Tag: Avignon

  • Plus de 900 manifestants à Avignon face aux coupes dans la culture

    Plus de 900 manifestants à Avignon face aux coupes dans la culture

    Les derniers magiciens, clowns et artistes finissent à peine leur spectacle public sur la place de l’Horloge d’Avignon, Festival oblige, que presque un millier de personnes se sont rassemblées ce jeudi 9 juillet en début de soirée. Elles dénoncent les dernières coupes budgétaires annoncées dans le monde de la culture.

    Derrière la large banderole « Nous voulons vivre de nos métiers », déployée par la CGT Spectacle, une large intersyndicale du secteur s’est exprimée. Notamment après la confirmation de la ministre de la Culture, Catherine Pégard, lors de sa visite en Cité des Papes ce samedi 4 juillet, de nouvelles coupes budgétaires prévues… « La situation que traverse le secteur est très grave. C’est une hécatombe », confirme Maxime Sochaud, secrétaire général adjoint de la CGT Spectacle. Devant les manifestants, il dénonce un secteur « qui est devenu la variable d’ajustement du gouvernement », assurant que la nouvelle ministre a évoqué des contraintes liées « à la guerre, à la canicule ou encore à l’agriculture ». Et rappelle la demande de son syndicat de porter le budget de la culture à 1 % de celui du pays. Il est actuellement évalué à 0,7 % par les syndicats.

    « On peut être un point de démarrage d’un mouvement bien plus large », impulse Joris Mathieu, coprésident du Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac). « Il faut être conscient de ce qui est en train de se passer. 14,60 euros par habitant et par an pour la culture, c’est une catastrophe », abonde-t-il. « On a des journées de plus en plus raccourcies. C’est un plan social massif qui ne dit pas son nom, car cela menace des milliers de personnes », dénonce une membre du Syndicat national des arts vivants (Synavi).

    Soutiens politiques

    L’occasion aussi pour les personnalités politiques, nombreuses à se rendre à Avignon lors du Festival, de s’exprimer dans ce sens. La députée insoumise Sarah Legrain (Paris, 16e cir.), qui accompagnait le leader du parti, Jean-Luc Mélenchon, et le député local Raphaël Arnault, a pris le micro pour dénoncer un « plan de licenciement géant qui ne dit pas son nom ». Et d’assurer, devant le candidat à la présidentielle, que le parti soutiendra la proposition d’1 % du budget. Tandis que Raphaël Arnault en a profité pour lancer une pique au maire de la ville, « le zozo là-haut », en évoquant la baisse des subventions à plusieurs associations culturelles. Une mesure votée lors du dernier conseil municipal, en juin.

    De son côté, le secrétaire fédéral du PCF Vaucluse, David Pascal, dénonce « des choix profondément politiques ». « Une culture qui appartient à toutes et à tous, quels que soient son quartier, son métier ou son revenu. Chaque coupe budgétaire, chaque projet abandonné, chaque festival fragilisé se traduit par des contrats qui disparaissent, davantage de précarité et des vies rendues toujours plus difficiles », poursuit-il.

  • [Avignon off] Coupables ou non coupables ?

    [Avignon off] Coupables ou non coupables ?

