Tag: Bouches-du-Rhône

  • Les soignants de l’hôpital de Martigues refusent de perdre leurs conquis

    Les soignants de l’hôpital de Martigues refusent de perdre leurs conquis

    Les soignants de l’hôpital de Martigues dénoncent une volonté de faire des économies sur le dos des agents. Ce jeudi, alors que les partenaires sociaux devaient rencontrer la direction, des dizaines de personnels en grève ont envahi la salle des Pinèdes à l’initiative d’une intersyndicale CGT et CFDT. À l’origine de la fronde : la crainte d’une mise en œuvre des recommandations de l’Agence nationale d’appui à la performance suite au rapport de la Chambre régionale des comptes publié en octobre 2025, qui soulignait les problématiques financières de l’établissement.

    Son directeur Loïc Mondoloni concède : « La bonne nouvelle, c’est que la situation s’est bien améliorée : le niveau de déficit a été réduit de 40%. Mais il y a des choses non conformes à la loi et ça, il faut le régler quels que soient les impacts budgétaires. Fin 2025, j’ai reçu une injonction d’un procureur financier de revenir à la règle. J’engage ma responsabilité en tant que gestionnaire public. »

    Le principal sujet à traiter est celui de la pause méridienne. « On veut nous enlever 40 minutes de temps de travail alors qu’on mange en bossant », s’agace Laure Privat, secrétaire générale du syndicat CGT. Avec une conséquence directe, évoquée comme une hypothèse pour le moment : la suppression de RTT. « Pour un temps plein, ça équivaudrait à peu près à 9 jours de repos en moins sur l’année », détaille Manon, infirmière au bloc opératoire.

    « On veut de l’équité. »

    Le décret du 4 janvier 2002 stipule qu’une pause « d’une durée de 20 minutes est accordée lorsque le temps de travail quotidien est supérieur à 6 heures consécutives » sauf si les agents restent à la disposition de leur employeur, auquel cas cette pause est considérée comme du temps de travail effectif. « On est toujours à disposition », s’agacent les personnels. La direction entend « poser des principes » puis « discuter des exceptions avec les équipes » dès le mois de septembre. « Il y a des services où il n’est pas question de décompter ces 40 minutes parce qu’il faut une continuité. » Pour les personnels, hors de question de différencier les conditions de travail en fonction du poste. « On veut de l’équité. »

    Nathan Cabiac, secrétaire général CGT, affirme qu’il n’est pas envisageable de toucher aux RTT des soignants. « Aujourd’hui on a du temps de travail qui n’est pas pris en compte : quand on arrive avant pour la relève, le quart d’heure qu’on note jamais mais qu’on donne par conscience professionnelle, le temps d’habillage, de déshabillage… Ce temps, il faut le prendre en compte et il compense largement le temps de pause méridienne. » La direction s’est engagée à ne pas toucher aux jours de repos mais prévient : « La question de la pause devra être posée. »

    Celle du forfait des astreintes sera aussi à l’ordre du jour. La rentrée promet d’être mouvementée. Les soignants du bloc opératoire ont entamé une grève reconductible pour amplifier la mobilisation.

  • Les universités vers plus d’autonomie

    Les universités vers plus d’autonomie

    Les quatre universités de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur vont vers plus d’autonomie et vers une stratégie propre à leur développement. C’est en tout cas le sens des Contrats d’objectifs de moyens et de performance (Comp) signés ce jeudi, au rectorat d’Aix-en-Provence, entre Philippe Baptiste, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace et les présidents des universités d’Aix-Marseille (AMU), d’Avignon, de Toulon mais aussi de l’Université de la Côte d’Azur. C’est au rectorat d’Aix-en-Provence que les parties se sont retrouvées pour signer ces contrats, vingt ans après la loi dite Pécresse, actant l’autonomie des universités. Le lieu signe « une marque de confiance », pour le recteur, Benoit Delaunay. La signature de ces COMP – qui engage l’état pour une durée de cinq ans – est une première, en France, qui emboîte le pas à « une phase de préfiguration » lancée en 2025. Le 7 juillet dernier, le Ministre s’était rendu en Nouvelle-Aquitaine, pour signer les six premiers contrats de cette stratégie qui vise à s’étendre sur tout le territoire national.

