Tag: Bouches-du-Rhône

  • [Un été au camping] On plante ses sardines à l’auberge de Bois Luzy à Marseille

    [Un été au camping] On plante ses sardines à l’auberge de Bois Luzy à Marseille

    Nichée sur la colline de Saint-Barnabé, l’Auberge de jeunesse du Château Bois Luzy, dispose, en plus d’une centaine de places dans ses 18 dortoirs, de 20 emplacements pour tentes, et depuis les JO, de trois pour les camping-cars, au pied d’un château chargé d’histoire. On y vient, en groupe, entre amis ou en solo, pour une question de budget. Et on y revient pour « le cadre idyllique et l’accueil extrêmement chaleureux » assurent les amis de l’ovalie toulousains. « On doit un grand merci à la directrice, avoue Jérôme, je suis une quiche avec internet et au lieu de réserver une chambre pour six, j’avais cliqué sur quatre places en tentes non équipées ». Mais Fouzia Sujet, rodée depuis des années à l’accueil des Auberges de Jeunesse de Strasbourg à Marseille, n’est pas du genre à tomber le sourire devant le désarroi de la petite bande. « On trouve toujours une solution en cas d’urgence. On peut aller jusqu’à 30 emplacements de tentes pour deux à trois personnes, on a 15 tentes équipées. D’ailleurs ici, on met tous la main à la pâte ». Direction comprise.

    Aux manœuvres de ce superbe domaine depuis deux ans et demi, Fouzia met un point d’honneur à perpétuer « l’esprit de culture populaire des Auberges », épaulée par Eryne et une équipe de huit saisonniers fidèles au poste. De mars à octobre, Julien, Laurène et Marijn accueillent avec bienveillance, Kader, Lusine et Odette sont aux petits oignons pour les hôtes, quand Marie prépare les petits-déjeuners et Nabil et Alla veillent sur leur sommeil. Bientôt, « un miel de nos ruches s’étalera sur les tartines », annonce Fouzia devant une pancarte qui prévient de la présence de nouvelles reines installées au milieu des essences de la colline.

    Ouvert au quartier

    Sur la terrasse les hébergés débarrassent les tables des dernières reliques de leur repas. Les cuisines, la laverie, les sanitaires et la bibliothèque du château sont à disposition. Et, le mascaron aux armoiries du comte, les mosaïques du patio, les peintures des boiseries ou la ferronnerie des rampes d’escaliers, le site éveille l’intérêt patrimonial.

    Le camping, version vie de château « c’est plus sympa que l’hôtel, plus détendu, plus convivial. Hier, on a passé la soirée avec des gens de Clermont-Ferrand » s’enthousiasme Jérôme. C’est encore une manière pour des voyageurs venus de tous pays de rencontrer des Marseillais : « Fouzia ouvre les portes, pour des fêtes, des vide-greniers, du théâtre, des concerts, des cours de pilate… on est chez nous, ici » plébiscite Joëlle Rousson, enseignante retraitée, membre de l’Association Loisirs Bois Luzy. Sur le parking, un cycliste remonte en selle pour s’engager sur la piste. Pour les plus sportifs les plateaux de handball, football et volleyball mitoyens complètent ce tableau dont la seule ombre tient à une offre « peuchère » de transports en commun de la Métropole, déplore Joëlle.

    Tarifs en tente à partir de

    32,50 euros par jour pour une personne, 40 pour deux, petit-déjeuner inclus.

  • Au Rove, des gendarmes en renfort pour l’été sur la Côte Bleue

    Au Rove, des gendarmes en renfort pour l’été sur la Côte Bleue

    Installés à l’hôtel Rovotel, récemment rénové et rouvert, les militaires bénéficieront de « conditions d’hébergement optimales » grâce à la participation financière des quatre communes concernées : Le Rove, Ensuès-la-Redonne, Carry-le-Rouet et Sausset-les-Pins. Un effort commun qui témoigne de la volonté des élus locaux « d’accompagner le renforcement des moyens de sécurité sur leur territoire ».

    Une « présence essentielle »

    Le dispositif comptera 13 gendarmes. Parmi eux figure un capitaine de gendarmerie en provenance de Roumanie, dont l’arrivée est attendue ce 18 juillet. À ces effectifs s’ajoutent 6 gendarmes réservistes mobilisés sur le terrain. Leur mission consistera à assurer des patrouilles de prévention et des opérations de contrôle, y compris dans les trains desservant le secteur.

