Tag: Avignon

  • Avignon, la piscine Pierre-Reyne en plein remous

    Avignon, la piscine Pierre-Reyne en plein remous

    Le Grand bain à Pierre-Reyne, ce n’est pas pour demain. Fermée pour travaux depuis avril 2025, la piscine du centre-ville devrait être prête à la fin août. Mais on imagine mal Olivier Galzi, maire (DVD) et Cécile Helle (PS), qui l’a précédé et a initié le chantier, se lancer dans un ballet aquatique commun le jour de la réouverture. Une date encore inconnue à ce stade. « Les crédits nécessaires à son fonctionnement (personnel, entretien, énergie, etc.) n’ont pas été inscrits au budget par l’ancienne équipe municipale », nous répond, à nouveau, la Ville. En précisant que « le rejet du compte administratif par le conseil municipal empêche, pour l’instant, l’adoption d’un budget supplémentaire qui permettrait de couvrir ces besoins ».

    Ce budget supplémentaire pourrait se faire au mieux lors du prochain conseil municipal fixé le 24 septembre. Resterait ensuite à faire fonctionner cette piscine, dont la fréquence est soumise au bon vouloir de la majorité et des marges de manœuvre financières qu’elle souhaite y donner. Car, bien malgré elle, la piscine Pierre-Reyne est devenue, aux yeux d’Olivier Galzi, un des symboles d’une « gestion absolument irresponsable ». Le bassin mitoyen de la cité scolaire Mistral a été cité plusieurs fois par le maire dans son chapelet d’exemples pour taper fort sur l’état des finances laissé par la précédente majorité : « On a mis 3,4 millions d’euros pour la réhabiliter, très bien, pas de problème. Mais qu’est-ce qui est prévu en fonctionnement ? Zéro. On n’a pas un sou pour payer l’électricité, l’eau, le chauffage, un mec pour surveiller le bassin. »

    Une accusation dont s’est dédouanée l’ancienne maire, Cécile Helle, dans nos colonnes. « On avait bien précisé que le budget primitif présenté en décembre offrait un cadre global avec les grandes orientations, rappelait-elle. J’assume le budget sur le premier trimestre, mais pas la suite. Vu que la piscine allait rouvrir au plus tard en septembre, c’est au nouveau maire de calibrer la dépense de fonctionnement qui est liée à la réouverture de cet équipement. » L’ex-édile précisait alors que plusieurs scénarios de fonctionnement global des bassins municipaux étaient établis et budgétés avec des versions a minima et a maxima. Libre ensuite au maire de trancher.

    Des budgets toujours malléables sur l’année

    En février, lors d’une visite de chantier, Cécile Helle livrait d’ailleurs un message prophétique, en valorisant son bilan sur les piscines qui ont toutes fait l’objet d’une vaste réhabilitation, de même que le stade nautique : « J’espère que l’équipe qui arrivera sera dans la même gestion que nous, même si cela nécessitera un haut fonctionnement soutenable. » Entre les fortes accusations d’Olivier Galzi et les démentis apportés par Cécile Helle, la réalité est bien moins binaire. Et ce à la lecture des deux derniers budgets annexes des activités aquatiques. Ces outils donnent une somme globale, ventilée sur plusieurs postes de dépenses, mais ne fixent pas au centime près une ligne dédiée au coût de chaque maître-nageur dans telle ou telle piscine.

    Si l’on reprend le budget 2025 de fonctionnement, 2,51 millions d’euros étaient prévus au titre de la gestion des 4 piscines (hors stade nautique). « Ces dépenses intègrent les frais courants et récurrents indispensables aux activités aquatiques (eau, énergie, personnel) », précise la Ville. Un an plus tard, pour le budget 2026, cette somme est quasi similaire à 2,59 millions d’euros. Dans le détail, on constate toutefois une forte baisse sur le volet énergie/électricité, qui passe de 1 million d’euros à 426 000 euros. Sur une autre ligne, les charges de personnels progressent un peu, en un an, de 3,26 à 3,37 millions d’euros.

    Il faut préciser que ces budgets sont votés en décembre sur la base de prévisions et font l’objet de plusieurs ajustements classiques, comme le suggérait Cécile Helle. Par exemple, sur le million d’euros finalement budgété pour l’énergie/électricité, seuls 706 000 euros avaient initialement été provisionnés. Le budget d’une Ville, c’est un peu comme celui d’un ménage : prévisions, gestion d’imprévus et surtout choix politiques.

