Tag: Boules

  • L’équipe Messonnier fait la Loy en finale de La Marseillaise

    L’équipe Messonnier fait la Loy en finale de La Marseillaise

    1ère mène

    L’équipe Messonnier prend les devants

    C’est parti pour cette grande finale !

    Bouchon à 9m20 avec une approche approximative de Patrick Messonnier. Patrick Laur a repris le point sans être brillant pour autant. Par contre, la deuxième approche de Messonnier vient sur le but.

    Ce qui oblige Sony Even à tirer avec succès. Avec maestria, Yohan Cousin vient à son tour sur le bouchon. Even frappe une nouvelle fois. Son deuxième appoint reste trop court. Michel Loy reprend l’avantage par le boulevard extérieur.

    La deuxième de Laur passe la troupe en revue, mais sans conséquence pour le point. Sébastien Rousseau, d’une frappe limpide, redonne aux siens l’avantage de la mène. Avant que Loy ne reprenne la meilleure place. Le tir de Rousseau est, cette fois-ci, sans résultat.

    MESSONNIER 1 -0 Laur
    2e mène

    Cousin sauve les siens

    Bouchon à 8m40. Beau point de Patrick Messonnier, mais Patrick Laur se rapproche davantage. Michel Loy manque par deux fois au tir. Yohan Cousin continue d’attaquer.

    Il sauve son équipe en expédiant le bouchon hors de limites réglementaires. Mène annulée.

    MESSONNIER 1 -0 Laur
    3e mène

    Égalisation inespérée
    de Laur

    Bouchon à 6m01. La boule de Patrick Messonnier termine à 1m15 du bouchon. Patrick Laur le gagne sans grande conviction. Messonnier reprend brillamment l’avantage. Ce qui envoie Sony Even au rond. Celui-ci manque sa première tentative, mais réussi sa deuxième. Avec une boule d’avance, Yohan Cousin taquine le bouchon dès son premier appoint. Sébastien Rousseau écarte provisoirement le danger, avant que Cousin n’ait pas de peine à reprendre le point de nouveau. Approche moyenne de Laur, puis frappe de Rousseau. Avec deux boules en main pour faire la différence, Michel Loy manque sa première tentative au tir. Déjà la troisième ratée dans cette partie. Devant cet échec, Loy décide de pointer sa dernière boule, mais n’a pas pu inverser la tendance.

    MESSONNIER 1 -1 Laur
    4e mène

    Mini break de l’équipe Messonnier

    Bouchon à 9m56. Patrick Laur pointe sans mettre ses adversaires en difficulté. Patrick Messonnier vient une nouvelle fois sur le but. Laur fait mieux que Messonnier avec un point à 44 centimètres du bouchon. Messonnier reprend de nouveau l’avantage. Sony Even ne semble pas dans son assiette. Rousseau se retrouve gêné, percute la deuxième approche du pointeur en blanc et lui rend la tâche plus agréable. Il fuse à sa deuxième boule qui vient frôler les balustrades. Dernière boule en main pour son équipe, Even vendange. Les blancs ont une belle occasion de réaliser un premier break. Après une première trop courte, Yohan Cousin part à l’attaque et réussi son coup. Michel Loy manque sa première tentative, avant de connaître plus de succès sur la deuxième.

    MESSONNIER 4 -1 Laur
    5e mène

    Loy passe la vitesse supérieure

    Bouchon à 8m10. Patrick Messonnier est une nouvelle fois implanté à côté du but. À l’inverse, Patrick Laur ne brille pas : une première à 1m50 derrière et une deuxième légèrement sur le côté. Sony Even loupe son premier tir. Cela semble être la Bérézina chez les bleus. Ils décident de tourner pour inverser la tendance. Mais Even n’est guère plus brillant à l’appoint. Une frappe de Sébastien Rousseau redonne un peu d’espoir sur la tournure que peut prendre la mène, mais les blancs ont toujours cinq boules en main. Michel Loy semble progressivement retrouver de sa superbe. Cette fois, c’est Messonnier qui déballe quelque peu. Mais Loy semble avoir enclenché en réalisant un carreau. Avec deux points au sol et deux boules en main, sans compter que Rousseau ne change pas la situation avec sa dernière boule, Yohan Cousin réalise deux approches impeccables. Le break est fait et les bleus ont franchi la mi-partie.

