Tag: budget

  • La majorité de Port-de-Bouc confiante dans son budget

    La majorité de Port-de-Bouc confiante dans son budget

    « Il y a bien deux projets différents », assure Akrem M’Hamdi à l’adresse de l’opposition au moment de débattre du budget primitif lors du conseil municipal de ce mardi soir.

    L’adjoint (PCF) aux finances a présenté un projet de budget 2026 reposant sur 34 millions d’euros de dépenses de fonctionnement. Quant aux dépenses d’investissement, chiffrées à 13 millions d’euros, l’adjoint présente des « dépenses d’équipements publics », notamment pour « la nouvelle base nautique, le confort thermique de la médiathèque et du théâtre, et pour finir le projet seanergies », à l’automne.

    Mais il y a un écueil. « 11,24 millions d’euros de recettes viennent de la Métropole. Un seul million en moins et c’est l’asphyxie », alerte l’adjoint. L’opposante Véronique Martinez, élue sur la liste d’extrême droite de Pascal Spanu (RPR), estime que « ces chiffres doivent être redéfinis » au regard de « la baisse de 26% des aides aux communes du Département dans le budget voté le 14 avril ». Et considère « imprudent de voter pour 9 millions d’euros de recettes d’investissement sans anticiper, alors qu’il n’y a aucune certitude sur les aides de la Métropole ou du Département », plaide l’élue.

    Le maire (PCF) Laurent Belsola oppose à ces objections le fait qu’il s’agit d’un budget prévisionnel, « il y a toujours des recettes et dépenses pas prévues ». « Le président de la Métropole [Nicolas Isnard, Ndlr.] pourtant LR, a engagé le bras de fer pour dire “ça suffit” et pour répondre à tous les besoins de la population. Nous, on avance dans notre façon de faire », assure l’édile.

    Akrem M’Hamdi développe : « On voit bien 2 projets différents. Ce que vous appelez la responsabilité, c’est dépenser moins et fragiliser des gens déjà fragiles. Notre logique est avant tout de rechercher des recettes et, en fonction et en responsabilité, de développer nos projets. Évidemment qu’on se battra pour nos dotations. 9 millions d’euros d’investissement n’est pas exceptionnel, on est déjà monté à 13 millions. Nous sommes dans un étau austéritaire mais pour le moment nos finances nous sourient », affirme l’élu.

    Excédent ou pas ?

    Mais la confiance n’est pas de mise pour l’opposition, du moins sur le plan budgétaire. Lors de la présentation du compte financier unique 2025, l’adjoint aux finances vantait une « structure financière très solide » reposant sur un résultat cumulé de 334 000 euros. Mais Véronique Martinez ne le voit pas ainsi : « Le fonctionnement et l’investissement sont en réalité déficitaires, et le budget ne devient excédentaire que grâce au reste à réaliser », selon l’élue. « Le relevé d’orientation budgétaire présentait une différence de 6,7 millions en dépenses de fonctionnement, et presque deux millions de recettes. Je m’en remets au contrôle budgétaire préfectoral », annonce l’opposante.

    À cela, Akrem M’Hamdi enjoint à « faire preuve d’honnêteté » arguant que « ce n’est pas un bilan annuel, comme dans une entreprise. Nous sommes bien excédentaires ». Avec la majorité, l’élu prend simplement acte de cette initiative.

  • La Métropole place l’état face à « ses responsabilités »

    La Métropole place l’état face à « ses responsabilités »

    C’est avec trois quarts d’heures de retard que la très attendue séance du conseil métropolitain a démarré. Et elle a duré presque autant. Une séance express ponctuée de quelques délibérations consacrées à des nominations dans différents organismes, puis les élus d’Aix-Marseille Provence ont fait ce qu’ils avaient acté une semaine plus tôt en conférence des maires : ils n’ont pas voté le budget 2026. Les délibérations sur le budget principal et les budgets annexes ont été retirés de l’ordre du jour, avec l’accord des 92 maires, toutes tendances confondues. Le résultat d’un bras de fer engagé avec l’état face aux difficultés financières et au déficit de 123 millions pour 2026, sur un budget de 4,8 milliards en 2025.

