Tag: budget

  • Ils marchent ensemble pour faire avancer la paix

    Ils marchent ensemble pour faire avancer la paix

    Palestine, Ukraine, Iran, Liban, Soudan… Selon l’Institut de recherche sur la paix d’Oslo (Prio), 65 conflits ont été recensés dans 35 pays en 2025, soit le nombre le plus élevé depuis 1946. Un contexte qui ne peut que renforcer l’importance de la marche qui s’est tenue ce lundi sur la Canebière, à l’occasion de la Journée internationale de la paix, instaurée par l’ONU en 1981.

    « Si nous occupons la rue aujourd’hui, ce n’est pas pour une simple condamnation morale. C’est pour exiger la rupture définitive avec ce monde de barbares, s’est indigné Michel Dolot, porte-parole du Mouvement de la paix, en ouverture des discours. Nous devons arracher l’humanité à l’ère de la force, de l’exploitation et de la domination pour la faire entrer dans celle de la parole, de la coopération, de la solidarité et de la justice. »

    Au-delà d’un appel à un « cessez-le-feu général » et au respect systématique du droit international, c’est autour des piliers de la culture de la paix que se sont ensuite structurées les prises de parole, à commencer par l’éducation. « La culture de la paix (…) c’est aussi s’opposer aux discours de celles et ceux qui pensent que la guerre est inéluctable et que nous devons préparer nos enfants à aller sur le front, a rappelé en ce sens Nicolas, représentant de la SNUipp-FSU. C’est aussi promouvoir dans nos classes des pratiques pédagogiques coopératives (…), des espaces démocratiques qui permettent aux élèves de développer les compétences psychosociales nécessaires au comportement non violent. » L’égalité homme-femme, 5e des 8 piliers de la culture de paix, a elle aussi été abordée, le Collectif 13 Droits des femmes prenant soin de rappeler que « les femmes sont en première ligne de toutes les guerres ».

    Le budget de l’État français, qui prévoit pour l’heure une importante augmentation du montant alloué à la défense, a également été dénoncé. « Le projet de loi de finances pour 2027 du gouvernement prévoit une cure d’austérité d’une violence historique, s’est indigné la Fédération du Parti communiste des Bouches-du-Rhône. Mais l’argent public ne manque pas pour tout le monde. L’augmentation du budget des armées est maintenue ».

    Reste l’extrême droite, qui contribue à « l’escalade d’une violence toujours plus mortifère », et contre laquelle les participants appellent à se lever.

    ET AUSSI

    À Aubagne, défilé pour la paix

    Habitants, acteurs associatifs et élus se sont rassemblés dimanche matin à Aubagne pour défendre la paix, à la veille de la journée internationale lui étant dédiée. « Dans un contexte mondial complexe, ce rassemblement citoyen rappelle que la paix se bâtit chaque jour, au plus près du terrain, par le dialogue et la cohésion sociale », a noté la Ville. Un moment « fort d’échange et de mobilisation », s’est-elle félicitée.

    Aix-en-Provence, des rameaux pour la paix

    À l’entrée des Allées Provençales, la section locale du Parti Communiste s’est attelée à distribuer des rameaux d’olivier, symbole de paix et un tract rappelant sa solidarité avec le peuple palestinien, pour lequel il demande un cessez-le-feu « immédiat et durable ». Le parti a également rappelé sa solidarité avec Cuba. De façon plus globale, « la justice sociale », selon Sophie Rothon, secrétaire de la section locale.

    Le Rove et Septèmes Mairies pavoisées

    Le drapeau de la paix flotte sur le parvis de la mairie du Rove, « symbole de notre attachement à ces valeurs universelles » souligne le maire PCF Paul Sabatino. Ainsi que sur le fronton de la mairie de Septèmes.

    LES RENDEZ-VOUS

    Port-de-Bouc

    Rassemblement le mercredi 23 septembre à la pyramide de la paix, à 14h pour une exposition de dessins d’enfants, puis à 18h pour un meeting.

    Martigues

    Journée de clôture de nombreuses festivités dédiées au sujet en début de semaine le mercredi 23 septembre au jardin de Ferrières de 13h30 à 18h.

  • L’inquiétude des Maires de Provence

    L’inquiétude des Maires de Provence

    Tandis que le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan rappelait, dans nos colonnes ce vendredi, qu’il était « inacceptable » que sa ville porte « 70% des économies de cette Métropole », c’est à travers un communiqué, ce jeudi, que le groupe des Maires de Provence, le deuxième en taille dans l’hémicycle, a déclaré qu’il n’est pas question de toucher à l’argent reversé à ses municipalités.

    « Au nom des 42 communes que nous représentons, nous réaffirmons notre demande de maintien des attributions de compensation » (l’argent reversé par la Métropole sur la base de l’ancienne taxe professionnelle) écrit le président du groupe et maire (DVD) de Meyreuil Jean-Pascal Gournès, une semaine après le dernier conseil métropolitain. Il rappelle qu’il soutenait le choix du président (LR) de l’intercommunalité, Nicolas Isnard, de réduire de 53 millions la dotation de solidarité versée aux communes, dont 36 millions pour la seule ville de Marseille. Mais, avec l’échec de ce vote, puis l’adoption d’une modification du budget insincère, la chambre régionale des comptes doit reprendre la main. En attendant, l’arrêté initialement pris par le préfet, qui coupe dans les attributions de compensation, doit s’appliquer.

    « La remise en cause du versement des attributions de compensation entraînerait un déséquilibre immédiat des budgets municipaux et mettrait les communes concernées en danger », alerte donc le communiqué, qui soutient l’action du maire (PS) du Puy-Sainte-Réparade Jean-David Ciot de contester la copie préfectorale en justice.

    Aix veut sortir

    De son côté, dans un entretien accordé à La Provence ce vendredi, la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, assume « sincèrement » que sa ville a intérêt à quitter la Métropole et qu’elle le ferait si elle le pouvait, « avec bien d’autres communes ». Pour réformer l’institution, il faut « s’autoriser tous les scénarios possibles, que ce soit sur le périmètre, sur le nombre de compétences… », explique-t-elle.

  • Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    Santé et action sociale mobilisées contre l’austérité à Montpellier

    « Nous pensons que c’est important de peser sur la rentrée », explique Nathalie Argenson. Alors que se profile la discussion du projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), cette représentante de la CGT du CHU de Nîmes dénonce les économies annoncées (l’Assurance maladie propose de réaliser 3,9 milliards d’économies pour l’année 2027) sur « un budget qui a déjà été contraint les précédentes années. (…) Alors que nos hôpitaux, nos Ehpad, le secteur du handicap, le social et le médico-social sont déjà à bout, on nous demande encore de faire des économies », dénonce-t-elle.

    « Le gouvernement veut faire payer davantage les patients, augmenter les franchises médicales et les participations forfaitaires, remettre en cause les droits liés aux affections de longue durée, limiter les arrêts maladie, réduire les droits des personnes en situation de handicap et supprimer des postes dans la fonction publique. Toujours la même logique : faire payer ceux qui ont le moins et demander toujours plus d’efforts aux salariés et aux patients », s’indigne la cégétiste sous les applaudissements. « Nous refusons cette logique et nous refusons l’idée selon laquelle il n’y aurait pas d’argent. L’année dernière, quand Madame Vautrin a changé de ministère, bizarrement elle a trouvé 7 milliards pour aller faire la guerre », ironise-t-elle.

    Au CHU de Montpellier, Philippe Engelmann, infirmier aux urgences psychiatriques et militant CGT, témoigne d’un « été caniculaire et catastrophique, avec des conditions de travail affreuses pour les collègues et des conditions de prise en charge terribles pour les patients. On a mis des couvertures de survie dans certaines chambres pour essayer de gratter un ou deux degrés », rapporte-t-il. L’installation électrique ne permettant pas d’utiliser suffisamment de climatiseurs mobiles, « pour un service de 20 lits, on devait choisir les 8 chambres où on pouvait en installer, donc trier les patients ». Comme Nathalie Argenson, il dénonce l’obsession du gouvernement de faire toujours plus d’économies sur la santé, « alors que le travail nous casse de plus en plus : syndromes du canal carpien, hernies discales, cervicalgies, burnouts : on en entend tous les jours. Et que fait le gouvernement ? Il plafonne les arrêts maladie à un mois, il dérembourse certains médicaments, il diminue le taux de remboursement des transports sanitaires… »

    Antoine Feletti, de SUD Santé sociaux, évoque, lui, « 15% de baisse de budget annoncée pour 2026 » dans le secteur social, à Montpellier. Avec des conséquences qui se font déjà sentir : fermeture du service de Gammes destiné aux moins de 25 ans à la rue, fermeture, au 30 septembre, du centre d’hébergement d’urgence à la nuitée de Coallia, menace sur le Planning familial de l’Hérault…

    Pour les syndicats, ce rassemblement constituait une étape avant la mobilisation du 29 septembre dans la fonction publique. « La question est la suivante : quelles sont nos priorités ? Nous faisons le choix de la santé, de la solidarité et des services publics », résume Nathalie Argenson.

  • [Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »

    [Entretien] Alain Rouy, secrétaire national du Mouvement de la Paix : « Il faut travailler la paix du quartier à la planète »

    La Marseillaise : À quoi sert un événement comme le Village de la Paix ?

    Alain Rouy : Cela répond à la Journée internationale de la paix, décrétée par l’ONU il y a 25 ans. C’est un moyen de sensibiliser les populations, les pouvoirs publics. Par exemple, la question de la défense, de la paix, est occultée en France, où toute la politique de défense est entre les mains du chef de l’État. Il peut déclencher une intervention militaire sans même consulter le Parlement avant 100 jours. Dans les autres pays d’Europe, le Parlement est étroitement associé. On a appris par un discours, sur la base des sous-marins nucléaires de l’Île Longue, l’an dernier, que la France changeait de doctrine militaire nucléaire, avec une nouvelle invention, la dissuasion avancée. Personne n’a été consulté, pas même les militaires. La France ne fera désormais plus la transparence sur son armement nucléaire, certaines bombes nucléaires vont être remplacées par de plus puissantes, par l’unique volonté du chef de l’État. C’est un problème. Mais presque tous les pays sont soumis à cette hausse inconsidérée des dépenses militaires au détriment des programmes sociaux, de santé, d’enseignement, d’où l’idée d’une convergence internationale.

    Le thème de la journée est : « Investir dans la paix pour tous, partout, tous les jours ».
    Qu’est-ce que cela évoque
     ?

    A.R. : Ça incarne ce que promeut l’ONU, c’est-à-dire que l’armement est surfinancé alors que les œuvres de paix et les grands défis existentiels tels que le réchauffement climatique sont sous-financés. L’ONU a établi les objectifs du développement durable, en 2015, à la suite des objectifs du millénaire pour le développement (OMD). Certains ont été obtenus, notamment sur le plan de l’alphabétisation, de la santé… Mais on est loin du compte parce qu’il manque des financements. Avec moins de la moitié du budget militaire, on règle quasiment tous les problèmes des OMD et on peut commencer à s’attaquer à la transition écologique. Au lieu de ça, on prépare la mort de la planète avec l’accumulation des armes et le risque d’un conflit nucléaire.

    Comment parvient-on à se mobiliser dans un monde bouleversé par les guerres et les génocides ?

    A.R. : Comme le disent certains slogans, il faut travailler à la paix du quartier à la planète. Ça commence par la culture de paix, grand chantier lancé par l’ONU en 2000, parce que la paix s’apprend dans les comportements, dans une culture tournée vers l’autre qui doit abreuver la vie publique. Les gouvernements ont aussi un rôle à jouer. Par exemple, le traité sur l’interdiction des armes nucléaires de 2017 est venu d’une convergence de l’ONU, des ONG et d’États qui en ont été les relais diplomatiques. Mais pour que ces relais existent, il faut faire évoluer l’opinion publique.

    À un an de l’élection présidentielle, quelle devrait être, selon vous,
    la position du futur gouvernement en matière internationale
     ?

