Tag: Bouches-du-Rhône

  • Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Contournement d’Arles, le président de la CCI interpelle l’État

    Le contournement d’Arles revient sur le devant de la scène. Après 25 ans d’instruction par les services de l’État, le projet a été désavoué par la commission de l’enquête publique, le 28 février dernier. Dans son avis défavorable au classement de l’ouvrage en autoroute, celle-ci pointe les incertitudes budgétaires ainsi que le report du trafic sur les voies secondaires. Pour éviter tout enlisement, les acteurs économiques du territoire interpellent l’État dans un courrier que Stéphane Paglia a adressé au ministre chargé des Transports, Philippe Tabarot.

    Le président de la CCI du Pays d’Arles appelle « à la saisine du Conseil d’État afin d’obtenir la déclaration d’utilité publique dans les délais légaux », pour ce projet qu’il estime être « d’intérêt national et européen », puisqu’il « contribuera au développement économique d’un territoire stratégique, à la croisée de l’axe rhodanien et de la zone industrialo-portuaire de Fos-Marseille », en assurant une « continuité autoroutière entre l’Italie et l’Espagne ».

    Concernant le dispositif de péage, envisagé en 2024 puis remis en cause car il pourrait engendrer un report de près de 10 000 véhicules par jour, dont 3 000 poids lourds, sur le réseau secondaire gratuit, il assure que « ces paramètres peuvent encore évoluer ».

    Pour Stéphane Paglia, « le renouvellement, dans les prochaines années, de plusieurs concessions autoroutières [telle qu’Escota, filiale de Vinci Autoroute, Ndlr] constitue pour l’État une véritable fenêtre d’opportunité : intégrer la réalisation du contournement autoroutier d’Arles dans un ensemble remis en concurrence, plutôt que d’en porter une concession autonome et isolée ». Une option qui permettrait, selon lui, de sécuriser « un montage financier robuste », d’inscrire l’infrastructure de 26 km dans une « logique de réseau » et de répartir « l’effort économique dans le temps, sans faire peser une charge excessive sur les usagers locaux ».

  • À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    À Aubagne, une micro-ferme pour sensibiliser à la biodiversité

    Une micro-ferme agroécologique et pédagogique, c’est le projet qu’a imaginé Florent Bonello, fondateur des Jouals. À travers cette ferme, une cueillette de fruits et de fleurs se réalise afin de sensibiliser et de faire découvrir la biodiversité locale dès le plus jeune âge. « Le but était de faire découvrir et d’enseigner l’agroécologie », explique Florent Bonello.

    Depuis son plus jeune âge, le natif de Marseille vit au contact de la nature. Après avoir obtenu son diplôme d’ingénieur en agroécologie, il a immédiatement imaginé un projet pédagogique autour de la biodiversité. Les visites auront lieu chaque samedi du mois de mai, de 14h à 16h. Pour le moment, elles se limiteront à la découverte du site, sans cueillette, les fruits et végétaux étant encore en pleine croissance.

    Un autre aspect important du projet concerne le financement. L’acte d’acquisition du terrain est en cours de finalisation et le fondateur des Jouals a lancé une campagne de parrainage, disponible jusqu’au 31 mai.

    Un appui majeur

    Les Agri’Culteurs, plateforme de financement spécialisée dans les projets agroécologiques, soutiennent le projet des Jouals. Pour financer les 657 arbres et arbustes, Florent Bonello a acté un partenariat avec la société qui a ouvert ses portes depuis plus d’un an maintenant. « Nous partons du principe que les agriculteurs ne peuvent pas porter seuls la charge de prendre soin de l’environnement », déclare Jeanne Bonnet, présidente de la plateforme les Agri’Culteurs. Une rencontre décisive pour Florent Bonello, qui a pleinement adhéré à la démarche. « Elle (Jeanne Bonnet) est venue directement sur le terrain et m’a orchestré un panel de médias avec des vidéos, des images et du son pour la communication des Jouals, c’était parfait », ajoute-t-il. Jeanne Bonnet complète : « Son idée de projet correspond totalement à nos valeurs. L’idée est de soutenir des agriculteurs engagés en allant les aider à trouver des financements. »