    « Les choix faits à Paris »

    « Il a été décidé de transmettre ce budget insoutenable aux services de l’État, à la Chambre régionale des comptes (CRC) d’abord, au Préfet ensuite, pour qu’ils trouvent le moyen de l’équilibrer », explique le président Nicolas Isnard (LR), maire de Salon. Une décision « forte et inédite », « de responsabilité et de courage » souligne-t-il : « On ne peut pas couper constamment les aides allouées aux territoires sans qu’il y ait de la casse. Ça servira à l’ensemble des territoires, communes et intercommunalités du pays. L’État doit comprendre que dans les prochaines lois de finances, nos territoires devront être traités différemment. »

    Dans le viseur, la baisse des dotations à la collectivité chiffrée à 120 millions en deux ans, dont 70 millions actés le 19 février, et qui s’accompagne de la hausse des coûts de fonctionnement liés aux infrastructures de transports avec le Plan Marseille en grand. Avant d’entrer dans l’hémicycle, le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, assumait de provoquer « un électrochoc ». « L’État ne nous a pas crus quand nous avons dit que nous ne présenterions pas de budget », réagissait ce dernier après la séance lors de laquelle seule la Dotation de solidarité communale (66 millions répartis entre les 92 communes) a été votée. C’est sur cette base que la CRC travaillera en lien avec les services métropolitains au projet de budget. Elle aura un mois pour rendre un avis au Préfet qui devrait arrêter sa décision courant juin. Deux pistes se dessinent : toucher aux attributions de compensation des communes et augmenter la fiscalité.

    « Je suis content et impatient de voir l’État faire l’exercice avec nous, qu’il se rende compte au local de la conséquence des choix faits à Paris. Les baisses de dotations mènent mécaniquement à des hausses d’impôts massives, un transfert d’impopularité fiscale qu’il va voir de ses propres yeux », assume David Ytier, vice-président délégué aux finances. « L’État va se rendre compte qu’équilibrer un budget avec les décisions prises à Paris n’est plus tenable. Sauf si on remet une carte dans le jeu qui s’appelle le versement mobilité. »

    « Choc fiscal » à venir

    Les élus métropolitains avaient lancé la semaine passée un appel solennel à l’État, réclamant notamment le déplafonnement de cette taxe payée par les entreprises. Son augmentation de 1% rapporterait 200 millions dans les caisses de la Métropole souligne le maire de Marseille. « On est là pour défendre nos habitants et nos communes, on n’est pas là pour combler les trous de l’État qui décide d’exonérer de taxes certaines grandes entreprises et des actionnaires qui gagnent de plus en plus… Il faut qu’ils puissent aussi contribuer au budget de l’État. Ce n’est pas simplement au contribuable de boucher les trous de l’État », insiste Benoît Payan.

    L’intercommunalité a de son côté élaboré un « plan d’économie d’urgence » d’un peu plus de 30 millions d’euros qui permettra d’atténuer le « choc fiscal » à venir en 2026 et 2027, a rappelé Nicolas Isnard. Plusieurs pistes d’économies évoquées sont loin de faire consensus, que ce soit la hausse de la fiscalité, la baisse des subventions aux associations ou l’augmentation des tarifs des transports. Le président a d’ailleurs annoncé des Assises sur le financement des mobilités métropolitaines à la rentrée, « pour faire émerger des pistes pour un financement équitable et pérenne du réseau de transports dans les années à venir ».

    Vice-présidents

    Pierre Huguet : Amélioration du cadre de vie (voirie, propreté); Sophie Joissains : Conférence des Maires, Concertation territoriale, Relations avec les institutions extérieures; Gaby Charroux : Industrie, réindustrialisation et industries créatives; Robin Pretot : Eau et Assainissement, Pluvial; Georges Cristiani : Proximité, maisons de la Métropole, Projet Métropolitain; Olivia Fortin : Emploi, Insertion, Économie Sociale et Solidaire; Pascal Montecot : Aménagement, Planification et Commande publique; Arnaud Drouot : Relations Internationales, Tourisme et Attractivité; Alexandre Doriol : Ressources Humaines et relations sociales; Capucine Edou : Transition écologique, Protection environnement, Lutte contre les pollutions et GEMAPI Marseille; David Ytier : Budget, Finances, Stratégie Fiscale, Maîtrise de la dépense publique et pilotage des satellites; Pascaline Lecorché : Enseignement supérieur, Formation professionnelle, Recherche et Fonds Européens; Frédéric Vigouroux : Mobilités, Mobilités durables, Transports et Projet « Quartier Gare Saint-Charles », LNPCA; Laurent Simon : Énergie et Transition énergétique; Serge Perottino : Relations usagers service public de gestion des déchets – Collecte des déchets; Eric Garcin : Agriculture, Viticulture – Alimentation et circuits courts; Anne Reybaud-Decroix : Traitement et Valorisation des déchets – Ruralité; Jean‑Pascal Gournes : Développement économique, relations entreprises et au monde économique, artisanat et Commerce; Martial Alvarez : logement, habitat et cohésion sociale; Maxime Marchand : Mer, Littoral, Ports.

