Tag: Bouches-du-Rhône

  • Delogu visé par une plainte pour abandon de famille

    Delogu visé par une plainte pour abandon de famille

    Nouveaux démêlés judiciaires pour le député LFI des Bouches-du-Rhône, Sébastien Delogu. Selon Mediapart, l’élu marseillais n’aurait plus versé la pension alimentaire due à son ex-compagne depuis avril 2025. Une décision de justice lui imposerait de régler chaque mois 1 200 euros pour leurs deux enfants de 13 et 15 ans. Le montant total des sommes impayées atteindrait 19 800 euros.

    Selon Mediapart, son ancienne compagne aurait entrepris plusieurs démarches pour obtenir le recouvrement de cette créance. Sans succès. L’argent du parlementaire serait placé sur un compte de l’Assemblée visé par des saisies du Trésor public pour récupérer des amendes impayées. En dépit d’une indemnité parlementaire mensuelle de plus de 6 000 euros nets, Sébastien Delogu aurait lui-même justifié ces non-versements par des difficultés financières liées à des condamnations.

    Cette affaire s’ajoute à d’autres. En février 2025, le député a été condamné à 5 000 euros d’amende pour violences aggravées contre deux cadres de l’Éducation nationale. Fin août, il a aussi été visé par une plainte pour outrage après une altercation avec des policiers, et il doit comparaître en octobre pour détention et diffusion de documents privés volés à un entrepreneur qu’il accuse d’entretenir des liens avec Israël.

    Interrogé par Mediapart, l’élu affirme qu’il paiera la pension lorsque son ex-compagne respectera ses droits de visite. Cette dernière a porté plainte pour abandon de famille et soustraction d’enfant. Elle lui reproche notamment d’avoir emmené leur fils à son domicile durant l’été sans l’en avertir, avant de le ramener le lendemain. Devant la justice fin août, l’élu aurait expliqué son comportement par l’absence de nouvelles de ses enfants, qui, selon lui, ne répondent plus à ses sollicitations.

  • [Sénatoriales] La liste de la gauche unie dans les Bouches-du-Rhône dévoilée

    [Sénatoriales] La liste de la gauche unie dans les Bouches-du-Rhône dévoilée

    Trois sénateurs sortants, quatre maires, et un large rassemblement politique. C’est par un communiqué de presse ce mercredi après-midi qu’ont été dévoilés les dix noms de la liste d’union de la gauche pour les sénatoriales du 27 septembre prochain dans les Bouches-du-Rhône.

    Les trois parlementaires sortants, Jérémy Bacchi (PCF), Marie-Arlette Carlotti (PS) et Guy Benarroche (EELV) avaient déjà annoncé, le 10 juillet dernier, qu’ils repartaient dans le même ordre qu’en 2020 pour conduire cette liste. Ils sont suivis, en quatrième position, potentiellement éligible, par Clara Jaboulay (DVG), ajointe au maire de Marseille.

    Viennent ensuite le maire (PS) de Vitrolles Loïc Gachon, la maire (DVG) de Gréasque Hélène Gaillard, le maire (DVG) de Jouques Eric Garcin, l’adjointe au maire (DVG) de Fontvieille Anne Brotot. Quant aux deux suppléants, il s’agit du maire (DVG) d’Aubagne Jean-Pierre Squillari et de la conseillère municipale (DVG) d’opposition à Fos-sur-Mer, Nathalie Hestch.

    Une liste «conçue avec le souci particulier de refléter la richesse géographique et la pluralité de notre département», explique le communiqué de presse, avec l’ambition d’accorder «autant d’importances aux grands territoires urbains et aux plus petites communes rurales».

    Plus d’informations dans La Marseillaise du 10 septembre.

  • Tarascon : les liquidateurs de Fibre Excellence contestent la réquisition devant le tribunal

    Tarascon : les liquidateurs de Fibre Excellence contestent la réquisition devant le tribunal

    Un arrêté préfectoral avait déjà été pris jeudi dernier pour la mise en sécurité de l’usine à papier liquidée où subsistent des tonnes de produits dangereux et polluants, mais il n’a pas été respecté. En tout ce ne sont pas moins de quatre arrêtés et deux ordres de réquisition pour sécuriser le site qui sont restés sans effet. A la barbe du préfet, les liquidateurs refusent de redémarrer l’outil de production et, alors qu’une pollution est déjà en cours, ils contestent la réquisition. Ce jeudi à 15h aura lieu l’audience devant le tribunal administratif de Marseille.