    A.R. : On craint que ces questions de défense soient occultées de la campagne. Beaucoup de candidats vont parler du pouvoir d’achat sans faire le lien avec la hausse des dépenses militaires. La France, sous Macron, a fait le choix de résoudre les problèmes par la guerre, en soutenant les dérives bellicistes de l’UE, sans proposer d’action diplomatique. On pourrait prendre la tête, en tant que puissance nucléaire, d’un mouvement de désarmement, puis aller vers une nouvelle manière d’envisager les relations internationales, à savoir la coopération, un mode de sécurité collective ou de sécurité commune, notion apparue dans les années 1980 avec le Premier ministre suédois de l’époque, Olof Palme. Celle-ci implique que je ne suis en sécurité que si mon voisin, ou mon ennemi, se sent lui-même en sécurité. Donc, nos sécurités sont interdépendantes.

  • Malgré les incertitudes, l’aéronautique garde le cap

    Malgré les incertitudes, l’aéronautique garde le cap

    Véritable « petit Bourget » du Sud, le Salon Aérosud promettait, pour sa quatrième édition, de réunir 850 participants et une quarantaine d’exposants autour des secteurs de l’aéronautique et de la défense.

    Cette année, l’événement a pris place sur l’aérodrome des Milles avec un objectif affiché : « Faire rayonner les forces du territoire sur les filières aéronautiques, sécurité, défense à une échelle nationale », mais aussi faire « connaître les différentes technologies, les innovations et en créer de nouvelles », explique-t-on du côté du pôle Safe (aéronautique, spatial, sécurité, défense), organisateur de l’événement.

    Dans un contexte où plusieurs facteurs pèsent sur le secteur, ces enjeux ont été détaillés dès les premières interventions de la journée. « Aujourd’hui, les questions qui se posent pour l’accompagnement des pôles de compétitivité sont, pour les années à venir, le désengagement de l’état, a priori déjà acté, déroulait Bernard Kleynhoff, président de la commission développement économique, digital et industrie de la Région Sud, elle-même partenaire du pôle de compétitivité Safe. C’est (aussi) l’accompagnement financier de la Région avec des budgets extrêmement contraints et qui se réduisent. »

    Au cœur des premiers débats, consacrés aux « enjeux industriels et projets structurants pour les filières aéronautiques et défense », Pascal Kuhn, directeur du site Airbus Helicopters de Marignane-Vitrolles, rappelait que « l’ambition sur le territoire est à la fois de transformer les entreprises qui existent déjà », tandis que « d’autres vont se créer ». Le tout en « s’adaptant au changement climatique », en naviguant dans un « cycle électoral chargé », et avec des entrepreneurs parfois frileux à l’idée d’investir dans l’industriel, notamment en raison des conflits au Moyen-Orient. Lui propose « d’investir différemment » et de « nouer des partenariats avec l’écosystème ». Sur le terrain, malgré les incertitudes, certaines perspectives restent prometteuses sur le territoire, notamment pour les entreprises et leurs chaînes d’approvisionnement (Supply Chain).

    Plusieurs projets en vue

    La région compte plus de 250 petites et moyennes entreprises. Une convention a d’ailleurs été signée entre le pôle Safe et Airbus Helicopters. Parmi les mesures, « celle en faveur du développement de la “Supply Chain” pour la rendre plus robuste et plus agile », indiquait Pascal Kuhn. Parmi les exposants, Antoine Cascone, fondateur et dirigeant du groupe B.E.C, développeur d’outils industriels pour l’aéronautique, estime que le secteur « se porte très bien. Regardez autour de vous ! Il y a eu un coup d’arrêt au moment du Covid, mais depuis, les commandes sont reparties et ça n’arrête pas, notamment avec Airbus Helicopters. »

    Du côté de MX Engineering, bureau d’études spécialisé dans la structure, dont le champ d’intervention reste « transversal », pour l’aéronautique, « on voit beaucoup de petites boîtes pousser, qui font des levées de fonds et ont des programmes de développement », observe Yacine, l’un des cofondateurs. Parmi lesquels Ascendance, Aura Aéro, mais aussi Hynaéro, qui porte le projet du Fregate F-100, bombardier d’eau destiné à renforcer la lutte contre les incendies.

  • À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    À Toulon, un Village de la Paix dressé face à l’économie de guerre

    C’est dans le plus grand port militaire d’Europe que s’ouvre, ce vendredi, ce rassemblement entièrement consacré à la paix, à quelques jours seulement de la Journée internationale lui étant consacré (21 septembre). L’événement est organisé notamment par la CGT, la FSU, Solidaires, le CASI Cheminots Paca, le Mouvement de la Paix, le PCF, La France insoumise et l’association Vigilance et Initiatives syndicales antifascistes (Visa).

    L’objectif affiché par les organisateurs est de créer un lieu de rencontre et de discussion en mettant en avant le droit international et le rôle de l’ONU, tout en interrogeant la militarisation en cours de la jeunesse ainsi que l’économie de guerre, mise en œuvre au détriment d’autres services publics essentiels comme l’éducation, la santé et la transition écologique.

    Pour les organisations, le débat dépasse largement la seule question du nombre de conflits armés qui ensanglantent le monde aujourd’hui. Elles entendent donc aussi interroger la place croissante prise par les dépenses militaires dans les choix économiques et politiques. Elles dénoncent ainsi une « militarisation » grandissante et la course aux armements qui ne sont pas sans conséquences. Avec l’inquiétude de voir progressivement s’installer dans la société une forme de banalisation de la guerre et de ses impératifs.

    « On veut parler de la paix alors que tout nous pousse à parler d’autre chose, et notamment de la guerre », déclare le secrétaire général de l’Union départementale de la CGT, Richard Roméo-Giberti. Le responsable syndical insistant sur le fait que « la guerre n’est pas une fatalité, mais se construit par ceux qui ont le pouvoir et l’argent ».

    Une manifestation où il sera aussi question, bien sûr, de progrès social, sans lequel aucune paix durable n’est envisageable, rappelle-t-il.

    La paix est un enjeu

    de classe

    Et de poursuivre : « Dans ce pays qui a toujours été une espèce de phare qui éclaire le monde, même s’il brille un peu moins aujourd’hui, il y a urgence à donner la parole à tous ceux qui s’élèvent contre ce qui nous est présenté comme une fatalité, parce que tout, aujourd’hui, nous conduit à la guerre ».