    Conseillers délégués

    Lionel De Cala : Patrimoine et Politique immobilière, foncier économique; Joël Canicave : Stratégie financière et Contractualisation, Contrôle de gestion; Kayané Bianco Roatta : Jeunesse, Sports, CJM; Daniel Gagnon : Culture, équipements culturels; Michel Iillac : Gestion du trait de côte, Relations avec les usagers du nautisme, Activités nautiques; Audrey Garino : Logement insalubre et politique de la ville; Arnaud Mercier : Métropole numérique, politique publique de la donnée, Relations usagers des services numériques et téléservices mis à disposition des habitants; Hedi Ramdane : Propreté Marseille; Véronique Miquelly : Égalité Hommes/Femmes, Lutte contre les Discriminations et Inégalités; Loïc Gachon : Grand cycle de l’eau, GEMAPI hors Marseille, Étang de Berre; Philippe Ardhuin : Forêts et paysages, espaces naturels et biodiversité, archéologie.

    Lettres de mission

    Hervé Granier : Sécurité/Erp, Sidérurgie, pétrochimie, aéronautique; Pascal Chauvin : Infrastructures, parcs et aires de stationnement, pistes cyclables; Michel Boulan : Équipements Sportifs

    Philippe Charrin : Risques majeurs; Samia Ghali : Anru – Rénovation Urbaine; Michèle Rubirola : Handicap, Santé, Recherche Médicale, Économie de la Santé; Grégory Allione : Relations avec le Parlement européen.

  • Séquence budgétaire dans l’hémicycle Bargemon

    Séquence budgétaire dans l’hémicycle Bargemon

    Dans un contexte économique et institutionnel tendu, marqué par l’inflation persistante, les incertitudes sur les dotations de l’État, ce budget primitif 2026 entend affirmer une trajectoire de continuité et d’engagement. Il s’élève à près de 2,16 milliards d’euros, dont 1,58 en fonctionnement et 582 millions en investissement.

    Les recettes de fonctionnement progressent modérément (+2,7%), portées notamment par les produits des services municipaux et une fiscalité à taux constants. La Dotation globale de fonctionnement atteint 248,9 millions, en légère hausse, mais la Ville alerte sur un effet de ciseaux à moyen terme lié à l’évolution des critères de richesse.

    Côté dépenses, l’effort est assumé sur les priorités du mandat. Les charges de personnel (841 millions, +5,7%) traduisent la poursuite du rattrapage des effectifs, notamment pour la police municipale et les services de proximité. L’éducation reste la boussole municipale, avec des moyens renforcés pour les écoles, la restauration scolaire et la petite enfance. La Ville confirme aussi ses engagements en matière de sécurité, de logement et de lutte contre l’habitat indigne.

    Protéger, investir, préparer

    L’investissement demeure à un niveau élevé (473 millions), orienté en priorité vers les écoles et crèches (près de 59 millions), le logement et la rénovation urbaine (48 millions), la transition écologique, la sécurité et les équipements sportifs. La dette consolidée poursuit sa baisse par rapport à 2020, malgré un recours à l’emprunt d’équilibre de 277 millions.

    En dépit d’un cadre national contraint, la majorité municipale revendique un budget « qui protège, qui investit et qui prépare l’avenir », en maintenant les services publics et les politiques de justice sociale au cœur de l’action municipale.

    La séance abordera aussi le Plan Écoles, avec des acquisitions foncières et des ajustements financiers, ainsi que des mesures éducatives : dotations par élève, carte scolaire, aides à la Caisse des écoles. Côté cadre de vie, les élus sont appelés à se prononcer sur les taxes publicité et nettoiement et des travaux (stades, patrimoine municipal, immeubles communaux). La culture et la vie associative ne sont pas en reste, avec des conventions d’expositions, des restaurations d’œuvres et des subventions urgentes. Enfin, plusieurs délibérations concernent le logement social, la mer et le littoral.

  • À Digne-les-Bains, le maire fait voter un budget qui n’est « pas le sien »

    À Digne-les-Bains, le maire fait voter un budget qui n’est « pas le sien »

    « On a dû assumer un budget qui n’est pas le nôtre », a répondu le nouveau maire (SE) de Digne-les-Bains à l’opposition qui l’interrogeait sur « le manque de vision politique » du budget mis au vote par ses soins. Le budget voté « reflète la reconduction technique de ce qu’il faut pour que la commune vive », a précisé Julien di Benedetto, affirmant que le budget 2027 « sera le premier vrai budget » de sa municipalité.

    Le nouveau maire a par ailleurs alerté sur la situation financière difficile de la ville préfecture. « La commune ne va pas se désendetter », « nos marges de manœuvre sont nulles », a-t-il prévenu. Il a ainsi dit miser sur les subventions, notamment de l’État, pour réussir à mener des projets pour la commune. Julien di Benedetto a par ailleurs annoncé sa volonté de candidater à la présidence du conseil de surveillance de l’hôpital de Digne, qui vient de subir une réorganisation, alors que les médecins se font rares dans le département et que les difficultés de recrutement sont importantes.