    « Caps à long terme »

    « Ce qu’on fait, c’est s’adresser à chaque université. On leur demande d’afficher leur stratégie : que voulez-vous faire dans les années qui viennent ? Il n’y a pas deux universités qui sont pareilles. On acte le fait que les universités sont toutes différentes (…) Là on a des différenciations qui sont très fortes, qu’on assume pleinement au travers de ces contrats », déroule Philippe Baptiste face à la presse. Cette stratégie prend en compte, notamment, le modèle économique, la vie étudiante, mais aussi la carte de formation. « C’est pour cela que l’on discute avec la Région, qui est autour de la table et qui vient expliquer quelles sont ses priorités en termes de formation », précise le Ministre de l’enseignement supérieur, qui précisera : « Aujourd’hui, il y a des dotations qu’on donne tous les ans aux universités. En plus de ces dotations, pour ces Comp, il y a une sorte de bonus contractuel en plus, pas loin de 14 millions d’euros, mis sur la table aujourd’hui et qui sera rediscuté, renégocié chaque année (…) Au lieu de faire des pilotages annuels, ou l’on règle les problèmes les uns après les autres, c’est fixer des caps de long terme. Les universités décident ensuite des manières dont elle va utiliser ces ressources additionnelles ». Le ministre insiste : « si on regarde sur les dix dernières années il y a eu un effort budgétaire annuel de l’état qui a cru de manière extrêmement significative. » Du côté de la Région, représentée par Georges Leonetti, conseiller régional spécial délégué à la santé, de la lutte contre la pandémie, de l’enseignement supérieur et de la recherche, on salue « une petite révolution dans le monde universitaire ». à noter que les Crous d’Aix-Marseille et de Nice-Toulon, l’ARS, mais aussi des organismes nationaux de recherche s’investissent dans ce partenariat. « Nous croyons en la décentralisation. Elle sera réussie pour l’enseignement supérieur », ajoute Georges Leonetti. Quand Eric Berton, rappelle qu’AMU, dont il tient la présidence, « a toujours été une université expérimentatrice. Je n’ai pas hésité à aller sur les Comp, parce que je savais avec l’équipe politique et l’équipe administrative que nous allons réussir à atteindre les objectifs. » Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, d’ici la fin de l’année 2026, « l’École Centrale Méditerranée et Sciences Po Aix signeront à leur tour leur Comp, tandis que s’ouvre pour le rectorat la phase de suivi des contrats des quatre universités. »

  • À Marseille, les locataires des Bourrely se mobilisent

    À Marseille, les locataires des Bourrely se mobilisent

    « S’ils refusent de nous voir, on va faire le bordel ! », lance une des habitants devant le siège du bailleur social 13 Habitat (4e). Ce jeudi 16 juillet, au matin, une quinzaine de locataires des Bourrely (15e) se sont rassemblés pour réclamer une réponse du directeur général quant à « la négligence » dont ils se disent victimes depuis des années. Mobilisés activement depuis la coupure du gaz due à des fuites de monoxyde de carbone, il y a un mois et demi (notre édition du 11 juillet), les habitants déplorent l’inaction du bailleur.