    MESSONNIER 8 -1 Laur
    6e mène

    Petite faute, grandes conséquences

    Bouchon à 8m90. Patrick Messonnier réalise une approche moyenne. Patrick Laur continue sa descente aux enfers à l’appoint. Ce qui condamne Sébastien Rousseau à partir à l’attaque. Il touche dès sa première tentative. Impassible, imperturbable, Messonnier a repris du poil de la bête. Chiquette de Rousseau, mais qui permet à son équipe de prendre le meilleur. Du grand Yohan Cousin oblige Sony Even à entrer en action avec bonheur. Les blancs réalisent une légère de faute en envoyant Cousin au point alors qu’ils avaient trois boules en main contre deux pour les bleus. Michel Loy se manque par deux fois à l’appoint et gâche une belle occasion de grimper davantage au score. Laur glisse un deuxième point en levant le poing en l’air, puis Even termine la mène avec un troisième point.

    MESSONNIER 8 -4 Laur
    7e mène

    Le douanier Rousseau redresse le navire

    Bouchon à 6m30. La boule de Patrick Laur passe le but de 80 centimètres. Patrick Messonnier reste trop court et ne reprend pas le point. Sa deuxième tentative est légèrement meilleure et gagne le point. Sébastien Rousseau se lance au tir et fait courir la boule adverse. Yohan Cousin gagne le point par l’extérieur. Laur passe au travers et Even s’efforce de faire tirer ses adversaires. Michel Loy s’exécute et frappe. Even continue le duel avec Loy, mais ce dernier n’a pas le dernier mot. Cousin ne gagne pas le point, mais positionne sa boule juste à la sautée de celle qui détient le point. Ce qui n’a toutefois pas empêché Rousseau de tirer avec efficacité.

    MESSONNIER 8 -5 Laur
    8e mène

    Cousin envoie son équipe
    vers les sommets !

    Bouchon à 6m20. Patrick Laur place une boule d’argent. Gaucher, Patrick Messonnier passe par l’extérieur, mais donne trop d’effet à sa boule et passe derrière le bouchon. Il se rectifie dès sa deuxième tentative. Laur pointe et coupe à peine la deuxième boule de Messonnier. Sébastien Rousseau ne connaît guère plus de réussite en se rendant sur le pas de tir : un trou d’abord, avant de faire une casquette qui permet aux blancs de garder le point. Sony Even se lance au bouchon pour éviter la grosse mène, voire la défaite, mais ses deux tirs sont manqués. Yohan Cousin cadre et permet à Michel Loy de glisser le treizième point. Patrick Messonnier, Yohan Cousin et Michel Loy remportent le Mondial La Marseillaise à pétanque ! C’est une première victoire dans la cité phocéenne pour les champions de France doublette, Michel Loy et Yohan Cousin, et surtout une troisième pour Messonnier, qui rejoint Jean-Michel Puccinelli, Philippe Pécoul, Raymond Authieu, François Mélis, Noël Bengler et Eugène Lubrano.

    MESSONNIER 13 -5 Laur
  • Yohan Cousin : « J’ai toujours été bien accueilli à La Marseillaise »

    Yohan Cousin : « J’ai toujours été bien accueilli à La Marseillaise »

    La Marseillaise : Après un 8e
    de finale en 2024, puis un 32
    e
    de finale en 2025, comment se passe votre troisième campagne au Mondial en compagnie
    de Messonnier et Loy?

    Yohan Cousin : Ça se passe très bien, même si c’est éprouvant. On avance petit à petit avec mes partenaires et on produit un très bon jeu. Il y a une vraie cohésion d’équipe. Pour l’instant, tout roule : tant que l’on continue à gagner, l’aventure se poursuit et on garde le sourire. Avec l’espoir d’aller au bout.

    Quel est votre rapport avec La Marseillaise ?

    Y.C. : En fait, ce qui est bizarre à La Marseillaise, c’est qu’on fait trois ou quatre parties par jour, mais on est épuisé. On a l’impression d’avoir fait les Nationaux comme on fait nous toute l’année. On est beaucoup plus épuisé à La Marseillaise, alors que c’est sur plusieurs jours étalés, que nous, quand on fait un week-end complet à un National, où on va au bout. C’est ce qui fait la magie aussi de ce concours. On rencontre vraiment tout type de personnes. Des gens qui ne sont pas licenciés, qu’on a rencontrés hier en quarts de finale. Le pointeur qui n’avait pas de licence avant. C’est vraiment une belle aventure pour lui. Après, c’est ce qui fait la beauté de La Marseillaise. Moi, j’ai toujours été bien accueilli ici. Je passe toujours de super beaux moments.

