Tag: Bouches-du-Rhône

  • L’historien Marc Bloch au Panthéon et aux Rotatives

    L’historien Marc Bloch au Panthéon et aux Rotatives

    Historien et Résistant de la Seconde Guerre mondiale, Marc Bloch entrera au Panthéon le 23 juin. Yann Potin, archiviste historien, et les professeurs à l’université de Provence Aix-Marseille, Laure Verdon et Julien Loiseau, sont les invités du collectif, qui consacre une soirée au chercheur et chef de réseau, torturé et fusillé par la Gestapo en 1944.

    Histoire contemporaine

    Pour la première fois de son histoire, le Panthéon, sanctuaire de la mémoire nationale, accueille un historien qui fut aussi un grand Résistant, engagé dans la clandestinité, à Lyon, en 1943-1944. Liberté et esprit critique n’ont cessé de guider son parcours de chercheur et d’enseignant, fondateur de l’Histoire contemporaine par sa réflexion exigeante sur le métier d’historien. Témoin critique de son temps, Marc Bloch a contribué à la reconnaissance de l’histoire économique et sociale, défendant l’étude du temps long et le dialogue avec les autres disciplines. Ce statut d’historien engagé n’allait pas de soi. Son tempérament ambitieux agaçait certains pairs. Bien plus grave, l’antisémitisme des années 1930 n’a pas épargné son parcours.

    Son entrée au Panthéon le 23 juin, 82 ans après son exécution sommaire, honore à la fois le savant et le Résistant : un intellectuel engagé, cofondateur de la revue des Annales, qui était convaincu que comprendre le passé est une exigence pour éclairer le présent et défendre les valeurs républicaines. C’est sur cet héritage qu’il laisse à la pensée que les invités de la conférence reviendront ce jeudi.

    Les Rotatives, 19 Cours d’Estienne d’Orves, Marseille, 1er. Entrée libre.

  • [Entretien] Jocelyne Giraldi, directrice de l’Open féminin de Marseille : « C’est de plus en plus difficile »

    [Entretien] Jocelyne Giraldi, directrice de l’Open féminin de Marseille : « C’est de plus en plus difficile »

    La Marseillaise : Qu’est-ce qui rend l’Open féminin de Marseille attractif pour les joueuses ?

    Jocelyne Giraldi : Les joueuses viennent à différents moments de leur carrière. Certaines sont en pleine progression, d’autres cherchent à se relancer. On a vu passer ici des joueuses comme Alizé Cornet ou Caroline Garcia avant qu’elles ne réalisent de très belles performances sur le circuit. Le tournoi est aujourd’hui bien connu en France. Il plaît pour son accueil, mais aussi parce qu’il est très bien doté : la gagnante repart avec 6 000 euros, ce qui est rare à ce niveau. C’est une somme importante pour ces joueuses, et c’est aussi pour cela que beaucoup reviennent avec plaisir chaque année.

    En tant que tournoi hors catégorie géré par la Fédération française de tennis, où se situe aujourd’hui l’Open féminin de Marseille dans le paysage tennistique ?

    J.G. : Le niveau sportif est celui d’un CNGT (Circuits nationaux des grands tournois), voire supérieur. Il est particulièrement relevé. La principale différence avec les tournois ITF (deuxième circuit international), c’est que ces derniers sont gérés par la Fédération internationale. Les joueuses s’y inscrivent en fonction de leur classement et de leur niveau de jeu, mais les organisateurs n’ont aucune maîtrise du tableau. Concrètement, il est impossible de savoir à l’avance si le tournoi comptera majoritairement des Françaises ou des étrangères. Jusqu’à la veille de la compétition, et parfois jusqu’à la signature définitive des participantes, la composition du tableau peut encore évoluer. Par le passé, nous organisions un important tournoi ITF doté de 100 000 dollars avec hébergement des joueuses. C’était un événement de grande envergure. Aujourd’hui, nous avons fait le choix de privilégier une formule qui nous permet de mieux connaître les participantes, de mieux communiquer autour d’elles et, surtout, de soutenir davantage le tennis féminin français, qui traverse actuellement une période délicate.

    Est-ce que l’Open féminin de Marseille pourrait un jour revenir dans le circuit ITF ?

