Tag: Alpes

  • [Entretien] Renaud Muselier : « Il faut élever le niveau d’organisation »

    [Entretien] Renaud Muselier : « Il faut élever le niveau d’organisation »

    La Marseillaise : Quels enseignements tirez-vous des JO de Milan ?

    Renaud Muselier : Que nous avons plusieurs atouts : l’expérience des JO de 2024, les premiers Jeux décentralisés ont été faits en Italie. Les Italiens ont souffert, mais ils ont réussi des jeux exceptionnels ! Et à ce titre, la matrice d’organisation du CIO va nous faire gagner du temps. Et enfin : le succès de ces Jeux montre l’appétence mondiale du public et des sportifs, des Fédérations, des Ligues… C’est un succès populaire majeur. Cela va nécessiter d’élever notre niveau d’organisation, la leçon c’est que c’est dur, c’est compliqué, mais on va le faire !

    Le comité d’organisation traverse une crise, qu’en pensez-vous ?

    R.M. : Je ne suis pas inquiet car la totalité du dispositif est mise en place : la loi olympique, le budget, une perspective d’héritage, les différentes structures (Dijop, Solidéo, Cojop). On a un problème de l’ordre des ressources humaines à traiter : il faut un Directeur général opérationnel, un responsable de la livraison, un autre de la planification… Je ne suis pas inquiet parce que tous les fondamentaux sont placés. Il y a des soubresauts, il y en a un là, il y en aura d’autres plus tard…

    Les habitants des Alpes demandent de la concertation autour des JO

    R.M. : Je l’entends. On a créé un parlement des Jeux dans lequel on écoute tout le monde et des commissions pour apporter des réponses. Pour les Alpes, cela va permettre d’avoir un train digne de ce nom et le traitement de points noirs routiers, ce que nous n’aurions pas pu faire sans les Jeux. Et il y aura de la concertation dans le cadre des projets. Après, je constate qu’aucun candidat engagé dans les combats légitimes et normaux des élections municipales dans les communes concernées ne dit « non » aux Jeux… Cela témoigne de leur popularité.

  • Unie, la gauche de retour dans la bataille pour Embrun

    Unie, la gauche de retour dans la bataille pour Embrun

    « C’est déjà un point de satisfaction d’avoir pu monter cette liste et rassemblé toutes les opinions de gauche et écologistes », affirme Martine Assandri, à la tête d’« Uni.e.s pour demain » qui rassemble différents partis de gauche comme le PS, le PCF et EELV. Et même si LFI n’y figure pas, elle lui a donné son assentiment. À Embrun, l’enjeu est de taille : déloger la maire sortante Chantal Eymeoud (Horizons) en poste depuis 2001, d’autant plus après les précédentes élections municipales de 2020 où la gauche ne s’était pas présentée.

    Le logement au cœur

    « 25 ans, ça suffit », assène Martine Assandri à propos de sa rivale de droite qui, selon elle, « décide de tout sans tenir compte des avis des uns et des autres. La démocratie locale doit pouvoir enfin s’exercer. Le fil rouge de notre politique est d’associer la population à nos décisions », estime la candidate PS qui place la question du logement au cœur du programme. « À Embrun, la situation est catastrophique. Pour toute nouvelle construction, nous souhaitons un quota d’au moins 30% destiné au logement social », illustre-t-elle, alors que cette commune de plus de 6 000 âmes atteint péniblement le seuil de 11%. « On se demande comment on peut vivre dignement dans un pays de montagne comme le nôtre », développe la candidate qui évoque notamment le sort des travailleurs saisonniers ou agriculteurs qui « traversent des périodes difficiles ». Pour y remédier, la liste « Uni.e.s pour demain » a pour « grand projet d’imaginer à long terme une maison des saisonniers, un lieu destiné au logement mais aussi à l’accès aux droits ». Prochaine et dernière réunion publique prévue le 6 mars à 18h, à la salle des fêtes d’Embrun.

  • D’immenses défis

    D’immenses défis

    Comment faire entrer les Jeux olympiques d’hiver2030 portés par les Régions Sud et Auvergne-Rhône-Alpes, dans une nouvelle ère ? L’équation est compliquée. Notre région, soumise de plein fouet aux effets du dérèglement climatique, se doit d’être un modèle d’adaptation. Et la « nécessaire » neige artificielle, produite pour toutes les compétitions de descente, renvoie à un modèle économique de l’exploitation de la montagne en passe d’être révolue. À moins de vouloir sauver des saisons touristiques à n’importe quel prix dans les prochaines décennies.