    Pour marquer le lancement de cette campagne estivale, une réception d’accueil s’est tenue lundi au Rovotel à l’initiative du maire (PCF) du Rove, Paul Sabatino. Les maires d’Ensuès-la-Redonne, Michel Illac, de Carry-le-Rouet, René-Francis Carpentier, et de Sausset-les-Pins, Maxime Marchand, étaient présents aux côtés des représentants des forces de sécurité et de secours. Ont notamment participé à cette rencontre le général Baillargeat, commandant le groupement de gendarmerie des Bouches-du-Rhône, le commandant Curci, le capitaine Salagnac, le lieutenant Molnar ainsi que les représentants des polices municipales des quatre communes et les responsables du centre de secours de la Côte Bleue.

    Souhaitant la bienvenue aux militaires, Paul Sabatino a souligné l’importance de leur présence durant la saison estivale. « Votre présence sur notre territoire et celui de la Côte Bleue est essentielle. Elle contribuera à renforcer la tranquillité publique et la sécurité de nos habitants comme de nos nombreux visiteurs, en particulier dans nos calanques », a-t-il déclaré. Un message de soutien partagé par l’ensemble des élus, alors que la Côte Bleue s’apprête à accueillir plusieurs milliers de touristes dans les semaines à venir.

  • Aix-en-Provence, la première étape de transformation de l’échangeur du Pont de l’Arc lancée

    Aix-en-Provence, la première étape de transformation de l’échangeur du Pont de l’Arc lancée

    Les travaux préparatoires de l’échangeur du Pont de l’Arc sont lancés depuis ce 15 juillet. Il s’agit, pour la Ville, d’une « première étape opérationnelle d’un projet structurant destiné à améliorer durablement les déplacements et la fluidité du trafic sur cet axe majeur reliant le centre-ville aux quartiers sud (Pont de l’Arc, Luynes, Les Milles) ». Situé juste au-dessus de l’A8, « le projet de réaménagement de l’échangeur autoroutier du Pont de l’Arc s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens urbains entre le centre-ville d’Aix-en-Provence et ses quartiers sud (…) cet échangeur constitue un axe stratégique de la ville, aujourd’hui peu adapté aux mobilités douces », rappelait toujours la Ville à l’issue des concertations publiques lancées autour du sujet. Il avait suscité des tensions chez les riverains. Les opérations en cours, prévues jusqu’au 31 juillet, prévoient la démolition des bordures existantes du rond-point et l’évacuation des terres de l’anneau central, la mise en œuvre d’une structure en grave bitume, la pose d’un nouvel enrobé et l’installation de dispositifs provisoires en béton en vue du futur anneau central temporaire. Pour limiter l’impact de la circulation, dense aux heures de pointe sur cet axe de la ville, les travaux se feront de nuit, entre 21h et 6h du matin. Toujours selon la Ville, ces travaux « ont pour objectif de préparer les futures interventions des concessionnaires de réseaux (Orange, GRDF, etc.) qui précéderont la démolition du rond-point actuel et le lancement du chantier principal de l’échangeur. Ils permettront notamment de reconfigurer provisoirement l’anneau central afin d’accompagner les prochaines étapes du projet ».

  • L’association marseillaise Résidence Collectif célèbre ses 3 ans

    L’association marseillaise Résidence Collectif célèbre ses 3 ans

    Trois ans après sa création, l’association d’éducation populaire Résidence Collectif fête son anniversaire ce samedi au Couvent (3e arrondissement). Une soirée à prix libre, de 18h à 23h30, pensée comme le reflet de son engagement. « Le temps fort sera la table ronde autour de la question : “Peut-on devenir ce que l’on n’a jamais vu ?” On est pile dans le cœur de l’association et la question de la représentation », résume Inès Svartz, responsable de projet de l’association. Viviane Nora Adjutor, basketteuse et fondatrice de Balle en main, la réalisatrice et directrice de casting Samia Kadiri et le danseur Nadim Bel Lallahom partageront leurs parcours. « Ils ont connu ces problèmes de représentation et sont devenus des modèles », souligne Inès Svartz.

    La harpiste

    Sophye Soliveau en guest

    Créée pour « diffuser de nouveaux récits », Résidence Collectif est née d’un constat : « Beaucoup de jeunes sont peu ou mal représentés et n’accèdent pas aux milieux de l’audiovisuel, du journalisme ou de la création numérique. » Toute l’année, l’association accompagne ces jeunes lors d’ateliers pratiques, animés par des professionnels « qui ont eu un parcours similaire au leur ».