    Nadine Nazzi, qui prendra la parole pour le PCF, rappelle de son côté que « l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) est une organisation politique et militaire aux objectifs bellicistes, née en 1949 pour combattre l’URSS ». Selon elle, l’organisation aurait donc dû disparaître après la chute de cette dernière en 1991. Mais, affirme-t-elle au contraire, elle « est devenue bien plus dangereuse et toxique qu’elle ne l’était au moment de la fin de la guerre froide ».

    Les budgets militaires imposés aux États membre avec la règle des 2% du PIB agissent également comme une perfusion d’argent public pour le secteur privé, dénonce la communiste. Elle ajoute : « C’est le concept de capitalisme monopoliste d’État, où l’État finance massivement les industries d’armements pour maintenir l’activité économique ».

    Cela, bien entendu, au détriment des populations qui subissent des politiques d’austérité, « des dizaines de milliards d’euros étant détournés vers l’achat d’avions, comme le F-35 américain, ou de systèmes de missiles ». Et de conclure : « Au PCF, notre conception d’une nation ouverte, fraternelle et solidaire est la base de notre conception de la République portant une politique de paix. Il est urgent d’ouvrir, en France, un vrai débat populaire sur ce que doit être une politique de Défense et de sûreté libérée de l’OTAN, assurant la liberté et l’indépendance des peuples dans une Europe et un bassin méditerranéen de la paix et de la sécurité collective, sous l’égide de la charte de l’ONU ».

    LES RENDEZ-VOUS

    Marseille

    Rendez-vous à 18h, ce 21 septembre, place du Général-de-Gaulle, pour une manifestation puis un meeting au Kiosque à musique, square Léon-Blum.

    Martigues

    Après-midi festive et culturelle avec ateliers et exposition, au jardin de Ferrières, le mercredi 23 septembre de 13h30 à 18h, suivi de discours puis d’une clôture musicale.

    Istres

    Rassemblement au portail d’Arles, ce dimanche 20 septembre, à 11h.

    Port-de-Bouc

    Rassemblement le 23 septembre, à la Pyramide de la paix, à partir de 14h, pour une exposition puis un meeting à 18h.

  • [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    [Grand entretien exclusif] Benoît Payan : « 2027 sera apocalyptique pour la Métropole »

    La Marseillaise : Le refus par le conseil métropolitain de voter la baisse des dotations de solidarité aux communes – à une voix près – a été un séisme pour l’institution. Où en est-on aujourd’hui ?

    Benoît Payan : Le rôle du maire de Marseille, c’est d’abord de protéger les Marseillais et les Marseillaises. On s’acheminait vers un choix inacceptable pour moi, parce que je suis maire, Marseillais et que je dois défendre cette ville, qui consiste à nous faire perdre 36 millions d’euros. Marseille seule aurait porté 70% des économies de cette Métropole. J’avais prévenu : c’était inacceptable. Je crois à la solidarité métropolitaine, je pense qu’il faut être attentif à d’autres communes et j’avais proposé un chemin qui permettait aux 92 communes de ne rien perdre. Ma proposition a été balayée d’un revers de main. En le faisant j’ai prévenu que ceux qui la balayaient se mettraient dans une situation difficile car je me battrai pour ma ville. C’est ce que j’ai fait. On a réussi a gardé 36 millions d’euros.

    L’histoire n’est pas terminée… Marseille fait-elle toujours partie de cette « gouvernance des maires » ?

    B.P. : Ça a toujours été très particulier la relation de Marseille avec sa Métropole. Quels que soient les maires et les présidents, cette relation a toujours été très difficile parce que Marseille est une grande ville. Elle est tellement plus grande que toutes les autres villes qu’elle fait presque, à elle toute seule, la moitié de cette Métropole. Longtemps elle a été vue comme l’ogre qui allait se servir sur la bête. En réalité, c’est le contraire qui s’est passé. Ce sont les Marseillais qui paient le plus d’impôts métropolitains, pas seulement en millions d’euros mais en pourcentage. Ce sont les Marseillais qui paient la taxe d’enlèvement des ordures ménagères la plus chère. Et pourtant on n’a aucun équipement métropolitain, les politiques métropolitaines sont beaucoup trop absentes de la ville. Pourquoi j’ai souhaité entrer dans la gouvernance de la Métropole ? Parce que cette ville ne peut pas être sans cesse le bouc émissaire des uns et des autres. On n’a jamais revendiqué une hégémonie mais on revendique d’être respectés comme n’importe quelle autre commune. C’est un message qui doit passer.

    Ce message, estimez-vous qu’il est passé auprès de Nicolas Isnard ? La gouvernance de la Métropole restera-t-elle dans un statu quo ?

    B.P. : Il appartient désormais au président de dire ce qu’il veut faire de cette gouvernance, s’il désire en changer, j’ai toujours dit que j’étais prêt à l’accompagner et que je serai là si les choses doivent évoluer. Non pas parce que je serai candidat à la présidence, je ne le suis pas, je ne le serai pas. Quand je dis quelque chose je m’y tiens, je sais qu’en politique ce n’est pas commun. Je n’étais pas candidat il y a un an, six mois, je ne serai pas candidat demain, mais s’il doit y avoir des changements, je les accompagnerai.

    La Métropole a donc un budget élaboré hors des élus. Est-ce supportable ?

    B.P. : C’est un budget qui va peser sur les communes. Je suis allé rencontrer le président, notamment avec Gaby Charroux, pour lui dire « ne commets pas l’erreur de monter les communes les unes contre les autres ». Ce n’est pas parce que la Chambre régionale des comptes ou que le préfet disent quelque chose que nous, élus, sommes dépossédés de notre pouvoir de décision. Nous avons été choisis pour cela. Il y avait des moyens d’économiser ces 50 millions d’euros, de les lisser. Un budget en déséquilibre aurait ouvert un dialogue avec la chambre régionale des comptes. Ses magistrats sont des gens intelligents, ils comprennent qu’on est presque au bout de l’année budgétaire et que ces 50 millions sont lissables sur plusieurs années. C’est ce qu’il fallait faire, cela aurait évité une crise politique et budgétaire, or, là, nous les avons.