    Une situation qui alertait également Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, représenté sur place par une assistante parlementaire. « Le maintien à l’arrêt du site fait peser un risque sanitaire et environnemental considérable. Les conséquences d’un tel incident seraient désastreuses pour l’ensemble de l’économie locale en aval, notamment la riziculture camarguaise et les bassins ostréicoles », rappelle-t-il.

  • Fibre Excellence : les salariés appellent à sécuriser le site de Tarascon

    Fibre Excellence : les salariés appellent à sécuriser le site de Tarascon

    « S’il pleut ce soir, on se retrouve avec tous ces produits nocifs dans le Rhône », lance Jean-Michel Bulinge, secrétaire CGT Fibre Excellence Tarascon devant l’usine à l’arrêt suite à la liquidation judiciaire prononcée en juillet dernier. Il appelle le mandataire de mettre en route la station d’épuration avant que la pluie, qui est bien tombée ce mardi 8 septembre en soirée, ne fasse couler les produits accumulés dans les égouts directement dans le Rhône. Malgré les alertes, rien n’a été fait. Des dizaines de milliers de litres de produits polluants se sont potentiellement déversés dans le Rhône dans la nuit.

    La préfecture de Région est également intervenue aux
    alentours de 17h. Contactée par La Marseillaise, elle confirme qu’un arrêté de réquisition a été signé et notifié dans la journée, mais, qu’il « ne fait que demander l’application de l’arrêté du 03.09.2026 ». Qui n’aura donc pas été appliqué en ce mardi 8 septembre.

    La décision prise ce jeudi 3 septembre par le préfet de région, Jacques Witkowski, exigeait le redémarrage de la pomperie au Rhône et de la station d’épuration. Ce, après les premières alertes des salariés concernant des incidents. Ce que confirmait le préfet dans son arrêté, considérant après inspection que « cette situation constitue un manquement aux obligations réglementaires ». Et affirmait que la pomperie et la station d’épuration ne pouvaient être arrêtées « que sur demande justifiée et motivée et après accord explicite de l’inspection des installations classées ».

    Mais celle-ci ne fonctionnait toujours pas en début de matinée ce mardi. « Dans les égouts, on retrouve toutes les liqueurs noires qui ont été déversées ces derniers jours ainsi que d’autres produits », assure la CGT. Qui ajoute également que les badges d’accès au site des responsables syndicaux ont été bloqués par le mandataire. Autour de ces derniers, quelques dizaines d’ex-salariés attendaient de pouvoir intervenir sur place. Une situation qui alertait également Jérémy Bacchi, sénateur (PCF) des Bouches-du-Rhône, représenté sur place par une assistante parlementaire. « Le maintien à l’arrêt du site fait peser un risque sanitaire et environnemental considérable. Les conséquences d’un tel incident seraient désastreuses pour l’ensemble de l’économie locale en aval, notamment la riziculture camarguaise et les bassins ostréicoles », rappelle-t-il.

    Baguette magique

    Avec la présence d’élus locaux, l’occasion de remettre également une couche sur la possibilité de continuer l’activité. « On a un projet pour repartir avec de faibles moyens », assure François Batista, secrétaire de l’UD CGT 13. Avec l’idée de travailler sur la revalorisation de déchets et éventuellement de fabriquer de la pâte à papier à partir de cartons recyclés. Mais subsiste un problème. « Dans une liquidation normale, il faudrait un mois pour que les produits soient retirés, mais ils ont décidé de procéder autrement. S’ils arrêtent l’usine comme ça, il sera impossible de la redémarrer. C’est le seul acteur qui est contre l’ensemble des autres et cherche par tous les moyens à ce que l’usine ne puisse plus redémarrer », peste-t-il. Et demande l’aide de la Région, qui était représentée par le conseiller régional et élu municipal arlésien Cyril Juglaret. « On se rencontre régulièrement. On n’attend pas que l’État fasse une table ronde car ils ne le font pas. Mais on n’a pas non plus de baguette magique », pose-t-il. « En attendant, on tombe dans la précarité et personne ne fait rien », peste Martine, ex-salariée qui assure ne pas avoir reçu les papiers nécessaires pour s’inscrire à France Travail.

