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  • [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    [Rue de la République] Nicolas Isnard : « Je veux qu’on pointe la Métropole pour ses réussites, pas ses dysfonctionnements »

    Ce week-end, Nicolas Isnard (LR), maire de Salon-de-Provence et candidat à la présidence de la Métropole Aix-Marseille-Provence.

    Sa Candidature

    Didier Gesualdi : Avant le vote de mardi pour choisir le futur président de la Métropole, vous avez construit votre candidature depuis longtemps. Pourquoi souhaitez-vous que ça change ?

    Avant d’être candidat, il faut savoir si la candidature que l’on veut porter a du sens. Je voulais être, j’espère être, je veux être, le candidat des 92 maires de cette Métropole. L’idée était de savoir ce qu’ils voulaient, s’ils avaient la même vision de ce qu’ils espèrent pour la Métropole. Donc, oui, j’ai essayé de voir le maximum de mes collègues sur ces dernières semaines, ces derniers mois, et j’ai même envie de dire, ces dernières années. J’ai pu échanger, j’ai senti qu’il y avait l’espérance d’une autre Métropole. C’est cette candidature que je veux porter, celle d’une Métropole des maires.

    Didier Gesualdi : La Métropole ça a l’air compliqué mais c’est le quotidien des habitants.

    Aujourd’hui, la Métropole est souvent pointée pour ses dysfonctionnements, j’espère qu’un jour elle sera pointée pour ses réussites. La Métropole s’occupe de beaucoup de choses qui font notre qualité de vie au quotidien, le meilleur exemple étant la propreté de nos rues, mais il y a aussi la voirie, l’environnement, les transports… C’est pour ça qu’il faut améliorer le service qu’elle rend. Pourquoi ça doit être la Métropole des maires ? Parce que lorsque vous êtes maire vous voulez que vos concitoyens vivent bien, qu’ils vous disent que la ville est propre, entretenue, qu’on circule bien… On veut le meilleur pour nos habitants.

    Léo Purguette : Si on vous entend bien, vous êtes porteur d’une rupture. Martine Vassal était pourtant de votre famille politique. Vous en avez parlé avec elle ?

    Oui, on a parlé de cela avec Martine à plusieurs reprises et avec Jean-Claude Gaudin avant elle. Il faut remettre en perspective ce qu’ils ont eu à faire : installer la Métropole que personne ne voulait, moi le premier. Fusionner de force les six intercommunalités, nous n’en voulions pas. Nous avions un fonctionnement en bassins de vie qui était optimal. On nous a imposé un changement. Jean-Claude Gaudin et Martine Vassal ont eu à gérer cette installation, ils ont fait ce qu’ils ont pu dans les conditions que je viens d’énoncer. On ne va pas refaire l’histoire mais ils ont eu le mérite d’installer cette Métropole. Maintenant qu’elle est là et que nous allons la garder, il faut la transformer pour qu’elle soit plus efficace, à notre service.

    la Métropole « des maires »

    Léo Purguette : Vous défendez un fonctionnement réellement intercommunal, qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

    La Métropole, avec le temps, est passée au-dessus des maires, imposant sa vision technocratique. On va la remettre en dessous des maires. La Métropole, demain, sera un outil. C’est-à-dire, par exemple, que lorsqu’un camion-poubelle va passer dans une rue, il va passer à la demande d’un maire, à l’horaire que souhaite le maire…

    Léo Purguette : C’est possible sans évolution de la loi ?

    Bien sûr. Prenons la propreté. Les décharges, le traitement des déchets, les incinérateurs, ça restera une compétence métropolitaine, et nous devrons le décider ensemble mais le passage des cantonniers dans nos rues, certaines villes comme la mienne ont la chance de l’avoir en gestion directe, d’autres ne l’ont pas. Demain, les villes qui voudront récupérer la gestion de ces hommes et de ces femmes méritants, qui nettoient nos rues au quotidien, auront la possibilité de le faire. En gestion directe, ils pourront décider des jours et des heures où passeront les cantonniers. Il n’y a pas besoin de révolution législative pour cela.

    Didier Gesualdi : Vous avez vu les maires de Marseille ? Aix ? Martigues ?

    J’ai vu tous les gros, tous les grands mais aussi le maire de La Barben, d’Aurons, de Saint-Paul-lès-Durance. J’ai vu ceux qui sont là depuis 30 ans et ceux qui viennent d’arriver. J’ai vu tous ceux que je pouvais, mille excuses à ceux que je n’ai pas encore rencontrés. Dans une Métropole des maires, tout le monde sera considéré. Il n’y a pas les uns contre les autres. Les ruraux contre les urbains, l’ouest contre l’est, Marseille contre le département… Tout ça, c’est fini. On est 92 ensemble, condamnés à réussir et à avancer dans un pack, un front commun.

    Didier Gesualdi : Les gens ont voté et élu des majorités différentes selon les communes. Il faudra quand même faire des choix, ce n’est pas pareil quand on est de droite ou de gauche ?

    Je ne suis pas du tout d’accord. Il y a des sujets sur lesquels la droite et la gauche, ça compte. Par exemple, l’âge de départ à la retraite, on a des visions différentes. Mais pardon, quand il s’agit de circuler, tout le monde veut la même chose : qu’on aille le plus vite, le plus sereinement, le plus respectueusement possible d’un point à un autre. Qui dit aujourd’hui qu’il trouve très bien de mettre 2h30 en partant de Salon pour aller voir un match de foot au stade Vélodrome ? Et à l’intérieur des villes, les maires élus décideront comment on circule dans leur commune. Ce sont des sujets ni de droite ni de gauche.

