Tag: Bouches-du-Rhône

  • Relève assurée au Marseille-Mazargues canoë-kayak

    Relève assurée au Marseille-Mazargues canoë-kayak

    Quand un champion hors normes prend sa retraite, ceux qui l’ont accompagné durant sa carrière ont forcément un petit pincement au cœur.

    « C’est une belle page de l’histoire du club que nous allons tourner, avec la retraite de Denis Gargaud-Chanut. Mais nous la tournons avec enthousiasme, car la relève toque à la porte ! » Pour Charles Gache, ce moment n’est donc pas une fin, mais donne plutôt le coup d’envoi d’une nouvelle génération de céistes et kayakistes.

    « La relève est là. Elle l’a montré lors des derniers championnats du Monde », poursuit le président du Marseille-Mazargues canoë-kayak (MMCK). Il songe à Luca Barone, Raphaël Bonnard, Corentin Georgeon et Titouan Doreau. Ses mousquetaires qui ont flirté avec le titre suprême, lors des derniers championnats du Monde. « Malheureusement, les Tchèques étaient chez eux et se sont montrés intraitables sur leur plan d’eau. Il y a quand même une médaille d’argent mondiale à la clef », se console le dirigeant marseillais.

    Charles Gache est un président de club heureux. Heureux de voir que les 270 licenciés sont toujours prêts à prendre l’eau, quelles que soient les conditions. Heureux qu’aussi bien en canoë, kayak, ou kayak de mer, « il y a des groupes qui font le plein et des résultats en compétitions qui alimentent le palmarès du MMCK ».

    Mixité totale

    Dans le club aux quatre champions olympiques, il y a, certes, un abonnement aux plus belles récompenses. « Mais, chez nous, tout le monde peut pratiquer, quel que soit son niveau, ses attentes et les objectifs », souligne Nicolas Manoussos.

    Il y a les entraînements sur la base de l’Huveaune, les sorties en mer, les stages en rivière, « où débutants et champions travaillent ensemble, sans limite d’âge, notamment pour les sorties en mer », poursuit le directeur sportif du MMCK, dont le doyen des pratiquants est né en 1945.

    Si la compétition est un des objectifs au sein de son club, derrière la partie émergée de l’iceberg, on retrouve toute une série d’initiatives qui permettent à chacun de se révéler face à un élément, l’eau, qui n’est pas forcément évident à maîtriser. « Prendre une pagaie en main, c’est le point de départ d’une découverte. D’explorer des valeurs sociales et sortir certains jeunes en leur faisant voir autre chose que leur quartier », note l’éducateur.

    Pratiquants et encadrants ont les mêmes objectifs, à savoir « faire vivre une passion et transmettre des valeurs d’assiduité, de dépassement de soi et de partage ». Il reconnaît que, bien souvent, « les gens viennent au kayak par hasard. Et vivent une véritable révélation lorsqu’ils côtoient les gens du club au quotidien ».

    Outre les entraînements club, la base de l’Huveaune accueille, chaque année, 1 500 élèves de Marseille qui ont droit à deux journées de découverte. Auxquels s’ajoutent les gens qui s’inscrivent aux stages. Ce qui fait une moyenne de 16 000 personnes qui fréquentent le club. « Nous sommes le seul club qui pratique sur l’eau calme, la mer et l’eau vive. Notre but n’est pas de les forcer à aller en compétition, mais de les aider à devenir de belles personnes, apprendre à souffrir, s’amuser, assumer une défaite et se réjouir d’une victoire », confie Nicolas Manoussos.

    À noter que le matériel (bateau, pagaie, chaussons) est fourni et qu’il est possible de prendre une licence à l’année. Ou s’inscrire à des stages ponctuels, ouverts à tous, qui sont proposés toute l’année.

    Dans le sillage de Denis Gargaud-Chanut et des sœurs Noémie et Jessica Fox, la relève s’appelle Titouan Doreau, Luca Barone, Raphaël Bonnard et Corentin Georgeon, pour les espoirs. Mais aussi Raphaël Ducher, Tobias Jones, Romain Rekik et Naël Saadallaoui, qui ont obtenu de très bons résultats dans les catégories de jeunes.

