Tag: budget

  • Le Département réajuste son aide aux communes

    Le Département réajuste son aide aux communes

    Le coffre-fort du Département se referme. Alors que la situation financière de la collectivité s’améliore enfin, les conseillers départementaux devront approuver ce mardi matin, au moment de voter le budget, une coupe de 36 millions d’euros dans l’aide aux communes. De quoi la porter désormais à quelque 100 millions d’euros, une chute de 27% par rapport au précédent budget.

    « C’est normal en année électorale, les nouvelles équipes doivent se mettre en place », explique le vice-président (LR) délégué aux finances, Yves Moraine. Le conseil régional, quatre jours plus tôt, avait ainsi décidé d’une année blanche pour ses propres dispositifs d’aides aux communes, le temps de laisser ces nouvelles majorités construire leurs projets. Et l’argentier du Département de sourire : « Une fois que vous avez aidé les communes, il y a un moment où il y a moins de besoins. »

    C’est que le conseil départemental sait se montrer généreux : plus de 920 millions d’euros ont été versés entre 2018 et 2023 (dont près de 250 millions pour la seule année 2019), pointait en décembre dernier la Chambre régionale des comptes (notre édition du 02/12). Des aides qui n’avaient pas le moindre souci des inégalités du territoire, déploraient les magistrats. « Les règles qui régissent l’octroi des subventions départementales n’ont pas été formalisées », cinglait le rapport.

    Mise en conformité

    « La Chambre régionale des comptes a reconnu la qualité des dispositifs de l’aide aux communes », célèbre pourtant très sérieusement la première délibération à l’ordre du jour ce mardi, présentée par la présidente (DVD) de la collectivité Martine Vassal elle-même. Celle-ci malgré tout propose « une première série d’adaptations » pour se mettre en conformité avec les recommandations des magistrats. « Comme je l’avais annoncé au moment de la présentation du rapport », rappelle Yves Moraine. Ainsi les deux dispositifs qui finançaient l’achat de véhicules et de matériel sont supprimés – à l’exception des véhicules de police municipale, des comités feux de forêt ou de sécurité civile – le plafond de 100 000 euros pour les aides aux travaux de proximité sera désormais « strictement appliqué », les aides aux acquisitions foncières et immobilières seront limitées à une par an avec l’obligation de ne pas revendre les biens pendant vingt-cinq ans (au lieu de dix), les nouveaux bâtiments financés devront obligatoirement présenter une labellisation « bâtiment durable méditerranéen »… Reste encore à adapter le montant des subventions à la richesse des communes, comme le réclame la Chambre régionale des comptes. « Ces évolutions qui nécessitent des recherches de données budgétaires et des analyses complexes seront présentées à l’assemblée départementale lors d’une prochaine session budgétaire », annonce la délibération.

    Ces coupes dans les aides aux communes n’empêchent pas l’investissement global de la collectivité de se maintenir juste en dessous de 500 millions d’euros pour 2026, tandis que la hausse des recettes permet à l’épargne de se rétablir, pour une capacité de désendettement qui devrait passer sous la barre des douze ans fin 2026, après avoir frôlé les vingt ans. Les dépenses de fonctionnement progressent de 3,6%, dont 92 millions d’euros de plus pour les solidarités. Insuffisant, avait alerté le groupe communiste lors du débat d’orientations budgétaires (notre édition du 31/03). D’autant plus que le sport, la culture ou le logement font les frais des arbitrages budgétaires.

  • Un budget « éloigné du quotidien » selon l’opposition municipale

    Un budget « éloigné du quotidien » selon l’opposition municipale

    L’exposé de l’adjoint délégué au budget Philippe Caizergues est exhaustif à l’heure d’aborder le débat d’orientation budgétaire, lors de ce deuxième conseil municipal de la nouvelle mandature, en la salle Pagnol, lundi soir. Port-Saint-Louis dispose de 19,1 millions d’euros de recettes, dont les trois quarts proviennent de sa fiscalité, qui n’est pas augmentée contrairement aux dépenses qui s’élevaient à 17,6 millions d’euros en 2025. D’un côté le fonctionnement augmenterait de 6,83% par rapport à 2025, de l’autre la prévision de -9,5% de dépenses en énergie, eau et carburants, les fluides, a été réalisée en début d’année avant les conflits internationaux. « On s’attend à une augmentation du carburant pour les véhicules et le chauffage », prévient l’adjoint.

