Tag: budget

  • Des remaniements dans la petite enfance qui interrogent à Monteux

    Des remaniements dans la petite enfance qui interrogent à Monteux

    Les drapeaux rouges de la CGT flottaient devant l’entrée de la mairie de Monteux, ce lundi 22 juin, à l’occasion d’un rassemblement à l’appel des territoriaux de la commune contre des « conditions de travail de plus en plus difficiles », notamment dans le secteur de la petite enfance, assure le syndicat.

    Une cinquantaine de personnes étaient ainsi réunies en matinée. Un préavis de grève avait aussi été déposé par le syndicat. « On nous demande de plus en plus de choses », souffle Stéphanie Audibert, agente territoriale spécialisée des écoles maternelles (Atsem) à l’école Marcel-Pagnol. Elle pointe une réorganisation de son temps de travail afin de la faire intervenir également, lors des vacances scolaires, dans les centres aérés. Une demi-heure de travail par jour hors vacances a ainsi été levée pour être fléchée vers les périodes de congés. « Normalement, on s’occupait, à ces moments-là, de faire le ménage dans les écoles. Ça nous permettait un peu de couper aussi. Là, ça devient compliqué et cela va se ressentir dans notre travail. J’aime mon travail, mais plus comment je le pratique. On a presque une impression d’abattage », regrette-t-elle. Le syndicat demande entre autres une révision des 1 607 heures et une reconnaissance de la pénibilité de la fonction.

    Même constat pour trois des quatre directeurs des centres de loisirs associés à l’école (Clae) de Monteux, qui se sont également mobilisés, estimant ne « pas avoir été concertés » et que les modifications évoquées sont encore « très floues ». « On va nous demander à nous aussi de refaire à nouveau des fonctions d’animation alors que ce n’est pas censé être notre métier. On est en lien direct avec les familles sur de nombreux sujets. Nous ne sommes pas d’accord pour que l’on nous rajoute encore du temps de présence avec les enfants », déclarent Antony Saguet, Anaïs Raphanel et Barbara Barbet. Au total, 17 employés de la mairie étaient en grève.

    Négociations

    Les grévistes soulignent un manque de concertation avec les équipes municipales avant la prise de ces décisions. Un rendez-vous s’est bien tenu entre le secrétaire général CGT des territoriaux de Monteux, Stéphane de Castro, et le premier édile montilien, Patrice de Camaret (RN). Mais « le maire n’a pas voulu négocier nos revendications », assure le responsable syndical.

    De son côté, la municipalité assure que ce sont des « évolutions nécessaires ». Le maire souhaite que les employés des Clae et les Atsem, « des spécialistes de la petite enfance », participent aussi en milieu scolaire « pour rassurer après les scandales en mairie de Paris ». Et de lâcher qu’il s’agit d’« une grève surprenante », que la CGT « cherche à politiser l’affaire », et que les agents seraient « instrumentalisés ». D’autres discussions sont prévues dans les prochains jours.

  • [Entretien] Jacqueline Bouyac : « Six ans après, le parc régional du Ventoux a fait taire les détracteurs »

    [Entretien] Jacqueline Bouyac : « Six ans après, le parc régional du Ventoux a fait taire les détracteurs »

    La Marseillaise : Le parc a vu le jour en juillet 2020, vous en êtes la seule présidente à ce stade. Quel bilan tirez-vous de ces six premières années ?

