqué d’être évoquées. Dans ce contexte budgétaire serré, une idée a tout de même émergé : investir avantage dans l’enfance. « L’enfant pauvre des cités est souvent le secteur de l’enfance, note Nicolas Rett, directeur du centre social de la Bricarde (15e). C’est très difficile de déployer des actions, parce que nos moyens sont très limités. Il y a pas mal d’espaces jeunes sur le territoire, ce qui nous permet de capter les jeunes à partir de 11-12 ans. Mais les 5-10 ans qui ne sont pas inscrits au foot ou à l’aide au devoir, ce sont eux qui sont un peu à la rue entre 17h et 19h. Ça les rend vulnérables, notamment aux réseaux [de trafic de drogue] ».

    « La question de la protection de l’enfance et de l’accueil des mineurs est sur la table, le travail est entamé », a assuré Hassan Guenfici. Jean-Marc Coppola ajoute : « La Ville fait son possible, mais ne pourra pas se substituer à tout le monde. Les échéances électorales de l’an prochain doivent être l’occasion de décider dans quel type de société nous souhaitons vivre. »

  • La situation chaotique des finances met presque KO la Ville d’Avignon

    La situation chaotique des finances met presque KO la Ville d’Avignon

    Le Festival d’Avignon ne commence que dans trois jours, mais une sacrée pièce théâtrale s’est jouée, ce mardi soir, au cours d’un conseil municipal fleuve. S’il y a eu plusieurs actes (administratifs), le point culminant a été atteint d’entrée sur la partie financière. « Vous êtes habitués du théâtre politique, moi non », lance, goguenard, Olivier Galzi à son opposition, alors que sous les fenêtres de l’hôtel de Ville, la colère gronde. Mais le maire (DVD) n’avait pas vraiment le sourire en évoquant, en préambule, le contenu de l’audit financier, commandé par ses soins et présenté vendredi à la presse.

    « Il y a 20 millions d’euros à trouver, chaque année, pour éviter le mur budgétaire en 2028 ou bien on éteint la lumière », martèle-t-il en redisant vouloir éviter « le levier fiscal » ou « les coupes dans les services publics ». Et alors qu’Anne-Sophie Rigault (RN) se délecte de la situation, rappelant que « depuis des années, je disais que les caisses étaient vides », elle redemande la mise sous tutelle, comme l’avait fait Marie-Josée Roig il y a 30 ans [ex-maire 95-2014]. « La tutelle n’est pas une fatalité, mais une possibilité qu’on essaye d’éviter », assure Olivier Galzi. Le couperet n’est pourtant pas passé loin, ce mardi soir, à l’issue des votes des comptes de gestion et administratifs 2025.

    Le sujet est très technique : le compte de gestion est rédigé par le comptable public, quand le compte administratif (CA) est lui établi par l’ordonnateur public, en l’occurrence le maire. N’acceptant pas « l’héritage », Olivier Galzi a annoncé s’abstenir sur le CA, laissant « libre choix » de vote à sa majorité. Le CA a été rejeté par 22 voix, et seulement 7 pour et 22 abstentions. Ce vote négatif entraîne de fait une saisie de la Chambre régionale des comptes par le préfet. Ce qui, bien souvent, entraîne la mise sous tutelle. Or, le compte de gestion ayant été approuvé et faisant foi, la Ville reste donc maîtresse de ses finances. Un point ayant tout de même entraîné un certain flottement dans l’assistance, Olivier Galzi retirant les délibérations suivantes ayant trait au budget 2026.

    « Il n’y a ni mensonge,

    ni maquillage »

    Avant ce vote, l’ex-majorité de gauche, sous la férule de David Fournier (PS), s’est escrimée à décrédibiliser les conclusions de l’audit. « Le trésorier public, qui a la compétence de l’État pour validation des finances d’une collectivité, a repris et validé toutes les opérations constatées au cours de l’exercice clos, il n’y a donc aucun mensonge, ni maquillage », affirme l’ex-adjoint à l’administration municipale, assurant qu’« en 2014, lorsque nous sommes arrivés aux responsabilités, nous avons trouvé une situation très complexe alors qu’aujourd’hui, elle est saine ». Olivier Galzi ne peut retenir un ricanement, le rebaptisant « David Copperfield », avant de s’agacer et citant plusieurs contre-exemples, sur le montant des dettes cumulées notamment. « Vous êtes absolument nul en gestion ! », accuse le maire.