    La soirée se poursuivra avec « le classico de l’éloquence marseillaise » entre Eloquentia et Project’toi, avant des concerts. La harpiste Sophye Soliveau, nouvelle étoile de la scène soul et RnB française, proposera un solo harpe-voix. « C’est un symbole fort car la harpe est un instrument socialement situé », note Inès Svartz. Le DJ set sera assuré par Sabria B, qui anime un atelier de création sonore au sein de l’association. « L’objectif, c’est que les participants de l’atelier la rejoignent sur scène », conclut Inès Svartz.

  • [Grand entretien] Tatou : « La course de baignoires, un clin d’œil à l’histoire de La Ciotat »

    [Grand entretien] Tatou : « La course de baignoires, un clin d’œil à l’histoire de La Ciotat »

    La Marseillaise : Qu’est-ce que symbolise pour vous cette course de baignoires organisée par Ciotat Chourmo ?

    Tatou : C’est un clin d’œil à l’histoire de La Ciotat. On était, et on est toujours un peu, une ville de constructeurs de bateaux. Avec un grand chantier naval qui a malheureusement fermé ses portes [en 1988], même si grâce à la lutte des types qui étaient sur le site, on a pu conserver l’activité navale. Mais bon, on n’a plus de pétroliers, de méthaniers, d’immenses navires qui étaient un peu l’âme de la cité. Donc, cette idée de continuer à construire des trucs qui flottent, des baignoires, avec nos petites mains, c’était un clin d’œil aux anciens. C’est aussi l’occasion de faire une fête populaire, qui draine de plus en plus de monde. Ça ressemble un peu aux 24 heures du Mans, il y a des stands avec les baignoires, chacun peut admirer l’inventivité de ceux qui les construisent. Ensuite, tu as la course et ça finit toujours par un concert.

    Comment expliquez-vous l’engouement autour de cette course ?

    Tatou : C’est sympa, populaire, gratuit, festif. Et on célèbre notre amour pour la ville. Chacun y met un peu de fierté.

    Sur le titre « Lo Chaple », en 2008, vous chantiez : « Qu’ont-ils fait à ma ville, ils l’ont déshéritée, tu vois. Ils ont fermé l’usine, ont rangé les bateaux pendant qu’on n’y était pas. » Quel est votre regard sur l’évolution de La Ciotat ?

    Tatou : Déjà, le temps passant, on est sortis du traumatisme. Après la fermeture du chantier, on n’a pas eu le moral pendant 25 ans. Cette fermeture a touché toutes les familles de la ville. « Lo Chalpe », ça veut dire la catastrophe en provençal. Après, il faut relever la tête. Il y a eu beaucoup d’initiatives associatives pour se remonter le moral comme celles de La Chourmo. Sinon, il y a aussi pour moi une dérive tourismatique, même si elle n’est pas propre à La Ciotat : la multiplication des Airbnb, le tourisme de masse qui fait que, même si nous sommes des Ciotadens ouverts et qui aimons voir débarquer du monde d’ailleurs, ça nous gonfle un peu parfois. Pour la jeunesse ciotadenne, ça manque aussi un peu de débouchés, d’avenir. Même si les villes changent, ça ne doit pas nous empêcher de proposer à nos jeunes un horizon un peu sympa. C’est aussi la rançon de la désindustrialisation. Mais le fait que la lutte, ici, ou au moins la conservation du patrimoine industriel et de la place que tient l’usine dans la ville, nous sauve un peu de la gentrification.

    Fin 2025, vous avez réédité en vinyle le premier album de Moussu T, « Mademoiselle Marseille », reflet du bouillonnement culturel de la ville dans les années 1920-1930, des opérettes marseillaises aux musiques afro-américaines. À quel point l’œuvre de Claude McKay, poète jamaïcain et figure du Harlem Renaissance témoin de cette effusion, vous a marqué ?