    D’autre part, « l’aggravation » de la contribution de la Ville au Fonds national de péréquation des ressources intercommunales et communales (Fpic) soulevée par l’adjoint, à hauteur de 57 000 euros, soit 200% en plus depuis 2021.

    Un manque d’ambition ?

    Philippe Caizergues pointe une « situation maîtrisée de l’endettement », avec 4,1 millions d’euros d’en-cours en 2026, soit 0,92% du budget de fonctionnement et une capacité de désendettement de 2,43 ans. « Cela permet d’envisager de nouveaux emprunts pour des investissements structurants » estime l’élu, comme le maintien du soutien aux associations.

    Un rapport « quasi identique aux années antérieures » selon l’opposante Aurélie Grach. « Votre budget se veut prudent et responsable mais reste trop éloigné des réalités du quotidien des habitants en termes de santé, de pouvoir d’achat, de services publics… » tance l’élue, qui préférerait un budget pour « maintenir et faire vivre notre centre médical » ou « faciliter le quotidien et alléger les charges des familles ».

    Le maire Martial Alvarez affirme en réponse qu’il « partage » cette vision, parlant de « la protection de la population comme leitmotiv », et invoquant « la marge laissée par la gestion exceptionnelle des dernières années ». « Le travail sur le foncier économique va permettre de retombées fiscales et nous travaillons à une nouvelle organisation entre élus et administration pour chercher les économies là où il y aura le moins d’impact pour la population », développe le maire, renvoyant les mesures plus précises au prochain conseil municipal, prévu le 27 avril, pour le vote du budget.

  • Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    Quels leviers pour protéger le porte-monnaie des Français ?

    « Le diesel a augmenté en moyenne de plus de 45 cts au litre depuis le début de l’année et dépassé les 2 euros le litre ; idem pour l’essence, qui a augmenté de plus de 25 cts et a également parfois dépassé les 2 euros le litre ; le fioul, lui, a augmenté de 50% depuis le début du conflit ; quant au gaz, il a déjà augmenté de 35% et la répercussion sur son prix chez le consommateur va se faire sentir plus ou moins rapidement suivant la nature des contrats souscrits », liste Claude Gaubert, de l’UFC Que Choisir Montpellier. En faisant grimper les prix de l’énergie, la guerre au Moyen-Orient éprouve méchamment le porte-monnaie des Français, dont le pays paie sa trop grande dépendance aux énergies fossiles. L’État engrangeant, de son côté, des recettes fiscales supplémentaires grâce à la TVA (270 millions d’euros au mois de mars).

    Face à ce constat, l’association de consommateurs appelle de ses vœux des mesures qui permettraient de contenir l’impact de cette flambée sur le quotidien des ménages. « Dans votre facture d’électricité, de gaz ou quand vous allez à la pompe, une taxe est pratiquée sur la consommation de produits énergétiques, taxe sur laquelle vous payez, en plus, la TVA… Nous réclamons depuis toujours la suppression de cette taxe sur la taxe (5 à 6 milliards d’euros par an), qui permettrait de rendre une part non négligeable de pouvoir d’achat aux consommateurs », estime Claude Gaubert.

    Sortir de la dépendance aux énergies fossiles

    De façon plus ponctuelle, l’UFC Que Choisir plaide en faveur d’« aides ciblées », comme l’augmentation du nombre de bénéficiaires et du montant du chèque énergie. « Un dispositif équivalent » pourrait également, estime Claude Gaubert, être mis en place à destination « des professionnels particulièrement impactés par l’augmentation, notamment, du prix de l’essence (transports routiers, agriculteurs, taxis…) ».

    Enfin l’association de consommateurs n’oublie pas « les raffineurs, transporteurs et distributeurs, qui profitent de l’opportunité pour gonfler leurs marges. On peut imaginer que ces entreprises qui vont automatiquement profiter de l’envolée des prix soient mises à contribution par l’État via une taxe spéciale, en vue d’une redistribution de ces bénéfices aux consommateurs, en premier lieu les publics les plus impactés », suggère Claude Gaubert.