    La Métropole a-t-elle un avenir financier et fiscal ? N’est-elle pas déjà enterrée ?

    B.P. : Il ne faut pas se mentir : cette Métropole est mal née, elle est née en siège, dans la douleur et elle ne s’en sort pas. Structurellement, systémiquement, elle est malade. Sa capacité a développer des politiques publiques est inexistante par ce que sa construction, financière, fiscale, budgétaire, l’en empêche. Il m’est arrivé de le dire, Martine Vassal, elle-même, n’était pas en mesure de changer les choses. On ne peut pas faire avec cet outil, ce à quoi il devrait servir. Quand on voit l’état des équipements à Marseille, l’état de la voirie, ce sont des dizaines de millions d’euros qu’il faudrait investir. Il n’y a pas 40 solutions : soit une augmentation massive de la fiscalité mais les habitants sont-ils aujourd’hui en mesure de perdre du pouvoir d’achat ? Soit il faudrait renoncer à l’effet redistributif et contre-péréquateur de cette Métropole qui a sans cesse été pointé par les magistrats de la chambre. On en arrive à une situation insolvable. On ne pourra pas longtemps faire croire que cette Métropole est vivable. Elle ne l’est plus. J’appelle solennellement le gouvernement à se pencher sur cette Métropole. 2026 a été difficile mais 2027 sera apocalyptique. Toutes les circonvolutions, toutes les belles paroles du monde ne suffiront pas à remplir les caisses de la Métropole. Qui va-t-on faire payer ? Les entreprises avec le versement mobilité ? Vous croyez qu’elles sont prêtes à payer pour combler des trous ? Et les particuliers ? Il faut un consentement à l’impôt. L’impôt, c’est un effort pour vivre en collectivité parce qu’il permet de fabriquer des politiques publiques. On ne paye pas d’impôts pour les intérêts de la dette…

    Quelle alternative ?

    B.P. : Tout refaire ! Il faut tout repenser. Il ne peut y avoir ni totem ni tabou. Une Métropole telle qu’elle existe aujourd’hui est vouée à l’échec. À la fin ce sont les Marseillais qui vont trinquer. Je l’ai dit sur tous les tons pendant 6 ans : nous n’avons jamais réussi à faire Métropole, il n’y a que des intérêts particuliers, chacun défendant sa commune. Il ne peut pas y avoir de projet métropolitain dans un ensemble institutionnel sans argent. C’est comme si on jetait quelques subsides dans un cirque romain et qu’on demandait à des gladiateurs de se battre pour les récupérer. Ça ne fonctionne pas ! Les gens sont des adultes, ils se sont choisi des maires dans lesquels ils ont confiance. L’État ne peut pas nous laisser dans cette situation.

    Ça peut vouloir dire une fusion avec le Département ?

    B.P. : Ça peut vouloir dire beaucoup de choses mais je ne pense pas que le bloc communal soit fongible dans le Département, on a vu ce que ça a donné à Lyon. C’est voué à l’échec. On recommencerait à faire un gros machin qui ne fonctionnerait pas. Je crois aux compétences de proximité. Mais cette Métropole ne fonctionne pas. Non pas que Martine Vassal ait vidé les caisses, mais on apprend les choses au compte-goutte. Un établissement de coopération intercommunal doit d’abord être fondé sur la confiance. Ce n’est pas une collectivité, nous sommes les représentants de nos communes, nous sommes les élus de leurs habitants. Cet ensemble institutionnel n’est pas à la hauteur de nos ambitions. Je vis dans une ville qui fait 5 fois Lyon, 2,5 fois Paris et où le dernier métro a été inauguré avant ma naissance, il y a 48 ans ! Tout ça parce que l’argent a été servi à d’autres. Les attributions de compensation ont été calculées il y a 30 ans, à l’époque Marseille perdait des habitants, des emplois, les entreprises fermaient. Aujourd’hui j’ai des fleurons internationaux à Marseille, une ville qui attire des millions de touristes, qui produit énormément de richesses et nous ne bénéficions pas de tout cela. On me dit « c’est le fruit de l’histoire » mais je préfère regarder l’avenir que d’être tanqué dans un passé qui ne correspond plus à la réalité.

    En participant à la gouvernance métropolitaine dans ces conditions, notamment avec Samia Ghali, l’une de vos adjointes à la présidence de la RTM, n’est-ce pas un piège qui se referme sur vous ?

    B.P. : Elle travaille le plus possible pour améliorer les conditions de transports des usagers, elle fabrique de la tarification sociale, elle essaye de réfléchir à une nouvelle répartition des lignes aériennes, aux cadences des transports. On est en train d’avancer sur ces sujets mais on va se heurter à une réalité financière dans les années qui viennent. La RTM, à mon sens, doit peut-être devenir un établissement public autonome.

    Sur le modèle de la RATP ?

    B.P. : Pourquoi pas ? Il ne faut rien s’interdire. Le modèle tel qu’on l’a connu est éculé, terminé.

    Sentez-vous en cette rentrée, l’exaspération qui monte sur le pouvoir d’achat ?

    B.P. : J’aimerais bien fixer le prix de l’essence ou le niveau des salaires. Ce n’est pas la compétence d’un maire. En revanche, sur la question de la rentrée scolaire, je me suis mobilisé pour que les familles marseillaises aient des conditions meilleures qu’ailleurs avec un kit de rentrée scolaire, avec des grilles tarifaires de la restauration scolaire qui permette à 15 000 petits Marseillais de manger gratuitement, soit 5 000 de plus qu’avant. De la même manière on va augmenter le nombre de petits-déjeuners gratuits pour ne plus jamais avoir des petits qui ont le ventre vide à l’école. On ne peut pas tout, mais tout ce qu’on peut, il faut le faire. Un petit Marseillais, quel que soit son quartier, son histoire, sa religion, sa couleur de peau, il doit avoir les mêmes chances que les autres. L’école c’est fondamental pour moi, c’est là qu’on devient une femme, un homme, émancipés. Nos décisions sont prises avec une seule boussole : qu’est-ce qui est juste ?