    Que deviennent les enveloppes corporelles enfermées dans leur cercueil, et déposées sous terre ? voilà une interrogation qui a titillé bien des écrivains et auteurs de théâtre. Jean-Paul Sartre trace un Huis Clos étouffant, René de Obaldia exhume deux squelettes féminins condamnés à cohabiter (Grasse Matinée)… Aujourd’hui Aurélie Camus ne prend aucun gant pour déterrer Amaury et Gaspard, condamnés, faute de place dans le tombeau familial, à une réduction de corps qui les placera… l’un à côté de l’autre. Une promiscuité dérangeante pour ces deux cousins ennemis. Ils n’apprécient guère cette situation conflictuelle mais, pour « tuer » le temps ils n’ont d’autre échappatoire que d’engager la conversation, s’ouvrir à la discussion. De souvenirs charmants, en bagarres dérisoires et en injures au vitriol, ils s’engagent inconsciemment dans une psychanalyse pointue pour débusquer et vaincre la culpabilité « mortelle » que tous deux ont vécue : l’un parce qu’accusé du décès de sa mère à l’accouchement, l’autre pour dissimulation de son orientation sexuelle après avoir fait deux enfants à sa femme (à vérifier !). De propos tendus à d’amusants flashbacks sur les points névralgiques de leur courte existence, Aurélie Camus, qui assume tous les rôles féminins avec un plaisir qui saute aux yeux, brode une comédie zinzin où l’on rit franchement tant les situations surprennent, ourlées de dialogues piquants, et bifurque discrètement dans l’émotion. La scénographie de Jérôme Sauvion accentue la bizarrerie du propos avec un décor à transformation qui évite tout temps morts. L’action va bon train, Aurélie (encore elle !) signe une mise en scène à l’image de sa pièce : tonique, ironique. Après Yaourt et Chocolat, Rassemblez les corps ! est sa deuxième pièce qui accuse encore quelques maladresses mais privilégie une spontanéité qu’on lui souhaite de ne pas perdre dans ses pièces futures. Ajoutons qu’elle est admirablement servie par Julien Debuys et Simon Jouannot, jeunes comédiens passionnants et passionnés qui transmettent leur amour du jeu à un public conquis. Leur complicité sur scène renforce une empathie immédiate : sourires mordants, œil enflammé, voilà des morts qu’on aimerait bien côtoyés ! Rassemblez les corps ! rassemble un trio gagnant dans une partie macabre d’où les morts sortent en grands vainqueurs.

    « Rassemblez les corps ! »
    tous les jours, sauf lundi,
    à 17h30 à l’Épiscène.

  • Finances municipales : Avignon bientôt inscrite dans un réseau d’alerte ?

    Finances municipales : Avignon bientôt inscrite dans un réseau d’alerte ?

    La Ville d’Avignon parle déjà d’une « décision particulièrement inquiétante car très rare ». Elle concerne les finances locales, qu’Olivier Galzi, nouveau maire (DVD) qualifie de « champ de ruines », laissé par l’ancienne majorité de Cécile Helle, qui s’en défend vertement. La décision en question serait le possible placement de la commune au sein d’un réseau d’alerte de collectivités en difficulté. Un dispositif pourtant assez courant, où chaque année des Villes, agglo ou départements y entrent et sortent.

    Reposant sur 4 critères (autofinancement, endettement ou potentiel fiscal), ce réseau, créé en 1993, est « un instrument interne à l’administration, destiné à améliorer la prévention des difficultés de certaines collectivités ». Le sujet a été évoqué ce mardi et ce mercredi à l’occasion de réunions entre le préfet, le maire d’Avignon, le directeur des services ou aussi le directeur départemental des finances publiques (DDFIP).

    « Les représentants de la préfecture ont exprimé leurs vives inquiétudes avec notamment un constat de dégradation très rapide de tous les indicateurs financiers concernant 2025 », souligne la Ville, qui en conseil municipal le 30 juin, n’a pas adopté le compte administratif. Ceci entraînant de fait une prise en main du dossier par la préfecture sans aller jusqu’à la tutelle. Sollicitée, la préfecture « indique laisser la main à la mairie de décider si elle souhaite rendre public ou non ce qu’il ressort de sa situation financière ». Quant à la DDFIP, elle « confirme des échanges » mais ne souhaite pas davantage « communiquer ».

  • Finances municipales : Avignon bientôt inscrite dans un réseau d’alerte ?

    Finances municipales : Avignon bientôt inscrite dans un réseau d’alerte ?

    La Ville d’Avignon parle déjà d’une « décision particulièrement inquiétante car très rare ». Elle concerne les finances locales, qu’Olivier Galzi, nouveau maire (DVD) qualifie de « champ de ruines », laissé par l’ancienne majorité de Cécile Helle, qui s’en défend vertement. La décision en question serait le possible placement de la commune au sein d’un réseau d’alerte de collectivités en difficulté. Un dispositif pourtant assez courant, où chaque année des Villes, agglo ou départements y entrent et sortent.

    Reposant sur 4 critères (autofinancement, endettement ou potentiel fiscal), ce réseau, créé en 1993, est « un instrument interne à l’administration, destiné à améliorer la prévention des difficultés de certaines collectivités ». Le sujet a été évoqué ce mardi et ce mercredi à l’occasion de réunions entre le préfet, le maire d’Avignon, le directeur des services ou aussi le directeur départemental des finances publiques (DDFIP).