    Votre collaboration avec Michel Loy porte à nouveau ses fruits. Comment cette osmose est née
    au sein du tandem ?

    Y.C. : Au départ, je devais jouer avec Ligan [Doerr] et Michel à Nice. Le matin même, on apprend que Christophe [Sarrio] remplace finalement Ligan. On dispute le National ensemble et, très vite, le courant passe avec Michel. À la fin, il me glisse : « Si tu cherches un troisième l’année prochaine, je suis disponible. » J’ai d’abord cru à une blague. Mon club est modeste, il n’y a ni gros moyens ni contrat. Quand un triple champion du monde te dit ça, tu te demandes ce qu’il vient faire chez toi. Quelques jours plus tard, il m’envoie un message pour me demander si on joue ensemble la saison suivante. C’était un immense plaisir. L’année d’après, on est champions de France en doublette. Parfois, certaines rencontres sont simplement faites pour arriver. Depuis, on fonctionne très bien ensemble. On est complémentaires et, quel que soit notre troisième, on arrive toujours à bien jouer.

    Vous avez récemment porté les couleurs de l’équipe de France aux championnats d’Europe. Comment avez-vous vécu
    cette expérience
     ?

    Y.C. : Je l’ai vécu assez difficilement. Dès mon arrivée, je suis tombé malade. Je n’ai pas pu évoluer à mon meilleur niveau avec Mickaël en doublette, et ça m’a frustré parce que je n’aime pas pénaliser mes partenaires. En revanche, je me sentais beaucoup mieux pour la finale et je pense avoir réalisé une belle prestation. On a même eu deux boules de gagne, mais c’est le sport. Il faut savoir rebondir. On travaille pour être performants et offrir du beau jeu à tous ceux qui nous suivent. Il y a des encouragements, mais aussi des critiques : c’est le lot du sport de haut niveau. L’essentiel est de garder le cap, rester dans sa bulle et continuer à prendre du plaisir sur le terrain.

    En dehors de vos parties,
    vous passez beaucoup de temps
    à regarder celles des autres. Comment est née votre passion pour la pétanque
     ?

    Y.C. : J’ai traversé une période compliquée avec la perte d’un proche de mes parents. Puis, à 19 ans et demi, on m’a diagnostiqué un diabète. Pendant six mois, j’ai complètement décroché : j’ai arrêté le sport et mis beaucoup de choses entre parenthèses. C’est alors que mon oncle, Jacques Lefebvre, président de club, m’a lancé : « Pourquoi tu ne te mettrais pas à la pétanque ? » J’ai décidé de tenter l’aventure. J’ai d’abord pris une licence en FSGT, puis en FFPJP, près de Brest. Les résultats sont arrivés très vite : dès ma première saison, je me qualifie pour le championnat de France. C’était le début d’une belle aventure.

  • Les acteurs du Mondial récompensés

    Les acteurs du Mondial récompensés

    Le dernier déjeuner de l’espace VIP du Mondial a été l’occasion de remercier quelques figures phares de l’événements, décorées pour leur engagement. Et c’est à Gérard Schneider, président de la Fédération Internationale de Pétanque et de Jeu Provençal, qu’est revenue la première plaquette d’honneur. Absent ce mercredi, c’est à Michel Le Bot, président de la Fédération française, qu’a été confiée la récompense.

    Clélia et Lola Delannoy, petites-filles de Guy Delannoy, bénévole historique du bureau des jeux, sont ensuite montées sur scène, pour recevoir la médaille du mérite pour leur investissement en tant que bénévoles. « Elles ont commencé en venant respirer l’air vivifiant du Mondial la Marseillaise à Pétanque, toutes jeunes, puis, peu à peu, elles ont commencé à préparer les sacs pour la dotation des joueurs, qu’elles continuent à faire aujourd’hui », s’est ému leur grand-père.

    La rédaction à l’honneur

    Véronique Meynier et Émilie Parente, secrétaires de rédaction à La Marseillaise, ont, elles aussi, reçu leur médaille du mérite. « Je suis vraiment très contente d’avoir eu cette récompense avec Véronique, ma coéquipière au quotidien, s’est enthousiasmée Émilie. Mais je veux rappeler qu’il s’agit d’un travail collectif : tous les maillons de la chaîne sont importants ». Christophe Casanova, coordinateur du Mondial et journaliste à La Marseillaise, s’est quant lui vu attribuer une plaquette d’honneur.

