Tag: Bouches-du-Rhône

  • [Entretien] Audrey Garino : « C’est à l’État de prendre ses responsabilités »

    [Entretien] Audrey Garino : « C’est à l’État de prendre ses responsabilités »

    Pas question pour l’élue communiste de céder aux instructions préfectorales. L’élue réaffirme son soutien aux associations et le rôle de la Ville aux côtés des plus précaires.

    La Marseillaise : Comment avez-vous réagi à la prise de position des associations fin juillet ?

    Audrey Garino : En fait, il y a deux nouvelles : la réduction des budgets et les sorties dites sèches. Sur la première, cela fait un moment qu’on le sait et qu’on alerte, qu’on échange avec les services de l’État, parce qu’on a constaté ces dernières années que le nombre de places disponibles rétrécissait au détriment des besoins et que des critères de vulnérabilité pour prioriser les entrées étaient établis sans que nous n’en ayons complètement la connaissance ou la mesure, en tout cas. Nous avons rappelé nos exigences, notamment le fait qu’il faut trouver des solutions immédiates, singulièrement pour les femmes à la rue dont le nombre est en augmentation d’environ 30%. À Marseille, selon le décompte de la Nuit de la solidarité, 15 000 à 16 000 personnes sont sans-abri.

    Et sur cette volonté de remettre les personnes hébergées à la rue ?

    A.G. : D’abord, il n’y a plus de rotation. On a compris que la fermeture des places d’hôtel n’était pas compensée. Les réorientations ont aussi été faites dans les lieux plus pérennes, lieux que la Ville de Marseille a contribué à ouvrir, soit 15 sites en partenariat avec l’État. Et là, on a appris au cœur de l’été, la volonté, pour la première fois, qu’il y ait des sorties sèches, c’est-à-dire des fins de prise en charge sans proposition. Le maire a écrit au Premier ministre parce que c’est pour nous une ligne rouge franchie. Nous sommes un des acteurs de l’hébergement d’urgence, au même titre que les associations. Nous mettons des budgets, nous travaillons, nous avons des équipes dédiées, des bâtiments. Cette information, on ne peut pas l’apprendre par la presse. Et de deux, elle est parfaitement inacceptable, puisqu’elle remet en cause le principe de continuité de prise en charge.

    Est-ce que la Ville peut compenser ?

    A.G. : On apporte déjà beaucoup, même si l’hébergement d’urgence est une compétence exclusive de l’État. Il y a aussi le Département pour les publics dont il a la charge, notamment les enfants de moins de 3 ans et leur mère. La Ville, depuis 6 ans, a un budget de 2 millions d’euros par an alloué à l’hébergement d’urgence, autant pour financer des structures que des associations. Nous avons ouvert des centres dans des bâtiments municipaux, des douches municipales. Pour mémoire, la Ville finance seule son Samu social, c’est la seule en France à le faire, une dépense annuelle de 4 millions d’euros. Nous continuerons, nous serons toujours une partie de la solution. Mais nous ne pouvons pas accepter que celles et ceux qui en ont la responsabilité directe, soient en recul, alors même que les besoins ne sont déjà pas couverts. C’est aussi à l’État de prendre ses responsabilités. Et au Département, dont je rappelle qu’il a été condamné régulièrement pour défaut de prise en charge de ses publics et que l’État vient en substitution.

    Comment sortir de ce statu quo ?

    A.G. : On attend la réponse du gouvernement. La Ville sera toujours un partenaire sur ces questions mais en posant des préalables. Et ils sont connus : pas d’expulsion sans proposition de mise à l’abri, une mise à l’abri de l’ensemble des publics vulnérables et pas de rupture de prise en charge. En attendant, je tiens vraiment à saluer la réaction et l’engagement des opérateurs de l’hébergement d’urgence. Une position digne dans un contexte politique difficile et un contexte budgétaire tout aussi compliqué, qu’on ne nie pas. Mais il y a des priorités. On ne peut pas considérer que l’hébergement d’urgence et la lutte contre l’exclusion sont des sources d’économie, surtout dans la situation dans laquelle se trouvent notre pays et notre ville.

  • Quand le préfet des bouches-du-Rhône veut mettre à la rue des demandeurs d’asile

    Quand le préfet des bouches-du-Rhône veut mettre à la rue des demandeurs d’asile

    Le préfet demandait vendredi 14 août au juge des référés du tribunal administratif d’enjoindre des étrangers ayant perdu leur droit à un hébergement dans un centre d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) d’évacuer les lieux, ce qui revient pour des familles à des mises à la rue sèche.