  • Avignon : la Ville placée en réseau d’alerte financier

    Avignon : la Ville placée en réseau d’alerte financier

    Depuis trois semaines, la situation financière de la Ville fait l’objet de tous les commentaires depuis que la nouvelle majorité s’est émue du « champ de ruines » laissé, selon elle, par Cécile Helle (PS). Un sujet qui a fortement animé le dernier conseil municipal, à la lumière du rapport de la chambre régionale des comptes (CRC), poussant même l’ex-maire à sortir de sa réserve.

    En refusant d’adopter le compte administratif, la majorité avait ouvert la voie à une prise en main par les services de l’État sans aller jusqu’à la mise sous tutelle. À la place, la Ville vient d’être placée en réseau d’alerte des communes en difficulté financière. Le préfet en a informé le maire dans un courrier du 16 juillet, suite à deux réunions il y a près de dix jours.

    Un dispositif qui, en soit n’a rien d’exceptionnel, où chaque année des Villes, agglo ou départements y entrent et sortent. Reposant sur 4 critères (autofinancement, endettement ou potentiel fiscal), ce réseau, créé en 1993, est « un instrument interne à l’administration, destiné à améliorer la prévention des difficultés de certaines collectivités ». Il démontre toutefois une santé financière souffreteuse. « Depuis plusieurs mois, de nombreux indices d’une dégradation de la situation financière de la commune d’Avignon sont apparus. Le rétablissement des comptes ne pourra être atteint sans le renforcement de la maîtrise des process comptables et financiers (notamment en matière de dépense) et par la régularisation des opérations comptables », indique la préfecture dans une note co-signée avec la direction des finances publiques, et que la municipalité a fait part à la presse.

    Selon les services de l’État, « la commune doit contenir ses charges de fonctionnement, en particulier ses charges de personnel et ses charges financières pour retrouver un autofinancement qui doit être consacré au remboursement de la dette, qui reste le problème majeur et prioritaire ». En tenant compte des budgets annexes, elle s’élève à 216 millions d’euros. Autre écueil aux yeux des finances publiques, la chute de trésorerie (-57 % en deux ans), « générant des relations compliquées avec les fournisseurs en attente de paiement ». Enfin, un point apporte de l’eau au moulin de la majorité qui avait dénoncé les nombreuses charges de 2025 qui se retrouvaient sur le budget 2026, « un montant qui ne semble pas correspondre à un niveau sincère des engagements existants de la part d’une commune de cette taille ». Tout en pondérant que « seule la commune peut connaître le montant des rattachements à effectuer en raison du service fait dont le comptable public, n’a pas, par principe, connaissance ».

    Dans ce contexte, préfecture et direction des finances publiques sont aux côtés de la Ville pour mettre en place « un plan de redressement ». Dans un communiqué, la municipalité se targue d’avoir eu « raison de refuser de cautionner les comptes de l’ancienne gestion » lors du conseil municipal le 30 juin. Sur un ton moins vindicatif que précédemment, la majorité Galzi assure que « la transparence totale sur l’état réel des finances de la ville est et restera la règle, les Avignonnais ne doivent pas payer les errements et la mauvaise gestion de la municipalité précédente ». Qui ne devrait pas manquer de réagir.

  • [C’est l’été] Un livre pour tous les comédiens

    [C’est l’été] Un livre pour tous les comédiens

    L’Acteur face à son jeu est un condensé de méthodes diverses pour travailler intelligemment son « métier » d’acteur. Le propos est clair, judicieusement agencé. Chacun peut y puiser ce qui lui manque, ce qu’il recherche sans le savoir. Brigitte Fossey, Isabelle Adjani le cautionnent. Un ouvrage qui devrait figurer dans toute bibliothèque de « théâtreux ».

