Tag: Alpes

  • [Entretien] Charly Extra : « Le système de santé ne permet pas de répondre aux besoins »

    [Entretien] Charly Extra : « Le système de santé ne permet pas de répondre aux besoins »

    Charly Extra raconte à La Marseillaise son quotidien difficile de médecin de campagne, dans une zone très rurale, mais aussi les atouts de la vallée de la Blanche qui font qu’il a choisi de s’y installer et d’y rester.

    La Marseillaise : Comment vous êtes-vous installé en tant que médecin dans la vallée de la Blanche ?

    Charly Extra : J’ai fait tout mon secondaire et ma première année de médecine en Polynésie française, puis j’ai fait ma faculté à Bordeaux et mon internat à Marseille. Quand je suis arrivé ici, je connaissais très mal la ruralité et la vie à la montagne. Je suis arrivé à Seyne-les-Alpes par opportunité, à la fin de mon internat, en 2018, par jeu des connaissances : une médecin qui travaillait à Seyne cherchait des remplaçants. J’ai progressivement pris la suite d’un médecin qui partait à la retraite.

    Pourquoi avez-vous décidé de rester dans la vallée ?

    C.E. : J’ai aimé la pratique en milieu isolé, rural, parce que cela correspondait à l’image que je me faisais de la médecine générale, c’est-à-dire avoir un champ de compétences extrêmement large, de la pédiatrie jusqu’à la gériatrie, les imprévus, la traumatologie (une particularité liée à la montagne). Ce qui m’a fait rester, c’est le côté riche, humain de la pratique médicale ici, avec un contact proche avec les gens. C’est une petite communauté, on connaît presque tout le monde. J’ai aimé la qualité de vie, communautaire, avec les montagnes, la randonnée en itinérance. C’était un coup de cœur.

    Y a-t-il un manque cruel de médecin dans votre zone ?

    C.E. : Oui, il y a un cruel manque de médecins. Cela a récemment été reclassé en zone d’intervention prioritaire, ce qui n’était pas le cas quand je suis arrivé. Une médecin a quitté le cabinet, on n’est plus que deux, moi et mon collègue de 63 ans qui partira bientôt à la retraite, qui a des problèmes de santé et ne travaille plus avec la même intensité. C’est un désert médical, l’hôpital le plus proche est celui de Digne à 45km, c’est environ une heure en voiture. Je suis le seul médecin à faire des astreintes. Je dois avoir un grand niveau de disponibilité, la nuit comme le jour. On est très rapidement isolé. On doit pouvoir gérer des situations très graves seul, avec notre propre équipement.

    Devez-vous passer beaucoup de temps au volant dans le cadre de votre travail ?

    C.E. : Oui. Je travaille sur toute la vallée. On fait des visites à domicile une demi-journée par semaine. Le reste de la semaine, on reçoit au cabinet, en plus des visites imprévues après les journées de travail. On a 60% de programmé et 30% d’urgences. La zone est assez large, il y a beaucoup de route. On peut facilement faire entre 15 et 20 kilomètres pour une visite à domicile. En milieu urbain, je pense qu’ils ont des distances plus courtes.

    Comment peut-on attirer plus de médecins en milieu rural ?

    C.E. : Il faut que l’État investisse dans les services publics nécessaires en ruralité pour que les gens aient envie d’y vivre. Il faut des emplois pour les conjoints, des écoles pour les enfants. C’est très difficile de réussir à accéder aux médecins, il y a beaucoup d’intermédiaires avant. Pour attirer, il faut lutter contre le sentiment de solitude au travail, de se sentir facilement en danger car on se sent trop seul face à des problématiques importantes. Pouvoir faire appel à un confrère dont c’est le domaine lorsqu’on commence à être dépassé par la situation peut être une solution.

    Est-il compliqué pour vos patients de voir des médecins spécialistes ?

    C.E. : On fait partie des départements les moins peuplés de France, l’offre de spécialistes est plus faible qu’ailleurs, il y a des délais importants. Cela demande un dépassement de fonction, du temps de travail supplémentaire. Parfois, on doit demander à nos patients de parcourir de grandes distances, d’aller jusqu’à Marseille. La politique sur les transports liés à la santé n’est pas du tout adaptée aux particularités des territoires. Quand vous avez une vieille dame qui n’a pas de famille dans le coin et qui n’a pas le droit à une prise en charge de son transport alors qu’elle est presque aveugle et que c’est dangereux pour elle de prendre la route, on se retrouve à devoir trouver quelqu’un pour l’accompagner.

  • Le maire sortant de Château-Arnoux-Saint-Auban a rassemblé une centaine de personnes

    Le maire sortant de Château-Arnoux-Saint-Auban a rassemblé une centaine de personnes

    Les habitants de la commune ont posé « beaucoup de questions », se réjouit le maire, abordant notamment leurs préoccupations liées au logement.

    Ils ont également interrogé René Villard et ses colistiers sur les finances de la commune.