    Un nouvel organigramme

    Le maire a également fait voter une augmentation des subventions à l’association de commerçants Cœur de ville, « parfaitement assumée ». « La commune compte sur eux et ils peuvent compter sur la commune », a affirmé Julien di Benedetto.

    Le nouveau maire a par ailleurs proposé au conseil municipal la création d’un poste de collaborateur de cabinet, ce que l’opposition a déploré. « Nous ne pouvons comprendre la logique de création de ce poste », a lancé Nadia Tsalamlal. « Dans le contexte des contraintes financières importantes, ça va être difficile », a abondé Marie-Claude Paire. Le maire a défendu un « collaborateur essentiel du maire et du conseil municipal », « indispensable pour fonctionner correctement ». « Il y a des économies à faire sur d’autres postes », a-t-il ajouté, précisant que son équipe travaillait sur « un nouvel organigramme ». Le maire de Digne a par ailleurs tenu sa promesse de ne pas augmenter le taux de fiscalité en 2026, et a promis de le faire baisser à partir de 2029.

    L’opposition s’est plainte de ne pas être suffisamment représentée dans les commissions. Le maire leur a répondu que la majorité était largement représentée car « les commissions correspondaient aux délégations des adjoints ». Julien di Benedetto a par ailleurs annoncé « le passage à deux heures de stationnement gratuit dans les parkings de la commune, effectif dès le 1er juillet ».

  • À La Ciotat, un bilan comptable qui fait polémique

    À La Ciotat, un bilan comptable qui fait polémique

    Après plus d’une heure et demie consacrée à l’élection des représentants de la Ville au sein de la commission d’appel d’offres, de la commission de délégation du service public, de la commission consultative des services publics locaux et du conseil d’administration du centre communal d’action sociale, ayant fait fuir le public le moins résiliant, le conseil municipal de la Ciotat, qui avait lieu lundi à la salle Paul-Eluard, a enfin pu entamer les débats. Un des points de crispation : l’adoption du compte financier unique (CFU). Après une longue présentation chiffrée par l’adjoint aux finances Eric Runfola, actant de la bonne santé financière de la commune, c’est en premier lieu Hervé Itrac, seul élu de son groupe Rassemblons-nous pour la Ciotat (extrême droite), qui a remis en cause la qualité du bilan comptable. De quoi mettre en rogne Bernard Deflesselles, ex-député et conseiller municipal de la majorité : « Pas d’augmentation d’impôt, réduction de la dette et pas de recours exceptionnel à l’emprunt… Et vous osez suggérer que “La Ville tient debout”. Je vous renvoie à vos études, définitivement ! », s’est-il agacé. Karim Ghendouf, élu d’opposition (PCF), qui s’est, lui aussi, aux côtés de sa colistière Mariann Chrétien, prononcé contre l’adoption du CFU, a également justifié son vote : « Vous soulignez le faible recours à l’emprunt de la municipalité, mais c’est aussi parce que peu d’investissements ont été réalisés, a-t-il noté. Vous parlez de la rénovation de l’école Louis-Marin. C’est une réussite, en effet. Mais 5 ans pour rénover une école, c’est trop long. » Et d’ajouter : « À propos de l’investissement en termes de sécurité, vous vous êtes concentrés sur deux choses : la mise en place de caméras de surveillance et la police municipale. Nous aurions aimé que les questions de prévention soient prises en compte (…) et rappelons que la sécurité est une fonction régalienne. »

    Les réponses de La Ciotat Shipyards saluées

    Également abordé lors de cette longue séance : le rapport faisant suite aux observations définitives de la Chambre régionale des comptes (CRC), élaboré par La Ciotat Shipyards (LCS), société publique gérant le chantier naval. Pour rappel, la Chambre avait, en 2024, épinglé La Ciotat Shipyards, pointant de nombreux problèmes de gestion. Parmi eux : le recours à des cabinets externes, avec trois cas de conflits d’intérêts lors de la construction de la plateforme Atlas ou encore la rémunération d’un directeur général pendant un an après avoir été déchu de ses fonctions. LCS avait, en fin d’année 2025, répondu aux magistrats dans un « rapport des suites », jugé ce lundi « clair » et « argumenté » par Karim Ghendouf. « Je veux redire tout notre attachement au modèle de gouvernance actuel de La Ciotat-Shipyards. Il s’agit d’une société publique locale qui a démontré l’efficacité de l’investissement public pour le développement économique de commune. Il faut être extrêmement attentif aux décisions politiques à caractère libéral qui peuvent nous handicaper de manière très impactante. » Un point de vue en « grande partie » partagé par le maire de la Ville, Alexandre Doriol (DVD).

