Tag: Bouches-du-Rhône

  • Le port de Marseille-Fos tire son épingle du jeu malgré la crise

    Le port de Marseille-Fos tire son épingle du jeu malgré la crise

    Çela peut paraître paradoxal. Alors que les crises se succèdent, le Grand Port maritime de Marseille-Fos (GPMM) affiche des résultats plus qu’encourageants pour ce premier semestre 2026.

    « On ne peut pas considérer que la guerre en Ukraine, la crise en mer Rouge, les tensions dans le Golfe et le détroit d’Ormuz soient des facteurs favorables au commerce mondial et à l’économie, reconnaît ce vendredi le président du directoire, Hervé Martel. Pour autant, en termes de flux, on est très peu affectés. Les origines des marchandises et des produits énergétiques sont très peu en provenance du Golfe. Le fait que le canal de Suez ne soit pas rouvert fait que beaucoup d’armateurs continuent de faire le tour de l’Afrique par le cap de Bonne-Espérance. Cette nouvelle organisation maritime temporaire a eu un impact sur les grands ports de transbordement dans l’Ouest de la Méditerranée, et un impact positif pour nous. »

    En pleine recomposition des échanges mondiaux, le port renforce son positionnement. Plusieurs accords stratégiques ont été conclus, notamment avec les ports indiens de Jawaharlal Nehru Port Trust et Adani Ports, ouvrant de nouvelles perspectives de coopération autour du corridor Imec, destiné à renforcer les échanges entre l’Inde, le Moyen-Orient et l’Europe.

    « Les sujets diplomatiques, qui sont un peu perturbés en ce moment, n’empêchent pas les autorités portuaires de se positionner à un niveau plus économique et technique », glisse Hervé Martel.

    Dans l’ensemble, les activités se portent bien, même si les performances restent contrastées selon les filières. À fin juin 2026, le trafic s’établit à 36,4 millions de tonnes, soit un retrait de
    -3% par rapport à l’année passée, notamment sous l’effet des vracs.

    Raffineries à plein régime

    D’une part, un incident survenu fin 2025 sur le réseau Natran a affecté les capacités d’importation de gaz naturel liquéfié (-46%). « La bonne nouvelle, c’est que ça devrait être réparé en septembre », souligne le président du directoire. De l’autre, la morosité de la sidérurgie provoque « une baisse de l’ordre d’un tiers » sur le premier semestre. La reprise amorcée de l’activité, avec le redémarrage du 2e haut-fourneau d’ArcelorMittal après près de 3 ans d’arrêt, ouvre des perspectives plus favorables.

    Côté vracs liquides, la filière rebondit nettement, portée par les raffineries locales qui tournent à plein régime avec des volumes mensuels proches de 2 millions de tonnes (+10%) et une trajectoire de retour aux niveaux d’avant-crise. « Le corollaire, c’est une baisse de 3% des importations des produits raffinés », note Hervé Martel.

    La filière conteneurs, elle, est particulièrement dynamique avec plus de 823 000 EVP traités à fin juin (+13%). Elle s’appuie sur une progression soutenue des échanges avec l’Asie, notamment la Chine, premier partenaire du Port, et l’Algérie.

  • Les bacheliers mention « très bien » récompensés par la Région Sud

    Les bacheliers mention « très bien » récompensés par la Région Sud

    « Félicitations à tous, chers bacheliers ! Nous mettons à l’honneur votre travail et votre mention très bien avec notre bourse au mérite de 300 euros ! », indique la Région Sud, présidée par Renaud Muselier, lors de la cérémonie organisée ce jeudi, pour saluer les quelque 3 624 bacheliers de l’Académie d’Aix-Marseille ayant obtenu cette distinction. Crée en 2016, ce dispositif a déjà permis d’accompagner près de 52 000 jeunes pour un montant de plus de 20 millions d’euros. Une mesure qui s’ajoute aux différents dispositifs en faveur des jeunes : gratuité des manuels dans les lycées ; restauration scolaire ; aides au financement des tenues professionnelles ; Pass Zou ! et Pass Santé Jeunes.