  • Tiercé gagnant pour Messonnier

    Tiercé gagnant pour Messonnier

    Il en a fallu de la sueur, de la hargne, de l’émotion pour atteindre cette finale qui fait rêver tant de pétanqueurs.

    Il suffisait de voir la joie de Sébastien Rousseau lorsqu’il a glissé le point de la victoire lors d’une demi-finale « hitchockienne » face à Franck Pick et les Malgaches, pour comprendre combien cette Marseillaise vous porte, vous envoûte. Il allait jouer sa seconde finale, après celle de 2020, avec ses partenaires Patrick Laur et Sony Even. Les six finalistes ont bien mérité l’ovation lors de la présentation des équipes. Il fallait convertir l’essai pour rentrer dans l’histoire. « Un finale ne se joue pas, elle se gagne ». Cette devise légendaire ne déroge jamais à la règle.

    Au coup d’envoi, dans un stade chaud comme la braise, il y avait qu’une certitude. Un seul des six protagonistes a gagné le Mondial la Marseillaise : Patrick Messonnier. Ses partenaires Michel Loy et Yohan Cousin, visaient un premier titre. Les trois hommes avaient fait tomber le matin les favoris Pierre Maurel, Kévin Prud’homme, Maison Durk en demi-finale.

    Après ce tableau dressé les incertitudes arrivent, comme dans toutes les finales de la Marseillaise. Comment chaque équipe, chaque homme vont-ils supporter la pression décuplée. Elle peut paralyser.

    Partie à sens unique

    Les réponses ne tardent pas à venir. Dès les premiers instants de la partie, on sent un Patrick Laur en manque de sérénité. Son expérience à ce niveau est nul. Il perd rapidement les pédales et ne va jamais se reprendre. Certes, son vis-à-vis Messonnier ne fait pas de miracle, mais il lui a pris un ascendant psychologique.

    Jamais le Parisien aura l’opportunité de se reprendre. C’est la clé de la partie. Les premières mènes se limite entre un duel de milieu. Yohan Cousin est impérial, Sébastien Rousseau en dents de scie. De part et d’autre, le jeu est moyen avec très peu de prise de risque au tir du côté de Loy également peu performant. Dans le cas opposé, la prestation catastrophique de Laur est un handicap pour ses partenaires visiblement touchés moralement. Le score enfle rapidement (8-1).

    On sent Sony Even pas du tout dans son assiette. Un semblant d’espoir renaît mais il est éphémère. Le public essaie de relancer les débats en encourageants les favoris. Mais rien n’y fait. L’ultime mène est catastrophique pour Laur et ses partenaires, à l’image de leur prestation d’ensemble. Avec une facilité dérisoire et après seulement une heure de jeu, Patrick Messonnier, Yohan Cousin et Michel Loy enfoncent définitivement le clou en inscrivant cinq points synonymes de victoire. Sans joie excessive, Michel Loy complète son énorme palmarès avec un titre qu’il voulait vraiment gagner cette année. Sans faire de bruit, Patrick Messonnier rentre dans le cercle fermé des joueurs à trois victoires. Yohan Cousin, l’homme de la partie, a donné un récital pendant quatre jours.

    Ses prestations ne font que confirmer son énorme talent et sa place en équipe de France est loin d’être usurpée. Patrick Laur, Sébastien Rousseau et Sony Even ont trop manqué de ressources mentales et physiques pour gravir le dernier échelon avec succès.

    Au terme de quatre jours d’une intensité folle, cette 65e édition referme son rideau. Si la finale n’a pas offert le spectacle espéré, elle rappelle une nouvelle fois que Le Mondial ne couronne pas toujours l’équipe qui joue le mieux, mais celle qui sait dompter la pression au moment décisif.

    2

    C’est le nombre de finale perdue par Sébastien Rousseau, deux ans après celle avec Marc Tierno et Joseph « Tyson » Molinas, face à Jean-Claude Jouffre, Philippe Quintais et Philippe Suchaud.

    Diabète

    Victime d’une baisse de sucre, Yohan Cousin a beaucoup bu avant et pendant la partie pour trouver l’équilibre nécessaire. Ce qui ne l’a pas empêché de réaliser une prestation à la hauteur de son talent.