    « Pour fermer la bouche des habitants, on leur donne une toute petite plaque électrique. Mais ici il y a des familles nombreuses, des enfants, des personnes âgées, on n’a même pas d’eau chaude », revendique Cynthia, locataire. « J’ai un bébé de 22 mois, on me dit de le laver à l’eau glacée, c’est de la maltraitance ! », ajoute-t-elle. Devant le bâtiment, l’atmosphère est plus que tendue : « 13 Habitat on va vous casser les portes si vous nous laissez pas entrer ! », menace une autre habitante ulcérée. Sarah, responsable de l’association Dyhia, explique que malgré de nombreuses sollicitations à différentes échelles (préfecture, mairie), rien n’est mis en place. Elle martèle : « C’est un droit l’accès à l’eau et au gaz pour les locataires. »

    « Aujourd’hui le problème c’est le gaz, mais si c’est pas ça, ça sera autre chose », se désole Sarah. Tous racontent les fuites, l’humidité, la moisissure, les punaises de lit ou encore les fourmilières dans les appartements, et condamnent l’absence des contrôles réglementaires annuels depuis plusieurs années.

    « On nous dit ça

    depuis des semaines »

    Alors que la sécurité les empêche de rentrer, le directeur leur propose d’abord une réunion en septembre, avant d’accepter de les recevoir face aux vives réactions suscitées par sa proposition. Cynthia exprime sa déception en sortant : « On s’est senti méprisés, aucune date n’a été donnée, il a dit qu’il nous informera demain, mais on nous dit ça depuis des semaines ». Le directeur leur assure qu’il n’a été mis au courant de la situation que le 29 juin, ce qui indigne les locataires.

    Pour sa part, la direction de 13 Habitat explique cette situation par la mise en place d’un protocole de sécurité concertant le monoxyde carbone et les délais – longs – des différentes organisations qui doivent intervenir. « On va faire le nécessaire pour mettre la pression aux entreprises et construire un protocole plus rapide », promet Damien Vanoverschelde, le directeur général de 13 Habitat. Il assure que les équipes sont en train de rechercher la raison de la présence du monoxyde de carbone dans les bâtiments. à propos des « autres revendications concernant l’état du patrimoine », celles-ci « nous préoccupent et nous souhaitons intervenir au plus vite », tient à préciser la direction du bailleur social.

  • Les salariés de Kalhyge poursuivent leur combat

    Les salariés de Kalhyge poursuivent leur combat

    Deux ans et une enquête de l’inspection du travail plus tard, l’accord de performance collective (APC) ne passe toujours pas auprès des salariés de Kalhyge. Ce type d’accord permet aux entreprises de modifier le contrat de travail des salariés afin de répondre aux nécessités nouvelles du fonctionnement de l’entreprise. En pratique pour la blanchisserie industrielle, cela se traduit par la modification des conditions de travail, la réduction de la durée du travail, ou du salaire. « Entre autres, on nous a supprimé la prime d’ancienneté et la rémunération de la pause méridienne », énumère Kamel Bouanani, délégué CGT Kalhyge Marseille, lors d’une conférence de presse ce jeudi. Et de compléter : « C’est le piège de l’accord : le refuser, c’est provoquer son propre licenciement ».

    L’enquête de l’inspection du travail a démontré que cet accord signé par Kalhyge constituait une infraction : le contournement d’un plan social. « Car le recours au plan social est obligatoire quand plus de dix salariés sont licenciés en moins de 30 jours. Ce qui était le cas de Kalhyge », explique Maître Léa Talrich, l’avocat des salariés. Cette infraction constatée, le parquet de Marseille a décidé qu’il n’était pas compétent, et a transféré l’affaire au parquet de Créteil et « son pôle dédié au droit du travail » en avril dernier. « Depuis, on est sans réponse », souffle l’avocate.

    Un va-et-vient judiciaire qui dure depuis le début de l’enquête de l’inspection du travail, en 2024. Mais les salariés de Kalhyge Marseille sont, eux, mobilisés depuis plus longtemps. Dès 2020, date de la signature de l’accord, ils se sont mis en grève pendant dix jours.

