Tag: Bouches-du-Rhône

  • La piscine de Nino

    La piscine de Nino

    Sous sa petite tente surchauffée, Élise s’apprête à (sur)vivre une nouvelle journée. Elle est sans-abri, dans une extrême précarité. Elle se fait discrète en marchant dans la rue ou quand elle s’assied sur le bitume, – qui brûle à plus de 40° – pour faire la manche. Élise reçoit plus d’indifférence que de mains tendues. Mais elle s’accroche, reste digne malgré l’exclusion.

    À Marseille, les personnes sans-abri sont près de 16 000 dont 40 % de femmes. Parmi elles, Élise. Leur situation est gravissime mais n’empêche pas l’État de supprimer 200 places d’hébergement d’urgence dans les Bouches-du-Rhône. Pourtant Emmanuel Macron promettait « zéro SDF ». Une galéjade du président des riches, pilote de jet-ski.

    Indignité

    L’État et ses représentants savent parfois se montrer zélés avec les Élise de la rue. Précisons que si ces actes seraient a priori marginaux, des humiliations et vexations seraient commises par ceux qui sont censés protéger. Oui, les forces de l’ordre arpentent la ville pour notre sécurité. C’est bien. Mais, parfois, certains policiers butent sur une petite tente surchauffée, bien cachée des regards mais pas du leur. Celui du limier. Que voient les pandores ?Une minuscule piscine s’étiole près de la tente. On ne saura dire quel justicier a sorti un canif pour crever cette « arme par destination contre la canicule », qui a vomi son eau en quelques secondes. Ce microbassin de fortune (qui ne gênait personne) servait à rafraîchir le chien d’Élise. Unique compagnon de rue contre la solitude. Celui, aussi, qui éloigne les violeurs. La piscine de Nino a donc été crevée ; des dizaines d’hébergements sont supprimées ; Une dizaine de sans-abri sont déjà morts d’hyperthermie en France, depuis juin. Du plus infime au plus tragique, ces faits révèlent l’indignité d’une politique et l’absence de volonté. Il est temps que cela cesse.

  • Il y a 80 ans, 149 anciens bagnards débarquaient à la Joliette

    Il y a 80 ans, 149 anciens bagnards débarquaient à la Joliette

    Ce grand retour fait suite au décret-loi de juin 1938 qui a supprimé la transportation vers la Guyane. Le rapatriement des libérés avait été retardé avec la guerre et le régime de Vichy. Il faut attendre la Libération pour que leur retour soit organisé avec le concours de l’Armée du Salut, très dévouée au sort des bagnards et de leur réinsertion dont le major Charles Péan qui pilote un dispositif devant permettre à tous ces hommes de retrouver une existence sociale, après plusieurs décennies de relégation.

    Les détenus libérables ont été regroupés à Saint-Laurent-du-Maroni, puis acheminés vers la métropole par le paquebot Athos II des Messageries maritimes qui accoste le vendredi 16 août 1946 à 15h45 au Môle G avec 1653 passagers à bord dont 149 premiers forçats libérés, un homme étant décédé pendant le voyage.

    « Ils ont été réhabilités pour leur bonne conduite et retrouvent leur vie d’hommes libres » écrit La Marseillaise. « Je m’attendais à rencontrer des forçats en tenues rayées et droguets sur la tête, ils étaient en civil et en chapeau mou. Nombre d’entre eux regardaient avec émotion cette terre de France qu’ils revoyaient après de longues années d’absence. Plus d’un ne pouvait cacher des larmes de joie. »

    « Un visage buriné par la souffrance »

    Le reporter de La Marseillaise, Alfred Carrasso, ancien résistant, aborde « un homme grand, mince, au visage buriné par la souffrance ». Il s’appelle Paul Hourdeau, a été condamné à 5 ans de bagne et 20 autres de relégation. Il explique avoir « travaillé dans les bureaux de la Compagnie des Mines d’or de la Guyane dont le siège est à Paris ». Sur le quai, le sonneur de cloches des îles (du Salut). « Il a été relégué en 1897 pour rupture d’interdiction de séjour. On le gracie à 76 ans. Que voulez-vous qu’il fasse pour vivre ? Il a demandé à continuer son emploi au bagne, mais on l’a fichu dehors. Il est libre ! »