    Tatou : J’ai fondé Massilia Sound System au Panier. Je découvre Claude McKay, un auteur jamaïcain qui écrit sur le quartier détruit pendant la guerre par les nazis et l’État français. En plus, un livre qui parle de musiciens. Ça a été ma porte d’entrée sur les rapports entre Marseille et le jazz. Et je suis retombé sur l’opérette marseillaise que je connaissais avant juste comme ça. Avec Massilia, on l’avait repris par clin d’œil. Comme c’est un monument de l’histoire musicale de Marseille, on est obligés d’y passer. Mais je l’ai redécouvert sous une autre facette : le fait que ça soit du jazz en quelque sorte. Scotto, Sarvil, Sellers étaient des grands fans de jazz. Sellers, qui vient de Martigues, est l’arrangeur de Scotto mais aussi celui de Joséphine Baker. Ça crée plein de ponts. C’était parfait pour nous qui avions envie d’avoir une ville diverse et ouverte : alors que beaucoup pensent que c’est le summum du terroir, ces opérettes marseillaises, c’était quand même de la musique black. Ça fait comprendre que ces histoires de pureté musicale ou culturelle n’ont aucun sens.

    Il a beau être contemporain d’un Marcel Pagnol, tous deux ne dépeignent pas le même Marseille. McKay a su, lui, saisir son esprit…

    Tatou : McKay fait partie du Harlem renaissance, dont une autre grande figure est Langston Hughes qui va se retrouver dans les brigades internationales en Espagne. Ce sont des types qui vivent. On le voit dans son autobiographie Un sacré bout de chemin, toutes les aventures possibles de son époque, McKay les vit : en Russie pendant la Révolution comme dans des studios cinéma à Nice… Fatalement, il écrit son époque. C’est marrant que vous parliez de Pagnol car moi, la première chose qui m’est venue quand j’ai lu Banjo (1929), c’était de le comparer à Bagatouni de Valère Bernard, ce grand écrivain marseillais qui écrit en provençal, lui. Ils ont la même façon de décrire depuis la rue. McKay a parfaitement saisi la place des Marseillais dans le monde. Si on le compare aux écrivains de son époque qui écrivent sur Marseille, la différence et encore plus grande qu’avec Pagnol car il y a tout ce délire, presque colonial, d’écrivains français sur Marseille. McKay vit et comprend fort bien Marseille mais aussi ce qu’est la renaissance culturelle noire. Il est à la fois noir, communiste, bisexuel et a donc beaucoup de problèmes dans la société. McKay nous donne une leçon d’altérité : on peut être autre et être ensemble. Et il raconte des trucs qu’aucun intellectuel français n’a raconté sur nous : des mecs en bleu de chine, des peintres marseillais… pour nous, c’est une arme. Le mec qui a écrit le plus beau roman sur Marseille est un Jamaïcain.

    Pour revenir à la musique, quelle est votre actualité ? Des projets avec Massilia ou Moussu T e lei Jovents ?

    Tatou : Avec Moussu T pas grand-chose, avec Massilia, non plus. Tu sais, on est les vieux membres d’un vieux groupe. Je m’intéresse à plein de choses à côté. Demain, je suis par exemple en studio, mais pour conseiller. Je vais écouter le DJ de Massilia, Kayalik, qui est en train de construire un truc super intéressant avec un groupe traditionnel du Tarn. Une rencontre entre la dance music et la danse balèti. Sinon, je viens de finir de donner quelques avis sur un disque de mon collègue, Louis Pastorelli, chanteur du groupe Nux Vomica. Et je continue aussi bien sûr à me régaler avec DJ Kayalik en faisant du sound system en essayant de recréer la soirée dansante jamaïcaine on va dire. C’est le balèti à la jamaïcaine.

    Vendredi dernier, vous étiez aussi en concert avec Massilia Sound System à Vitrolles. Toujours un refuge à la morosité ambiante pour le public qui a communié avec vous…

    Tatou : L’idée de chanter pour une communauté a toujours été dans notre cahier des charges. On chante pour nos voisins, les gens de nos quartiers et villes. On a toujours dit qu’on avait envie d’être des chanteurs folkloriques mais au vrai sens du mot du folklore, c’est-à-dire le langage du peuple. C’est notre grande fierté. Massilia, c’est le truc repère de toute la famille, le disque que peuvent écouter des parents comme des enfants. Les jeunes et les vieux s’y retrouvent, tout en restant jeunes et vieux. Et là, avec Moussu T à La Ciotat, on va jouer avec une formation très simpliste qui rappelle les premières heures du jazz à La Nouvelle-Orléans, il n’y a que du banjo, une batterie réduite a sa plus simple expression, des percussions. C’est formidable.

