Tag: Bouches-du-Rhône

  • Un service public réinventé luttant contre l’isolement

    Un service public réinventé luttant contre l’isolement

    À notre dernier atelier, quelqu’un se demandait comment rêver Martigues. » Nathalie Lefebvre a trouvé le mot pour lancer les échanges à l’occasion de l’atelier participatif de construction du programme de Gaby Charroux pour le futur mandat. La question de comment adapter la réponse à l’évolution de la société se pose.

    Parmi ces évolutions, la réponse à l’isolement, à la solitude, et aux aspirations de la jeunesse. Francis Fournier, du comité de vigilance postale, veut « animer nos cités pour qu’elles ne tombent pas dans l’irréparable ». « On s’est battu pour que Notre-Dame des Marins ait accès au même service public postal que tout le monde. Mais il faut aller plus loin, quand les centres sociaux sont fermés au mois d’août alors que c’est le moment où les jeunes en ont le plus besoin », affirme l’ancien postier. Une participante complète : « Il faut réfléchir au mode de concertation des jeunes. Par exemple avec un conseil municipal des jeunes, représenté par tous les quartiers, pour savoir quels sont leurs besoins et ce qu’ils pensent de leur ville » d’une manière complémentaire à l’action du service Jeunesse de la Ville et de son dispositif Parole de jeunes. « Ça permet d’impliquer les jeunes dès leur plus jeune âge. Chaque école devrait participer à ces élections », renchérit Laetitia Sabatier, élue PCF à la petite enfance.

    Un défi sociétal

    Au problème de solitude et d’isolement, Alain Granelli répond « convivialité et lien social ». « Des gens ne peuvent pas se déplacer, il faut réfléchir à comment le service public peut aller vers eux et pas par internet », relance l’enseignant retraité. « C’est un défi ! », souligne Laetitia Sabatier. Anne Jouve a une ébauche d’idée : « L’idée de tiers lieux se développe, un espace duquel les usagers peuvent faire ce qu’ils veulent, sortis du travail. » Et qui n’est pas un bar, comme le relève Gauthier Grégoire : « Il en faut aussi pour les familles et les femmes, car dans les bars, il n’y a que des hommes. »

    Une participante abonde : « En oncologie on développe les soins supports pour les malades, ça se fait notamment dans les centres sociaux. » Nathalie Lefebvre admet qu’« on passe un virage dans notre conception du service public, qui est déjà la singularité de Martigues. Il faut aller chercher les gens pour leur en faire profiter et éviter le repli sur soi ». Un enjeu sociétal.

  • L’entrepôt solidaire fête sa première année d’activité

    L’entrepôt solidaire fête sa première année d’activité

    Devant l’entrepôt solidaire, les camions vont et viennent sans arrêt ce mercredi matin. Un an après son ouverture officielle en décembre dernier, les associations semblent avoir pris leurs marques entre les racks de la plateforme.

    Ce site de 5 000 m², financé par la fondation CMA CGM est situé au pied de la tour de l’armateur. Il permet d’offrir aux Restos du cœur, la Croix rouge, le Secours populaire, le Secours catholique et Andes un large espace de stockage. « On voulait également leur apporter notre expertise en logistique », explique Marion Dupuy, responsable de la fondation. Un logisticien est en effet, employé à plein temps par l’entreprise afin d’aider les associations à améliorer leur organisation.

    « Tout a changé depuis qu’on est ici, explique Laurent Pappola, directeur de l’action sociale de la Croix rouge Marseille. On est passé de l’amateurisme au professionnalisme. » Depuis un an, le siège de l’association ainsi que tous les dons alimentaires et le matériel de maraude a été regroupé au sein du site. « Avant nos lieux de stockage étaient éclatés sur tout Marseille. Maintenant tout est centralisé ici, ça nous permet d’être plus efficaces. »

    Même constat du côté du Secours populaire. Pour Ange Martinez-Morales, bénévole depuis 2015, « c’est plus facile depuis qu’on est là. Parce que notre ancien entrepôt était plus petit, et pour charger ce n’était pas pratique, raconte-t-il. Et puis on communique avec les autres associations, donc c’est déjà arrivé qu’on se redistribue des dons », explique-t-il.