    J.G. : Tout dépendra des moyens financiers. Un tournoi de catégorie supérieure représente un budget environ trois fois plus important que celui que nous engageons aujourd’hui. Or, il devient de plus en plus difficile de réunir ces ressources. Nous pouvons compter sur quelques partenaires privés, notamment grâce à des chefs d’entreprise membres du club qui nous soutiennent. Les collectivités locales nous accompagnent également dans la limite de leurs possibilités. Cette année, la période électorale a toutefois compliqué les choses : de nombreux dossiers ont pris du retard et certaines réponses se font encore attendre. Si l’on souhaite proposer un plateau sportif équivalent, il faut viser des catégories de tournois très élevées. C’est une autre philosophie et une autre manière d’aborder le développement du tennis féminin.

  • 1986, premier titre national de l’histoire pour les rugbymen aixois

    1986, premier titre national de l’histoire pour les rugbymen aixois

    La progression de l’Aix Rugby Club dans la hiérarchie française a finalement été linéaire. Après une décennie au niveau régional, l’équipe découvre le troisième échelon et les championnats nationaux, en 1979. Sept ans plus tard, les planètes s’alignent et les Aixois remportent la division. Ancien joueur, Jean-Luc Chovelon a participé à cette épopée, mais était suspendu pour la finale à cause de mots doux envoyés au corps arbitral. Il détaille pourquoi la mayonnaise a bien pris : « C’était assez extraordinaire parce qu’on était un petit peu tous des joueurs issus de milieux différents. Personne n’était là pour le rugby à proprement parler, mais ce mélange a fait qu’on s’est trouvé une équipe sympa. Et surtout, un entraîneur qui est arrivé là, André Dupouy, qui était un entraîneur très important dans l’histoire du club. »

    Arrivé des Landes, le coach découvre la manière de pratiquer le rugby des Méditerranéens. « J’avais du mal à comprendre comment ça fonctionnait. Par exemple, on attisait la haine des clubs varois, mais je ne savais pas pourquoi. Les joueurs étaient capables du meilleur, mais aussi de baisser les bras sans que j’en perçoive la raison. J’étais entouré de mystères », raconte-t-il.

    Six victoires pour conclure la saison du titre

    Les dirigeants du club aixois ont annoncé vouloir jouer le maintien avant cette saison clé. La montée en deuxième division et le titre n’étaient pas du tout ancrés dans les têtes. En se hissant en phases finales, il n’y avait plus que deux rencontres à gagner pour être promu. Saint-Marcellin et Lons-le-Saunier sont battus, puis viendra le tour de Mimizan, Bizanos et Châteauroux. Lors de la grande finale, le duel face à Arudy sera XXL. Finalement, le sud-est triomphe avec une victoire 18-9 dans les dernières minutes. L’entente entre les joueurs n’était pas forcément exceptionnelle, mais l’équipe est arrivée pleine d’énergie au moment voulu. André Dupouy expliquait que, « avant ce titre, l’équipe a vécu une intersaison déplorable, plusieurs joueurs étant partis sous d’autres cieux. Dix jours avant les phases finales, je fais faire un test VMA et les joueurs avaient explosé leur record. On était en forme ».

    Après ce moment majeur de l’histoire du club, ce dernier va se stabiliser à ce niveau avant de viser progressivement le professionnalisme.

  • Anciens enfants juifs cachés, ils transmettent aux plus jeunes

    Anciens enfants juifs cachés, ils transmettent aux plus jeunes

    Charles Lastmann n’avait que 5 ans lorsque plusieurs membres de sa famille et lui sont arrêtés à Toulouse, en 1941, parce qu’ils sont juifs. Cet enfant, réfugié d’Allemagne, est séparé de son père, mais reste avec sa mère, pourtant contrainte de le confier à l’Œuvre de secours aux enfants (OSE). « Rachitique et couvert de vermines », il est soigné par la maternité de l’Elne, avant d’être envoyé en Creuse. En France, les rafles se multiplient. Ses parents font appel à une assistante sociale, active dans un réseau de sauvetage, qui le confie à une famille de paysans, Irénée et Noémie Combe, dans le Rhône.

