Tag: Bouches-du-Rhône

  • Un appel contre les violences faites aux femmes

    Un appel contre les violences faites aux femmes

    Elles sont entre 45 et 64, âgées de 9 à 90 ans. Tuées par leurs conjoints, pères, ex-maris, fils, petits amis ou par des inconnus. Battues à mort, poignardées, asphyxiées, défenestrées, noyées, égorgées, abattues. Cette liste dressée par le collectif NousToutes recense les féminicides perpétrés depuis le début de l’année 2026. « Le but est de dire stop aux féminicides et de rendre hommage à toutes les femmes qui ont été assassinées », pousse Annick Karsenty, présidente de Femmes solidaires Marseille. L’association est une des composantes du Collectif droits des femmes 13, qui est à l’initiative d’un rassemblement à 18h mercredi, sous l’ombrière du Vieux-Port. « Nous sommes la voix de celles qui n’en ont plus », veut croire la militante.

    Grande cause, petits moyens

    À Martigues, une femme de 25 ans a été poignardée lundi, sans que ce drame puisse être qualifié de féminicide à ce stade (lire ci-contre). Le même jour, une femme de 37 ans est décédée à Sarreguemines, en Moselle ; son conjoint a déclaré l’avoir étranglée. Dimanche, un homme a été mis en examen et écroué pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner commises par le conjoint » et « violences habituelles commises par le conjoint », à Mont-de-Marsan. Le corps sans vie de sa compagne de 61 ans présentait « des ecchymoses multiples » témoignant de « violences habituelles ». Il avait été condamné à trois reprises pour violences conjugales, entre 2008 et 2022. Jeudi 28 mai, à Choisy-le-Roi, un homme, une femme et leur enfant sont retrouvés morts, tués par balles dans un appartement en flammes. La piste de meurtres suivis d’un suicide est privilégiée.

    En 2017, Emmanuel Macron se déclarait candidat « féministe » à la présidence de la République. Une fois élu, il érige l’égalité entre les femmes et les hommes comme « grande cause » de ce que sera son premier quinquennat. Avec quels moyens ? Selon Oxfam, « le ministère de la grande cause dispose de l’un des plus petits budgets : moins de 100 millions d’euros en 2025, soit 0,02% du budget général de l’État ». « C’est à peine la moitié de ce qu’a coûté l’organisation des législatives anticipées de juin 2024 », déplorait alors Sandra Lhote Fernandes, responsable de la campagne justice de genre chez Oxfam France.

    Selon les derniers chiffres officiels publiés par le gouvernement, en octobre, le nombre de féminicides conjugaux a augmenté de 11% en France entre 2023 et 2024, avec 107 femmes tuées par leur conjoint ou ex-conjoint. « On attend une véritable prise de conscience collective, des moyens à la hauteur pour les associations qui accueillent, protègent et accompagnent les victimes et une loi-cadre. On demande aussi une formation sérieuse et obligatoire des policiers, gendarmes, personnels de justice, ainsi qu’une politique ferme contre les discours masculinistes », insiste Annick Karsenty.

    REPÈRES

    63

    C’est le nombre de féminicides perpétrés en France depuis le 1er janvier 2026, d’après le dernier décompte du collectif féministe NousToutes, dont l’objectif affiché est d’en « finir avec les violences sexistes et sexuelles ». Il en répertorie pour l’instant 61, auxquels s’ajoutent ceux cités ci-dessus, à Sarreguemines et Mont-de-Marsan.

    213 000

    C’est, en moyenne, le nombre de femmes victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ex-conjoint chaque année en France. Le chiffre est issu du rapport 2019 de l’enquête « Cadre de vie et sécurité », menée par l’Insee. Parmi elles, 29% sont âgées entre 18 et 29 ans. Au total, 72% des victimes de violences conjugales sont des femmes.

    1992

    C’est l’année à partir de laquelle la qualité de conjoint d’une victime devient une circonstance aggravante. En 2006, cette disposition est élargie aux concubins, aux pacsés et aux anciens partenaires. Jusqu’en 1975, le meurtre d’une épouse par son époux était considéré par la loi comme « excusable » en cas de flagrant délit d’adultère.