  • Sans promesses sur l’avenir, la Métropole lance sa fronde

    Sans promesses sur l’avenir, la Métropole lance sa fronde

    Au moment d’inscrire leur vote ce mardi après-midi sur leur pupitre numérique, les 238 conseillers de la Métropole Aix-Marseille-Provence vont s’engager sur un chemin inédit. Selon toute probabilité, comme l’ont maintenu le président (LR) de l’institution Nicolas Isnard et le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan, après avoir rencontré Sébastien Lecornu ce jeudi (notre édition du 24/04), ceux-ci devraient, pour la première fois de la brève histoire métropolitaine, refuser de voter les budgets qui leur sont présentés.

    « On arrive au bout de l’exercice, nous faisons face à la même muraille, constate le vice-président (LR) aux finances, David Ytier, dix jours après avoir alerté lors du débat d’orientations budgétaires sur les 123 millions d’euros manquants pour boucler le budget. Nous constatons deux choses : nous ne sommes pas en capacité de dégager une majorité pour voter des coupes massives dans les dépenses et des hausses massives des taxes, et de l’autre côté, l’État n’a pas réellement avancé, sauf à tendre l’oreille. » Interpellé par la presse en marge du comité de pilotage national consacré au logement à Marseille, le Premier ministre reconnaissait une copie « dure pour les intercommunalités » mais sans s’engager à débloquer de nouveaux leviers de financement, et en particulier le déplafonnement du versement mobilité payé par les entreprises, afin d’atteindre le niveau de l’Île-de-France. Ce qui aurait permis de financer le fonctionnement des nouvelles infrastructures du plan Marseille en grand. « Cela nous aurait envoyé un message, bouclez votre budget 2026 dans la douleur mais on vous donne un remède pour 2027 », déplore le vice-président.

    Alors les conseillers métropolitains devraient aller jusqu’au bout du bras de fer en refusant de voter le budget. Un geste déjà réalisé par le Département de Seine-Saint-Denis, en 2010, auquel il manquait 75 millions d’euros pour boucler le budget. « Et l’État avait commencé à créer de nouveaux fonds de dotations », rappelle David Ytier, soulignant la rareté d’un tel geste unanime.

    « L’État n’a pas payé ce qu’il devait payer, il doit investir dans la deuxième Métropole de France pour qu’elle soit à la hauteur d’enjeux européens, voire mondiaux. Nous avons des transports qui ne sont pas à la hauteur de Paris », appuie ainsi le maire (PCF) du Rove Paul Sabatino, qui devrait prendre la tête d’un groupe communistes et apparentés au sein d’un inter-groupe plus large de la gauche métropolitaine, tandis que se constituent plusieurs groupes à droite de l’hémicycle.

    Equation intenable

    S’il insiste sur le déplafonnement du versement mobilité et salue la méthode métropolitaine, il tient aussi à défendre la gratuité des transports dont la chambre de commerce et d’industrie veut la peau en échange d’une augmentation des taxes payées par le patronat. « Ce n’est pas une dépense, c’est un investissement pour la planète, pour la liberté de se déplacer », argumente-t-il.

    Pour la Métropole, l’absence de budget lancera une procédure où la chambre régionale des comptes et la préfecture devraient reprendre la main (notre édition du 23/04), avec pour principale contrainte l’impossibilité de voter tout nouvel investissement. « Nous n’allons pas considérer que nous sommes déchargés, qu’ils doivent se débrouiller, nous allons coopérer avec l’État, nous aurons des propositions à leur soumettre », s’engage David Ytier. Qui répète que les attributions de compensations, l’argent reversé par la Métropole aux communes sur la base de l’ancienne taxe professionnelle, ne peuvent pas être touchées. « Nous avons travaillé avec des juristes, ce sont des dépenses obligatoires », confirme-t-il. Surtout, il pointe les marges d’actions plus restreintes qu’attendues. « Pendant une semaine, on nous a dit de puiser dans nos excédents, il a fallu une réunion au plus haut sommet pour qu’ils conviennent qu’on n’a pas de fonds de roulement », soupire l’argentier. Et d‘espérer : « Cette procédure aura une vertu, l’État va se rendre compte que l’équation est intenable, sauf à activer des leviers supplémentaires. »

  • Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Montpellier, une hausse d’impôts à la Métropole ?

    Dix jours après le débat d’orientation budgétaire (DOB) de la Ville de Montpellier, place à celui de la Métropole, ce 21 avril, pour les 102 élus communautaires. Dans un contexte budgétaire dégradé, le vice-président délégué aux Finances a annoncé la couleur. « La situation financière des collectivités n’est pas facile, ici comme ailleurs. Cela nous impose une gestion extrêmement précise et rigoureuse pour que chaque euro dépensé le soit utilement », fait valoir Renaud Calvat, également maire PS de Jacou.