    Une quarantaine de postes supprimés

    Depuis ce transfert, les salariés n’ont plus accès à leur dossier : « On est contraints de demander une information judiciaire pour obtenir une place dans le dossier, et prouver l’infraction de Kalhyge auprès du juge d’instruction, avant un éventuel renvoi devant le tribunal correctionnel », pose l’avocate. Un nouveau champ de bataille pour les employés qui réclament le retour de leurs avantages. Mais il leur faudra prendre leur mal en patience, car la procédure risque de durer encore…

    Concrètement, ce sont près de 40 postes supprimés, non remplacés, sur 143 salariés basés à Marseille. Sans compter les licenciements de CDI, substitués par des CDD ou des contrats intérimaires. « Tout ça pour des conditions de travail d’un autre temps, et un salaire à peine plus haut que le SMIC », se désole maître Talrich. Une réelle « opération de réduction des effectifs intentionnelle de la part de l’entreprise », selon elle. La direction n’a pas répondu, pour l’heure, à nos sollicitations.

  • Des billets de trains en vente entre les timbres et les colis

    Des billets de trains en vente entre les timbres et les colis

    Ils sont de plus en plus nombreux, les guichets fermés dans les petites gares. Et l’absence de personnel pour aider les usagers à prendre leur billet rend l’accès aux trains plus compliqué pour certains. Face à ce constat la poste, la Région Sud et la SNCF ont noué un partenariat pour faire des points de ventes Zou !, nom du réseau de transport de la région Sud, au sein de certains bureaux de poste de la Région. Une collaboration officiellement lancée ce jeudi, à Salon de Provence.

    « à Salon-de-Provence, on a plus de guichet, explique Nicolas Isnard, maire (LR) de Salon-de-Provence. Et beaucoup de nos habitants sont âgés et n’arrivent pas à prendre leur billet [sur internet]. C’est donc un soulagement d’avoir ce service, car nos usagers en avaient besoin. »

    En ouvrant des guichets alternatifs dans ces bureaux de poste, la SNCF espère rendre plus accessible l’achat de billets « pour ceux qui ne veulent pas ou ne peuvent pas prendre le billet sur internet », précise Andrine Bernard, directrice de lignes TER ouest Provence pour SNCF Voyageurs.

    Chaque personne souhaitant acheter un titre de transport pour un TER de la région Sud pourra se rendre dans l’un des 26 bureaux de poste de la région qui a ce dispositif. Elle sera accompagnée par un chargé de clientèle qui l’aidera à choisir l’horaire de son train, la fera payer et imprimera son billet.

    Maintenir le service public

    « C’est pratique pour ceux qui n’arrivent pas avec la technologie, ceux qui préfère avec un billet papier ou encore ceux qui ont cassé leur téléphone », indique Nathalie Collin, directrice générale grand public et numérique de la Poste.

    L’objectif de ce partenariat est donc d’ouvrir des points de vente dans les postes de villes dotées de gare mais sans guichet ou avec des horaires restrictifs. Pour Nathalie Collin, « c’est une belle façon de maintenir le service public dans les territoires qui n’ont plus suffisamment de flux pour avoir chacun son guichet ».

    L’initiative a également court dans la Région Grand Est, où 11 Postes peuvent vendre des billets de TER.

    L’objectif est d’élargir à plus de villes, pour permettre au plus grand nombre d’avoir accès au train. « Car si la sécurité, la santé et l’éducation sont des services publics essentiels, la mobilité est tout aussi importante », insiste le maire de Salon-de-Provence et 9e vice-président de la Région Sud.

    Liste des postes concernées.

    Bouches-du-Rhône : Cassis, Salon Massenet, Port-de-Bouc, Sausset-les-Pins, Martigues Jonquières, Istres Les Échoppes, Vitrolles Les Arcades, Tarascon.

    Alpes-de-Haute-Provence : La Brillanne, Sisteron

    Hautes-Alpes : Aspres, Chorges, Serres, Veynes

    Var : La Garde

    Vaucluse : Bollène, Pertuis, Sorgues.