  • Le Handi Mondial s’assure un succès unanime

    Le Handi Mondial s’assure un succès unanime

    Quelle différence entre le Handi Mondial et le tournoi classique de La Marseillaise ? Aucune, finalement. La convivialité, la bonne humeur, le fair-play et le niveau de jeu sont bien présents pour cette 6e édition, en partenariat avec l’AJC Marseille. L’association propose à l’année des cours de sport inclusifs, c’est-à-dire en mélangeant les valides avec des personnes en « situation particulière ». Eyvann Morival, responsable sport-santé, détaille l’historique de cette collaboration entre l’AJCM et le Mondial. « Tout d’abord, le projet a été initié par le président de notre association, Patrick Jammes. Il a voulu proposer un concours pour mettre à l’honneur le handicap. Depuis 2023, des qualifications sont organisées en amont du tournoi, à Arles, Salon-de-Provence, Septèmes-les-Vallons et Marseille. Il y a cinq qualifiés à chaque fois et une dernière phase a lieu la veille du Handi Mondial, ici-même, avec 12 qualifiés au final. »

    Cette première matinée de compétition réunissait donc les 32 meilleures équipes de la région et au-delà. Des Savoyards étaient en lice, tout comme des Ardennais et l’équipe ukrainienne. Ces deux triplettes s’affrontaient justement en 16e de finale. Remportée 10-8 par la formation française, la partie a accouché d’un joli moment de fraternité, quand tous les participants ont posé pour une photo avec le drapeau de l’Ukraine.

    Eric, Olivier, Paul et Jean-Luc sont des membres de la Boule Mouzonnaise, au cœur des Ardennes. Ils ont fait 1 000 km pour arriver jusqu’à Marseille. « On va tout faire pour arriver dans le carré final ! Mais si jamais on n’y va pas, on aura passé un très bon moment. Nous sommes arrivés vendredi dernier pour profiter du tournoi. C’était notre rêve La Marseillaise, le club a déboursé entre 8 et 9 000 euros pour venir ici. Nous voulions engager une équipe valide et une équipe handi et c’est chose faite », détaille Eric, président de la Boule Mouzonnaise.

    De 32 à 2 triplettes en lice

    Après trois parties de 40 minutes jouées sous les arbres du parc Borély, les demi-finalistes étaient connus. Deux triplettes se sont imposées d’une courte tête pour participer à la grande finale sur le terrain d’honneur. Frédéric Coppola, Malik Ayud et Philippe Navarro d’un côté, Lazar Vujicic, Frédéric Mille et Sébastien Santiago de l’autre. Chaque équipe comptait une personne handicapée, soit le minimum autorisé par le règlement. Frédéric Coppola était ambitieux avant ce duel. « Je suis content d’arriver en finale, grâce à mes amis qui m’ont supporté toute la journée. Les performances ont été bonnes et j’espère que l’on va gagner. » Une nouvelle édition que l’organisation qualifie de « réussie ».

    Coppola, Ayud et Navarro inscrivent leur nom au palmarès

    La finale de ce Handi Mondial, sixième du nom, s’est déroulée sur le terrain d’honneur et sous une chaleur caniculaire. Cette partie pour le trophée a été dans l’ensemble équilibrée. L’équipe Coppola a commencé fort lors de ce duel limité à 55 minutes. Elle a rapidement mené 6-1 face à la triplette Vujicic. Ensuite, ces derniers ont réussi à recoller à une longueur (6-5). Dans le dernier quart d’heure de jeu, Frédéric Coppola – Malik Ayud – Philippe Navarro ont suffisamment accéléré pour sécuriser la victoire. Leur tireur Malik Ayud a notamment été habile dans les moments clés.

  • Franck Picq, le cœur sur l’humain

    Franck Picq, le cœur sur l’humain

    La déception et même l’amertume se lisent sur son visage. À 40 ans, allure fine, cheveux courts bruns et barbe poivre et sel, Franck Picq a vécu un rêve éveillé, qui s’est achevé cruellement aux portes de la finale. Avec le tenant malgache, Yves Rakotoarisoa, et son compatriote, Jean-François Rakotondrainibe, dit « Zigle », la triplette a manqué d’un rien le Graal. Franck s’accusait même de ne pas avoir été à la hauteur de l’enjeu et du niveau de ses prestigieux partenaires. Mais son entourage le dissuadait de nourrir cette pensée. « Je culpabilise toujours quand on perd », avouait-il. « C’est immense d’être arrivé là. Si je joue avec des coéquipiers comme moi, je passe pas le dimanche. Mais là, c’est pour eux que je voulais aller au bout. »