    À ce jour, 31 donateurs ont déjà contribué, et le projet continue de progresser. Florent Bonello espère voir ses végétaux pleinement développés d’ici septembre, tout en poursuivant son ambition pédagogique : « La sensibilisation par l’émerveillement, c’est la clé de la réussite. C’est même un spectacle pour les enfants », affirme-t-il.

    Campagne de parrainage sur le site lesarbri-culteurs.fr

  • [Entretien] « Pour l’heure, le trafic est stable sur Marseille »

    [Entretien] « Pour l’heure, le trafic est stable sur Marseille »

    La Marseillaise : Quel est l’état des lieux du trafic aérien ?

    Julien Boullay : Pour l’instant, il n’y a rien d’alarmant. Le trafic est stable par rapport à l’année dernière, malgré des billets d’avion plus chers. C’est lié au fait que le carburant est le premier poste de dépense des compagnies aériennes et que le prix du kérosène a plus que doublé. Pour les compagnies, l’impact est donc phénoménal. Évidemment, plus le vol est long, plus l’impact de la hausse du kérosène est important. Sur un vol d’une heure, ce n’est pas colossal, mais pour un vol long-courrier, ça va être plus important. On voit aussi que les compagnies qui ont suspendu les destinations vers le Moyen-Orient ont reporté les vols sur des destinations plus proches. Certaines, qui ont annulé la Jordanie, l’Arabie-Saoudite ou Israël, ont en revanche ajouté des vols vers la Tunisie ou le Maroc. Par exemple, habituellement, on a un bon trafic pour Tel-Aviv et Beyrouth, mais là, il n’y a plus de vols tout simplement. À l’inverse, pour Le Caire, la demande est toujours là. Sur le plan géographique, ce n’est pourtant pas si éloigné des zones de conflit, mais les gens ne s’en détournent pas. Certaines compagnies ont revu leurs programmes de vols à la baisse, mais ça reste contenu. Il y a des annulations, mais ça reste à la marge. C’est peut-être entre 1% et 2% de vols en moins.

    Et du côté des passagers ?

    J.B. : Quand on regarde du côté de la demande, le sentiment, c’est qu’elle reste solide. Le budget voyage des passagers est sanctuarisé. Les clients, confrontés à des problématiques de pouvoir d’achat, vont faire des arbitrages, mais pas forcément défavorables aux vacances. Certains décideront de rester en France, d’autres de prendre l’avion pour partir moins loin. Donc, la demande est encore là, mais il peut y avoir des changements de destinations. Forcément, le Moyen-Orient souffre un peu, avec un report sur l’Europe ou l’Afrique du Nord. Des gens qui souhaitaient aller à Dubaï, Tel-Aviv ou au Liban vont peut-être se reporter sur le Maroc, l’Italie… On commence aussi à constater une réduction de la durée des vacances, peut-être pour ajuster le budget. On le voit notamment car les passagers restent moins longtemps sur nos parkings.

    Cette situation peut-elle entraîner des annulations de vols ?

    J.B. : Personne n’a intérêt à annuler un vol en dernière minute, surtout pas les compagnies aériennes. Leur intérêt, c’est justement d’anticiper les annulations de vols. S’il y en a, c’est surtout pour des problèmes opérationnels. Elles ajusteront plutôt le nombre de vols en amont. Les compagnies aériennes subissent de plein fouet la situation. Les premières victimes de l’explosion des prix du carburant, ce sont elles. Normalement, on arrive à la période de l’année où elles font leur beurre. La demande est logiquement plus forte l’été que l’hiver, les billets s’y vendent plus cher globalement. C’est cela qui leur permet d’opérer des vols en hiver, qui sont plus compliqués à opérer car il y a moins de demande. Si elles ne gagnent pas leur vie comme elles l’avaient souhaité cet été, il risque d’y avoir un effet boomerang cet hiver. Concernant le manque de kérosène, il n’y a pas de soucis pour les prochaines semaines, mais je n’ai pas de visibilité particulière au-delà.

