Tag: Avignon

  • Quatre gares touchées par une grève d’un sous-traitant

    Quatre gares touchées par une grève d’un sous-traitant

    On va perdre plusieurs centaines d’euros avec la reprise ! » Bruno Bilny, représentant syndical CGT pour l’entreprise PY Facility, s’inquiète du passage des salariés sous pavillon d’Onet Accueil d’ici le 1er avril. Une inquiétude telle qu’une « cinquantaine de salariés » sont en grève, depuis ce samedi 14 mars, dans les gares de Marseille Saint-Charles, de Toulon, d’Aix-TGV et Avignon-TGV.

    Un passage dans le cadre d’un appel d’offres, lancé par la SNCF qui est donneuse d’ordre sur le marché de l’accompagnement des personnes à mobilité réduite (PMR). « On fait monter et descendre les personnes à mobilité réduite dans les trains, on les aide et accompagne », explique Amandine Benoit, également représentante CGT. D’habitude, les reprises se déroulent sans accroc : « Tous les 5 ans, nous sommes soumis à des appels d’offres, avec souvent des reprises, il n’y a jamais eu de problèmes. » Mais cette fois, il y a un couac puisque le transfert ne concerne pas « les conquis sociaux précédents ». Les salariés perdraient « tickets restos, chèques vacances et Noël » tout en payant « une mutuelle plus chère ». Cerise sur le gâteau : « Notre 13e mois, la prime d’été, le dimanche payé double, tout est indexé sur le salaire. Là, la nouvelle direction a annoncé que tout allait être mis en une prime fixe et pas indexée », conclut Bruno Bilny.

  • À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    À Avignon, les listes PS et LFI feront front commun dimanche

    Certains diront que c’était cousu de fil blanc. Voir, ce lundi soir, David Fournier (PS) et Mathilde Louvain (LFI) sceller un accord en vue du second tour ne relève pas de la surprise tant les candidats, à l’inverse des anathèmes nationaux entre leurs partis respectifs ou de la situation voisine à Marseille, ne se sont jamais invectivés. À gauche depuis deux mandats, une fusion des listes était impérative pour prendre la relève de Cécile Helle (PS), qui ne se représentait pas. Car dimanche, David Fournier (19,89%) a devancé Mathilde Louvain (19,03%) d’un cheveu (234 voix). Mais le binôme est assez en retrait du duo de tête, Olivier Galzi (DVD, 27,04%) et Anne-Sophie Rigault (RN, 25,52%).

    « On a tremblé jusqu’au bout mais ces tremblements seront utiles aux forces de gauche », se satisfait David Fournier, ce lundi soir lors d’un point presse commun. L’adjoint PS reste tête de liste qui garde son nom, Ensemble et solidaires, quand Mathilde Louvain en sera 4e. Rémy Blanc, conseiller départemental PCF, second de liste initial avec LFI, sera 3e. « Nous avons fonctionné équitablement », assure David Fournier, qui a eu quitus d’Olivier Faure, premier secrétaire du PS, pour cet accord. Mathilde Louvain, à sa demande, ne sera pas adjointe en cas de victoire comme l’ensemble des colistiers insoumis. « Nous voulons avoir un groupe autonome dans une majorité qui soit fonctionnelle et garder une cohérence de vote en toute loyauté », défend-elle.

    Place publique

    et le PRG en retrait

    Avec une acuité sur les marqueurs de son programme, comme le logement social, le contrôle des locations saisonnières ou délégation élargie sur l’action sociale. « Nous faisons front commun contre la droite extrême et l’extrême droite pour plus de justice sociale », souligne l’insoumise.

    Si côté Mathilde Louvain, soutenue aussi par Génération.s membre actuel de la majorité, la volonté de tendre la main à l’autre liste de gauche a toujours été claire pendant la campagne, David Fournier renvoyait la question à « une décision collégiale » au soir du second tour. Seuls une dizaine de colistiers se sont désolidarisés de l’alliance. Fidèles à la ligne rouge récusant tout accord avec LFI, Place publique et le PRG ont respectivement rapidement acté lundi leur retrait. Sympathisant de Place publique, Claude Nahoum, 1er adjoint sortant, un temps maintenu sort finalement bien de la liste.