    Pourtant, l’histoire est belle, même si elle ne finit pas en apothéose. En à peine trois ans de pétanque, Franck a atteint le carré d’honneur que visent des dizaines de joueurs confirmés. Né à Vaulx-en-Velin, père d’une fille de 17 ans, il vit avec Nadège, mère d’un fils de 18 ans, et dirige deux entreprises. C’est à Décines que commence son lien avec la pétanque. « Le président du club, Eric Colombero, m’a proposé de venir voir. Et j’ai accroché », explique-t-il. À partir de là, tout s’enchaîne. « J’ai commencé à jouer, avec de très bons jeunes, Enryck Begnis et Stéphane Vang. J’ai décidé de les soutenir pour les déplacements, etc. » Franck ne s’en cache pas, il a un rôle de partenaire financier. « J’ai aucun problème avec ça, j’apporte un appui, sur mes propres deniers, je progresse à la pétanque et ça permet à de bons joueurs d’avoir des facilités. » C’est ce type de partenariat qu’il a établi avec ses deux équipiers malgaches. Mais pour lui, la priorité, c’est le rapport humain. Avec la communauté de Madagascar, il a noué une relation à part. Tout démarre grâce à un jeune étudiant malgache, Tsiri, avec qui il joue. « Il m’a demandé si je pouvais aider Yves et Zigle à venir en France. Ils sont arrivés en janvier. En fréquentant les Malgaches, j’ai découvert des gens formidables. La porte d’entrée, c’est la pétanque, mais ça compte pour 30%. Les 70% restants de l’histoire, c’est de l’humain. » Franck a œuvré pour qu’ils obtiennent leur visa et un titre de séjour, a fait en sorte de leur trouver un boulot, leur a décroché le statut de sportif de haut niveau. « C’est un ange ! », sourit Yves. « Je veux le meilleur pour ces jeunes », glisse Franck sans détour. Et il reconnaît qu’il en retire des avantages pour la pétanque. « Je prends du plaisir, eux aussi, tout le monde est content ! »

    Désormais, tous trois sous les couleurs du club de Décines, ils forment une équipe performante, qui ambitionne de participer au championnat de France. « Pour l’an prochain, on l’envisage », lance Franck. Ce qui implique aussi quelques sacrifices. La pétanque lui prend 42 week-ends par an. « Malgré ce rythme, ma compagne me soutient. Je crois qu’elle m’aime plus moi que la pétanque ! »

    Jan-Cyril Salemi

  • Un final qui s’annonce explosif pour la 65e édition

    Un final qui s’annonce explosif pour la 65e édition

    On ne s’y attendait pas pourtant le ciel leur est tombé sur la tête. Ni Puccinelli, ni Rocher, ni Foyot, ni N’Guyen, ni Montoro, ni Tyson Molinas, ni Gayraud n’auront le plaisir de rentrer dans le dernier carré de cette 65e édition du Mondial la Marseillaise à pétanque.

    Ils ont tous pris un coup de chaud en ce mardi complément dingue où les surprises ont succédé aux surprises, où des outsiders ont su donner le meilleur d’eux-mêmes afin de créer un exploit retentissant. C’est le charme de cette Marseillaise où l’on peut voir un joueur disputant son premier concours officiel, en l’occurrence Romain Coulomb de Tourves battre le grand Foyot.

    Quelques irréductibles

    Quelques irréductibles favoris ont su faire le dos rond pour se retrouver ce matin dans ce carré France TV : Patrick Messonnier, Michel Loy, Yohan Cousin ont été les premiers à gagner leur billet pour les demi-finales. Ils ont été chirurgicaux durant trois jours avec un Michel Loy en forme olympique à son poste de tireur. Ce sera son premier carré d’honneur pour le champion du monde.

    Une anomalie enfin effacée. Yohan Cousin est également un novice dans cette configuration à l’inverse de Patrick Messonnier double vainqueur. Cette équipe a de l’allure, de l’expérience mais elle devra sortir le grand jeu face à l’autre pointure composée de Pierre Maurel, Maison Durk et Kevin Prud’homme ce matin à partir de 8h30.