    « Les représentants de la préfecture ont exprimé leurs vives inquiétudes avec notamment un constat de dégradation très rapide de tous les indicateurs financiers concernant 2025 », souligne la Ville, qui en conseil municipal le 30 juin, n’a pas adopté le compte administratif. Ceci entraînant de fait une prise en main du dossier par la préfecture sans aller jusqu’à la tutelle. Sollicitée, la préfecture « indique laisser la main à la mairie de décider si elle souhaite rendre public ou non ce qu’il ressort de sa situation financière ». Quant à la DDFIP, elle « confirme des échanges » mais ne souhaite pas davantage « communiquer ».

  • Rencontres avec Kafka et Proust au fil des théâtres

    Rencontres avec Kafka et Proust au fil des théâtres

    Darius

    C’est parce qu’il est docteur en pharmacie, parce qu’il s’intéresse à l’œuvre de Marcel Proust, et surtout parce qu’il est le père de Ferdinand, un enfant « différent » que sa pièce Darius vibre d’une authenticité suffocante et d’une poésie distancée. Il met lui-même en scène cette nouvelle version galopante, où l’on danse, où l’on s’esclaffe sur un sourire, où on retient ses larmes par pudeur, où l’on rage au moindre échec, où l’on passe aux aveux quand on ne peut plus les taire. Darius, 19 ans, est cloué dans un fauteuil roulant, lui qui aime voyager, caracoler dans le monde entier, le voilà piégé par des sens évanouis où seuls résistent ses dons olfactifs. C’est donc par les parfums, les flagrances que sa mère veut qu’il continue à courir le monde. Pour cela elle demande à un parfumeur, ou plutôt à un créateur d’odeurs, d’inventer des parfums que le jeune reconnaîtra, aidé par un odorat et une mémoire sensitive surdéveloppés. Pari tenu, pari (presque) réussi. En regardant Catherine Hauseux (la mère) et Félix Pruvost (le parfumeur), on comprend immédiatement combien le sujet les a séduits, combien ils se sont investis dans cette Odyssée hérissée de tant d’espoirs, de désillusions, de victoires. Leurs sourires vainqueurs, leurs cils mouillés, leur gestuelle souple et dansante dans les jolies lumières de Richard Arselin, dynamisent un échange épistolaire qu’on suit avec passion. Un thriller joyeux aux multiples effluves. Ça sent rudement bon au Cabestan !

    L’Homme de parole

    C’est l’histoire d’une rencontre entre une comédienne (Véronique Boulanger) et Grégoire Delacourt. Ils ne se connaissaient pas. Elle l’a accosté, lui a demandé s’il n’aurait pas écrit une pièce théâtre. La réponse la voilà dans cette création 2026 L’homme de parole. Sur scène, un comédien, vêtu façon 1920, doit interpréter Franz Kafka et sa Lettre au père, ce sera sa dernière représentation. Le cœur gros, il délaisse l’auteur austro-hongrois pour se raconter, lui. Son témoignage brûle de vérités assénées l’air de rien, sur notre monde, mais surtout sur celui de l’existence des comédiens. Il choisit la vérité crue et décrit la vie grise des acteurs rongés par le vice du théâtre, ce vampire des âmes et du corps. Sans concession mais avec une tendresse inouïe, il furète dans les méandres d’un métier ingrat, solitaire, mais nécessaire. Et c’est là que le prodige a lieu. Véronique Boulanger, toute menue, à la voix si particulière, efface sur le plateau Véronique et devient ce Comédien. Elle évoque les personnages rencontrés par notre anti-héros : une inflexion de voix, une expression du visage, et le tour est joué ! Véronique, aussi à l’aise dans le boulevard (Lily et Lily avec Michèle Bernier), que dans un théâtre d’idées (Ô les beaux jours !) affirme ici une facette inattendue de son talent caméléon. Drôle souvent, inquiétante parfois, singulière toujours, elle semble ne rien prendre au sérieux, pratique l’autodérision avec panache. Eric Métayer, le metteur en scène, laisse la bride sur le cou à cette comédienne qui sait braver tous les dangers. Sur le plateau, il lui offre une grosse malle, valise miroir, valise refuge, valise-loge, valise cachette, d’où s’exhalent les splendeurs et misères du théâtre.