    Un libéré raconte à La Marseillaise qu’ « en 1940, 800 relégués avaient demandé à s’engager volontaires dans les Forces françaises libres. Six ont été admis à la suite d’une erreur. Malgré cela, 180 d’entre nous ont suivi le capitaine Chaudon qui les fit évader à travers le Maroni en Guyane hollandaise et se sont battus courageusement. Une trentaine furent cependant repris et condamnés à des peines de 5 à 20 ans de travaux forcés pour avoir voulu combattre pour leur pays. Trois ont été condamnés à mort. »

    L’article rapporte la présence sur le navire du peintre Moïse Kisling, réfugié à New-York depuis 1940. Ce n’est nullement un bagnard libéré même s’il avait été condamné à mort par contumace par l’Allemagne nazie pour ses activités antifascistes et ses origines juives. Le peintre revient en France et vivra à Sanary. D’autres bagnards avaient embarqué à Fort-de-France le 30 juillet mais à leurs frais.

    Dans l’après-midi, les revenants sont conduits au centre d’accueil de l’Armée du salut, rue Félix-Pyat, où ils sont hébergés. Tous ces hommes retrouvent une France profondément transformée par la guerre. Certains ont de la famille et des amis qui les attendent. Un représentant du Syndicat des marins s’interroge sur leur sort. « Que vont devenir ces hommes que nous ramenons? Je les connais, j’ai vécu un mois avec eux. Ils ont tous l’ambition de refaire leur vie. Ils viennent en France avec beaucoup d’illusions. Certains croient pouvoir partir au Canada, d’autres aux colonies. Leur situation est tragique. Qu’a-t-on prévu pour eux ? Que leur a-t-on préparé ? Des papiers ? Du travail ? À la première infraction ils seront à nouveau durement frappés. »

    En août 1946, il restait encore environ 2000 libérés à devoir encore être rapatriés, 800 restant en cours de peine à Saint-Laurent-du-Maroni. Les derniers condamnés ne rentreront donc que beaucoup plus tard. Le 8 août 1953, le San Mateo ramènera encore plus de 80 hommes tournant la page d’un siècle d’un système carcéral abominable que la France avait mis en place en 1852, la transportation des condamnés vers la Guyane et la Nouvelle-Calédonie.

    David Coquille

  • Marseille : fermeture du métro dimanche 16 août de 5 heures à 14 heures

    Marseille : fermeture du métro dimanche 16 août de 5 heures à 14 heures

    Dans le cadre du projet de renouvellement des rames de métro et afin d’effectuer des essais, le métro (M1 et M2) sera fermé ce dimanche 16 août de 5 heures du matin à 14h.

    Pendant ces fermetures la RTM met en place trois lignes de Bus gratuites, avec une fréquence de 10 min de 5h à 14h00 . Le BM1A relie le métro La Rose au métro La Timone ; le BM1B part du métro La Timone jusqu’au métro La Fourragère et le bus relais BM2 effectue le trajet entre le métro Gèze jusqu’au métro Sainte-Marguerite Dromel. La ligne 3 du tramway est également renforcée avec une fréquence de 10 min dès 9h00.

    Le dimanche 13 septembre, le métro sera également fermé de 5h à 14h pour la suite des essais.

  • [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Dockers, traminots, métallos… à l’arrêt

    [Mémoire ouvrière] Lucien Molino. Dockers, traminots, métallos… à l’arrêt

    Le préfet intervint mais il fut renvoyé sur les roses. Il essaya vainement de faire intervenir les militaires mais il ne put déloger les piquets de grève des dockers.