    Au-delà de ces mesures conjoncturelles, le représentant montpelliérain de l’UFC pointe un problème de fond sur lequel, estime-t-il, l’État doit agir : la trop grande dépendance de la France aux énergies fossiles. « On l’a vu avec la guerre en Ukraine, on le voit aujourd’hui avec le conflit au Moyen-Orient : il faut sortir au maximum de cette dépendance. Cela permettrait à la fois d’accroître notre autonomie énergétique et de réduire les émissions de gaz à effet de serre », souligne Claude Gaubert. « Ça veut dire renforcer tout ce qui est électrification des usages : aides pour l’achat d’une voiture électrique, renforcer la rénovation énergétique, l’isolation des bâtiments, encourager l’utilisation des pompes à chaleur… En somme inciter les gens à abandonner le gaz et le fioul au profit de l’électricité. Cela relève d’abord de politiques publiques mais aussi de choix individuels. »

  • Michaël Delafosse donne les grandes lignes du budget 2026 de la Ville

    Michaël Delafosse donne les grandes lignes du budget 2026 de la Ville

    Un conseil municipal pour le moins particulier. Pour nombre d’élus, il faisait office de baptême du feu, à l’instar de la conseillère de la majorité, Delphine Esselin ou encore de l’opposante Livia Jampy, qui intervenaient pour la première fois dans l’enceinte montpelliéraine au sujet du rapport annuel sur la situation en matière d’égalité entre les femmes et les hommes. Mais surtout, c’est le débat d’orientation budgétaire (DOB) qui a été au centre des discussions de la nouvelle assemblée.

    Porté par Serge Guiseppin, transfuge du milliardaire et élu d’opposition – néanmoins absent – Mohed Altrad, qui a pris la délégation des finances et des ressources humaines, le document présenté met en avant le maintien des taux de fiscalité et le fort niveau d’investissement. « 157 millions d’euros d’investissement sont programmés en 2026. Ce n’est pas un chiffre mais un choix politique fort. Il va renforcer nos infrastructures et, dans un contexte économique tendu, jouer un rôle d’amortisseur social, en préservant l’activité et en soutenant l’emploi », souligne Serge Guiseppin. Et de citer les grands projets portés par la mairie socialiste cette année : groupes scolaires de la Mosson, construction de la cité de l’alimentation, de l’hôtel des sécurités ou encore le projet du parc Lunaret-Lavelette-Montmaur. La taxe foncière est maintenue à 52,63%. Des résultats permis grâce à la maîtrise de la dette et à la progression de l’épargne brute. « La dette est plutôt maîtrisée. En fin 2024, nous étions à 6,7 années d’endettement. L’en-cours était lui à 1 338 euros par habitant. Dans nos comptes anticipés 2025, les épargnes brutes et nettes s’améliorent. Notre capacité de désendettement sera réduite à 6,2 ans tout en maintenant les dépenses d’équipement à 168 millions d’euros [contre 173 millions en 2024, Ndlr] », détaille Serge Guiseppin. Le tout dans un contexte national tendu – un effort de cinq milliards d’euros a été demandé par le gouvernement Lecornu aux collectivités locales, dont 3,1 millions d’euros pour Montpellier – et des turbulences internationales marquées par la guerre menée par Donald Trump.

    « On nous annonce rien »

    Des orientations qui n’ont pas manqué de faire réagir les oppositions. À gauche notamment, les critiques sont venues du groupe insoumis. « Au prétexte des coupes budgétaires gouvernementales, on ne nous annonce rien. Pas d’investissement pour le social, pas d’investissement pour l’écologie, pas d’investissement pour des budgets participatifs qui permettent aux citoyennes et aux citoyens de s’impliquer dans la vie politique de leur commune », fait valoir Nathalie Oziol, regrettant qu’il n’y ait aucune réponse apportée à la crise du logement que connaît la septième ville de France et à la planification écologique. Un constat partagé par son collègue Antoine Bertrand. Dénonçant « un budget à l’équilibre sur le papier mais en profond déséquilibre face à la réalité sociale que vivent les Montpelliérains », l’élu insoumis pointe « la seule véritable ambition qui est assumée, c’est celle de ne pas augmenter la taxe foncière. Mais posons les choses simplement : combien de personnes à Montpellier paient la taxe foncière ? Alors oui, vous protégez les propriétaires certes, mais qui protège les 70% de Montpelliéraines et de Montpelliérains qui ne le sont pas ? »