    Le ton monte aussi avec un autre ex-adjoint (PS), Fabrice Tocabens, sans cesse interrompu dans son intervention. « Vous construisez votre discours dans une logique du chaos, alors que les services de l’État et la Chambre régionale des comptes disent des choses pas trop mal qui ne vous conviennent pas », relève-t-il. « Vous allumez un contre-feu de dramaturgie au lieu d’assumer vos choix politiques avec des postes sur la communication ou la police municipale », embraye Rémy Blanc (PCF), seul du groupe de Mathilde Louvain à avoir voté le compte administratif.

    Le vote du budget supplémentaire, retiré, et qui pourrait revenir au prochain conseil municipal, devrait en dire davantage sur les marges de manœuvre et orientations politiques.

  • Conseil muncipal d’Avignon : pour LFI, « la vraie ruine est sociale »

    Conseil muncipal d’Avignon : pour LFI, « la vraie ruine est sociale »

    « Nous refusons que les arguments financiers servent à légitimer des coupes dans les services publics, il faut politiser les chiffres et les choix de la majorité ne vont pas vers les besoins sociaux », estime Mathilde Louvain au sujet de la « synthèse financière » présentée vendredi par Olivier Galzi (DVD). « Dans une mise en scène ridicule destinée à faire peur et justifier l’austérité, le maire découvre qu’Avignon est une ville pauvre », ironise Khalid El Yousoufi. Quand Olivier Galzi parle de « champ de ruines », l’élu LFI réplique que « la vraie ruine est sociale et écologique ». Le groupe reproche au maire d’être en partie responsable de la situation, sur la foi du rapport de la Chambre régionale des comptes (CRC). « M. Galzi a fait le contraire des préconisations en embauchant des cadres, en gonflant la masse salariale avec des policiers municipaux, alors que la CRC dit que ce n’est pas un problème d’effectifs, mais de gestion interne », tance Oukacha Rtili.

  • Les finances de la Métropole s’invitent au conseil municipal d’Aix

    Les finances de la Métropole s’invitent au conseil municipal d’Aix

    C’était un sujet équivalent à l’éléphant dans la pièce. La situation budgétaire de la Métropole est de nouveau intervenue en conseil municipal, tenu ce lundi 29 juin, en salle des États de Provence. La question a été lancée par Marc Pena (PS), à la tête du groupe Aix Avenir. « Autrefois vous dénonciez une monstropole. Aujourd’hui, vous nous dites que vous êtes vice-présidente d’une nécropole », adresse-t-il au maire, Sophie Joissains (UDI), vice-présidente de la Métropole. « La Métropole représente des compétences, importantes, elle est un acteur essentiel de notre territoire. Je vous demanderais ce que vous appelez aujourd’hui une nécropole ? »

    Non sans rappeler, les causes et conséquences de ce trou financier « de 123 millions d’euros », voire « selon d’autres calculs » 144 millions d’euros, estime Marc Pena. « Vous êtes dans l’exécutif, je voudrais savoir ce que vous pensez de la situation. Vous pensez que la Métropole telle qu’elle est aujourd’hui ne peut plus fonctionner ? Elle a été mal née, mal construite, ça chacun le sait, et est-ce que donc, les réflexions iraient jusqu’à des changements exceptionnels extrêmement importants sur le territoire ? À ce moment-là, on n’entrerait pas seulement dans une crise, mais une rupture et une révolution par rapport à ce qui existe aujourd’hui. »

    À ce stade, deux options. D’un côté, la Chambre régionale des comptes recommande de réduire fortement la dotation de solidarité communautaire (DSC), à hauteur d’environ 53 millions d’euros, ce qui représenterait près de 1,4 million d’euros pour Aix. De l’autre, le préfet privilégie des économies sur les attributions de compensation (AC), également pour un montant d’environ 53 millions, dont l’impact pour Aix est estimé à 5 millions d’euros par la majorité.