    Renseignements : https://mmck.fr/

  • Un Samu tout neuf pour le printemps

    Un Samu tout neuf pour le printemps

    Tout ne sera livré qu’au printemps, mais l’essentiel des murs du futur Samu « zonal », dont le périmètre s’étend de Marseille à la Corse en passant par l’Occitanie, a été monté. Implantés à la Timone, à deux pas du futur pôle Femmes Parents Enfants, les 7 500 mètres carrés de ce bâtiment aux dernières normes environnementales accueilleront également le centre de régulation des réception et de régulation des appels au 15, le centre anti-poison et les équipes du Smur (service mobile d’urgence et de réanimation). Un bond dans la modernité, conviennent les équipes médicales. Et une immense satisfaction pour le président de la Région, Renaud Muselier (Ren.), qui a participé à hauteur de 6 millions d’euros sur les 23 millions de coût du projet.

    « J’ai fait toutes mes études dans les urgences et je me souviens, on se reposait sur des brancards », commente l’élu en découvrant les chambres de garde. Espace de coworking, vaste salle de régulation et PC de crise, parking pour les 16 ambulances… Des dimensions adaptées à l’activité du « deuxième Samu de France derrière celui de Lille », explique le docteur Fouzia Heireche, directrice médicale du Samu 13, avec 800 000 appels au 15 et 40 000 interventions par an. « Et cela ne fait que monter, nous prévoyons dans nos projections d’atteindre le million », ajoute-t-elle.

    Un engagement collectif

    « Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un plan de modernisation de l’AP-HM », précise François Crémieux, son directeur général, rappelant qu’au sortir du Covid, le système était « déstabilisé », même s’il se félicite que les bâtiments des années 60 aient « tenu le coup ». Mais « on est arrivé a une fin de cycle », estime-t-il. C’est aussi pour lui le résultat d’un « engagement collectif ». D’abord de l’État avant 2020, assorti d’une rallonge dans le cadre du plan Marseille en grand, puis des collectivités territoriales, souligne-t-il, avec 31 millions d’euros de la part de la Région, « quand partout ailleurs c’est quelques centaines de milliers d’euros ».

    Un investissement justifié estime Renaud Muselier. Si ce n’est pas dans ses compétences, « j’ai la charge de l’aménagement et du développement de ce territoire et ce n’est pas possible de ne pas avoir de réponse sur la santé », déclare-t-il, ajoutant que 130 millions d’euros ont été débloqués pour ce faire. « On a ventilé sur les 6 départements, on avait 15 maisons de santé ouvertes, on en a maintenant 124 », détaille-t-il. Et d’insister sur sa volonté pour le Samu, d’avoir « quelque chose d’efficace tout de suite » et qui serve à toute la région.

  • Denis Gargaud-Chanut, un champion tous azimuts

    Denis Gargaud-Chanut, un champion tous azimuts

    Des quartiers nord de Marseille à la médaille d’or olympique du côté de Rio de Janeiro (Brésil), il en a vécu des aventures.

    Denis Gargaud-Chanut, pagaie en main, a gagné tous les titres dont peut rêver un sportif. Dès son douzième anniversaire, quand il est tombé dans la marmite du MMCK, « j’ai suivi mon frère aîné, qui pratiquait déjà, après être passé par le football et le judo », se souvient-il. Rapidement, il a engrangé les titres, comme d’autres le font avec des perles.

    Jusqu’à aller chercher l’or olympique, à Rio de Janeiro, en 2016. « À mon retour, ce qui m’a touché, ce sont les mots de Bébert Tobelem. Ses mots ont été le plus beau cadeau et m’ont permis de continuer à réaliser de belles choses », se souvient-il. À l’occasion de la fête du MMCK, où les champions actuels ont été mis à l’honneur, Charles Gache et son équipe en ont profité pour organiser le jubilé de Denis Gargaud-Chanut. Salué au passage par les sœurs Noémie et Jessica Fox, dernières championnes olympiques en date du club, sous les couleurs australiennes.