    À cette époque, l’Occupation nazie force des centaines de parents à abandonner leurs enfants dans l’espoir d’un avenir meilleur. Cachés par d’autres citoyens, c’est grâce à la protection de ceux que l’on a appelés les « Justes » qu’une poignée d’entre eux est aujourd’hui encore en vie pour témoigner. Ce mardi, ils étaient une délégation de 29 enfants cachés, rescapés de la Seconde Guerre mondiale, à se rendre au Camp des Milles pour rencontrer près de 80 élèves du collège Jean-Marc Gaspard Itard (Oraison).

    « Entre le bien et le mal »

    L’initiative est à l’origine du Fonds social juif unifié (FSJU). « Vous avez face à vous non seulement des personnes qui ont subi, mais des personnes qui ont surmonté. C’est un des messages importants que cette journée porte : les victimes sont très souvent résistantes et résilientes », rappelle Alain Chouraqui, président de la Fondation du Camp des Milles.

    Venus de Lyon et de Marseille, ils sont deux, notamment, à avoir témoigné de cette Résistance dont ils ont bénéficié. Mais aussi des horreurs du nazisme. La douleur de la perte de proches. Reine Peres, née en 1939 à Marseille, évoque longuement cette voisine qui « faisait les courses à notre place, qui faisait le maximum. Cette femme – et c’est dommage que nous n’ayons pas pu faire de sa famille une famille de Justes -, ce qu’elle a fait était exceptionnel. Et cela a duré plusieurs années. » Si Reine Peres et certains de ses proches s’en sortent, plusieurs membres de sa famille connaissent la déportation. Les chambres à gaz. « On est toujours entre le bien et le mal, le miracle et la tragédie », confie-t-elle à propos de cette période.

    Face à ces deux enfants devenus nonagénaires, le silence pèse dans la salle. Aux témoignages longs et parfois difficiles s’ajoutent les interventions d’une partie de la délégation des 29. Il y a notamment cette femme, impeccablement habillée, Luxembourgeoise ayant « atterri » à Marseille, avant de « terminer son parcours à Izieu. Je fais partie des trois derniers survivants du mémorial ». À Charles Lastmann et Reine Peres, une élève pose la question : « Mais comment, en tant qu’enfant, vous viviez la guerre ? ». « Par une trouille immense », résume Charles Lastmann.

    Sylvie Altar, docteure en histoire, membre associée à Larhra (Lyon II), insiste : « À la veille de la guerre, les juifs ne représentaient que 0,7% de la population (…). 330 000 personnes pour lesquelles le régime de Vichy va mettre en place une législation antisémite (…). Se met en place ce qu’on appelle le processus génocidaire.  » Et d’ajouter : « Tant qu’on témoignera, on se protégera de dangers qui nous menacent. »

    À la sortie de cette rencontre, Emma concède : « Pour certains mots, j’avais les larmes aux yeux. C’était émouvant. » À l’avenir, poursuit la jeune fille, «  il faut faire au mieux pour limiter le plus possible l’antisémitisme et le racisme en France, voire dans le monde entier. Il faut que ça s’arrête, ça n’a pas lieu d’être, ça sert à rien et ça ne changera pas le monde ». Pour Angélina, « c’est important de raconter. Si on n’est pas au courant, on ne peut pas connaître les solutions ». On raconte « pour ne plus que ça arrive », résume de son côté Charles Latsmann, alors « qu’aujourd’hui, on est comme en 1930, le fascisme sort de partout ».

  • Erwan Davoux en garde à vue pour violences

    Erwan Davoux en garde à vue pour violences

    Sollicité lundi soir par La Marseillaise, le parquet de Marseille confirme que l’ex-candidat (DVD) aux municipales, Erwan Davoux, a bien été placé en garde à vue le même jour, pour des faits présumés de violences conjugales. L’ancien directeur des relations internationales au conseil départemental s’était lancé dans la bataille électorale après avoir dénoncé des faits présumés de détournement de fonds et de trafic d’influence à la tête de l’institution, ciblant les voyages de la collectivité, attributions de subventions et la relation de sa présidente avec son directeur de cabinet. Une enquête avait été ouverte suite à son signalement, tandis que la justice le ciblait également après les accusations de la présidente (DVD) du Département, Martine Vassal, de chantage et de diffamation. Allié à l’ex-présidente du bailleur social de la collectivité, Nora Preziosi, il n’avait finalement obtenu que 5 248 voix, soit 1,85% des suffrages exprimés.