    L’acteur face à son jeu, 220 pages, Éditions Glyphe – 26€

    En vente à la Librairie du Spectacle, 82 rue Bonetterie à Avignon

  • Avignon : un ultime adieu rendu à Christine Lagrange

    Avignon : un ultime adieu rendu à Christine Lagrange

    L’ancienne conseillère municipale (2008 à 2026) de gauche est décédée brutalement le 7 juillet, des suites d’un AVC. Si depuis de multiples hommages lui ont été rendus
    -la Ville ouvrant en mairie un cahier de condoléances- plusieurs élus, actuels ou anciens, étaient présents ce jeudi pour saluer la mémoire de celle qui fut aussi conseillère régionale et encore candidate, en mars dernier, sur la liste de David Fournier (PS). Ce dernier était présent, tout comme le sénateur Lucien Stanzione (PS), les conseillers départementaux Sophie Rigaut (PS), Laurence Lefevre (DVG) et Samir Allel (EELV), l’ex-premier adjoint Claude Nahoum, André Castelli (PCF) ou Michel Bissière (DVD). Amine El Khatmi et Anne Gagniard ont, eux, prononcé l’oraison.

  • Sophie Binet en soutien des grévistes du Cloître à Avignon

    Sophie Binet en soutien des grévistes du Cloître à Avignon

    En démarrant leur grève il y a près de deux semaines, les salariés de l’hôtel du Cloître Saint-Louis comptaient bien sur l’effet festival pour booster leur mobilisation. On a vu la semaine dernière Jean-Luc Mélenchon venir les soutenir puis, ce jeudi, Sophie Binet. La secrétaire générale de la CGT est restée près de 45 minutes à s’entretenir avec quelques-uns de la dizaine de grévistes de l’établissement 4 étoiles mitoyen du siège du festival In. Et ce quelques heures avant une réunion à la demande de l’inspection du travail, tenue en début d’après midi avec la direction *, qui n’a pas débouché sur des mesures suffisantes aux yeux des salariés, qui maintiennent leur mouvement. « Il y a eu des propositions pour augmenter les salaires de maximum 2% uniquement pour juillet et août en avançant la hausse prévue en septembre par les grilles de convention collective », relate Carlos Acha Moreno, secrétaire de l’UL CGT d’Avignon.

    « Plus la grève dure, plus ça va se voir, je commence à être expérimentée pour conseiller les patrons, sourit Sophie Binet. Tant que le dialogue n’est pas ouvert, les revendications se durcissent, pour la direction comme pour les salariés, il vaut mieux que le travail reprenne le plus vite possible. » « Personne ne veut la mort de l’hôtel », reprend-elle sous l’approbation des salariés, se disant « choquée » que les grévistes aient à réclamer des frigos ou des machines. « La CGT est bien implantée dans des hôtels de luxe à Cannes ou Paris où les salariés ont eu droit à 100% de leur rémunération en chômage partiel, on peut vous mettre en contact avec les camarades », propose Sophie Binet.

    Car parmi les inquiétudes des grévistes figure la fermeture de l’hôtel pour travaux sans réel calendrier ni rémunération complète, et sans réponse lors de la réunion ce jeudi avec l’inspection du travail. « On nous a déjà interdit d’aller travailler à la concurrence », glisse Anna, commis de petits-déjeuners, qui, plus globalement, « n’a jamais connu un tel dédain en 20 ans ». « On n’a eu aucune augmentation autre que le cadre légal, il n’y a pas de 13e mois non plus », peste Ali, plongeur, à cheval aussi sur le Grand hôtel, autre établissement du groupe. Pour lutter contre les fortes chaleurs, des petits ventilateurs portatifs ont été reçus. « On doit les tenir d’une main, c’est très pratique pour travailler », préfère en sourire un salarié.

    * Qui n’a toujours pas répondu
    à nos sollicitations

  • [C’est lété] L’opéra investit le Off avec « La Vie de Bohème »

    [C’est lété] L’opéra investit le Off avec « La Vie de Bohème »

    Les plus grands et les plus populaires opéras ont piqué l’imagination de metteurs en scène que les morts de Carmen, Traviata, Liù, Tosca et autres Mimi, ont toujours fascinée. Trempées dans le mélodrame, ces héroïnes meurent dans d’immortelles arias que nul ne songerait à critiquer. Car l’opéra n’entend pas refléter la réalité, il échappe au quotidien, à la médiocrité de nos petites vies. Il veut transporter interprètes et public dans un ailleurs sublime que les voix et l’orchestre exaltent à l’envi. On pleure volontiers à l’opéra. Non pas de tristesse mais du bonheur physique, impalpable, qui tressaille dans notre corps.