    En effet, la collectivité socialiste va devoir composer avec moins de recettes de l’État, notamment via la Dotation globale de fonctionnement (DGF). « Depuis 12 ans, nous sommes la métropole qui touche la DGF par habitant la plus basse de France. Par exemple, Lille touche 167 euros tandis que nous en avons 85. Nous ne demandons pas d’être au même niveau, mais d’avoir la même moyenne nationale, ce qui nous permettrait de récupérer 20 millions d’euros », précise Renaud Calvat. Le président Michaël Delafosse ira d’ailleurs à Paris le 4 mai afin de négocier avec Bercy à ce sujet. Autre difficulté, l’augmentation des ponctions de l’État de 12,4 millions d’euros.

    Le budget prévisionnel de 2026 est donc moins ambitieux que celui de la précédente mandature. Notamment en termes de dépenses d’équipement, revues à la baisse. « Entre 2020 et 2024, le budget équipement dépassait les 400 millions d’euros. Ça, c’est fini, notamment car une grande partie des travaux a été réalisée. Nous mettrons 371 millions d’euros, ce qui permettra de financer la fin de la ligne 5, le début des bustrams, l’achat de matériel, etc. 30 millions seront investis sur l’espace public et la voirie [dans le cadre du plan de marchabilité, Ndlr] », énumère Renaud Calvat. Les recettes de fonctionnement envisagées progressent de 7% pour s’établir à 813 millions d’euros, tout comme les dépenses, qui elles, augmentent de 5% (709 millions d’euros). Des orientations qui ne convainquent pas l’opposition. « Dans ce contexte de crise, on attend des orientations pour les régies publiques de manière à garantir les services publics communaux pour couvrir les besoins essentiels de l’existence, d’engager la planification écologique en refusant notamment d’accorder des permis pour des activités polluantes », soutient Nathalie Oziol, élue LFI.

    Cruel dilemme

    Toute la question pour la majorité est de savoir comment maintenir le même niveau de services publics dans l’une des métropoles les plus intégrées de l’Hexagone, possédant notamment 15 médiathèques et autant de piscines « Nous dépensons 1 055 euros par an et par habitant alors que la moyenne des métropoles s’élève à 595 euros », poursuit Renaud Calvat. Deux pistes de réflexion sont envisagées. Tout d’abord, une baisse des investissements. « Notre trajectoire est celle d’être une Métropole qui investit 200 millions d’euros pour financer les projets », promet Michaël Delafosse. Ce qui permettra de baisser le niveau de la dette. Surtout, le socialiste prévoit d’augmenter la fiscalité foncière intercommunale, qui devrait passer de 0,16 à 5,8%. « Il y a trois choix. Soit on demande un effort aux communes, certaines seraient dans des situations compliquées, ce que nous refusons au nom de la solidarité. Soit on ferme des services publics, s’il y a des volontaires, qu’ils lèvent le doigt », développe Michaël Delafosse. Reste donc, selon le président, la hausse d’impôt intercommunal. Le vote est prévu le 28 avril.

  • À Arles, l’opposition rejette un budget jugé trop fragile

    À Arles, l’opposition rejette un budget jugé trop fragile

    Un mois après le second tour des élections municipales, la présentation du budget primitif 2026 figurait à l’ordre du jour du conseil municipal d’Arles. Une séance fleuve, marquée par l’examen de 82 délibérations, pour plusieurs heures de discussions.

    Le budget présenté par l’adjointe aux finances, Sylvie Petetin, s’articule en deux volets. Le premier porte sur le compte financier unique 2025 de la Ville, qui affiche 158 millions d’euros de recettes pour 144 millions de dépenses, soit un excédent de 14 millions d’euros. Celui-ci résulte du report d’excédents des années précédentes, d’une participation exceptionnelle de l’État et d’un recours à l’emprunt plus faible que prévu au cours des deux dernières années.

    Une épargne à 1,12 %

    Pour 2026, l’adjointe a présenté un budget de 170,73 millions d’euros, à l’équilibre entre recettes et dépenses, dont la charge principale demeure la masse salariale. Un élément soulevé par l’opposition hors gauche. « La masse salariale était de 5 millions d’euros en 2020, contre 62,5 millions en 2026, soit près de 60% des dépenses », pointe Jean‑Michel Jalabert, ancien premier adjoint (DVC) du maire Patrick De Carolis (Horizons). « J’avais donné l’alerte sur le sujet. Ce budget donne l’illusion de solidité, pour combien de temps encore avec une épargne ridicule ? », tance l’élu. « Je trouve ça fort de votre part sachant que j’ai alerté depuis 2021 sur les DRH qu’on laissait filer », rétorque Sylvie Petetin. « Qui a porté les négociations pour le passage aux 1 607 h ? Cherchons le responsable et on trouvera la lumière », souffle le maire, accusateur.