    Pérennité et usage

    C’est un des paradoxes de l’organisation des prochains JO dans les Alpes françaises. Sur plusieurs sites, avec ses lignes de train et des transports décarbonés, avec la volonté de devenir un « modèle de sobriété ». L’autre aspect, et non des moindres, tient à l’héritage des Jeux. Les habitants de la région sont dans l’attente d’un véritable « bond en avant » sur la question des transports, que ce soit sur le littoral ou en altitude. La rallonge budgétaire allouée à la faveur des JO pour notamment la Ligne nouvelle de Marseille à Nice, pourrait donner un nouveau souffle fortement attendu pour décongestionner un trafic routier toujours plus dense… Reste enfin les infrastructures. Non seulement pour accueillir les compétitions olympiques pendant une quinzaine de jours mais pour en assurer à la fois la pérennité et l’usage durant des années. Les défis sont multiples et immenses et ces JO exigeront une concertation permanente avec l’ensemble des acteurs. Sous peine de disqualification !

  • Milan passe le relais aux Alpes françaises

    Milan passe le relais aux Alpes françaises

    Après l’attribution de la 116e et dernière médaille d’or aux hockeyeurs américains dans l’après-midi, la cérémonie de clôture des JO de Milan-Cortina a démarré dimanche soir dans le cadre antique des Arènes de Vérone, mettant à l’honneur la « beauté en action » dans un hommage aux arts italiens et à la beauté du geste sportif.

    La Norvège a terminé les JO en tête du classement des nations avec 41 médailles. La France, qui a largement dépassé son précédent record (15 médailles), termine au 6e rang, avec 23 podiums.

    Clôture à Vérone

    Place à l’art ! Le sport a laissé la place à l’art et au spectacle, à Vérone, connue du monde entier comme le lieu du drame de Roméo et Juliette, pour terminer en beauté la quinzaine olympique italienne, avec notamment la traditionnelle parade des athlètes. La biathlète Lou Jeanmonnot, qui a remporté quatre médailles, dont deux en or, portait le drapeau « bleu, blanc, rouge » avec le fondeur Mathis Desloges, qui repart des Jeux avec trois médailles d’argent.

    Comme de tradition, la soirée a servi de trait d’union avec les prochains Jeux d’hiver qui auront lieu dans quatre ans, du 1er au 17 février 2030, dans les Alpes françaises.

    Pour acter la passation entre les deux éditions, le drapeau olympique a donc officiellement été remis aux Alpes françaises, avant l’extinction des vasques olympiques. Une cérémonie qui constitue une petite parenthèse enchantée pour le Comité organisateur des Jeux (Cojop), présidé par Edgar Grospiron et empêtré dans une crise de gouvernance. Dans tous les cas, « c’est un grand moment, un grand moment d’émotion parce que nous ramenons les Jeux olympiques à la France et dans les Alpes françaises ! », nous a confiés Renaud Muselier, le président (Ren.) de la Région Sud. « Les Jeux reviennent à la maison ! », s’est exclamée samedi Marina Ferrari, la ministre des Sports avant même la transmission du flambeau. « Les sites éclatés nous inspirent pour offrir aux Alpes françaises 2030 des infrastructures et une expérience athlète exemplaires », appuie-t-elle. Le drapeau olympique fera son « grand retour » en France lundi à Albertville (Savoie) lors d’une grande soirée sons et lumières, en présence annoncée des médaillés des Jeux italiens.

  • Un cinéma itinérant pour les habitants de zones rurales

    Un cinéma itinérant pour les habitants de zones rurales

    Le but est d’aller dans des communes éloignées d’une salle de cinéma et leur proposer une manifestation culturelle qu’ils n’ont autrement pas. » Salarié depuis 23 ans du cinéma itinérant fondé par Jean-Marie Cayet, Thierry Sapone est l’un des trois travailleurs qui sillonnent les routes sinueuses des Alpes-de-Haute-Provence, au volant de l’un des deux fourgons de l’association chargés de matériel de projection. Avec eux, tout un réseau de bénévoles et de correspondants locaux permet aux habitants des villages les plus isolés d’avoir accès à la culture.