    Pour ces audiences, la Préfecture n’envoie même pas de représentant à la barre du tribunal à la Joliette, à Marseille. Ses conclusions sont expédiées par mail au juge. À l’appel du dossier d’Helena, hébergée dans un logement de la cité d’Air Bel, son avocate Juliette Grebaut interpelle le magistrat sur l’argumentaire du Préfet qui invoque la saturation des dispositifs d’asile dans les Bouches-du-Rhône. Aucun document n’est fourni par la Préfecture à l’appui de cette affirmation suivant laquelle, en mars et selon une statistique de l’OFI, 152 demandeurs seraient en attente d’hébergement. « Il est impossible d’en vérifier l’authenticité. Je n’ai pas à pallier l’absence probatoire du préfet qui ne se donne même plus la peine d’étayer ses arguments avec des pièces justificatives. Vous lui rappellerez la règle du contradictoire » demande avec vigueur l’avocate.

    Sa cliente est une mère isolée avec un enfant de 6 ans et une fille de 18 ans astreinte à une prise en charge médicale. « Cette mère est en situation régulière depuis mars 2024. Elle travaille à temps partiel. Elle justifie de ses attaches en France. Elle n’a eu aucune proposition d’hébergement donc vous rejetterez la requête du préfet. »

    « Allez courage ! »

    La procédure suivante est vite examinée. « La famille a quitté le logement qu’elle occupait à Salon de Provence. Cette famille a pu être orientée vers un centre d’hébergement » explique Me Grebaut qui demande au juge de prononcer un non-lieu.

    Le cas de Blessing, que le préfet veut sortir d’un logement de la rue Stanislas Torrent, interpelle. « Elle est déboutée d’asile depuis 4 ans et on vous saisit maintenant ? L’absence d’urgence est patente » souligne son avocate qui rappelle qu’elle conteste en référé l’arrêté de refus de renouvellement de son titre de séjour. La jeune femme est arrivée mineure il y a 9 ans en France. Elle a été régularisée avec son enfant malade. L’avocate plaide les circonstances exceptionnelles devant la densité et la complexité de l’état de santé de sa fille de 7 ans, née prématurée. « Une expulsion avec mise à la rue rendra impossible le suivi médical de l’enfant. Elle n’a pas vocation à rester toute sa vie dans un Cada. Donnez-lui des délais conséquents pour quitter les lieux. Elle ne fait pas la fine bouche. L’envoyer à la Roque d’Anthéron n’aurait pas de sens, sa proximité avec le système de soin est nécessaire. »

    Comment chasser de son logis Kadiatou et ses enfants du 32 rue de Crimée ? Me Julie Grebaut insiste sur « la vulnérabilité de cette mère isolée avec deux enfants de 1 an et 2 ans. Le papa qui ne s’investit pas n’est même pas à Marseille. Elle est proactive dans ses démarches de renouvellement. Elle frappe à toutes les portes ». L’avocate demande a minima un sursis à exécution d’une expulsion à l’initiative d’un « préfet qui ne saurait se défaire de sa responsabilité sur le Département dans le manque de places d’hébergement ».

    Cinquième dossier avec Mariam dont les accompagnantes du Cada soulignent la fragilité psychologique de cette mère isolée de 20 ans avec un enfant d’un an. « Une mise à la rue aurait des conséquences disproportionnées pour elle et son enfant » argumente Me Grebaut qui demande un sursis jusqu’à son orientation vers une structure.

    Aïcha, 22 ans et Aboubakar, 27 ans, débarquent de Miramas en train en poussant le landau du bébé de 18 mois au pied du juge. La mère enceinte est épuisée et peine à se lever. Ayant un refus d’asile, le préfet veut les expulser de ce Cada éloigné où ils sont depuis janvier 2025. Leur avocate n’est pas là. « Y a pas de traducteur ? » demande Aïcha. « Non, ce n’est pas prévu, mais vous n’êtes pas obligée de parler. J’ai lu le mémoire de votre avocate » dit le juge. « On tape beaucoup de portes. On appelle le 115 pour nous aider, mais y a rien. Je suis malade et enceinte de 6 mois. Je ne sais pas où on va… On veut rester dans le Cada s’il vous plaît ». Elle pleure, pose sa tête sur l’épaule de son mari qui lui caresse les cheveux. « Allez courage ! Vous pouvez y aller » conclut le juge qui rendra ses délibérés la semaine prochaine.