    Il y a des inquiétudes sur l’avenir économique des compagnies…

    J.B. : Il y a une compagnie américaine qui a coulé la semaine dernière. Spirit Airlines, une compagnie low-cost qui avait tout de même 230 avions. Ce n’est pas rien : il y a peu de compagnies en Europe qui en ont autant. En temps normal, les compagnies aériennes ne dégagent pas des marges énormes. Au niveau mondial, elles gagnent moins de 10 euros par passagers en moyenne. Ça fait des marges toutes petites. Quand il y a une crise de cette ampleur, les comptes passent vite au rouge-vif. S’il n’y a pas un gouvernement pour aider, des actionnaires pour soutenir, ça devient vite compliqué. On entend aussi que les compagnies indiennes ont demandé un soutien urgent à leur gouvernement. Il y a donc un risque à long terme si cette situation perdure : on pourrait avoir une baisse du trafic qui résulte d’une baisse de l’offre, et non pas de la demande. Si ça reste comme ça d’ici la fin de l’année, des compagnies feront faillite.

  • La nappe phréatique de La Crau atteint des niveaux records

    La nappe phréatique de La Crau atteint des niveaux records

    En Crau, la nappe phréatique n’a rien de classique. Son alimentation est majoritairement d’origine artificielle : c’est l’irrigation traditionnelle des prairies de foin de Crau qui assure 70% de la recharge. La pluie complète cet apport principal. Ses fluctuations sont donc à rebours de celles des autres nappes méditerranéennes : les hautes eaux s’étendent sur la saison estivale, les agriculteurs submergeant les prés de mars à septembre, et les basses eaux marquent l’hiver. Mais, cette année, la météo exceptionnelle change la donne.

    Début mai, l’état quantitatif de la nappe est très satisfaisant, de nouvelles précipitations étant venues en mars s’ajouter aux pluies importantes de l’hiver. Les niveaux se situent partout au-dessus de la moyenne avec des records relevés dans le sillon d’Arles. « Ce qui est exceptionnel, c’est de passer d’une année extrêmement basse à une année haute à très haute, souligne Charlotte Alcazar, directrice générale du Symcrau, le syndicat qui assure la gestion de la nappe. Ces derniers mois, la pluie a été telle que le niveau a monté en hiver, alors que c’est habituellement une période où il descend. »

    Réduire la dépendance

    à la Durance

    Désormais, les irrigants doivent prendre le relais. « On a eu des tours d’eau qui ont été sautés au début du printemps, mais la nappe, qui devait être dans des niveaux de basses eaux, est plus haute, donc quelque part, ça se compense largement, poursuit Charlotte Alcazar. Après, en Crau, il faut toujours avoir un œil en Durance et pour le coup, elle a un enneigement plutôt moyen voire déficitaire. Donc ce n’est quand même pas une saison d’irrigation assurée à 100%, même si on n’est pas dans une crainte majeure. »

    La nappe vit sous perfusion de la Durance depuis quatre siècles. Une réflexion est donc engagée pour réduire cette dépendance. « C’est un objectif de long terme qui est nécessaire dans un contexte de changement climatique, il faut travailler au long cours pour avoir une meilleure efficience du transfert d’eau avec des canaux mieux entretenus, régulés, avec de meilleurs rendements, détaille Charlotte Alcazar. Et puis, c’est aussi adopter une politique de sobriété sur nos usages en Crau. »