    « Parfois, on doit faire quatre heures de route aller-retour, puis six heures de projection, et les entrées ne couvrent même pas ça, avec notre tarif unique de 6 euros », explique le plus ancien des salariés de l’association. « Depuis la sortie du Covid, c’est compliqué financièrement. Cette année, on est en négatif, les entrées sont en baisse. L’année dernière a été catastrophique », regrette-t-il. « On ne pourra pas faire encore deux ans comme ça. » Chaque séance coûte « entre 400 et 500 euros » à l’association. L’été, les équipes proposent des séances en plein air et partent en binôme. Le reste de l’année, le projectionniste part seul et utilise des salles mises à disposition par les mairies. Les correspondants locaux de chaque commune aident à ouvrir la salle, installer, gérer la caisse.

    35 villages

    et 130 bénévoles

    Le cinéma itinérant se déplace dans « à peu près 35 villages » et a un réseau d’environ 130 bénévoles et correspondants locaux. En termes de fréquentation, « parfois, on fait des séances où il n’y a quasiment personne dans la salle. Là, on a passé le Marsupilami avant-hier à Valensole, on a eu 50 personnes, donc on est contents », se réjouit Thierry Sapone. En moyenne, « on est à 27 entrées par séance. Notre but est de monter à 35, la moyenne nationale des cinémas itinérants. »

    « Quand on va dans des petites communes comme La Palud-sur-Verdon, ils sont à 1h30 ou 2h du cinéma, donc ils sont bien contents quand on arrive ! », lance le salarié. Le cinéma itinérant, classé art et essai, propose aussi bien des films pour enfants que des comédies. « C’est important pour nous, on propose un cinéma de qualité, on ne passe pas que des gros blockbusters », explique Thierry Sapone. Le fondateur du cinéma itinérant, nommé Cinéma de Pays, Jean-Marie Cayet, a passé la main à un nouveau directeur, Stéphane Paillet.

    Prochaines dates à Sausses
    et à Seyne ce samedi 21
     février
    à 18h et 20h30, autres dates
    à retrouver sur le site cinemadepays.fr

  • La première bière 100% artisanale à obtenir le label « Esprit parc »

    La première bière 100% artisanale à obtenir le label « Esprit parc »

    Une levure exclusive 100% haut-alpine entre dans le processus de fabrication de la bière », explique fièrement Jean-Marie Bernard, président du Département des Hautes-Alpes. Guillaume Waille et Jean Escalon, codirigeants de la brasserie Walpine de Saint-Jean-Saint-Nicolas avaient un objectif en tête : élaborer une bière naturelle et locale. Leur désir était que, du houblon au malt, en passant par les levures et l’eau, la bière soit confectionnée à partir de produits naturels et locaux afin d’obtenir le label « Esprit parc ». La brasserie étant située au sein du Parc national des Écrins.

    Un label exigeant qui valorise la passion pour le territoire, les savoir-faire et la nature. Il atteste également que le produit s’inscrit dans un processus écologique qui préserve la biodiversité. Ils se sont mis au travail dès leur retour du Salon de l’agriculture 2024, en collaboration avec le laboratoire départemental pour confectionner une levure 100% haut-alpine.

    Nature et savoir-faire

    « Le partenariat entre la brasserie et le laboratoire départemental a permis la création d’un produit d’une très grande qualité (…)La démarche a permis à La Walpine de décrocher le label “Esprit Parc national”, une véritable consécration pour ce travail partenarial », conclut avec enthousiasme Jean-Marie Bernard. C’est la première bière à obtenir ce label en France. La brasserie Walpine sera présente sur le stand des Hautes-Alpes au Salon de l’agriculture à Paris, du samedi au lundi.

  • À Reillanne, une liste de gauche pour prendre la succession

    À Reillanne, une liste de gauche pour prendre la succession

    Dans sa lettre aux habitants où elle annonçait ne pas se représenter, la maire sortante de Reillanne avait souhaité « un rassemblement de gauche très large et très ouvert ». C’est désormais chose faite avec la liste menée par Simone Chagniard-Marand, déposée en préfecture mercredi matin. Deux communistes et un militant de l’Après font notamment partie de cette liste. « Le programme qu’on défend s’inscrit vraiment dans la continuité de ce qu’a fait la mairie. On envisage de terminer les projets engagés, pas par obligation, mais par conviction », la maire sortante, élue depuis 11 ans, laissant sa place, explique la tête de liste.