    « Darius », tous les jours sauf mercredi, à 13h55 au Théâtre du Cabestan

    « L’Homme de parole », tous les jours sauf mercredi à 16h au Verbe Fou.

  • Tecelys : perquisitions au Grand Avignon et chez Joël Guin

    Tecelys : perquisitions au Grand Avignon et chez Joël Guin

    C’est une information qui, selon un observateur du dossier, « devrait faire de bruit dans le landerneau ». La Marseillaise est en mesure de révéler que, ce mardi, trois perquisitions ont été menées à Avignon. Près d’une quinzaine de policiers, mandatés par le parquet de Marseille, ont passé plusieurs heures au siège du Grand Avignon à Agroparc, au sein des locaux de la société publique locale (SPL) Tecelys en Courtine, mais aussi au domicile de Joël Guin. Le toujours maire (DVD) de Vedène était visé en sa qualité d’ancien président du Grand Avignon et PDG de Tecelys.

    Le parquet nous confirme l’ouverture « d’une enquête préliminaire visant des infractions en matière de probité ». Un terme généraliste qui peut recouvrir des motifs de détournement de fonds publics, prise illégale d’intérêt, favoritisme, corruption… La justice s’intéresse donc au fonctionnement entre le Grand Avignon et Tecelys, détenue à 70% par la collectivité, et qui a notamment la charge des transports en commun. Contactés, Tecelys et le Grand Avignon n’ont pas souhaité réagir. Tout comme Joël Guin, qui n’a pas donné suite. Selon nos informations, les enquêteurs se sont longuement rapprochés d’Antoine Planquette, nouveau directeur de cabinet du président Olivier Galzi (DVD), qui hérite de cette patate chaude, mais aussi du responsable des systèmes informatiques du Grand Avignon, qui occupe aussi cette fonction chez Tecelys.

    La CRC comme détonateur ?

    « Je ne tombe pas de ma chaise », lâche un témoin à l’évocation de ces perquisitions. Pour rappel, en octobre 2024, l’affaire Tecelys avait éclaté, dans nos colonnes, avec le départ de l’ancien directeur général des services (DGS) du Grand Avignon. Dans une note très circonstanciée, ce dernier dénonçait le fonctionnement opaque de la SPL et « la dilapidation de millions d’euros d’argent public ». De nombreux éléments, à ses yeux, relevaient de délits. Rapidement, le Grand Avignon avait ouvert le parapluie en commandant un audit, biaisé selon l’ex-DGS, dont les conclusions ne relevaient « aucune irrégularité » (notre édition du 4 décembre).

    Mais tous attendent surtout le rapport de la chambre régionale des comptes (CRC), qui a ausculté, l’an dernier, le Grand Avignon et Tecelys. Une première version provisoire est entre les mains des protagonistes qui préparent leur réponse. Selon nos informations, que le parquet n’a pas souhaité confirmer, les magistrats de la CRC auraient alerté la justice sur le fonctionnement de Tecelys. « C’est sûr que l’affaire va éclater, c’est évident », nous confiait il y a quelques mois l’ex-DGS. On s’y dirige tout droit.

  • Avignon : l’ancienne élue Christine Lagrange est décédée

    Avignon : l’ancienne élue Christine Lagrange est décédée

    C’est David Fournier qui a officialisé la nouvelle. Dans un long post sur Facebook, l’actuel conseiller municipal (PS) d’Avignon annonce le décès de Christine Lagrange, survenu ce mardi 7 juillet, à 63 ans.

    D’abord au PS puis chez les Ecologistes, elle a siégé pendant trois mandats sur les bancs du conseil municipal. Elle était d’ailleurs candidate sur la liste de David Fournier lors des dernières municipales.

    La disparition soudaine de cette ancienne professeure suscite déjà de nombreuses réactions. « Sa pugnacité, son sens politique et sa détermination ont été un apport considérable et nous avons tissé des liens très complices. Ses liens ont continué après la campagne et nous construisions déjà, ensemble pour le futur », souligne David Fournier.

    En 2014, Christine Lagrange avait été élue aux côtés de Cécile Helle et fut son adjointe à l’urbanisme avant de s’en éloigner et mener campagne en 2020 auprès de Jean-Pierre Cervantès (EELV) et mener un dernier mandat municipal. « Nous garderons le souvenir d’une militante déterminée, sincère et investie, attachée à l’intérêt général et aux valeurs qu’elle défendait avec constance », relève Jean-Pierre Cervantès.