    La directrice du Symcrau note : « Le schéma départemental d’hydraulique agricole montre qu’à l’échelle des Bouches-du-Rhône, l’effort à consentir sur les travaux représenterait dix fois l’investissement que la puissance publique et les canaux mettent en œuvre, à l’heure actuelle. Dans un contexte de tension budgétaire des collectivités au sens large, même s’il y a une mobilisation politique, les choses devront être échelonnées dans le temps, parce que ce sont des investissements colossaux. »

  • Une étincelle de magie pour les enfants hospitalisés

    Une étincelle de magie pour les enfants hospitalisés

    Dans sa chambre du 7e étage, Hugo regarde par la fenêtre. Quand Anthony et son lapin Perlimpinpin entrent dans la pièce, le petit garçon âgé de 3 ans n’y prête pas attention. « Il a été opéré hier et il y a eu quelques complications, il n’est pas au top de sa forme… », confie sa maman, Justine. Et puis, en bas, le ballet des camions de pompiers le captive. « Ça va être dur de faire concurrence », glisse-t-elle.

    30 hôpitaux partenaires

    et une tournée

    Il en faut plus pour que le magicien baisse les bras. Finalement, après quelques tours bien sentis, un sourire se dessine sur le visage d’Hugo. Les yeux du petit garçon s’écarquillent quand Anthony fait apparaître ses amis imaginaires Bouga et Camegume. Après une demi-heure passée au chevet du petit patient, sa mère réagit : « C’est super chouette, c’est hyper divertissant. Il était pas vraiment dedans et, finalement, ça l’a bien attrapé. Même moi, je me suis prise au jeu. Ça rend l’expérience de l’hôpital plus supportable et ça occupe parce que le temps peut vite être long. »

    Mission réussie pour le bénévole de l’association Magie à l’hôpital, qui a commencé à donner de son temps il y a sept ans pour « apporter une contribution pour les enfants malades ». Lui est « magicien attitré à Hyères ».

    Nicolas, salarié de la structure, explique : « On intervient dans 30 hôpitaux et services pédiatriques partenaires, 3 à 4 fois par mois. On a commencé une tournée de 50 dates en septembre 2025, avec notre Magi’bus, qui nous permet de nous rendre dans de nouveaux établissements comme celui de Martigues et d’y proposer des spectacles, ou d’aller de chambre en chambre dans le cas où les enfants ne peuvent pas sortir. » Avec un objectif : « Leur offrir des sourires. » « Et ça ne fonctionne pas que sur les enfants, même nous, en tant qu’adultes, on se prête au jeu », assure Justine. Magique !

  • La Marseillaise des Femmes passionne

    La Marseillaise des Femmes passionne

    Après le rose en 2024, puis le bleu l’année passée, le jaune s’est invité sur les maillots des participants de la 13e édition de La Marseillaise des femmes. Ils étaient plus de 8 500, femmes et hommes confondus, à s’élancer, dimanche matin depuis le parc Borély, pour parcourir un tracé de 5,4 km. Coureurs du dimanche ou passionnés de course à pied, chacun avance à son rythme sur cette distance accessible à tous. « Surtout quand on n’a plus 20 ans », sourit Ginette.

    Cette Marseillaise participait pour la première fois à l’événement, aux côtés de son amie Marie-Pascale, adepte de marche nordique à la Maison du bel âge. « C’est sympa, c’est festif et ça nous incite à faire un effort physique. Il y a toutes les classes sociales, tous les âges et toutes les origines. J’aime les événements où tout le monde se mélange », souligne la septuagénaire, surprise de voir autant d’hommes prendre part à La Marseillaise des femmes.

    Prise de conscience

    Car ces messieurs ne peuvent participer que sur invitation d’une femme, et seuls les temps des participantes sont pris en compte dans les classements finaux. « Je comprends parfaitement le sens premier de cet événement, mais je trouve dommage que les hommes aient des maillots différents de ceux des femmes », estime Martin, venu accompagner plusieurs collègues et facilement repérable avec son maillot vert.