    C’est également sur ces mêmes propriétaires que la droite s’est inquiétée. « On parle de taxer les propriétaires. Mais ils tiennent la ville, ils payent des impôts, ce sont les premiers à contribuer et à porter la solidarité. Comptez-vous stabiliser le taux de fiscalité sur l’ensemble du mandat ou sur ce budget-là ? », interroge Salim Jawhari, bras droit de Mohed Altrad. La réponse de la majorité municipale ne s’est pas fait attendre : « Nous ne répondrons pas favorablement à une augmentation du taux de la fiscalité communale, c’est un engagement de stabilité. L’augmenter aurait un impact très lourd sur les ménages », précise le maire PS Michaël Delafosse. Et de continuer : « 157 millions d’euros d’investissement, c’est conséquent. Annoncer un tel niveau d’investissement marque un volontarisme. Pour l’éducation, pour la cité de l’alimentation, pour coordonner nos efforts en termes de protection avec l’hôtel de sécurité. » Avec 8 voix contre du groupe LFI, le DOB a tout de même été voté, laissant présager le même scénario pour les conseils à venir.

  • Le RN s’oppose encore au financement des transports

    Le RN s’oppose encore au financement des transports

    Le dépôt des amendements de l’extrême droite est presque devenu un jeu routinier, dans l’hémicycle régional. Au moment d’approuver le budget primitif de la collectivité ce vendredi matin, il n’y avait donc rien de nouveau lorsque l’opposition RN s’est échinée à les multiplier pour redéployer des crédits de communication vers les autres politiques régionales afin de montrer « que d’autres choix sont possibles », affirmait sérieusement l’élue varoise (RN) Coline Houssays. Mais tandis que l’argentier de la Région Jean-Pierre Colin (Les Centristes) déroule sur « un budget de responsabilité qui garantit la poursuite des grands projets structurants », la conseillère d’extrême droite se borne à constater « un budget qui se tient avec un petit coup de pouce extérieur ». La priorité, pour l’opposition RN, restant de réduire l’investissement de la collectivité. « Ce n’est pas tant chaque projet isolément qui pose question, mais leur addition », justifie la Lorguaise. « Nous avons choisi sans hésitation de maîtriser les comptes publics pour dégager les moyens supplémentaires à nos engagements », lui donne la réplique le président (LR) de la majorité régionale, Pierre-Paul Léonelli, sans s’arrêter sur les coupes dans la santé, la politique économique, la formation (notre édition du 10/04). Face aux baisses de dotations de l’État, « ce sont presque 60 millions d’économie qu’il a fallu trouver », rappelait le président (Ren.) de Région Renaud Muselier. Désormais président de la Métropole Aix-Marseille, le vice-président (LR) à la formation professionnelle Nicolas Isnard a tenu aussi à défendre son action face au chômage en baisse. Assurant, malgré les baisses des dotations, que la collectivité « contribuera à soutenir les missions locales, les écoles de la 2e chance, dans les mêmes proportions que les années précédentes ».

    Mais l’extrême droite préfère s’échiner à coups d’amendements sur le nouveau versement mobilité régional et rural pour en réduire la portée. « Malgré lui, ce versement reste une taxe en plus sur nos entreprises », s’indigne l’élue varoise (RN) Muriel Fiol. « 97% des entreprises de la région ne sont pas concernées », rappelle encore Renaud Muselier. C’est surtout son prédécesseur (Hor.) Christian Estrosi qui monte au créneau. « Je vois l’instrumentalisation qui est faite par une partie du monde de l’entreprise », dénonce-t-il. Lui défend « une condition essentielle, quand je vois tous ceux qui demandent de nouvelles lignes, des modernisations de lignes. » Et de regretter que seule la région parisienne a obtenu un versement mobilité un point au-dessus du niveau national fixé à 2% de la masse salariale des entreprises.

    Contre les droits

    des femmes

    Pas de quoi freiner le RN qui dans la foulée s’en prend aux subventions… pour les associations de soutien aux femmes victimes de violences. « Il serait préférable de s’en tenir à vos compétences et de flécher ces budgets aux lycées », explique benoîtement l’élue maralpine RN Brigitte Lancine. « Quand elles n’ont plus d’emploi, qu’elles sont sous domination, qu’elles n’ont plus de maison, que leurs enfants sont abandonnés, vous voulez dire ne vous en occupez pas ? » s’estomaque le président de Région. Alors que son opposante veut reprendre la parole, il avertit : « Vous allez en prendre une ! » Avant de s’excuser immédiatement, repris par Christian Estrosi. Mais l’élue RN a beau dire qu’elle n’est « pas contre cette cause », elle persiste : « Ce que dit la Chambre régionale des comptes, c’est qu’il faut plus se mobiliser sur les compétences de la Région sans aller en permanence se substituer à l’État ». Tout juste rentré du conseil municipal, le député RN Franck Allisio intervient à temps pour faire voter son groupe en faveur du plan de lutte contre les violences faites aux femmes. Pas une évidence pour l’extrême droite à deux doigts de s’abstenir.