    Cette fusion promet en tout cas de chaudes retrouvailles entre plusieurs candidats. « L’enjeu et l’intérêt politique sont tels que chacun avalera des couleuvres », sait bien Jean-Pierre Cervantès, élu écologiste d’opposition, retiré de la liste de David Fournier. Son parti va retrouver Sabah Badji, ex-cheffe de file écologiste puis suspendue pour avoir soutenu Mathilde Louvain. Farid Faryssy, ex-insoumis désavoué par le national pour les municipales au profit de Mathilde Louvain, est aussi maintenu (13e), malgré son départ fracassant de LFI. Dans l’autre sens, David Fournier retrouvera Zinèbe Haddaoui, cheville ouvrière du mouvement Avignon collectif. L’adjointe aux sports a été une encartée éphémère au PS, battue il y a près d’un an lors d’un vote interne qui avait mis sur orbite David Fournier pour les municipales. « On a travaillé ensemble pendant deux mandats, ce n’est pas parce qu’on prend une orientation différente que nous perdons les mêmes valeurs », estime la tête de liste. Il assure n’avoir mis aucun veto de noms et inversement. « Au-delà des personnes, ce qui compte c’est les devoirs que nous devons à la population », prévient David Fournier. « On sera là pour le rappeler », embraye Mathilde Louvain dans un sourire. « Il n’y en aura pas besoin », conclut David Fournier.

  • À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    À Avignon, la gauche à jeu égal devra batailler ensemble

    Depuis le début de la campagne, une des certitudes partagées résidait dans le fait que le scrutin serait serré. Cela s’est vérifié, ce dimanche à l’issue du premier tour où il est délicat de prédire qui prendra la succession de Cécile Helle, maire (PS) sortante qui ne se représente pas. D’une courte tête avec 27,04%, Olivier Galzi (DVD) arrive en tête devançant de 1,5% la candidate d’extrême droite Anne-Sophie Rigault (25,52%). Ce duo profite d’un âpre duel à gauche où finalement David Fournier (PS), issu de la majorité sortante, coiffe d’une courte tête (19,89%) l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%). Soit 234 voix d’écart sur plus de 5 000 chacun.

    Derrière, l’entrepreneur Stéphan Fiori (DVD) qui caressait l’espoir d’accéder au second tour, reprendra le chemin de son cabinet d’assurances ce lundi matin puisqu’il n’obtient que 7,39%. Candidature de témoignage, Stéphane Geslin (parti des travailleurs) émarge à 1,23%. Côté participation, moins d’un électeur sur 2 s’est déplacé (52,34% d’abstention) avec de fortes disparités selon les quartiers, parfois avec seulement 25% de participation dans le quartier populaire des Olivades.

    Une alliance en bonne voie à gauche ?

    À gauche, le scénario tant redouté des deux listes au coude-à-coude est donc arrivé. Sur le pur papier arithmétique, elle est en mesure de conserver la ville à gauche. « Cet aspect est inédit et incroyable », se réjouit Mathilde Louvain, « fière d’avoir quadruplé » le score de 2020 porté à l’époque par Farid Faryssy, aujourd’hui candidat avec David Fournier. « On va avoir des discussions », promet la candidate insoumise, soutenue notamment par le PCF et Génération.s. Du côté de David Fournier, qui n’a jamais fermé la porte, ce dimanche soir l’heure était encore à la réflexion entre colistiers quant à une alliance. Rappelons que Place publique ou le PRG, soutiens de David Fournier, ont fait un casus belli de ce rapprochement. « Je pense qu’il y aura une majorité pour une alliance, on est confronté à principe de réalité si on ne le fait pas, c’est la défaite assurée face à la droite et l’extrême droite », confiait-on dans l’entourage du candidat peu après 23h30. Avec la perspective d’une très longue nuit quant à la mise en place d’une nouvelle liste devant respecter les équilibres de chacun. Dimanche soir, Olivier Faure, patron des socialistes, a récusé tout « accord national » avec LFI mais a laissé la place à des ententes au cas par cas.