    Le samedi 15 novembre, nous apprenions que le Conseil des ministres avait décidé un « nouveau train de hausse sous pression » qui augmentait de 45% le prix de l’électricité et du gaz, de 25% les tarifs SNCF. Ces décisions confortèrent nos positions en faveur de l’augmentation des salaires. Les syndicats redoublèrent d’efforts, la grève s’étendit : métallurgie, produits chimiques… Le bâtiment fut la première branche professionnelle à développer la grève sur le plan départemental après consultation des travailleurs. À Marseille, le syndicat du livre et typo fait connaître leur solidarité. Mais ayant obtenu des augmentations, ils ne s’engagent pas dans la grève. Cette prise locale de position de camarades socialistes comme Dumonceau reflétait l’ampleur prise par le mouvement. En effet, au soir de cette journée, nous estimions au bureau de l’Union départementale que 85% de l’activité économique de Marseille était paralysée.

    Face à l’inflation

    Je décidais alors d’envoyer les secrétaires de l’UD et du bureau dans les grandes villes du département pour demander aux syndicats ou sections syndicales de réunir les travailleurs afin qu’ils se déterminent après le vote sur les revendications et les 25% d’augmentation demandés au CCN. Les arrêts de travail s’étendirent rapidement dans le département.

    À l’assemblée générale du syndicat des traminots à Marseille, salle Ferrer, à la vieille Bourse du travail, à 21 heures, 3 500 traminots étaient présents. Prirent la parole Isoard, secrétaire du syndicat, et Exbrayat du secrétariat de l’UD. Après un vote unanime, la grève totale et illimitée avec occupation des ateliers et dépôts fut décidée en dépit de l’opposition de l’administrateur séquestré de la compagnie du préfet.

    Cette grève priva Marseille de tout transport en commun à partir du dimanche matin. Le 16 novembre (chiffre contrôle), on comptait 90 000 grévistes. Ce qui est certain, c’est que cette grève a quintuplé en trois jours. Notre rôle était d’aider, d’organiser et de coordonner le mouvement. Le Méridional et Le Provençal nous accusaient d’être le chef d’orchestre de ces mouvements, arguments que nous dénoncions dans Rouge Midi et La Marseillaise du lundi 17 novembre en faisant connaître la composition du Comité central de grève : celui-ci regroupait les secrétaires de l’UD avec les représentants des syndicats les plus importants, métaux, bâtiments, produits chimiques, dockers, traminots et marins, habillement, corporations en grève illimitée. Il avait une double fonction : intervenir auprès des unions locales des Bouches-du-Rhône et gérer la grève.

    à suivre la semaine prochaine…

  • [Week-end] La résolution d’une vieille énigme ouvre la voie à de nouveaux antivirus

    [Week-end] La résolution d’une vieille énigme ouvre la voie à de nouveaux antivirus

    Cela faisait un demi-siècle qu’on se demandait comment les enzymes polymérases construisent les brins d’ARN et d’ADN en assemblant les briques élémentaires que sont les nucléotides. Quelques travaux faisaient pencher la balance vers un mécanisme, dit SN2. Une étude parue dans la revue scientifique PNAS le confirme. « Cette fois, nous l’avons vu, se félicite Bruno Canard, chercheur CNRS au laboratoire Architecture et fonction des macromolécules biologiques (AFMB, Marseille) et dernier auteur de l’étude. Le débat est tranché. » Des images obtenues par cryomicroscopie électronique à l’échelle du dixième de nanomètre – la taille d’un atome – montrent comment se produit l’insertion des nucléotides. Et tout se passe comme décrit dans le mécanisme SN2 : avec une inversion de configuration. C’est-à-dire que la polymérase retourne le nucléotide au moment de l’insérer.

