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  • Pour faire vivre la démocratie participative à Toulon

    Pour faire vivre la démocratie participative à Toulon

    Pour ne pas résumer la démocratie municipale aux seules échéances électorales et aux débats en séance du conseil municipal avec l’opposition, réduite ici maintenant à l’extrême droite, la Ville prend le parti de réactiver ses conseils de secteur et de les doter d’un budget participatif. À charge aux habitants, associations et commerçants qui siégeront dans ses instances avec les élus de se faire force de proposition.

    « Je veux impliquer très concrètement les Toulonnais dans la vie de la cité », explique Josée Massi.

    En tout cinq conseils de secteur de 4 collèges de 5 membres chacun avec outre les élus, des représentants des habitants, des associations et des commerçants qui vont être désignés par tirage au sort le 28 septembre. L’appel à candidature est lancé depuis lundi (jusqu’au 22 septembre) et des urnes disposées dans les mairies annexes recueillent les formulaires d’inscription. La démarche est également sur le site internet de la Ville.

    « Le message que l’on adresse aujourd’hui aux habitants est très simple. Votre quartier compte, votre parole compte, et nous allons vous le démontrer par des actes », ajoute la première magistrate. Et de poursuivre : « Vous connaissez par cœur, ma méthode : écouter, concerter, décider. Donc, j’ai envie de dire aux habitants, engagez-vous ! »

    « L’objectif, c’est de faire monter les idées et les propositions de celles et ceux qui connaissent leur quartier au quotidien », confirme l’adjointe au maire à la Démocratie de proximité, Corinne Jouve.

    Les Toulonnais invités

    à s’engager

    Et d’insister sur « le budget participatif [qui] est une première à Toulon ». Et qui change tout puisque contrairement aux Comités d’intérêts locaux (CIL) qui recueillent essentiellement les doléances des habitants pour les transmettre à la ville, il s’agit ici de construire collectivement des projets. Même si la Ville garde la main décisionnelle, elle s’engage à motiver le cas échéant ses refus.

    Aux représentants de laisser s’exprimer leur imagination et leur créativité pour l’intérêt général. Que ce soit pour installer, une table de jeu d’échecs dans un parc, la création d’un jardin partagé, d’une fresque pour les plus classiques voire des projets beaucoup plus ambitieux.

    Les élus qui vont présider ces conseils de secteurs sont Brigitte Genetelli pour le Nord-ouest, Jean-Charles Brochot pour le Nord-est, Hélène Audibert pour le centre-ville et Saint-Jean du Var, Ali Khalfaoui pour les quartiers Ouest et Albert Tanguy pour ceux du Sud.

    Voilà, reste plus qu’à oser et rêver sa ville et son quartier comme les minots le font pour leurs écoles lorsqu’ils y sont invités.

    Une nouvelle respiration démocratique permettant de confronter les points de vue et de chercher ensemble des solutions. De faire de la politique en somme.

  • À Aix, les clubs sportifs gardent le cap malgré les incertitudes

    À Aix, les clubs sportifs gardent le cap malgré les incertitudes

    « C’est pour qui l’inscription, pour le loulou ? » « Il est déjà prêt et en tenue ! », lance une mère dans la file d’attente du stand des Golgoths 13. Parmi les centaines de chapiteaux blancs installés sur la pelouse du complexe sportif du Val de l’Arc, où se tenait ce samedi 5 septembre la 27e édition du Salon des sports, réunissant le public et les associations sportives de la ville, le club aixois de basket enregistre les inscriptions et présente ses calendriers. « Il y a une corrélation entre la fréquentation des clubs et les derniers JO, observe Max, directeur sportif des Golgoths 13. Il y a un impact sur le nombre d’inscrits. C’est le cas notamment pour le club de basket. »

    Un peu plus loin, l’association du Club handisport aixois interpelle les passants, flyers étalés sur la table. « Je dois dire que notre club se porte bien ! On est l’un des meilleurs clubs français en natation et en tennis de table, on est plutôt bien soutenus, estime Azzedine Mzouri, directeur sportif. Au niveau du Département, de la Région, la Ville, on n’est pas mal lotis. Même si l’on sait que ça va aller de pire en pire. Il va falloir qu’on compense, qu’on essaie de voir. »

    273 structures

    Pour l’instant, l’heure est surtout à la promotion des valeurs « de partage », conclut le sportif. Au club d’Escrime Pays d’Aix (EPA), on estime « que le cas est différent, on est un sport de niche », décrit Camille Leprince, président de l’EPA. Il ajoute : « On survit aux modes passagères, c’est là, c’est ancré. On a un savoir-faire exceptionnel. »