    « Ils ont obtenu des réponses précises à toutes leurs questions », affirme le maire. « Il y avait du monde, c’était une bonne réunion publique », se félicite-t‑il.

  • À Sisteron, la gauche s’unit autour d’une liste citoyenne

    À Sisteron, la gauche s’unit autour d’une liste citoyenne

    Solidarité, écologie, justice sociale, protection des services publics… à Sisteron, de « grandes figures de la gauche locales » se sont regroupées autour de valeurs communes pour créer une liste citoyenne d’union de la gauche, « Demain Sisteron ! », explique Sasha Quiles, 25 ans, huitième colistier. « Notre idéologie partagée est le socialisme au sens large », avance le jeune syndiqué CGT.

    Une réunion publique, début octobre, a marqué le véritable point de départ de la liste. « On s’est mis d’accord sur des grands points, comme le fait de déclarer que nous étions apartisans, note Sasha Quiles. On n’a pas eu de tensions : on est assez détachés du national, on n’a pas de querelles de chapelle. » Il ajoute : « Tout se fait de manière démocratique et horizontale. On a chacun nos opinions personnelles, mais au niveau de Sisteron, on est tous d’accord, tout a été fait avec concertation. »

    Les colistiers ont déterminé cinq points principaux pour leur programme. D’abord, recruter des médecins salariés pour renforcer une offre médicale jugée insuffisante au regard de la population. Les candidats sont déjà en contact avec des praticiens intéressés par cette proposition. L’objectif est de leur fournir des locaux et un service de secrétariat qui leur permettrait de se concentrer sur l’aspect médical. « Cela les soulagerait de la partie administrative de leur travail », avance Sasha Quiles.

    Rouvrir les urgences

    « On a un gros souci au niveau des urgences, qui sont fermées très régulièrement en raison d’un manque d’effectifs, de budget et de financements au niveau national », explique le colistier. Les candidats de la liste « Demain Sisteron ! » s’engagent à faire pression pour rouvrir ces urgences.

    La deuxième proposition vise à améliorer l’offre bio et locale dans les cantines scolaires et à instaurer une tarification en fonction du quotient familial.

    Troisièmement, la liste souhaite créer une maison des associations pour fédérer les structures locales, leur offrir des lieux d’accueil et mutualiser les équipements.

    Quatrièmement, elle prévoit un réaménagement urbain pour sécuriser les déplacements piétons et encourager l’usage du vélo. Enfin, les candidats veulent « mettre en place deux lignes de bus reliant le centre-ville aux quartiers périphériques et à la zone commerciale », explique le huitième colistier.

    Samedi, les colistiers organisent un grand porte-à-porte dans le quartier de Beaulieu pour présenter leur programme. Dans ce quartier « abandonné », excentré, historiquement construit pour accueillir des familles harkies, une partie de la population est « laissée de côté », selon Sasha Quiles. Il s’agit d’ailleurs de l’un des quartiers les plus pauvres de Sisteron, selon l’Insee. Un grand meeting festif de fin de campagne est par ailleurs prévu, le vendredi 6 mars, à la salle Alain-Prieur.

    Le binôme qui mènera la liste pour les municipales sera composé de Zoé Lerouge, 32 ans, professeure d’histoire géographie syndiquée et membre d’un collectif féministe, et d’Olivier Jourdan, 35 ans, coordinateur régional d’une association de développement local. Dans le reste de la liste, on retrouve des conseillers syndicaux, des agriculteurs, des retraités, une pharmacienne, un ingénieur ou encore une directrice artistique et électricienne.

    « Je me suis engagée dans cette liste pour être au plus près des besoins des habitants les plus précaires », mais aussi pour « porter une attention particulière à l’écologie et à la lutte contre les discriminations », souligne Zoé Lerouge.

    Les deux autres listes concurrentes sont issues de la majorité du maire actuel, Daniel Spagnou, ancien LR âgé de 84 ans, maire depuis 43 ans, qui ne se représente pas.

    Porte-à-porte samedi 14 février à 14h, quartier de Beaulieu, à Sisteron.

  • Le département des Alpes-de-Haute-Provence valorise ses filières au Salon de l’agriculture

    Le département des Alpes-de-Haute-Provence valorise ses filières au Salon de l’agriculture

    Truffe, pommes golden, lavande, olivier, chèvres… Les différentes productions agricoles des Alpes-de-Haute-Provence seront représentées, fin février, au Salon international de l’agriculture. « Un rendez-vous majeur pour le monde agricole et les territoires ruraux », selon Eliane Barreille, présidente du Département, alors que l’agriculture reste un secteur très important, un « pilier structurant » pour les Alpes-de-Haute-Provence, qui comptent près de 2 000 exploitations.

    Les surfaces agricoles représentent 31% du département, en passant par les courges, les salades, les melons, le raisin, les agneaux ou encore le blé. 30% des exploitations sont spécialisées dans l’élevage ovin ou caprin, et 26% dans les grandes cultures. Le secteur emploie 3 770 personnes dans le département. Pour cette nouvelle édition du Salon, le Département a fait le choix de mettre l’accent sur l’arboriculture, troisième filière la plus importante dans les Alpes-de-Haute-Provence, qui est le troisième producteur national de pommes Golden.