    Au cœur des priorités de la liste, nommée Reillanne en commun, la justice sociale, la lutte contre la précarité et le soutien aux associations. « J’ai été élue au cours d’une élection sans candidat. Il y avait un groupement de personnes ouvert à tous, chacun a dit une qualité que devait avoir un maire, puis on a tous voté pour quelqu’un qui y correspondait », explique Simone Chagniard-Marand. Agée de 61 ans, elle travaille depuis 42 ans dans les collectivités locales. « Dans ma carrière, j’ai eu à monter des dossiers pour les élus. Je mets mon expérience au service de mon village, ayant grandi entre Marseille et Reillanne. Même si ma vie m’en a éloignée, j’y suis toujours revenue », avance-t-elle.

    Garder la municipalité

    à gauche

    Garder la municipalité à gauche et veiller à ce que la commune ne vrille pas à droite sont des enjeux importants pour Simone Chagniard-Marand. « Il y a eu des résultats inquiétants aux législatives », regrette-t-elle. « On a voulu que tous les Reillannais soient représentés, et conserver la démocratie, parce que c’était pas le cas s’il n’y avait qu’une seule liste », explique-t-elle. Sa liste est composée de personnes d’âges très variés, comptant notamment des jeunes de 20 et 25 ans, « des gens qui ont choisi de s’installer à Reillanne ». Selon la tête de liste, « cela montre que la vie est belle ici, que le monde est meilleur ici, et donc on va essayer de conserver ça ».

    La liste n’a pour autant pas été constituée sans encombres. « On a eu beaucoup de mal à trouver des femmes qui souhaitaient s’engager. On a beaucoup prospecté. 21 personnes, ça fait beaucoup sur un village », raconte Simone Chagniard-Marand. Parmi les projets de l’équipe, la construction de logements sociaux, l’urbanisation, l’aide aux associations, la création d’une maison des jeunes, la rénovation de l’école, la rénovation énergétique des bâtiments communaux, renforcer l’action du CCAS, rompre l’isolement des personnes âgées, créer un réseau de compostage collectif, des jardins partagés…

    La liste Reillanne en commun est également attachée à « la démocratie vivante », avec un conseil municipal des jeunes, des « comités villageois », un budget participatif et des référendums « pour les grandes décisions ». « Pour tout ce qui impacte la vie des Reillannaises et des Reillannais, on va leur demander leur avis », résume Simone Chagniard-Marand. La liste a par ailleurs la volonté de « maintenir des loyers modérés pour les commerces » afin de les garder.

    « On va assumer de faire une liste et un programme de gauche », promet la tête de liste. « On a des idées communes et on a ce sens du bien commun, l’idée que l’intérêt général doit primer sur les intérêts particuliers », avance-t-elle.

    Sur le marché tous les jeudis
    et dimanches matin. Réunion publique pour présenter la liste le dimanche 8 mars à 10h30
    à la salle des fêtes.

  • Une mise en lumière de la peinture provençale

    Une mise en lumière de la peinture provençale

    On veut mettre en avant nos grands maîtres provençaux », explique Éloïse Massot, membre du service culturel de Sisteron, à l’initiative de cet événement en partenariat avec Arsud. Une sélection de 25 peintures de grandes figures de l’école provençale, telles qu’Émile Loubon, Paul Guigou ou Adolphe Monticelli, permet de mettre à l’honneur cette période, de 1840 à 1950, très riche en peinture pour la région. Le président de l’établissement public Arsud, ainsi que l’élu à la culture de la ville de Sisteron, seront présents sur place pour le vernissage.

    « Un élan de mise en valeur de leur territoire »

    L’école provençale est un mouvement artistique régional regroupant des peintres unis par leur attachement à la à notre région. Elle représentait, par la peinture, les paysages et la lumière du Sud. « Ils peignaient autant la terre que la mer », explique Éloïse Massot, d’où le nom de l’exposition. « Ces artistes, se sont attachés à peindre leur terre avec sincérité, avec un élan de mise en valeur de leur territoire », détaille le peintre George Coulomb sur son site internet. Émile Loubon, figure majeure de ce mouvement, excellait dans la peinture de paysages champêtres et de scènes de vie rurale.