    Selon les informations de La Provence, l’ancien salarié de la DGSE a été convoqué au commissariat du 12e arrondissement de Marseille, ce lundi matin, suite à une plainte déposée fin 2025 de son ex-épouse, âgée de 37 ans, qui dénonçait des épisodes de violences physiques et psychologiques répétées. Les enquêteurs de la division de criminalité territoriale avaient préféré laisser passer les municipales, avant de le convoquer en ce début du mois de juin.

  • L’équipe « logistique » de Yoda plaide la faiblesse des preuves

    L’équipe « logistique » de Yoda plaide la faiblesse des preuves

    Convoyeurs, logisticien, nourrice, prête-nom… L’heure était, ce mardi 2 juin, aux plaidoiries des conseils d’une partie du clan Bingui, au tribunal correctionnel de Marseille. Des membres identifiés par les policiers comme aidant au bon fonctionnement du réseau ou chargé de protéger et d’organiser les séjours du chef présumé, Félix Bingui, lors de ses « sauts de puce » dans la cité phocéenne. Un rôle mineur et des éléments du dossier tangibles basés sur des écoutes et vidéosurveillances « interprétées » ont estimé la plupart des avocats, au fil de la journée, dénonçant des réquisitions disproportionnées et réclamant la relaxe. Comptabilité mal faite pour les uns, location de voitures pour survivre pour les autres… Divers arguments sont évoqués. La défense de Najib S. dit « grosse tête » est particulièrement enlevée.

    « Dans ce dossier, il n’y a rien d’extraordinaire », estime Maître Blot. C’est, pour l’avocat, « un trafic de stup’ comme tant d’autres ». Si « vous avez eu à connaître des dossiers plus dangereux, plus lucratifs, des audiences plus tendues où les prévenus sont moins respectueux de l’autorité judiciaire », poursuit-il à l’attention du tribunal, s’étonnant des « quantums [montant de la peine ou de l’amende requis Ndlr] impressionnants pour certains ».

    « Solidarité humaine »

    Revenant sur les arguments de ministère public la veille, qui évoquait un « point d’orgue » de la violence « en raison de ce qui se passait à la Paternelle », il estime que ce sont les prévenus qui l’ont subie, certains n’étant « plus là ». Dans tout ça, « la Paternelle [serait] un laboratoire du laboratoire », reprend-il. Mieux, il souligne l’« intelligence commerciale qu’il faut bien reconnaître » au clan Yoda, du nom de « ce personnage de “Star Wars”, tout le monde le connaît ». Mais il l’assure : son client, innocent, est « plus un Chewbacca qu’un Anakin », même s’il côtoie des gens « passés du côté obscur ». Normal quand on se connaît depuis toujours, assène maître Blot, où les relations relèvent de « la solidarité humaine » et pas de « l’association de malfaiteurs ».

    L’avocat revient aussi sur la portée « politique » de l’affaire, rappelant que le ministre de l’Intérieur de l’époque, Gérald Darmanin, s’était félicité sur les réseaux sociaux d’avoir obtenu l’extradition, depuis le Maroc, de Bingui, « un des plus gros trafiquants marseillais », au mépris de la présomption d’innocence. « On communique car on est en guerre contre le narcotrafic. On devrait se contenter que force reste à la loi. La Paternelle a été purgée, la loi est revenue, c’est heureux. M. S. mérite l’application de cette loi, je ne voudrais pas qu’il soit un dommage collatéral pour atteindre plus haut que lui », cingle-t-il. Le haut du panier, ce sera pour ce mercredi, avec la défense attendue de l’équipe dirigeante présumée du réseau…

  • Soupçon de féminicide à Martigues après la mort d’une femme de 25 ans

    Soupçon de féminicide à Martigues après la mort d’une femme de 25 ans

    Mardi matin, la rue Paul-Baptistin Lombard s’éveille. Les volets métalliques des commerces se relèvent, les habitants claquent leur porte d’entrée pour filer au boulot. Tout semble ordinaire. Pourtant, la veille, des équipes de la police scientifique s’affairaient dans un appartement du deuxième étage, situé à deux pas du cours du 4-Septembre, jusque tard dans la soirée. « Il y avait des rubalises pour bloquer la rue et énormément de forces de l’ordre », témoigne une voisine, encore sous le choc.