    Qu’avez-vous envie de dire au gouvernement qui craint de voir renaître les Gilets jaunes et constate un calendrier syndical qui se remplit un peu plus chaque jour ?

    B.P. : Il est entre des feux contradictoires. Choisir c’est renoncer. Je crois profondément que la fiscalité dans ce pays est injuste. Celles et ceux qui gagnent le plus d’argent ne sont pas des ennemis mais ils ont des devoirs envers leur patrie. Quand on gagne beaucoup d’argent, c’est un honneur. Je ne dis pas de tout prendre mais que chacun contribue à sa juste mesure. On nous explique que les gens vont partir, ce sont des histoires à dormir debout, des berceuses des années 1980. Je crois que quoi qu’il en coûte, il faut aider les Français sur le pouvoir d’achat.

    Amine Kessaci, mécontent de ne pas pouvoir choisir la directrice de Marseille habitat dont il est le président vous a présenté sa démission. Comment avez-vous reçu cette nouvelle ?

    B.P. : D’abord je comprends qu’il puisse être affecté par ce vote. Ce ne doit pas être simple de se retrouver seul, mis en minorité par l’ensemble des administratrices et administrateurs d’un bailleur que l’on préside. Je le recevrai dans les prochains jours pour discuter de ce qu’il s’est passé. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a poussé à faire ce choix. Aujourd’hui encore je ne comprends pas. J’ai entendu que c’était « le bureau de recrutement » que je ne connais pas qui avait motivé son choix. À partir du moment où il a souhaité mettre fin au contrat du directeur général qui a donné toute satisfaction jusqu’à présent, en tant que nouveau président, après tout pourquoi pas, je lui ai dit : « le choix devra se faire dans la plus grande transparence et qu’il n’y ait aucun doute sur la personne choisie ». Je pense que ni l’une, ni l’autre des conditions posées n’ont été remplies.

    Vous lui en voulez ?

    B.P. : La question n’est pas de savoir si je lui en veux ou pas. J’ai besoin de comprendre ce qui l’a amené à faire un choix aussi baroque. Il semble qu’il n’ait pas été convaincu par les multiples alertes données sur cette personne.

    Des alertes données par qui ? La mairie ?

    B.P. : Des alertes données par pas mal de personnes dont moi-même.

    Quand le verrez-vous ? Il a même proposé d’assumer lui-même le rôle de directeur général et, dit-il, à faire économiser de l’argent au bailleur.

    B.P. : Dans les prochains jours. Je n’ai pas bien compris ce que cela voulait dire. Amine Kessaci est quelqu’un de très intelligent, mais le dernier conseil que je lui donnerais c’est d’être président-directeur général. Cela l’exposerait juridiquement. Quand je vois la fougue et l’emportement qui sont les siens, je lui conseille de savoir raison garder. Je suis maire de Marseille, pas directeur général des services de la Ville. Il ne faut pas tout confondre.

    Cela signifie-t-il qu’il pourrait ne plus être votre adjoint ?

    B.P. : Je crois qu’il faut décorréler la situation à Marseille Habitat que j’ai besoin de comprendre et la confiance que je peux lui accorder par ailleurs. Si demain il devait démissionner de son poste d’adjoint, il faudrait qu’il m’en explique la raison.

    Dans notre région, ce sont dans les Bouches-du-Rhône que la gauche est dans la meilleure posture pour les sénatoriales. Quel est votre pronostic et où se porte votre soutien ?

    B.P. : Vous m’avez demandé 27 fois mon pronostic sur les municipales et 27 fois je vous ai répondu que je n’en faisais pas. C’est pareil pour ces sénatoriales. J’espère que cette liste d’union, solide, qui représente les territoires, les sensibilités, avec des histoires différentes, des horizons et des enracinements différents, arrivera en tête. Ce serait un très beau signal pour la gauche dans le pays, pour tout ce à quoi je crois. Le rôle des sénateurs va s’accroître dans un pays instable qui peut connaître le pire. Le rôle du Sénat doit être celui de garant de l’État de droit et de la continuité républicain, celui d’une vigie. Pour cela, il faut des sénateurs qui ont la conviction profonde que la République est une et indivisible, que sa devise est « Liberté, Égalité, Fraternité », que ses racines plongent dans la Révolution française, dans les forces de la lumière contre celle de l’obscurité. J’y crois avec force. Les listes de gauche qui n’ont aucune chance de faire un siège, vont prendre des voix à la liste d’union et à la fin c’est quoi ? Un siège en plus pour l’extrême droite. Je leur dis les yeux dans les yeux.

    Votre famille politique d’origine organise une primaire, vous intéresse ? Vous positionnerez-vous ?

    B.P. : Non.

    Pourquoi ?

    B.P. : Mon travail est d’être maire de Marseille. Je reste un homme de convictions. J’entrerai dans la danse si je sens un danger arriver. Je ne m’occupe pas des partis. Ça ne m’intéresse pas. Je dis simplement une chose : vous n’avez pas le droit de vous diviser. Je n’aurais pas l’outrecuidance ni la vacuité de penser que c’est duplicable. Mais c’est un exemple comme un autre. On nous a expliqué que le Printemps marseillais c’était des rigolos. Il se trouve qu’on a été élus en 2020 et réélus en 2026 sur un totem, celui de l’union. Les divisions permanentes pour savoir qui est le plus à gauche, qui est le moins gauchiste, le plus écologiste, le plus raisonnable, le plus révolutionnaire… Ce sont des débats de chambre. Les gens veulent une seule proposition. Je dis : ne partez pas en ordre dispersé parce qu’à la fin c’est l’échec.

    À Marseille, votre conception du rassemblement c’était sans LFI. Quand vous parlez d’une seule candidature, c’est avec ou sans LFI ?

    B.P. : C’est Jean-Luc Mélenchon qui a déjà répondu à cette question. Il est parti, il croit en son destin, l’ambition de sa vie n’est rien d’autre que d’occuper le fauteuil de François Mitterrand. Il se fout pas mal de ce qui se passera à la fin, il espère être président de la République quel qu’en soit le coût. C’est triste.

    Renaud Muselier a confié à « La Marseillaise » que vous lui aviez donné votre accord pour travailler à une cérémonie de clôture des JO 2030 à Marseille. Vous n’étiez pas en si bons termes auparavant ?