  • Un deuxième incendie dans l’imprimerie Rockson à Rognac

    Un deuxième incendie dans l’imprimerie Rockson à Rognac

    Série noire, pour l’imprimerie Rockson. Dans la nuit de vendredi à samedi, aux alentours de 2h, les pompiers ont été appelés pour un incendie qui s’est déclaré dans l’entreprise située à proximité de la RD113. La route a été fermée la durée de l’intervention par la cinquantaine de soldats du feu, qui ont rapidement maîtrisé les flammes, avant d’être rouverte vers 8h30.

    Le robot télé-opéré Colossus, conçu pour les environnements à haut risque, a été utilisé pour éviter tout redémarrage et assurer le noyage des braises grâce à son canon orientable.

    Au total, 2 000 m2 sont partis en fumée mais l’action rapide des sapeurs-pompiers a permis de préserver 4 500 m2 de locaux adjacents et de protéger la végétation environnante.

    Un premier feu avait déjà sinistré l’imprimerie Rockson dans la nuit du 31 juillet au 1er août. Une enquête est en cours pour déterminer l’origine des deux incendies.

  • [C’est l’été] La fête entre ciel et terre pour le 15 août

    [C’est l’été] La fête entre ciel et terre pour le 15 août

    Karaoké géant, espace pétanque ou encore battle de danse, la soirée du 15 août sur l’esplanade du J4, à Marseille, a enchanté petits et grands jusqu’au bout de la nuit. Plusieurs milliers de personnes se sont réunies pour observer le feu d’artifice. Mais en attendant le lancement du spectacle aérien à 22h, familles et amis ont donné de la voix lors du karaoké géant : « Je suis là depuis 20h, l’ambiance est magnifique, je m’amuse beaucoup ! », se réjouit Daphné, 29 ans, qui espère entonner « Ma philosophie » d’Amel Bent. Les uns après les autres, des spectateurs volontaires grimpent sur scène pour devenir « la star de la soirée », lors de ce rendez-vous désormais incontournable de l’été marseillais. En attendant leur tour, Jade et sa meilleure amie Lia, 9 ans, se préparent à prendre le micro : « La soirée est trop bien ! On veut chanter du Jul ! » Afin de ravir tous les goûts, 400 titres étaient proposés, entre tubes des années 80 et rap français. Plus tard dans la soirée, « Ma philosophie » a résonné sur l’esplanade, pour le plus grand bonheur de Daphné, tandis que Jade et Lia ont repris leurs morceaux favoris sous les projecteurs.

    Loin du micro, la fête proposait aussi plusieurs animations pour varier les plaisirs. Une fois le karaoké terminé, pour Jade et Lia, le programme était déjà tout tracé : « On va faire l’atelier de customisation de casquettes ! », s’impatientent les deux fillettes, qui ont déjà en tête leurs créations, à l’effigie de leur chanteur préféré : « On va mettre le signe de Jul sur la casquette ! »

    Un spectacle « original et créatif »

    Le moment que tout le monde attendait apparaît dans le ciel une fois la nuit tombée. Il est 22h et les premiers feux d’artifice scintillent sous les yeux ébahis des enfants comme des plus grands. « Il y en a partout ! C’est trop beau », s’exclame Noam, 10 ans, impressionné par le ballet aérien. Le show dure une vingtaine de minutes. Rouge, vert, bleu, doré, les formes et les couleurs s’enchaînent. Drones et pyrotechnie créent ensemble des tableaux mettant à l’honneur le patrimoine méditerranéen : bateau à voile, cerf-volant, colombe, soleil ou encore la Bonne Mère. Le spectacle se termine sous les applaudissements du public, conquis.

    Venu entre amis, Jean-Louis est séduit par l’originalité du spectacle : « C’est chouette, l’idée du feu d’artifice avec les drones, ça rajoute quelque chose, souligne-t-il. J’ai trouvé ça très original et très créatif ». Son amie Aurélie ajoute : « C’est aussi sympa d’avoir fait l’événement avec le karaoké, ça rassemble les gens ». Le groupe, venu spécialement pour le feu d’artifice, a également profité du grand karaoké qui a repris juste après le spectacle : « On a chanté, pas sur scène, mais on a chanté du Johnny ! » Les musiques se sont finalement enchaînées jusqu’à minuit, mais l’été marseillais ne s’arrête pas là. Le prochain rendez-vous est donné au stade nautique Florence-Arthaud, le vendredi 21 août, pour un DJ set signé Orisha, de quoi prolonger les festivités jusqu’à la fin de l’été.