    Olivier Desbordes, mentor de la compagnie Opéra Éclaté la bien nommée, a mis plusieurs fois en scène La Bohème de Puccini, c’est dire s’il connaît l’ouvrage dans la moindre note. Il a décidé d’en gérer une adaptation pour des scènes moins ambitieuses et convaincre ainsi les spectateurs novices en la matière, que l’opéra est un art à la portée de tous, à condition d’y entrer sans préjugés, et de se laisser embarquer dans un voyage hors du réel. Avec La Vie de Bohème, il opte pour une version qui réunit de jeunes chanteurs et musiciens bourrés de talent : certains passent d’un instrument à l’autre, d’autres d’un rôle chanté à un violoncelle. Voilà la preuve que nos jeunes artistes n’ont rien à envier à leurs aînés, même si certains rétorqueront que chanter un rôle entier exige plus de métier. Après tout, n’ont-ils pas toute la vie devant eux ? Oublions le XIXe siècle (la création de La Bohème date de 1896), enfilons blousons cloutés, vestes pailletées et guitares électriques façon années 70-80. Les quatre jeunes gens, artistes affamés mais armés d’une solide détermination à être reconnus, volontiers bambochards, brûlent d’un même Fureur de Vivre. L’arrivée de la petite couturière Mimi court-circuite le cœur de Rodolphe. L’aventure amoureuse est en marche. Puccini aime les fins tragiques qui comblent son appétit pour les généreuses envolées lyriques sur d’intenses lignes mélodiques.

    La représentation qu’il nous est donné de voir à Avignon est une intéressante approche d’une œuvre gorgée des sèves de l’amitié et de l’amour. Les voix sont tout à fait agréables, l’orchestre assure avec panache, la mise en scène papillonne au gré des rythmes et des émotions où se glissent quelques anachronismes (merci Dalida et le disco au Palace !). Si les duos, si célèbres, paraissent un peu longuets c’est qu’il leur manque cette distance avec le public, indispensable pour en goûter toute la saveur. Ne doutons pas que cette Vie de Bohème sortira de sa chrysalide dans une salle mieux adaptée. À Avignon, nous en avons eu la primeur, réjouissons-nous et profitons-en.

    « La Vie de Bohème », tous
    les jours sauf jeudi à 18h10
    à la Nouvelle Étincelle.

  • Les universités vers plus d’autonomie

    Les universités vers plus d’autonomie

    Les quatre universités de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur vont vers plus d’autonomie et vers une stratégie propre à leur développement. C’est en tout cas le sens des Contrats d’objectifs de moyens et de performance (Comp) signés ce jeudi, au rectorat d’Aix-en-Provence, entre Philippe Baptiste, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace et les présidents des universités d’Aix-Marseille (AMU), d’Avignon, de Toulon mais aussi de l’Université de la Côte d’Azur. C’est au rectorat d’Aix-en-Provence que les parties se sont retrouvées pour signer ces contrats, vingt ans après la loi dite Pécresse, actant l’autonomie des universités. Le lieu signe « une marque de confiance », pour le recteur, Benoit Delaunay. La signature de ces COMP – qui engage l’état pour une durée de cinq ans – est une première, en France, qui emboîte le pas à « une phase de préfiguration » lancée en 2025. Le 7 juillet dernier, le Ministre s’était rendu en Nouvelle-Aquitaine, pour signer les six premiers contrats de cette stratégie qui vise à s’étendre sur tout le territoire national.

    « Caps à long terme »