    La fondation a par ailleurs annoncé son ambition de recréer quatre autres entrepôts solidaires en France. Pour, le moment les lieux pressentis seraient Lyon, la région Nord, Mayotte et la Guadeloupe.

  • Les premiers soutiens de Nora Preziosi et Erwan Davoux

    Les premiers soutiens de Nora Preziosi et Erwan Davoux

    À Marseille, ce sont toujours les mêmes au pouvoir qui décident de tout. » Dans le nouveau QG de campagne de Marseille pour tous sur la rue Colbert, Nora Preziosi, ex-présidente déchue de 13 Habitat, exige du changement dans le champ politique marseillais, dont elle a fait partie depuis de nombreuses années. Ce jeudi, elle présentait avec Erwan Davoux, tête de liste de son nouveau mouvement et ancien directeur des affaires internationales au Département des Bouches-du-Rhône, leur équipe de campagne. Une façon pour les deux candidats de se présenter comme liste dite « citoyenne ».

    Ils étaient donc huit soutiens ce jeudi à affirmer leur engagement dans ce nouveau mouvement en lice pour les municipales de 2026.

    Parmi eux, une mère au foyer, un médecin, une avocate, un conseiller à France travail, un contrôleur SNCF ou encore un commissaire de justice, mais également deux anciennes élues au conseil municipal. Elisabeth Saïd, pressentie pour la liste des 2-3, a été la première femme noire au conseil municipal en 2008, élue avec le PS mais qui a rejoint l’UMP en 2013. Isabelle Laurent a quant à elle été élue au conseil municipal de 2014 à 2020 sur une liste Les Républicains et était colistière en 2020 avec Bruno Gilles du parti d’Horizons.

    Une liste qui se revendique pourtant « sans étiquette », insiste Nora Preziosi. Et d’ajouter : « Nous ne sommes ni de gauche, ni de droite, nous acceptons tout le monde sauf les extrêmes », désignant l’extrême droite et la France insoumise. Un propos plus nuancé pour Akim Mimoun, soutien du mouvement et ancien militant avec Pape Diouf, qui affirme que les « seuls ennemis sont l’extrême droite ». Pour cette nouvelle équipe de campagne l’objectif est de « rassembler tous les Marseillais peu importe leurs origines et leur couleur politique ».

    « On souhaite que chaque Marseillais amène une idée, et que l’on coconstruise notre programme », affirme Erwan Davoux. Un programme a coconstruire mais où la sécurité a toutefois été désignée comme le sujet prioritaire par l’ancien directeur des relations internationales du Département, aujourd’hui en guerre ouverte avec Martine Vassal. Il évoque par ailleurs la volonté de laisser 10, 12% de place sur les listes pour des Marseillais qui répondraient à un appel à candidature, sans préciser la place qu’ils auraient dans les listes.

    Erwan Davoux semble d’ailleurs être pressenti pour mener la liste de la mairie centrale. Dans les secteurs, seules deux têtes de liste ont été annoncées pour le moment : Saïd Ouichou, médecin dans les quartiers Nord pour les 15-16 et Nora Preziosi dans les 13-14.

  • Les salariés d’Arkema reconduisent la grève

    Les salariés d’Arkema reconduisent la grève

    Sur le site marseillais du chimiste Arkema, la CGT et les salariés haussent le ton. Réunis en assemblée générale ce jeudi, l’immense majorité des plusieurs dizaines de travailleurs du 11e arrondissement présents, ont voté en faveur de la reconduction du mouvement de grève jusqu’au mardi 23 décembre.

    « Si on en est là, c’est du fait de la direction générale. Notre porte n’a jamais été fermée : ce qu’on demande depuis le début, c’est justement qu’on se mette autour d’une table et qu’on discute », tempête Rémi Thuaire, délégué syndical du site, devant des salariés remontés. Pour rappel, la CGT se mobilise suite à des négociations annuelles obligatoires (NAO) jugées « méprisantes » (lire notre article du 16/12). « On est sur 1,2% de hausse de salaire, un talon [augmentation plancher, Ndlr] à 35 euros, le plus bas depuis 2002, pas d’enveloppe pour les entretiens individuels, pas d’intéressement au niveau groupe », dénonce le syndicaliste.