  • Sécurité au travail : Michel Bianco sera décoré pour son combat

    Sécurité au travail : Michel Bianco sera décoré pour son combat

    Le sujet a touché Michel Bianco de près. Depuis plus de vingt ans, ce Venellois, ancien syndicaliste, milite pour la santé et la sécurité au travail. Investi au sein de l’association locale du Carrefour Citoyen, mais aussi et surtout du Collectif de familles de victimes, Stop à la mort au travail, ce retraité organise plusieurs manifestations pour alerter à sujet. La dernière en date, une exposition de photographies autour du métier de livreur, accrochée aux cimaises de la médiathèque de Venelles en avril dernier, coorganisée avec le Carrefour Citoyen. Pour son travail, Michel Bianco sera d’ailleurs décoré de la médaille de la Ville, mardi 14 juillet. « Une distinction personnelle, mais le résultat d’un travail collectif », précise Michel Bianco. Mais depuis ses décennies de militantisme et de travail contre la mort et les accidents du travail, Michel Bianco tire l’alarme. « En termes d’évolution, je n’ai absolument rien constaté (sur le sujet, ndlr) on a toujours des salariés qui montent sur des échafaudages, qui ne sont pas assurés, des salariés sans courant d’air pendant la canicule…, liste Michel Bianco. Les employeurs ne travaillent pas suffisamment sur les questions d’organisation du travail, donc quand la situation arrive, on n’a pas de quoi faire face, puisqu’on n’a rien prévu. Niveau législatif, rien ne change. Pire que ça. La dernière recommandation faite par le gouvernement a été d’enjoindre les organisations représentatives – qui siègent dans la branche “accident du travail” de la sécurité sociale – à faire une économie de 800 millions pour en diminuer son déficit. » La question de la santé au travail, estime Michel Bianco, est encore moins prise en compte au sein des plus petites entreprises. Pour appuyer son propos, il cite un chiffre : deux accidents mortels par jour estimés au travail en 2024, en France, selon les derniers chiffres de l’Assurance Maladie. « Mais tant que la société acceptera qu’on ait deux morts par jour d’accidents au travail, il n’y aura pas grand-chose qui évoluera. Ce sujet concerne tout le monde », alerte le militant.

  • Trente logements sociaux inaugurés à Cassis

    Trente logements sociaux inaugurés à Cassis

    « Une résidence à taille humaine et de qualité », soulignent les protagonistes. Ce projet
    « illustre notre volonté de préserver l’âme de Cassis et de permettre aux actifs, aux familles et aux jeunes de pouvoir se loger ici ! », a rappelé Danielle Milon. Plus d’une vingtaine de familles cassidaines devaient dès juin amménager dans les logements flambant neuf.

  • Les syndicats alertent de la fermeture de l’hôpital privé Vert Coteau

    Les syndicats alertent de la fermeture de l’hôpital privé Vert Coteau

    « On est très préoccupés pour les salariés », martèle Karine Cheniclet, secrétaire médicale à l’hôpital privé Vert Coteau et déléguée syndicale centrale Unsa du groupe Sainte-Marguerite, ce jeudi. Les sept hôpitaux privés avaient été rachetés le 3 février 2026 par Almaviva. Cinq mois plus tard, les salariés ont appris le projet du groupe : fermer progressivement l’hôpital privé Vert Coteau d’ici juin 2027.

    Le risque de suppression d’emplois

    « Sur les 239 salariés, 80% seraient transférés à l’hôpital privé Beauregard », explique Sandrine Cartier, aide-soignante retraitée de Beauregard et élue CGT à Sainte-Marguerite. « Les 20 % restants seraient répartis dans les autres hôpitaux du groupe », ajoute-t-elle.

    Pour assurer le transfert des salariés, Almaviva doit obtenir une autorisation officielle de l’Agence régionale de Santé. « Le problème, c’est qu’ils ne l’ont pas », affirme Gaëtan Fine, préparateur en pharmacie et élu Unsa à Vert Coteau. Almaviva déclare attendre la fin du processus de consultation des instances représentatives du personnel avant de déposer le dossier à l’ARS.

    « Il y a une zone grise dangereuse pour les salariés », s’indigne Karine Cheniclet. Les délégués syndicaux craignent le pire pour les employés mais ils assurent souhaiter des réponses de la part de la direction. Almaviva affirme vouloir trouver « les meilleures solutions pour l’ensemble des salariés, quelles que soient les étapes à venir ».