    Loin de ces maux de tête, Olivier Galzi savoure. « Ils feront bien ce qu’ils veulent, je ne me suis jamais positionné par rapport aux autres mais dans l’intérêt des habitants qui, dans tous les quartiers m’ont placé en tête, constate l’ex-journaliste TV. Mettre en tête un mouvement qui n’existait pas il y a six mois et sans étiquette politique est inédit et prouve qu’il y a une volonté de renouveau. » Quant à Anne-Sophie Rigault, elle semble une nouvelle fois vouer à jouer les opposantes lors du prochain mandat.

  • [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    [Vaucluse] Les profs remplaçants contre le regroupement

    Le soleil pointait tout juste le bout de ses rayons ce vendredi 13 mars qu’une centaine de personnes se sont rassemblées devant la direction académique de Vaucluse. Ils manifestaient à l’appel d’une intersyndicale constituée de l’Unsa, de la CGT Éduc’action, du Snudi FO et de la FSU contre le projet de « départementalisation du remplacement » dans le premier degré.

    Car aujourd’hui, les enseignants remplaçants sont répartis par circonscription. Mais une réforme portée au niveau national souhaite mettre en place en Vaucluse une fusion des titulaires remplaçants (TR), qui interviennent sur des remplacements plutôt courts au sein d’une zone précise et sont rattachés à une école, et des brigades départementales. Ce qui conduit à un remplacement possible dans n’importe quel établissement de Vaucluse à partir de la rentrée de septembre 2026 en l’état. À l’image de Nicolas Jousselme, remplaçant TR. « Je suis dans une zone réduite car souvent, on m’appelle le matin même pour remplacer une absence. Je connais les écoles, les classes, les équipes et c’est bien mieux pour les enfants que si j’arrive dans une ville et un établissement que je ne connais pas », explique-t-il. Et de rajouter « que si on est amené à faire de la distance, on va accumuler de la fatigue, ce qui aura des conséquences sur notre vie personnelle aussi ». « Comment feront les collègues pour aller chercher leurs propres enfants s’ils ont une heure de route ? », s’interroge Tanguy Langlet, secrétaire départemental de Force ouvrière Enseignement. « C’est la souffrance au travail qui augmente. Les gens vont craquer les uns après les autres si on met ce système en place », ajoute Mélanie Saïsse, cosecrétaire à la CGT Éduc’action.

    Plus de postes

    Devant les manifestants, les différents responsables syndicaux ont successivement pris la parole pour évoquer les revendications avant d’aller à la rencontre de la direction académique dans la matinée. Parmi lesquelles le maintien des titulaires remplaçants dans une circonscription précise. « Rien n’oblige réglementairement le directeur académique à ne faire qu’une seule zone de remplacement », assurent les syndicats.

    Mais aussi la création de postes de remplaçants. Car il en manque cruellement sur le territoire, comme dans le reste de la France. Les syndicats estiment qu’en Vaucluse, il manque 50 remplaçants dans le premier degré. « On nous fait croire que cette réforme va résoudre la crise du remplacement. Mais elle vise avant tout à accroître la flexibilité et réaliser des économies budgétaires », assure la CGT Éduc’action. « Elle a déjà été mise en place dans le Gard et ça n’a aucunement résolu les problèmes », insiste Tanguy Langlet. Contactée par La Marseillaise, la direction académique de Vaucluse n’a pas répondu à nos sollicitations.

  • À Avignon, la gauche entend rester papesse en son palais

    À Avignon, la gauche entend rester papesse en son palais

    Depuis les années 80 et la fin de l’époque Henri Duffaut -maire PS de 1958 à 1983-, Avignon aime bien pratiquer l’alternance. Un coup à gauche, un coup à droite avec parfois plusieurs mandats, comme les trois de Marie-Josée Roig (UMP) ou les deux de Cécile Helle, maire PS sortante qui ne se représente pas. Si l’on s’en réfère à l’histoire politique, David Fournier devra déjouer les statistiques. Actuel adjoint (PS) à l’administration municipale, il s’inscrit dans le sillage de Cécile Helle. Mais chaque maire élu pour la première fois a remplacé un maire d’un autre camp politique.