    Jacqueline Bouyac : C’était une aventure collective, le fruit d’un long travail qui n’a pas été de tout repos. Il a fallu convaincre, dialoguer, avoir beaucoup de patience avec les uns et les autres, avec les élus, les associations, les agriculteurs, les chasseurs… Sans verser dans l’autosatisfaction, je dirais que le parc est désormais bien apprécié, il n’entraîne pas de remarques, ni vraiment de contraintes. Tous ceux qui disaient qu’avec le parc, on ne pourrait plus accueillir le Tour de France dans le Ventoux [l’épreuve cycliste est arrivée au sommet l’été dernier et, en août, le Tour féminin y fait étape], qu’on ne pourrait plus aller ramasser des champignons, qu’on ne pourrait plus chasser, en sont pour leur frais aujourd’hui. On a fait taire les détracteurs. Même chez les maires. Celui de La Roque-sur-Pernes est désormais prêt à adhérer [37 communes en sont membres pour 90 000 habitants]. Il y a une super équipe compétente de 21 agents, plus 24 écogardes l’été. À chaque réunion, il y avait le quorum, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup d’enthousiasme chez tout le monde. La méthode de travail est d’abord de réunir les neuf communes en cœur de massif. Si elles acceptaient tout l’ordre du jour, qu’il n’y avait pas de soucis, après, on le présentait aux autres maires. Je n’ai jamais travaillé à l’envers.

    Vous étiez la seule candidate en lice, quels seront vos objectifs désormais ?

    J.B. : Oui, j’étais la candidate légitime, parce que cette fois, c’est pour 2 ans, puisqu’après, il y aura les élections régionales, donc les cartes seront rebattues. On verra à ce moment-là. D’ici là, on aura ouvert notre belle maison du parc à Bédoin, qui sera inaugurée en mars prochain. Actuellement, le parc loue des locaux à côté de l’office de tourisme. Là, on aura un bâtiment en propre à la sortie du village avec vue sur le Ventoux. Plus largement, nous allons poursuivre nos missions auprès des communes et des intercommunalités, gérer les espaces sensibles, éduquer à l’environnement, s’adapter au changement climatique. Je n’oublie pas que nous venons de créer la première Réserve naturelle régionale du territoire à Villes-sur-Auzon (notre édition du 9 mai). Les Atlas de la biodiversité communale continuent à se déployer, nous allons amplifier le soutien à l’agriculture et à l’alimentation locale et encourager à un tourisme durable.

    Avez-vous les moyens financiers de vos ambitions ?

    J.B. : Le parc est doté d’un budget annuel de 3,1 millions euros en fonctionnement et d’1 million d’euros en investissement. On va dire que l’on gère en bon père de famille, avec prudence en reconduisant nos budgets sans partir à la hausse car il y a beaucoup d’incertitudes chez nos financeurs que sont l’État, la Région et le Département. On ne cherche pas des projets grandioses, en tout cas le manque d’argent n’a jamais été un frein.

  • Nicolas Isnard affiche un front uni métropolitain

    Nicolas Isnard affiche un front uni métropolitain

    Comme un symbole, c’est depuis son fief salonais, dans l’ancien siège du conseil de territoire, que le président (LR) de la Métropole, Nicolas Isnard, a donné ce mercredi la réplique au préfet de région. La veille, au moment d’arrêter le budget de l’intercommunalité placée sous tutelle depuis le début du mois d’avril, celui-ci avait en effet renvoyé la balle aux élus métropolitains en leur demandant d’arbitrer eux-mêmes les coupes entre les différentes communes. De quoi prendre de court la plupart d’entre eux, qui imaginaient le préfet reprendre entièrement la copie rendue le jeudi précédent par la chambre régionale des comptes (notre édition du 17/06). 

    « La messe était quasiment dite, jusqu’à ce que le préfet choisisse une autre orientation », déplore Nicolas Isnard. Et tandis que le représentant de l’État exonérait l’austérité gouvernementale de toute responsabilité dans les difficultés métropolitaines, l’édile salonais s’irrite : « Nous n’aurions pas eu ce pataquès si l’État n’avait pas baissé ses dotations. Qu’il vienne par la voix du préfet chercher à semer la zizanie, peu importe : le socle de l’unité des maires fera face. »