  • Une piscine pour apprendre aux enfants à nager au parc de Bougainville

    Une piscine pour apprendre aux enfants à nager au parc de Bougainville

    Jambes tendues, pieds pointus ; dans la piscine, les longueurs s’enchaînent pour les enfants. Depuis le 6 juillet, un bassin mobile de cinq mètres sur dix est apparu dans le parc de Bougainville, au pied des immeubles d’habitation. L’initiative, reconduite chaque été depuis trois ans, vise à résoudre « un problème majeur : le déficit d’apprentissage de la natation des », explique Eric Méry, adjoint au maire délégué aux sports. Un enjeu essentiel à Marseille où près d’un enfant sur deux ne sait pas nager à son entrée au collège, selon la Ville et l’éducation nationale. Au programme donc pour les enfants : dix séances, en petit effectif et encadrées par trois maîtres-nageurs. À 8 ans, Bérékia n’était jamais allée à la piscine, c’était même « la peur de sa vie », déclare sa mère. Après quatre séances et munie de sa frite rouge, elle n’hésite pourtant plus à se jeter à l’eau.

    Vaincre ses peurs

    Sa mère, Joa, ne s’attend pas « à ce qu’elle sache parfaitement nager », explique-t-elle, « mais cette étape est déjà encourageante ». Une expérience partagée par Rayan. Lui qui n’osait pas se décoller du bord du bassin nage désormais d’une extrémité à l’autre. « Fier de cette progression », affirme-t-il, il souhaite poursuivre la natation.

    Le même dispositif a également pris place au stade Ganay (9e), à la Croix-Rouge (13e) et à l’espace Mistral (16e). « Des sites identifiés par rapport au manque de piscine à proximité », explique Eric Méry. Au total, c’est près de deux mille enfants qui devraient pouvoir bénéficier de ce dispositif durant l’été.

    Fantine Lambey

  • Le Rove en fête du 11 au 21 juillet

    Le Rove en fête du 11 au 21 juillet

    Organisé par le comité des fêtes avec le soutien de la municipalité du Rove, cet événement promet dix jours d’animations et de convivialité.

    Soirées musicales

    Samedi 11 juillet à 19h30, soirée lounge animée par Nico Sax, avec apéritif cocktail. Lundi 13 à 21h30, bal gratuit avec l’orchestre Éric Ferrari. Jeudi 16 à 21h30, place à la danse avec l’orchestre de variétés Depen-Danse.

    Samedi 18 et dimanche 19, le grand orchestre Almeras propose deux bals gratuits (et un spectacle le dimanche à 15h30).

    Mardi 21 à 20h, clôture en apothéose avec la Tournée d’été de La Marseillaise avec la présence de DJ Jean-Marc Sicky.

    Les rendez-vous gourmands

    Lundi 13 à 19h, sardinade. Jeudi 16 à 19h30, soupe au pistou. Dimanche 19 : journée de tradition avec l’apéritif offert à la population à 11h30, suivi à 13h de l’Aïoli traditionnel (inscription en mairie à 25 euros).

    Jeux, rires et animations

    Avis aux amateurs de cartes avec le concours de contrée (10 euros par équipe, nombreux lots) le mercredi 15 à 19h30.

    Vendredi 17 à 21h, un super loto en plein air avec 7 cartons pleins et 21 quines. À gagner : 7 bons d’achat de 300 euros et de nombreux autres lots !

    Lundi 20, une fin d’après-midi dédiée aux enfants avec des jeux dès 17h30, suivie à 21h30 d’une note d’humour avec la pièce de théâtre Résidence mon rêve ! par la compagnie Événement (entrée libre).

    Espace Festi’loisirs

    Du 16 au 20 juillet, dès 18h, ouverture de l’espace Festi’Loisirs. Pour 0,50 euro, les enfants pourront profiter du manège enfantin, structures gonflables, toboggan, taureau rodéo mécanique ou encore manège gyroscopique.

    Restauration lors des soirées. Programme et actualités sur .lerove.fr ou Facebook Leroveinfos.

  • [Entretien] Keny Arkana : « Je brûle, je finis en cendres et je renais »

    [Entretien] Keny Arkana : « Je brûle, je finis en cendres et je renais »

    La Marseillaise : Après la sortie de votre mixtape « Avant l’exode », en 2021, vous avez observé un silence médiatique. Qu’avez-vous fait ces dernières années ?

    Keny Arkana : Je suis partie de France en 2021 et ne suis revenue qu’en juin dernier. J’ai passé cinq ans au Mexique. La première année, j’étais un peu à droite à gauche, puis je me suis posée en 2023. J’avais une partie de mon matos avec moi, j’ai fait mon petit studio : ordi, compresseur, micro, enceinte… et je n’ai pas arrêté de faire du son toute seule : des instrus aux textes en passant par les enregistrements. J’ai énormément de chansons de côté donc j’aimerais bien sortir un album dans l’année qui arrive. Et puis, comme les artistes comme moi sont un peu boycottés, je me suis dit que ça serait bien de montrer au public que je suis encore là.