    Entre deux visites de stands, Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix, qui a inauguré l’événement, rappelle les distinctions obtenues par la ville, le label Terre de Jeux 2024 et le titre de Ville européenne du sport 2024 : « C’est très important d’être regardé de cette manière-là, parce que ça attire évidemment les subventions – les temps sont complexes et le seront encore plus demain – mais c’est aussi une fierté pour tout le monde associatif que la ville soit qualifiée de cette manière. » L’élue qualifie Aix de « ville d’excellence sportive ». Hervé Liberman, adjoint aux sports, met en avant « l’engouement » pour la pratique du sport dans la capitale de Provence : 273 clubs sportifs, pour 60 disciplines et 35 000 licenciés, un chiffre « qu’on maintient ». La Ville indique consacrer aux associations sportives un budget de 3,2 millions d’euros en fonctionnement et de 810 000 euros en investissement. Sur le terrain du Salon étaient aussi présents des élus de l’opposition municipale de gauche, dont le député Marc Pena (PS). Ils appellent « la mairie à rouvrir une Maison des associations ».

  • [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    [Entretien] Anne Fraïsse, Université Paul-Valéry : « L’État nous demande de faire le sale travail »

    La Marseillaise : La plupart des universités sont dans le rouge. Quid de Paul Valéry ?

    Anne Fraïsse : Nous sommes l’une des universités les plus touchées, qui a toujours été en sous-encadrement et sous-détachement. Nos ministères se refusent à remettre en question nos critères de distribution. L’argent public est distribué de façon totalement obscure. Je ne sais pas si c’est du mépris mais il y a toujours eu une évaluation selon laquelle les diplômes de lettres et sciences humaines mais aussi droit, économie/gestion valent moins et donc sont moins financés. Là, sans aide de l’État notre fonds de roulement sera négatif en décembre. On n’a aucune marge de manœuvre et on prendra dans des économies qu’on n’a pas ! Surtout on n’a aucune possibilité de redresser la situation par nous-mêmes. On n’a plus d’investissement et un fonctionnement incompressible : je ne peux pas arrêter l’électricité ni le chauffage. Les seules économies possibles seraient sur la masse salariale mais on est déjà sous-encadrés. Le passage au statut d’Établissement public expérimental (EPE) en 2025 ne nous a pas ramené un sou. L’an passé notre budget s’élevait à 140 millions pour 107 millions de dotation de l’État. Il en manque chaque année une dizaine. L’État ne prend pas en charge la hausse des salaires. C’est le problème de l’autonomie des universités : il se décharge et nous demande de faire le sale travail.

    Les syndicats dénoncent une « cure d’austérité » pour équilibrer les comptes…

    A.F. : Chez nous, on se bat pour qu’il n’y ait pas de licenciement. Des CDD non renouvelés il peut y avoir puisque par définition un CDD a un début et une fin. Pour l’instant j’essaye de boucler un budget en demandant de l’argent à l’État. On est dans un établissement en sous-encadrement (jusqu’à -40% d’enseignants-chercheurs dans certains départements de l’université) et où le nombre d’étudiants continue de monter. On n’a jamais eu autant d’étudiants en Licence Master Doctorat : 22 929 l’an dernier. On a explosé nos capacités d’accueil en Licence 1. On a donc pris plus d’étudiants que nos capacités d’accueil dans les filières en tension. Cette année, on a mis des freins mais on en aura autant. Là, en juillet, on avait déjà 15 500 inscrits. Le premier jour on en a inscrit plus de 1 000 et maintenant 300 par jour. On est déjà au-dessus de l’an dernier.

    Pensez-vous avoir des étudiants sans affectation en Master ?

    A.F. : On en a toujours en psychologie. C’est un problème national grave. On n’arrive pas à en prendre avec 15 de moyenne. C’est de l’ordre de quelques dizaines mais c’est trop et anormal. Dans les autres filières c’est marginal, on arrive à peu près à les caser. Et jusque-là on n’a jamais eu de « sans fac » en Licence 1. Par contre, pour certains, ce n’est pas leur premier vœu. Je déplore qu’avec Parcoursup on nous ait demandé de créer des places en Licence avant de nous retirer les chèques pour les Masters.

    Continuez-vous à proposer des quotas d’exonération sur les frais d’inscription des étudiants étrangers ?