    S’il a décidé d’arrêter la compétition, il va poursuivre son engagement au sein du Marseille-Mazargues canoë-kayak. « Je prendrai le temps de redonner au sport ce qu’il m’a donné. L’esprit bénévole est quelque chose qui est ancré en moi, car c’est comme ça que je me suis formé », précise-t-il.

    Dans son métier de courtier en assurance, il relève de nouveaux challenges. « Je me bats pour mes sociétaires comme je me battais sur l’eau. C’est un rôle différent, parfois plus dur, mais je suis très heureux du choix que j’ai fait. Il me fallait juste le courage d’y aller », précise-t-il. Avec en tête tous les moments forts qu’il a vécu avec le club ou en équipe de France, « Ce que je retiendrai de ces années, le chemin parcouru et ces gens croisés qui m’ont permis d’apprendre certaines valeurs. »

    Avec une pensée particulière pour « Bebert [Tobelem, Ndlr.] qui m’a accompagné tout au long de ma carrière et m’a permis de me révéler ».

  • Dialogue de sourds sur le pont de Rognonas

    Dialogue de sourds sur le pont de Rognonas

    Ce lundi, Fabrice Tocabens, adjoint (PS) aux mobilités, vidait son sac « de colère » au sujet de gros dossiers transports du territoire, accusant notamment l’État de « mentir », quant à la LEO ou l’arrêté anti poids lourds. La Ville dénonçait également l’arrêté pris « en catimini » par le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, interdisant aux plus de 26 tonnes d’emprunter le pont de Rognonas qui franchit la Durance et entre dans Avignon.

    Le tout pour des raisons avancées de fragilité de l’ouvrage et dans l’attente d’études complémentaires. Furibard, Fabrice Tocabens fustigeait « un acte de mépris » sans concertation ni étude transmise. « Le Département des Bouches-du-Rhône peut la communiquer aux services qui en feraient la demande, nous répond la collectivité. Le Département de Vaucluse en a fait la demande et en a donc été destinataire. La Ville d’Avignon n’en a pas fait la demande mais nous nous tenons à sa disposition. » Du côté d’Avignon, on reconnaît qu’il n’y a pas eu peut être de « formalisme avec courrier de demande d’étude » mais des échanges sur le sujet ont eu lieu mi-novembre entre services.

    Idem, la Ville doutait de la réelle application de l’arrêté, dont un simple panneau de mise en garde a été installé sur le rond-point en amont, côté Bouches-du-Rhône uniquement. « L’arrêté est bien en vigueur et le Département des Bouches-du-Rhône n’est pas chargé du contrôle de sa bonne application, qui relève des forces de l’ordre. Au même titre que pour les autres arrêtés de ce type, les services du Département et les forces de l’ordre travaillent en étroite collaboration pour sa bonne mise en œuvre », nous répond le CD 13. Selon la Ville d’Avignon, quelque 700 poids lourds sont concernés par l’interdiction mais ne constate pas, depuis un mois et demi et l’entrée en vigueur, de baisse du trafic. « L’arrêté ne mentionne aucune déviation, si on veut qu’il fonctionne et soit réellement applicable il aurait fallu une volonté d’avancer collectivement », déplore-t-on au sein de l’Hôtel de ville qui, à ses frais, est en train d’installer des panneaux d’information côté Vaucluse.

  • Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Yann Bompard, assistant fictif d’une députée sous emprise

    Au premier jour du procès à Marseille de Yann Bompard, 39 ans, le maire Ligue du Sud d’Orange, accusé d’avoir perçu 42 000 euros nets pour 15 mois d’emploi présumé fictif d’assistant parlementaire, l’audience a plongé dans le vif avec la diffusion de l’écoute où la députée de la 4e circonscription du Vaucluse, Marie-France Lorho, apprenant le 5 septembre 2023 que la PJ perquisitionne sa permanence, demande à un assistant de mentir aux enquêteurs sur la réalité des 208 heures forfaitaires par an effectués par Yann Bompard pourtant élu maire d’Orange en novembre 2021, conseiller départemental et président de la communauté d’agglomérations. Un grand moment d’audience.