    « Ce qu’on fait, c’est s’adresser à chaque université. On leur demande d’afficher leur stratégie : que voulez-vous faire dans les années qui viennent ? Il n’y a pas deux universités qui sont pareilles. On acte le fait que les universités sont toutes différentes (…) Là on a des différenciations qui sont très fortes, qu’on assume pleinement au travers de ces contrats », déroule Philippe Baptiste face à la presse. Cette stratégie prend en compte, notamment, le modèle économique, la vie étudiante, mais aussi la carte de formation. « C’est pour cela que l’on discute avec la Région, qui est autour de la table et qui vient expliquer quelles sont ses priorités en termes de formation », précise le Ministre de l’enseignement supérieur, qui précisera : « Aujourd’hui, il y a des dotations qu’on donne tous les ans aux universités. En plus de ces dotations, pour ces Comp, il y a une sorte de bonus contractuel en plus, pas loin de 14 millions d’euros, mis sur la table aujourd’hui et qui sera rediscuté, renégocié chaque année (…) Au lieu de faire des pilotages annuels, ou l’on règle les problèmes les uns après les autres, c’est fixer des caps de long terme. Les universités décident ensuite des manières dont elle va utiliser ces ressources additionnelles ». Le ministre insiste : « si on regarde sur les dix dernières années il y a eu un effort budgétaire annuel de l’état qui a cru de manière extrêmement significative. » Du côté de la Région, représentée par Georges Leonetti, conseiller régional spécial délégué à la santé, de la lutte contre la pandémie, de l’enseignement supérieur et de la recherche, on salue « une petite révolution dans le monde universitaire ». à noter que les Crous d’Aix-Marseille et de Nice-Toulon, l’ARS, mais aussi des organismes nationaux de recherche s’investissent dans ce partenariat. « Nous croyons en la décentralisation. Elle sera réussie pour l’enseignement supérieur », ajoute Georges Leonetti. Quand Eric Berton, rappelle qu’AMU, dont il tient la présidence, « a toujours été une université expérimentatrice. Je n’ai pas hésité à aller sur les Comp, parce que je savais avec l’équipe politique et l’équipe administrative que nous allons réussir à atteindre les objectifs. » Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, d’ici la fin de l’année 2026, « l’École Centrale Méditerranée et Sciences Po Aix signeront à leur tour leur Comp, tandis que s’ouvre pour le rectorat la phase de suivi des contrats des quatre universités. »

  • La CGT veut une riposte culturelle face au RN

    La CGT veut une riposte culturelle face au RN

    Des États généraux face à un État toujours moins généreux. Un an après l’appel lancé par le PCF à la tenue de nouveaux États généraux de la culture, le sujet était, ce jeudi matin, au cœur d’échanges en plein festival d’Avignon. Avant une table ronde de représentants politiques de gauche sur le dossier, Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, est montée sur scène au côté de Tiago Rodrigues, directeur du festival d’Avignon. Pour rappel, en toile de fond de cette 80e édition, les acteurs du spectacle vivant multiplient les alertes et mobilisations face au gel des dotations décrété par le gouvernement, laissant de nombreuses structures dans la panade. Une grande manifestation nationale est dans les tuyaux le 26 septembre.

    « Il y a beaucoup de travail pour relancer l’idée d’une culture populaire de qualité qui est aujourd’hui considérée au rabais car de masse », pose Sophie Binet en faisant écho au fait que l’ADN du festival est étroitement lié à l’avènement des congés payés et l’idée de proposer des spectacles accessibles à tous. À ses côtés, Tiago Rodrigues défend sa « mission de service public avec un accès à la création ». Portugais, le directeur du festival ne cesse de vanter le modèle culturel français, si envié à l’international. « Quand j’étais directeur du théâtre national de Lisbonne, j’ai réussi à faire passer la création d’un statut d’intermittent du spectacle au Portugal calqué sur celui qui existe en France », rappelle-t-il.

    Face au fascisme,

    « il faut faire rempart »

    Or, « les mâchoires des politiques d’austérité » sont là « avec des coupes budgétaires en cours d’année », dénonce Sophie Binet. En parallèle, s’ajoutent « le projet idéologique de l’extrême droite qui investit dans la culture » et « les attaques contre la liberté de création avec des discours populistes comme quoi la culture défendrait son petit entre soi bobo », alerte la dirigeante syndicale. Tiago Rodrigues se fait offensif. « On crée une atmosphère pour qu’un directeur ne pratique plus son droit à la liberté de création qui est inscrite dans la loi, il n’y a pas de neutralité, on est un festival progressiste, féministe, antiraciste… mais avec les baisses de subventions et les injonctions idéologiques, on prépare le terrain au fascisme, il faut faire rempart », monte-t-il au créneau, très applaudi.

    « Le plus grand danger est l’autocensure silencieuse, il y a besoin de jouer collectif », exhorte Sophie Binet. Manière de s’adresser aux représentants politiques de gauche qui ont pris la suite sur scène de ne pas (trop) se désunir car « même si l’extrême droite ne gagne pas, elle sera la première force d’opposition ». Une façon de faire passer le message aux représentants de gauche présents dans l’assistance de ne pas partir (trop) désuni à la présidentielle. Et à entendre Pierre Dharréville (PCF), Emma Rafowicz (PS), Sophie Taillé-Polian (Debout), Clémentine Autain (L’Après), Sarah Legrain (LFI) et même Raphaël Glucksmann (Place publique), croisé à l’extérieur du débat, on s’aperçoit que la culture est un dénominateur commun à gauche avec un même constat partagé et des réponses très partagées. « Dans nos aspirations à faire face au danger de l’extrême droite, il y a peu de domaines dans lesquels les discussions que nous avons se déroulent avec ce type d’initiatives communes », apprécie l’ex-député PCF Pierre Dharréville, un des instigateurs de ces États généraux. Et d’appeler à « ne pas regardez ailleurs, ça brûle ici ».