  • Le Printemps marseillais solide dans ses orientations

    Le Printemps marseillais solide dans ses orientations

    Une heure et trente minutes. Les 18 rapports, essentiellement « techniques », au menu vendredi du conseil municipal de Marseille ont été traités avec une rare rapidité. Le signe d’une gouvernance désormais maîtrisée par le Printemps marseillais qui entame ce deuxième mandat avec une majorité renforcée ?

    La conséquence surtout d’une pâle opposition. « Pour la première fois, les conseillers RN n’ont pas prononcé le mot immigration », fait remarquer Canicave (PS) à l’issue de la séance. « On a un peu senti leur tropisme sur la sécurité et ils se relanceront sur ces choses-là, mais il faut qu’ils apprennent surtout ce qu’est la gestion d’une ville. » Une inconsistance qui leur sera renvoyée tout au long de la séance.

    Titillé par le maire de Marseille lorsqu’elle s’abstient sur les rapports accordant dotations en équipement (tablettes), moyens, indemnités, et mise à disposition de véhicules à des membres du conseil municipal – « Vous proposez qu’on reprenne les chauffeurs aux maires de secteurs ? Je n’ai aucun problème », tance Benoît Payan -, l’extrême droite joue d’abord la polémique sur le rapport 11. Présenté par une Nathalie Tessier (PCF), « furieusement féministe », il porte sur l’égalité femmes/hommes à la ville.

    Éléonore Bez, la maire (RN) des 9-10, juge bon de faire l’amalgame avec le recadrage d’Anne-Marie Grégori, la doyenne de l’hémicycle, qui avait interpellé « la gauche », lors du conseil d’installation, le 28 mars. Filmée par un élu à sa droite, la séquence est destinée aux réseaux sociaux. Benoît Payan pointe, lui, un relativisme mal venu : « On ne peut pas comparer les assassinats quotidiens, les blessures, les viols, les coups et les violences, à ce qui s’est passé. (…) Je crois que même une femme doit respecter la loi et il se trouve que sous la présidence du doyen d’âge, il n’y a pas de débat politique.»

    Sur le débat du rapport d’orientation budgétaire, Franck Alisio, président du groupe Marseille en ordre, choisit d’interroger « le sens des priorités » de la majorité. Le député (RN) de Marignane va « droit au but » et surtout pas bien loin, pressé de rejoindre la plénière du Conseil régional où son recours sur les municipales, lui permet de cumuler mandats et indemnités.

    Il réclame pêle-mêle, une règle d’or budgétaire, la garantie du financement par l’État du plan école ou le Prado Carénage à 1 euro. Pour briller, Antoine Baudino, assistant parlementaire de Stéphane Ravier (REC), lance lui une avalanche de chiffres picorés dans le ROB dont l’incohérence laisse circonspect.

    « Vous vous êtes arrêtés sur des sujets picrocholins (…) mais vous aurez le temps de comprendre comment fonctionnent des budgets », répond Benoît Payan rappelant que 83% du budget d’investissement a été dépensé, que la ville est la seule collectivité à s’être désendettée et que sa note financière a augmenté, sans soutien de la Région et du Département.

    « Une opportunité unique »

    À côté d’eux, les trois élus (Martine Vassal était absente) de la droite républicaine qui gère ces collectivités, s’efforcent de porter par Romain Simmarano (Ren.), une opposition « claire mais utile », celle d’un « courant de pensée » qui « même si il est très minoritaire à l’échelle de la ville, représente une voix singulière ». Après avoir rappelé la nécessité d’objectifs chiffrés sur les fonds européens, le directeur de cabinet de Renaud Muselier, acte un changement de paradigme : « Il y a une opportunité unique qui doit nous permettre d’être utiles aux Marseillais en mettant au passé ce qui appartient au passé. »

    « Nous allons devoir nous serrer les coudes fortement dans nos collectivités », abonde le maire de Marseille, conscient de la nécessité de faire vivre le courant de pensée de la famille gaulliste mais rappelant que « la politique c’est un peu comme l’amour : il y a les mots et les preuves ».