    Espace d’Ornano du musée gallo-romain – entrée gratuite
    Vernissage ce vendredi à 18h.

  • Cette petite épicerie qui« fait revivre le village de Peyruis »

    Cette petite épicerie qui« fait revivre le village de Peyruis »

    C’est le poumon du village, ils le font revivre ! », s’exclame un client en rentrant dans la seule épicerie du village de Peyruis, près des Mées. Parfois, ils sont jusqu’à une dizaine d’habitants à s’y retrouver pour discuter et boire le café le matin. Dans cette commune vidée de ses commerces, qui ne compte plus un seul café, le gérant de l’épicerie, Arnaud Chaumond, 33 ans, ancien éducateur en foyer, a voulu remettre de la vie. Il connaît par cœur les habitués du commerce, les salue tous par leur prénom et adapte ses produits en fonction de leurs souhaits, sur commande. « On peut prévoir des jours où les bananes arrivent vertes, je vais organiser ça pour toi», lance-t-il à Rose, retraitée, qui lui dit les préférer de cette couleur. « C’est mon petit fils adoptif, comme je n’ai pas de petits enfants », explique-t-elle.

    Arnaud Chaumond a stoppé sa carrière dans le médico-social à l’âge de 23 ans: « il n’y avait plus de moyens, ça me faisait mal au ventre. J’ai voulu lier ma passion pour le social avec cette nouvelle vie de commerçant, garder cette proximité avec les gens», confie-t-il. Une autre thématique qui lui tient à cœur est celle des agriculteurs, « laissés pour compte». C’est pour cela qu’il a décidé de les mettre en avant dans son épicerie, en proposant les produits d’une douzaine de producteurs locaux, dans un rayon de 15 kilomètres autour du village. « Peyruis a perdu 80% de ses commerces en 4 ans. Le bar a fermé, l’un des deux restaurants et le tabac aussi», regrette-t-il. Son projet est d’ailleurs de racheter ce tabac. « Je veux juste faire revivre le village !», s’exclame-t-il.

    « Faire vivre les petits producteurs locaux »

    Le gérant vient également de lancer un service de livraison, notamment pour les personnes en perte de mobilité. Il livre lui-même, aux horaires de fermeture de l’épicerie, entre 13 et 16 heures. « ça me fait plaisir parce que ça me permet d’aller au plus près des gens», détaille-t-il. Arnaud Chaumond veut également faire baisser les prix, actuellement plus élevés qu’en grande surface, en faisant appel à un nouveau grossiste. « J’attaque ce problème de prix à bras le corps, il est hors de question que les clients paient trop cher !», affirme-t-il.

    Tous les soirs, le jeune gérant « pianote sur internet à la recherche de nouveaux produits originaux» pour répondre aux demandes des clients, adolescents comme retraités. «Deux baguettes de pain comme tous les jours ?», « Petite mine, ça va ?», «A demain !», lance-t-il à un client âgé. «C’est ce que j’adore ici, cet échange. Les clients sont à l’aise et osent nous dire ce qu’ils veulent.» Dans les prochains jours, Arnaud Chaumond va notamment proposer aux habitants de Peyruis «un plateau de dégustation avec des fromages et des yaourts de la ferme». Il veut ainsi «montrer qu’on peut bien manger avec des produits de qualité à moins de 15 kilomètres de chez soi», avec l’idée de «faire vivre les petits producteurs dans la tourmente qu’ils subissent».

    Dans ses étales, le commerçant vend des fromages de vache frais, des pommes Golden, des pommes de terre, des baguettes de pain, des yaourts aux marrons d’agriculteurs locaux, mais aussi des produits de base, des pâtes, des boîtes de conserve ou encore des surgelés. Né à Martigues, Arnaud Chaumond a ensuite grandi à Fos, puis s’est installé dans les Alpes-de-Haute-Provence pour suivre une formation à Seyne-les-Alpes.

  • [Entretien] « Il est aberrant qu’on soit obligés d’imposer la parité »

    [Entretien] « Il est aberrant qu’on soit obligés d’imposer la parité »

    La Marseillaise : Pourquoi avez-vous décidé de ne pas vous représenter ?