    Andréa Goyard-de Castro

  • À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    À Istres, l’incinérateur de Suez reçoit un avis défavorable

    Les conclusions ont mis un coup dans l’aile de l’incinérateur. Alors que l’enquête publique du projet « Istres recyclage et énergie » (dit Iren) porté par Suez s’est achevée le 2 juin après un mois et demi de consultations, le commissaire-enquêteur a rendu son avis le 31 juillet. Et concernant l’unité de valorisation énergétique de type CSR (combustible solide de récupération), il est défavorable. Philippe Magnus pointe notamment l’absence de concertation préalable, l’usage du terme « chaufferie » plutôt qu’incinérateur jugé trompeur et l’absence de débouchés pour l’énergie produite, faute de réseau de chaleur à proximité. Le maire Robin Prétot (LR) salue une « première victoire » collective.

    Dévoilé par Marsactu quelques jours après les élections municipales, ce projet a immédiatement suscité une levée de boucliers de la part des élus et associations locales, et plus largement de la population. Le rapport de l’enquête publique soulève une « participation exceptionnelle par son ampleur ». Au total, 4 114 contributions ont été déposées. Entre 80% et 89% d’entre elles y sont défavorables. Deux pétitions en ligne ont recueilli 466 signatures et près de 900 personnes ont participé aux deux réunions.

    250 millions d’investissement

    C’est bien cette unité de valorisation CSR qui pose problème. Elle est présentée par Suez comme une réponse à la possible fermeture de plusieurs centres pour des raisons réglementaires, supprimant 350 000 tonnes de capacité de stockage. Gardanne, les Pennes-Mirabeau et Septèmes-les-Vallons pourraient être concernés d’ici 2032. Mais pour les habitants et leur maire, « pas question qu’Istres devienne la poubelle de la région ». Le commissaire-enquêteur relève d’ailleurs que l’implantation du site, « excentrée sur le territoire (…) par rapport au centre de la Métropole », constitue un point négatif, tout comme sa proximité avec plusieurs infrastructures industrielles. Cette opposition franche et massive a donc porté ses fruits. « Ce n’est qu’une étape, rappelle Robin Prétot. La Ville poursuivra désormais son action auprès des services de l’État afin que cet avis défavorable soit pleinement entendu et que le projet d’incinérateur soit définitivement abandonné. » D’autres composantes du dossier ont reçu l’avis favorable de Philippe Magnus : l’unité de méthanisation, la modernisation du centre CSR, et la nouvelle unité de réception, de tri et de préparation de déchets valorisables. C’est un projet global que Suez souhaite déployer sur le site de La Grande Groupède, qu’il exploite depuis 2011, pour un investissement de 250 millions d’euros. La décision revient au préfet des Bouches-du-Rhône.

  • [Athlétisme] Entresangle, Djouhan et Wilkes finalistes européens

    [Athlétisme] Entresangle, Djouhan et Wilkes finalistes européens

    Quatre-vingts Tricolores aux championnats d’Europe, trois étaient originaires des Bouches-du-Rhône et du Vaucluse. Lolassonn Djouhan, Thomas Wilkes et Clara Entresangle se sont respectivement qualifiés pour les finales du lancer du disque, du 110 m haies et du 3 000 m steeple. Tous les trois sont revenus sur leur vécu durant cette compétition à Birmingham.

    Thomas Wilkes,

    4e du 110 m haies

    Finir 4e, à une seule place de la médaille, peut ressembler à une énorme frustration, un échec parfois. Dans le cas de Thomas Wilkes, c’est la récompense d’un travail de plusieurs saisons. 4e en 13.36, à 22 ans, une position inespérée il y a quelques mois pour le hurdleur martégal. « C’était un mélange d’émotions, parce que j’avais un peu de frustration quand j’ai vu 4e s’afficher. Mais après quand j’ai vu l’écart qu’il y avait avec le 3e, j’étais à ma place et je n’ai aucun regret », racontait-il le lendemain de sa finale.

    Les haies françaises ont tenu leur réputation avec également la médaille d’argent de Just Kwaou-Mathey et la 6e place de Théo Pedre. Place au prestigieux meeting de Zürich pour Thomas Wilkes avant de terminer sur les Jeux Méditerranéens, fin août.

    Lolassonn Djouhan,

    11e du lancer du disque

    Tout d’abord, Lolassonn Djouhan a poussé un ouf de soulagement. Le lanceur lui aussi licencié à Martigues a franchi le cap des qualifs, ce qu’il n’avait pas réussi à faire ces dernières années, en championnats. « L’exercice des qualifications est toujours difficile, mais je me suis vite tourné vers la finale parce que ça allait être costaud », explique-t-il. En effet, la finale fut l’une des plus denses de l’histoire. Il fallait faire 69m53 pour être médaillé et s’approcher à 3 mètres du record du monde pour l’emporter (72m51).