    A.F. : Depuis plusieurs années on appliquait déjà les frais différenciés d’une façon particulière. Tous les étudiants étrangers (environ 20% des étudiants de Paul Valéry) étaient dispensés tant qu’ils réussissaient. Ne payaient que ceux en échec. On ne pouvait pas faire autrement, on dépassait déjà les 10% d’exonération permis. Désormais, on est obligés d’appliquer les droits différenciés tels qu’on nous les impose. Tous les étudiants déjà chez nous restent sur l’ancien système. Pour les entrants, on a une marge de 30%. Mais la fenêtre de tir va se refermer au fil des ans… Pour les étudiants français, rien ne bouge. Les frais sont fixés par l’État, ils payent quelques centaines d’euros. Mais on voit bien avec la conclusion des Assises qu’ils veulent augmenter les frais d’inscription. Je le déplore évidemment.

    C’est parce que l’enseignement supérieur coûte trop cher selon l’État ?

    A.F. : C’est un désengagement des services publics. Ça a commencé avec les hôpitaux, maintenant il s’attaque à l’éducation et l’enseignement supérieur. Ce sont de mauvaises économies. C’est s’attaquer à des choses vitales. Et on s’aperçoit que c’est vital quand c’est mis à mal ou lorsque cela disparaît comme les Postes dans les villages. Quand une école ferme, on se rend compte que c’est un peu le village qui disparaît. Le service public est un peu plus que ce que l’on croit. C’est un supplément d’âme dont on n’a pas envie de se passer. Le service public c’est ce que l’État juge indispensable de ne pas déléguer, en particulier au privé. C’est le fondement de la démocratie, le garant de la cohésion sociale. Quand on abandonne cela, on entre dans une crise de démocratie et on bascule dans des extrêmes avec des solutions peu intéressantes.

    Vous avez écrit à Emmanuel Macron. La conséquence a été une inspection et un rapport de l’IGESR qui a alerté sur les risques psychosociaux et la souffrance au travail à Paul-Valéry. Était-ce la réponse que vous attendiez ?

    A.F. : C’était la réponse que j’étais sûre qu’on me ferait, pas celle que je souhaitais. Une réponse bureaucratique plutôt qu’humaine. Quand on vous explique que chaque fois qu’il y a un accident, un décès, un suicide, il faut faire une enquête administrative… Moi, la première chose à laquelle je pense dans ces cas-là, c’est d’aller à l’enterrement de mes collègues. C’est une vision un peu différente. Depuis que j’ai lancé cette alerte, on a eu 3 morts de titulaires. Cela fait 6 ans que je dis que ces statistiques sont anormales et qu’elles deviennent la norme de mon université. Toutes les préconisations du rapport, on va les faire. Mais qu’on m’explique qu’il faut dédouaner l’État et qu’on ne peut faire aucun lien avec les conditions de travail… Que je vais régler le problème en donnant des fiches de mission à mes directeurs d’UFR, je doute. Même si notre structuration n’est sans doute pas parfaite. La question n’est pas là. Les enquêteurs répondent à la demande du ministère, pas à l’alerte que j’ai lancée.

    Avez-vous des leviers sur la question centrale du logement étudiant ?

    A.F. : Non, on n’a aucun levier de ce type. On ne peut pas conventionner avec des locataires privés. On alerte le Crous qui est l’un de ceux qui ont le plus grand parc. On a pu aussi créer la cité internationale à Boutonnet. Mais c’est insuffisant. Les milieux modestes et ruraux sont désavantagés pour faire des études. Le fossé se creuse. Ce sujet majeur devrait s’inviter dans la campagne présidentielle.

    ET AUSSI

    Partenariat polémique à l’UM

    Du côté de l’Université de Montpellier, le partenariat signé le 11 juin entre l’UM et Total Énergies fait polémique. Dès septembre, le groupe pétrolier doit prendre en charge les coûts pédagogiques et des visites de sites industriels de 80 étudiants du Master Énergie (62h30 de cours par des salariés et retraités de la multinationale).

    Au-delà des pratiques de greenwashing reprochées à Total Énergies, les syndicats enseignants et étudiants dénoncent une « immixtion du secteur privé dans le service public », craignant « un contrôle de fait sur les contenus pédagogiques et l’évaluation des étudiants ». Des actions de blocage avaient été menées suite à l’annonce de l’accord.

    R.C.