    « Le seul point d’optimisme aujourd’hui, c’est que localement, les choses semblent un peu se déverrouiller », observe Joël Canicave, au regard d’une situation nationale et internationale qui tend les finances des collectivités locales. « Les propos de M. Simmarano sur la Région et ce qui s’est passé à la Métropole a du sens. Il restera à travailler avec le Département. Quand une ville représente 42% d’un département et reçoit 2% de l’aide aux communes, il y a un dysfonctionnement majeur », conclut l’adjoint aux finances.

    REPÈRES

    « Le nouveau Pierre Robin est arrivé ! »

    Anthony Krehmeier à la cantonade, après l’intervention de l’élu d’extrême droite Antoine Baudino. Un hommage à l’ex-conseiller LR, spécialisé dans les lignes comptables et des virgules. « C’est beaucoup d’honneur. M. Robin ne confondait pas investissement et fonctionnement, le niveau n’est pas le même », amende le maire au pupitre.

    Règlement

    Une commission chargée de rédiger le nouveau règlement intérieur du conseil municipal a été désignée. Elle se réunira en avril et mai et le texte entrera en vigueur en juin. Siégeront : Drouot, Garino, Huguet, Roller, Kessaci, Rossi, Richerolle, Lécorché, Rioult, Rivoallan et Baudino, ainsi qu’un élu de la droite républicaine.

    5

    Les commissions permanentes du conseil municipal de Marseille vont passer de quatre composées de 25 membres, à cinq constituées de 22 membres pour cette nouvelle mandature, du fait de l’augmentation du nombre de conseillers municipaux. Ils étaient 101 élus en 2020, ils sont désormais 111 sous l’effet de la réforme de la loi Paris-Lyon-Marseille.

  • La Région Paca aide moins les communes pauvres

    La Région Paca aide moins les communes pauvres

    Renaud Muselier a beau répéter qu’il n’est « pas le tiroir-caisse » des autres collectivités, le conseil régional qu’il préside verse malgré tout de conséquents subsides aux communes du territoire, avec 128 millions d’euros versés en 2024. Ce sont ces millions que la chambre régionale des comptes a passés à la loupe, dans un rapport présenté à l’hémicycle régional ce vendredi. Sans trouver à redire grand-chose sur les modes d’attributions, leur suivi, leur contrôle, d’autant plus que la Région se situe dans la moyenne des subventions distribuées par habitant. Mais les chiffres présentés permettent de dessiner une géographique de ce soutien… et des municipalités laissées à la marge de ce soutien encadré, pour la moitié des cas, par des contrats signés avec la collectivité avec les dispositifs Nos territoires d’abord et Nos communes d’abord.

    « La répartition des subventions au regard du potentiel fiscal des communes met en évidence le caractère non-véritablement redistributif de l’aide régionale à l’investissement du bloc communal », épinglent ainsi les magistrats. En ajoutant que « les communes qui ont un revenu imposable par habitant ne sont pas les plus aidées ».

    Le soutien varie aussi énormément selon les départements. L’accent mis sur les territoires ruraux des Alpes, avec 324 euros par habitants pour les Hautes-Alpes, 209 euros pour les Alpes-de-Haute-Provence est défendu par la Région. Mais les Alpes-maritimes (132 euros/habitant) sont bien mieux dotées que les Bouches-du-Rhône (31 euros/habitant). Première ville de la région, Marseille n’arrive aussi qu’à la cinquième place des subventions versées, la première place étant occupée par Antibes.

    Mais la chambre régionale des comptes préfère s’attarder sur les subventions aux forces de l’ordre, en dehors du champ de compétences de la collectivité. « Il convient que la Région se conforme à la législation en vigueur », invite-t-elle. « C’est un choix politique, transparent, avec le soutien du ministère de l’Intérieur », assume Renaud Muselier. Se demandant pourquoi les magistrats ne dressent pas le même constat quand il finance les établissements de santé.