    « Au tout début, ils étaient bien moins nombreux, mais depuis quatre éditions, grosso modo, ils représentent entre 10 et 11% des participants. Ils viennent passer un bon moment avec leurs conjointes ou leurs filles », explique Christine Rollais, présidente du Club des Marseillaises, l’association organisatrice.

    « Nous sommes plutôt contentes de cette prise de conscience : ils défendent les causes que nous portons, à savoir la lutte contre les violences faites aux femmes, avec Amnesty International et la recherche contre le cancer du sein, et avec la Fondation pour la recherche médicale », poursuit-elle.

    Un euro sur chaque dossard est d’ailleurs reversé à ces deux associations. En seize éditions, plus de 170 000 euros ont ainsi été récoltés. « On est contentes de pouvoir les aider, mais en même temps, on regrette d’avoir encore besoin de le faire. Cela signifie que les violences faites aux femmes existent toujours malheureusement en 2026. C’est pareil pour le cancer du sein : même si la recherche progresse avec des avancées extraordinaires et un taux de mortalité en baisse, notre engagement aux côtés de ces associations reste nécessaire », insiste la présidente, fière du travail accompli par son équipe. Même si la participation n’a pas atteint le niveau record de la précédente édition, qui avait réuni plus de 10 100 personnes. Une légère baisse qu’elle avait anticipée.

    Difficultés d’organisation

    « On s’y attendait un peu parce que l’événement tombait pendant un week-end de trois jours. Mais c’était le seul week-end du mois de mai où l’on pouvait l’organiser dans les meilleures conditions afin qu’un maximum de personnes puissent participer », explique Christine Rollais.

    La présidente confie toutefois que la fréquentation a finalement dépassé les prévisions établies avant la course, malgré les menaces de pluie au-dessus du Parc Borély. Comme en 2024, l’organisation a dû se tourner vers ce site « sympa et choupinou », mais espère retrouver, dès l’an prochain les plages du Prado. « Moi, la mer, je ne peux pas y résister », glisse la Marseillaise.

    Présent sur place aux côtés d’Anthony Canali et de Cyprien Vincent, élus des 6e et 8e arrondissements, le nouvel adjoint aux sports de Marseille, Éric Méry, a affiché son soutien à La Marseillaise des femmes. « L’objectif, s’il n’y a pas de superposition d’événements, c’est un retour sur les plages du Prado. Il n’y a aucun sujet là-dessus », assure l’avocat phocéen, président du collectif MadMars.

    Verdict l’année prochaine.

    « Notre engagement aux côtés
    de ces associations reste nécessaire »

  • L’abolition de l’esclavage, une histoire de France sensible

    L’abolition de l’esclavage, une histoire de France sensible

    Moment solennel sur le quai d’honneur, ce dimanche 10 mai, pour la commémoration de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions, avec des lectures de poèmes, de passages de la charte du Mandé, une des plus anciennes constitutions au monde proclamée au XIIe siècle par le fondateur de l’Empire mandingue, territoire situé dans le haut bassin du fleuve Niger, le tout animé par le groupe Tambores.

    C’est de ce quai que « sont parties une centaine d’expéditions négrières pour alimenter ce commerce ignoble, une activité qui participa aussi à la prospérité de la ville », a rappelé en préambule Wally Tirera, président du collectif Paca pour la mémoire de l’Esclavage, en présence de nombreux élus, d’associatifs et de représentants de l’État. Plus précisément à partir de 1783, et pendant une dizaine d’années, lit-on sur le site de Mars Imperium, plateforme créée par une soixantaine de chercheurs en 2025 qui relate l’histoire coloniale et post-coloniale de Marseille.

    « Qu’est-ce qui justifiait le fait de faire des Africains des choses ? », s’interroge Wally Tirera. Il dénonce « un déni d’humanité habillé d’une véritable législation teintée d’une justification théologique au service du profit des nations esclavagistes qui s’estimaient au-dessus de la communauté humaine ».