    Un CSE extraordinaire « tendu »

    Mais une nouvelle vient percuter de plein fouet la mobilisation : un comité social et économique (CSE) extraordinaire se tient dans l’après-midi. La CGT craint alors que la direction annonce une mise au chômage technique d’une partie des salariés. « La seule réponse que nous fait la direction, c’est cette menace du chômage technique », s’indigne Rémi Thuaire. Stéphane Fornerone, élu CGT du site, va plus loin : « Au bout de quelques jours de grève, ils proposent de tous nous mettre au chômage pendant les fêtes ! Il y en a ras le bol d’avoir ces menaces : à chaque site qui s’arrête, ils nous parlent d’arrêt technique. À un moment donné, il faut dire stop. » En clair, cette menace ne passe pas chez les petites mains du chimiste. D’autant que les syndicalistes de plusieurs autres sites d’Arkema en France, qui s’expriment en direct sur le piquet de grève marseillais via une visioconférence, expliquent qu’ils suivent également le mouvement. Et certains sont aussi concernés par cette potentielle mise à l’arrêt technique, avec des CSE extraordinaires dans le même timing. « Cette menace de chômage technique, c’est pour casser le mouvement, c’est une entrave au droit de grève. Normalement, c’est mis en place après une longue période d’inactivité, dans des situations très contraignantes. Ce n’est pas le cas sur notre usine ! », dénonce Sébastien Jonas, secrétaire du syndicat CGT du site.

    Preuve des tensions entre direction et salariés, le CSE extraordinaire a duré de longues heures et la CGT évoque des échanges « tendus ». « L’information-consultation sur la mise en chômage technique est restée au stade de l’information : le CSE n’a pas pu se conclure et nous n’avons pas pu donner notre avis », explique Rémi Thuaire, à la sortie de la réunion. Concrètement : « Il y a eu un arrêt du CSE sans annonce claire sur sa mise en place » mais la CGT s’attend à ce que la nouvelle tombe sous peu. « On n’a pas donné de réponse franche au CSE », reconnaît Philippe Gomez, directeur du site marseillais. Avant de préciser : « On a refait un point avec la direction générale et elle souhaite toujours sa mise en place. » La justification serait « l’absence de production » sur certains sites, du fait de la grève.

    « Le chômage technique est une entrave au mouvement »

  • A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    A Marseille, Amine Kessaci ouvre le conseil municipal

    Debout face à la barbarie. Toujours marqué, Amine Kessaci, très engagé dans la lutte contre le narcotrafic, dont le petit frère Mehdi a été abattu par un commando le 13 novembre, suscitant une onde de choc dans la ville et tout le pays, se tient droit et digne sous les applaudissements, ce jeudi 18 décembre face à l’hémicycle, aux côtés du maire de Marseille.

    Le conseil municipal doit voter une subvention en faveur de l’association qu’il a fondée en 2020, « Conscience », pour venir en aide aux familles de victimes de narchomicides, après qu’il ait perdu son frère aîné, Brahim, retrouvé calciné dans une voiture (lire aussi ci-dessous). Les élus le feront à l’unanimité au terme de débats pas toujours reluisants.

    Si Mehdi Kessaci n’est « pas un chiffre mais un fils, un frère, un visage une voix », il se transforme volontiers en argument politique pour Martine Vassal (DVD). La présidente de la Métropole et du Département en profite pour défendre sa vision d’une République qui fasse avant tout « respecter l’ordre, la justice, la sécurité ». Sans vergogne, la candidate à la mairie remet sur la table sa proposition de brigade anticriminalité municipale.

    De quoi agacer la maire adjointe, Samia Ghali (DVG). « Il y a là une phrase que je considère comme un aveu prononcée par la présidente (…) : laisser faire c’est accepter » analyse-t-elle, avant de balancer : « En 2012, ceux qui ont laissé faire, c’est ceux qui ont accepté. » Elle s’indigne : « Arrêtez de jouer ! On laisse des enfants vivre avec la mort », quand elle compte « 350 victimes de narcotrafic en 10 ans à Marseille ».