    Entretien réalisé par Philippe Amsellem

    Exposition des baignoires à 14h, course à 16h et début du concert vers 19h30

  • Aubagne, un petit village de la céramique inauguré en centre-ville

    Aubagne, un petit village de la céramique inauguré en centre-ville

    Fraîchement inauguré en cette matinée du samedi 18 juillet, le marché d’été à la céramique et aux santons présente sa 59e édition dans le bas du cours Foch, en plein centre-ville aubagnais. Porté par l’Association des céramistes et santonniers du Pays d’Aubagne et coorganisé avec la Ville et l’office de tourisme du Pays d’Aubagne et de l’Étoile, le marché est devenu un rendez-vous annuel pour les touristes et les habitants.

    Depuis sa création en 1968, le marché à la céramique et aux santons a l’habitude d’occuper la partie haute du cours Foch. Face aux températures caniculaires, l’événement s’est réfugié de l’autre côté de la place, à l’ombre fraîche des platanes qui bordent la fontaine. « C’est un véritable petit village d’artisans » dépeint Florence Amy, présidente de l’association organisatrice. « On ne ferme les portes à personne, l’idée c’est de représenter tout ce qui se fait dans la région », explique-t-elle. Les cinq prochaines semaines, neuf artisans locaux d’horizons et de métiers différents exposeront dans les barnums, ces « magasins à ciel ouvert » comme les appelle la présidente. À travers les allées, les visiteurs pourront découvrir et se procurer des objets divers, qui illustrent la richesse des professions de la filière de l’argile. Céramiques utilitaires ou décoratives, faïences traditionnelles, bijoux, santons et crèches provençales : les étalages sont déjà prêts et bien garnis.

    Célébrer et transmettre un héritage artistique local

    Les créations colorées reflètent la patte artistique de leur créateur. Elles laissent entrevoir un aperçu de la création contemporaine, construite à partir de techniques qui se transmettent depuis des générations chez les artisans.

    L’art de façonner l’argile occupe une place centrale à Aubagne. Récemment sacrée capitale européenne de la céramique, la commune reçoit tous les deux ans Argilla, le festival international de la céramique, et a récupéré la gestion de la filière argileuse des mains de la Métropole en janvier 2025. Un savoir-faire qui n’est donc plus à prouver et que les artisans ont à cœur de transmettre. « C’est l’ADN de la ville, c’est ce qui fait notre force », appuie Florence Amy qui s’engage toute l’année pour faire découvrir la tradition du travail de l’argile aux touristes via son association : « Le travail des santons reste un héritage très familial, c’est important de faire connaître ce métier. » Et pour cela, quoi de mieux que la pratique ? Ouvert jusqu’à 21h le vendredi soir, le marché fait sa nocturne. Il y proposera des ateliers participatifs* menés directement par les exposants, les vendredis 24 et 31 juillet et les 7, 14 et 21 août. Ces animations constitueront des moments de partage et de transmission autour de l’artisanat de l’argile, dont les participants pourront repartir avec leur propre production. « Les gens se découvrent avec un pinceau, en mettant les mains dans la terre », s’amuse la présidente qui observe un public familial lors des activités. « Ce sont de formidables échanges » ajoute-t-elle, ravie de partager ce patrimoine dans lequel elle baigne depuis l’enfance au sein de la mythique faïencerie Louis-Sicard, inventrice des cigales en céramique.

    *Inscriptions auprès de l’office de tourisme, au tarif de 3 € par personne et par atelier

  • Arles, la CGT ne lâchera pas ses locaux de la Bourse du travail

    Arles, la CGT ne lâchera pas ses locaux de la Bourse du travail

    Le bras de fer entre la municipalité arlésienne et l’Union locale de la CGT d’Arles n’en a pas fini. « La CGT ne se laissera pas expulser de la Bourse du travail d’Arles ! », défend la confédération nationale ce jeudi dans un communiqué de presse, alors que le tribunal administratif de Marseille a rendu sa décision dans le litige le 9 juillet.

    L’institution judiciaire confirme dans sa décision la légalité de l’action de la municipalité et exige que l’union locale de la CGT libère les locaux. Le litige débute en 2023, lorsque le maire (Horizons) de la ville, Patrick de Carolis fait savoir au syndicat sa volonté de ne pas renouveler la convention d’occupation qui prenait fin 2024. L’objectif de l’édile est d’y implanter un nouvel office de tourisme dans ce bâtiment public.

    L’activité syndicale serait maintenue dans les locaux, mais limitée à « deux salles sans fenêtres de 11 m2 » alors qu’ils ont actuellement « sept bureaux pleinement occupés », indique leur communiqué. Le syndicat dénonce une volonté du maire d’« invisibiliser et réduire le rôle et le rayonnement de la CGT sur la localité », alors que l’organisation occupe la Bourse du travail depuis 126 ans.