  • Succès de la navette Avignon TGV-Valréas

    Succès de la navette Avignon TGV-Valréas

    « Sa fréquentation est en constante évolution, passant de 930 voyageurs en janvier 2025 à 1 979 voyageurs en juin 2026 », se félicite la Région qui a dressé un bilan la semaine dernière à Malaucène. Ainsi, un véhicule de grande capacité de plus de 50 places, accessible aux personnes à mobilité réduite, a remplacé depuis le 1er septembre le car de 22 places initialement affecté au service. Cette ligne 924 circule toute l’année à raison de 2 allers-retours quotidiens du lundi au dimanche, y compris les jours fériés (sauf les 1er janvier, 1er mai et 25 décembre).

  • [C’est l’été] Les coups pleuvent aussi sur les planches du Festival Off d’Avignon

    [C’est l’été] Les coups pleuvent aussi sur les planches du Festival Off d’Avignon

    Deux frères

    Ils ont été élevés dans la même famille, ont tout partagé : deux frères comme les autres, sauf que… leur père brutalise l’aîné, Renaud. Les gifles pleuvent pour le plus minuscule prétexte, les coups frappent à la volée. René, le cadet, ne subit aucuns sévices. Que cache cette presque indifférence paternelle ? Pourquoi lui et pas moi ? s’interroge René. Toujours très complices, presque fusionnels, ils grandissent. Au fil du temps, leur connivence débusque par bribes tous les non-dits qui pourrissaient leur enfance, les violences subies mais jamais oubliées. Renaud Merviel a écrit ce vibrant hymne à l’amour fraternel d’où il exclut toute forme de jalousie. Il interprète lui-même le rôle de Renaud avec une fougue juvénile, une fervente complicité avec son partenaire qui le lui rend bien. Quelques notes de piano, un accord de guitare adoucissent le blouson en cuir noir qui matérialise la dureté d’un père malfaisant mais qu’on aime quand même ; « Après tout, c’est mon père » bougonne Renaud devant un paternel gisant à terre qu’il faut relever ou livrer à la police.

    Dans cette tranche de vie, Renaud Merviel dénonce sans fioriture le traumatisme des enfants battus et parvient à écrire une comédie où l’on sourit souvent devant cette bouffée d’optimisme qui ne demande qu’à se développer pour en faire une grande pièce. Alain Degois dit Papy, leur metteur en scène, pourrait bien l’y aider.

    Rosalinde

    Bon, d’accord les conditions de la représentation ne sont pas optimales : une cour aménagée en théâtre avec gradins et coques en plastique, une scène avec de grands panneaux noirs en guise de coulisses, et début et fin du spectacle en plein jour, avec bruits de la rue adjacente… Les comédiens sont obligés de porter la voix à un niveau tel qu’il leur est difficile de jouer les nuances. Pourtant la pièce Rosalinde aurait exigé une intimité très british pour cette histoire inventée par James Matthew Barrie, adaptée par Anne-Hélène Landaret, truffée de didascalies qu’une voix enregistrée égrène en douceur. Dans un salon cossu, méridienne et fauteuil de velours bleu ciel, tapis, service à thé anglais, s’avachit Madame Page, 40 ans, et sa domestique Madame Quickly… Ambiance alanguie dynamitée par l’arrivée d’un fougueux jeune homme, fan de Béatrice Page, fille de madame, comédienne. Rosalinde (clin d’œil à Shakespeare) parle avec ironie du vieillissement, des apparences, avec une légèreté un peu factice. Les comédiens, malgré les difficultés dénoncées, s’en sortent à merveille dans une mise en scène de Mélanie Le Duc, élégante et voluptueuse. On la déguste comme un bonbon anglais.

    « Deux Frères » :
    tous les jours sauf jeudi, à 13h
    au Théâtre de l’Oriflamme.

    « Rosalinde » :
    tous les jours sauf mercredi,
    à 18h55 dans la cour du Roi René.