    Léo Purguette : Quid de la gratuité en Pays d’Aubagne ? C’est un débat droite-gauche.

    C’est un débat à 92 maires. La gratuité, sur le papier c’est bien mais derrière il y a quelqu’un qui paye, donc il faut voir les avantages et les inconvénients. Je n’ai surtout pas à dire « ça va être comme ça », la Métropole des maires, c’est 92 qui décident œcuméniquement, dans l’intérêt général.

    le RN

    Didier Gesualdi : Que ferez-vous avec le RN qui pèse dans l’assemblée métropolitaine comme il a pesé dans ces élections ?

    Le RN et ceux qui le représentent dans cet hémicycle seront respectés. Pour qu’il n’y ait pas de malentendu : moi président de la Métropole, on ne va pas arrêter de ramasser les poubelles à Rognac ou d’y faire passer des bus. Les Rognacais seront traités comme les autres. Pour autant, la participation du RN dans l’exécutif n’est pas possible. Tout le monde en convient. D’ailleurs ils ne l’ont pas demandé. Le RN a choisi lors des dernières élections de faire le maximum de listes dans le maximum d’endroits pour s’opposer au maximum à ceux qui sont maires aujourd’hui. On ne peut pas essayer de changer les maires en place et puis leur dire ensuite « on vient travailler avec vous ». Il faut être dans la cohérence, ils ne peuvent bien évidemment pas participer à l’exécutif.

    le Logement

    Léo Purguette : Le logement était attribué à David Ytier, un Salonnais, à qui reviendra-t-il ? Pour mener quelle politique ?

    Comme dans tous les autres domaines, c’est un expert qui s’en occupera. Je suis président de l’établissement public foncier, dans cette région il faudra construire 30 000 logements par an pour satisfaire les demandes locales, on n’en produit que 18 000. Nous n’avons même plus de quoi loger nos enfants, il faut produire du logement, c’est mon avis. Pas n’importe comment. Des logements, oui. Dans le respect des maires, oui.

    Léo Purguette : On vous accuse d’avoir freiné la rénovation des copropriétés dégradées.

    L’établissement public foncier marche très bien, c’est une de mes fiertés personnelles. Cela fait 10 ans que j’en suis aux commandes. On travaillait avec 150 villes, c’est maintenant 300. On avait 1,4 milliard de budget, c’est 2,5 aujourd’hui. C’est un outil utile mais on l’a chargé. Au début on lui a dit de faire du logement social, puis du logement tout court, puis du développement économique et maintenant les copropriétés dégradées. Attention à ne pas charger la mule. On a trouvé un compromis avec l’État pour éviter de tirer vers le bas cet établissement avec une mission trop lourde pour lui.

    Salon-de-Provence

    Didier Gesualdi : Ce vendredi vous avez annoncé l’arrivée d’une grande enseigne à Salon, qu’est-ce que cela dit de votre ville ?

    C’est extraordinaire. C’est le reflet d’une ville qui avance et qui réussit. Decathlon qui ouvre un magasin en cœur de ville, c’est une reconnaissance pour le dynamisme de Salon. Nous avions déjà eu des locomotives remarquables comme la Fnac, Nature & Découvertes, et désormais parmi les 600 commerces de cœur de ville, nous compterons Decathlon, qui figure parmi les deux enseignes préférées des Français. Avoir un tel aspirateur à clients, ça va être énorme. Pour moi, le commerce de proximité est un bien sacré. Salon ne sera pas ce qu’elle est sans lui, c’est un art de vivre, un vivre ensemble. J’en suis très fier.

    le rapport à Marseille

    Didier Gesualdi : Benoît Payan s’estimait maltraité par la Métropole. Vous en pensez quoi ?

    Chacun interprétera ce mot comme il l’entend. Effectivement, on peut se demander s’il est bien légitime qu’un maire – quel qu’il soit – n’ait pas la possibilité de décider de la surface des terrasses dans sa ville. Dans la mienne, je les gère et j’entends bien continuer à le faire. Il n’est peut être pas normal que dans sa ville, le maire ne puisse pas décider des heures auxquelles passent le métro ou le tramway… On va remettre l’église au centre du village. Ce sont désormais les maires qui décideront chez eux ce qui est bon pour leur commune, parce qu’ils sont légitimes. Derrière les maires, il y a les habitants qui les ont choisi. Ceux qui portent la voix du peuple seront respectés, nous suivrons leur desiderata, avec le plus d’efficacité et de loyauté possibles.

    Léo Purguette : Il faut tout de même construire un exécutif métropolitain. Y aura-t-il des Marseillais ?

    Oui, il y aura des Marseillais parce que Marseille, c’est une grande ville et qu’elle mérite d’être respectée. L’idée c’est qu’il y ait des représentants de tous les territoires à l’origine de la création de la Métropole. Il y aura des petits, des gros, des gens de l’ouest, de l’est, des sans étiquette, des sensibilités différentes mais il y aura surtout, ce sera le maître-mot, des compétences. Personne ne peut avoir la prétention de maîtriser tous les domaines, mais les élus qui vont s’occuper de chaque domaine auront toutes les compétences pour le faire. Ce qui m’a fait plaisir, c’est que personne n’a dit « je veux X place » mais que tout le monde se demande qui est la meilleure candidature dans chaque domaine. Il y a beaucoup de talents vous verrez.