  • Terrorisme domestique

    Terrorisme domestique

    Si à chaque féminicide perpétré en France, les parlementaires avaient l’obligation d’observer une minute de silence à l’Assemblée nationale et au Sénat en mémoire de la femme tuée, ils devraient se lever et se taire trois fois par jour. Peut-être qu’à force de silences répétés, l’exercice deviendrait insupportable jusqu’à l’absurde. Jusqu’à la nausée. Ces cérémonies quotidiennes seraient bien sûr diffusées à la télévision et sur tous les réseaux sociaux. Des féminicides à la Une, trois fois par jour. Cela réveillerait peut-être les consciences, la société.

    Dénoncer dans l’espace public

    Dystopie ? Non. C’est la réalité : chaque jour en France, trois femmes sont victimes de féminicides directs ou indirects. Leur conjoint les a harcelées, violentées, physiquement et psychologiquement ; les a, pour certaines, poussées au suicide. S’en est pris aux enfants, victimes collatérales de la violence domestique. Ce terrorisme intime qui ne dit pas son nom.

    Si, depuis trente ans, l’arsenal législatif a été renforcé pour punir les auteurs de violences conjugales et protéger les femmes, l’explosion des féminicides démontre, malheureusement, que cela ne suffit pas. La dénonciation, dans l’espace public, de ces actes est impérative. C’est le sens du rassemblement organisé ce mercredi soir à Marseille par Femmes solidaires et le collectif Droits des femmes 13. La peur doit changer de camp et les femmes être soutenues, accompagnées, soignées, reconnues. La justice doit passer, mais les dispositifs pour prévenir les violences, sortir de l’emprise, doivent être multipliés. Pour cela, il faut des moyens et la mobilisation de tous.

  • [Les soirées débat de La Marseillaise] Autour de Marc Bloch, historien prochainement panthéonisé

    [Les soirées débat de La Marseillaise] Autour de Marc Bloch, historien prochainement panthéonisé

    Ils sont rares, les grands intellectuels qui furent pleinement résistants. Non loin de magnifiques survivants qui s’appelaient René Char, Jean Paulhan ou Jean-Pierre Vernant – un poète, un directeur de revue, un historien de la Grèce Antique – on peut mentionner ceux qui furent fusillés, le philosophe Jean Cavaillès, l’ethnologue Boris Vildé ou bien, encore plus oublié, l’homme de théâtre Sylvain Itkine qui fut lui aussi, massacré dans les geôles de la Gestapo lyonnaise.

    Fils d’un historien de la Sorbonne, républicain d’origine juive alsacienne, athée et patriote, chercheur convaincu qu’il faut pratiquer l’interdisciplinarité, la sociologie et l’économie, inventeur aux côtés de son aîné Lucien Febvre de la revue Annales et de l’histoire des mentalités, Marc Bloch (1886 -1944) ne fut pas uniquement un immense médiéviste et un enseignant soucieux de clarté.Les problématiques de ses contemporains renouvelèrent son questionnaire, deux guerres mondiales aiguisèrent ses manières de voir.

    En1914-1918, une blessure et des combats dans les tranchées lui permirent d’appréhender l’importance des fausses nouvelles et de la propagande ainsi que le rôle de la paysannerie dans la société française du XX° siècle comme dans le monde féodal. La « drôle de guerre »l’amena à poser un diagnostic sans concession quant à l’effondrement de son pays en 1940. Au fil des ans, son essai posthume sur «L’Étrange défaite » qui fut préfacé en 1990 par l’américain Stanley Hoffmann, devint son livre le plus lu :les citoyens et les historiens du temps présent en avaient besoin pour élucider les abandons et la férocité du régime de Vichy.

    Un martyr de la République

    Après sa démobilisation, Marc Bloch renonça à partir pour les Etats-Unis où un poste lui était réservé. Il avait charge de famille, son statut de juif interdisait qu’il enseigne en France. Son entrée dans la clandestinité de la Résistance ne fut pas immédiate : les hommes de l’ombre crurent un moment ne pas devoir recruter ce personnage d’aspect sévère, un porteur de canne déjà vieilli. A Lyon, son courage et ses talents d’analyste lui permirent de devenir un infatigable dirigeant du MUR, le mouvement d’Alban Vistel.