    Un détail ? Une petite victoire au niveau fondamental pour les spécialistes ? Peut-être pas : « Nous avons observé une conséquence inattendue, souligne Bruno Canard. Et cela pourrait amener au développement de traitements contre certains virus à ARN. » Comme les coronavirus ou les arénavirus pour lesquels il n’existe pas de traitement anti-viral efficace. Et pour cause : ils ont un mécanisme de défense presque imparable à base d’enzymes, appelées exonucléases, qui scrutent le brin d’ARN pendant sa construction, repèrent les anomalies et les enlèvent.

    Contourner les défenses

    Pour confirmer le mécanisme SN2, les scientifiques ont dû modifier la partie du nucléotide dont se saisit la polymérase. Car cette partie est symétrique avec un atome de phosphore et deux d’oxygène. Impossible d’observer une éventuelle inversion. Ils ont donc remplacé un atome d’oxygène par un atome de soufre, créant deux configurations possibles (R et S), en miroir, comme nos deux mains. « Il est connu que la polymérase a une préférence pour la forme S et ne touche pas la forme R », rappelle Ashleigh Shannon, chercheuse CNRS à l’AFMB et première autrice de l’étude. Mais une fois le travail de la polymérase accompli, l’atome de soufre a changé de place et le morceau de nucléotide se retrouve sous sa forme R.

    Seulement, cette forme R est très peu prise en charge par les exonucléases de l’ARN. « Cela va à l’encontre de tout ce qui était décrit dans la littérature », note Ashleigh Shannon. Et pour cause : la littérature se concentrait sur les exonucléases de l’ADN, poursuit la chercheuse : « Nous montrons que celles dédiées à l’ARN fonctionnent différemment. » Pourquoi ? « Nous l’ignorons, c’est très surprenant », admet-elle.

    Tout l’enjeu est maintenant de faire entrer des molécules inhibitrices avec cette modification dans une cellule grâce à une « pro-drogue », c’est-à-dire une molécule capable de traverser la membrane et de devenir un médicament une fois à l’intérieur. « Nous y travaillons avec des chimistes », glisse Bruno Canard.

    REPÈRES

    Nucléotide

    Ce composé de base des acides nucléiques (ADN ou ARN) est fait de trois parties : une base azotée, un sucre et un groupe phosphate. C’est sur ce dernier qu’interviennent les enzymes polymérases pour assembler les nucléotides et former les brins d’ADN et d’ARN.

    Exonucléase

    Cette enzyme assure la maintenance des acides nucléiques. Elle repère les nucléotides anormaux et les retire pour éviter les erreurs dans la réplication de l’ADN ou de l’ARN – une défense efficace et difficile à contourner pour toute solution anti-virale visant à introduire des nucléotides inhibiteurs.

    Arénavirus

    Cette famille de virus à ARN comprend celui à l’origine de la fièvre de Lassa, endémique d’Afrique de l’Ouest où elle provoque des épidémies meurtrières. Comme le Sars-Cov-2, ce virus possède des exonucléases qui assurent la bonne construction des brins d’ARN.

  • [Entretien] Ashleigh Shannon, CNRS : « S’obstiner à vouloir comprendre des détails peut amener à des surprises »

    [Entretien] Ashleigh Shannon, CNRS : « S’obstiner à vouloir comprendre des détails peut amener à des surprises »

    La Marseillaise : Votre étude montre une nouvelle fois

    que des travaux fondamentaux peuvent ouvrir la voie à des applications concrètes ?

    Ashleigh Shannon : Oui cela illustre à merveille que s’obstiner à essayer de comprendre ce qui pourrait apparaître comme des détails peut amener à des surprises. Ici, tenter de répondre à une question fondamentale sur la manière avec laquelle les enzymes construisent les brins d’ADN et d’ARN amène à comprendre comment contourner les défenses de certains virus à ARN – comme les coronavirus -, et donc à peut-être un jour avoir des traitements anti-viraux efficaces.

    Comment ?