    Christine Lagrange avait aussi été conseillère régionale sous Michel Vauzelle et conduit la liste d’union de la gauche en Vaucluse en 2015, actant son retrait au second tour. « En acceptant de retirer la liste qu’elle conduisait pour empêcher l’élection de l’extrême droite, elle a posé un acte fort, salue Michel Bissière, conseiller régional (DVD) et qui a été son voisin de banc lors de la dernière mandature au conseil municipal. Elle a prouvé ce jour-là que l’intérêt général et les valeurs républicaines pouvaient primer sur les calculs partisans. »

    La Ville d’Avignon a également réagi, le maire Olivier Galzi (DVD), adressant ses « plus sincères condoléances à sa compagne Maryline [Croyet, actuelle élue PS], à son fils, à sa famille, à ses proches ». « Au-delà des sensibilités politiques, nombreux sont ceux qui saluent aujourd’hui une femme de caractère, sincère, généreuse et profondément attachée à Avignon. Son sens du dialogue, sa connaissance du terrain et son engagement constant en faveur de la jeunesse, de l’égalité et des valeurs républicaines laisseront une empreinte durable dans la mémoire collective des Avignonnaises et des Avignonnais », indique la municipalité.

  • Hausse du tarif de l’eau : Les citoyens n’ont pas à payer « les erreurs du passé »

    Hausse du tarif de l’eau : Les citoyens n’ont pas à payer « les erreurs du passé »

    En attendant de remettre en avant le débat sur un retour en régie publique de l’eau, qui se posera avant la fin de la délégation de service public en 2028, le collectif de l’eau ne peut que s’émouvoir face à la « situation catastrophique du budget de l’eau au Grand Avignon et de l’impossibilité de financer les investissements indispensables ». L’association réagit, par communiqué, à la brutale hausse de 20% en moyenne de la facture de l’eau pour les usagers (nos éditions du 27 et 30 juin).

    Une décision validée la semaine dernière en conseil communautaire, au cours d’une séance à laquelle a assisté le collectif de l’eau. « Nous regrettons comme certains élus que ce soient les citoyens qui doivent payer cash, et cher, les erreurs du passé de certains qui sont toujours aux manettes de la politique de l’eau », déplore l’association, visant sans le citer Patrick Sandevoir, vice-président délégué à l’eau et l’assainissement. Alors que dans l’opposition, Mathilde Louvain (LFI), et aussi au sein de l’exécutif, Jacques Demanse (PCF), ont appelé à travailler avec le collectif, « contrairement à ce qui a été dit par M. Sandevoir, le collectif de l’eau n’a jamais été entendu sur ces questions et le précédent président a toujours refusé de nous recevoir ». Les seules rencontres ayant eu lieu dans le cadre de commissions obligatoires avec les délégataires Suez et Veolia.

    « La question sociale que nous avons soulevée dans notre lettre ouverte n’a pas reçu de réponse », regrette le collectif qui souhaite une meilleure information auprès des usagers autre que par la seule presse, comme l’a indiqué Olivier Galzi, président (DVD) du Grand Avignon.

  • En Vaucluse, plusieurs massifs interdits d’accès

    En Vaucluse, plusieurs massifs interdits d’accès

    Le cocktail canicule et vent met en alerte considérable face au risque incendie, le Vaucluse étant l’un des 7 départements classés rouge ce mercredi, avec danger feux « très élevé ». Il faut dire aussi que la pluie n’est pas tombée depuis un moment : conséquence, le préfet de Vaucluse a placé le département en vigilance sécheresse (lire aussi page 15) depuis ce mardi.

    Dans la même veine, la préfecture a annoncé, ce mardi en fin de journée, l’interdiction d’accès à 12 des 15 massifs vauclusiens pour ce mercredi. « Il est rappelé à chacun qu’en toutes circonstances, la prudence est de mise à l’intérieur des massifs forestiers pour lesquels l’accès reste autorisé », précise la préfecture, insistant sur le respect « scrupuleux » des règles comme l’interdiction de fumer et d’allumer du feu.