  • L’appel des Scop-Ti pour un nouvel élan

    L’appel des Scop-Ti pour un nouvel élan

    « Vous avez le pouvoir d’aider Scop-Ti ! ». Ce mardi à Gémenos, Gérard Cazorla, premier président de Scop-ti et Olivier Leberquier, son successeur, ont le regard de ceux qui déplacent des montagnes. Au cœur de l’usine qui a été reprise à la multinationale Unilever par la sueur, 1336 jours de lutte et l’intelligence collective via l’actuelle coopérative, les ex-Fralib veulent mettre les bouchées doubles pour 2026.

    « On a une activité qui progresse énormément mais ça nécessite des besoins de trésorerie importants. Il faut qu’on développe encore plus notre marque 1336 », explique Olivier Leberquier, figure du long combat des anciens travailleurs du thé marseillais Éléphant. Si Scop-Ti est maintenant bien installée dans le paysage des coopératives qui réussissent, reste que la petite entreprise « sociale et solidaire » fait toujours face à moult obstacles. « La grande distribution ne joue pas le jeu, c’est toujours plus compliqué de faire sa place dans les magasins », commente Olivier Leberquier. Gérard Cazorla abonde : « Et on n’a pas les moyens de se faire des pubs comme les grands groupes ! ».

    Ajoutez à cela la crise sanitaire de 2020, et les « spéculateurs de guerre » qui surfent sur les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, l’équation reste complexe pour les 60 coopérateurs et 37 salariés de Scop-Ti. D’où l’appel du jour : « On lance une nouvelle campagne de sociofinancement mais c’est bien plus que cela ». Par « plus que cela », ils entendent proposer tout un panel de moyens pour soutenir 1336 à différents niveaux. Par exemple, avec la possibilité à venir d’abonnements mensuels ou annuels pour leurs produits, le développement de l’offre sur leur site internet ou encore la possibilité de devenir « ambassadeur » de la marque. « Un militant qui connaît notre histoire et qui est dans une association sportive pourra mettre en vente nos produits pour les adhérents », explique Gérard Cazorla. Une nouveauté qui concerne notamment ce qu’ils appellent « le réseau militant », alias les entreprises et travailleurs du secteur de l’Économie Sociale et Solidaire (ESS), c’est-à-dire d’autres coopératives mais aussi des mutuelles ou associations. Un secteur où le jeu du libre marché et les bénéfices passent après « les hommes et les femmes » qui travaillent.

    « L’autogestion, ça marche »

    En bref, plus que de simples dons, les ex-Fralibs proposent que les citoyens puissent « accompagner le développement ». De quoi remettre en lumière les valeurs de Scop-ti : « Nous faisons la démonstration que le collectif et l’autogestion, ça marche et c’est viable ». Et surtout la qualité de ses produits : « Emballages écoresponsables et recyclables, recettes composées uniquement d’arômes naturels, avec le label Origine France Garantie », énumère Olivier Leberquier. C’est aussi l’assurance de faire vivre des producteurs locaux et bio comme ceux du tilleul des Baronnies provençales.

    In fine, l’objectif est bien d’assurer la pérennité financière de la coopérative, qui était dans le positif en 2020, mais aussi participer à la visibilité de la marque à l’histoire sociale unique au monde. « On a besoin de développer de nouveaux produits, et pour cela, on a besoin de financements ! », conclut Gérard Cazorla.