    « Les championnats d’Europe, ce sont nos Mondiaux », s’amuse le Martégal. Finalement, il terminera 11e avec 62m28, sans être réellement satisfait de sa production. Sa saison est terminée, mais les entraînements se poursuivent pour celui qui arrêtera sa carrière après les JO de Los Angeles, en 2028.

    Clara Entresangle,

    6e du 3 000 m steeple

    Clara Entresangle était, elle, en pleine découverte. Une première en élites, malgré un statut déjà élevé de 5e Européenne avant ces championnats. L’athlète de Cavaillon s’est fait peur en séries avec une chute, mais elle ne s’est pas affolée pour assurer sa qualification. En finale, elle a toujours été bien placée avant de subir légèrement l’accélération des favorites. Les Allemandes et Alice Finot (2e) se sont envolées et la demi-fondeuse de 21 ans a pris la 6e place (9:21.07), restant à quatre secondes de son record.

    « Je me suis régalée sur cette course, j’ai donné tout ce que j’avais malgré le manque de fraîcheur, et c’était bien cool », a décrit la jeune prodige.

  • Des colos dans les Alpes pour les minots marseillais

    Des colos dans les Alpes pour les minots marseillais

    Quand Farida Benaouda, conseillère municipale déléguée aux Vacances pour tous à la Ville de Marseille, passe la porte du chalet de l’association Contact Club, situé à Réallon au cœur des Hautes-Alpes, elle découvre une quinzaine de minots qui ont des étoiles plein les yeux et des sourires jusqu’aux oreilles. « Moi c’est la première fois que je fais une colo. Je n’étais jamais venu dans les montagnes ! On a fait une randonnée on est partis dans une rivière très froide… Ça a fait du bien », lance un minot de 12 ans.

    À peine les présentations faites, les questions fusent entre l’élue et la petite équipe : Évènement marquant de la semaine, activités incontournables, découverte de la montagne… Il faut dire que leurs journées ont été bien chargées au cœur du magnifique Parc national des Écrins : visite et jeu de piste au fort de Briançon, randonnées, jeux aquatiques au plan d’eau du coin, soirée feu d’artifice et visionnage de film le soir… C’est d’ailleurs le débrief du film Billy Elliot qui les occupe ce matin. L’occasion pour les animateurs, Lyes et Tom, d’aborder des sujets pas forcément simples à appréhender pour des jeunes de cet âge… Mais l’équipe du Contact Club sait manier le fond et la forme avec finesse. Et pour cause : 80% des animateurs sont passés par la structure.

    Une première pour les minots comme pour l’élue

    On comprend mieux pourquoi la colonie fait partie intégrante du village : les voisins saluent avec plaisir les minots, rendent service à la structure et inversement. Une fois la discussion à bâton rompu finie, place à la préparation du repas. Diakité, qui rentre au lycée en septembre et habitué des colos avec la structure, enfile sa charlotte avec plaisir et passe aux fourneaux pour préparer le plat du jour.

    Car l’organisation des tâches ménagères est aussi « une forme d’éducation populaire » avec des groupes qui tournent selon les jours : plonge, cuisine, rangement… Farida Benaouda tient à leur passer ce message : « Le Maire de Marseille, Benoît Payan, est fier d’appuyer le dispositif. Comptez sur nous pour faire mieux et plus pour aider la jeunesse marseillaise à se faire des souvenirs ! ». C’est une première qu’une élue de la Ville aille directement sur les lieux de vacances des minots marseillais qui partent dans le cadre des « Vacances pour tous ». Les jeunes la remercient chaudement et elle repart sous leurs coucous enthousiastes, en direction d’une autre colonie…

    À Pont-du-Fossé, elle rencontre cette fois l’équipe de l’Agamfa qui s’occupe d’une quinzaine de minots âgés de 7 à 11 ans, la plupart venant du centre aéré des Flamants mais aussi d’autres quartiers de Marseille comme La Busserine ou la copropriété du Mail. Hasard du calendrier, ou pas, ils profitent du festival L’écho des mots à Saint-Jean-Saint-Nicolas qui propose justement une myriade d’activités pour petits et grands. Là encore, la montagne et les produits locaux ont fait leurs effets sur les petiots. Quand l’élue demande s’ils sont satisfaits du séjour, les réponses sont unanimes : « Je ne veux pas rentrer demain ! », « On veut revenir l’année prochaine et avec les mêmes animateurs ! ». Najib, le directeur de la colo, court à droite et à gauche pour s’occuper des petits mais confirme : « Ils se régalent ! ». Farida Benaouda insiste : « Vous vous faites des souvenirs pour la vie ! ».