    Pour la CGT, la décision du tribunal administratif « si elle est maintenue en appel aurait de lourdes conséquences, pour le syndicat mais aussi pour les salariés et les Arlésiens », indique-t-elle dans son communiqué de presse.

    Sur Facebook, Patrick de Carolis se félicite, lui, de cet arbitrage. « Cette décision permet enfin à la Ville d’Arles de poursuivre sereinement son projet de requalification de la Bourse du travail, avec l’installation du futur office de tourisme. Je prends acte du verdict avec satisfaction et veillerai à la bonne exécution de ces décisions de justice. »

    Sanctuariser

    les Bourses du travail

    De son côté l’opposition municipale « Union pour Arles » ayant pour chef de file Nicolas Koukas (PCF), rappelle que le tribunal n’a statué que sur le litige, et affirme « que le débat politique demeure entier ». Ils affirment que le choix de la Bourse du travail comme nouveau lieu pour l’office de touriste constitue un choix politique « assumé, poursuivi et revendiqué ». Elle rappelle que ce lieu est chargé de « l’histoire ouvrière, de dialogue social et de conquêtes démocratiques. […] Patrick de Carolis a choisi d’effacer cette dimension historique pour imposer sa propre vision ».

    Un cas de moins en moins isolé en France. à Carcassonne, dans l’Aude, le maire (RN) Christophe Barthès a également annoncé le retrait de l’usage des locaux municipaux à quatre organisations de salariés dont la CGT.

    à quelques mois de la présidentielle où le Rassemblement national est aux portes du pouvoir, l’organisation syndicale alerte sur ces manœuvres et exige « une sanctuarisation des Bourses du travail et la sécurisation des locaux ».

  • Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    Des conteneurs recyclés en tremplins vers l’emploi à Berre-l’Etang

    De loin, ils ressemblent à de simples conteneurs maritimes. En s’approchant, les équivalents vingt pieds entreposés sur le terrain d’Homeblok sont en réalité des bureaux, des logements ou des éco-habitats. À Berre-l’Étang, les salariés de la marque portée par LVD Energie ont ainsi construit les vestiaires du stade Roger-Martin.

    C’est dans cette unité de la filiale inclusive du Groupe la Varappe que Bernard Cazeneuve, en opération séduction dans le département ce week-end après avoir publié un texte de 86 pages dans lequel il détaille ses pistes pour redresser le pays, s’est arrêté ce vendredi.

    Pour parler avenir industriel, mais surtout saluer le volet insertion de l’entreprise, qui a accompagné plus de 40 travailleurs en 2025. Actuellement, sur les 22 salariés qui font tourner le site, la moitié sont en contrat d’insertion. Pour l’ancien Premier ministre de François Hollande, « faire passer l’insertion de la marge à la norme, c’est créer la possibilité pour chacun d’avoir accepté d’avoir accès au travail ». Et de saluer : « Cette entreprise est emblématique de ce qui marche dans les territoires. (…) L’objectif c’est d’aller chercher des citoyens très loin du monde du travail, de les familiariser à l’apprentissage d’un métier et de leur donner l’amour de la profession. Ce qui m’a marqué ici c’est qu’il y a une véritable passion de l’objet fabriqué, une véritable fierté de l’engagement. Tout ça est un facteur de développement économique mais aussi d’épanouissement individuel. »

    Un ancrage territorial

    Lucas a intégré les équipes d’Homeblok en contrat d’insertion il y a huit mois. Lui qui n’avait pas de « métier de rêve » et arrivait « sans attente » a trouvé sa vocation. « Je ne connaissais rien de la soudure en arrivant ici et ça m’a directement plu. Je me vois plus faire autre chose. Ce que j’aime c’est pouvoir transformer, rendre les choses habitables, voir ce que je produis et l’avancement de mon travail. »

    Salim Berrada, le chef de site, a aussi trouvé sa voie grâce à la filiale inclusive. « Je suis resté trois ans en insertion, je n’avais pas de diplôme, je suis parti de zéro et j’ai pu évoluer avec le temps. Ça prouve que quand on veut on peut, même si j’ai peut-être aussi eu une bonne étoile. » Après avoir été militaire, intérimaire, pizzaïolo, équipier McDo, agent de sécurité, le trentenaire a trouvé une stabilité dans un emploi de manager qui l’épanouit.