    Lundi, aux alentours de 16h, les pompiers ont été appelés pour secourir une jeune femme de 25 ans. Ils ont trouvé la victime en arrêt cardiorespiratoire dans son appartement du deuxième étage. Lardée de « plaies transperçantes », elle n’a pas pu être réanimée. Son compagnon, qui avait donné l’alerte affirmant l’avoir retrouvée dans cet état en rentrant du travail, a été placé en garde à vue. L’homme, âgé de 39 ans et au casier judiciaire vierge, s’y trouve toujours. Le procureur d’Aix-en-Provence, Jean-Luc Blachon, précise néanmoins : « À cette heure, je ne peux pas dire que nous avons des éléments suffisants pour affirmer qu’il s’agit d’un homicide conjugal. »

    La Ville appelle

    à la retenue

    Walid, jeune vendeur de la supérette située au rez-de-chaussée du bâtiment, ne comprend pas ce qu’il a pu se passer, mais il veut rendre hommage à la victime. « On entend plein de rumeurs. Moi, je verrai plus ma voisine et ça me déchire. Je l’aimais beaucoup, c’était une femme pleine de vie, souriante, toujours en train de passer la tête pour dire bonjour. »

    Dans ces « circonstances douloureuses », le maire (PCF) de Martigues, Gaby Charroux, appelle à « la retenue », « au recueillement et à la solidarité ». « Alors que de nombreuses informations, commentaires et interprétations circulent déjà sur les réseaux sociaux et dans certains médias, nous nous refusons à toute spéculation, écrit-il. Contrairement à ceux qui se précipitent pour tirer des conclusions ou attribuer des responsabilités, nous considérons qu’il est de notre devoir de respecter le travail des enquêteurs et de la justice. »

    S’agissant de la détection des situations de violences, Éric Florentino, directeur adjoint de Solidarité Femmes 13, souligne : « On est dans un département plutôt bien doté en termes de structures de proximité de soutien social, psychologique ou juridique. La Ville de Martigues est très impliquée sur le sujet, il y a beaucoup de permanences sur le territoire. L’Apers et notre association sont, par exemple, à la Maison de la justice et du droit, l’hôpital a développé un service spécifique qui s’appelle Sofa, le commissariat de Martigues est très sensibilisé. On comprend la mécanique la peur, mais il y a des interlocuteurs pour recevoir la parole et organiser une prise en charge. »

  • La presse régionale face au défi du pluralisme

    La presse régionale face au défi du pluralisme

    La presse quotidienne régionale (PQR) traverse une crise structurelle profonde. Retard dans le virage numérique, modèles économiques fragilisés, concentration accélérée des groupes de presse et pressions politiques : c’est dans ce contexte que le Club de la presse Marseille-Provence a réuni, mardi au Palais du Pharo, plusieurs acteurs du secteur pour débattre de l’avenir de l’information de proximité et de ses enjeux démocratiques. Cet événement s’est tenu en marge du 77e congrès mondial de l’Association mondiale des éditeurs de presse (WAN-IFRA), organisé avec CMA Media.

    Louis Dreyfus, président du directoire du groupe Le Monde, a apporté l’éclairage d’un titre en position de force. Il a chiffré le « coût de la rédaction à 76 millions d’euros », compensé à hauteur de « 70 millions par les seuls abonnements numériques ». Louis Dreyfus a attribué le succès de ce modèle à un investissement constant dans les effectifs de journalistes. « Plus de la moitié des journalistes du “Monde” ont rejoint la rédaction il y a moins de quinze ans. » Le président du directoire a toutefois reconnu l’existence d’un écart croissant entre quelques médias dominants et ceux qui ne parviennent pas à rattraper leur retard numérique. Le directeur explique que « sans les milliardaires, beaucoup de médias n’existeraient plus. On ne peut pas systématiquement renoncer aux subventions publiques et aux financements d’acteurs importants ».