    La palme de la victimisation en toutes circonstances revient sans conteste à Stéphane Ravier (ex-RN et ex-Reconquête). « J’ai 5 enfants, quoi qu’on en pense j’ai un cœur », ose-t-il. Selon lui, ce n’est pas le retrait des services publics des quartiers qui a laissé le champ libre au trafic de drogue mais l’inverse. « Je ne dis pas qu’à Frais Vallon c’est Saint-Tropez, mais il y a le métro, des commerces et pourtant… » lance-t-il.

    Sortir des « oppositions stériles »

    Une partie de la droite tient-elle, à parler avec ses tripes. Hayat Atia (DVD), émue, se pose en « sœur de combat, de douleur » d’Amine. Pour elle, « la sécurité, s’il en faut, ne réglera pas tout ». « Il faut leur proposer autre chose à ces jeunes » insiste-t-elle, pour qu’ils ne se fassent pas « happer » par le trafic au lieu de « pointer du doigt les parents », ce que « beaucoup font et ont trop fait au sein de cet hémicycle », s’indigne-t-elle. La lutte contre le narcotrafic doit être une « cause nationale » pour l’élue qui appelle à sortir des « oppositions stériles ».

    À l’occasion de son dernier conseil municipal avant de se retirer de la vie politique, Lionel Royer-Perreaut, ex-maire (Ren.) des 9-10, laisse son testament : « Nous avons collectivement le devoir de mener ce combat, je vous demande de la constance. » Trente ans après l’assassinat de la députée Yann Pyat tuée pour avoir défendu ses convictions estime celui qui fut son jeune attaché parlementaire, il fait la boucle avec celui de Mehdi, non sans amertume. « Tout ça pour ça », déplore-t-il, « j’ai vu tomber les quartiers les uns après les autres et en accompagnant la mère de Socayna, nous étions seuls alors ».

    En tribune, Amine Kessaci élève le niveau. Il évoque lui la dignité, la hauteur, seules « réponses politiques face à cette machine qui broie, qui tue » quand « des drames on en compte par centaines ». Le maire de Marseille revient sur le manque de services publics, de policiers, l’action vitale des associations de terrain. Benoît Payan (DVG) insiste sur la notion de République, fondée sur un « contrat social ». Vient une certitude : « La République ne peut pas accepter que ses enfants meurent sous les balles. C’est un combat pour la vie, et la vie n’est ni de droite ni de gauche. »

    « Marseille a été debout et doit continuer à l’être »
    C’est important de rendre la parole aujourd’hui, devant la représentation de la Ville de Marseille dont je suis si fier, parce qu’on s’est tenu debout, parce qu’on a dépassé les clivages politiques, parce que nous nous étions levés pour nous réunir là où mon frère Mehdi, 20 ans, est tombé parce qu’il n’était coupable que d’une seule chose : c’est d’être mon petit frère. Parce qu’il était coupable d’être le petit frère de quelqu’un qui a écrit une lettre à son frère aîné, Brahim, assassiné en décembre 2020, retrouvé calciné dans le coffre d’une voiture. Il était coupable d’avoir été le frère de quelqu’un qui a écrit une lettre d’amour à son frère aîné, pour expliquer que le narcotrafic tue, que la violence tue, que l’abandon des pouvoirs publics, le retrait des politiques sociales dans les quartiers, ont conduit à ces situations où le narcotrafic qui, fut un temps, était [constitué de] petits réseaux de quartier, est devenu [le fait de] cartels internationaux. On a beaucoup voulu comparer Marseille à Palerme, au Mexique ou je ne sais quoi, et à ça je dis stop. Stop parce que Marseille c’est Marseille, parce que la France c’est la France, parce que les situations que nous souhaitons décrire ailleurs sont présentes ici même sur le territoire national, ici même à Marseille et partout. Partout où on a attaqué la liberté d’expression. Car c’est de ça dont il s’agit. Depuis la parution de ce livre, Marseille essuie tes larmes, même si les menaces sont arrivées quelques semaines avant et que depuis je vis sous escorte policière. Aujourd’hui, le fait de vivre, de planifier, de porter quelque chose me fait d’autant plus culpabiliser. Mon petit frère Mehdi n’est plus. Je voulais juste faire passer un message, un seul : expliquer que partout il devra y avoir des liens entre l’action sécuritaire, le retour de la police de proximité, le retour de l’action concrète. Devant le Parlement européen il y a quelques jours, [j’ai expliqué] que la guerre que l’on veut mener contre la drogue est vaine parce qu’on se trompe d’ennemi. Lorsqu’on vient attaquer les jeunes au pied des immeubles, ce n’est pas ça qui va stopper ces trafics internationaux. C’est exiger des [actions] des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar, la Thaïlande où les têtes de réseaux vivent très bien de l’argent de la drogue et font couler le sang ici chez nous, des enfants se retrouvant assassinés chaque jour. Et puis sans l’action concrète, sans la rénovation des écoles, sans l’action des centres sociaux, le développement des transports en commun pour désenclaver les quartiers, de la formation pour apporter une alternative économique au réseau, on ne pourra jamais sortir ces enfants des quartiers. C’est pour ça que c’est important de mener toutes ces actions. Marseille a été debout, doit continuer à l’être face à la guerre de la drogue, à celles et ceux qui veulent faire régner la terreur dans nos rues. Nous sommes là, face à eux, pour dire que partout les Marseillaises et les Marseillais doivent avoir les mêmes chances et vivre en sécurité. »
    Amine Kessaci
  • À Decathlon, une grève à fond pour les salaires