    Léo Purguette : Souhaitez-vous que le maire de Marseille lui-même participe à l’exécutif ?

    C’est à lui que revient la réponse à cette question mais pour que les choses soient clairement dites, oui je le souhaite. Pour autant, il a beaucoup de responsabilités, la deuxième ville de France à gérer. S’il est avec moi, comme le maire d’Aix et les grands maires du territoire, je crois que ce serait un joli signal. Après je comprends que les responsabilités quotidiennes ne sont pas les mêmes à Marseille ou Aix qu’à Lamanon, sans faire offense à quiconque.

    Didier Gesualdi : La présidence de la RTM reviendra-t-elle à un Marseillais ?

    C’est réglé. La question ne se pose même pas. Il y aura dans le conseil d’administration des représentants d’autres communes mais la RTM sert essentiellement à déplacer des Marseillais, c’est normal que ce soit un Marseillais qui pilote cette maison. Elle s’est posée par le passé, elle ne se posera plus parce que ces outils seront aux mains des maires qui en ont besoin. Idem pour le centre de formation des apprentis d’Aix. Idem pour les conseils de surveillance de chaque hôpital. Trouveriez-vous normal qu’à celui de Salon, les deux représentants de la Métropole soient le maire de Cadolive et celui de Peynier ? Moi je ne me mêlerai pas de la gestion de l’hôpital d’Aubagne ou de Martigues. C’est du bon sens. On va remettre tout ça en ordre.

    Didier Gesualdi : Toucherez-vous aux « attributions de compensation », utiles aux maires mais parfois au détriment de l’intérêt métropolitain ?

    On ne touchera jamais un euro des attributions de compensation. C’est l’intérêt d’avoir un maire qui soit président de la Métropole. Nous avons bâti nos budgets sur cette recette, si on nous l’enlève, ce sont des services publics en moins. Ce n’est pas possible.

    Léo Purguette : Et l’État ?

    Même s’il les a regretté, je pense qu’il a profité des fameuses chicayas dénoncées par le président de la République pour dire « on versera de l’argent quand vous vous serez mis d’accord ». Ça tombe bien : nous sommes d’accord. L’État va venir nous aider, aider ce territoire. Le nerf de la guerre c’est la mobilité, l’habitat, l’environnement, le développement économique. Nous avons deux millions d’habitants c’est autant que la Slovénie, c’est un pays ici !

    la question des lecteurs

    Chaque semaine posez vos questions à nos invités sur lamarseillaise.fr l’une d’entre elles sera tirée au sort comme celle de Diane :

    Bonjour, Monsieur Isnard, si vous êtes élu à la présidence de la Métropole, qui vous remplacera à votre fonction de Maire de Salon-de-Provence ?

    Personne, parce que c’est le plus beau mandat que je puisse avoir, être maire de sa ville c’est vraiment le mandat suprême que l’on puisse espérer. D’ailleurs, si je suis intéressé pour piloter la Métropole c’est parce que ce mandat est compatible avec la continuité de mon mandat de maire.

    Je pense d’ailleurs qu’il est essentiel que ce soit un maire, qui vit le quotidien de la Métropole, qui puisse la piloter. Je pense que c’est particulièrement complémentaire. Je resterai maire de Salon-de-Provence, cette ville à qui je dois tout, qui m’a fait. J’essaye au quotidien de lui rendre ce qu’elle m’a donné. Je pense qu’en étant président de la Métropole, je pourrai faire bénéficier cette institution de la vie quotidienne d’un maire pour en améliorer le fonctionnement au jour le jour.

  • Les contours du budget présentés au conseil

    Les contours du budget présentés au conseil

    Notre objectif est de maintenir la trajectoire financière rigoureuse qui est la nôtre. Nous souhaitons continuer dans ce chemin-là. Nous vous présenterons la clôture des comptes 2025 au mois de juin, déroule Dominique Augey. Deuxième caractéristique, ce sont des objectifs budgétaires de continuité de la politique que la Ville a menée pendant le précédent mandat et sur les engagements de campagne. » Si les délégations des adjoints n’ont pas été dévoilées lors du conseil municipal d’Aix, ce vendredi, l’ancienne adjointe aux finances et désormais deuxième adjointe au maire Sophie Joissains (UDI), a présenté le rapport d’orientation budgétaire.

    Le budget doit s’articuler autour de trois priorités. à commencer par la « préservation des Aixois » : pas d’augmentation de la taxe foncière, objectif de 150 policiers municipaux d’ici la fin de l’année, acquisition de 50 caméras piétons… La deuxième orientation vise l’amélioration du « cadre de vie ». Elle comprend l’achat de deux à quatre balayeuses en plus des douze déjà en service, le développement des espaces verts, l’investissement dans les pistes cyclables, ainsi que la rénovation thermique des écoles et de l’éclairage public, avec un objectif de 100% LED. Un volet santé intègre aussi cette orientation : « La Ville soutient de manière active les six maisons pluridisciplinaires de santé », poursuit Dominique Augey. La municipalité ambitionne aussi de renforcer son attractivité culturelle et sportive. Côté logement, « la construction de logements sociaux sera prolongée à hauteur de 900 logements par an ».