    David Fournier est le dernier rescapé des prétendants internes à la succession de Cécile Helle. Il y a plus d’un an, à la surprise générale, la maire avait annoncé ne pas briguer de 3e mandat, laissant le champ libre aux ambitions de sa majorité. Une très longue séquence, qui s’est décantée il y a un mois lorsque Paul-Roger Gontard s’est retiré de la course. David Fournier a compilé les soutiens de partis (les Écologistes, Génération écologie, l’Après, PRG, Place publique, Parti animaliste). Pourtant pas son favori initial, Cécile Helle a fini par apporter son soutien à David Fournier, acté notamment par sa présence à deux meetings, dont le dernier ce jeudi. « Il incarne la continuité politique mais c’est à David d’écrire la 2e étape de l’histoire », a-t-elle fait valoir. Tout en assumant le bilan, David Fournier promet des pas de côté, misant sur la proximité et une gestion plus concertée et transversale.

    Une autre partie du terrain à gauche est occupée par Mathilde Louvain (LFI), qui a aussi reçu le soutien de partis de la majorité (PCF, Génération.s) ou d’un mouvement citoyen, Avignon collectif. Encore inconnue il y a six mois, cette jeune salariée d’une structure culturelle a su se faire une place dans la campagne, malgré les tensions internes initiales sur sa désignation (son concurrent et insoumis historique Farid Faryssy ayant ensuite rallié David Fournier) et l’impact du drame de Lyon, impliquant des collaborateurs du député Raphaël Arnault (LFI), fort soutien de Mathilde Louvain. Avec un programme « de rupture », elle compte capitaliser sur la mobilisation née des législatives de juin 2024.

    Toutefois, pour que la ville reste à gauche, l’option la plus crédible reste une entente entre les deux listes au second tour. Comme Cécile Helle l’avait fait en 2014 avec le Front de gauche. Ce jeudi en meeting, Mathilde Louvain a posé l’alliance sur la table, récusant tout désistement en cas de seconde place. David Fournier, lui, louvoie à dessein sachant que certains sur sa liste (PRG, Place publique) sont fermement opposés à un tel rapprochement. Notons enfin, la candidature de dernière minute de Stéphane Geslin pour le Parti des travailleurs.

    En face, difficile de dire que la droite est en reconquête tant le cadre classique a évolué. Ni LR, ni Renaissance ne sont officiellement engagés dans la campagne qu’Olivier Galzi a largement préemptée. L’ex-journaliste TV, qui a passé sa jeunesse à Avignon et se retrouve continuellement taxé de parisianisme, s’est lancé, souhaitant mettre « aux vestiaires » les étiquettes politiques mais incarnant la droite locale. En tête d’un dernier sondage serré, il se pose en apôtre du « bon sens ». Il appelle au « vote utile », concurrencé par Stéphan Fiori, lui aussi DVD, un entrepreneur avec des colistiers sans passé politique. S’il dépasse les 10%, il martèle son intention de se maintenir et refuse toute alliance. Enfin, Anne-Sophie Rigault (RN) est la dernière rescapée du scrutin de 2020 où elle était déjà tête de liste. La conseillère régionale, qui a mené un mandat d’opposition de dénigrement permanent, aime à se montrer en reine du quotidien. Preuve d’une absence de totale confiance, le parachutage d’un cadre national du RN avait été envisagé.

  • Quand l’aéroport d’Avignon atterrit dans le débat

    Quand l’aéroport d’Avignon atterrit dans le débat

    Actuellement, les services de la Région sont en pleine réflexion quant à l’avenir de l’aéroport. Le site est actuellement confié à une société satellite de la chambre de commerce et d’industrie, dont la délégation de service public s’achève à la fin de l’année. Sans se projeter vers le futur lauréat, la CCI semble définitivement hors jeu depuis sa mise sous tutelle et, avant cela, les remontrances de Renaud Muselier, président (Ren.) de Région.