  • Déménager pour fuir les violences conjugales

    Déménager pour fuir les violences conjugales

    Elle s’est garée à l’écart du point de rendez-vous, dans un coin du parking d’une résidence dont nous tairons le nom à sa demande, quelque part dans une ville des Bouches-du-Rhône. Parce qu’Alice* a peur. Peur de son ex-compagnon qui est là, en haut des escaliers qui mènent au domicile qu’elle souhaite quitter.

    « Elle ne lui a pas dit qu’il y avait la police », nous explique Clara Agnello, coordinatrice de projet de l’association Une Voix pour Elles au sein de l’antenne Provence. Entendre le département 13 et le Vaucluse. Créée en 2019 à Grasse, dans les Alpes-Maritimes, l’association se composait au départ de bénévoles qui proposaient des groupes de libération de la parole aux victimes de violences conjugales, précise-t-elle. Le Covid a réorienté son action. « On a collecté des produits d’hygiène pour aller les distribuer dans les hôtels de mise à l’abri auprès des femmes victimes de violences conjugales pour continuer à apporter un support », raconte Clara. Puis la cofondatrice de l’association, Loëtitia Mas, qui est toujours la déléguée générale « s’est rendue compte qu’il y avait ce besoin qui existait de soutenir les femmes pour qu’elles puissent récupérer leurs affaires personnelles ».

    Concrètement, Une Voix pour Elles propose de mobiliser des bénévoles pour faire les cartons, met à disposition un véhicule pour les charger et offre un box de stockage gratuit. Et dans les cas plus « délicats » comme celui de cet après-midi-là, un équipage de police, une agente et deux agents, est venu du commissariat voisin pour faire en sorte que tout se passe bien, dans le cadre d’une convention passée avec la police nationale 13. Le mot d’ordre : apaiser la situation, éviter « la montée en pression », indique le brigadier-chef Yann.

    Avec sa collègue la commandante Catherine, au sein de la délégation départementale d’aide aux victimes du SIPJ (Service interdépartemental de la police judiciaire) 13, ils ont rencontré les représentantes de l’association voilà deux ans, dans le cadre de la présentation d’un dispositif déployé par la préfecture et coordonné par la CAF pour simplifier le parcours des femmes qui sont victimes de violences conjugales, baptisé « pack nouveau départ. »

    Un service unique

    « Ça nous a semblé intéressant dans la mesure où ils sont positionnés sur un service qui n’est offert par aucune administration ou aucune structure de l’État », détaille le policier, « on leur a proposé de leur trouver des équipages pour sécuriser leurs interventions quand ils sentent qu’il y a potentiellement un risque que ça dégénère au moment du déménagement ». Parce que souvent aussi, ajoute-t-il, les auteurs de violences conjugales « ne reconnaissent pas les faits. Devant la police, ils se font même passer parfois un peu pour les victimes. Ils retournent la situation, en nous disant je l’ai pas touché ».

    C’est aussi une autre façon de faire son métier, qui va parfois dans la continuité. « On a eu le cas de policiers qui étaient présents au départ sur l’interpellation du conjoint violent et qui ont été missionnés quelques jours après sur le déménagement de la personne, » relate le brigadier-chef. Une expérience pilote dont il aimerait avec sa collègue qu’elle soit étendue au reste du pays. « C’est la province qui montre un peu l’exemple pour une fois », se félicite-t-il.

    D’emblée, l’équipage présent ce jour-là va discuter avec monsieur, tandis que madame monte dans les étages avec les cartons et les bénévoles présents. Les interventions de l’association sont « en dehors de toute procédure judiciaire, ça veut dire que dans tous les cas, on ne va pas pouvoir forcer les accès, il faut que soit madame soit sous le contrat de location, qu’elle ait les clés, soit que monsieur soit présent et qu’on nous ouvre la porte », a précisé Clara au préalable.