    Pour lui, Homeblok est un bon outil professionnel. « On propose de découvrir tous les métiers de la construction, de la menuiserie à la plomberie en passant par l’isolation, l’étanchéité, l’électricité… C’est très polyvalent. » Mais Salim Berrada pointe surtout l’aspect social de la structure. « On est une équipe, on s’entraide. Ici, on a tous un passé, on s’ouvre, il y a une confiance totale et ça nous libère un peu. »

    Pour le président d’Homeblok Laurent Laïk, tout l’enjeu des années à venir pour la filiale de la Varappe réside dans son ancrage dans le territoire. « On est en plein cœur de tout le développement pressenti, on a le double volet d’accompagner économiquement les entreprises en offrant par exemple des logements temporaires pour les gens qui vont arriver, mais aussi en proposant des candidats par rapport aux emplois qui vont être créés demain. On considère que chacun doit trouver sa place mais doit jouer son rôle dans la société. »

  • Les voisins d’un rooftop illégal obtiennent sa fermeture en référé

    Les voisins d’un rooftop illégal obtiennent sa fermeture en référé

    L’exploitation commerciale du toit-terrasse constitue un trouble manifestement illicite » a tranché, vendredi, le juge des référés. Le tribunal judiciaire de Marseille ordonne à Benjamin Honnorat, gérant du bar Le Pigment, 237 Corniche Kennedy, 7e, « de mettre fin à l’activité commerciale exercée sur les terrasses ». L’ordonnance prononce une astreinte de 500 euros par jour de retard.

    à l’audience, jeudi, Me Hinde Kalai, l’avocate du syndicat des copropriétaires de l’immeuble avait plaidé avec énergie « l’illégalité de l’activité commerciale » exercée sur deux terrasses réunies en une seule à la suite de travaux non déclarés par les gérants du fonds de commerce autorisé en rez-de-chaussée. « Cette terrasse de 100 m2 constitue une partie commune de l’immeuble mais elle reçoit certains soirs jusqu’à 50 personnes simultanément », a-t-elle expliqué, ajoutant que si les gérants du bar ont la jouissance privative de cette terrasse suite à l’acquisition de deux appartements en dessous, cela ne les autorise pas à se livrer à une exploitation commerciale prohibée par le règlement de copropriété.

    « L’accueil de public

    est strictement interdit »

    « Des travaux d’ampleur ont eu lieu sans autorisation préalable de la copropriété. Ils ont percé, mis des garde-corps. Les copropriétaires vivent un cauchemar, a insisté Me Kalai, les clients du bar utilisent le hall d’entrée qui est évidemment une partie commune réservée à l’habitation pour monter. Tout cela génère des nuisances sonores. »

    Créé sans autorisation d’urbanisme, le toit-terrasse a ouvert en septembre 2025, sans même avoir reçu un avis de la commission communale de sécurité. Cette situation a fait l’objet d’un PV d’infraction de la Ville transmis au parquet de Marseille qui a convoqué cette semaine le gérant. La Ville nous a confirmé d’ailleurs (LM du 15 mai) avoir mis en demeure le bar le 25 septembre 2025 lui signifiant « l’interdiction d’accueillir du public sur le toit-terrasse ». « L’accueil de public sur le toit-terrasse est strictement interdit » avait rappelé la conseillère municipale déléguée à la commission communale de sécurité et des périls, Laure Rovera, dans un courrier du 5 mai, faisant suite à une nouvelle alerte de la maire de secteur : « L’absence de réaction des services à la situation de cet établissement produit, selon ce que nous remontent les habitants du quartier, un effet d’entraînement : d’autres exploitants commencent à s’autoriser des occupations comparables de l’espace public, invoquant le précédent. Une réponse claire et rapide des services municipaux s’impose donc, au-delà même du cas particulier » a écrit Sophie Camard le 21 avril dernier aux élus en charge de l’urbanisme, des emplacements et de la sécurité civile. Force est de constater que la mise en demeure municipale de septembre dernier est restée sans effet à ce jour.

    « J’ai un diagnostic structure »

    « Où est l’urgence dans ce dossier, je ne la vois pas » a d’ailleurs contesté à l’audience Me Axel Daurat, avocat du bar Pigment qui dénonce un tohu-bohu médiatique, soutient qu’« il n’y a aucun trouble de jouissance anormal ». « La terrasse et la cage d’escalier sont des lots privatifs exclusifs. Il n’y a pas besoin de changement de destination. J’ai un diagnostic structure qui dit que tout va bien. Où est le trouble anormal du voisinage ? Démontrez-moi un préjudice collectif ! » D’expliquer in fine que son client est « engagé dans une démarche de régularisation complète et de bonne foi ». D’ailleurs un avis favorable a été émis ce 8 juin par la commission communale de sécurité à sa demande d’autorisation de travaux déposée en mars.