    A.S. : Grâce à des analogues de nucléotides. C’est une famille importante de médicaments anti-viraux. Ils imitent les nucléotides naturels, sont incorporés dans l’ADN ou l’ARN et interrompent la réplication du virus. Il en existe des très efficaces contre l’herpès, le VIH et l’hépatite C. Le prochain défi est de trouver des analogues de nucléotides aussi efficaces contre les virus émergents que sont la dengue, Ebola, les coronavirus… Contre ces derniers et les arénavirus – responsables de la fièvre de Lassa – les options actuelles restent limitées ou imparfaites.

    À cause des exonucléases qui retirent les nucléotides modifiés que l’on tenterait d’insérer…

    A.S. : Oui, et le fonctionnement de ces enzymes était mal compris. On considérait qu’elles se comportaient comme celles des virus à ADN, mais personne ne l’avait vérifié. Or, celles des virus à ARN peuvent se comporter différemment et il y a un moyen de les empêcher d’agir.

    Propos recueillis par Xavier Boivinet

  • [Fête du 15 août] Pluie de festivités dans le ciel marseillais

    [Fête du 15 août] Pluie de festivités dans le ciel marseillais

    Karaoké géant, spectacle de drones ou encore feu d’artifice, tout Marseille est invité aux festivités exceptionnelles de ce samedi 15 août. La soirée se déroulera face à la mer, sur l’esplanade Gisèle-Halimi au niveau du J4, dans une ambiance que la Ville promet « conviviale et festive, pour toutes les générations et toutes les envies ».

    Dès 19h, le micro est tendu au public !

    Devenu un rendez-vous incontournable de l’été marseillais depuis sa création en 2021, le célèbre karaoké en plein air fait son grand retour pour cette nouvelle édition. Le temps d’une soirée, Marseillais et visiteurs sont conviés à « monter sur scène et devenir la star de la soirée ». Amateurs de R&B comme passionnés de chanson française, tout le monde pourra chanter en chœur, puisque le répertoire de cette année compte plus de 400 titres. Des tubes intemporels des années 80 au rap français, en passant par l’afrobeat, il y en aura pour tous les goûts.

    Un spectacle insolite dans les airs

    C’est le temps fort de la soirée. Dès 22h, le public pourra lever les yeux vers un spectacle aérien hors norme sous le thème de la « Méditerranée poétique ». Le traditionnel feu d’artifice s’associe à un ballet de drones inédit, conçu par le renommé Groupe F. Un rendez-vous d’une vingtaine de minutes « à découvrir et à partager en famille ou entre amis », soulignent les organisateurs. Ensuite, le karaoké reprendra de 22h30 à minuit, afin de clore la soirée comme elle avait commencé : en musique.

    Autour de la scène, l’ambiance sera de mise toute la soirée avec six stands d’animation ouverts à tous, un espace détente, une aire de pétanque et un coin restauration avec food trucks et bars installés en bord de mer.

    L’événement est entièrement gratuit et accessible à tous. La scène du karaoké dispose d’un accueil inclusion tandis qu’un accès PMR est prévu sur l’esplanade de la Major pour profiter du spectacle pyrotechnique. À noter qu’en cas de mauvais temps, les festivités pourront être reportées au dimanche 16 août.

    Andréa Goyard de Castro

    Circulation modifiée à retrouver sur marseille.fr

  • En route vers les Balkans à Tarascon

    En route vers les Balkans à Tarascon

    Le groupe « Kimata », qui veut dire « vagues » en grec, est un ensemble de 5 musiciens aux influences grecs, turques et bulgares. Ils créent des mélodies lancinantes, en mélangeant clarinette et bouzouki, un instrument répandu en Grèce de la même famille que la guitare. S’ajoutent à cela, une contrebasse, une guitare et des percussions traditionnelles grecques pour faire danser le public. Ils seront place Frédéric Mistral à partir de 18h30.