    Léo Purguette, président et directeur éditorial de La Marseillaise, a défendu le modèle du titre d’opinion indépendant : « La Marseillaise a toujours fait le choix de son indépendance vis-à-vis des puissances d’argent. Cela donne de la liberté, mais une fragilité aussi. » Il a aussi alerté sur le retrait progressif des collectivités territoriales dans le financement du pluralisme de la PQR. « C’est lié à leur propre baisse de moyens. Certains peuvent voir ces financements comme un moyen d’imposer une volonté à la presse. Mais nous, nous pensons que l’argent public local doit contribuer au pluralisme, c’est d’intérêt général, c’est lui qui empêche toute chape de plomb sur l’information locale. » Léo Purguette a terminé son intervention en dénonçant l’attitude des municipalités d’extrême droite vis-à-vis de notre journal et le projet de privatisation de l’audiovisuel public porté par le RN. Pour autant, ce positionnement assumé a valu à La Marseillaise un regain de popularité. « Ce qui constituait un handicap pour les titres d’opinion – refus de la neutralité et difficultés à publier des informations pratiques généralistes – devient aujourd’hui un facteur de différenciation », observe Léo Purguette, à l’heure où ce type d’informations circulent gratuitement sur les réseaux sociaux.

    Coralie Bonnefoy, corédactrice en chef du site Marsactu, a présenté un modèle différent, fondé exclusivement sur l’abonnement. Positionnée dès le début en complémentarité de la presse régionale installée, la rédaction s’est spécialisée dans l’investigation locale. « L’ADN de Marsactu, c’est tout ce que le pouvoir politique, institutionnel ou culturel ne veut pas que l’on révèle », a-t-elle résumé. Cette ligne éditoriale, selon elle, est possible grâce à leur indépendance financière. « Notre travail ne sera jamais de faire plaisir à quelque politique que ce soit », lance-t-elle. La corédactrice en chef considère que les pressions politiques sur les rédactions locales sont une réalité quotidienne, « certains personnels politiques régionaux » n’hésitant pas à « retirer leurs financements lorsqu’un article ne lui plaît pas ».

    Hervé Nedelec, journaliste de PQR aujourd’hui à la retraite, a rappelé ce qui fait l’essence du métier : « Aller au plus près des territoires, là où l’AFP ne se déplace pas. » Pour lui, « le journalisme, c’est de la résistance. » Une formule qui a résonné dans la salle comme un rappel de ce qu’un désert médiatique local fait perdre aux territoires, à savoir un rôle démocratique essentiel.

    Guilhem Ricavy, directeur délégué de Var-Matin, a tenu a exposé les difficultés persistantes de la PQR à réussir sa transition numérique : « Aujourd’hui, en numérique, pour beaucoup, il y a cette inacceptabilité de payer pour des contenus d’actualité. Donc, les abonnements ne sont pas forcément au rendez-vous. »

    Denis Philippe, le président de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire, a rappelé l’importance qu’il accorde à l’indépendance des médias et à la recherche d’un modèle qui garantit leur indépendance.

    L’un des fils rouges du débat a été la corrélation observée entre la disparition de journaux locaux et la montée du vote extrémiste dans les territoires privés de presse de proximité. Un constat partagé par l’ensemble des intervenants, qui ont appelé à maintenir des leviers publics de soutien au pluralisme, tout en reconnaissant que les modèles économiques viables restent encore largement à inventer.

    LES DÉFIS DES MÉDIAS À TRAVERS LE MONDE

    Nihar Kothari, rédacteur en chef et directeur du « Rajasthan Patrika » (Inde)

    « Le défi auquel la plupart d’entre nous sommes confrontés provient de l’intelligence artificielle (IA). Après les réseaux, c’est un nouveau challenge financier qui se dresse face à nous, au moment où les annonceurs se retirent du print. Il n’existe même pas [en Inde, Ndlr] d’obligation légale de faire la distinction entre le contenu généré par l’IA et le contenu humain. Il est de notre devoir de, sans cesse, rappeler aux lecteurs que l’IA n’utilise que ce que les humains ont déjà créé. Que se passera-t-il quand les gens ne seront plus sur le terrain, qu’ils ne feront plus de journalisme d’investigation ? » Laureen Piddiu