    L’élue achève sa visite marathon avec le centre de vacances Les Jonquilles à Saint-Julien-en-Champsaur. Avec là encore des sourires par dizaines et des minots plus que ravis du cadre et des animations proposées par la structure Aroéven.

    Les petits sortent de la douche et se préparent avec impatience pour la boum de fin de séjour… De quoi revenir à Marseille avec des histoires à raconter et des souvenirs plein la tête.

  • Le nombre d’incendies flambe dans les décharges de la région Sud

    Le nombre d’incendies flambe dans les décharges de la région Sud

    Ce samedi 14 juin 2025, ils sont 170 sapeurs-pompiers à intervenir sur l’incendie qui frappe l’entreprise Spur Environnement, filiale du groupe Veolia, à Rognac. Le feu s’est déclaré à 19h30 dans un hangar de ce site classé Seveso seuil haut, et lorsqu’il est éteint, 70% du site où étaient stockées 950 tonnes de pots de peinture, solvants et aérosols sont détruits. Cinq blessés sont à déplorer, les eaux d’extinction débordent dans l’étang de Berre : baignade, pêches et activités nautiques sont interdites pendant dix jours. L’incendie doit être déclaré comme accident majeur à la Commission européenne.

    Pour exceptionnel qu’il est, il s’inscrit dans une hausse inquiétante des feux qui touchent les installations de gestion des déchets, dans la région comme dans le reste du pays. Dans son bilan de l’inspection des installations classées publié au mois de juillet, le ministère de la Transition écologique s’inquiète de la situation dans les centres de gestion des déchets non dangereux : « Le nombre d’incendies enregistrés a augmenté de 55% depuis 2024. Il est à son plus haut niveau enregistré ».

    Failles de sécurité

    En Provence-Alpes-Côte d’Azur, 32 incendies ont été déclarés au Bureau d’analyse des risques et des pollutions industrielles (Barpi) en 2025 sur l’ensemble des installations de gestion des déchets. Un record : ils sont trois fois plus nombreux qu’en 2024 (11 incendies). Parmi ces sinistres, la préfecture de région comptabilise 12 incendies dans des centres de gestion de déchets non dangereux en 2025, contre 8 l’année précédente. On y retrouve aussi des feux dans des casses automobiles, parfois suspectés d’être d’origine criminelle comme celui qui a détruit 200 véhicules hors d’usage à Vedène (Vaucluse), le 25 novembre dernier. À Cabasse dans le Var, les flammes frappent à trois reprises en trois semaines la plateforme de compostage de Valéor (groupe Pizzorno). Le 8 juillet 2025, c’est l’incendie de l’Estaque qui touche deux hangars et le bâtiment administratif du centre de tri Suez aux Pennes-Mirabeau.

    « Le constat d’augmentation de l’accidentologie dans les installations de traitement et stockage de déchets est un sujet bien identifié par le ministère en charge de la Transition écologique et suivi au niveau national comme local », assure la préfecture de région. Certes, ces accidents sont désormais mieux déclarés. Mais les services de l’État reconnaissent ne pouvoir « tirer à ce stade de conclusion de cause à effet statistiquement établie ». Les rapports publiés par le Bureau d’analyse des risques et des pollutions industrielles pointent les déchets mal triés avec des bouts de verre ou d’acier, qui peuvent provoquer des surchauffes, des batteries au lithium qui prennent feu… Mais la sécurité des sites est aussi mise en question. Touchée par un sinistre le 2 août 2025, la plateforme de compostage d’Agrosylva à Saint-Julien (Var) n’avait pas de plan de défense incendie. À Rognac, c’est le mélange accidentel de deux produits phytosanitaires qui est à l’origine du feu. Mais le rapport d’enquête publié au mois d’avril dernier pointe les défaillances en cascade qui l’ont transformé en catastrophe, avec l’absence de murs coupe-feu, la défaillance du système automatique d’extinction, l’alerte donnée seulement plusieurs heures après les premières fumées. Le site avait pourtant déjà été touché par des incendies.

    « Un programme national d’action a été déployé », explique la préfecture, décliné en quatre arrêtés ministériels en 2024 et 2025, tandis que l’inspection des installations classées réalise les contrôles sur le terrain. Avec « une attention toute particulière » en 2026 promet le bilan du ministère. À Marseille, un site de transit de déchets verts avait ainsi fermé en 2025 après une mise en demeure .