    À Decathlon, une grève à fond pour les salaires

    Ce mercredi dès cinq heures, à l’entrée du parc des Aiguilles, les syndicalistes de l’entrepôt logistique Decathlon ont déployé leur barnum et leurs pancartes. « Ma pancarte est pourrie, mon salaire aussi », « 1% = non », peut-on lire sur l’une d’entre elles. À l’approche des négociations annuelles obligatoires (NAO), le ton monte logiquement entre la direction du groupe et l’intersyndicale CGT, CFDT, Unsa et CFTC, rejointe par FO à l’entrepôt local des Aiguilles.

    Le conflit de classe est bien présent à l’arrière-plan. « Ils veulent augmenter nos salaires de 1% jusqu’à 2 500 euros brut, rien au-dessus, et donner un jour de congé pour 40 et 45 ans d’ancienneté alors que ça concerne personne », indique Laurent Curti, délégué syndical et élu au CSE de la CGT, alors qu’en même temps « les actionnaires viennent de se frapper 600 millions d’euros de dividendes ». Pour rappel, « l’année dernière il s’étaient versé 800 millions en plus d’un milliard d’euros pour la famille Mulliez, débloqué sur les réserves ».

    « La boîte se porte très bien », renchérit Abdallah Draoui, de la CFDT. Au contraire des salariés. « Il y a un mal être, avec deux départs récents dont un pour inaptitude car il ne supportait plus le travail », précise le syndicaliste. Mais la maladie ne permet pas l’absence. « Les gens ne sont pas bien mais financièrement, ils ne peuvent pas se permettre de se mettre en arrêt. Et quand ça arrive les indemnités viennent avec 3 à 4 mois de retard et ils galèrent, peuchère », déplore Abdallah Draoui.

    Le problème de fond soulevé par les syndicaliste est celui du salaire et de la reconnaissance du travail accompli.

    Pas de salaires,

    pas de salariés

    « Le Smic va finir par me rattraper » ironise Valérie Furchmuller, « 27 ans de boîte et 14,70 euros de l’heure » contre 12,02 euros le smic horaire au 1er janvier 2026. « J’aurais aimé une prime d’ancienneté, genre 40 euros par mois », propose-t-elle. « Beaucoup qui sont là depuis 10 ans sont à 50 euros du Smic », signale Laurent Curti, pour qui « faire des heures, 21h sur 24, des nuits 9 mois sur 12, des week-ends et des jours fériés ne paye que 25% de plus », déplore-t-il, après 35 ans de présence dans l’entreprise.

    Les plus jeunes ne sont pas épargnés par cette morosité ambiante. « Ça fait 7 ans que je suis là et je ne sais pas si je serais resté si j’étais arrivé aujourd’hui », reconnaît Jordan Melo, 32 ans, qui travaille au rayon des produits volumineux, comme les tapis de courses.
    « Que les actionnaires récupèrent des sous sur leurs investissements est normal, mais quand ça marche bien il faut partager » poursuit-il, se demandant « qu’est ce qui va donner envie de remplacer les anciens, alors que si t’es pas content, on te dit de dégager ? »

    Son collègue de 23 ans Florent Sauteret, du même secteur, est catégorique : « Je ne pense pas finir l’année. » « Les carrières longues c’est fini, il n’y a plus d’intérêt. Beaucoup partent, avec leurs compétences, et ne sont pas remplacés. Si ce n’est par des intérimaires et des CDD qui ne peuvent pas faire grève avec leurs contrats précaires. »

    Près d’un tiers des CDI étaient en grève à Ensuès selon les syndicats. Decathlon n’a pas répondu à nos sollicitations dans nos délais.