    Dès 21h30, place du marché – Hôtel de Ville, Jean-François Gérold prendra le relais square Gonthier. Il jouera du galoubet-tambourin, un instrument traditionnel provençal qu’il mélange avec des sonorités venues des pays celtes. Son concert intitulé « Le souffle de l’âme » est accompagné par un orchestre symphonique.

    Pour une escale en Argentine, Le Buena Onda Club Arles et Dario Dasilva proposent une initiation gratuite au tango suivi d’un bal à 20h au square Gontier.

    Gabrielle Cartellier.

    Le festival est entièrement gratuit.

  • [Patrimoine] Au Frioul, l’hôpital aux quatre vents de Proust

    [Patrimoine] Au Frioul, l’hôpital aux quatre vents de Proust

    L’hôpital Caroline, complexe sanitaire de soins et de quarantaine trouve son origine dans l’épidémie de fièvre jaune de 1820 qui décima les équipages des ports de Méditerranée. Durant l’été 1821, un navire venant de Cuba avait introduit la fièvre jaune à Barcelone provoquant 20 000 morts. Dans la foulée, un navire infecté venant de Malaga était mis en quarantaine à Pomègues. 12 marins décédaient, mais la cité phocéenne n’était pas touchée, ce qui convainquait l’Intendance sanitaire de demander à Louis XVIII de construire au Frioul un port bastionné pour la quarantaine. Il aura coûté 638 000 francs-or sur des fonds du Trésor public, de la Chambre de commerce et de la Ville. Son nom est un hommage rendu à la duchesse de Berry, Marie-Caroline de Bourbon-Siciles qui séjourna en quarantaine au la zaret d’Arenc.

    Le projet est confié à l’architecte Michel-Robert Penchaud qui édifie en 1828 cet hôpital sur un promontoire battu par les vents de l’île de Ratonneau suivant un système pavillonnaire autour de deux grandes cours et obéissant aux préceptes d’isolement, de surveillance et d’aération maximale. Il est conçu pour accueillir 48 malades et 24 convalescents dans 12 corps de bâtiments sur 3 500 mètres carrés.

    « C’est une ruine »

    En 1847, le secrétaire de l’Intendance Sanitaire décrit un bouge : « Ce que j’ai vu dépasse toute idée de malpropreté que j’avais pu me faire, les quatre pavillons habités par les ouvriers sont dans un état déplorable. Il n’existe pas de cloaque plus sale, plus dégoûtant ; les escaliers intérieurs, les paliers et les planchers sont meublés d’ordure… En fait les quatre pavillons sont dans un état pitoyable… »

    Ce qui n’empêche pas en 1850, d’y transférer les malades du lazaret d’Arenc. Puis l’armée réquisitionne les lieux jusqu’en 1856 pour y soigner plus de 700 soldats atteints parfois du typhus de retour d’Afrique et de Crimée. 308 navires débarquent alors 33 500 marins, 124 200 militaires et 5 090 passagers civils. 709 malades furent traités à l’hôpital parmi lesquels on déplora 165 décès, dont 90 dus au typhus.

    En 1900, 35 malades de la peste y sont hospitalisés. En décembre 1903, un rapport à l’Académie de médecine signale son état déplorable : « Qu’il me soit permis de vous dénoncer l’hôpital Ratonneau destiné aux malades atteints de la peste, de la fièvre jaune ou du choléra. Il vous est impossible de vous représenter un hôpital aussi délabré et aussi abandonné. Il ne renferme ni pharmacie, ni instruments, en un mot il n’y a rien ; ce n’est pas un hôpital, c’est une ruine » écrit le docteur Josias.

    Deux ans plus tard, le docteur Adrien Proust, père de Marcel Proust, vient à Marseille prodiguer ses conseils pour lutter contre l’épidémie de choléra. Son rapport « sur les améliorations à apporter au fonctionnement du service [sanitaire] dans le port de Marseille et au Lazaret du Frioul », fustige le recrutement des auxiliaires du lazaret parmi « les personnes errant sans emploi sur les quais de Marseille et qui n’ont aucune notion du travail auquel on les destine ». En 1923, le nom d’Adrien Proust est brièvement donné à l’hôpital du Frioul.