  • OM : après une préparation encourageante, place au jeu

    OM : après une préparation encourageante, place au jeu

    De Yamoussoukro au stade Vélodrome, l’OM a étalé sa préparation estivale sur un mois. Bruno Genesio a dû faire avec les forces en présence pour construire une équipe tenant debout, avec une certaine philosophie de jeu. Durant un mercato pour l’heure bien calme, l’ancien coach lillois s’est appliqué et a imposé sa patte dans un environnement spécial et incertain. La pré-saison en est maintenant à son crépuscule et la lumière est au bout du tunnel.

    La Ligue 1 arrive à grands pas puisque les Phocéens joueront le match d’ouverture de l’exercice 2026-2027. Ce sera dès ce vendredi 21 août, au Vélodrome, face à un Racing Club Strasbourg sortant d’une phase de matches amicaux catastrophique. Bruno Genesio s’est longuement étendu à la suite de la rencontre face à l’Atletico Madrid (1-2). Le Lyonnais a réalisé un premier bilan, depuis son arrivée début juillet à la tête du club. « On a repris depuis six semaines, il y a divers degrés de forme, puisque ceux qui sont rentrés un peu plus tard ont forcément un peu de retard dans la préparation. Je trouve qu’on est monté en puissance dans ces matchs de préparation, notamment les deux derniers, contre deux bonnes équipes. Ce soir [vendredi], c’était une très bonne équipe qui fait partie des 8-10 meilleures équipes européennes. Après, il y a plein de choses positives dans ces deux matchs, notamment dans ce que je souhaite voir de mon équipe, à savoir du pressing, du contre-pressing. Un jeu avec ballon où il y a beaucoup de combinaisons, beaucoup de mouvements. Là où on doit s’améliorer, ce sont les petits détails qui font la différence entre eux et nous. Par exemple, ce soir, être capable de gommer ces petites erreurs, à la fois sur le premier but et sur le deuxième but. »

    Une préparation positive

    S’il y a déjà des remous avec la direction (voir ci-contre) et de l’impatience vis-à-vis des arrivées, l’entraîneur marseillais a été bluffé par l’attitude de ses joueurs. En donnant sa chance à tout le monde, y compris les plus jeunes, Genesio a placé son groupe dans les meilleures conditions pour progresser. Tout le monde est à vendre, personne n’est placé dans le loft et chacun a une opportunité. « C’est pour ça que je souligne l’engagement et l’investissement. Je le vois tous les jours à l’entraînement depuis que je suis arrivé. Je sens des joueurs à l’écoute qui ont envie de bien faire. Forcément, ce n’est pas tout le temps bien réalisé, mais dans l’ensemble, en six semaines, je trouve qu’il y a beaucoup de bonnes choses qui sont réalisées par les joueurs. Globalement, c’est vraiment une préparation qui reste positive pour moi, pour le staff », a justifié le coach qui aura 60 ans le 1er septembre. Le prochain adversaire des Marseillais sera donc Strasbourg. Les hommes du stade de la Meinau ont eux aussi vécu une intersaison mouvementée avec de très nombreux départs. Nouvel entraîneur, nouveau gardien, des changements sur toutes les lignes et une préparation très compliquée pour les Alsaciens. 0-7, 0-2, 3-4, 2-5, 0-2, 0-2 : pas même un match nul sur six matches amicaux et beaucoup de doutes à l’heure d’affronter l’OM. Le Racing est peut-être encore plus mal en point que Leo Balerdi et consorts.

    Pierre-Emile Højbjerg perd le capitanat

    Le capitanat de Timothy Weah face à l’Atletico pouvait paraître surprenant, vu que Balerdi et Højbjerg étaient sur le terrain. En conférence de presse d’après-match, Bruno Genesio a expliqué que ce choix venait d’en haut. « C’est une décision qui m’a été dictée par la direction du club. Si je suis complètement franc et je vais l’être, ce n’est pas une décision que je partage. Mais je suis salarié et je dois me soumettre à certaines obligations », a-t-il simplement dit.

    Frank McCourt a décidé de sanctionner l’international danois puisque ce dernier avait refusé son transfert à Newcastle alors que tout était bouclé. Un retournement de situation qui avait passablement énervé le propriétaire américain.