  • À Montpellier, Luttopia poursuit la collecte de fonds pour son futur projet

    À Montpellier, Luttopia poursuit la collecte de fonds pour son futur projet

    En proie à de grosses difficultés financières qui l’ont poussée à interrompre ses actions d’accueil de jour (fin avril) et de maraude (fin juin), Luttopia a décidé de jeter les forces qui lui restent dans la construction d’un nouveau projet qui s’ancrerait, celui-là, dans la durée.

    En effet, la maison de l’avenue de Toulouse mise à disposition par la Ville depuis 2022 dans le cadre d’une convention d’occupation d’habitat intercalaire fait l’objet d’un projet d’urbanisme qui nécessite que l’association quitte rapidement les lieux. « La mairie a prolongé de 3 mois, jusqu’au 31 décembre, notre convention d’occupation pour avoir le temps de travailler, ensemble, à la recherche d’un nouveau lieu. Cette fois on part plutôt sur du temps long, dans la perspective de déménager dans un lieu pérenne, avec une situation d’occupation qui se rapprocherait fortement de l’accès à la propriété », explique la directrice de Luttopia, Gwen Lasne. Cela permettrait à l’association d’être officiellement labellisée « accueil de jour » et de décrocher les subventions qui l’accompagnent, ce dont la privait son statut actuel dans l’habitat intercalaire. « Avec un nouveau lieu pérenne qu’on mettrait aux normes ERP (établissement recevant du public) et PMR (personnes à mobilité réduite), on pourrait prétendre à ces agréments qui permettraient d’asseoir nos principes d’action et de multiplier nos sources de financement. »

    « Un gros élan

    de solidarité »

    Pour assurer son avenir, l’association a lancé, dès la mi-avril, une collecte en ligne* qui a récolté plus de 20 000 euros versés par 262 contributeurs. Des soirées de soutien, baptisées « Nuit de l’utopie », sont également organisées, depuis cet été, dans les locaux de l’association, 88 bis, avenue de Toulouse. La première, le 1er août, fut un succès. La seconde a lieu ce 4 septembre, de 18h à minuit (prix libre conseillé : 5 euros). Au programme : musique (jam, open mic), expositions, friperie, tombola, buvette… « Il y a un gros élan de solidarité », se félicite Gwen Lasne.

    Toutefois, souligne-t-elle, la société civile, seule, ne permettra pas de lever les fonds suffisants au futur projet de Luttopia dans un contexte de désengagement de plus en plus grand de l’État vis-à-vis des associations menant, notamment, des missions sociales. « Il faut réfléchir à d’autres modèles. Pour porter ce genre de projet, on va donc devoir également trouver des mécènes, des gros financeurs privés, entreprises ou fondations, qui, eux, pourraient s’engager à des niveaux un peu différents puisqu’on serait sur un budget prévisionnel à plus de 200 000 euros si on veut faire les choses correctement. » Ce nouveau projet aurait toutes les fonctionnalités d’un accueil de jour : hygiène corporelle, hygiène du linge, repas, café, permanences sociales, occupationnel, vestiboutique… « Mais ce serait également l’équivalent d’un tiers lieu, c’est-à-dire un endroit où tout le monde pourrait venir se poser autour d’un café. On pourrait aussi avoir des espaces interassociatifs pour permettre des réunions, des ateliers, et même imaginer la création d’une véritable activité économique pour Luttopia, avec des ateliers d’artistes par exemple, ou du réemploi », liste la directrice de l’association.

    Lorsqu’il a dû fermer fin avril, l’accueil de jour de Luttopia n’avait jamais été aussi fréquenté. « À raison de 2 jours par semaine, on est passé du simple au double : en 2022-2023 on recevait autour de 15-20 personnes par jour, en 2024 on est monté à une trentaine et de fin 2025 à la fermeture fin avril 2026, on est passé à une moyenne de 48-50 personnes par jour. Les chiffres explosent, ça devient dramatique et ça va aller en s’aggravant, puisqu’il va y avoir des restrictions budgétaires encore plus marquées d’ici l’année prochaine, sans parler des élections présidentielles et des résultats qui nous pendent au nez… On a vraiment besoin de lieux comme Luttopia », estime Gwen Lasne, bien décidée à faire vivre ce projet.