    Un choc de titan, une finale avant la lettre. On peut employer tous les superlatifs même si la vérité reste celle du terrain et dans l’antre de Borély rien n’est jamais acquis même si Maurel et ses partenaires ont une longueur d’avance compte tenu de leur passé dans ce Mondial.

    Sébastien Rousseau avait échoué en finale. C’était en 2024. Le revoilà pour aller chercher son premier titre à Marseille en compagnie de Patrick Laur et Sony Even. La triplette est équilibrée et dégage une force tranquille. Cette sérénité sera obligatoire dans la deuxième demi-finale.

    Yves Rakotoarisoa impressionnant toute la journée avec son tir dévastateur. Pourtant il est passé par un trou de souris en 8e de finale face à Rémy Galleau. Lancé dans la course au doublé avec ses partenaires, le champion du monde de tir de précision Jean-François Rakotondrainibe, alias « Zigle » et Franck Picq, très à l’aise durant ce Mondial. Dans un quart-de-finale qui s’est prolongé tard dans la nuit, la formation franco-malgache a trouvé les armes pour s’imposer et, ainsi, se qualifier pour le dernier carré doré.

    1

    Première participation pour Michel Loy, dans le dernier carré et Yohan cousin. Un paradoxe pour ces deux champions.

    Retard fatal

    Gilles Gayraud a été victime mardi matin du retard d’un de ses coéquipiers qui lui a coûté la victoire. Rien ne doit être laissé au hasard au Mondial.

  • Sabry Bendjilali, l’homme au carnet

    Sabry Bendjilali, l’homme au carnet

    Au bord des terrains, Sabry Bendjilali veille sur l’élite de la pétanque française. Il est presque impossible de le rater : cet accompagnateur de performance ne se sépare jamais de son carnet de notes. « J’ai la mémoire qui flanche », ironise-t-il. « C’est surtout qu’il y a énormément de parties et beaucoup de joueurs. »

    Ancien joueur devenu psychologue, il œuvre au sein de la cellule de performance de l’équipe de France pour déployer le projet de performance individuelle réclamé par le ministère des Sports. Son rôle ?

    S’interdire de penser comme un pratiquant

    Suivre les collectifs seniors et juniors -douze chez les femmes, sept chez les hommes, dont Mickaël Bonetto, vainqueur du Mondial en 2023. « Avoir une vision à 360 degrés de l’athlète, aussi bien sur le plan professionnel que familial et surtout sur l’entraînement et la régulation », explique-t-il.

    Sabry scrute la gestion des boules importantes, l’intensité et l’attitude. « Certains s’énervent parce qu’ils jouent mal, ça les fait sortir de la partie. La régulation se fait sur ça. Le “pendant” est le plus important. Le but est d’essayer de modifier le comportement sur un regard, un geste, un échange, pendant que ça compte. Après, c’est trop tard. »

    Cet observateur aiguisé s’interdit de penser comme un pratiquant. « Il faut arriver à oublier que tu sais jouer. Tu ne peux pas être joueur et coach, tu casses la distance. » Sa mission : épauler le staff et structurer le haut niveau pour combler le retard français. « On sait ce qu’on doit faire. On va regagner, et gagner pendant longtemps. »

  • Clément et Didier Duvernay : esprit de famille

    Clément et Didier Duvernay : esprit de famille

    Toujours souriants, les mêmes yeux bleu ciel, le visage buriné par le soleil de Borély, grands et costauds l’un comme l’autre. La team Duvernay ne peut pas cacher la génétique commune. Seule la barbe les distingue, claire et fine pour Didier, le père, foncée et épaisse pour Clément, le fils. Côté pétanque, si le palmarès du plus jeune est le plus fourni, c’est aussi un peu à son père que le mérite en revient. « C’est lui qui m’a tout appris et il m’a donné envie de continuer », glisse d’emblée Clément. « Depuis qu’il a 11 ans, on joue ensemble », ajoute Didier. Une constance rare dans le monde des boules, qui est peut-être le secret de la réussite. Simplicité, proximité, respect, et esprit de famille, voilà les mots-clés chez les Duvernay. À 33 ans aujourd’hui, Clément vit à Sancé en Bourgogne, le village de sa naissance, où résident toujours ses parents.