    Positions réaffirmées

    S’ajoute à cela « le budget annexe des transports qui raye les finances métropolitaines. (….) Ce budget a une capacité d’investissement importante qui a été abondée du reste par l’État à hauteur de milliards, cela pousse à l’investissement, sauf qu’il n’y a pas de recette en place, analysait de son côté Sophie Joissains. Notre territoire ayant besoin de se moderniser en matière de transport, nous sommes face à un écueil majeur et qui ne pourrait, si l’on reste dans cette disposition, que se creuser dans les années à venir. Aujourd’hui, la prévision pour 2027 serait de 245 millions d’euros de dette. »

    De ces débats découlent plusieurs propositions. Du point de vue du maire, adopter un modèle de transports métropolitains à l’image de celui du Grand Paris (syndicat mixte) pourrait être une option. Comme cette piste de partition métropolitaine, que « l’on regarde avec des yeux de Chimère » pour « travailler plus facilement aux intérêts de nos territoires », dressait Sophie Joissains. « Ce sera aux maires de s’exprimer, par rapport aux observations. Mais rien ne pourra se faire sans l’aide de l’état », rappelait le maire.

    Côté oppositions, le RN appelle à « regarder très sérieusement quelles économies on pourrait faire », lançait Jean-Louis Geiger. Agnès Daures, pour le groupe Aix Avenir (DVG), appelle à « aller chercher l’argent là où il est », estimant que « personne ne veut parler de taxe foncière sur les résidences secondaires ». « Aujourd’hui, la France entière est appelée à faire des économies », rappelait Sophie Joissains. Mais l’augmentation de l’impôt, « j’y suis fondamentalement opposée. »

    EN BREF

    Attributions financières aux associations

    Au total, 19 000 euros seront répartis entre neuf associations de la Ville d’Aix. Sur cette enveloppe, 7 000 euros seront partagés entre quatre centres sociaux de la ville dans le cadre de l’appel à projets « Ouverture estivale des centres sociaux 2026 ». 5 500 euros sont notamment attribués au fonctionnement de trois autres associations, dont l’Apers, « service d’aide aux victimes et d’activité judiciaire », qui reçoit une subvention de 3 500 euros.

    L’affaire des arbres vandalisés suit son cours

    Pour Hervé Guerrera (POC) c’est un « commando » qui aurait dégradé les arbres du cours Mirabeau. Fin mai, trois individus ont été filmés par les caméras de la Ville abîmant les arbres longeant cet axe principal. Marc Féraud, conseiller municipal aux espaces verts, précise que « la Ville a déposé plainte et s’est constitué partie civile. Il y en a 12 bien déchiquetés et 17 un peu moins. On a réparé les blessures de façon propre (…), tous les deux jours, c’est surveillé, ça s’est arrêté ». Mireille Lazare, adjointe à la sécurité, réfute le terme de « commando ». « Nous avons identifié trois jeunes, sur le cours Mirabeau, en train de discuter. À un moment, l’un d’entre eux a pelé l’arbre de façon verticale. Ces trois personnes n’ont pas été identifiées pour le moment. L’affaire suit son cours », conclut Mireille Lazare.

    Plusieurs mesures pour la canicule

    La majorité a détaillé les dispositifs mis en place. Parmi eux, le lancement du « plan canicule pour les personnes sans-abri », ainsi que les maraudes régulières des Restos du Cœur, du Secours populaire, du CCAS et de la Croix-Rouge. La halte de jour de la cité Germain-Nouveau reste ouverte et propose des douches gratuites, comme celles proposées par la Croix-Rouge. La Ville maintient un centre d’appels destiné aux seniors isolés. Détails sur le site de la Ville.

  • Corinne Innesti : « Nous avons très peur que taxes et impôts augmentent »

    Corinne Innesti : « Nous avons très peur que taxes et impôts augmentent »

    La Marseillaise : Quel est l’impact actuel sur les entreprises de la crise budgétaire que traverse la Métropole ?