    B.P. : Le président Muselier est un pragmatique. Il m’a demandé si j’étais d’accord pour que ça se passe à Marseille. J’ai lui ai naturellement répondu oui parce qu’on sait faire, on sait organiser des événements internationaux. Renaud Muselier sait que ça sera réussi si c’est à Marseille. Mieux qu’ailleurs !

  • Avignon : sans local, l’épicerie sociale et solidaire pour étudiants s’arrête

    Avignon : sans local, l’épicerie sociale et solidaire pour étudiants s’arrête

    Derrière les vitres et les grilles de l’épicerie sociale et solidaire l’Agoraé, quelques cartons remplis de flyers, une machine à café, ainsi que des paquets de pâtes et des bouteilles de jus jonchent le sol depuis plusieurs semaines. Le projet, lancé en 2023 sous la précédente municipalité de Cécile Helle (PS), va s’arrêter faute de locaux mis à disposition par la mairie.

    Ce lieu de rencontre permettait aux étudiants de trouver des denrées alimentaires et des produits d’hygiène à des prix défiant toute concurrence, parfois jusqu’à 10% des prix du marché.

    Contactée, la municipalité confirme que la convention de partenariat qui liait la Ville, l’Université d’Avignon, l’association étudiante Inter’asso avec le bailleur social Erilia, propriétaire des lieux, dans le cadre d’une convention d’occupation précaire, est arrivée à son terme le 3 juillet dernier. La municipalité assurait cette mise à disposition « à titre gracieux » en prenant en charge le loyer qui s’élevait à 10 336 euros par an. Les locaux, ainsi que deux autres espaces attenants également exploités par les services municipaux, ont été restitués à Erilia. La mairie explique qu’elle « n’est donc plus en mesure de poursuivre cette mise à disposition dans les conditions prévues par la convention ».

    Mais, comme pour d’autres projets lancés avant la prise de pouvoir du nouveau maire Olivier Galzi (DVD), tels que l’aide aux devoirs d’enfants en difficulté dans les quartiers populaires ou encore la végétalisation des cours d’écoles, la situation financière de la ville est avancée pour justifier l’arrêt de cette aide. « Dans un contexte de fortes contraintes budgétaires et alors qu’une démarche de rationalisation du patrimoine communal est engagée, la Ville est dans l’obligation de ne pas pouvoir supporter de nouvelles dépenses pour financer ou rechercher un local de substitution », précise-t-elle. Tout en assurant que « cette évolution ne remet toutefois nullement en cause l’engagement de la Ville en faveur de la vie étudiante ». Notamment en renforçant ses liens avec l’Université et les acteurs de l’enseignement supérieur, « afin de renforcer la coordination autour des enjeux de vie étudiante ». La municipalité estime également que cette « mobilisation constante contribue à soutenir l’attractivité universitaire et le rayonnement d’Avignon ». Au dernier classement des villes étudiantes du média L’Étudiant, la Cité des Papes figurait à la 37e position sur 50, à égalité avec Annecy et Troyes.

    « Choix politique »

    « Je n’attendais pas grand-chose de cette nouvelle municipalité soi-disant d’aucun parti. Apparemment, le bon sens, c’est de supprimer les aides aux étudiants et de les laisser crever », déplore Louis, de l’association l’Union étudiante Avignon.

    Cette décision suscite l’indignation des forces progressistes du Vaucluse. Les Jeunes Socialistes, à travers un communiqué ce lundi 14 septembre, regrettent un « choix du maire » qui ne fait que « renforcer la précarisation des étudiants avignonnais et montre que Monsieur le maire se préoccupe davantage de rentabilité financière que de l’avenir des étudiants avignonnais ».

    Du côté de la conseillère d’opposition Mathilde Louvain, (LFI), on s’interroge sur les réseaux sociaux : « La mairie est en roue libre ? ». « On commence à être habitué à la méthode. On décide manu militari. Zéro rencontre en amont. Cette majorité a définitivement du mal avec les mots solidarité, entraide, soutien », poursuit-elle.

    La section du PCF d’Avignon, Morières et Le Pontet estime que la fermeture de l’Agoraé « est un choix politique, pas une fatalité budgétaire. (…) La décision est d’autant plus incompréhensible que l’Agoraé était installée dans le “Repère de la caserne“, au cœur d’un secteur récemment requalifié. Ces lieux avaient justement vocation à créer de l’activité, du passage et de la vie dans la Carreterie. Une ville attractive ne se construit pas seulement avec des travaux : elle se construit aussi avec les associations, les étudiants et les services qui font vivre les quartiers ».

    Une pétition en ligne demandant la réouverture a récolté une centaine de signatures.

    Pétition contre la fermeture sur change.org

  • L’essence met les travailleurs à sec

    L’essence met les travailleurs à sec

    Jusqu’où s’arrêtera la hausse des prix de l’essence ? Depuis le début du conflit en Iran, les tarifs à la pompe n’en finissent plus de monter, jusqu’à dépasser les 2,30 euros le litre, en moyenne nationale, pour le gazole. À tel point qu’Emmanuel Macron a demandé, ce mercredi, « à son gouvernement la totale mobilisation sur l’approvisionnement et sur la maîtrise des prix », sur fond de risques de pénurie. De son côté, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, demande au Premier ministre une table ronde sur le pouvoir d’achat. Il faut dire que la situation devient intenable pour les travailleurs…

     Gaëlle, infirmière libérale à Peypin

    Quotidiennement en déplacement du fait de sa profession, Gaëlle Cannat, infirmière libérale, roule en moyenne « 150 km par jour ». « C’est un enfer. Cela fait des mois que l’on stresse quand on va à la pompe », dénonce celle qui est également la présidente du collectif « Infirmiers libéraux en colère ». Avec une voiture essence de 40 litres, le plein qu’elle a fait ce mercredi matin « a dépassé les 80 euros ». « J’en suis au point de dire à ma fille que je ne viendrai pas la récupérer en voiture à la fin des cours », déplore-t-elle. Il faut dire que l’équation s’avère plus que complexe pour elle : « Je prends l’exemple d’une injection sur un patient : elle rapporte 7,25 euros, avec les charges, il me reste 3 euros dans la poche. Maintenant, il faut enlever le coût de l’essence… » À la fin, il ne reste plus grand-chose. « Plus l’essence augmente, moins nous gagnons », résume-t-elle. Elle pointe surtout la conséquence pour les patients : « De moins en moins d’infirmiers libéraux veulent aller dans les zones intermédiaires, rurales. Il y a des patients qui se retrouvent isolés car nous avons de plus en plus de mal pour certains déplacements ».