    Budget changé avant l’été

    Cette unité, pourtant, est tout sauf évidente. L’option prônée par la chambre régionale des comptes de sabrer dans la dotation de solidarité communautaire (DSC), versée par la Métropole pour corriger les inégalités entre communes, pénalisait surtout la Ville de Marseille. Celle du préfet, de toucher aux attributions de compensation (AC), l’argent reversé aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle dont une partie est considérée comme « indue » par les magistrats financiers, met en première ligne les villes industrielles de l’étang de Berre. « C’est de la chinoiserie technocratique », balaie le président de la Métropole. « L’État essaie par tous les moyens en envoyant son soldat régional de dresser les bénéficiaires de l’AC contre ceux de la DSC, ces tentatives n’ont pas marché, nous sommes rassemblés et déterminés », assure-t-il, au lendemain d’une visioconférence lors de laquelle il prônait le choix de sacrifier la dotation de solidarité communautaire. « Je ne suis que le porte-parole d’un collectif, pas un empereur qui décide pour les autres », répond l’édile salonais. Et d’illustrer : « Que ce soit le bras droit ou le bras gauche, nous allons devoir nous amputer de nos ressources. » Même s’il convient qu’il faudra rééquilibrer les reversements métropolitains aux communes, basés sur un calcul vieux de trente ans. Un chantier de taille pour la conférence métropolitaine fiscale et financière qui doit se tenir à l’automne.

    Quoi qu’il en soit, la Métropole reprendra la copie préfectorale, ne serait-ce que parce qu’elle la juge fragile techniquement et juridiquement, à travers une décision budgétaire modificative. « Nous allons discuter d’ici mercredi », indique son président, qui espère modifier le budget préfectoral « avant l’été ». Une seule option est d’emblée rejetée, celle présentée par le maire communiste de Martigues, Gaby Charroux, de lever de nouveaux impôts. « Plus on évite les impôts, mieux on se porte », balaie Nicolas Isnard. À l’inverse, il souligne que le refus de voter le budget a empêché une forte hausse d’une taxe foncière métropolitaine qui concerne surtout les entreprises. Mais il n’insiste pas moins pour réclamer un déplafonnement du versement mobilité qu’elles paient afin de financer le développement des transports au-delà des sacrifices de l’année en cours. « Les modèles métropolitains ne sont plus viables, il faut que l’État entende le message », répète-t-il.

  • [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité David Ytier

    [Rue de la République] Posez vos questions à notre invité David Ytier

    Finances de la Métropole, fonctionnement, économies, fiscalité…À vous la parole ⬇️

  • Meizonnet relance la corrida à Vauvert

    Meizonnet relance la corrida à Vauvert

    Nicolas Meizonnet continue-t-il son instrumentalisation des traditions taurines ? Pour l’opposition, l’annonce effectuée par le nouveau maire de Vauvert le 2 juin d’un retour de la corrida dans les arènes Jean Brunel en est un nouvel exemple. Elle sera organisée le dimanche 9 août en début de fête votive, après neuf ans d’absence.

    Rapidement, les militants opposés à la corrida comme l’Alliance Anticorrida ont fait part de leur consternation et y ont vu un « coup de communication » du nouveau maire. Mais aucune action en justice n’est prévue. En effet, pour que le retour de la corrida soit contesté, il faut une rupture de la tradition tauromachique locale durant plusieurs années. Ce fut par exemple le cas à Pérols qui avait été interdit de spectacle taurin avec mise à mort. Mais à Vauvert, la tradition a perduré durant les mandats de Jean Denat (PS), puisque des novilladas ont continué d’être organisées. Or entre une novillada et une corrida, seul l’âge du taureau diffère.

    Si certains élus d’opposition sont fondamentalement opposés à la mise à mort du taureau, c’est surtout sur l’aspect financier qu’insistent aujourd’hui les opposants à Nicolas Meizonnet. « Le contrat présenté en conseil municipal court sur deux ans et ne concerne que la communication et le conseil d’Hadrien Poujol. C’est tout de même 24 000 euros par an. Pour une mairie qui n’a pas beaucoup de moyens, ça commence à faire cher les festivités. Pour l’instant, on ne connaît même pas le prix de la corrida », fustige Magali Nissard, élue d’opposition.