    LES FEMMES ET LES HOMMES DERRIÈRE 1336

    Rim Hidri, assistante comptable

    Dans l’un des couloirs de l’usine 1336, couverts d’affiches du Che et d’appel à manifester de la CGT, Rim Hidri interrompt sa marche. « C’est moi ! s’exclame-t-elle, désignant une photo d’elle prise il y a plus de 10 ans entre les mêmes murs. Je me rappelle, le photographe m’avait dit de penser à un truc qui me mettait en colère. J’ai pensé au moment où on nous a annoncé la fermeture ». Présente « tout au long de la lutte », elle est coopératrice de la Scop depuis sa création. « C’est quand même grisant d’être à la fois patronne et salariée, s’extasie-t-elle. J’ai le pouvoir de prendre des décisions et en même temps la possibilité de les mettre en application par moi-même ». Contrôleuse qualité avant la reprise, puis assistante comptable depuis l’ouverture, elle assure que son quotidien n’a aujourd’hui « plus rien à voir ».

    M.M.

    Thierry Lauthelier, bénévole à Fraliberthé

    Dans les bureaux de Fraliberthé, association de bénévoles qui travaille à la promotion de la marque 1336, Thierry Lauthelier se fait discret. Pourtant, il est de ceux pour qui l’économie solidaire sonne comme une évidence. Informaticien, il a lui aussi créé sa Scop il y a 16 ans, au moment où les actuels salariés de 1336 entament leur combat pour poursuivre leur activité. Familier des conflits sociaux « depuis l’enfance », il vient souvent soutenir ses camarades géménosiens, jusqu’à devenir bénévole régulier pour la structure. « La différence ici, comme dans les Scops en général, c’est qu’on sent que ce qu’on fait a du sens, note-t-il. C’est là qu’on se rend compte à quel point le sens du travail manque à nos sociétés modernes et capitalistes, qui ne tournent qu’autour du pognon ».

    M.M.

    Laurence Nicolas, contrôleuse assurance qualité

    Présente avant la reprise et tout au long de la lutte, Laurence Nicolas est de retour chez 1336 depuis deux ans seulement, après une longue parenthèse dans le secteur social, aux côtés des personnes en situation de handicap. « Je suis coopératrice depuis le départ et je n’ai jamais cessé d’être scopiste. Il y a deux ans, quand j’ai quitté mon ancien travail, je me suis dit que j’allais retenter l’aventure », retrace-t-elle. À l’origine partisane de ce modèle d’économie solidaire, elle dit aujourd’hui constater quelques limites. « Bien sûr que c’est différent d’une entreprise et qu’il y a des avantages : on est autonome, on apporte notre savoir-faire, notre plus-value, concède-t-elle volontiers. Mais c’est vrai qu’a contrario, il y a quelques soucis, avec des scissions entre certains services qui apparaissent, comme dans une entreprise lambda ».

    M.M.

    Marie-Claire Amato, bénévole à Fraliberthé

    Ferronnerie « Scop-Ti » et affiche du Che sirotant une tasse de thé, Marie-Claire Amato détient sur son bureau tout l’attirail d’une bonne communicante. Bénévole pour Fraliberthé, elle participe à la promotion et à la gestion administrative de la coopérative. Aujourd’hui à la retraite, elle est entrée en contact avec 1336 il y a plus de 12 ans, à l’occasion d’une journée de solidarité organisée par son syndicat de l’époque, la CGT territoriaux d’Aubagne, pour soutenir le combat de l’usine de thé. C’est elle qui sera à l’initiative de l’écriture de la pièce de théâtre 1336, qui raconte les 1336 jours de lutte des salariés. « Je donne du sens à ma retraite, s’émeut-elle. J’ai l’impression d’aider à construire quelque chose pour lequel je me suis battue toute ma vie, en tant que syndicaliste. »

    M.M.

  • Scop-Ti : historique de la lutte

    Scop-Ti : historique de la lutte

    Septembre 2010

    Unilever annonce la fermeture

    Le groupe Unilever annonce son intention de fermer l’usine Fralib (thés Éléphant et Lipton) de Gémenos. 182 emplois directs et 50 induits sont menacés. Une délocalisation en Pologne est envisagée. À l’époque, le groupe embauche 167 000 salariés au total, cumule un chiffre d’affaires de 44 milliards d’euros et ses produits sont vendus dans plus de 180 pays.