    Depuis vos débuts dans les années 2000, votre carrière et discographie alternent souvent entre les périodes hyperprolifiques et des parenthèses hors des radars de plusieurs années. Vous renaissez à chaque fois comme un phénix en fait ?

    K.A. : La vérité, c’est que je n’ai jamais eu vraiment de manager autour de moi. Ce qui explique que, souvent après la sortie d’un album et d’une tournée, je finissais en gros burn-out. J’étais aussi souvent en fight avec ma maison de disques à l’époque. Cette industrie me gavait. J’ai toujours été sur tous les fronts, je n’ai jamais eu le luxe d’être juste une artiste. Durant toutes ces années, je me suis toujours battue pour ne pas être un produit et garder mon intégrité. Après, même si j’ai des périodes d’inactivité publique, je fais toujours de la musique, j’ai des disques durs pleins de morceaux. Mais, à force de tout faire, les albums et les tournées, je finis en burn-out et ciao. Je brûle, je finis en cendres et je renais.

    Êtes-vous aussi partie au Mexique parce que Marseille vous gonflait ?

    K.A. : Ce n’est pas Marseille qui me gonfle mais la France. Je suis partie à l’époque du « passe sanitaire ». À Marseille, pendant le confinement, ça allait à peu près car il n’y avait pas trop de ségrégation. Mais j’ai surtout mal vécu le retournement de veste du peuple français. Si je me sens mal quelque part, et même si c’est chez moi, je me casse. Moi, je suis bien à Marseille, je n’ai pas de problème ici. Mais vraiment, ce qui m’a gonflé, c’est la France, la macronie, tous ces gens qui font du mal au peuple.

    Vous avez mis en ligne il y a trois mois un nouveau titre, « Quelque chose de pur a survécu »…

    K.A. : J’y parle des gens comme moi, qui ont traversé des épreuves depuis l’enfance et qui, malgré tout, ont fait preuve de résilience. On a gardé un truc pur en nous.

    Grâce à quoi n’avez-vous pas sombré ?

    K.A. : Déjà, j’ai la foi. J’arrive encore à m’émerveiller des belles choses de la vie. C’est la racine de mon engagement, de mon côté antisystème, de mon militantisme. Cela m’a toujours donné de la force par rapport à la douleur et à l’obscurité de ce monde. Je ne suis pas habitée par la peur et j’essaie de cultiver cela. Je me considère comme un être spirituel avant tout, avant même d’être un être social.

    Est-ce que le mouvement zapatiste au Chiapas, cette région pauvre du Sud du Mexique, avec qui vous êtes en lien depuis 20 ans, vous a aussi aidé à tenir le coup ?

    K.A. : Depuis cette période, nous sommes toujours en contact étroit. Marcos [le « sous-commandant » et figure de l’Armée zapatiste de libération nationale, Ndlr.] ainsi que tous ses camarades sont des gens vraiment importants dans ma vie. Notre relation a traversé les années. Souvent, ils me font des clins d’œil dans leurs communiqués, et moi, je leur en fais dans mes morceaux. Ce sont mes frères de lutte. Ce n’est bien sûr pas un hasard que je sois allée au Mexique car j’ai finalement un lien plus profond avec eux qu’avec mes propres origines.

    Inspirés par le socialisme libertaire et l’autogestion, les Zapatistes du Chiapas continuent de défendre leurs terres mais le gouvernement mexicain ne cesse pas ses coups contre eux…

    K.A. : Oui, et depuis toujours. Derrière leur lutte, il y a aussi toute une spiritualité, quelque chose de très profond envers les humains, la nature, les animaux : la vie quoi. Cela fait des décennies qu’ils construisent une autonomie, c’est un exemple. À mes yeux, c’est presque le seul exemple d’un peuple qui s’est construit dans l’autonomie totale par rapport au système actuel. Ils ont fait énormément de belles choses dont il faut s’inspirer.

    Pour revenir à un aspect plus musical, vos derniers titres montrent qu’en plus du rap, vous vous laissez de plus en plus aller au chant…

    K.A. : J’ai toujours chantonné, même sur mon premier album [Entre ciment et belle étoile, 2006]. J’essaye d’aller au bout de mes délires musicaux. Mais ce qui change aujourd’hui, c’est que je produis tout au niveau de mes instrus : je peux donc aller encore plus loin. J’ai depuis toujours eu des influences musicales plus larges que le seul rap. J’aime la musique en général, donc la mélodie aussi. J’ai la même bande de musiciens avec moi depuis 2012. Désormais, ça se fait un peu plus car le rap est devenu plus mélodieux.