    Tremblante, Alice rentre dans l’appartement où sont également présents les deux ados de monsieur. L’équipe ne perd pas de temps. Il faut emballer vêtements, cartables, vaisselle, mais aussi la machine à laver et démonter le lit des plus petits. Les policiers l’accompagnent pour faire le tour des pièces. Entre la cuisine et la salle de bains, le ton monte. « Ne me raconte pas de bêtises », intime le mari. Puis aux policiers : « Je la connais par cœur hein, c’est bon là il n’y a rien à regarder ! » On apprendra plus tard qu’il revendique la propriété des sacs-poubelle qu’il assure avoir achetés. Intimidés, ses enfants qui n’ont jamais vu des policiers d’aussi près, se sont cantonnés dans le salon tandis que les cartons sont déposés à un bon rythme dans l’ascenseur. Les agents plaisantent, tentent de rassurer tout le monde. Des valises, une plante en plastique, un ballon de basket… Les vestiges d’une vie de famille s’entassent dans le couloir avant de finir dans la camionnette stationnée sur le parking.

    L’opération va durer près de deux heures, finalement dans le calme. Alors que les bénévoles organisent le chargement, Alice va chercher sa voiture. Elle respire, enfin. « C’était dur mais c’est la fin de quelque chose, je suis soulagée », nous confie-t-elle dans un souffle. Pour Clara et les bénévoles aussi, c’est le sentiment d’avoir pu mener à bien leur mission. « Si on pense qu’une femme fait sept tentatives de départ avant effectivement de quitter la relation d’emprise et la situation de violence conjugale, pouvoir effectivement partir avec ses affaires, c’est assez central », insiste Clara.

    *Le prénom a été changé

    REPÈRES

    62%

    des femmes aidées par Une Voix pour Elles considèrent comme un obstacle à leur départ du foyer le manque de ressources financières et la dépendance économique au conjoint, indique l’association dans une étude qu’elle a réalisée en 2024 sur les bénéficiaires de son aide au déménagement. Arrivent ensuite les difficultés à trouver un autre logement puis la peur des représailles.

    Peu de places

    « En 2025, les solutions de mise en sécurité ont évolué dans les Bouches- du-Rhône, au détriment des places d’hébergement d’urgence. Cette nouvelle organisation a induit un engorgement et une augmentation des délais de prise en charge », note dans son rapport d’activité 2025 Solidarité Femmes 13. L’association a dû redoubler d’engagement pour accompagner les victimes.

    4

    interventions par semaine en moyenne sont effectuées par Une Voix pour Elles sur son antenne Provence. Cela peut être pour un départ du domicile mais aussi une aide à la réinstallation. Pour 76% des femmes qui ont participé à l’étude d’impact de l’association, elles estiment que déménager leur a permis à elles et à leurs enfants de se reconstruire plus vite.

    Au pire, la rue

    Selon l’étude d’impact d’Une Voix pour Elles, 9% des femmes secourues sont passées par la rue après leur départ, 58% n’avaient personne à proximité sur qui compter au moment où elles ont été contraintes de déménager, le conjoint faisant souvent le vide autour de madame. À noter que 97% des agresseurs étaient en liberté, dans 68% des cas sans aucune contrainte judiciaire.

  • Ciel chargé pour l’entrée en campagne de Renaud Muselier

    Ciel chargé pour l’entrée en campagne de Renaud Muselier

    On a connu lancement de campagne plus serein. Jeudi, Renaud Muselier, président (Ren) de la Région Sud, présentait les quatre premiers de sa liste baptisée « En Provence, l’expérience qui rassemble » pour les sénatoriales du 27 septembre. à ses côtés, la sénatrice (UDI) sortante, Brigitte Devesa, la maire (LR) d’Auriol, Véronique Miquelly, et le maire (LR) de Graveson, Michel Pécout.