    Structurellement déficitaire, sans vols commerciaux depuis 4 ans, l’aéroport questionne sur son utilité. Si la Ville n’a pas la main à 100%, elle a toutefois son mot à dire lors de comités de site ou via les règles d’urbanisme. Dans le sillage du député Raphaël Arnault (LFI) qui y voit un « non-sens écologique et social » et avait interpellé l’an dernier le ministre des transports, Mathilde Louvain est la seule candidate à souhaiter la fermeture de la structure. Pollution atmosphérique, gouffre financier d’argent public sont pointés du doigt par l’insoumise qui veut transformer le foncier existant en agriculture.

    Côté David Fournier (PS), son programme indique vouloir « réduire les nuisances sonores et améliorer la qualité de l’air avec des études environnementales ». Dans son entourage, on récuse tout développement de vols commerciaux et d’aviation privée, qui serviront les intérêts du Luberon ou des Alpilles. Il y a une semaine, David Fournier s’est rendu sur site en compagnie de Raquel Garrido et Alexis Corbière, du parti l’Après. Bien aiguillés par leurs responsables locaux, Yves Marie-Cardine et Frédérique Boyer, également responsables de l’Un-Adrac, association de riverains de l’aéroport. Dans un communiqué, l’Un-Adrac attend de la période « un débat démocratique sérieux sur l’utilité réelle de cette infrastructure, son coût pour les finances publiques et ses impacts environnementaux ».

    À droite, le candidat Olivier Galzi est soupçonné d’entrisme par son récent passé professionnel chez Edeis, qui l’a amené « à avoir géré 17 aéroports de territoire », confie-t-il à La Marseillaise. Sans surprise, « ces infrastructures constituent un véritable atout pour l’avenir ». Non pas en « développant des vols commerciaux vers des villes balnéaires ou vers Paris, mais d’imaginer des infrastructures tournées vers l’avenir, par exemple autour de l’économie des drones », détaille Olivier Galzi, qui croit beaucoup en « l’aviation verte décarbonée, hybride, voire totalement électrique qui pourrait devenir le mode de transport le plus écologique qui existe ».

  • À Avignon, les insoumis tendent la main à l’autre liste de gauche

    À Avignon, les insoumis tendent la main à l’autre liste de gauche

    Au lendemain de David Fournier (PS), l’autre candidate de gauche à Avignon, Mathilde Louvain (LFI) tenait, ce jeudi soir, son ultime grande réunion publique à la salle de Montfavet. Deux salles, deux ambiances, mais un objectif commun affiché : être en tête de la gauche dimanche soir. « La ville est à un tournant, il va falloir tourner à gauche, très à gauche », campe Mathilde Louvain, en maîtresse de cérémonie, donnant la parole à plusieurs colistiers – venus du PCF, Génération.s ou Avignon collectif -, lançant clips de campagne et même un intermède musical avant de laisser conclure Manuel Bompard, coordinateur national de la France insoumise.

    « Nous sommes la gauche la plus proche de l’esprit du Nouveau front populaire, qui tient bon ses promesses, car on ne peut localement se mobiliser contre le logement insalubre et pour l’école et accepter les budgets à l’Assemblée nationale », pique Manuel Bompard à l’endroit, sans le citer, du PS. Le député marseillais s’est attelé aussi à déconstruire « l’extrémisme » dont on affuble son parti. « Est-ce violent que de réclamer des repas de qualité gratuits à la cantine ou du logement social de qualité ? », questionne-t-il. Juste avant, Mathilde Louvain a décliné la même idée. « Notre radicalité fait peur ? Peur des cantines bio et gratuites, de la régie publique de l’eau, de la gratuité des transports », abonde la tête de liste qui a oscillé entre mantras programmatiques (fabrique des communs, démocratie) et punchlines : « L’écologie sans les besoins sociaux, c’est du jardinage » ou Olivier Galzi (DVD), qualifié de « technocrate fascisant ».