  • Places d’accueil sabrées, des vies fragilisées

    Places d’accueil sabrées, des vies fragilisées

    « Moi et ma famille on était hébergés à l’hôtel par le 115, ils nous ont appelés pour nous informer qu’ils ont trouvé une chambre [dans] un foyer… On a essayé de refuser, ils ont dit que nous n’avons pas le choix, c’est soit ça, soit ils nous mettent dehors. On a fait confiance et on a accepté. Aujourd’hui, ils nous ont déplacés et c’est la déception totale. » Dans une lettre au Secours catholique, cette maman de deux enfants dont un âgé d’un an, appelle à l’aide. Elle s’est vue mettre la pression pour déménager alors qu’elle a toute sa vie dans une ville où elle essaie de s’en sortir. Son mari ayant même obtenu un travail. Elle poursuit : « Le foyer est au milieu de nulle part. Et la chambre, plus petite que celle de l’hôtel, pleine de cafards. Sans climatisation, mes enfants n’ont pas pu dormir jusqu’à 1h. Mon fils n’a pas du tout accepté ce changement, il était très malheureux. J’aimerais que le 115 me déplace (…) avec des conditions de vies plus adaptées pour mes enfants et moi ».

    Des témoignages comme ça, Alain*, travailleur social du Secours catholique dans un centre d’accueil pour femmes, en a à la pelle. Dire qu’il soutient la lettre de l’association envoyée au préfet, dénonçant comme de nombreuses autres impliquées dans l’hébergement d’urgence, les instructions du représentant de l’État, est un euphémisme.

    Il raconte cette femme venue de Lyon avec ses enfants pour fuir son mari violent qui voulait la tuer et qui a fait de la prison pour cela. On lui demande d’y retourner car les violences n’ont pas eu lieu dans la ville où elle est accueillie. Elle restera dans sa voiture avec ses enfants en attendant une solution. Cette autre, enceinte de neuf mois qui sort de l’hôpital après des contractions, reste sans aucune solution auprès du 115, et est hébergée au centre, le temps d’en trouver une. Ou encore cette femme enceinte, violentée à Montpellier, qui part à Vitrolles, que le 115 refuse d’héberger car elle n’est plus en danger.

    Faveurs sexuelles et viol

    Être femmes à la rue, c’est « 100% de chances de se faire agresser sexuellement ou violer », assène le travailleur social. C’est aussi « être obligée d’échanger des faveurs sexuelles en hébergement chez un tiers, de faire l’esclave moderne en faisant le ménage » assure-t-il, fort des histoires de la vingtaine de personnes que reçoit le centre chaque jour. Un lieu pour prendre sa douche, se poser, respirer en toute intimité. S’il conçoit que les places en hôtel sont coûteuses, il rappelle que « ce n’est pas la panacée ». « On ne peut pas y cuisiner et cela se passe plus ou moins bien suivant l’hôtelier. Le matin, on doit partir, le soir on dort à 20h ou à 19h. Parfois, c’est ouvert le matin, parfois, l’après-midi, parfois, on oblige à faire le ménage pour rester, sous peine d’un signalement où on va dire que la personne s’est mal comportée et elle peut être mise dehors. On a eu des retours où l’on se servait joyeusement en disant que si l’hébergée voulait rester, c’était de la faveur sexuelle » détaille-t-il.

    Il revient aussi sur les conséquences de cette remise à la rue pour des personnes qui vont jusqu’à garder tous leurs tickets RTM pour nourrir leur dossier, montrant à quel point elles sont honnêtes. « Oui, ce sont souvent des personnes en situation irrégulière » admet Alain, « mais qui sont là depuis 3, 4 ou 5 ans, qui ont un emploi, se comportent comme des bons citoyens. Les enfants vont à l’école. Et à qui on dit finalement, désolé, tu repars à la rue, ou alors à Vitrolles, Marignane » indique-t-il. De quoi nourrir « la colère voire la haine, avec des gamins qui trouveront leur intérêt à faire le chouf à la cité du coin, moyennant 150 euros la journée », où « l’argent économisé en hébergement d’urgence, va être dépensé en santé mentale, en frais hospitaliers, en police, en lutte contre le narcotrafic ». Un « terrible retour en arrière » déplore-t-il.

    Le tout alors que les femmes sans-abri étaient une priorité affichée par la préfète à l’égalité des chances, Isabelle Épaillard, aujourd’hui sur le départ. Cette dernière insistant dans nos colonnes sur leur prise en compte lors de la présentation en juillet, par l’Observatoire de la pauvreté de la première enquête sur « le parcours de prise en charge des personnes sans domicile en sortie d’hospitalisation à Marseille ». Un double discours insoutenable pour les associations qui ont entamé un véritable bras de fer avec l’État.

    *Le prénom a été changé