    « C’est la merde. On a une enquête pour prise illégale d’intérêts », s’affole la députée. « Et bien voilà… Je suis censé dire quoi ? » dit, pas surpris, Jean-Baptiste Rolland, un de ses quatre collaborateurs parlementaires. « Qu’il faisait des discours, qu’il travaillait sinon on va être dans la merde », lance Marie-France Lorho à qui Jacques Bompard, ex-maire d’Orange condamné et inéligible, a cédé son siège en 2017. « C’est quand même chaud de me demander de mentir », maugrée le collab. « Moi aussi je vais mentir », l’amadoue la députée. « Vous couvrir, c’est une chose mais me demander de mentir c’est une autre. Y a rien, aucune trace d’un travail de sa part. Faire une fausse déclaration là-dessus, heu… », freine l’assistant.

    « Un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés »

    Rolland la met en garde : « Quand bien même je mentirais, il n’y a aucune trace matérielle pour corroborer nos dires. Pas une photo en 5 ans où il nous accompagne sur un événement. Il n’y a rien, rien, rien. Pour le journal, il a appelé La Poste c’est tout. Il était là les huit premiers mois mais ça s’est arrêté là. Je m’étonne que ça ne nous soit pas tombé dessus plus tôt. »

    D’autres écoutes frappent encore quand ce même collaborateur narre à un proche son audition par les enquêteurs : « Ils ont compris que c’est un ignoble petit merdeux d’une famille de tarés. (…) C’est un branleur, c’est fictif, fictif, il fait comme Pénélope [Fillon]. » Des élus peuvent témoigner pour Yann, « ils sont choisis génétiquement pour leur soumission ». De sa patronne il dit qu’« elle est con comme c’est pas permis. Elle a une culture nulle. C’est juste une bourge qui a l’entregent des bourgeois, sinon c’est une cruche absolue ». Léopoldine, autre collaboratrice sur écoute, plombe la députée : « Je l’avais mise en garde une trentaine de fois. Elle s’est autopersuadée qu’il travaillait. »

    À la barre, la députée réélue en 2022, qui s’est affranchie de l’emprise des Bompard en passant au Rassemblement national, nie tout détournement, réfute même la subornation de témoin. « J’étais perdue ce jour-là. Jamais, j’aurais menti. Le travail de Yann était là », chouine Mme Lorho qui dit sa crainte du clan Bompard qui l’insulte, lui fait des bras d’honneur sur les marchés. « Je m’en veux de ne pas avoir été plus rigoureuse sur le temps partiel. Mais je peux vous assurer que Yann Bompard a rédigé des discours, fait des courriers aux administrés. Je ne les ai pas gardés car je jetais tout. »

    « Elle travaillait de son côté et moi du mien. On avait peu d’échanges », se défend Yann Bompard qui risque l’inéligibilité. « Je n’ai jamais eu la sensation de voler de l’argent à qui que ce soit. Oui la double rémunération pour le travail de maire et celui de collaborateur parlementaire était complètement justifiée. » Pour lui, toutes ses missions se confondent. « Comme maire, je promeus l’action de la députée les jours de marché. L’attaché parlementaire, c’est comme un couteau suisse. Le maire n’agit que très peu finalement, l’administration sert à ça. » Les juges apprécieront. Les électeurs aussi de ce Dallas provençal.

    Réquisitoire aujourd’hui.

  • « Notre salon Entrepreneur 13 propose des solutions concrètes »

    « Notre salon Entrepreneur 13 propose des solutions concrètes »

    La Marseillaise : Vous organisez ce salon alors que les entrepreneurs pointent l’instabilité politique. Quelles solutions proposez-vous ?

    Corinne Innesti : Bien sûr, les entrepreneurs sont inquiets. Personne n’aime travailler quand on ne sait pas à quelle sauce on risque d’être mangé. Quand des choses qui sont acquises changent de régime. Malgré tout, le milieu des entrepreneurs que nous représentons, notamment les TPE et PME, ne se laisse pas abattre dans tous les cas. Il faut qu’on leur montre, selon les thématiques, qu’il y a des solutions. C’est notre but : les accompagner, ne jamais les laisser seuls.