    Fusion oui, désistement non

    Mathilde Louvain s’est aussi revendiquée de Louis Gros, ancien maire bâtisseur et député qui avait refusé les pleins pouvoirs à Pétain. La veille, David Fournier, l’a aussi cité en exemple. « Nous travaillerons à une liste unique à gauche, dans le respect de nos marqueurs », annonce Mathilde Louvain quand son concurrent réserve sa réponse après le premier tour. Si côté David Fournier on serine l’idée d’un vote utile, Manuel Bompard répond « vote efficace » pour Mathilde Louvain, car « elle tendra la main pour rassembler la gauche au second tour et battre la droite et son extrême ». « Si on n’est pas en tête à gauche, on sera disponible pour une fusion technique pour constituer un front antiraciste et antifasciste », assure Manuel Bompard déclinant tout désistement, comme certains le réclament. « Pas au programme », certifie aussi Mathilde Louvain.

  • À Avignon, David Fournier joue la rengaine du vote utile

    À Avignon, David Fournier joue la rengaine du vote utile

    À quatre jours d’un premier tour plus incertain que jamais, David Fournier (PS) et ses soutiens jettent leurs dernières forces dans la bataille. Illustration, ce mercredi soir, par une ultime réunion publique dans la salle des fêtes de l’hôtel de ville. Avec comme principal enjeu : arriver largement en tête de la gauche pour s’éviter des nœuds à la tête au soir du 1er tour en vue ou pas d’un éventuel rapprochement avec Mathilde Louvain (LFI). Adjoint au maire sortant, David Fournier conduit une liste, ayant le soutien des principaux partis de gauche, hors PCF et Génération.s, appuyant Mathilde Louvain.

    Parmi les présents, la venue remarquée de Joël Guin, maire (DVD) de Vedène et surtout président du Grand Avignon. « Je souhaite que David gagne », glisse-t-il, se disant déjà prêt à s’opposer à la présidence d’Olivier Galzi (DVD) qui s’il est élu maire d’Avignon souhaite aussi prendre les rênes de l’agglo. Un appui local qui tranche avec les soutiens nationaux qui ont défilé ces dernières semaines. Et ce mercredi soir encore, avec Raphaël Glucksmann (Place publique), qui dans un message vidéo, a appelé à voter David Fournier.

    Social et solidarité en étendards

    Question vote justement, « les élections ne seront pas une formalité », sait bien David Fournier. D’où les appels successifs au « vote utile ». Dans la foulée, vendredi dernier, du militant écologiste et antinarcotrafic, Amine Kessaci, Amin Mbarki, numéro 3 du PS et Cécile Helle ont claironné « le vote utile, dès le premier, c’est nous », insiste la maire, chaudement ovationnée. « Nous n’avons pas de leçon à recevoir dans le combat contre le fascisme, en 2014 et en 2020, c’est nous qui avons battu l’extrême droite », rappelle-t-elle. « Toute dispersion au 1er tour sera en faveur de la droite et de l’extrême droite », prévient Amin Mbarki tout en louant les qualités de fin connaisseur de terrain de David Fournier, « quelqu’un dans l’hyper proximité, pas vu à la TV ».

    Le procès en « imposture » avignonnaise s’est poursuivi à l’encontre d’Olivier Galzi (DVD). « Quand on aime sa ville, on y vit pleinement », glisse Cécile Helle. « Olivier Galzi est un candidat hautain, parachuté, c’est le Pascal Praud de la campagne », tance David Fournier. Le candidat de la majorité sortante veut s’inscrire dans la lignée des maires avignonnais de gauche. Il se pose en véritable acteur social de la campagne, regrettant que la solidarité soit un impensé des autres programmes. « Pour les plus fragiles, nous avons un devoir impérieux de victoire », enjoint-il. « Un printemps humain de proximité arrive », conclut-il, extatique.

  • À Avignon, les familles verront-elles la facture augmenter ?

    À Avignon, les familles verront-elles la facture augmenter ?