    Pas assez « offensif »

    Reste un troisième volet, « construire la ville de demain de manière harmonieuse et apaisée ». « On continue ce qui a été commencé : des opérations patrimoniales importantes, des rénovations et des aménagements, de la réhabilitation urbaine, de voiries… », déroule l’adjointe. Des objectifs à intégrer dans un contexte où « sur la conjoncture, on ne sait rien, tout est très compliqué en ce moment, l’incertitude est maximum ». Concernant les projets inscrits pour 2026, « on imagine une recette à hauteur de 166 millions d’euros et on sanctuarise un certain nombre de choses, comme les subventions aux associations », précise Dominique Augey. Pour 2026, l’investissement est estimé à 60 millions d’euros, le remboursement de la dette à 15,3 millions d’euros.

    « Ce budget est décevant. Il est très peu offensif au regard des attentes, y compris dans votre électorat, des besoins et des attentes des Aixois, critique Marc Pena (PS), qui mène le groupe d’opposition Aix Avenir. Apparemment, vous n’augmentez pas l’impôt, sauf qu’à partir du moment où la Métropole elle-même augmente ses impôts, elle le fait par rapport à ce qu’elle peut donner aux communes. C’est donc simplement un transfert d’argent. » Sophie Joissains rétorque : « On n’est pas dans la grande machination avec la Métropole. On n’augmente pas les impôts parce qu’on veut préserver le pouvoir d’achat. C’est une ligne politique très forte. »

    Cyrille Blint, qui siège aux côtés de Philippe Klein (Horizons), par ailleurs conseiller départemental, pointe : « Pour moi, ce qui ressort de ce ROB est le mot incertitude, qui n’est pas forcément lié au contexte international qui, de mon point de vue, sert un peu à noyer le lecteur. Ce sont les chiffres de la Ville qui sont plutôt inquiétants quand on revoit les arrêtés 2025 prévisionnels. » Face aux différentes remarques émanent des groupes d’opposition, Dominique Augey résume : « Notre posture est justement de se dire comment on va pouvoir faire aussi bien, voire mieux, avec les contraintes financières qui sont les nôtres. »

    En fin de conseil, pourtant, les élus du groupe de gauche Aix Avenir ne sont toujours pas convaincus. « Le budget ne répond pas aux attentes et aux réalités que nous avons rencontrées sur le terrain, estime Agnès Daures (DVG). L’argument de ne pas augmenter les taux d’imposition, quand on ne fait pas suffisamment de logement social, que le service public des transports n’est pas à la hauteur et que finalement ça coûte de l’argent aux gens de se loger… », difficile d’être convaincus, pour l’élue.

    Le budget définitif sera présenté le 27 avril en conseil.

  • Avec le RN, quelles subventions pour les associations à Six-Fours ?

    Avec le RN, quelles subventions pour les associations à Six-Fours ?

    Dans un communiqué adressé aux associations, le sulfureux maire (RN) de Six-Fours assure que tous les projets de ces dernières « seront maintenus et soutenus ». Mais entre les lignes, tout ne semble pas aussi limpide. Ainsi, la municipalité ajoute « continuer à soutenir des actions d’intérêt général ». Des termes empruntés à la proposition de contre-budget des députés RN à l’automne 2025, revendiquant 36 milliards d’euros d’économie, impliquant une baisse des « subventions aux associations ne relevant pas de l’intérêt général » de 3,2 milliards. Parmi elles, comme le révélait Libération, des coupes de 240 millions pour les associations d’aide au logement des personnes vulnérables, et de lutte contre la pauvreté, 234,5 millions pour celles liées aux politiques de la ville , et 140 millions pour les associations culturelles. « La répartition concrète des subventions attribuées aux associations » sera connue lors du conseil municipal, formulation tendancieuse utilisée par la mairie, qui laisse augurer de choix politiques à surveiller.

    Boccaletti ôte le drapeau de l’UE

    Comme nombre de maires RN, Frédéric Boccaletti a décidé de retirer le drapeau de l’UE de la façade de la mairie. Un choix ironique au vu de la propension du parti à (ab)user des aides européennes, que la gauche six-fournaise qualifie d’« acte idéologique malvenu » et de « pulsion nationaliste et souverainiste du repli sur soi ».

  • Coup de chaud à venir sur le budget au conseil municipal d’Aix

    Coup de chaud à venir sur le budget au conseil municipal d’Aix

    Après le conseil municipal d’installation, les élus de la majorité et de l’opposition, désormais officiellement élus, seront de nouveaux réunis en salle des États de Provence. Ce vendredi 3 avril, le deuxième conseil municipal du mois se tiendra en mairie, avec, à l’ordre du jour, 29 rapports.

    Surtout, cette séance permettra aux élus d’examiner le Rapport d’orientation budgétaire (ROB) et devrait dresser les priorités budgétaires de la majorité de Sophie Joissains (UDI). Dossier sur lequel les oppositions devraient intervenir. « Les orientations budgétaires ne changent pas, c’est les mêmes, nous allons répéter les mêmes choses : il y a des orientations, mais derrière, il n’y a pas de vraie politique, clairement définie, les orientations budgétaires permettent surtout de répondre aux urgences, aux besoins », commente Marc Pena, député PS des Bouches-du-Rhône, candidat aux élections et désormais à la tête du groupe d’opposition Aix Avenir. « Il permet aussi à la municipalité de rappeler son opinion, qui consiste à dire qu’elle n’augmente pas les impôts et qu’elle est très précautionneuse de son champ public… », résume-t-il.