    « La boîte va très bien, mais les salariés galèrent »

  • Un service public renforcé pour le dernier conseil municipal marseillais

    Un service public renforcé pour le dernier conseil municipal marseillais

    Finir en beauté. Quelque 168 délibérations sont présentées, ce jeudi, pour le dernier conseil municipal du mandat. De quoi faire aboutir des projets menés au long terme et d’afficher avant les municipales de nouvelles ambitions. C’est le cas pour le centre Bourse, en ouverture du conseil avec le rachat du foncier des Galeries Lafayette et le lancement d’un appel à manifestation d’intérêts pour une transition sur trois ans.

    Mais au fil des rapports, c’est surtout la mise en place de nouveaux services publics qui structure l’ordre du jour. À commencer par la préemption signée le 4 décembre de la résidence autonomie du Roy d’Espagne (8e) pour 6 millions d’euros, afin d’y créer une résidence autonomie portée par le centre communal d’action sociale (notre édition du 03/12). Rue de Lyon dans le 15e arrondissement, c’est l’acquisition de l’immeuble de la Caisse primaire d’Assurance-maladie au numéro 450 qui va permettre d’installer, à la place de la CAF, une antenne de la police municipale ainsi qu’un centre municipal d’activités. Le reste de l’immeuble accueillera un centre de santé privé ainsi que des services du centre hospitalier Edouard-Toulouse, pour renforcer sur le secteur l’offre en matière de santé mentale. Boulevard Charles-Moretti, aux Rosiers (14e), l’ancien Casino doit quant à lui se transformer en halle sportive et culturelle, moyennant un investissement de 4,9 millions d’euros. De quoi répondre aux besoins des écoles voisines : face à l’augmentation du nombre d’écoliers, celles-ci ont dû fermer leurs salles de motricité, leurs bibliothèques, leurs espaces sportifs.

    Clivage politique

    À travers ces nouveaux investissements programmés, c’est le travail réalisé pour la reconstruction d’un service public municipal qui s’affiche. « Nous sommes très vite rentrés dans le dur avec des travaux titanesques pour remettre les services publics sur pied », reconnaissait lundi le maire (DVG) de Marseille, Benoît Payan, énumérant les 1 000 agents de plus dans les écoles, 400 policiers municipaux supplémentaires, 120 agents pour le logement. Un bilan à mettre en avant alors que les « trois premières années compliquées » ont retardé les projets en dur, assainissant les finances de la ville. La droite ne s’y trompe pas, en s’en prenant depuis la rentrée aux 569 millions d’euros supplémentaires de masse salariale sur le mandat : patrimoine de ceux qui n’en ont pas, le service public ne reste qu’un coût pour certains.

    Nouveaux parcs pour les quartiers Nord
    Un accent prononcé est mis ce jeudi sur la création de nouveaux parcs. A Frais Vallon (13e), la municipalité doit acquérir 6 hectares auprès du bailleur social Provence métropole logement (PML, ex-HMP) pour un espace vert s’étendant jusqu’au pied de la colline, avec les usages plus urbains (jeux, jardins) concentrés près de l’avenue. 4,3 millions d’euros seront investis à partir de 2028. La municipalité doit approuver aussi l’achat du parc Foresta et ses lettres Marseille, tandis que les marchés publics vont pouvoir être lancés pour aménager le parc de l’Annonciade (15e) à compter de 2026, sur 2 hectares. Enfin, les financements sont bouclés (2,7 millions d’euros, la moitié pour la Ville) pour le parc belvédère de Campagne L’Évêque (15e).
    Y.S.
  • [Municipales] A Roquefort-la-Bédoule, Marc del Grazia : « Nous allons terminer ce que nous avons commencé »

    [Municipales] A Roquefort-la-Bédoule, Marc del Grazia : « Nous allons terminer ce que nous avons commencé »

    En 2020, il avait remporté l’hôtel de ville de cette commune d’environ 6 000 habitants grâce à 30 voix en sa faveur par rapport à la liste de Jérôme Orgeas (DVD), l’ex édile.