    Si son choix est délicat, Cécile Helle nous confiait, mi-décembre à l’heure de tirer un trait sur le conseil municipal, que la remunicipalisation des cantines scolaires est la délibération dont elle est la plus fière. Un projet lancé au tout début du premier mandat de la maire (PS), contre vents et marées. Une décision qui a ensuite permis, lors de ce second mandat, de baisser par trois fois les prix de la cantine. Ainsi, plus de la moitié des élèves déjeunent pour moins d’un euro (80% d’entre eux fréquentent la cantine) avec un tarif maximal de 2,85 euros. Un véritable choix politique – pour lequel le RN et sa candidate Anne-Sophie Rigault avait voté contre en séance – quand on sait que le prix de revient d’un repas est de 12 euros. Joël Peyre, élu aux finances, rappelle souvent que malgré l’augmentation du prix des denrées, cumulée à la baisse des tarifs, le budget cantines restait moins élevé que lors de la privatisation.

    Dans la même veine, Avignon est l’une des rares communes à avoir maintenu les rythmes scolaires sur 4,5 jours (notre édition de ce mercredi), en proposant des activités périscolaires gratuites. Dont l’engagement financier (1,8 million d’euros annuels) est à la charge exclusive désormais de la commune. Les familles ne sont pas non plus mises à contribution lors de l’accueil du matin et la garderie du soir. Toujours côté pouvoir d’achat scolaire, la Ville a mis en place un kit de rentrée, offrant à chaque enfant un nécessaire de fournitures.

    Un héritage, visible aussi à travers la gratuité des musées et des bibliothèques, que Cécile Helle interroge régulièrement ces dernières semaines. Sera-t-il dilapidé, remis en cause, ajusté ? Pour l’heure, aucun candidat ne s’est aventuré à dire qu’il rendrait au privé la gestion des cantines. La plupart comptent revenir à la semaine des 4 jours, remodelant ainsi l’organisation du mercredi. Olivier Galzi (DVD) souhaite « créer un plan mercredi de qualité, structuré avec les associations » et « expérimenter l’élargissement des horaires d’accueil et d’aide aux devoirs notamment pour les travailleurs en horaires décalés ». Une mesure qui resterait gratuite pour les familles, précise le candidat qui compte, en revanche, refaire payer les musées aux touristes.

  • À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    À Avignon, l’action sociale dénonce le manque de moyens

    « À bac +3, une éducatrice spécialisée n’est qu’à quelques dizaines d’euros au-dessus du Smic. » Devant la préfecture de Vaucluse ce mardi 10 mars, entourée d’une trentaine de manifestants, Christine Sebe, animatrice CGT de l’action sociale en Vaucluse, illustre les difficultés du secteur en termes de salaires et de conditions de travail.

    Sous un ciel grisonnant, elle regrette le rejet de la proposition de loi de la sénatrice Annie Le Houerou (groupe socialiste écologiste et républicain) en janvier, ainsi que le refus du patronat de renégocier les salaires. « Ils renvoient ça à la présidentielle. C’est pour cela que l’on voulait marquer ce temps », insiste-t-elle.

    Risque de suppression de postes

    La situation se ressent notamment dans deux établissements vauclusiens. À l’hôpital de Montfavet, une mobilisation cet été « qui a porté ses fruits », confie Ludovic Laffont, élu CGT. « Mais le déficit est toujours là. Donc il y a le risque d’une suppression d’éducateurs, des agents qui sont là depuis des années », ajoute-t-il. Et il pointe comme responsable la création de nouvelles structures comme une nouvelle unité résidentielle « alors qu’il n’y a pas les moyens », poursuit-il. De son côté, Patrice Durand, élu CGT, évoque la situation de l’Institut médico-éducatif du château Mérignargues. Ce lieu accueille des enfants et adolescents en situation de handicap. Mais le responsable syndical regrette que, par manque de moyens, ils se retrouvent « séparés de la pédopsychiatrie alors qu’on se retrouve avec des cas lourds ». « Alors qu’on est à 500 mètres de l’hôpital, on doit appeler le Samu pour intervenir. Il faut jumeler, d’une façon ou d’une autre, avec la pédopsychiatrie », insiste-t-il.