    À gauche, le budget est perçu comme « une continuité claire » des « certitudes dictées plus par la communication que par le quotidien des Arlésiens », selon Jean-Frédéric Déjean (PCF). « Vous avez choisi de réduire la dette sans toucher aux investissements ou la fiscalité, en augmentant le tarif du service public, pendant que la moitié des investissements sont financés par ce qui était autrefois du fonctionnement », analyse l’élu communiste, qui parle d’« impact sur la propreté, l’entretien des espaces publics et de qualité des services ».

    La 1ère adjointe, Mandy Graillon (DVD), se dit « étonnée » d’une « hypothétique baisse de service ou d’augmentation d’investissement en dépit du service aux habitants (…) Citez-nous des exemples ! Nous avons augmenté les places en crèche, les subventions au CCAS, triplé les subventions aux centres sociaux, fermé aucun service, seulement maintenu ou étendu des services ».

    En définitive, le budget a été adopté sans les voix de l’opposition, qui pointe un manque de solidité, notamment au regard d’une épargne jugée « extrêmement faible, à 1,12% », relevée par Jean-Michel Jalabert. Un indicateur qui constitue le « cœur de la solidité d’une commune », selon Jean-Frédéric Déjean. « Nous sommes précautionneux avec un fonds de roulement de 90 jours et des prévisions en dessous du réel », assume Sylvia Petetin.

    Les délégations

    Mandy Graillon, 1ère adjointe à la démocratie de proximité, relations aux usagers, sécurité, prévention de la délinquance, traditions

    Cyril Juglaret, 2e adjoint délégué à l’activité, transports, mobilités

    Claire de Causans, 3e adjointe délégué à la culture, patrimoine, vie associative

    Pierre Raviol, 4e adjoint délégué à la gestion des risques, l’hydraulique, l’irrigation, Rhône

    Sylvie Petetin, 5e adjointe aux finances, fonds européens, urbanisme, foncier

    Sylvère Bastien, 6e adjoint à l’éducation, écoles, enseignement supérieur

    Claire Mailhan, 9e adjointe à la transition écologique, espaces naturels, agriculture, aménagement du territoire, Gageron, Gimeaux.

    Antoine Parra, 10e adjoint à la voirie, éclairage public, bâtiments communaux, Plan-du-Bourg

    Ilham Bouaroua, 11e adjointe à la jeunesse, centres de loisirs, vie étudiante, Bariol

    Gérard Quaix, 12e adjoint à la police rurale et Raphèle

    Martine Gournes, 13e adjointe au social, solidarités, logement CCAS

  • Finances de la Métropole et Smart City au menu des débats

    Finances de la Métropole et Smart City au menu des débats

    Ce jeudi, Sandrine Zunino, élue aux finances, a présenté un bilan financier 2025 qui « démontre que les efforts fournis dès le début de mandat produisent leurs effets ». Pour 2026, le budget présenté, qui s’élève à 84,646 millions d’euros, a été « construit dans un contexte difficile, une habitude pour nous depuis 2020 (…). Nous avons tenu grâce à une gestion rigoureuse », concluait, en fin de conseil, le maire Hervé Granier. Pas d’augmentation d’impôts non plus, et des « efforts nécessaires » pour « amortir l’inflation ». Sur le budget primitif 2026 du budget principal, « il s’équilibre à 35,875 millions d’euros en section d’investissement et à 48,770 millions d’euros en section de fonctionnement ». De quoi faire réagir, notamment à gauche au sein du groupe mené par Jean-Marc La Piana.

    Les inquiétudes ont notamment porté sur les aides attribuées par la Métropole, en déficit de 123 millions d’euros, et sur la menace de plusieurs maires de ne pas voter le prochain budget (nos éditions des 21 et 22 avril). « ça pourrait avoir des conséquences lourdes pour notre commune. Le Département prévoit aussi de réduire d’un tiers son aide aux communes, ce qui aura un impact sur nos capacités d’investissement. Quels seront les impacts concrets sur les projets d’investissement de notre ville ? », interroge Jimmy Bessaih (DVG). « Nous n’avons pas de dispositif de subvention d’investissement de la Métropole, à part le fond concours, qui permet de prolonger les délais et permettait de disposer de subvention d’investissement pour les projets des communes. Il y a une prolongation de dates pour que l’on puisse finaliser et justifier nos opérations, veut rassurer Sandrine Zunino. Pour le Département, les dossiers sont de plus en plus exigeants (…). Jusqu’à présent, on n’a pas été impactés sur nos dossiers. »

    Un autre sujet épineux s’est invité dans les débats : celui de la Smart City. Lancé en 2021, le projet évalué à près de 40 millions d’euros a été abandonné fin 2022. La résiliation du marché a donné lieu à des contentieux. « Les provisions pour risques sont établies à 143 000 euros. On persiste à penser qu’avec les recours contentieux autour de la Ville, notamment celui de la Smart City, cela nous semble assez bas », estime Marion Robert (DVG).