  • À Istres, Robin Prétot lance l’audit financier de la Ville

    À Istres, Robin Prétot lance l’audit financier de la Ville

    C’était une promesse de campagne. Ce jeudi 9 avril, lors du premier conseil municipal – une séance « de transition et d’installation » pour la nouvelle majorité de Robin Prétot (LR) – l’assemblée a voté à l’unanimité le lancement d’un audit des finances et des ressources humaines de la Ville.

    Alors que le débat d’orientation budgétaire était à l’ordre du jour, ce diagnostic devra permettre de déterminer les « leviers qu’on peut avoir dans l’organisation et le fonctionnement interne de l’administration pour optimiser, rationaliser, économiser un peu d’argent tout en gagnant toujours plus en efficacité dans la gestion et l’accompagnement du service public qu’on doit aux Istréennes et aux Istréens », explique le maire.

    Entre « un contexte national contraint », une « pression » qui s’accentue sur les finances locales avec une baisse des dotations et des aides de l’État, l’adjointe en charge des finances Bérengère Pons-Follea affirme : « L’année 2026 représente une année de vigilance. » Avec une attention particulière portée sur le principal poste de dépense de la Ville : la masse salariale de près de 1 600 agents. « Elle représente deux tiers du budget de fonctionnement, presque 67 millions d’euros, précise-t-elle. (…) D’autres villes de taille comparable comme Salon-de-Provence ou Aubagne ont une masse salariale respective de 42 millions d’euros et 47 millions d’euros. »

    L’avenir de la régie Nexus incertain

    La nouvelle majorité pointe également le déficit structurel « non soutenable » de la régie Nexus (un espace de réalité virtuelle et musée Micro-Folie inauguré en juillet 2025), de l’ordre de -254 000 euros pour 2025 pour 11 000 euros de chiffre d’affaires, soit environ « 50 000 euros de déficit supplémentaires par mois » d’après Robin Prétot. « Il va falloir qu’on arbitre très vite, affirme-t-il. Je n’oublie pas que derrière, il y a des gens qui travaillent. Il va falloir qu’on trouve une solution, pas seulement de transfert d’activité mais aussi de gestion des personnels. (…) C’est aussi dommage de gâcher tout cet investissement. » L’une des options étudiées réside dans le transfert vers un nouveau service public industriel et commercial « que pourrait être le
    bowling
     ». Suzel Ayot, élue d’opposition qui siégeait aux côtés de François Bernardini (ex-PS) lors du dernier mandat, affirme : « Ça ne nous avait pas échappé, nous avions prévu de prendre le sujet à cœur et de trouver une solution pour cet équipement qui a juste un an de vie, qui n’a pas trouvé son public et qu’il fallait restructurer. »

  • La majorité martégale forte de sa capacité d’investissements

    La majorité martégale forte de sa capacité d’investissements

    Public hors-norme pour le premier conseil municipal ordinaire de Martigues. Les habitants se sont pressés dans la salle de l’hôtel de ville, contraints parfois de s’asseoir à même le sol, pour assister au débat d’orientation budgétaire. Henri Cambessédès, premier adjoint au maire, a présenté une situation financière solide et étayée à travers 60 pages de documents distribués aux nouveaux élus.

    La Ville s’éloigne « du spectre de l’effet ciseaux », note Roger Camoin (PS), adjoint de quartier. En 2024, les recettes progressent de 2,07% tandis que les dépenses diminuent de 0,44%. Résultat des courses : l’épargne brute s’établit à plus de 9 millions d’euros, l’épargne nette (diminuée du remboursement de la dette) à plus de 5 millions d’euros. « Nous assistons à un rebond que nous devrons pérenniser », affirme Henri Cambessédès.

    L’encours de la dette se stabilise quant à lui à 34,63 millions d’euros, après un emprunt de 6 millions d’euros en 2025, soit une diminution de 37% depuis 2015. « Et si on remonte plus loin dans notre historique, nous avions 63 millions de dette en 2009 », note l’adjoint. La capacité de désendettement de la Ville est de 3,8 années, bien en deçà de la strate qui est de 7,9 années.

    23 millions d’euros d’investissements

    « Ce budget se profile mieux que le précédent, mais ce n’est pas le calme olympien, tout peut basculer selon les objectifs ou les décisions de l’État ou de la Métropole », tient à souligner Roger Camoin, alors que le contexte national et international est instable, entre des tensions persistantes sur le prix de l’énergie, des taux d’intérêt qui demeurent élevés et une diminution des dotations de l’État.