    Corinne Innesti : Ce n’est pas que les entreprises qui sont concernées, c’est aussi les municipalités qui auront peut-être moins de budget, donc moins d’accompagnement des entreprises. Nous avons très peur que les taux augmentent et qu’il y ait une taxe encore plus importante, alors qu’on voudrait plutôt des baisses de taxes au niveau des entreprises. On a aussi peur d’une hausse de l’impôt foncier. Ce n’est pas le cas, mais on n’est pas à l’abri que ce budget entraîne des hausses d’impôts. Quelque part, on espère que ce soit l’occasion pour la Métropole de revoir son fonctionnement et de réduire ses dépenses.

    Quelle est votre position sur la hausse du versement mobilité ?

    C.I. : On a montré un front uni récemment, avec les organisations interprofessionnelles et professionnelles, pour dire qu’on est tous contre, et contre d’ailleurs aussi le gel des exonérations des charges sociales. Le front, c’est toutes les entreprises que nous représentons et toutes les organisations patronales et fédérations qui sont unies pour dénoncer la hausse des taxes.

    Quel est l’état du tissu économique dans
    le département ?

    C.I. : C’est une année record pour les défaillances. On était un petit peu mieux au niveau des chiffres, le département des Bouches-du-Rhône n’était pas le dernier, il y avait un redressement. Là, malheureusement, on est concernés, nous aussi, par ces défaillances, ces baisses de marge, c’est-à-dire qu’on ne répercute pas les hausses. On avait parlé jusqu’à présent d’agilité, de résilience. Aujourd’hui, c’est plus de la résistance qu’on est en train de faire.

  • « On a imaginé des briques technologiques il y a des décennies »

    « On a imaginé des briques technologiques il y a des décennies »

    La Marseillaise : Comment fonctionne l’Onera ?

    Paolo Gomes : Aujourd’hui, l’Onera est le seul centre de recherche français qui dépend entièrement du ministère des Armées. C’est un établissement public industriel et commercial, dont le budget, qui s’élève à 332 millions d’euros, est financé à 41% par des subventions de l’État, et à 59% par des activités contractuelles au profit de la DGA pour une partie, mais aussi des gros de l’aéronautique : Safran, Airbus, MBDA, Dassault, l’ESA. C’est un budget qui augmente depuis les cinq dernières années. La part publique stagne, la part contractuelle croît.

    Ce modèle économique, qui repose majoritairement sur le privé, vous permet-il d’envisager l’avenir avec sérénité ?

    Jean-François Nouvel : Oui c’est assez variable, on a des années avec de grosses prises de commandes et d’autres plus creuses. On essaye d’avoir un matelas d’affaires en attente qui nous permette d’envisager l’avenir avec sérénité. L’an dernier on a eu pas mal de reports en raison du contexte budgétaire.

    Les leçons des conflits en Ukraine et au Moyen-Orient changent-elles les priorités de recherche ?

    J.-F.N. : La grosse nouveauté, liée au conflit ukrainien, c’est l’importance des drones. Aujourd’hui l’Ukraine en produit des centaines de milliers par mois. C’est leur utilisation qui leur permet de résister aux avancées russes, voire de reprendre du terrain en ce moment. C’est une nouvelle façon de faire la guerre. (…) Pour nous, ce sont des travaux sur le développement de nouveaux types de drones et sur la lutte anti-drone, puisqu’on travaille toujours sur l’épée et le bouclier.

    L’autre gros dossier, c’est le développement du nouveau missile nucléaire avec MBDA, qui est acté, pour le renouvellement de notre capacité de dissuasion nucléaire aéroportée, avec l’aspect motorisation sur lequel on travaille depuis longtemps. L’Onera est à la base du statoréacteur utilisé pour cette mission.

    Il y a des matériels qui rentrent aujourd’hui en opération pour lesquels on a imaginé des briques technologiques il y a des décennies. Un autre exemple me vient en tête : les pales recourbées “blue age” du dernier H160 d’Airbus Helicopters ont été imaginées ici il y a vingt ans pour avoir une meilleure capacité aérodynamique et un niveau acoustique réduit.

    Où en est la recherche aéronautique française ?