    « Solidarité entre toutes les souffrances humaines »

    Alors que la loi Taubira reconnaissant la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité fête ses 25 ans, en France, « pays aux trois abolitions dont deux officielles », le sujet reste sensible, estime le président du collectif, regrettant « une histoire encore aujourd’hui difficilement évocable, assumable ». Il en veut pour preuve une « institutionnalisation compliquée » avec un comité de la mémoire de l’histoire de l’esclavage « dirigé par des personnes légitimes et compétentes », disparu en 2019 « avec la création de la Fondation pour la mémoire de l’esclavage, opposant les associations les unes contre les autres en distribuant des labels ». Un label qu’il vit comme « une hérésie ».

    En plaçant la cérémonie sous le thème des « résistances », aux « oppressions, au racisme, à l’antisémitisme, à l’esclavage moderne avec ses 50 millions de victimes », Wally Tirera inscrit le collectif en « solidarité entre toutes les souffrances humaines, dans le partage de cette histoire dramatique, notre histoire commune ». Rappelant que 6 000 organisations à travers le pays œuvrent à cette mémoire, il prône « l’unité et la concorde ». L’hommage s’est terminé en silence avec le jet de pétales dans l’eau du Vieux-Port.

  • Une pétition pour la survie de la Coopérative de presse méditerranéenne

    Une pétition pour la survie de la Coopérative de presse méditerranéenne

    Après plusieurs alertes, les travailleurs de la CPMM, qui sont en charge de la distribution de la presse sur une partie de la région Sud, passent à l’interpellation « de l’opinion publique, la population et des élus locaux ». Une interpellation qui passe par le lancement d’une pétition* à l’objectif clair : « On veut solliciter la population et les mairies qui tiennent à leurs petits commerces et à leur presse. On veut leur dire qu’il y a un risque économique, que la filière est en danger », résume Nicolas Guglielmacci, pour la CGT de la coopérative. Il rappelle la problématique : « Les aides à la distribution de la presse sont accaparées par des gros éditeurs et ne redescendent pas jusqu’à nous. »

    Concrètement, la coopérative, confrontée à une conjoncture économique difficile, ne touche pas un kopeck de la myriade d’aides pour la presse. « Les aides à la distribution ont été augmentées à cause de la baisse des ventes, de 4,5 millions d’euros, mais on n’a rien eu. Il y a un risque pour la CPMM, mais aussi les diffuseurs [kiosques par exemple, Ndlr], ou des éditeurs locaux si rien ne change. Il pourrait y avoir un arrêt de la distribution », développe le syndicaliste. Lancée le 7 mai, la pétition recueille déjà plus de 300 signatures en ligne à l’heure où nous écrivons ces lignes.

  • Le Cercle créé l’exploit et file en finale de la Coupe d’Europe

    Le Cercle créé l’exploit et file en finale de la Coupe d’Europe

    Il a fallu attendre la fin du troisième quart-temps pour voir l’espoir renaître dans les yeux des poloïstes marseillais. Dominés lors de la demi-finale aller à Kragujevac (17-14), les joueurs du Cercle des Nageurs de Marseille ont réussi l’exploit de combler leur retard, samedi, lors du match retour au bassin Pierre-Garsau, avant de décrocher leur qualification pour la finale de l’Euro Cup (16-11). La deuxième de leur histoire après le sacre de 2019. « On a vécu un grand moment », savoure Marc Amardeilh, l’un des entraîneurs adjoints du CN Marseille.

    L’ancien responsable de la formation phocéenne, devenu en 2019 le premier entraîneur français à remporter un titre européen, dirigeait l’équipe au bord du bassin après le carton rouge reçu par Milos Scepanovic lors du match aller. « Sans parler de tactique, la première chose à faire était de les rendre nerveux. On savait que c’était une équipe capable de s’agacer rapidement, y compris les coaches sur le bord du bassin. Nous, on s’était dit qu’il fallait rester concentrés, quelles que soient les circonstances. C’était déjà le premier match à gagner : celui de l’attitude », insiste le technicien marseillais.