    Et dans quels domaines ?

    C.I. : Le sujet majeur du salon, ce sont les transitions. Demain, il y a la facture électronique qui arrive. Personne ne sait encore à ce jour, véritablement, comment ça va avoir un impact sur le quotidien du chef d’entreprise. Même principe pour l’intelligence artificielle : Comment la voir plutôt comme une opportunité et accompagner pour ne pas être en retard, pour anticiper plutôt que de le subir. Voilà, notre salon, c’est des solutions concrètes.

    Quels temps forts pour ce salon ?

    C.I. : On a des moments phares, on a une plénière et des ateliers qui rythment la journée. On a des « pitch party » où les gens, adhérents ou non adhérents à la CPME, vont venir se présenter, travailler ensemble, expliquer ce qu’ils font. Et au-delà de ça, on convie les écoles, les personnes même sans emploi, on a mis en place aussi un espace dédié aux associations, indépendamment de tout le reste. On montre des valeurs de cohésion. Moi, je crois beaucoup à la cohésion sociale, je pense qu’on doit pouvoir travailler tous ensemble. C’est ouvert vraiment à tout le monde. Notre force, c’est qu’on n’isole pas le monde de l’entreprise.

  • Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Martine Vassal veut rassurer la communauté juive

    Elle l’avait annoncé en conseil métropolitain lors de l’hommage aux victimes de la fusillade de Bondi à Sydney. Martine Vassal, la présidente (DVD) de la Métropole et du Département, a présenté mercredi une série de mesures programmatiques pour lutter contre l’antisémitisme. « Au moment où la communauté juive subit des attaques aux quatre coins du monde », la candidate à la mairie de Marseille estime que cette lutte doit être « une cause majeure pour une municipalité ».

    Référents, charte et tolérance zéro

    Annonçant qu’elle prendra la présidence de Marseille espérance si elle est élue, Martine Vassal promet de mettre tout en œuvre pour y faire revenir le grand rabbin de Marseille qui a quitté cette association créée en 1990 pour œuvrer au dialogue interreligieux, depuis l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.

    Le plan d’action en lui-même se décline en quatre volets : éducatif, administratif, sécuritaire et culturel. Pour les élèves du primaire, elle propose des partenariats avec des associations, des visites du Camp des Milles et la mise en place de « référents antisémitisme ». Le référent laïcité n’a qu’à bien se tenir.

    Elle plaide aussi pour une « administration exemplaire » en proposant une sanction immédiate pour tous propos et soutiens à des actes terroristes, et le contrôle stricte des subventions. Martine Vassal met aussi sur la table la signature par chaque agent et élu municipal d’une charte contre l’antisémitisme. Et qu’importe si pour l’heure un tel document n’existe pas dans la collectivité départementale qu’elle préside.

    Côté sécurité, c’est « tolérance zéro » contre les « tagueurs antisémites » avec des travaux d’intérêt général pour leur apprendre l’histoire de la Shoah, et le renforcement des contrôles et de la police autour des écoles. Rayon culture, elle veut redonner un élan au Mémorial de la déportation, « délaissé par l’équipe municipale actuelle », pour en faire un lieu qui vive et fasse vivre la mémoire, et lancer un grand cycle culturel festif israélite, dans le cadre du jumelage avec Haïfa.

    « Il faut que la communauté juive retrouve sa place dans la 2e ville de France », martèle Martine Vassal. « Ce plan a un sens politique », glisse le macroniste Romain Simmarano arguant que le Printemps marseillais n’a pas acté qu’il ne ferait pas d’alliance avec LFI au 2e tour des municipales. Pour la droite locale, surtout, il a d’autant plus de sens que le vote RN n’a jamais autant séduit la communauté juive.

  • Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    Une nuit au plus près des démunis et sans-abri

    C’est tout sauf une opération de communication ! » Au sein de La Grande Maison dans le 3e arrondissement de Marseille, un centre d’hébergement d’urgence géré par le CCAS (centre communal d’action social) et plusieurs associations, la Ville et l’État ont présenté les grandes lignes de la prochaine nuit de la solidarité. Cet événement, qui rassemble 1 000 bénévoles, a pour objectif de « mesurer les besoins des personnes sans-abri à un instant T » et se tiendra le 22 janvier prochain, de 17h à 23h. « À travers un questionnaire anonyme, on essaie d’identifier les urgences auxquelles ils et elles sont confrontés », rappelle Audrey Garino (PCF), adjointe au maire de Marseille, en charge des affaires sociales et de la solidarité. « Ces données permettent de qualifier les urgences sur notre territoire. Et de pouvoir déployer des dispositifs pour y répondre », développe l’adjointe communiste. L’opération est d’ampleur : « Elle agrège un très large réseau d’acteurs de la solidarité », avec une dizaine d’associations parties prenantes. Le tout, dans un cadre national puisque se déroulant sur plusieurs communes simultanément.

    Une dimension scientifique et humaine

    Mais forcément, elle a une résonance particulière dans la cité phocéenne. « Notre ville souffre d’un taux de pauvreté conséquent, plus que la moyenne nationale. Ce taux ne fait qu’augmenter et tous les chiffres locaux en attestent », déplore Audrey Garino. « On n’a jamais eu autant de places d’hébergement mais il n’y a jamais eu autant de personnes dans la rue », abonde Léopold Carbonnel, directeur adjoint de la Direction départementale de l’emploi, du travail et des solidarités (DDETS).

    Ce dernier pointe l’importance d’un tel événement : « Il y a aussi une dimension scientifique car nous sommes sur des phénomènes qui ne sont pas simples à mesurer. La grande précarité est souvent invisible et il y a un vrai enjeu à mieux l’appréhender. » Pour cette 5e édition, l’opération a évolué : Elle prendra la forme de maraudes dans certains arrondissements. La Ville prévoit aussi la distribution de produits pour lutter contre le froid grâce à une grande collecte menée depuis plusieurs semaines. Et des formations sont prévues pour les bénévoles qui participeront à l’opération, délivrées par l’association La Cloche. « Plus de 700 et 800 Marseillais ont été formés sur les premières éditions à l’aller vers, c’est-à-dire la déconstruction des clichés », explique Pauline Deluca, responsable de l’association. Elle insiste sur ce volet humain « pour mieux comprendre la grande exclusion ». D’où un site internet* pour les inscriptions des volontaires. « Il y a besoin de bénévoles, sans eux cette opération n’est pas réalisable », martèle Audrey Garino. Avant de rappeler que cette nuit est « un point d’appui indispensable pour engager des politiques publiques ».

    *nuit-solidarite.marseille.fr

    « Un point d’appui indispensable pour engager des politiques »

  • Mobilisés devant Bois Fleuri, ils obtiennent une audience

    Mobilisés devant Bois Fleuri, ils obtiennent une audience

    Le constat était alarmant. Des faits graves mettaient les enfants en danger. Je suis ici depuis un mois dans un esprit de dialogue, je vérifie le nombre de personnels, le niveau des diplômes et le respect des conditions de travail », s’est adressé Philippe Houbart, administrateur mandaté par le Conseil départemental 13, au comité de soutien. Et de préciser : « C’est une suspension d’un mois, renouvelable, non une fermeture. ».