    J.-F.N. : On n’a pas à rougir, on est toujours très bons. La nouveauté, c’est tous les nouveaux acteurs qui émergent. Pour l’Europe et pour la France, qui réalise une grosse partie des travaux dessus, Ariane est une fierté. Ariane 6 est un super instrument. C’est une fusée à quatre moteurs au top de la technologie et qui fait envie à tous les acteurs du domaine. On a à la fois Kourou, qui est idéalement placé en Guyane proche de l’équateur, et une fusée puissante et fiable, ce qui est hyperimportant pour le domaine. Avec un coût inférieur à la précédente version Ariane 5.

    L’émergence de nouveaux mastodontes, comme Space X récemment entrée en bourse, est-elle une crainte ?

    J.-F.N. : Ça oblige à évoluer, c’est un challenge qui nous booste. On est obligés de faire avec, de proposer des idées et des solutions complémentaires à Space X. Le but du jeu n’est pas d’entrer en concurrence frontale.

    P.G. : D’ailleurs, l’Onera avait travaillé sur le sujet des fusées réutilisables dans les années 1980. C’est pas nouveau, nos équipes l’étudiaient déjà il y a 40 ans. On n’a simplement pas suivi cette vision-là.

    La fuite des cerveaux est-elle un problème dans le secteur ?

    J.-F.N. : On est plutôt contents, parce qu’aujourd’hui on arrive à récupérer des chercheurs et des ingénieurs américains un peu dégoûtés par l’administration Trump et sa politique de coupes budgétaires. En ce moment, ils arrivent surtout sur l’Université Aix-Marseille. La pompe est amorcée.

  • La Métropole Toulon-Provence-Méditerranée entend prioriser les projets structurants du territoire

    La Métropole Toulon-Provence-Méditerranée entend prioriser les projets structurants du territoire

    Avant d’entamer l’examen du compte financier, un nouveau pacte de gouvernance à élaborer entre la collectivité et les communes qui la composent était à l’ordre du jour. La présidente de TPM, Josée Massi, proposant une méthode basée sur l’écoute et la concertation avant la décision, donnant ainsi une place pleine et entière aux vice-présidents, maires et élus de la collectivité.

    Les maires RN qui n’ont toujours pas digéré d’avoir été écartés des vice-présidences ont affirmé leur souhait justement que soient respectées les particularités et les aspirations de toutes les communes « C’est tout à fait ce que je vous propose de faire », leur a-t-elle répondu.

    Sur la partie finances ensuite, la patronne de la Métropole a décrypté le document compatible, qui reflète « une situation saine et maîtrisée ». Avec des recettes de fonctionnement en progression qui permettent de couvrir les dépenses, elles aussi, sous contrôle. Et ce malgré un contexte encore marqué par des tensions sur les prix.

    L’épargne de 59 millions d’euros dégagée, poursuit-elle, permet de financer les investissements tout en maintenant un recours raisonnable à l’emprunt. « Notre capacité d’endettement est autour de six années, et ça reste largement en dessous des seuils d’alerte. Surtout, nous continuons à investir massivement », précise Josée Massi.

    L’occasion de mettre en avant les 216 millions d’euros d’investissement au service de la mobilité, l’aménagement, la transition écologique et le cadre de vie. « Ces résultats ne doivent rien au hasard. Ils sont au prix de gestion rigoureuse, de pilotage attentif, et d’une stratégie financière cohérente depuis plusieurs années », ajoute-t-elle.

    Une situation saine

    et maîtrisée

    Mais le satisfecit s’arrête là. « Nous ne pouvons pas nous satisfaire d’une lecture uniquement positive, car derrière ces résultats apparaissent des signaux de fragilité structurelle », tempère la présidente de TPM. Les dépenses progressant plus vite que les recettes. « Si cette tendance se prolonge ça aura pour conséquence mécanique, l’érosion massive de notre épargne », pointe-t-elle.

    En cause, entre autres, la baisse des dotations et un environnement inflationniste.