    Le maire (PCF) Gaby Charroux se veut rassurant : « Face à cette réalité, nous n’avons jamais fait le choix de la résignation. Nous avons fait un autre choix, celui de la responsabilité, de la constance. (…) Dans les périodes de turbulences, les concitoyens savent pouvoir compter sur leur commune. Ils savent que les services publics sont là, qu’ils sont concrets, accessibles. »

    Pour la première année de ce nouveau mandat qui s’ouvre, la majorité de gauche entend maintenir le cap avec 23,1 millions d’euros d’investissements. Les subventions aux associations et au Centre communal d’action sociale augmenteront légèrement. Un emprunt est envisagé à hauteur de 4 millions d’euros. Les services estiment que les dépenses de fonctionnement diminueront de 0,65%, malgré des cotisations d’assurance en hausse de 53% et une augmentation de 1,92% pour la masse salariale, et que les recettes augmenteront de 2% en gardant des taux de fiscalité directe locale inchangés.

    Le budget sera présenté le 30 avril.

  • Les orientations budgétaires du Printemps marseillais en débat

    Les orientations budgétaires du Printemps marseillais en débat

    Comme le rappelle le rapport d’orientation budgétaire, le contexte est contraint, marqué par un ralentissement économique, une inflation contenue mais persistante, et des marges de manœuvre financières réduites pour les collectivités locales. Pour la Ville, les « incidences budgétaires négatives » des Lois de finances 2026 sont estimées à 10,8 millions, en fonctionnement et en investissement. Mais la municipalité entend maintenir une trajectoire financière prudente, avec un encours de dette stabilisé à 1,5 milliard et une capacité de désendettement de 12 ans.

    346 millions d’investissement en 2026

    Le ROB veut afficher une trajectoire plus solide qu’en 2025. Les dépenses sont contenues à 1,39 milliard d’euros, grâce à un pilotage resserré des charges et aux effets des plans de sobriété, notamment énergétique. Les recettes réelles de fonctionnement sont évaluées à 1,52 milliard contre près de 1,49 milliard en 2025, dont 58% issues de la fiscalité locale. Une hausse qui repose essentiellement sur la revalorisation nationale des bases fiscales, le Printemps marseillais ayant fait le choix de maintenir des taux stables sur la taxe foncière.

    « Le rapport est assez complet et les orientations assez claires, il n’y a rien de profondément choquant », observe Romain Simmarano (Ren) qui a participé à la commission animée par Joël Canicave, adjoint (PS) aux finances, le seul dont la délégation est arrêtée. « Rassuré de lire » qu’il n’y a pas de hausse de la fiscalité prévue, l’élu de droite regarde lui les fonds européens.

    « Le renfort de ces fonds dont il est fait quelques mentions, mérite d’être encore précisé dans le cadre du budget prévisionnel que nous aurons à voter », juge le directeur de cabinet de Renaud Muselier, président (REN) d’une région auto désignée « championne » toute catégorie dans ce domaine.

    « Sans jugement de valeur et de manière constructive et déterminée, il faut décupler nos efforts pour aller chercher les crédits. Très modestement mais avec la conviction que ça peut aider les Marseillais, les projets de nos associations, de nos entreprises, de nos infrastructures, j’essaierai d’apporter un regard nouveau », reprend l’élu qui ne manquera pas de faire « des propositions de structuration des équipes municipales, et plus politiques sur les appels à projets sur lesquels la ville pourrait se positionner. »

    Pour la majorité, le différentiel dépense – recette permet d’améliorer l’épargne brute qui passerait de 110 millions en 2025 à 128 millions. Un autofinancement autorisant la montée en puissance de l’investissement au cœur des priorités municipales avec près de 346 millions programmés en 2026, et un plan pluriannuel d’investissement 2024-2029 de 1,9 milliard.

    Les axes majeurs concernent la transition écologique (rénovation énergétique des bâtiments, réseaux de chaleur et de froid, désimperméabilisation et végétalisation), l’éducation, avec la poursuite du plan écoles et l’adaptation des établissements, et la modernisation des équipements sportifs et culturels. Le ROB insiste aussi sur les enjeux sociaux et d’inclusion : lutte contre l’habitat indigne, développement de l’accessibilité universelle, soutien à la petite enfance et aux publics vulnérables. Et en parallèle, la poursuite de la modernisation de l’administration avec la montée en compétences de ses agents.