    Automne 2010

    Les salariés refusent de plier

    Dès l’annonce de la fermeture, 76 salariés Fralib se mobilisent, occupent leur usine et revendiquent le maintien des 182 emplois. Les employés en lutte organisent des rotations pour que leur outil de travail soit surveillé 24h sur 24.

    2012

    Le site est racheté

    La métropole marseillaise rachète le site de Gémenos mais la bataille juridique continue. Les trois premiers Plan de sauvegarde de l’emploi proposés par Unilever sont tour à tour refusés par la justice.

    Mai 2014

    Unilever accepte le plan de fin de conflit

    Après 1336 jours de lutte, Unilever accepte finalement la signature d’un protocole de fin de conflit avec ses anciens salariés. L’industriel leur verse 19,1 millions d’euros pour que soit monté leur projet de coopérative Scop-TI. Seuls 3 millions d’euros reviennent effectivement à cette dernière. La majorité de la somme, soit environ 11 millions d’euros, sert à reverser les salaires non payés pendant la lutte et les cotisations sociales que le groupe avait également refusé de payer.

    2016

    Première année d’exercice plein

    C’est le début des activités et la première année d’exercice plein. Le chiffre d’affaires atteint 1,8 million d’euros, mais le déficit est encore d’1,4 million d’euros.

    2025

    Meilleur chiffre d’affaires

    La Scop-Ti réalise un chiffre d’affaires de 4,6 millions d’euros, les meilleurs résultats de son histoire. Mais la coopérative reste en déficit d’environ 250 000 euros. Et de lancer un nouvel appel.

  • La perte du label du Parc de Camargue fait des remous

    La perte du label du Parc de Camargue fait des remous

    « Comment accepter que son Parc naturel régional n’ait aujourd’hui plus de charte pour fixer le cap des quinze prochaines années ? » s’émouvait l’élu d’Arles Nicolas Koukas (PCF) début août, à l’adresse de la vice-présidente de région et présidente du Parc depuis 2022 Anne Claudius-Petit (Ren.). Ceci « Alors que notre territoire est confronté à des enjeux qui ne peuvent plus attendre : réchauffement climatique, montée des eaux, risques inondations, érosion du littoral, risques d’incendies, préservation des écosystèmes », listait l’élu. En cause, l’échéance de la charte régissant le Parc en février 2026, non renouvelée à temps. Un retard causé par les difficultés du Parc ces dernières années, selon la présidente.

    L’ombre de la THT

    Mais voilà, alors que Nicolas Koukas demandait si « les positions successives du Président de région », Renaud Muselier (Ren.) étaient à l’origine des blocages, la Présidente explique à La Provence le 4 septembre que « La fin du mandat de Roland Chassain et celui de Patrick de Carolis ont posé des difficultés ».

    Le maire d’Arles Patrick de Carolis (Horizons) réfute toute responsabilité : « Surprenant d’expliquer ces difficultés par un mandat clos depuis plus de 4 ans ». « La procédure de renouvellement avait été actée par délibération du 14 avril 2022. La Région a retiré de son assemblée plénière du 24 juin la délibération de renouvellement de la charte » retrace Patrick de Carolis. L’intéressé a « rectifié » le propos de La Provence le jour même, en s’inscrivant « dans les réussites de mes prédécesseurs ». Mais au fond, le Parc restera sans label au moins jusqu’à fin 2029 tandis que les controversés projets de ligne Très haute tension et de contournement d’Arles restent en cours.

  • [Entretien] Carole Orillard : « Le centre Eugénie-Cotton a une forte histoire féministe »

    [Entretien] Carole Orillard : « Le centre Eugénie-Cotton a une forte histoire féministe »

    Ses débuts dans l’animation sociale, il y a vingt ans, ont eu lieu au centre social Eugénie Cotton. Carole Orillard inscrit sa première rentrée comme directrice dans l’éducation populaire.

    La Marseillaise : À quoi sert un centre social en plein centre-ville ?