    Michèle Bizot-Gastaldi : Je vais avoir 76 ans. J’ai fait 38 ans de mandat, six mandats et demi. Je pense qu’il y a un moment où on peut pas être pour la retraite à 60 ans et rester à vie. J’ai pris la suite de Paul Corrotti, qui était dans la même conjoncture que moi, c’est-à-dire une municipalité de gauche à direction communiste. Quand il est décédé, en 1987, ses adjoints n’ont pas souhaité ou pu prendre sa suite. J’ai été élue conseillère municipale puis maire en 1988. Ce n’est pas par lassitude, mais je pense qu’il faut un autre dynamisme, un renouvellement.

    Quelle liste soutenez-vous pour les municipales ?

    M.B.-G. : À la Palud, il n’y a qu’une seule liste. Il y a quatre personnes de ma liste qui reprennent, il était prévu depuis longtemps que la tête de liste reprenne ma suite. Il y a d’autres personnes plus jeunes de manière à rajeunir la municipalité. Ils ont mis une étiquette divers gauche. La conseillère municipale Christine Passard mène la liste, et je pense qu’elle a toutes les capacités pour être maire.

    Quelles conclusions tirez-vous de ces six mandats et demi ?

    M.B.-G. : La conclusion, c’est que c’est une fonction magnifique qui vous laisse à proximité immédiate des gens. J’étais médecin généraliste donc ça fait partie de ma sensibilité d’être proche, d’aider et d’apporter ma pierre à l’édifice. Je viens d’un milieu politisé, syndicaliste. C’était logique pour moi que cela se transforme en investissement électoral. Dans une petite commune, l’approche d’un élu est fondamentalement différente. Outre la charge politique, le maire d’une petite commune a une fonction d’organisation, il gère tout. C’est la débrouille. Mon téléphone devait toujours rester allumé. Il fallait une disponibilité totale, en permanence.

    Avez-vous vu évoluer les contraintes administratives ?

    M.B.-G. : Bien-sûr. Quand j’ai commencé à travailler à la mairie, on était en capacité de monter un dossier et de le suivre de bout en bout. Maintenant, il vous faut un bureau d’études pour monter un dossier pour demander une subvention, vous êtes obligé de prendre un maître d’œuvre pour vous aider à réaliser le projet… Cela devient très compliqué et long de monter des projets. Vous n’arrivez pas à réaliser les gros projets dans une mandature. Cela prend des années.

    A-t-il été difficile de respecter
    la parité pour la liste qui se présente
     ?

    M.B.-G. : Pas du tout. Au contraire, on a toujours eu plus de filles que de garçons. Si on les cherche, on les trouve.

    Avez-vous déjà eu le sentiment d’être traitée différemment parce que vous étiez une maire femme ?

    M.B.-G. : J’étais la seule maire femme du secteur. Au conseil départemental, j’ai été la seule femme sur 30 conseillers départementaux. J’avais un ami au conseil général qui faisait une blague : « Quel est le féminin de conseiller général ? », « suppléante ». C’était loin d’être dans les mœurs à l’époque. Quand les conseillers généraux ont eu des suppléants, l’immense majorité, c’étaient des hommes avec une suppléante. J’ai toujours pensé que la parité obligatoire était un mal nécessaire. Au XXIe siècle, c’est aberrant qu’on soit obligés d’imposer une parité. Il faut solliciter les femmes, aller les chercher. Un homme a beaucoup plus de facilités à se mettre en avant qu’une femme.

    Qu’avez-vous réussi à accomplir pour le village ?

    M.B.-G. : La réhabilitation du château qui tombait en ruines, c’était un symbole, le château ayant été récupéré par la population à la Révolution. On s’est beaucoup attachés à ce que l’école soit la plus démocratique possible, en fournissant la totalité des fournitures scolaires, ça fait partie de notre sensibilité sociale, solidaire. On finance une classe de découverte par an. On est dans un village où certaines familles n’ont pas les moyens ni le temps de montrer autre chose à leurs gamins. Donc on s’est toujours attachés à ce que l’école puisse apporter un maximum de choses. On a réussi à réaliser six logements sociaux neufs de type HLM.

    Réunion publique le jeudi 5 mars à 17h30 au château de La Palud-sur-Verdon pour présenter le programme.