    Sara Okuoro, rédactrice numérique du « Willow Health Media » (Kenya)

    « Nous sommes contraints de nous tourner vers le digital, mais cela entraîne son lot de problèmes. Au Kenya, il y a par exemple, en ce moment, beaucoup d’informations erronées ou de désinformation en ce qui concerne l’épidémie d’Ebola qui sévit dans la région. Les gens préfèrent s’informer sur Twitter ou TikTok, où tout circule très vite, plutôt que de se tourner vers des médias “mainstream”. Nous passons donc notre temps à corriger ces fausses informations plutôt que d’en créer. »

    Vincent Chang, président et directeur du contenu du « World Journal » (États-Unis)

    « J’ai été très inspiré par le discours d’Arthur Gregg Sulzberger, le patron du New York Times, sur l’intelligence artificielle. Mais on parle de l’un des plus grands journaux du pays, qui doit dépenser plus de 20 millions de dollars en frais de justice dans son procès contre Open AI. Quid de nous autres ? C’est vraiment un travail difficile. Les médias des minorités aux États-Unis, comme le nôtre, sommes en quelque sorte un journal local qui s’adresse à un lectorat bien précis. Nous ne sommes pas seulement confrontés aux défis liés à l’IA, mais aussi à l’évolution du marché. » L.Pi.

  • Locations dans un immeuble en péril : David Bertin condamné

    Locations dans un immeuble en péril : David Bertin condamné

    Absent au délibéré, l’investisseur marseillais David Bertin a été reconnu coupable de mise en danger de la vie d’autrui, après avoir loué des meublés touristiques au 21 rue d’Anvers, frappé d’un arrêté de péril grave et imminent. Il est également déclaré coupable d’escroqueries au préjudice des banques et de l’Agence nationale de l’habitat (Anah), d’abus de biens sociaux et, pour finir, de travail dissimulé.

    La 6e chambre correctionnelle, présidée par Lola Vandermaesen, l’a condamné à trois ans d’emprisonnement, dont 21 mois avec sursis, et 200 000 euros d’amende, pour moitié avec sursis. Le parquet avait requis quatre ans de prison, dont un ferme. Ayant déjà effectué quatre mois de détention provisoire, il pourra exécuter le reliquat de sa peine ferme en détention à domicile sous surveillance électronique. À titre de peines complémentaires, il lui est interdit de gérer pendant cinq ans et d’acquérir tout bien immobilier pendant sept ans. Le tribunal lui inflige également cinq ans d’inéligibilité, mais a écarté la confiscation du bien immobilier, support des infractions, estimant la mesure « contre-productive » s’agissant de biens en péril et non évalués.

    Un auteur qui « privilégie les gains financiers »

    Le tribunal s’interroge, dans son jugement, sur « sa capacité à respecter l’interdit pénal », estimant que « tout le système mis en place par David Bertin n’est possible que par la fraude à chaque niveau », s’agissant d’un individu « propriétaire d’une trentaine de biens immobiliers », qui « privilégie les gains financiers au respect du Code pénal et à l’humain » et, surtout, qu’il « a réitéré des faits au cours de l’instruction alors qu’il était mis en examen et avait été placé en détention provisoire ».

    Son ex-compagne, Manon, est également déclarée coupable de mise en danger d’autrui, de location de mauvaise foi d’un local en péril, d’escroqueries bancaires par fournitures de faux. Elle écope d’une peine d’avertissement de huit mois de prison avec sursis, 5 000 euros d’amende et trois ans inéligibilité.

    Ex-associé de David Bertin, Omar Mbarki est condamné pour mise en danger de la vie d’autrui, ayant remis des clés à un sans-papiers (et non deux comme écrit dans notre édition du 6 mai 2026) en n’ignorant pas la présence de quatre étais au milieu du salon, l’existence d’un arrêté de péril et le fait que David Bertin était en détention provisoire pour location malgré péril. Il écope d’une peine d’avertissement de 6 mois avec sursis et 5 000 euros d’amende compte tenu de son patrimoine immobilier.