    Carole Orillard : C’est un lieu indispensable aux primo-arrivants, les « étrangers » qui viennent d’ailleurs que Martigues ou la France, et qui arrivent souvent dans le centre-ville. C’est une population plutôt en situation précaire, avec un fort besoin d’aide administrative, comme apprendre à connaître le territoire, ce qu’on structure depuis longtemps avec les centres sociaux. Il y a beaucoup d’habitats privés et une grande rotation dans les logements. On reçoit aussi les habitants de l’Île et du Grès, et globalement tous les Martégaux qui viennent trouver leur bonheur aussi. Car même si notre projet est fortement ancré dans notre micro-territoire, on échange de plus en plus entre quartiers, c’est une volonté que nous avons de favoriser la mixité et la mobilité des gens.

    Quelle a été votre première initiative comme directrice ?

    C.O. : Quand j’ai pris mes fonctions, j’ai tout de suite reçu des mamans du quartier du Grès, qui m’ont demandé un accompagnement scolaire pour les collégiens, sachant qu’on en faisait déjà pour l’école élémentaire. C’est aussi notre rôle d’accompagner les enfants à la réussite éducative. Je préfère ce terme car on ne se substitue pas aux profs, mais on a notre rôle à jouer dans l’acquisition des savoir-être, de la culture générale, en somme leur donner les outils qui font passerelle entre l’école et la vie quotidienne.

    Comme par exemple ?

    C.O. : Comme les séjours jeunes, qu’on fait camper. Il y a une grande part d’autofinancement réalisée par les jeunes, cela les responsabilise pour faire leurs courses et gagner en autonomie. Cette année, le groupe était âgé de 11 à 16 ans. On a vu une grande solidarité des grands avec les petits, pour le montage des tentes. En plus le thème de cette année est le voyage, dans l’imaginaire comme dans les parcours migratoires et tout ce qui s’y rapporte. Les enfants vont travailler sur le thème au musée Ziem. Penser nos activités au global contribue au sentiment d’appartenance et permet à chacun de partager ses connaissances, comme à l’atelier cuisine. On souhaite trouver un lieu qui puisse accueillir nos groupes pour l’année prochaine, d’une manière intergénérationnelle : mélanger jeunes et seniors par des temps communs. C’est tout ça l’esprit et les valeurs de l’éducation populaire.

    Ce centre porte le nom d’Eugénie Cotton, cela vous inspire-t-il ?

    C.O. : Le bâtiment du centre social appartenait autrefois à l’Union des femmes françaises [UFF, aujourd’hui Femmes solidaires, ndlr]. La première crèche de Martigues y a été créée par l’UFF par Marie-Louise Maître-Robert pour que les femmes puissent travailler, c’était déjà un pas vers l’émancipation. Ici, le droit des femmes, leur accompagnement, fait partie du centre social. Nous avons une forte histoire féministe dans laquelle je m’inscris.

  • Les patrons du sud inquiets pour l’avenir

    Les patrons du sud inquiets pour l’avenir

    Derrière Alain Gargani et Daniel Salenc, président et vice-président des Entrepreneurs Sud, s’étend le Vieux-Port de Marseille. C’est avec cette vue qu’offre le 7e étage du Sofitel que les responsables de l’anciennement nommée confédération des petites et moyennes entreprises de la Région Sud, ont décidé de faire le point sur les enjeux de l’année lors d’une conférence de presse ce mardi.

    Et les sujets sont nombreux : obligation de recevoir des facturations électroniques, importance de la ligne THT pour Fos-sur-Mer ou encore l’élection présidentielle. Mais la principale nouveauté de cette rentrée : l’obligation pour toutes les entreprises d’être en capacité de recevoir des factures numériques.

    Chère facture électronique

    « C’est pour s’aligner avec les directives européennes que la France fait ça, mais avec un peu d’avance, explique le président de l’organisation. On soutient la démarche. Mais arrivés au jour J, on se rend bien compte que ça n’a pas été la priorité des patrons et artisans. Seuls deux tiers d’entre eux ont choisi leur plateforme », précise-t-il. Son organisation affirme donc avoir négocié pour obtenir trois mois de tolérance, où les patrons ne seront pas sanctionnés.