  • En Vaucluse, une rentrée tendue aux yeux de la FSU

    En Vaucluse, une rentrée tendue aux yeux de la FSU

    « On a chaud, mais tout va bien, le téléphone portable est interdit », ironise, en agitant un éventail improvisé, Salima Ouannai, co-secrétaire départementale du Snes-FSU, ce mercredi 2 septembre, lors d’une conférence de presse dressant le bilan de cette rentrée scolaire. Le syndicat s’opposant au constat du directeur académique Philippe Koscyk, qui évoquait dans les colonnes de nos confrères de La Provence une rentrée « plutôt réussie ».

    « L’école publique en Vaucluse subit de plein fouet les choix budgétaires dogmatiques qui dégradent le service public de l’éducation et les conditions d’apprentissage de nos élèves », pose en ouverture Alice Raimundo, secrétaire départementale de la FSU. Si la baisse démographique sur le territoire ne peut être niée, le syndicat regrette « qu’au lieu de faire des investissements forts et massifs pour améliorer les conditions », le constat soit celui d’une « baisse de moyens chronique qui touche l’ensemble du corps éducatif ». « On ne peut pas prétendre tout faire pour la réussite des élèves et ne pas faire les choses pour », avance Alice Raimundo. Face à cela, une intersyndicale prévoit une journée de mobilisation le mardi 29 septembre en Cité des Papes.

    Révolution numérique

    Plusieurs éléments sont ainsi listés. À commencer par les suppressions de postes. Dans le premier degré, douze postes ont été supprimés par la direction académique. « Ça peut sembler faible, mais au vu des besoins, c’est loin d’être négligeable », avance Nicolas Flavier, co-secrétaire du FSU-Snuipp 84. La refonte « inefficace » du système de remplacement ou encore la vétusté des bâtiments est aussi pointée. Dans le second degré, plusieurs postes n’ont pas été pourvus pour l’heure dans certains collèges et les réformes sans moyens supplémentaires, comme pour l’interdiction du téléphone « en pleine révolution numérique », comme le pointe le syndicat, sont décriées également.

  • [Exclusif] La Métropole Aix-Marseille veut mettre à contribution le patronat

    [Exclusif] La Métropole Aix-Marseille veut mettre à contribution le patronat

    Au lendemain de la signature, par le préfet de région, de l’arrêté fixant le budget d’une Métropole encore sous tutelle, le président (LR) de l’intercommunalité Nicolas Isnard insistait, depuis son fief salonnais : « Plus on évite les impôts, mieux on se porte. » Mais il faut croire que l’institution se porte encore mal. Selon les documents prévisionnels du prochain conseil métropolitain, celui-ci s’apprête en effet à mettre à contribution les entreprises du territoire à hauteur de 24,5 millions d’euros supplémentaires en 2027.

    Plus de quatre mois après le refus de l’hémicycle métropolitain de voter son budget, celui-ci se réunit en effet de nouveau, jeudi 10 septembre, pour reprendre la copie budgétaire imposée par l’État après la mise sous tutelle de l’institution. En refusant la version préfectorale. Si l’essentiel des 91 millions d’euros de coupes drastiques imposées à l’intercommunalité reste inchangé dans le projet de décision budgétaire modificative, c’est bien dans la dotation de solidarité communautaire (DSC) versée aux communes qu’il est proposé de tailler à hauteur de 53 millions d’euros, là où le préfet ciblait les attributions de compensation (AC) reversées aux municipalités après la suppression de la taxe professionnelle. En clair : c’est bien Marseille qui supportera la plus grosse part de cet effort, à hauteur de 36 millions d’euros. En contrepartie, il est proposé de rétablir dès 2027 cette dotation de solidarité à son niveau initial. Surtout, conformément aux promesses de la dernière conférence des maires, la création d’un fonds de concours exceptionnel de 53 millions devrait être soumise au vote pour compenser, pour chaque commune, la baisse de la dotation de solidarité. Ainsi, ce que la Métropole retire aux communes, elle promet de le rendre intégralement, en finançant leurs investissements, ce qui lui permet d’éponger la dépense par un emprunt supplémentaire de 74 millions, d’euros selon la première maquette présentée.

    26,3 millions d’impôts

    Reste à préparer l’année à venir. Face au besoin de financement des transports, la Métropole se résout à augmenter des taxes dont le niveau était resté inchangé depuis parfois dix ans. À commencer par la cotisation foncière des entreprises, alors que l’institution fait partie de celles qui taxent le moins celles qui ont le chiffre d’affaires le plus élevé, avec un barème « globalement dégressif ». Le choix est donc fait de diminuer l’impôt pour les 74 600 entreprises dont le chiffre d’affaires est inférieur à 100 000 euros, de l’augmenter pour les 49 500 autres : de quoi rapporter 19 millions d’euros. Avec la suppression d’exonérations et la taxation des logements neufs ou vacants, le total monte à 26,3 millions d’euros de recettes fiscales supplémentaires espérées. Bien loin, cependant, d’un déficit attendu de 240 millions d’euros en 2027. Reste à savoir si l’hémicycle trouvera une majorité pour approuver ces mesures.