    Provisions

    « Je retourne la question : à combien la fixez-vous ?, lance Arnaud Mazille, troisième adjoint. En ne se fondant pas sur les demandes folkloriques, faramineuses et infondées qui ont bonne voix dans la presse, mais ne sont en rien justifiées et dépassent le montant initial du marché ? » « Il aurait fallu provisionner au moins un quart du budget. L’entreprise demande 40 millions de dommages et intérêts, il est logique de mettre un quart de ces provisions en place. C’est ce que la Cour des comptes (CRC) demande », insiste Bruno Priouré (RN), document de la CRC brandi à l’appui. À noter que le montant spécifiquement provisionné pour ce contentieux s’élève à 10 000 euros. « Il existe beaucoup de voies de recours, mais il y en a une qu’on n’a pas encore invitée, c’est celle contre la bêtise, sinon, vous passeriez du temps dans les prétoires, rétorque Arnaud Mazille. La provision est évaluée au regard des éléments du dossier, que nous avons à jour, de risques qui sont regardés par les services et conseils de la ville. Déjà trois décisions ont été rendues dans l’intérêt de la commune. »

  • Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Des rames du tramway vont partir en révision à Albi

    Une première est partie par camion la semaine dernière de son entrepôt, direction Albi… Selon un planning bien défini pour ne pas impacter le service, les 32 rames Bombardier « Flexity » du tramway marseillais vont être révisées de fond en comble pour une opération de révision à « mi vie » indique la RTM. Une maintenance prévue dans le cadre réglementaire de leur cycle de circulation mais qui « va bien au-delà » précise la régie.

    Ce contrôle poussé doit intervenir tous les 900 000 kilomètres parcourus. La première rame jouera « un rôle de prototype » explique-t-on, avec une durée d’immobilisation estimée à 9,7 mois et un retour attendu en début d’année prochaine. De quoi réduire les délais progressivement pour les rames suivantes « avec 5,6 mois pour la deuxième, 4 mois pour la troisième, puis 3 mois pour la quatrième ». Une fois le processus industrialisé, « le rythme se stabilisera autour de 2,5 mois par rame ».

    Le but : offrir aux usagers « un réseau plus fiable, plus confortable et plus moderne », avec « moins de pannes et plus de régularité » et harmoniser avec les rames du constructeur espagnol CAF qui circulent depuis janvier sur la ligne T3 étendue jusqu’à La Gaye.

    Un design et une technologie harmonisés

    Concrètement, le système d’aide à l’exploitation sera aligné. Le système ECB (Équipement concentrateur bus), qui permet au tramway de communiquer avec le centre de contrôle et de garantir le bon fonctionnement des équipements embarqués, la supervision et la sécurité du service, sera remplacé par un modèle de génération plus récente. Les systèmes d’information voyageurs, la sonorisation et les « girouettes », entendre les panneaux qui affichent la destination de la rame à l’extérieur, seront aussi modernisés.

    À l’intérieur des rames, le design et les équipements vont être repris avec le remplacement des revêtements de sol et l’adaptation des mains courantes. Un éclairage LED « plus agréable » sera installé.

    Le chantier va être finalisé pour les 26 rames de première génération, mises en service en 2007, d’ici décembre 2028. L’ensemble des 32 rames devrait être traité à l’horizon juillet 2029, prenant en compte les 6 rames de deuxième génération, mises en service en 2011. Le marché d’un montant de 25 millions d’euros sur une durée de six ans, a été remporté en décembre 2025 par ACC-M, entreprise clermontoise spécialisée dans la restauration ferroviaire, qui a ouvert un site de plus de 2 000 mètres carrés à Albi l’an dernier.

    Côté projet, une deuxième phase d’extension de la ligne T3 est prévue pour la prolonger au nord vers Saint-Louis et le lycée Saint-Exupéry, une ligne de la rue de Rome à la place du 4-Septembre évoquée avant les élections municipales de mars. Mais avec les difficultés financières de la métropole Aix-Marseille-Provence, autorité organisatrice des transports, la donne pourrait changer. Le président de la collectivité alertait ce mercredi 15 avril sur un budget non finançable et appelait le gouvernement à débloquer le taux du versement mobilité.