    Marc Bloch fut arrêté le 8 mars 1944. La Gestapo l’emprisonna au fort de Montluc. Il est interrogé, torturé pendant plusieurs jours, subit coups de poings, fouets et tentatives de noyades en eau froide, contracte une pneumonie, revient dans sa cellule avec un visage ensanglanté et des côtes cassées. Pour survivre, il parle un peu, livre des renseignements sans importance. Le 16 juin1944 on l’extrait de sa cellule. Son corps de fusillé sera identifié parmi 28 cadavres, des ouvriers et des communistes.

    Le tournant d’une seconde vie

    Co-directeur avec Florian Mazel, enseignant formé à Aix-en-Provence d’un remarquable et très complet ouvrage collectif « Marc Bloch,l’histoire en résistance » (éditions du Seuil)commissaire d’une exposition qui s’ouvrira pendant les cérémonies du Panthéon, Yann Potin évoquera ce jeudi dans l’ancienne salle des rotatives de notre journal, avec deux universitaires aixois, Julien Loiseau et Laure Verdon, la trajectoire de Marc Bloch. Longtemps éclipsée par Fernand Braudel ou Georges Duby qui furent lus pendant une meilleure époque du marché du livre, la figure de ce grand comparatiste, fondateur de la nouvelle histoire des mentalités, s’est soudainement rapprochée. Elle avait été pleinement réévaluée par la communauté des historiens, par Jacques LeGoff, Bronislaw Geremek et Carlo Ginzburg qui placent très haut Les rois thaumaturges et Apologie pour l’histoire .

    Après Jean Moulin en 1964, après Pierre Brossolette, Geneviève De Gaulle-Anthonioz, Germaine Tillon et Jean Zay en 2013, après de grands réfractaires pleinement reconnus, Simone Veil, Joséphine Baker, Missak Manouchian et Robert Badinter, un historien entrera ce 23 juin pour la première fois au Panthéon. Restera à mesurer ce qu’il adviendra dans pareil contexte à cette seconde vie de Marc Bloch, introduit au Panthéon par un président de la République désireux de capter pour son image personnelle une partie du capital symbolique de la Résistance. On sera solidaire de la volonté de la famille de Marc Bloch qui exige que « l’extrême droite, dans toutes ses formes, soit exclue de toute participation à la cérémonie ».

    Alain Paire

  • [Exclusif] Les délégations des élues ralliées au RN au conseil départemental retirées

    [Exclusif] Les délégations des élues ralliées au RN au conseil départemental retirées

    La sanction n’a pas tardé pour les nouvelles alliées du RN. La présidente (DVD) du conseil départemental des Bouches-du-Rhône a retiré ce mardi les délégations de trois de ses vice-présidentes, Laure-Agnès Caradec, Marie-Pierre Callet et Valérie Guarino, deux semaines après leur ralliement à l’extrême droite. Une menace qui avait été agitée ce lundi pour le groupe de la majorité de droite Provence unie, si celles-ci ne démissionnaient pas de leur mandat (notre édition du 02/06).

    « L’exercice de fonctions exécutives au sein de notre collectivité suppose une adhésion claire à la majorité et à son action », affirmait le groupe majoritaire dans un communiqué, les accusant de faire « passer les ambitions personnelles avant l’intérêt général ».

    Désormais tête de liste du RN pour les sénatoriales, Marie-Pierre Callet avait déjà dit sa volonté de rendre sa délégation. L’arrêté pris ce lundi abrogeant ses fonctions mentionne ainsi ce souhait, exprimé par un courrier daté du 18 mai, le jour même de l’annonce de son ralliement. Mais ce geste n’était pas suivi par les deux autres élues, qui voient leurs délégations retirées sans plus de commentaire ce mardi, Valérie Guarino perdant aussi par la même occasion les délégations liées à sa présidence de la Maison départementale des personnes handicapés (MDPH).