    Et de prévenir : « Si nous ne faisons rien, cette situation entraînera une dégradation progressive de nos capacités d’action. Moins d’épargne, en effet, c’est moins de capacité à financer nos investissements. C’est plus de retours à l’emprunt et à terme une tension sur la solvabilité. »

    Rien de tel dans l’immédiat, rassure la présidente de Toulon Provence Méditerranée. Mais tout faire pour éviter cet écueil doit être « un enjeu stratégique pour les années à venir ». « Il faut anticiper plutôt que subir », insiste-t-elle.

    Ce qui suppose reprend Josée Massi de « maîtriser durablement les dépenses », sans rogner sur les services publics. Mais aussi en sécurisant les recettes, « en envisageant tous les leviers et priorisant les investissements pour concentrer les moyens sur les projets structurants du territoire ».

    Et de conclure : « Ce travail, nous l’avons engagé et nous le poursuivrons. C’est précisément en ces moments où la situation est encore favorable que les décisions les plus utiles doivent être prises. »

    Pour continuer à avancer.

    EN BREF

    Ligne Nouvelle, à quand le RER métropolitain ?

    Après le compte rendu de la situation d e la Société de la Ligne Nouvelle Provence Côte d’Azur pour l’année 2025 dont le conseil métropolitain a pris acte, l’élu d’opposition RN Amaury Navarranne a déploré « l’entêtement initial à ne faire que de la grande vitesse », avec le projet LGV. « Le résultat aujourd’hui, c’est que les phases 1 et 2, qui sont très positives pour notre territoire métropolitain, sont encore très poussives », insiste-t-il.

    Et de poursuivre : « Si on n’avait pas perdu autant de temps avec des majorités régionales, départementales et locales arc-boutées, initialement, que sur la grande vitesse, peut-être qu’on aurait pu réaliser plus tôt ce train du quotidien nécessaire et attendu. »

    Josée Massi lui répondra : « Nous avons besoin de ce fameux RER métropolitain cadensé tous les quart d’heure. Et donc, je n’imagine pas qu’on n’arrive pas à trouver un accord pour l’intérêt général. »

    Contrat local de solidarité 2026/2027

    Dans le cadre de la stratégie de prévention et de lutte contre la pauvreté présentée par la Première Ministre en septembre 2023, des contrats locaux de solidarité ont été signés entre des collectivités et les préfets.

    Le conseil métropolitain a voté jeudi matin la délibération ayant pour objet d’autoriser la signature de l’avenant n°2 au Contrat Local des Solidarités 2024-2027 afin de fixer le soutien financier de l’Etat à hauteur de 465 500 euros.

    Ce contrat signé initialement le 11 juin 2024 prévoit en effet une dotation annuelle de l’Etat pour le territoire métropolitain de 465 500 euros maximum par an sur 4 ans. Et selon 4 axes :

    – prévenir la pauvreté et lutter contre les inégalités dès l’enfance ;

    – amplifier la politique d’accès à l’emploi pour tous ;

    – accès aux droits essentiels ;

    -transition écologique solidaire.

  • Dernière séance pour Renaud Muselier

    Dernière séance pour Renaud Muselier

    « C’est sûrement ma dernière plénière... » Après dix ans passés à la tête de la Région, Renaud Muselier (Ren.) se prépare à laisser la place après la séance de ce vendredi 26 juin, en élu fier de son bilan et gonflé à bloc pour l’après, sa candidature aux sénatoriales.

    « Nous avons bien géré, avec une capacité de désendettement de 7,4 ans contre 9,5 prévus, une épargne brute de 420 millions d’euros, un taux d’épargne brut de 17,5 millions. Des indicateurs meilleurs que dans le budget primitif », se félicite-t-il à la veille des discussions sur le budget dans l’hémicycle ce vendredi 26 juin. Et ce alors qu’il « a fallu faire des efforts importants pour assumer 140 millions d’euros de baisse de dotations », ajoute-t-il. Et de citer des délibérations sur le pouvoir d’achat avec l’aide à l’acquisition de kit éthanol, l’environnement avec le plan canicule ou les transports avec un financement pour de nouvelles études sur la ligne nouvelle.