  • L’établissement de Forcalquier encore en travaux pour la rentrée des élèves

    L’établissement de Forcalquier encore en travaux pour la rentrée des élèves

    Travaux d’isolation, ouverture d’un dispositif Ulis, parcours VTT… Les travaux du collège Henri-Laugier de Forcalquier étaient encore en cours, pour une somme de près d’un million d’euros, lors de la rentrée des élèves de 6e, mardi matin. La présidente du Département, Éliane Barreille (DVD), avait fait le déplacement pour l’occasion, pour souhaiter une bonne rentrée aux élèves et faire le point sur l’avancée des travaux, financés par sa collectivité. Alors que les petits 6e se jetaient dans les bras les uns des autres et s’exclamaient de joie à l’annonce de la composition de leur classe, les travaux d’isolation de leur nouveau collège étaient encore en cours.

    Les travaux vont ainsi continuer pendant que l’établissement est occupé. « Les gros percements sont faits. Les enseignants, qui s’inquiétaient, sont un peu plus rassurés en cette rentrée. Il y aura quelques désagréments. Les petits retards sont insignifiants au regard de la tâche qui a été accomplie », a affirmé le principal du collège, Grégory Mesnier. Le Département est venu lundi, pendant la réunion de rentrée du personnel enseignant, pour faire un point de sécurité et une visite. « Quand on veut que les choses se passent bien, il faut donner de l’information », a insisté Éliane Barreille. Au collège du Mont d’Or, à Manosque, où d’importants travaux sont également en cours, « à cause du défaut d’information, des enseignants et des parents n’étaient pas contents, alors qu’on fait 20 millions de travaux », a-t-elle ajouté. Une campagne d’information similaire est mise en place au collège Borrely, à Digne. « On a appris des difficultés », a souligné le directeur des collèges au Département, Thomas Galetti.

    Au collège de Forcalquier, la capacité d’accueil de certaines salles de classe, comme celle de la salle de physique, a été « maximisée par un jeu de passe-passe », en se débarrassant des « vieilles paillasses » pour accueillir davantage d’élèves, a expliqué le principal du collège. La salle de physique peut ainsi désormais accueillir 30 élèves, contre 18 auparavant. « La salle va être utilisée 26h dans la semaine, contre 6h auparavant. Aujourd’hui, on n’a plus les moyens d’avoir des groupes. Il faut pouvoir accueillir des classes entières », a affirmé Grégory Mesnier. « C’est idéal pour nous aussi, parce que s’il fallait agrandir le collège, cela aurait été plus coûteux », l’a félicité Éliane Barreille.

    Réduire la consommation énergétique

    Le nouveau dispositif Ulis permettra d’accueillir 12 élèves de 6e, 5e et 4e venus de l’ensemble des Alpes-de-Haute-Provence. Avec les travaux d’isolation, le Département espère aussi réduire la consommation énergétique de l’établissement.

    La présidente du Département a également fait des suggestions de futurs travaux à faire, comme le sol de la cuisine de la cantine, « franchement minable ». Elle a rencontré les agents et les a félicités du respect de la loi Egalim, avec l’utilisation de produits bio et locaux : « Vous êtes en plein dans ce que j’attends de vous ».

    Pour cette journée « de cohésion », les élèves de 6e avaient le repas offert. Le principal du collège avait déjà rencontré les futurs élèves de 6e et leurs parents, au mois de mai, afin de « désacraliser la rentrée ».

    « On a engagé des programmes sur les collèges qui sont absolument énormes », a conclu Éliane Barreille. « On vient toujours en compensation de l’état qui ferme ses vannes », a-t-elle par ailleurs déploré. Elle s’est ensuite rendue au collège d’Oraison.

  • Le réchauffement climatique au centre du tableau à Avignon

    Le réchauffement climatique au centre du tableau à Avignon

    Un peu plus d’un mois après avoir été dévorée par les flammes, la cité éducative de l’école des Grands-Cyprès, à Avignon,ne présente plus que quelques barres de fer qui dépassent du bâtiment. Pour cette rentrée scolaire, mardi, devant quelques écoliers qui pénètrent dans l’établissement accompagnés de leurs parents, le maire Olivier Galzi (DVD) se réjouit cependant de l’ouverture, « ce qui n’était pas du tout gagné », assure-t-il.