  • Un mois de débats, musique et fête au Cercle de l’Harmonie à Aubagne

    Un mois de débats, musique et fête au Cercle de l’Harmonie à Aubagne

    C’est avec un café-philo autour de la thématique « Qualité ou quantité ? Est-ce que tout est mesurable ? » que le Cercle de l’Harmonie, tiers-lieu culturel et intergénérationnel, débute sa programmation d’un mois de juin particulièrement dense.

    « Le deal : venez avec vos certitudes, repartez avec des questions (et des nouveaux copains) », appâte l’association pour inviter à participer à cet atelier animé par Bertrand Rahard et Bahia Ako, jeudi 4 juin à 18h. Le but est de montrer que la philosophie est faite pour tout le monde sans pré-requis.

    S’ensuivront tout au long du mois : tournoi de pétanque, théâtre, improvisation, rencontres et concerts. Parmi les rendez-vous proposés, une soirée de jeux coopératifs se tiendra le vendredi 5 juin à 19h, tandis que des distributions de paniers de produits frais et éthiques seront organisées tous les mardis du mois.

    Le mois s’achèvera avec une ambiance festive à l’occasion de la fête de la musique. Le 21 juin aura lieu une soirée en plein air avec les groupes Los del Faro et Glory up, avant une session jam. Une programmation éclectique qui témoigne de la volonté du Cercle de l’Harmonie de faire vivre un lieu de rencontres, d’échanges et de culture au cœur d’Aubagne.

    Détails sur le site lecercledelharmonieaubagne.com

  • Les lauréats du prix RSF pour la Liberté de la presse

    Les lauréats du prix RSF pour la Liberté de la presse

    Dans la catégorie Courage, le prix a été décerné au photojournaliste birman Sai Zaw Thaike ; le journaliste mozambicain Carlitos Cadangue a reçu le prix Impact ; la journaliste argentine Julia Mengolini est lauréate de la catégorie Indépendance ; le journaliste guinéen Habib Marouane Camara a, quant à lui, obtenu le prix du journalisme d’investigation africain, tandis que le photojournaliste palestinien Abdul Hakim Abu Riash s’est vu récompensé du prix photo Lucas Dolega-SAIF.

  • Une Plume d’Or pour les photographes et vidéojournalistes à Gaza

    Une Plume d’Or pour les photographes et vidéojournalistes à Gaza

    Avec plus de 220 journalistes tués par l’armée israélienne depuis octobre 2023, il s’agit du conflit le plus meurtrier pour la profession. « Nous n’étions pas de simples observateurs extérieurs à l’histoire, nous la vivions, comme tous les autres Palestiniens », a témoigné, sur scène, le photojournaliste de l’AFP Mohammed Abed, accompagné de son confrère de Reuters, Mohammed Salem.

  • L’œuvre de Sacha Guitry, « génie » de la comédie, à Aix

    L’œuvre de Sacha Guitry, « génie » de la comédie, à Aix

    S’il a fait preuve d’une rance complaisance vis-à-vis du régime de Vichy (comme tant d’autres), réalisant notamment en 1942 l’album et le film De Jeanne d’Arc à Philippe Pétain, ou encore inculpé d’« intelligence avec l’ennemi », avant d’obtenir un non-lieu, Sacha Guitry (1885-1957) n’en demeure pas moins un « génie », indique un cycle que l’Institut de l’image initie du 4 au 28 juin. Délocalisé à l’École supérieure d’art d’Aix en raison des travaux à la bibliothèque Méjanes, un cycle de huit films illustrant le fait que Guitry « n’aura peut-être pas été le plus grand cinéaste français (encore que !), mais il en est assurément le plus important, celui qui incarne le plus sa spécificité, sa couleur, ses possibles ». Des mots du réalisateur Nicolas Pariser, repris dans le programme.