    Diverses interventions

    « J’aurai l’occasion de montrer que les impôts augmentent autrement, notamment la part métropolitaine qui augmente puisqu’il y a une réversion commune importante au sein d’Aix-Marseille, telle qu’elle est aujourd’hui, poursuit Marc Pena. Au-delà de cela, il y a une nouvelle équipe, on pourrait penser qu’il y a des choses plus audacieuses proposées, mais ce n’est pas le cas. Je crains une chose, c’est la façon dont sera traité financièrement le monde associatif dans son ensemble. » Dans le même groupe d’opposition, David Tessier (PCF) indique que le groupe interviendrait sur les « baisses de dotations de l’état, qui empêchent les collectivités de fonctionner » et sont une « entrave au fonctionnement démocratique ». Les élus d’Aix Avenir devraient prendre également la parole sur le rapport annuel de la Ville en matière de développement durable (RAD), à l’ordre du jour. Idem pour Philippe Klein (Horizons), qui siège dans l’opposition aux côtés du conseiller départemental Cyrille Blint. « Nous n’interviendrons pas seulement sur le ROB mais aussi sur le RAD, il me paraît, sur de nombreux points, insuffisant et ne permet pas d’avoir une adaptation suffisante au changement climatique, ce sont des mesurettes là où il faudrait avoir une vraie prise de conscience sur l’incidence du changement climatique sur la vie des Aixois », indique l’élu. Aussi, vingt rapports de désignations des représentants du conseil municipal aux conseils de la ville, devraient occuper la seconde partie de la séance.

    Conseil municipal retransmis sur le site de la Ville dès 9h.

  • Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    Le Département de l’Hérault contraint de se serrer la ceinture

    « C’est la première fois que nous dépassons la barre des 2 milliards d’euros au budget primitif ». Prononcée en guise de conclusion de deux jours de débats cordiaux qui ont abouti, mardi 31 mars à Montpellier, au vote* du budget 2026 du Département de l’Hérault, la phrase de Kléber Mesquida (DVG) ne dit rien du casse-tête financier enduré.

    Si le président héraultais ne semble plus craindre une reprise en mains de la Chambre régionale des comptes, il est bien conscient que sa marge de manœuvre financière reste minime. Précisément de 33,8 millions d’euros (ME) au lieu de 68,7 l’an passé pour ce qui est de l’épargne brute. L’épargne nette est même négative (-19ME), au même niveau qu’en 2024. Pris dans « un effet de ciseau », le Département aux finances toujours précaires, ne sort pas encore de l’étau.

    Deux raisons essentielles l’expliquent. D’abord les dépenses sociales (949,2ME) pèsent mécaniquement chaque année plus lourd dans un territoire précaire. 280ME pour le RSA, 186,2ME pour l’Aide sociale à l’enfance (ASE), 185,1ME pour l’Allocation personnalisée d’autonomie (APA) et 106,4ME qui relèvent de la Prestation de compensation du handicap (PCH).

    « Chaque euro dépensé utile »

    Autant de dépenses sociales obligatoires qui sont loin d’être compensées « à l’euro près » comme promis par l’État qui transfère des compétences puis se désengage année après année. Résultat : un reste à charge colossal et en hausse (259ME en 2026 au lieu de 245,6ME l’an passé) : 110,7ME sur le RSA, 79,6 sur l’APA ou encore 68,7ME pour la PCH. « Ce qui nous plombe c’est le non respect de la parole de l’État », synthétise le vice-président aux finances, Cyril Meunier (DVG).

    Conséquence : si les dépenses d’investissement seront en légère hausse (181,6ME dont 102,2ME pour les travaux sur les routes et les domaines), l’effort reste minimaliste. Et K. Mesquida de prévenir : « On va passer une année 2026 à faire des économies, je resterai sur la même ligne, on ne peut pas avoir de dérive, on serait pénalisable ». Il faut dire qu’un emprunt d’équilibre de 61,7ME a dû être nécessaire pour équilibrer les comptes.

    Pas de quoi convaincre les élus d’opposition RN. « Je trouve ce budget trop optimiste sur les recettes avec un pari hasardeux sur la TVA et l’immobilier », critique le Biterrois Gilles Sacaze. La collectivité a pourtant joué la prudence avec 310ME de droits de mutation escomptés en recettes (+4,8% au lieu des +7% préconisés par l’État). Avec une dette qui pointe à 845,5ME (25 ans pour rembourser), l’opposante RN Marie Hirth dénonce « les subventions à certaines associations et les dépenses de com’ ». « Nous avons fait le maximum partout », lui assurera K. Mesquida. Avant que son 1er vice-président Renaud Calvat (PS) n’abonde. « Chaque dépense est au minimum utile voire indispensable aux habitants et aux communes ».

  • [Occitanie] Élections communautaires, les raisons d’un enjeu majeur

    [Occitanie] Élections communautaires, les raisons d’un enjeu majeur

    Parce que les citoyens n’y participent pas directement à l’instar des sénatoriales, elles sont souvent ignorées voire minimisées. Et pourtant… Dans la foulée des municipales, l’élection des présidents des intercommunalités est un moment essentiel pour l’avenir des territoires, peut-être même davantage que le scrutin municipal à proprement parler.