    Accompagné de son adjoint à l’éducation, Laurent Rochut, qui était lui-même professeur des écoles en région parisienne avant de devenir aujourd’hui directeur de plusieurs théâtres, le premier édile en a profité pour faire un point sur la situation. D’après lui et ses services, la reconstruction de la cité éducative devrait prendre « entre un an et demi et deux ans ». Mais la question de la forme se pose aussi. « Si on reconstruit la même structure pour qu’elle finisse dans le même état, ça ne sert à rien », pousse-t-il, rappelant qu’il existe une suspicion d’incendie criminel. Et déplorant « des millions qui sont partis en fumée ».

    Pour rappel, le feu avait pris dans la nuit du mardi 28 au mercredi 29 juillet, au pied d’un pylône en bois. Puis l’isolant en paille compressée choisi lors de la construction n’avait fait qu’attiser les flammes. Ce bâtiment devait aussi servir à accueillir des classes pour permettre la poursuite de travaux dans les écoles primaires et maternelles. Pour l’heure, les services ont surtout veillé à boucher plusieurs fuites, les bâtiments étant inondés lors des épisodes pluvieux. Pour l’heure, quelques Algeco servent de solution de fortune.

    Au-delà du dossier des Grands-Cyprès, Laurent Rochut explique que la municipalité souhaite surtout réaliser « un inventaire » des écoles avignonnaises. Ce qui permettrait ensuite de « lister des priorités ».

    Hautes températures

    Des priorités parmi lesquelles figure notamment la température dans les bâtiments. Au sein des classes, où quelques-uns des 8 535 écoliers d’Avignon affluent tantôt avec le sourire, tantôt aussi en larmes, on murmure parmi enseignants et parents qu’il fait trop chaud. Dans le nouveau réfectoire des Grands-Cyprès, tout juste inauguré, l’air est lourd. Tout comme dans les bâtiments plus anciens. « On nous avait dit qu’il y aurait des rideaux occultants et des brasseurs d’air. Il n’y a ni l’un, ni l’autre », peste Olivier Galzi, réitérant ses piques envers l’ancienne municipalité. « Rafraîchir les écoles est une priorité budgétaire. On commence à réfléchir pour installer une salle climatisée par école, surtout les réfectoires. Mais la végétalisation est aussi en haut de la pile », assure son adjoint.

    Cette orientation intervient alors qu’en même temps, la nouvelle municipalité a mis à l’arrêt le projet de végétalisation des cours d’écoles lancé par la précédente équipe municipale. À ce jour, seule l’une des sept cours initialement prévues doit être transformée en « Fraîch’ cour ». Et c’est justement à l’école primaire Louis-Gros, la seule chanceuse végétalisée durant l’été, qu’Olivier Galzi poursuit sa visite de rentrée. Alors que pour l’heure, seules de vastes étendues de terre entrecoupent la cour d’école quasi neuve, avec des jeux ou encore des cages de football. « Les arbres arrivent à l’automne », assure le directeur de l’école, Julien Nazon. « Il faut trouver des solutions face au réchauffement, c’est évident. Il faut réfléchir à comment faire, car il n’y a pas les bases », poursuit Olivier Galzi. Qui n’est pas non plus totalement fan de la réalisation qu’il a sous les yeux, assurant que « la boue va salir les classes dès qu’il pleut et augmenter le travail des équipes de nettoyage ».

  • Le bien-être des enfants au cœur des priorités de rentrée à Vitrolles

    Le bien-être des enfants au cœur des priorités de rentrée à Vitrolles

    En ce jour de rentrée, les élèves sont sous les projecteurs. À Vitrolles, l’enfance est le premier poste de dépenses de la Ville. En 2026, 42% du budget sont consacrés à la jeunesse et l’éducation.

    Chaque année, la Commune réalise des travaux d’entretien ou de rénovation dans les groupes scolaires pendant les vacances scolaires. Dès le mois d’avril, une première vague d’investissements a permis d’améliorer le confort d’été. Mise en place d’une ombrière dans la cour de l’école élémentaire Anne Sylvestre, isolation de la toiture de la maternelle Lucie Aubrac, installation de brise-vues dans l’école élémentaire du même groupe, pose d’un vernis anti UV sur les vitrages de deux façades sud de l’établissement Prairial ainsi que dans la maternelle Frédéric Mistral… Sans oublier les travaux de rénovation et de mise en accessibilité. Au total, près d’1 million d’euros ont été investis dans des travaux pour 22 écoles (sur 28) et 2 crèches.