    La Marseillaise : Pourquoi vous présenter à nouveau ?

    Marc del Grazia : Sur le premier mandat, nous avons commencé d’importantes réalisations comme la construction d’une école primaire de 16 classes, dont le chantier est en cours. L’actuelle école était trop petite, et n’était plus aux normes. Elle devrait être livrée en 2027. Nous avons aussi lancé, en 2022, avec la Ville et le bailleur social Erilia, le projet d’une maison intergénérationnelle sociale qui permet aux personnes âgées de bénéficier d’appartements, 59 logements adaptés, et 30 logements pour les jeunes, avec une crèche à l’intérieur. En dépit de concertations, le permis a été attaqué par les voisins. La Ville a gagné en première instance au tribunal administratif mais les opposants ont souhaité aller en appel. Je ne me présente pas sous une étiquette politique. Je suis là pour rassembler le plus large possible, simplement des gens qui ont envie de travailler pour la commune.

    Comment concevez-vous votre rôle de maire ?

    M.d.G. : Travailler, travailler, toujours travailler, essayer de comprendre les habitants et être attentif aux besoins de la population. Je me déplace souvent à pied dans la commune pour rentrer chez moi, donc ça fait que je suis en contact permanent avec la population.

    Que vous demandent les habitants ?

    M.d.G. : Un des problèmes est celui des transports. On les a pas mal améliorés, mais on pourrait mieux faire, avec par exemple des rapprochements avec Aubagne ou La Ciotat. Et puis la sécurité. Les habitants souhaitent que les moyens soient mis en place pour qu’ils se sentent en sécurité. Nous avons beaucoup de pavillonnaire, des maisons relativement isolées, sujettes à des cambriolages, par périodes. D’autres communes des environs, comme Cassis, Carnoux, jusqu’à Ceyreste connaissent cela. Depuis que je suis élu, les caméras de vidéosurveillance sont passées d’une vingtaine à 55. Cela aide à la résolution des affaires.

    Quels thèmes allez-vous privilégier durant cette campagne ?

    M.d.G. : Surtout, terminer ce qu’on a commencé, éviter de faire du suréquipement, améliorer les équipements qu’on a. Par exemple, aménager les espaces autour de la future école. Nous avons quand même un grand projet en collaboration avec la Métropole Aix-Marseille, celui de créer une médiathèque.

    Quels sont les défis à relever dans votre commune ?

    M.d.G. : C’est déjà préserver notre environnement. Le deuxième défi, c’est développer notre viticulture puisque Roquefort-la-Bédoule a une place privilégiée dans le monde du vin. Dans le prochain Plan local d’urbanisme (PLU), que l’on doit commencer à réviser fin 2026, on veut pouvoir donner des espaces aux viticulteurs pour planter des vignes.

  • Le Pugil’Istres en grande forme à Salon-de-Provence

    Le Pugil’Istres en grande forme à Salon-de-Provence

    Quatre, c’est le nombre de médailles que les Istréens ramènent de leur court déplacement à Salon-de-Provence. S’ils n’ont pas percé le secret de la pierre philosophale, au pays de Nostradamus, les pensionnaires du Pugil’Istres Team Jimmy Colas ont néanmoins récolté trois titres de champion régional, et autant de médailles d’or. Quant au quatrième de la délégation, il termine sur le podium, avec de l’argent autour du cou.

    Les champions sont Lokman Naïl (-54 kg), Lino Imbert (-57 kg) et Heykel Messoly (- 63 kg). Les deux premiers rejoignent les quatre séniors élite déjà qualifiés pour les Championnats de France. Ce qui porte à six le nombre total de boxeurs du club istréen qualifiés pour la suite.

    Rendez-vous à Olhain

    Pour les Seniors, les 16e et 8e de finale auront lieu les 10 et 11 janvier 2026, à Olhain.