    Les maires dépossédés

    Plusieurs raisons l’expliquent. Tout d’abord, la force de frappe. Comparées aux Villes, les communautés de communes, d’agglomération ou de Métropole jouissent de budgets de loin supérieurs. En 2025 : 1,82 milliard d’euros pour la Métropole de Montpellier au lieu de 753 millions d’euros pour la seule Ville de Montpellier. L’écart est encore plus parlant dans les petites intercommunalités. En outre, ces dernières récupèrent une part importante de la fiscalité des Communes : Cotisation foncière des entreprises (CFE), Cotisation sur la valeur ajoutée des entreprises (CVAE), Taxe sur les surfaces commerciales, Taxe d’enlèvement des ordures ménagères (Teom)…

    Des recettes perçues en échange des compétences exercées par les intercommunalités qui surclassent là encore les Communes. C’est d’autant plus vrai depuis que la loi NOTRe (2015) a renforcé leurs domaines d’intervention. Ainsi les intercommunalités ont-elles la main sur les politiques majeures de transports publics, de gestion des déchets, d’eau et d’assainissement, de développement économique ou de transition écologique. Autre exemple particulièrement parlant : l’urbanisme. Si chaque maire délivre toujours l’acte administratif du permis de construire, séparément ils ne sont plus directement à la baguette pour planifier les constructions à l’échelle communautaire. Via le Plan local d’urbanisme intercommunal (Plui), c’est l’intercommunalité qui construit les grands schémas directeurs, fixe les zones constructibles, la part de logements sociaux ou d’accession aidée. Il en va de même pour le prix de l’eau et des transports, l’installation d’entreprises…

    Ainsi l’essentiel du pouvoir de décision est-il désormais dans les intercommunalités. « Le maire pèse surtout sur la vie quotidienne, grossièrement la bordure de trottoir qui a son importance, la police municipale, les équipements publics. Mais les maires ne font pas les lois », nous résumait il y a quelques semaines, le politologue Michel Crespy. Les présidents d’Agglos ou de Métropole ne sont pas davantage législateurs mais ce sont eux qui impulsent leur vision du territoire. Ce ne sont pas des dictateurs pour autant puisqu’ils sont élus par les maires et conseillers municipaux siégeant à l’intercommunalité. Mais leurs prérogatives élargies expliquent que les élections communautaires donnent lieu à d’intenses tractations politiques en coulisses.

  • À Digne, profs, élèves et syndicats sont unis

    À Digne, profs, élèves et syndicats sont unis

    « éducation au rabais = démocratie en danger », « laissez nos profs en paix », « laissez-nous nos options et nos spé »… De nombreux élèves se sont mobilisés aux côtés de leurs professeurs, jeudi, devant leurs établissements, puis devant la DSDEN (Direction des services départementaux de l’Éducation nationale), à Digne-les-Bains. Ils s’inquiètent des suppressions de classes, d’heures de cours, de postes d’enseignants et d’options ou de spécialités, dans le département.

    Devant le lycée Alexandra-David-Néel de Digne-les-Bains, particulièrement mobilisé car largement touché par ces coupes budgétaires, Alexandra, 17 ans, craint que la suppression de sa spécialité audiovisuel. « C’est la grande spécificité de notre lycée, les options et les spés artistiques. C’est pas possible de les supprimer ! », déplore-t-elle, en train de préparer des pancartes pour la manifestation, sur fond musical. « Ils veulent augmenter les effectifs de classes à 35 élèves, surtout pour les sections STMG (sciences et technologies du management et de la gestion), alors que, pour avoir une classe qui est déjà à 35, c’est horrible ! »

    « Éducation négligée, lycées énervés »

    Elena, 15 ans, est venue devant son lycée pour soutenir ses professeurs. « Notre classe est menacée, on a déjà du mal à se concentrer avec 25 élèves, et c’est compliqué pour les professeurs de nous aider chacun à notre tour. Alors 35, ça risque d’être énorme », craint-elle. Sur les pancartes préparées par les lycéens et leurs enseignants devant l’établissement, on peut lire : « 35 élèves pour 30m2, on appelle ça un élevage intensif », « éducation négligée, lycéens énervés », « le nouveau budget gros flop »… « On aurait décroché depuis longtemps si on était 35 », affirment Anaé et Alexia, 17 ans, en classe de STMG, dont les effectifs vont augmenter.

    À l’intérieur du lycée, les nombreux professeurs mobilisés se réunissent avant de prendre la route vers la DSDEN en fin de matinée. « Jusqu’à maintenant, on avait 9 heures d’option EPS, on a même eu jusqu’à 12 heures. Et là, on nous supprime 3 heures. Cela veut dire qu’un groupe va sauter alors qu’on a 79 inscrits. Il y en a forcément qui vont rester sur le carreau et arrêter l’option », regrette Aline Marteau, professeure d’EPS au lycée Alexandra-David-Néel. « On a un collègue qui vient faire un complément de service. Ce collègue risque de sauter », ajoute-t-elle.

    « On doit faire des compromis pour que l’édifice ne s’écroule pas », constate Julie Ruffe Raimon, professeure d’arts plastiques. « Mais là, ça s’écroule », lui répond Aline Marteau. Le convoi d’Alexandra David-Néel a rejoint plusieurs autres établissements mobilisés devant la DSDEN. « C’est un département qui se soulève », lance Lionel Lasfargues, secrétaire du Snes-FSU 04, rappelant qu’il manque « 44 classes supplémentaires pour être dans la moyenne européenne » dans le département : « Pour l’instant, on est les derniers d’Europe. Cette année, ils attaquent l’éducation prioritaire. Le collège Jean-Giono à Manosque perd deux classes. »

  • La majorité se forme, l’opposition se défait à Port-de-Bouc

    La majorité se forme, l’opposition se défait à Port-de-Bouc

    Après la séance d’installation, qui a eu lieu dimanche, le premier conseil municipal port-de-boucain a été express. Neuf questions étaient à l’ordre du jour, ce mardi 24 mars, parmi lesquelles l’élection des représentants au sein du conseil d’administration du centre communal d’action sociale, l’élection des membres de la commission de délégation de service public et de concession ou encore la fixation des taux des indemnités de fonction attribuées au maire et aux adjoints.