    Valérie Boyer « s’isole »

    Pas de Valérie Boyer sur la photo de famille, en revanche. Annoncé partante, la sénatrice LR sortante de Marseille a finalement annoncé, une heure plus tôt, qu’elle irait en solitaire. « Elle était quatre, elle est passée trois, elle voulait être en tête de liste (…). Elle s’isole, nous, on additionne », glisse Renaud Muselier, qui laisse la première place à Brigitte Devesa.

    « Moi, je recherche l’équilibre », insiste le macroniste qui se dépeint volontiers en rassembleur, relevant que sa liste a le soutien de Gérard Larcher, président (LR) du Sénat, et des majorités régionale, départementale et métropolitaine. « Nicolas Isnard (LR) et Martine Vassal (DVD) seront les deux coprésidents du comité de soutien », ajoute-t-il pour mieux convaincre.

    Mais la candidature de Valérie Boyer n’est pas le seul grain de sable dans la machine. La veille, le parquet de Marseille a confirmé l’ouverture d’une enquête pour prise illégale d’intérêt après un signalement affirmant qu’un des employés de maison du président de Région serait salarié par une société attributaire de marchés publics de sa collectivité. Dans la foulée, une enquête de Mediapart révèle qu’à l’initiative des JO d’hiver 2030 dans les Alpes, Renaud Muselier a investi dans une station de l’Utah où se tiendront les JO d’hiver en 2034, et décrit « les contours d’un conflit d’intérêts majeur » pour le membre du bureau exécutif du Cojop et coprésident de la Solideo.

    « Un fait de campagne »

    « Je m’en prends deux à un moment particulier, c’est un fait de campagne », a réagi Renaud Muselier, indiquant avoir, dès la publication de l’article, mandaté son avocat pour « préparer un dépôt de plainte avec constitution de partie civile pour dénonciation calomnieuse. Ces affirmations sont fausses et ces accusations sont mensongères dans le seul but de me nuire ».

    Mettant en avant un tout récent de rapport de l’Agence française anticorruption notant que tous les process de sa collectivité sont conformes, il assure, sur un « plan juridique pur », n’avoir « jamais siégé à la commission des marchés, ni signé un marché depuis dix ans. Les process sont clairs et je n’ai jamais eu de salarié payé directement ou indirectement par la Région ».

    Dans un communiqué, la Région défend pour sa part « un fonctionnement conforme à la réglementation, et rigoureux, des procédures de mise en concurrence », et indique se réserver le droit de déposer une plainte contre X auprès du procureur.

    Dans ce contexte, Renaud Muselier reste, lui, ambitieux. Chiffres à l’appui, il espère décrocher quatre places fin septembre. « On est capable d’en rentrer quatre, c’est un match collectif », martèle le président, sans doute quand même bien conscient que la candidature de Valérie Boyer et celle de Stéphane Le Rudulier (LR) pourraient lui coûter le grand chelem espéré.

  • [C’est l’été] Les jeudis de l’étang à Istres

    [C’est l’été] Les jeudis de l’étang à Istres

    Et pour bien débuter la saison c’est une soirée Dia de los Muertos, donc une soirée mexicaine qui vous attend sur les rives. L’immersion promet d’être totale !

    À partir de 19h.

  • De la médiation contre les plongeons dangereux

    De la médiation contre les plongeons dangereux

    « Plouf. » Un adolescent plonge de plus de dix mètres de haut depuis la corniche Kennedy, ce lundi, près de l’Anse de la Fausse Monnaie. « Là-bas, là-bas ! », s’exclame un médiateur. Depuis début juillet, et jusqu’à fin août, une cinquantaine de médiateurs sociaux sillonnent le littoral marseillais et rencontrent de jeunes adeptes des plongeons sauvages pour leur rappeler les risques. « Vous connaissez les dangers de sauter à cette hauteur ? », s’adresse, aux amis du plongeur, Jérôme Borgeot, médiateur depuis plusieurs années. « Détruire sa vie à votre âge, c’est dommage. Imaginez les gens qui vont annoncer à vos parents que vous êtes blessés, paralysés ou décédés. Si vous vous loupez, vous allez arriver comment en bas ? Vous vous imaginez à 16 ans en fauteuil roulant ? », poursuit-il. En face, le groupe d’adolescents est à l’écoute. « Je compte sur vous les gars, vous faites pas de bêtise », conclut Jérôme Borgeot. « C’est bien de faire ça pour les jeunes, ça évite les blessures. On est conscient des risques. Ça me fait peur, mais je sais sauter », confie Alexandre, 15 ans, adepte des plongeons depuis un an. « On essaye de leur parler avec des mots forts. C’est du travail au quotidien. On gagnera peut-être pas la guerre dessus, mais c’est important de gagner des microbatailles », assure Jérôme Borgeot.