    Une décision qui intervient alors que ce mardi, le préfet Thierry Suquet et Christophe Paichoux, directeur départemental du Service départemental d’incendie et de secours (Sdis) de Vaucluse, ont signé, à la caserne d’Entraigues, le nouveau schéma départemental d’analyse et de couverture des risques 2026-2031. Un document stratégique de 200 pages, qui dresse une feuille de route « qui permet d’adapter l’organisation des secours aux réalités du territoire, à l’évolution des risques et aux besoins de la population », note le Sdis. Ce document prévoit 14 orientations stratégiques, bien au-delà bien sûr du risque incendie.

    Alors que les pompiers vauclusiens réalisent en moyenne 144 interventions par jour, un matériel fiable et moderne est nécessaire. Dans ce cadre, les pompiers ont renouvelé une partie de leur parc véhicule. Il y a une semaine, 10 nouveaux engins ont été présentés, dont une échelle pivotante combinée 33 mètres destinée au centre d’incendie et de secours d’Orange. Elle est « plus compacte que les anciennes générations facilitant ainsi les manœuvres dans les rues étroites », souligne le Sdis. Les casernes de Beaumes-de-Venise et Robion ont récupéré chacune un camion-citerne. Les centres du Thor, Avignon, Bollène, Cavaillon, Carpentras, Sorgues et Valréas ont aussi récupéré de nouveaux véhicules.

  • Avignon : à l’hôtel du cloître Saint-Louis, une grève qui sort des murs

    Avignon : à l’hôtel du cloître Saint-Louis, une grève qui sort des murs

    La touffeur du Festival d’Avignon, les salariés de l’hôtel du Cloître Saint-Louis la vivent au sens propre. Pas de mise en scène alors que les fenêtres de leur établissement quatre étoiles donnent dans la cour où le festival In a son siège. Ce mardi matin, une dizaine d’entre eux a entamé une grève. « Ce n’est qu’un début, on attend une réaction de la direction* qui est absente », prévient Laetitia Pancuvilier, déléguée CGT. Si les problèmes sont latents, le démarrage du Festival, « où l’hôtel affiche complet », ainsi que la canicule n’ont fait qu’accroître le malaise. « Évidemment que le festival permet d’attirer l’attention et faire pression », admet Laetitia Pancuvilier. L’union locale CGT est présente, tout comme Philippe Martinez, ex-secrétaire général de la CGT. « Le festival est une belle vitrine qui n’empêche pas de s’intéresser à tous ceux qui contribuent dans l’ombre à sa réussite, confie-t-il. Là, on voit le décalage entre le prestige d’hôtel et les conditions de travail des salariés. »

    « Il manque des machines à café »

    Au cœur des revendications, l’impact de la canicule. « Les chambres sont climatisées, il fait 26, mais dans les couloirs on peut avoir jusqu’à 46 degrés en ressenti, expose Laetitia Pancuvilier. On souhaite que le bâtiment soit entièrement climatisé. » Plus globalement, les salariés réclament plus de moyens humains et matériels. « Il faudrait que l’on soit une dizaine de plus [sur environ 25 salariés actuellement] pour répondre aux standings d’un 4 étoiles », détaille la représentante syndicale.

    « On sert 170 petits-déjeuners [facturé 18 euros l’unité] en ce moment, il manque des machines à café, des tasses… les conditions d’accueil ont vraiment diminué », constatent sous anonymat, d’autres salariés. « On est à flux tendu, les touristes viennent profiter d’un lieu où on lutte face à des conditions de travail intolérables, on se mouille pour qu’il y ait du chiffre d’affaires, la direction devrait y penser », résume l’un d’eux. Autre revendication, le maintien de salaire à 100% alors que l’hôtel devrait fermer entre 1 à 2 ans pour une lourde réhabilitation et qu’une perte de rémunération de 28% est pour l’heure prévue. Ce conflit, « illustre les conditions de travail pénibles de l’hôtellerie-restauration en général, où les salariés subissent l’éclatement des collectifs de travail et l’isolement d’un établissement à l’autre », expose Carlos Acha Moreno, secrétaire de l’UL CGT Avignon. Depuis plusieurs mois (notre édition du 9 février), le syndicat a entamé un travail de terrain « afin d’unir au-delà des différents établissements et constituer sur le terrain un corps syndical militant ».

    * Contactée, la direction n’a pas donné suite.