    Laurent Belsola (PCF) percevra 67,6% du taux maximal, soit 2 778,71 euros brut. Quant à ses neuf adjoints, ils seront indemnisés à hauteur de 28,6% du taux maximal, soit 1 175,61 euros brut. « Ça fait quatre mandats que je suis là et qu’on vote cette même délibération, rappelle le maire. Nous sommes dans un parti politique où nous reversons. Nous ne sommes pas là pour nous enrichir, mais pour servir nos concitoyens. »

    Autre fait marquant de ce conseil : les démissions supplémentaires dans le groupe d’opposition de Pascal Spanu, le candidat divers droite soutenu par le RPR de Franck Allisio. Cinq nouvelles défections s’ajoutent aux quatre précédentes, alors que trois élus siégeaient ce soir. « C’est la première fois qu’on voit l’opposition ne pas assister au conseil d’installation, réagit Laurent Belsola. Ils ont perdu, mais ils représentent 30% de la population quand même. Je comprends que la défaite est amère, mais c’est la démocratie. »

    Des formations en interne

    À la sortie de la séance, qui aura duré à peine plus d’une demi-heure, le benjamin de la majorité, Samuel Lozano, revient sur cette première expérience : « Je me suis bien senti, on est une bonne équipe de 28, on est très soudés. » À 19 ans, le Port-de-Boucain n’est pas démuni face aux délibérations grâce aux bases administratives qu’il acquiert dans le cadre de ses études de droit. L’encadrement de l’équipe municipale finit de le rassurer : « On est bien accompagnés par des personnes compétentes. On nous donne de la documentation à lire, etc. »

    En ce début de mandat, la majorité profite des réunions de groupe pour faire de la formation interne. Ce mardi soir, les élus avaient par exemple une session sur leur rôle, leurs droits, leurs devoirs et l’intérêt général. Un responsable explique : « L’idée, c’est de s’appuyer sur les techniciens de la Ville et l’expérience des élus qui sont repartis pour dégrossir la chose publique. »

    « Ces réunions sont précieuses pour les nouveaux comme moi, affirme Samuel Lozano. Je ne maîtrise pas tous les domaines et je pense que, quand on est élu, surtout dans les petites villes, il faut être le plus polyvalent possible. Il faut pouvoir répondre aux habitants sur l’urbanisme comme la citoyenneté, la jeunesse ou la culture. »

    La prochaine formation aura pour objet le budget, en prévision de la prochaine séance de conseil municipal du 8 avril lors de laquelle aura lieu le débat d’orientation budgétaire.

  • Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    Géographie de la crise des périls, contrastes et contrariétés à Marseille

    L’universitaire émérite Élisabeth Dorier, géographe au laboratoire Population Environnement Développement (LPED) d’Aix-Marseille Université, investigue depuis le drame de la rue d’Aubagne l’ingénierie complexe de la mise en sécurité des immeubles marseillais qui, depuis 2020, s’est considérablement renforcée et structurée.

    1 638 adresses en péril

    Selon les bilans de la Ville dont « plus de transparence est souhaitée » selon la géographe, 2 343 arrêtés de péril ont été pris entre novembre 2018 et septembre 2025. Le rythme annuel reste soutenu avec 250 nouvelles adresses depuis 2021 et 287 sur l’année 2025. La cartographie des 1 638 adresses en péril retenues (hors explosion de Tivoli, incendies, murs de soutènement, etc.) met en exergue les zones avoisinant le drame de la rue d’Aubagne, mais aussi l’héritage de périls anciens depuis 2014, traités alors par le mépris. Mais aussi ceux issus du regain d’attention et de l’action volontariste portés sur les 4 îlots prioritaires de la SPLA-IN (Société publique locale d’aménagement d’intérêt national) et les opérations en Orcod-IN (Opération de requalification des copropriétés dégradées d’intérêt national) sur déjà 4 des 17 copropriétés privées dégradées qui vont d’ailleurs générer de « nouveaux chassé-croisé de délogés ».

    « La municipalité n’a pas toutes les clés en main, analyse Élisabeth Dorier. Benoît Payan reste tributaire de politiques partenariales largement pilotées et financées par l’État et la Métropole. On l’a mesuré avec l’hostilité de Martine Vassal à l’encadrement des loyers, les freins mis à l’extension du permis de louer qui se réduit, sur la carte, à de petites tâches à la Belle de Mai et Hoche-Versailles. » La cartographie des arrêtés de mise en sécurité en procédure urgente correspond aussi « aux périmètres d’actions planifiés et notamment d’Euromed et à ses marges », observe la chercheuse, critique pour affirmer que « l’urgence est souvent mise au service de grands projets et là, je considère qu’il y a un dévoiement de l’urgence car beaucoup de ces immeubles dégradés étaient identifiés de longue date ».

    Évacuations en baisse

    Globalement, le nombre d’arrêtés de mise en sécurité pris en procédure urgente baisse et parmi eux, seuls les cas graves (70%) entraînent des évacuations. « D’un côté, il y a la volonté d’éviter la violence sociale d’évacuations traumatisantes en un quart d’heure en oubliant les lunettes et le chat. De l’autre, il y a l’argument du coût des évacuations car 80% des ménages sont relogés par la Ville. Les propriétaires privés collaborent peu au relogement de leurs locataires », observe-t-elle. Ce qui oblige ensuite la Ville à se lancer dans le recouvrement des frais d’hébergement avancés.