    Moins de culture,

    plus de corridas

    De plus en plus onéreuses, les corridas représentent en effet un poste budgétaire important dans l’organisation des fêtes votives. Des villes comme Alès ont d’ailleurs réduit la voilure dans ce domaine lors de la feria 2026. Vendredi 5 juin, le maire d’extrême droite a également présenté en conseil municipal la grille tarifaire pour les 4 000 places que comptent les arènes vauverdoises, qui s’étend de 10 à 85 euros.

    « L’argent qui est économisé en annulant Jazz à Vauvert sert en réalité à organiser une corrida. Le maire a coupé dans les subventions aux associations à hauteur de 88 000 euros. Il dit que c’est -30% pour tout le monde mais en réalité, certaines associations ont gardé la même subvention quand d’autres ont eu des baisses. Ils ont aussi augmenté les tarifs du centre de loisirs. Ils détricotent tout ce qu’on avait fait pour atteindre un objectif de mixité sociale », ajoute Magali Nissard, qui craint que cette corrida ne dénature la fête votive vauverdoise.

    « Est-ce que les habitants attendent ça ? Je ne suis pas sûre que ceux qui sont attachés aux traditions et à la fête votive à Vauvert soient très intéressés par une manifestation de tauromachie espagnole. Même des personnes de l’électorat de Meizonnet le disent. En plus, la fête commence le samedi soir et le dimanche, c’est la première vraie journée où il y a habituellement le déjeuner au pré, la course camarguaise l’après-midi et de nuit dans les arènes. Comme c’est le week-end, c’est vraiment attendu. Ces animations qui marchaient bien seront placées le lendemain », regrette l’élue d’opposition.

  • Un nouveau casse-tête pour les maires de la Métropole

    Un nouveau casse-tête pour les maires de la Métropole

    C’est peu dire que l’option retenue, ce mardi, par le préfet pour arrêter le budget métropolitain, de renvoyer la grenade dégoupillée aux élus pour arbitrer les 53 millions de coupes entre les différentes communes, les a pris pour la plupart de court. En urgence, les maires de la Métropole se sont réunis par visioconférence, en fin d’après-midi. Avec pour principale interrogation les moyens à leur disposition pour exécuter la copie rédigée par l’état, ou la réécrire collectivement. Face aux autres édiles, le président (LR) de l’institution, Nicolas Isnard, a ainsi plaidé pour reprendre les préconisations de la chambre régionale des comptes qui sabrait la dotation de solidarité communautaire (DSC). Dans son entourage, on estime que le budget signé par le préfet, qui coupe dans les attributions de compensations, n’est pas applicable puisque la Métropole s’est engagée, le 15 décembre dernier, sur des montants pour chaque municipalité. En fin d’année, elle n’aurait donc plus de crédits pour remplir ses obligations. D’autant plus que toute modification doit être validée par une majorité qualifiée et l’ensemble des communes. Une lecture qui diffère de l’appréciation du préfet.

    Quitte ou double à Marseille

    « Il va falloir s’entendre pour sortir de l’impasse », souffle-t-on dans l’entourage du maire de Marseille. Les projecteurs braqués sur les attributions de compensation, dont le mode de calcul n’est pas favorable à la capitale régionale, vont dans le sens du discours défendu par Benoît Payan (DVG), et on « prend acte de la décision courageuse du préfet ». Reste la menace d’un retour à la copie de la chambre régionale des comptes, qui faisait perdre 36 millions d’euros à la commune en touchant à la dotation de solidarité communautaire. « Ce serait étrange que les maires reviennent sur le seul acte politique qu’ils ont posé dans le mandat, pointe-t-on dans les couloirs de l’hôtel de ville. Revenir à une coupe sans contexte et sans réflexion de la DSC, ce serait bafouer toute forme de solidarité métropolitaine. » En pointant les coupes opérées dans les transports, le fonctionnement métropolitain, ses subventions. « Une réforme structurelle de la Métropole est nécessaire et inévitable », insiste-t-on.