    Même leur lien avec La Marseillaise est une histoire de famille. « J’avais 12 ou 13 ans, raconte Clément, on a participé avec mon père et ma mère, Béatrice. Et après notre défaite le lundi, on a vu arriver un immense bouquet de fleurs qui a été offert à ma mère, car c’était la femme qui était allée le plus loin dans le Mondial ! » Avec elle, Didier a été vice-champion de Bourgogne en triplette mixte, en compagnie de Christophe Poumerol.

    Quant à Clément, c’est avec son épouse Charlène qu’il signe des performances. Aux côtés de Lucas, frère cadet de Clément, le couple Duvernay s’est imposé en triplette mixte au championnat de Saône-et-Loire en 2024. Ce qui leur a ouvert les portes du championnat de France, l’année où Clément y a été sacré en tête-à-tête. « La pétanque, ça fait partie de ma vie. Je suis un gagneur, j’ai la passion du jeu et les victoires entraînent les victoires », dit-il simplement. Les boules prennent même de plus en plus d’importance depuis que Clément est sous contrat au club de Fréjus. Cela lui permet quelques facilités pour les déplacements, les prises en charge lors des tournois, etc. Au quotidien, il est agent communal polyvalent à Pierreclos, près de Mâcon. Et il faut bien faire place au boulot, même quand le rythme pétanque est intense. Pour être présent au Mondial, il a posé deux jours de congé, tout comme Didier, qui travaille dans la vente de carrelage. « On s’était dit qu’être là le lundi, ce serait beau. Alors rester jusqu’au mardi, c’est du bonheur ! »

    La prochaine fois, s’ils arrivent au carré d’honneur, il faudra prévoir un jour de congé en plus ! D’autant qu’avec Andrea Chiapello, le champion du monde italien, dont c’était la première Marseillaise, ils pourraient bien retenter l’aventure. Ensemble, ils visent déjà le championnat de France doublette, fin août. « Pour le moment, je me suis donné trois ans à fond sur la pétanque, explique Clément. Ensuite on verra. » Avec son épouse Charlène, ils ont deux enfants, Noa, 8 ans, et Thaïs, 5 ans. C’est important aussi de les voir grandir, de passer du temps avec eux. L’aîné a d’ailleurs déjà un peu pris goût à la pétanque. « Il tire des boules, il se débrouille, mais doucement ! Le monde de la pétanque, c’est dur, je préfère qu’il prenne son temps ! », avoue Clément. Didier confirme et résume l’essentiel : « Avant tout, il faut prendre du plaisir ! »

    Jan-Cyril Salemi

  • Le handicap et l’inclusion au programme de mercredi

    Le handicap et l’inclusion au programme de mercredi

    L’allée à droite direction le château Borély s’est rapidement remplie ce mardi après-midi. La 5e et dernière manche qualificative du Handi Mondial a débuté. 16 équipes étaient au départ pour compléter la liste de départ de la phase finale, qui se tient mercredi matin. Une compétition coordonnée par l’AJC Marseille, spécialiste de l’inclusion du handicap en milieu ordinaire. « Chaque triplette doit compter au moins une personne en situation de handicap et une valide », explique Eyvann Morival, le responsable sport-santé de l’association.

    Parmi les principaux engagés, une formation ukrainienne. Roman, Orest, Andrii et Ivan viennent du centre de réhabilitation de Lviv, dans l’Ouest. Ils étaient militaires depuis l’invasion russe et ont été amputés de membres supérieur ou inférieur. C’est par l’intermédiaire de Mykola Dudyuk, membre de la fédération nationale et ex-joueur pro, qu’ils ont découvert la discipline. « Je me suis présenté à eux pour les aider dans leur vie et dans leur réhabilitation, tout en s’adaptant à leur handicap », raconte-t-il. Une délégation était déjà présente l’année dernière, la fédération ayant même été récompensée du trophée de la Boule d’or.

    L’Olympique de Marseille a aussi engagé une triplette par l’intermédiaire de son équipe amputés. Le capitaine Jérôme Raffetto et l’attaquant Romain Abellan étaient associés à leur entraîneur des gardiens, Thierry Fara. Ce dernier est le fils de Patrick, président du Comité bouliste 13, qui a donc invité ce trio à tenter sa chance. « On voulait aussi être solidaire de l’événement. C’est une belle initiative d’avoir créé ça. C’est beau pour l’inclusion, ça nous fait plaisir d’être ici », décrit Romain, vainqueur de sa première partie de l’après-midi. 32 équipes participent ce mercredi au Handi Mondial, avec une finale prévue à 14h sur le stade d’honneur.