    Duel finale contre Split

    Accrochés au score jusqu’à la mi-temps, les Marseillais ont fini par creuser l’écart à la fin du troisième quart-temps, avant de distancer largement les pensionnaires de Kragujevac lors de la dernière période. « On a raté des penalties au début, mais ça voulait surtout dire qu’on ne s’était pas créé beaucoup d’occasions. On savait que si on continuait à jouer comme ça, on finirait par avoir des opportunités pour se détacher un peu. En fait, ça s’est construit petit à petit. Et ce n’est pas plus mal non plus. Si on avait pris trois buts d’avance dès la première période, il aurait été difficile de défendre ce résultat. Là, on est allé le chercher », se félicite Amardeilh.

    Ce succès de prestige permet donc au Cercle des Nageurs de Marseille de se qualifier pour la finale, où il affrontera le club croate de Jadran Split. « On va d’abord bien récupérer, puis essayer de préparer cette rencontre du mieux possible en étudiant attentivement l’équipe adverse », explique l’adjoint marseillais.

    Cette aventure n’est pas sans lui rappeler celle vécue il y a sept ans, lorsque seuls Arshak Hovhannisyan, Pierre-Frédéric Vanpeperstraete et les cousins Vernoux figuraient déjà dans l’effectif phocéen. « Je pense que si on joue avec nos qualités, qu’on conserve une bonne attitude et la confiance en nos forces, on aura de grandes chances de remporter la Coupe », estime Marc Amardeilh.

  • Eau contaminée à Rousset : l’enquête confirme l’origine hydrique de l’épidémie

    Eau contaminée à Rousset : l’enquête confirme l’origine hydrique de l’épidémie

    L’épisode de gastro-entérites survenu à Rousset, le 16 avril dernier, a trouvé son explication. Cet événement avait entraîné des restrictions de consommation de l’eau du robinet pour l’ensemble des habitants de la commune jusqu’au 24 avril. Une enquête épidémiologique avec un questionnaire, lancée le 17 avril, avait recueilli 1 182 réponses et a permis d’identifier 895 personnes ayant déclaré des symptômes entre le 2 et le 22 avril. Parmi elles, 86% avaient un lien avec la commune de Rousset (lire notre édition du 23/04).

    Les conclusions de Santé publique France viennent d’être rendues publiques Selon ce rapport, l’épidémie est désormais clairement attribuée à une « origine hydrique ». Elle est liée à une « contamination du réseau d’eau potable », exploité par la Société des Eaux de Marseille (SEM), ainsi qu’à un « un dysfonctionnement du système de chloration ». Les analyses microbiologiques ont révélé la présence de plusieurs agents « pathogènes ». Parmi eux, des virus de type norovirus et rotavirus, mais également des bactéries telles qu’Escherichia coli.

    Santé publique France évoque également une hypothèse pour expliquer cet épisode : un phénomène de « retour d’eau » qui aurait pu entraîner une intrusion d’eaux usées dans le réseau d’eau potable. Cette piste est avancée « au regard des éléments microbiologiques observés », sans être présentée, à ce stade, comme une certitude définitive.

    « échanges constants »

    La municipalité de Rousset, dans un communiqué publié sur ses réseaux sociaux, rappelle s’être « mobilisée dès les premiers signalements ». Elle souligne avoir maintenu « des échanges constants » avec l’Agence régionale de santé, les autorités sanitaires et la SEM, tout en « assurant l’information de la population et le suivi quotidien de la situation ». Des mesures de précaution ont été mises en place « rapidement », notamment la distribution de dizaines de milliers de bouteilles d’eau, rendue possible grâce à « l’engagement de nombreux bénévoles ».