    Une autre voie pour Martigues

    « Nous pouvons faire autrement, avec une augmentation très modérée de l’impôt pour sortir de ce mauvais pas », plaide pour sa part le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux. Une voie jusqu’ici refusée par les magistrats financiers, le préfet et le président de la Métropole. « Il y a quelque chose de dogmatique dans ce refus, il faut trouver des ressources », défend l’édile, les entreprises contribuant trois fois plus que les ménages. « Si on touche aux attributions de compensation, bon nombre de maires voteront contre, si on supprime la DSC, le maire de Marseille aura raison de s’opposer, ces deux solutions n’existent plus », détaille-t-il. Défendant la nécessité de créer un établissement dédié aux mobilités, avec un versement revalorisé.

    Une alerte pour Aubagne

    Le maire (DVG) d’Aubagne, Jean-Pierre Squillari, confie : « Je note avec satisfaction que cette feuille de route budgétaire confirme la pérennité de la gratuité des transports, dans l’immédiat. » L’élu reste cependant en alerte sur ce sujet [lire ci-contre]. « En modulant les attributions de compensation, le préfet a ouvert un dossier complexe, que beaucoup qualifiaient jusqu’ici de “boîte de Pandore” », alerte par ailleurs l’édile. Et d’asséner : « La solidarité est une valeur cardinale que je revendique pour notre territoire, mais elle ne doit pas servir de variable d’ajustement pour compenser des déséquilibres historiques dont les communes ne sont pas responsables ».

  • [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    [Entretien] « Mon rôle sera d’exiger la transparence totale »

    La Marseillaise : Quels seront vos principaux sujets de vigilance ?

    Antoine Bertrand : Cette commission des finances revient traditionnellement à l’opposition. Il n’y a donc aucune entente avec la majorité, contrairement à ce que certains essaient de faire croire. Mon rôle sera d’exiger la transparence la plus totale sur les comptes publics de la Ville. Michaël Delafosse présente des budgets à l’équilibre, mais quand on regarde les trajectoires budgétaires, il y a de vrais sujets d’inquiétude. Le contrôle financier ne doit pas être seulement dans les mains de l’exécutif municipal : il revient aussi au conseil municipal, qui représente le peuple. Cette fonction, je veux l’exercer avec sérieux, dans l’intérêt général des Montpelliérains.

    Vous critiquez notamment l’augmentation de la fiscalité. Pourquoi ?

    A.B. : Le problème est démocratique. Cette hausse des impôts était visiblement anticipée avant les élections, mais elle n’a pas été annoncée aux Montpelliérains pendant la campagne. Si Michaël Delafosse avait été honnête, il aurait permis un vrai débat budgétaire. Or cette hausse arrive quelques semaines après les municipales, dans les alcôves du conseil municipal et de la métropole. En plus, elle s’accompagne d’une baisse des investissements publics et des moyens pour les services publics : c’est un budget austéritaire. On ne peut pas augmenter la pression fiscale sans engager les investissements structurants dont la ville a besoin. Nous aurions fait d’autres choix : une régie publique de l’énergie, une politique volontariste du logement social et étudiant, ou encore la gratuité des cantines scolaires. L’alimentation n’est pas un bien marchand, c’est un bien commun.

    Vous mettez aussi en cause la responsabilité de l’État. Que lui reprochez-vous ?

    A.B. : Il y a un véritable hold-up de l’État sur les collectivités, commencé sous François Hollande et poursuivi depuis. Les dotations baissent ou stagnent, les fonds comme le fonds vert sont réduits, et les communes doivent chercher des subventions partout. L’État assèche les collectivités, tout en leur transférant toujours plus de charges. Cela réduit leur autonomie fiscale et abîme la démocratie locale. À Montpellier, où le taux de pauvreté est massif, autour de 24%, l’augmentation de la fiscalité est un double coup de massue, surtout avec le coût du logement.

  • Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    Le préfet coupe dans le budget métropolitain et renvoie la balle aux élus

    La deuxième Métropole de France peut de nouveau reprendre la main sur ses finances. Près de deux mois après le refus des élus de voter le budget pour protester contre des coupes budgétaires, celui-ci a été notifié ce mardi matin à l’intercommunalité par le préfet de région.

    «Je suis resté volontairement silencieux tout au long du processus pour ne pas perturber le débat, cette phase est terminée», partage Jacques Witkowski. Lui souligne le «choix surprenant» qu’a fait l’hémicycle métropolitain, en assurant que «ce n’est pas une collectivité qui est en faillite, […] on n’était pas dans une situation d’urgence qui aurait nécessité une intervention majeure». De quoi écarter tout recours à une hausse des impôts locaux. Il exonère aussi l’État de toute responsabilité dans le déficit de 144 millions d’euros : «Les concours financiers sont supérieurs à ce qu’ils étaient en 2023, cela reste une collectivité aidée au-dessus de ce que l’on fait habituellement.»

    «Je remets le ballon au centre»

    Aussi reprend-il à son compte les coupes claires préconisées jeudi par la chambre régionale des comptes dans son avis budgétaire, avec 91 millions d’euros d’économies dont 25 millions pour les transports, 12 millions pour les subventions aux associations et opérateurs métropolitains, 4,5 millions sur la masse salariale.

    Mais là où les magistrats financiers prévoyaient de retirer 53 millions dans la dotation de solidarité communautaire (DSC) versée aux communes pour compenser les inégalités du territoire, lui propose de tailler dans les attributions de compensation (AC), reversées aux municipalités sur la base de l’ancienne taxe professionnelle. «Le préfet doit faire respecter les lois et les règlements de la République», justifie-t-il. Or, la chambre régionale des comptes avait pointé 178 millions d’euros d’attributions de compensation considérées comme indues. Tandis que la DSC est une obligation légale.

    Il ne désigne cependant pas les villes qui verront leurs reversements coupés. Ce sera à l’hémicycle métropolitain de répartir ces 53 millions de coupes entre ses communes, à une majorité qualifiée des trois cinquièmes, suivi d’un vote des conseils municipaux. A moins que les élus ne décident désormais de voter une décision budgétaire modificative pour changer la copie rendue par le préfet et piocher malgré tout dans la dotation de solidarité. «Dans ces deux chemins, il y a une condition absolue, la Métropole doit équilibrer son budget», rappelle le représentant de l’Etat. Et d’imager : «Cela ne fait jamais plaisir quand un arbitre de terrain siffle une faute de jeu. C’est ce que je fais, je remets le ballon au centre.» Ce qui est certain, c’est que les communes devront revoir leurs budgets déjà votés.

    Enjeux parlementaires

    Face à l’appel des maires de déconstruire l’édifice intercommunal, «l’Etat n’est pas saisi d’un débat de modification de la Métropole, ce n’est pas à l’ordre du jour, indique le préfet. S’ils veulent un débat on s’en saisira, mais ça prendra du temps». Quant à la hausse demandée du versement mobilité pour faire contribuer davantage les entreprises au financement des transports, «c’est un choix du Parlement», rappelle-t-il. Comme toute évolution du statut de la RTM évoquée en conférence des maires la veille.

  • Avant l’été, un grand nettoyage débute à Marseille

    Avant l’été, un grand nettoyage débute à Marseille

    Sur le quai de la Fraternité, les étals des poissonniers paraissent bien maigres à côté de la trentaine de véhicules de nettoyage stationnés, ce vendredi matin. Le dispositif se veut imposant, déployé pour illustrer la capacité qu’ont la Ville et la Métropole à « décaper Marseille ».