    Vous vous produisez vendredi 10 juillet à Vitrolles, au cours d’une soirée très marseillaise avec notamment Le Rat Luciano et Massilia Sound System. Quel est votre rapport à eux ?

    K.A. : Cette soirée, ça tue. Avec Luch’ [L’un des surnoms du Rat Luciano, Ndlr.], on n’a jamais officiellement fait de morceaux, mais je l’ai toujours croisé en centre-ville. Pour l’anecdote, quand j’étais petite, encore mineure, et qui lui était une star de la Fonky Family, je suis allée quelques fois chez lui au Panier. Il m’a fait des instrus alors que moi, j’étais une petite anonyme. Ce mec est une légende, l’un des plus grands rappeurs de France, voire le plus grand. Et c’est surtout un exemple d’humanité. À l’époque, j’étais juste une petite du centre-ville, tout le monde s’en battait les couilles de moi, et lui prenait le temps pour me faire des sons. Et je ne suis pas la seule dans ce cas, il a aidé plein de petits à l’époque. Quant à Massilia Sound System, je les considère comme des grands frères. Pour moi, ça représente les sardinades de la Plaine et tout le reste. On a déjà fait des festivals en commun. C’est la famille.

    Entretien réalisé par Philippe Amsellem

    Hip-hop, folk et pop fleurissent Jardin Sonore à Vitrolles

    « Deux jours, comme un temps de rencontres musicales entre les têtes d’affiche et les plus émergents », résume Alexandre Langlais, directeur du festival Jardin Sonore dont la 9e édition se déploie les 10 et 11 juillet au Domaine de Fontblanche. Au menu, vendredi soir, un plateau très marseillais avec les tauliers du raggamuffin Massilia Sound System et le rappeur le plus légendaire de la ville, Le Rat Luciano, récemment à l’origine de l’album Magma, 26 ans après son classique Mode de vie béton style. La rappeuse colombienne Valentina ou encore le MC marseillais Allen Akino seront aussi de la partie. Davantage portée pop, folk et électro, la soirée du samedi verra la venue du groupe Lilly wood and the prick, mais aussi d’Angus & Julia Stone ou Ben Mazué.

    www.jardinsonorefestival.com

  • Au festival d’Aix, le chant fait homme

    Au festival d’Aix, le chant fait homme

    Le public du Grand Théâtre de Provence n’a pas boudé, mercredi soir, son plaisir ni mégoté son enthousiasme. L’objet de cette ovation debout ? Le ténor français Benjamin Bernheim invité pour un récital de mélodies dans le cadre du Festival d’Aix. La veille, ce même public saluait un autre français, le baryton Stéphane Degout. Alors, peut-on dire que le chant lyrique français se porte bien ? Assurément ! De ce côté-là, non plus, notre « équipe de France » n’a pas à rougir. Le ténor était accompagné de la pianiste chinoise Qiaochu Li, toute en délicatesse de toucher et de sensible lecture, immensément attentive. On a même entendu dans la salle lancer un « la pianiste est formidable ! ». Et, certes, cette ancienne pensionnaire de l’Académie Européenne de musique méritait bien qu’on commençât par elle. Elle fait part à deux dans L’Invitation au voyage d’Henri Duparc. « Là tout n’est qu’ordre et beauté… ». Et surtout, elle fait oublier l’absence de l’orchestre dans les sublimes Nuits d’été de Berlioz. Benjamin Bernheim c’est ce type de ténor, à l’élégance française, à la diction impeccable, héritier direct d’un Georges Thill, et frère de Julien Behr ou Sébastien Droy. Ajoutons des aigus d’argent, lancés sans un soupçon de vibrato et une âme profondément artiste. L’école de chant français se porte plutôt bien. Les Nuits d’été sont un enchantement. Les mélodies espagnoles, Monpou et Turina, ou argentine, Alberto Ginastera, sont de petits bijoux de délicatesse. Le ténor se fait plus ample avec des mélodies de Puccini. Puis le ton change avec des adaptations de classiques de la chanson française. Douce France de Trenet, Les feuilles mortes de Kosma et Prévert et un très beau Tant qu’on a que l’amour de Brel. Un hommage à Pierre Audi et José Van Dam précède des bis généreux ; Werther Pourquoi me réveiller et Roméo et Juliette Ah ! Lève-toi Soleil ! finissent de mettre le public sous le charme. Une grande leçon de chant !