    Initialement prévue pour être gérée par l’État et donc gratuite, la plateforme de facturation électronique publique n’a jamais vu le jour. Le gouvernement a donc décidé de privatiser le service, ce qui fait craindre une augmentation des prix. « Il y a 150 plateformes homologuées, mais on sait comment ça va se passer : il ne va en rester que deux, trois, parce qu’elles vont se racheter entre elles, et elles pourront faire augmenter les prix puisque nous sommes obligés d’avoir ce type de plateforme avec cette réforme », s’inquiète Daniel Salenc. Ce qui fait dire au président de la chambre des métiers et de l’artisanat qu’il faut que le gouvernement encadre les prix « pour que cela reste viable ».

    Une intervention étatique que l’organisation souhaite également pour la ligne de haute tension censée alimenter Fos-sur-Mer. « L’État français a décidé de faire de l’étang de Berre un fleuron de l’industrie française. Il doit donc nous aider à faire la ligne à haute tension », insiste Daniel Salenc. L’organisation espère ainsi que seront organisées des réunions avec les acteurs impliqués afin d’avoir un consensus autour de cette ligne « essentielle pour la décarbonation, selon les mots du vice-président des entrepreneurs sud. Donc s’il faut l’enterrer à certains endroits pour qu’elle soit acceptée, il faut que l’État le prenne en charge. Notre région ne peut pas porter seule une volonté nationale ».

    Enfin, la présidentielle est aussi au cœur des inquiétudes des patrons « qui n’investissent plus car ils n’ont aucune vision pour le futur », explique Alain Gargani. Pour lui, aucun candidat n’a « compris les besoins des entrepreneurs : que les charges sur les entreprises soient baissées. Et qu’il y ait un nouveau modèle économique social ». Un interventionnisme étatique à la carte pour les patrons donc…

  • [La Marseillaise Breaking Cup] Mofak veut faire naître des vocations dans les quartiers

    [La Marseillaise Breaking Cup] Mofak veut faire naître des vocations dans les quartiers

    Pour Mofak, la Marseillaise Breaking Cup est bien plus qu’un simple événement. Elle est l’expression d’une culture urbaine qu’il chérit depuis son plus jeune âge, au cœur des quartiers marseillais où il a grandi. Le directeur artistique de la compétition était présent mardi à La Busserine pour permettre à « la jeunesse d’aujourd’hui » de découvrir ce qui l’a toujours fait vibrer « dans les arts de rue ». « Ça me tient à cœur de pouvoir m’investir au travers de ces ateliers, parce que ça peut susciter des vocations. Si un jeune va s’inscrire derrière à la danse, au DJing ou au graff, ce serait ma plus belle victoire », confie celui qui souhaite à son tour transmettre aux enfants ce qu’il a reçu de ses aînés, à l’image de DJ Djel de la Fonky Family, ou de DJ Daz, du groupe IAM.

    Investir directement les quartiers

    « Ça me fait plaisir parce que le temps passe, il faut laisser la place aux jeunes. Et le hip-hop, c’est un héritage », souligne l’artiste, qui a notamment collaboré au cours de sa carrière avec des stars internationales comme Madonna ou Snoop Dogg. « La culture urbaine a toujours eu de l’importance, même pour les jeunes d’aujourd’hui, parce que c’est l’origine de tout ce qu’ils écoutent. Il faut que ces arts perdurent », insiste-t-il.

    Mofak déplore notamment la place prise par le numérique au détriment des activités en extérieur. « Beaucoup de personnes, surtout des enfants, sont devenues esclaves des téléphones, des consoles de jeux et des réseaux sociaux. Il faut qu’ils puissent profiter de leur jeunesse », ajoute l’artiste marseillais. À ses yeux, la Marseillaise Breaking Cup joue justement un rôle concret en allant directement à la rencontre des jeunes dans leurs quartiers. « Il faut que ça continue dans ce sens. L’idéal, ce serait de pouvoir faire des opérations comme celles-ci tout au long de l’année, avec l’appui des centres sociaux, des centres aérés et des associations », propose Mofak, qui salue au passage « l’énorme travail » réalisé quotidiennement par ces structures auprès de la jeunesse marseillaise.