    Humour noir

    Parmi les films projetés, Le roman d’un tricheur (1936). Loué des années plus tard par Orson Welles, qui a confié s’être inspiré de son utilisation de la voix off et des flash-back pour Citizen Kane, une comédie à la drôle de morale dont l’une des séances sera présentée, le 13 juin, par le distributeur des Acacias, Jean-Fabrice Janaudy. Et ce, juste après la diffusion de Faisons un rêve, comédie de mœurs avec Raimu au casting. Que dire encore de La Poison, comédie noire autour d’un féminicide avec Michel Simon dans le rôle du meurtrier, que Guitry avait réalisé en 1951 pour « régler ses comptes avec la justice française après ses démêlés judiciaires à la Libération », écrit la Cinémathèque française.

  • À La Criée, une saison pour briser le silence et libérer la parole

    À La Criée, une saison pour briser le silence et libérer la parole

    « La saison repose sur un équilibre fragile. Les moyens consacrés à la création artistique diminuent et l’annonce tardive de coupes budgétaires crée une situation inédite », prévient d’emblée Robin Renucci. À l’occasion d’une conférence de presse de présentation du programme 2026-27, le directeur de La Criée enfonce le clou : « Si cela n’est pas encore pleinement visible, ces coupes auront une forte incidence sur les saisons à venir avec la fragilisation des projets et la mise en danger de l’emploi des artistes et techniciens. Des œuvres risquent de ne jamais voir le jour. » Autant d’incertitudes auxquelles se greffent des « travaux dont le bâtiment avait bien besoin », entraînant la fermeture au public du théâtre qui déploiera un programme hors les murs « entre septembre et fin novembre ».

    Top départ de la saison le 18 septembre à la Friche Belle de Mai avec Rien plus qu’un peu de moelle, « plongée » mise en scène par Malte Schwind dans les « plaisirs de la langue » et l’humour corrosif rabelaisiens. Parmi les autres créations de La Criée, Ma pensée creuse (dès le 30 septembre au Théâtre Joliette), épopée philosophico-scientifique et « cri de résistance au productivisme qui abîme tout » si ce n’est « la foi joyeuse dans la puissance de la poésie », résume sa metteuse en scène Kristina Chaumont, ou encore Jouer la Mouette, d’après le classique de Tchekhov dont la compagnie Vol Plané déploiera les ailes dramaturgiques en ces mêmes lieux.

    À noter, toujours dans le cadre de la programmation hors les murs, Le 6e jour, au Théâtre de l’Astronef, du metteur en scène François Cervantes et de la comédienne Catherine Germain qui « improvise » un récit clownesque de La Genèse. Pièce « entre documentaire et fiction », situe Robin Renucci, Boat people remettra quant à elle en lumière « l’accueil de réfugiés du Vietnam par une famille française en 1979 et cet élan de solidarité oublié ». À voir à la Friche Belle de Mai. Gros temps fort du retour à La Criée, Robin Renucci mettra en scène L’École des femmes de Molière. Face à Arnolphe, le « patron des cocus » incarné par François Morel, « la pureté d’Agnès » qui, près de deux heures durant, va passer « du silence à la parole. Pour que les jeunes femmes puissent se libérer des assignations dans lesquelles elles sont projetées par des hommes tout-puissants », résume-t-il à propos de cette pièce en alexandrins créée au XVIIe siècle mais toujours d’actualité.

    « De l’orée à l’onde »

    Pas pour rien que la thématique de la prochaine saison de La Criée suggère : « de l’orée à l’onde ». De libération de la parole, il sera notamment question dans Mémoire de fille, création d’après le roman autobiographique d’Annie Ernaux, « seul en scène sur sa première nuit avec un homme, une nuit de violence. Une pièce sur le désir écrasé par le patriarcat », développe Robin Renucci. Ou encore dans Chevaleresses, écrit, mis en scène et incarné par Nolwen Le Doth. « Elle brise le silence autour de l’inceste, passe du déni à la honte. Mais c’est aussi l’histoire d’une survivante », désobscurcit le directeur de La Criée. Fracasser le mutisme, un leitmotiv toujours plus vital, comme l’illustrera également La peau des autres, pièce autour des violences intrafamiliales programmée à l’Astronef, qui montre comment « l’amitié permet de déchirer le silence ».

    Programme complet sur www.theatre-lacriee.com