  • Impitoyable Marseillaise

    Impitoyable Marseillaise

    Quel Mondial ! Il fut haletant, déroutant et renversant avec son plateau de rêve. Au départ on pouvait cibler plus de trente triplettes capables d’inscrire leur nom au palmarès. Mais dès les premières escarmouches, un vent de folie a soufflé avec la défaite de Philippe Suchaud associé à Hureau et Lamour. Une première pour le multiple champion du monde.

    C’étaient les prémices de la chute des très grands. Au fil des tours, des jours, ils sont tombés. Un par un, parfois face à un autre grand, d’autrefois contre un gros outsider à l’image de Foyot défait en 8e de finale mardi après-midi contre une triplette qui disputait sa première compétition officielle au nom de Coulomb. Seule la Marseillaise peut donner autant d’émotions.

    Dans ce marathon de 13 parties qu’est La Marseillaise, la canicule a joué un rôle prépondérant. Elle a été constante et terriblement éprouvante pour les organismes déjà soumis durant quatre jours de compétition à la fatigue, la pression des galeries et le stress. Car il faut maîtriser tous les paramètres pour dompter Le Mondial.

    Maurel, Durk, Prud’homme n’y arrivent pas

    On attendait l’équipe de rêve au tournant, celle de Stéphane Robineau. Mickaël Bonetto, Dylan Rocher. Elle a échoué pour la seconde année consécutive dans sa conquête. Une déception tout de même au regard de la qualité de jeu. D’autres n’ont pas su ou pu atteindre le dernier carré à l’image de Jean-Michel Puccinelli, Romain Fournié et le petit prodige Dawson Herlemann. « Dawson a tenu sa place de tireur avec brio. Il a tout l’avenir devant lui. Un jour il soulèvera le trophée », assure Puccinelli.

    Eux ont pu échapper à la sentence et rentrer de nouveau dans le dernier carré où tout change, où l’expérience joue un rôle majeur. Pourtant ils ont échoué. Maurel, Durk, Prud’homme sont tombés face à Messonnier dans une partie qu’ils semblaient maîtriser.

    Deux demi-finales perdues. Une finale ça commence à faire beaucoup. Maurel, le meilleur des trois hommes, était particulièrement abattu après la défaite. Yves Rakotoarisoa était tout proche, lui, de sa deuxième victoire consécutive mais son équipe s’est fait hara-kiri en demi-finale en ne convertissant pas l’opportunité de victoire qui leur tendait les bras.

    Vincensini, grand connaisseur des boules, suivant la partie, avait prédit ce dénouement : « Lorsqu’on manque de telles occasions de conclure, le couperet tombe à un moment où un autre pour vous punir. »

    Terrible et impitoyable, La Marseillaise est cruelle pour les faibles. Elle l’a été pour l’infortuné Patrick Laur, perdu dans le stade d’honneur lors d’une finale médiocre. Il a entraîné dans son désespoir ses équipiers Sébastien Rousseau, qui perd sa deuxième finale en deux ans, et Sony Even. Il ne faut pas lui jeter la pierre. Des grands joueurs se sont souvent cassé les dents dans ce carré.

    La récompense est venue pour un immense joueur, Michel Loy, qui a ajouté à son tableau de chasse la seule étoile qui lui manquait. Même si sa prestation a été très médiocre. Il en était conscient. À la fin de la partie, il s’est tourné vers ses supporters en criant : « Désolé, on ne vous a pas régalé. » Le perfectionniste a parlé. Que dire de Yohan Cousin ? Il a éclaboussé de sa classe cette édition 2026. C’est l’homme fort du Mondial. Il a contribué grandement à la victoire des siens. La 3e de Patrick Messonnier, égal à son image. Sérieux. Appliqué. Un troisième titre n’est jamais un hasard.

    En amont, le GP Féminin Paprec a été conforme à la logique. Les trois équipes de France étaient en demi-finale. C’est un gage de reconnaissance et une belle vitrine pour la pétanque féminine. Il a été remporté par Camille Picard, Nagesse-Baussian-Protat, Aurélie Bories. Enfin le Trophée Crédit Mutuel juniors, cadets, benjamin-minimes a connu un bel engouement. À l’image de Loni Szczotkowski et Mylan Terryn qui ont remporté leur 3e titre sur le Trophée Crédit Mutuel, tous ces jeunes représentent l’avenir de la pétanque. Certains seront en haut de l’affiche dans quelques années du Mondial La Marseillaise.