    Quand bien même la Ville accordait une autorisation de travaux en ERP, elle ne serait délivrée que « sous réserve des droits des tiers » et ce ne serait toujours pas une « autorisation d’ouverture au public ». Le parquet reste saisi d’infractions pénales et l’ordonnance du juge est exécutoire de plein droit.

  • La logique des marchés à l’Université fait polémique

    La logique des marchés à l’Université fait polémique

    Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a signé jeudi à Aix-en-Provence les nouveaux Contrats d’objectifs, de moyens et de performance (COMP) avec les Universités d’Aix-Marseille, Avignon, Toulon et de la Côte d’Azur. Conclus pour cinq ans, ils sont censés permettre aux établissements de définir leur propre stratégie de développement en échange d’engagements auprès de l’État.

    Après la phase de préfiguration lancée en 2025, les universités de Nouvelle-Aquitaine et de Provence-Alpes-Côte d’Azur servent de territoires pilotes avant une généralisation. Pour le gouvernement, il s’agit de donner davantage d’autonomie aux établissements et de fixer des objectifs à long terme. Mais sur le terrain, les inquiétudes sont nombreuses.

    « On met le doigt dans une espèce de confiture et on ne sait pas où on va, ni dans quelles conditions », résume Daniel Sudreau, élu CGT au conseil d’administration et au comité social d’administration de l’Université d’Avignon. Ici comme ailleurs, la CGT et la FSU ont voté contre ce COMP. « Ce qui nous inquiète, c’est qu’on est en train de lier le financement des postes à des résultats de performance. On dit on vous finance si vous vous réorganisez, si vous supprimez des postes… C’est une mauvaise mayonnaise qui se met en place. »

    Logique délétère

    Cette méfiance s’inscrit dans une critique plus large formulée depuis plusieurs mois par la CGT FERC Sup. Le syndicat estime que ces COMP 100 % constituent une rupture majeure dans le financement des universités. Jusqu’ici, ces contrats ne représentaient qu’une part marginale des budgets (1 %). Demain, ils pourraient concerner l’ensemble de la subvention, masse salariale comprise. Pour la CGT, cela traduit une évolution profonde du rôle des universités, progressivement transformées en opérateurs chargés d’atteindre des objectifs alignés sur les priorités gouvernementales et les besoins du patronat.

    Pierre Ouzoulias, sénateur communiste des Hauts-de-Seine, conteste aussi le discours gouvernemental sur l’autonomie. « C’est une fiction », affirme-t-il. « L’essentiel du budget d’une université est consacré à la masse salariale et l’État a transféré aux universités sans compensation les charges liées aux pensions, à la mutuelle obligatoire ou encore au glissement vieillesse technicité. Le ministère ne donne pas plus d’autonomie aux universités, il leur demande juste de gérer la pénurie ».

    Selon lui, le sous-investissement chronique dans l’enseignement supérieur et la recherche fragilise durablement le service public. « La conséquence est que le privé capte désormais 25 % des étudiants, souvent avec des formations au rabais », ajoute-t-il.

    « C’est beaucoup de papier et de bureaucratie pour pas grand-chose mais la logique combattue par les organisations syndicales est tout à fait délétère », abonde le député (Après) des Bouches-du-Rhône, Hendrik Davi, spécialiste des questions de recherche. « Le problème, c’est que ça s’insère dans un contexte managérial extrêmement toxique avec un manque de moyens récurrent », note celui-ci. « On sort d’une logique de service public où l’État donne des moyens récurrents par rapport au nombre d’agents. »

    Pour l’élu marseillais, cette évolution participe d’un mouvement plus large. « C’est une généralisation de la logique de délégation de service public qui permet de faire entrer les opérateurs publics dans une logique de marché qui pourrait être menée par des opérateurs privés », explique Hendrik Davi. « C’est une idée complètement généralisée depuis une trentaine d’années dans l’appareil d’État, que la même chose peut être faite par un opérateur privé au public. D’ailleurs, c’est comme ça que les cliniques privées ont les mêmes subventions sur la tarification que les hôpitaux publics. »