     Nathan, technicien dans la pétrochimie à Lavéra

    « On commence à en être au point où la voiture représente un trou dans le budget. À 620 euros par mois, le budget devient très conséquent », s’agace Nathan, technicien supérieur de maintenance dans une raffinerie de l’Étang de Berre. Habitant de Saint-Martin-de-Crau, il « n’a pas d’autre choix que de prendre la voiture » pour aller au travail en l’absence de « liaisons en bus ou en train aux horaires adaptés ». Résultat : il est à « facilement une centaine d’euros par semaine de carburant ». Sa situation résume le quotidien de beaucoup de travailleurs : « J’ai récemment changé de voiture pour baisser la consommation de carburant, c’était un critère. Mais elle est achetée à crédit, avec 220 euros que je rembourse tous les mois ».

     Jordan, agriculteur

    de Vaucluse

    « Nos trésoreries sont déjà assez basses à cause de la sécheresse et des rendements plus faibles. Donc, le coût du gasoil pèse encore plus », déplore Jordan Charransol, le président des Jeunes agriculteurs 84. Une profession qui accuse le coup face à la montée du fuel : « Par exemple, le plein d’une cuve de 1 000 litres coûte environ 800 euros de plus qu’il y a quelques années. Avec les moissons puis les vendanges, on passe une cuve en un mois. » Et de dénoncer l’inaction macroniste : « Le gouvernement a mis en place un abattement de 15 centimes par litre, mais le problème, c’est que cette aide n’est toujours pas arrivée depuis juin. Au lieu d’être exempté dès le départ, on doit faire plein de paperasse. On sort de l’argent pour essayer d’être remboursé. »

     Hervé, pêcheur à Carro

    Ancien chalutier, aujourd’hui marin-pêcheur à Carro, quartier bien connu de Martigues, Hervé Gout-Vernier dresse un constat sans appel sur l’impact de la hausse des prix du gazole : « On est en danger de mort ! » Avant de développer : « Le plus compliqué, c’est pour les chalutiers. À 2 000 litres par jour pour 1,20 euro le litre de gasoil au Grau-du-Roi, il faut pêcher 2 400 euros de poisson par jour juste pour se rembourser ». Sans compter sur « les paiements des salaires et la comptabilité ». Même constat pour les plus petits pêcheurs qui ne sont pas à bord de chalutiers, comme lui : « C’est le même problème pour les fileyeurs. On consomme moins, mais il y a aussi le coût du matériel… »

     Marc, plombier

    à Saint-Zacharie

    À Saint-Zacharie, Marc, 54 ans, dirige une entreprise de plomberie avec un salarié. À eux deux, ils parcourent près de 40 000 km par an. Difficile, pourtant, pour cette société qui réalise des dépannages chez des particuliers, mais intervient surtout dans des cliniques, de se passer de la voiture. De Marseille à Toulon, en passant par Miramas et avec un gazole à plus de 2,30 euros le litre, la facture hebdomadaire de carburant approche les 700 euros par mois et par véhicule. « C’est plus simple peut-être pour ceux qui passent une journée sur chantier. Mais quoi qu’il en soit, on subit, on n’a pas le choix », note, fataliste, l’artisan. La hausse du prix des carburants pèse directement sur ses coûts de fonctionnement et dans un secteur où la concurrence est forte et où les clients surveillent leur budget, chaque centime compte. « Ça a des répercussions sur les tarifs que l’on pratique pour nos clients, mais on rogne surtout sur notre bénéfice », conclut-il.

    CHIFFRES

    11,2

    En milliards d’euros, les bénéfices engrangés par Total au premier semestre 2026, une augmentation de 72% sur fond d’explosion des prix.

    +43,6%

    L’évolution en un an du prix du gazole, qui atteint 2,35 euros par litre, à trois centimes du record du mois d’avril, quand l’essence (SP95-E10) atteint un niveau historique de 2,15 euros par litre.

    10,6%

    Des ménages propriétaires d’une voiture ont dépensé, en 2021, plus d’un mois de leurs revenus annuels en carburant, selon une étude de l’Insee publiée le 8 septembre. Ils sont 9,5% dans la Métropole Aix-Marseille, 11% dans le Grand Avignon et 13,8% pour Provence Alpes agglomération.

  • [Université] À Aix, la riposte au décret s’organise

    [Université] À Aix, la riposte au décret s’organise

    « Avec ce décret, c’est la capacité et le droit d’exonération qui était celui des universités qui sont contraints et nettement limités, recontextualise Valérie André, vice-doyenne aux relations internationales de l’UFR ALLSH (arts, lettres et langues et sciences humaines). On est en train de recenser les étudiants extracommunautaires qui se trouvent en situation critique pour pouvoir appuyer, si on nous y autorise, leurs demandes d’exonération. »

    à l’unanimité, le conseil de l’UFR ALLSH estimait, à l’issue d’une séance tenue le 12 mai, que le décret mettait en œuvre une « sélection sociale drastique » et en demandait le retrait. « Trouvez vos emplois du temps, allez en cours, informez vos profs, faites-nous remonter les informations sur ce que vous fait remonter la scolarité. On doit aussi exiger absolument une extension des délais pour le paiement des inscriptions (différenciés) », lance Armand Aupiais, pour le Réseau université sans frontières (RUSF). Parmi les participants, certains appellent à « massifier le mouvement ». « Derrière se joue la casse du service public, le désengagement total de l’état, estime Mohammed Ouerfelli, secrétaire du Snesup. Il faut que l’on se mobilise tous ! »

    Des discussions sont lancées pour rejoindre l’appel à la mobilisation du 17 octobre. E.B.-G.