    Hedi Ramdane, adjoint au maire de Marseille délégué à la propreté, s’en félicite : « L’opération est faite à la demande du maire. C’est une nouvelle étape dans notre relation : la Ville et la Métropole vont pouvoir travailler main dans la main. »

    Sur le Vieux-Port, l’opération devrait durer 15 jours. « La question de la propreté est essentielle à Marseille, notamment durant l’été (…). Il y a un surplus de personnes, ce qui nécessite une action renforcée, expose l’adjoint. C’est la première pierre d’une opération qui va se prolonger au-delà du cœur de ville, pour pouvoir être réalisée dans d’autres secteurs. »

    Le coût du dispositif reste flou

    Devant les agents présents, Pierre Huguet, vice-président de la Métropole délégué à l’Amélioration du cadre de vie, martèle : « Vous l’avez compris, la volonté de la Métropole est de pouvoir mettre les moyens. » Par ailleurs, les élus promettent que de nouvelles machines de nettoyage arriveront d’ici quelques semaines.

    Cette opération propreté intervient dans un contexte budgétaire tendu, alors que la Chambre régionale des comptes vient de recommander d’importantes coupes dans les finances, dans la foulée du refus des élus de la Métropole de voter son budget (lire ci-dessus). Alors que le coût précis de ce dispositif reste pour l’instant flou, les élus tentent de rassurer : « Les chiffres correspondront à la réalité économique des Marseillais. »

  • Une Métropole des maires sous tension

    Une Métropole des maires sous tension

    L’addition était attendue, mais elle fait grincer des dents. En rendant son avis budgétaire ce jeudi midi sur les finances métropolitaines, un mois et demi après le refus de l’hémicycle d’adopter un budget grevé par les ponctions de l’État, la Chambre régionale a appuyé là où cela fait mal. Sur les 118 millions de coupes budgétaires soumises au préfet, qui doit rendre sa décision d’ici au début du mois de juillet, 53 millions d’euros pourraient être retirés à la dotation de solidarité communautaire (DSC), les fonds versés pour corriger les inégalités entre les communes. Si la fiscalité reversée aux communes, les attributions de compensation (AC) ne peut être modifiée sans vote à une majorité qualifiée des trois cinquièmes, ont confirmé les magistrats, cette coupe dans les dotations aux communes a de quoi faire tanguer la promesse du président (LR) de l’intercommunalité Nicolas Isnard, d’une Métropole au service des maires.

    Ex-président du conseil de territoire Marseille-Provence, vice-président de la Métropole lors de la dernière mandature et désormais sans délégation, le maire (DVD) de Gémenos, Roland Giberti, a ainsi interpellé le président de la Métropole pour protester contre la direction donnée à l’établissement public. Dans un courrier envoyé le jour même où la chambre régionale des comptes rendait son avis, celui-ci déplore le refus de voter le budget, qui avait été acté lors de la conférence des maires le 21 avril. « Laisser directement la main au préfet revient à renoncer à notre responsabilité et à transférer le travail à l’autorité représentant l’État », regrette-t-il. D’autant plus que beaucoup de maires n’ont pas été informés des échanges entre l’administration et les services de l’État. « Le silence ne peut pas tenir lieu de ligne politique », charge-t-il.

    « Hypocrisie » du RN

    L’ex-président de conseil de territoire déplore aussi : « Un déséquilibre croissant s’installe jour après jour au profit d’une gouvernance partagée instable et illisible. » En creux, le cafouillage sur les élections à la tête des organismes métropolitains a laissé des marques, après l’échec des candidatures marseillaises à One Provence et au syndicat mixte de l’Huveaune.

    Dans ce contexte, l’extrême droite se frotte les mains. « Nous saluons la plupart des recommandations des magistrats », applaudit face aux coupes l’élu UDR Jean-Baptiste Rivoallan, exception faite de celles qui touchent la dotation de solidarité communautaire. Mais face aux besoins de financement des transports, il refuse de mettre à contribution le patronat. Face aux critiques adressées à l’exécutif métropolitain, le collectif de droite Une génération pour Marseille dénonce « une hypocrisie », rappelant que le RN votait en janvier un amendement réduisant de 5 milliards les moyens alloués aux collectivités.