    « Nous avons l’ambition de protéger et de garantir le bien-être physique et mental de chaque enfant à l’école, explique Nadine Cuillière, adjointe au maire déléguée à l’enfance et à l’éducation. Cela passe par des professionnels formés, (…) une attention constante portée aux familles et des lieux pensés pour répondre aux besoins. »

    En 2026, de premières études concernant l’isolation thermique de l’école élémentaire Aubrac, et des groupes scolaires Raimu et Prairial seront lancées. La Ville entame par ailleurs un diagnostic global de l’ensemble de son patrimoine éducatif afin d’intégrer des actions ciblées en fonction des spécificités de chaque bâtiment dans un plan pluriannuel d’investissement.

  • À Digne-les-Bains, la CGT refuse de payer pour se rendre au travail

    À Digne-les-Bains, la CGT refuse de payer pour se rendre au travail

    Seuls 3% des travailleurs du département utilisent les transports en commun pour se rendre au travail, et le déplacement moyen pour aller sur son lieu de travail est de 36 km : le constat est édifiant pour la CGT, qui exige un accord avec le patronat pour prendre en charge les frais de transport de tous les salariés.

    « On est dans un département rural où la question du transport est majeure pour l’ensemble des salariés. Et malheureusement, quand on fait l’état des lieux de ce qui se passe sur le département, mis à part dans quelques très grosses entreprises où on a des indemnités de transport, pour la plupart des salariés, il n’y a rien qui existe », déplore Sylvain Moretti, secrétaire général de l’union départementale CGT. Une problématique accentuée par l’augmentation des prix des carburants. Le syndicat a engagé des discussions avec le patronat local à ce sujet. « Ce qu’on souhaite, à partir de ces discussions, c’est de couvrir, par un accord interprofessionnel, les frais de transport de tous les salariés du département, pour sortir de la situation où, aujourd’hui, il faut payer très cher pour aller travailler », a martelé Sylvain Moretti.

    Les organisations représentatives employeurs UDE (Medef, CPME), U2P et les organisations syndicales représentatives CFDT, CFE CGC, CGT, FO et Solidaire ont abordé ensemble cette question des transports pour les salariés, et en sont arrivées à un même constat : « on ne peut pas commencer sa journée en payant pour aller travailler », déplorent-elles dans un communiqué commun. « On insiste sur le fait que ce soit un accord qui a conduit à ce qu’il y ait une signature de tous. C’est intéressant en soi. Cela montre qu’il y a bien un problème perçu par tout le monde », a souligné Philippe Antoine, responsable TPE et membre de la direction de l’union départementale de la CGT. « Il y a un consensus très large sur la nécessité de trouver des solutions », a abondé Sylvain Moretti.

    Des transports en commun inadaptés

    « Les transports collectifs sont prévus pour le tourisme et le scolaire, pas pour les salariés », a expliqué Stéphane Sansano, qui siège au bureau de l’union départementale de la CGT. « 36 kilomètres, ça fait 18 euros par jour. Sur 20 jours de travail, ça fait 360 euros. Quand on voit aujourd’hui le niveau auquel est le Smic, une fois que le salarié a payé son carburant et son loyer, il lui reste pas grand-chose, ou il lui reste rien », a regretté Sylvain Moretti.

    Pour la CGT, le télétravail n’est « pas une solution pérenne » pour réduire les coûts de transport. « Le télétravail génère aussi des frais. Quand on télétravaille à la maison, le prix de l’énergie a fortement augmenté, il faut chauffer soi-même son domicile. Ce que pourrait faire gagner le télétravail d’un côté, ça le fait perdre de l’autre dans le portefeuille des salariés. L’idée, c’est vraiment d’arriver à une solution où il y a une indemnisation qui permet de se rendre sur le lieu de travail », a détaillé Sylvain Moretti.

    L’indemnisation des frais de transport est « la première revendication des salariés des TPE », selon la CGT. Les frais de transport peuvent souvent dissuader un salarié d’accepter un emploi ; ou un employeur de recruter un salarié qui habiterait trop loin du lieu de travail. La CGT compte aussi interpeller les communautés de communes et la Région à ce sujet.