    Deuxième sur la liste

    Pour la suite, prévient-il, « je ne pars pas, je quitte la présidence, ici je resterai conseiller régional spécial sur les Bouches-du-Rhône, les affaires européennes, je serai à une place différente », sans « interventionnisme » mais avec une « envie de transmettre », promet-il. Estimant que la « mère des batailles se mène là-haut » à Paris, il précise : « Je vais aller vers le Sénat en essayant d’avoir le plus d’élus possible sur ma liste » pour « peser et ne pas laisser le pays à l’extrême droite ».

    Une liste d’union de la droite et du centre, sur laquelle il sera finalement en deuxième position derrière la sénatrice sortante Brigitte Devésa (UDI) et devant Valérie Boyer (LR) candidate elle aussi à sa succession. « Cela a été validé par le président M. Larcher, le président de la commission d’investiture, et M. Retailleau », assure Renaud Muselier. On ne saura rien pour l’instant d’un ou une quatrième…

    S’il assure être capable de mettre de côté son ego, rappelant qu’aux régionales de 2004, largement battu par le socialiste Michel Vauzelle, il se positionnait à la suite de Viviane Spagnolo (UDF), tête de liste dans les Bouches-du-Rhône, « par contre c’est moi qui pilote la campagne, hein », balance-t-il. Il disposera aussi d’un « directeur de campagne avisé », en la personne de son directeur de cabinet durant 6 ans, Jean-Philippe Ansaldi.

    Il part confiant, fort de sa méthode, « j’ai montré dans mon histoire politique que j’ai fait l’UMP avant l’UMP, le bloc central avant le bloc central, j’ai montré qu’il fallait additionner pour gagner », et il a fait ses calculs, « en l’état des blocs en présence, on aurait plutôt trois sénateurs pour nous, je pense qu’on va les faire ». Il n’a pas peur d’une éventuelle liste concurrente de maires non plus. « J’ai assisté à trois sénatoriales avec Jean-Claude [Gaudin] et Jean-Noël [Guérini], très souvent les maires votaient pour Jean-Noël parce que, Jean-Claude le disait avec élégance, il a le chéquier et le revolver, nous, on n’a que le charme et tous les chéquiers », se targue-t-il. Enfin pour sa succession, « François de Canson est le meilleur de très loin », estime-t-il.

  • La Métropole veut réécrire le budget du préfet

    La Métropole veut réécrire le budget du préfet

    Pour la première fois depuis qu’ils ont fait le choix délibéré de ne pas voter les budgets de l’institution, menant tout droit à une mise sous tutelle préfectorale, les conseillers métropolitains se réunissent ce mercredi dans l’hémicycle du Pharo. Une semaine après la copie présentée par le préfet, ordonnant de couper 53 millions d’euros dans les dotations aux communes, les questions budgétaires s’imposent logiquement à l’ordre du jour.

    Mais tandis que les services de l’état prônaient de couper dans les attributions de compensations (AC) reversées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle, la Métropole s’oriente désormais bien vers les préconisations de la chambre régionale des comptes, dont le rapport doit être présenté en début de séance. Au-delà des 91 millions d’euros d’économies dans le fonctionnement et les investissements de l’intercommunalité, repris intégralement par le préfet, les magistrats financiers proposaient de sabrer 53 millions d’euros dans la dotation de solidarité communautaire créée en 2023 pour réduire les inégalités entre les communes. Une solution qui touche au premier plan la municipalité marseillaise.

    Hausses de tarifs

    Dans une délibération ajoutée au dernier moment à l’ordre du jour, le président (LR) de l’intercommunalité Nicolas Isnard propose « de modifier les modalités de versement de la dotation de solidarité communautaire 2026 », compte tenu du contexte budgétaire. Au moment du refus de voter le budget le 28 avril dernier, les conseillers métropolitains avaient pourtant bien pris soin d’approuver les 66 millions d’euros de cette dotation aux communes, qui devait être versée avant la fin du mois de juin. Celle-ci désormais « fera l’objet d’un versement unique d’ici la fin du mois d’octobre », énonce le rapport.