    Il sert encore d’hôpital en 1941 en raison d’une épidémie de typhus dans les prisons de Marseille puis devient un dépôt de munitions de la Wehrmacht pilonné à la Libération. Racheté par la Ville en 1978, il est inscrit aux monuments historiques en 1980. L’association Caroline s’est battue avec la fédération Remparts pour lancer des travaux de restauration au travers du bénévolat estival puis a bâti un partenariat avec la prison des Baumettes pour des chantiers de réinsertion avec des détenus en fin de peine. Progressivement le pavillon Saint-Roch, l’ancienne infirmerie, le pavillon des morts, les murs d’enceinte, le pavillon des entrées, le pavillon de bains puis le pavillon Chevalier Roze ont été restaurés avec la chapelle centrale de style hellénistique pour rappeler les origines de la cité phocéenne. En 2007, Acta Vista poursuit le chantier pour le pavillon des intendants, la capitainerie.

    Il se visite à l’occasion des Journées européennes du patrimoine. On peut longer l’enceinte et à travers la grille observer la cour intérieure, la chapelle et les pavillons, tout en jouissant d’une vue exceptionnelle sur la rade phocéenne.

  • L’OM s’incline face à l’Atlético

    L’OM s’incline face à l’Atlético

    Marseillais et Madrilènes disputaient ce vendredi 14 août leur ultime match de préparation, avant la reprise de leur championnat respectif. L’OM recevra Strasbourg le 21 août, alors que l’Atlético débutera le 19, avec la réception de Malaga.

    Cette proximité, alliée à une température tropicale, explique sans doute pourquoi les deux équipes ont donné le sentiment de gérer les affaires courantes après la pause. Alors que la première période était partie sur un bon rythme, insufflé par des Olympiens dans la dynamique de leur succès contre l’Athletic (3 – 1), le 9 août.

    Avec un scénario similaire, l’OM ouvrant le score, cette fois par Igor Paixão, et les Colchoneros égalisant peu avant le repos, par Rodrigo Mendoza. Ensuite, le jeu a sombré dans une certaine torpeur. Avec comme seules réactions un Vélodrome qui jouait contre son camp chaque fois que Leo Balerdi touchait le ballon.

    Les deux entraîneurs multipliaient les changements, ce qui modifiait quelque peu les équilibres. Dans les dernières minutes, l’Atlético se montrait plus efficace dans la zone de vérité, avec un second but, signé Carlos Martin. L’OM se retrouvait mené et s’inclinait, après avoir eu plusieurs opportunités de repasser devant au tableau d’affichage.

    OM – Atlético de Madrid 1 – 2 (1 – 1)

    Match amical

    Stade Vélodrome (47 273 spectateurs).

    Arbitre : A. Petit.

    But : Paixão (22) pour l’OM, Mendoza (39), Martin (79) pour l’Atlético.

    Avertissements : Paixão (41), Balerdi (48), Kondogbia (62) à l’OM, G. Simeone (6), Le Normand (17) à l’Atlético.

    OM : de Lange- Weah ( c, Bézahaf, 87 ), Balerdi (Maupay, 82), Kondogbia (Koum, 82), Emerson (Garcia, 87) – Höjbjerg, Gomes (Nnani, 76), Abdelli (Timber, 76)– Harit (Abdallah, 87), Gouiri, Paixão (Mmadi, 82). Entraîneur : B. Genesio.

    ATLETICO : Oblak – G. Simeone (Mendoza, 36), Dominguez (Pubill, 69), Le Normand (Gimenez, 69), Hancko, Grimaldo (Martinez, 36) – Barrios (Ortiz, 45), Koke ( c , Vargas, 56), Cardoso (Hjulmand, 56) – Kan-Lee (Martin, 36), Lookman (Castillo, 69). Entraîneur : D. Simeone.