    Au plan civil, David Bertin devra verser 243 681 euros à l’Agence nationale de l’habitat et 500 euros de préjudice moral avec exécution provisoire. En échange des subventions allouées, il devait mettre en location longue durée, avec des loyers sociaux, ses huit appartements au 17 rue du Musée et d’autres au 117-119 rue Saint-Pierre, mais il les avait fait prospérer en locations saisonnières. Il devra indemniser la Ville de Marseille de 500 euros pour préjudice moral. Deux femmes de ménage non déclarées obtiennent 4 000 euros de préjudice moral.

  • Les supporters au rendez-vous de la campagne d’adhésion

    Les supporters au rendez-vous de la campagne d’adhésion

    La fin d’une saison en appelle forcément une autre. Même si l’OM n’écume plus les terrains de Ligue 1 à cette période, les groupes de supporters restent plus actifs que jamais. La phase comprise entre fin mai et début juin correspond à la campagne de réadhésion des différents collectifs ultras des virages nord et sud.

    Marseille Trop Puissants (MTP), Dodgers, South Winners, Ultras Marseille… Tous accueillent actuellement les fans dans leurs locaux. Avec une priorité donnée aux adhérents de l’exercice 2025-2026, les quotas se remplissent vite car, finalement, peu de personnes rendent leur carte. En effet, la période d’abonnement en virage ne sera ouverte qu’aux adhérents.

    La crise permanente de la saison écoulée n’a pas refroidi les supporters, qui sont venus en masse sécuriser leur renouvellement. « On a été positivement étonnés, les gens n’hésitent pas à venir se réabonner. Même, ils sont souriants, le monsieur qui est passé avant vous, il nous a refait notre journée. Tout le monde est agréable et, malgré la crise au club, les abonnés reviennent », nous glisse-t-on du côté des Dodgers. Dans leur local, situé place Saint-Georges à Endoume, les fidèles sont venus nombreux. Leur campagne d’adhésion se termine ce samedi et les places ne sont plus nombreuses. « D’ici la fin de la semaine, on en n’aura plus du tout. C’est bien parti pour que ce soit comme ça. »

    Différents tarifs qui suscitent des discussions

    Le son de cloche était similaire chez les South Winners. Le 100 rue Loubon (3e) est un lieu emblématique du mouvement ultra dans la cité phocéenne. La file d’attente pour récupérer son précieux sésame est interminable, toute l’allée est prise d’assaut. Certains ont pris leur journée, d’autres sont venus des départements voisins, car la présence physique est obligatoire pour obtenir sa carte 2026-2027. Au total, d’ici le 9 juin, ils devraient être 7 000 à se réabonner.

    Ce processus lancé par les différents groupes de supporters suscite également quelques réactions. Le principal point de discussion concerne le prix de l’adhésion. Comptez 35 euros pour les MTP et 40 euros pour les Dodgers. Un plafond de 20 euros est instauré par les Ultras Marseille et les Fanatics. Le tarif le plus élevé se situe chez les South Winners : les pensionnaires du haut de virage sud demandent 45 euros pour devenir membre.

    Sur les réseaux sociaux, ces écarts de prix alimentent les échanges entre supporters. « L’adhésion va bientôt rattraper le prix de l’abonnement », raconte Ilyes, amer face à ce prix. Pour Lorenzo, « ça ne change pas grand-chose, du moment que l’abonnement en virage n’augmente pas, je suis satisfait ».

    Prix bloqué pour l’abonnement

    En effet, grâce à un accord entre l’Olympique de Marseille et les groupes ultras, le montant de l’abonnement, au sud et au nord, ne bouge plus. Lors de la saison passée, les supporters déboursaient 180 euros pour les matches au niveau national et 270 en ajoutant les rencontres de Ligue des Champions. Un tarif bien plus bas que beaucoup d’autres clubs européens, notamment outre-Manche.

    Maintenant qu’une partie du public a renouvelé son adhésion, l’heure est à l’attente. Le club doit prochainement ouvrir la vente des abonnements pour la saison 2026-2027. Aucune date n’a encore été communiquée, mais cette ouverture devrait intervenir autour de la mi-juin. La saison dernière, que ce soit pour les tribunes latérales ou les virages, elle avait débuté le 12 juin. Malgré neuf mois tumultueux autour du club, les supporters sont prêts à remplir à nouveau les travées du Vélodrome.