    Ces résultats sont le fruit d’un travail collectif rigoureux, de l’investissement constant des entraîneurs et de la détermination exemplaire des jeunes athlètes. Leur progression illustre parfaitement les valeurs de sérieux, de discipline et d’engagement portées par le club.

    Jimmy Colas ne peut être que satisfait de ces résultats. « Je tiens à féliciter nos quatre jeunes cadets qualifiés, qui rejoignent les quatre seniors déjà engagés pour les Championnats de France. » Le directeur sportif du Pugil’Istres qui adresse « un immense bravo à notre président Gianni Carpagnano, qui réalise un travail remarquable depuis deux ans. Ce qui nous a permis d’être désigné meilleur club de la région Paca 2024 et 2025, et meilleur club de France en 2025 ». Il souligne que cela a été possible « grâce à un engagement collectif qui fait que notre club et notre ville continuent de s’imposer comme une référence incontournable ».

    Portes ouvertes

    à noter que le club va organiser une journée portes ouvertes. « À cette occasion, nous aurons l’honneur de présenter l’ensemble de nos activités, ainsi que nos champions et championnes régionaux qualifiés pour les Championnats de France 2026 », précise Gianni Carpagnano.

    Plus de 300 jeunes boxeurs et boxeuses seront réunis pour cette journée placée sous le signe du sport, du partage et de l’inclusion, avec des activités dédiées à la boxe éducative, boxe loisirs et boxe handicap.

    Cet événement rassemblera également plus de 500 personnes venues de toute la région.

    Samedi 20 décembre, 11h00 – 18h30, au Podium à Istres.

  • Journée de mobilisation et de solidarité avec les migrants

    Journée de mobilisation et de solidarité avec les migrants

    Si on arrête, tout s’arrête ! ». C’est le slogan qui va résonner un peu partout en France ce jeudi, à l’occasion de la journée internationale des Migrants. Une journée décrétée par l’ONU après l’adoption de la Convention Internationale pour la protection des droits de tous les travailleurs migrants et de leur famille. Proclamée en 1990, elle est entrée en vigueur en mars 2003, mais n’a été ratifiée par aucun pays européen.

    Manifestation

    aux flambeaux

    Deux appels ont été lancé au national. Le premier, « Une journée sans nous », porté par la Marche des solidarités et plus de 400 organisations et syndicats locaux, appelle à la manifestation et à la grève pour l’égalité des droits, contre le racisme et le fascisme. Le second, « Né.es ici ou venu.es d’ailleurs », comptait parmi ses signataires la confédération CGT, Solidaires, Attac ou encore la Cimade.

    Des dizaines de manifestations sont prévues en France. A Marseille où ce 18 décembre, résonne aussi avec la publication de la Charte mondiale des migrants qui y a été initiée en 2016, plusieurs rendez-vous vont ponctuer la journée.

    En fin de matinée (11h30), le Collectif réquisition ambiancera en fanfare la place Bargemon où se tient le Conseil municipal. Au menu : prises de paroles, point infos, foot réquisition, cartographie collective et marche du vide. Direction ensuite la Porte d’Aix où dès 10h, des permanences d’accès aux droits « hors les murs », des tables d’information, des stands de collectifs et des ateliers pancartes sont prévus.

    Dans l’après-midi (14h30), la CNT-SO organise un rassemblement, place Henri Verneuil devant l’hôtel Golden Tulip Euromed-Joliette. Après une journée de grève le 5 décembre, les femmes de chambre de l’établissement sont en négociation. « L’occasion de les soutenir, d’échanger sur leur condition de travail, de lutter contre le racisme et de se mobiliser, alors que l’industrie hôtelière et du nettoyage exploite beaucoup de travailleurs étrangers », indique le syndicat.

    A partir de 18h enfin, depuis la porte d’Aix, une quarantaine d’organisations syndicales, associations, collectifs et partis appellent à une marche aux flambeaux vers les Réformés.

    Les mots d’ordres sont multiples : abrogation de la loi Darmanin, des circulaires Retailleau et de toutes les lois racistes ; présomption de minorités pour les mineurs isolés ; régularisation de toutes les personnes sans papier ; réquisition des logements vacants ; fermeture des Centres de rétention administratives ; liberté de circulation et d’installation ; justice sociale et la solidarité, contre le racisme et le fascisme…