    Pourtant préférée par la municipalité marseillaise, l’option préfectorale de toucher aux attributions de compensation « ne peut pas être mise en œuvre techniquement de manière simple », expliquait le vice-président (LR) aux finances David Ytier dans nos colonnes ce week-end. En plus d’un vote aux deux tiers du conseil métropolitain et des communes concernées, elle nécessitait la réunion d’une commission locale d’évaluation des charges transférées (Clect). Initialement prévue à l’ordre du jour, la création de cette commission a été finalement retirée. De quoi paver la route à une prochaine décision budgétaire modificative, qui doit être présentée lors d’un prochain conseil métropolitain au mois de juillet pour arbitrer les coupes entre les différentes communes et les projets abandonnés.

    En attendant, derrière le pass RTM à 10 euros pour les moins de 26 ans cet été, l’hémicycle va approuver des hausses de tarifs pour les navettes de l’aéroport ou du Frioul, tandis que la présidente (DVG) de la RTM Samia Ghali ouvrait la porte à l’abandon de la gratuité pour les jeunes et seniors en septembre. En attendant les négociations de plus long terme : un groupe de travail avec onze membres doit être créé pour élaborer un nouveau pacte financier et fiscal pour la Métropole.

  • « Un drame peut révéler l’effondrement d’un système »

    « Un drame peut révéler l’effondrement d’un système »

    « Avant même que les inspections ordonnées n’aient rendu leurs conclusions, le Ministre de la Justice s’est empressé de désigner des coupables, éludant la responsabilité du monde politique », dénonce, dans un communiqué, Séverine Moulis, bâtonnière de l’ordre des avocats du barreau de Nîmes.

    Alors que l’affaire Lyhanna soulève une onde de choc dans tout le pays, Gérald Darmanin, soucieux de se dédouaner, s’est empressé de pointer des « défaillances individuelles », promettant d’éventuelles sanctions à l’issue d’une enquête administrative. « C’est inadmissible de clouer au pilori les magistrats et les enquêteurs, qui travaillent tous d’arrache-pied pour faire tenir un système à bout de souffle », estime Maxence Delchambre, président du Syndicat des avocats de France de Montpellier. « Voilà des années que nous nous époumonons pour dénoncer le manque de moyens dans la justice », martèle-t-il.

    Les chiffres parlent d’eux-mêmes : « Sur 1 000 euros de dépenses publiques, 5 sont affectés à la justice ; 35 greffiers, 3 procureurs et 11 juges pour 100 000 habitants en France alors que la moyenne européenne est de 56 greffiers, 11 procureurs et 22 juges », liste Séverine Moulis. « On n’a pas assez de magistrats pour juger, pas assez d’enquêteurs pour enquêter. C’est ça que révèle l’affaire Lyhanna », insiste Maxence Delchambre. « Un drame peut révéler l’effondrement d’un système. »

    « Chaque jour, en France, des plaignants sont confrontés au silence maintenu pendant des années après le dépôt d’une plainte pour viol. Certains en viennent à retirer leur plainte pour cesser d’attendre en vain une réponse de la justice », assure dans un communiqué le Barreau de Montpellier.

    « Cette logique mènera droit à d’autres drames »

    « Tout en prétendant vouloir entendre la parole des victimes, il y a quelques semaines à peine, alors que des parlementaires avaient proposé que les enfants soient obligatoirement assistés d’un avocat dans toutes les affaires les concernant, le gouvernement a œuvré pour rassembler une majorité pour rejeter cette proposition », dénonce de son côté la bâtonnière nîmoise. « On n’assure pas la sécurité des citoyens par des juridictions sous-financées et des services d’enquête à bout de souffle. (…) Cette logique mènera droit à d’autres drames », prévient-elle. « Le redressement ne passera pas simplement par une nouvelle définition des priorités si les moyens de les mettre en œuvre ne sont pas profondément réexaminés et significativement réévalués », considère le Barreau de Montpellier. Quid d’une loi « intégrale » pour réformer en profondeur la législation en matière de violences faites aux femmes et aux enfants, réclamée par des parlementaires et des associations de défense des victimes ? « Pourquoi pas, mais à condition d’augmenter sensiblement le budget de la justice, faute de quoi, cette loi viendra s’empiler sur les autres et restera un vœu pieux », estime le représentant du SAF de Montpellier. « Toute la question réside dans les moyens. »