    Interdit depuis 2006

    Les médiateurs travaillent en collaboration avec la police municipale, en signalant les plongeurs aux agents. Les sauts de plus de trois mètres de hauteur étant interdits sur l’ensemble du littoral, depuis un arrêté municipal de 2006. Une fois qu’un plongeur est repéré, son identité est relevée et il peut écoper d’une amende, allant de 38 à 150 euros. « Le plongeur a l’obligation de venir en mairie pour un rappel à la loi. Lors de cette réunion, il y a également un ancien féru de saut qui s’est blessé lors d’un plongeon et aujourd’hui paralysé. S’il se rend à la mairie, l’amende est annulée », explique Pierre-Marie Ganozzi, adjoint au maire et délégué à la sécurité. Dans le programme du maire de Marseille, figuraient un aménagement de plongeoirs et un accompagnement de la pratique. « On est en train d’analyser les choses, ce n’est pas aussi simple que ça. On verra dans un futur proche, comment on peut, ou pas, arriver à aménager le littoral. Mais pour l’instant, ça fait partie des réflexions », déclare l’adjoint au maire. Depuis le début de l’été, deux personnes se sont gravement blessées en plongeant depuis le littoral marseillais.

  • L’État condamné pour la déscolarisation d’un enfant handicapé

    L’État condamné pour la déscolarisation d’un enfant handicapé

    Le tribunal administratif de Marseille rappelle dans un jugement du 10 juillet 2026 que le droit à l’éducation est garanti à chacun. L’obligation scolaire s’applique aussi aux enfants en situation de handicap et l’État se doit de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour rendre ce droit effectif.

    Les requérants sont les parents d’un enfant né en 2010 qui présente des troubles de l’adaptation sociale (instabilité et impulsivité). Alors que les projets personnalisés de scolarisation (PPS) de l’enfant préconisaient dès 2017 une scolarisation en milieu ordinaire avec l’aide d’un accompagnant (AESH) couplée à un accompagnement médico-social, l’élève a été presque entièrement privé de scolarité durant cinq années. Entre les rentrées 2017 et 2022, il n’a été admis que deux mois en CE1/CE2, puis est resté complètement déscolarisé jusqu’en mars 2022. En classe de 6e, il n’a bénéficié que de 4 heures de cours par semaine dans un collège privé. Sa prise en charge conforme aux préconisations n’a finalement débuté qu’en septembre 2022.

    « L’obligation scolaire s’appliquant à tous, les difficultés particulières que rencontrent les enfants en situation de handicap ne sauraient avoir pour effet ni de les priver de ce droit, ni de faire obstacle au respect de cette obligation » énonce le jugement. Il incombe ainsi à l’état « de prendre l’ensemble des mesures et de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour que ce droit et cette obligation aient pour les enfants en situation de handicap un caractère effectif. »

    L’État est condamné à 10 000 euros de préjudice moral et de troubles dans les conditions d’existence de l’enfant,ainsi que 9 000 euros pour la mère pour dédommager à la fois son préjudice moral et professionnel, celle-ci ayant été licenciée pour l’abandon de son poste, et 3 000 euros au père. Enfin, l’état versera 1 800 euros pour les frais de justice engagés.