    Les mainlevées

    Les arrêtés de mainlevée progressent, ce qui est la traduction d’un traitement pérenne des situations. Les sorties de péril ont concerné 251 immeubles en 2025 et 220 en 2024, contre seulement 79 en 2021. Mais le stock d’adresses à suivre a augmenté avec plus de nouvelles procédures lancées que de procédures clôturées. La purge de l’immobilier indigne se poursuit.

    Relogements définitifs

    C’est un point de tension certain. Entre 2018 et 2025, 3 498 ménages, soit 7 776 personnes, ont été évacués. On estime à 25% le nombre de personnes ayant échappé à ce décompte officiel lors de la période folle 2018-2019. En tout, 454 ménages ont bénéficié d’un relogement définitif ailleurs qu’à l’adresse évacuée, à 92% en logement social, soit environ 12% des évacués. Dans cette part déjà congrue de relogés définitifs sont intégrés les 75 ménages du périmètre du haut de la rue d’Aubagne, relogés sous l’ancienne municipalité dans du social diffus et ceux dès 2019 des immeubles neutralisés par déclarations d’utilité publique.

    « Ce faible taux interroge la production de logements sociaux et exige un changement de braquet de la Métropole », alerte Élisabeth Dorier, qui est aussi membre du Comité de suivi de la Charte du Relogement. « Les relogements définitifs concernent surtout des évacués d’immeubles tellement délabrés ou de propriétaires tellement peu coopérants (travaux pas démarrés ou qui s’éternisent) qu’ils ont été placés sous maîtrise publique pour être rénovés », observe l’universitaire.

    « Les relogements définitifs butent sur les carences en logements sociaux dans les arrondissements centraux – où il y a pourtant de nombreux logements vacants ou utilisés en location saisonnière – et sur le fait que la quasi-totalité des logements sociaux marseillais sont concentrés dans les mêmes quartiers. » Autre frein, « le manque de solidarité métropolitaine et interarrondissements. Les pires carences en logements sociaux ne concernent pas la Ville de Marseille qui n’a pas la main. La Ville s’est engagée à fond dans le suivi des signalements, les missions de diagnostic et de placement sous arrêté de péril et elle se retrouve à devoir gérer l’hébergement provisoire de ménages que les propriétaires n’assurent pas, alors qu’ils ont été à la hauteur pour percevoir les loyers. La marge de manœuvre de la Ville en relogement est très faible car la Métropole n’est pas à la hauteur de ses prétentions. L’insuffisance de la production métropolitaine en logement social et les très forts déséquilibres sur son territoire sont criants », démontre Élisabeth Dorier.

    De guerre lasse, des évacués sortent d’eux-mêmes du dispositif pour se reloger par leurs propres moyens. En 2025, on compte une vingtaine de départs volontaires, mais aussi, selon la Ville, 61 ménages qui refuse de réintégrer le logement d’origine après mainlevée du péril. « Ce qu’on voit aussi tendanciellement, c’est l’éloignement au fil du temps du lieu de relogement. »

    Travaux d’office

    La municipalité a ouvert une autorisation de programme de 48 millions d’euros de travaux d’office, en novembre 2020. Sous Gaudin, le budget s’était perdu en études et conseils avec seulement 168 000 euros consacrés en 2018… En 2024, 40 chantiers ont été achevés, qui avaient mobilisé 3,9 millions d’euros aux frais avancés des propriétaires défaillants, contre 4,2 millions en 2023. Huit chantiers ont été achevés en 2025, cinq nouveaux ouverts au dernier trimestre dernier. 23 immeubles sont encore pris en charge.

  • À Saint-Martin-de-Crau, Tania Teixier veut baisser la taxe foncière des Cravens

    À Saint-Martin-de-Crau, Tania Teixier veut baisser la taxe foncière des Cravens

    Tania Teixier assure que c’est possible, « puisque les finances de la Ville sont très saines ». La candidate, qui porte une liste sans étiquette face à la maire sortante Séverine Dellanegra, annonce qu’en cas de victoire, elle baissera le taux de taxe foncière. « C’est le seul levier que nous avons pour redonner du pouvoir d’achat aux habitants, et vraiment, on a tous des problèmes à ce niveau-là », affirme la fille de l’ancien maire.

    Aujourd’hui, cette taxe s’élève à 41,41%. À titre de comparaison, pour des communes qui font sensiblement la même taille, elle est de 41,55% à Fos-sur-Mer, 48,65% à Port-de-Bouc et 44,02% à Berre-l’Étang. « Je ne veux pas m’avancer sur des chiffres, mais la baisse sera effective dès notre arrivée », affirme-t-elle.

    « On a une épargne de gestion et une capacité de désendettement qui sont au vert. Mais au-delà de ça, on fera des économies de marge. Je vais baisser les indemnités des élus, revenir à l’indemnité du maire précédent, c’est-à-dire la diminuer de plus de 21%. »

    Tania Teixier veut aussi réduire le budget de communication de la municipalité et réduire la consommation énergétique des bâtiments communaux. Sur ce dernier point, la candidate assure : « Ça va arriver assez rapidement, on pourra avoir des subventions à hauteur de 80% puisque la transition écologique est mise en avant est fait partie des critères premiers du Département comme de la Région, mais on va aussi réorganiser notre gestion de ces bâtiments communaux, ils vont être moins utilisés que ce qu’ils le sont actuellement. » Cette mutualisation se fera « sans pénaliser personne », promet-elle.