    « Que vont devenir les jeunes et les salariés ? », a interrogé Bernard Cresta, délégué syndical central des établissements médico-sociaux. Le président de l’association Bois Fleuri, qui l’accompagnait, s’est simplement rangé « du côté de l’administrateur », regrettant une mobilisation, le jour du Noël des enfants. Mais si l’heure est à la réflexion pour l’institution, elle est à l’urgence pour les jeunes, car les appartements doivent être libérés le 22 décembre. « Nous ne sommes pas manipulés, nous sommes adultes, nous avons juste demandé un soutien. Et des réponses claires car on y a droit », a clarifié Shayma. « Soyons réalistes, c’est pour un mois ou pour toujours ? » a insisté Mascillia. Également déterminée, Abygaël a souligné : « Ma colloc et moi, on n’a toujours aucune solution, c’est lundi le 22 ! »

    Faire remonter

    les demandes

    « Le problème de la Mecs a été signalé il y a déjà des mois… » reproche encore une éducatrice. « C’est bien plus qu’une histoire de logement. Vous réalisez ça ? », embraye un autre salarié. « On a pas reçu les 400 euros de budget du mois. On va le toucher ? », s’inquiète encore Shayma. Les nouvelles structures d’accueil prendront le relais. Sur les 26 jeunes et enfants placés concernés par la fermeture provisoire des deux unités, « il ne reste que six cas à régler », a indiqué Philippe Houbart. « On vous le dit, on ne bougera pas si les solutions sont intenables », ont assuré les jeunes. Devant leur ténacité, avant de repartir partager « les crêpes avec les enfants », l’administrateur n’a pu que convenir : « Je vais faire remonter vos questions. Voir s’il est possible de garder ouverts les appartements… » Les lignes semblent bouger et les lettres et les appels à l’aide ont commencé à porter leurs fruits. « On a rendez-vous vendredi au Département », confiait Shayma.

    Pour leur part, l’adjointe au maire en charge de la place de l’enfant dans la ville, Sophie Guerard et Christophe Hugon, conseiller municipal délégué au numérique, venu sur le rassemblement, déclarent qu’« il est urgent de suspendre cette suspension et de trouver une solution plus humaine ».

  • La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    La CGT, qualifiée de « mafia des dockers », porte plainte

    Dans un communiqué commun diffusé ce mercredi, la CGT des dockers et portuaires de Fos, les dockers CGT de Marseille, le syndicat CGT du Grand Port maritime et de Fluxel, ainsi que la fédération nationale CGT des ports et dock, ont annoncé qu’ils allaient déposer plainte suite à des « propos mensongers et insultants », tenus par le chroniqueur de l’émission « Les Grandes Gueules », Jean-Loup Bonnamy, sur les ondes de RMC ce mardi.

    « Les dockers de la CGT ont complètement détruit l’activité du port de Marseille, les bateaux préfèrent aller à Gênes, où c’est bien tenu, plutôt qu’à Marseille, où c’est complètement tenu par la mafia des dockers. Ils jouent un rôle dans le narcotrafic », osait le normalien, dans la foulée d’une visite à Marseille sans annonces concrètes d’Emmanuel Macron.

    « Les ouvriers dockers et travailleurs portuaires sont les premières victimes de ce narcotrafic et nos camarades du Havre en ont payé un lourd tribu avec l’assassinat d’un des leurs », rappellent les organisations syndicales, cinq ans après l’assassinat d’un docker CGT par des trafiquants dans le port normand. « Comment peut-on affirmer que les marchés sont détournés vers Gênes, “mieux organisé”, alors que la réalité est très différente avec une précarisation des emplois et des problématiques justement d’organisation qui amènent régulièrement à des tensions sociales en Italie ? », interpellent aussi les signataires du communiqué, soulignant que, au contraire, les propositions formulées par leurs organisations « ont été partagées par de nombreux acteurs économiques et politiques et plus particulièrement du port de Marseille – Fos ».

    « Ce genre de dénigrement nous conforte dans nos valeurs d’unité, de solidarité et de lutte des classes pour améliorer nos acquis sociaux, nos emplois et développer nos activités de nos ports », écrivent-ils. Des actions sont envisagées pour obtenir des excuses du chroniqueur, mais aussi de la chaîne et de ses propriétaires, la CMA CGM.

    De son côté, le sénateur PCF Jérémy Bacchi a aussi apporté une condamnation immédiate des propos. « Laisser entendre qu’ils seraient complices est grave, faux et irresponsable », appuie-t-il, rappelant qu’ils sont « des travailleurs essentiels qui défendent leurs droits et un outil stratégique pour le pays ».