    Les producteurs de pommes rencontrent cependant de nombreuses problématiques en ce moment, comme les ravageurs, les pucerons, le réchauffement climatique, la grêle, la sécheresse ou encore l’accès à l’eau pour irriguer.

    Premier producteur d’essence de lavandin

    Dans cette dynamique de valorisation du territoire sud alpin, une conférence départementale de l’agriculture a été organisée pour la première fois par le Département et la Chambre d’agriculture, en présence de Marc Fesneau, ancien ministre de l’Agriculture.

    Les Alpes-de-Haute-Provence restent le premier producteur national d’essence de lavandin, et forment 383 élèves et apprentis aux métiers agricoles. La filière agricole a favorisé l’émergence d’une filière cosmétique réputée à l’international, avec notamment l’Occitane, entreprise leader du marché. Cela permet aux entreprises locales de conquérir des marchés étrangers, notamment en Asie. 35% des surfaces agricoles cultivées du département sont par ailleurs engagées dans la production biologique.

    Le dynamisme agricole du territoire s’illustre également à travers de nombreuses fêtes locales, comme la fête de la lavande à Valensole, la fête du fromage à Banon, la fête de l’amande à Oraison ou encore le marché aux truffes à Montagnac. De nombreux marchés de producteurs et Amap (Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne) permettent aux agriculteurs de vendre leurs produits dans tout le département.

    Le Salon se tiendra cette année dans un contexte de mobilisation agricole, alors que plus de 110 foyers de dermatose nodulaire ont été identifiés, et pour la première fois sans présentation de volailles, ni de bovins, en raison des crises sanitaires. L’agriculture départementale reste également menacée par la prédation du loup, qui a encore fait 1 450 victimes en 2025. Le département compte 35 élevages parmi les 200 les plus touchés en France.

    Salon international de l’agriculture 2026, du 21 février au 1er mars, au parc des expositions de la porte de Versailles à Paris.

  • Château-Arnoux Saint-Auban : le maire sortant « à l’écoute »

    Château-Arnoux Saint-Auban : le maire sortant « à l’écoute »

    Santé, sécurité, logement, jeunesse, environnement… Le maire sortant de Château-Arnoux Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence) invite les habitants à exprimer leurs inquiétudes, leurs propositions et leurs questions lors de cette réunion participative, ce jeudi soir. René Villard présentera également, à cette occasion, sa liste pour les prochaines élections municipales, renouvelée pour moitié.

    Parmi les projets qui seront abordés et débattus : l’embauche d’un troisième policier municipal, le développement de la vidéoprotection, le renforcement de l’offre de logements sociaux et l’agrandissement de la maison de santé. À travers cette réunion, le maire souhaite coconstruire son programme avec les habitants, en fonction des problématiques qu’ils rencontrent.

    « Donner la parole »

    « Ce qui est important pour nous, c’est le collectif », confie le candidat à La Marseillaise. Militant CGT, communiste et habitant de Montfort, René Villard arrive à la fin de son premier mandat de maire et en brigue un second. Il a déjà mené cinq mandats en tant qu’élu, aussi bien dans la majorité que dans l’opposition.

    « On va écouter ce que les gens ont à nous dire » pendant ce « moment de rencontre », résume Gérard Benoit, premier adjoint au maire de Château-Arnoux Saint-Auban. La fiscalité de la commune sera également abordée, afin « d’agir avec transparence » et de présenter les « investissements et économies » réalisés par l’équipe municipale. Un compte rendu financier sera publié dans chaque bulletin municipal, promet le premier adjoint.

    L’équipe de René Villard souhaite par ailleurs mettre en place un conseil de quartier doté d’un budget participatif, permettant aux habitants de proposer et de choisir les projets dans lesquels investir.

    Lors d’une précédente réunion organisée début février, « les habitants nous ont demandé de parler aussi des petits projets du quotidien, comme l’entretien et la modernisation de nos bâtiments scolaires, de nos routes et de nos trottoirs », ajoute l’adjoint. Ces sujets seront abordés jeudi.

    Solidarité, respect de l’autre, humanisme, attachement aux services publics et démocratie resteront les valeurs au cœur du programme de la liste menée par René Villard, issue de la société civile et nommée « Humain 2026 ».

    La liste concurrente, « CASA 2026 », est menée par Philippe Bertrand.

    Ce jeudi 12 février à 18h, salle joie et soleil, 5 avenue René-Piaton, 04160 Château-Arnoux–Saint-Auban

  • [En images] L’opération « La Marseillaise » se poursuit dans les Alpes

    [En images] L’opération « La Marseillaise » se poursuit dans les Alpes

    Merci aux nombreux bénévoles qui ont vendu plusieurs centaines d’exemplaires sur les marchés de Digne, Manosque, Gap, Sisteron, Château-Arnoux-Saint-Auban, Reillanne… Puis l’opération s’est poursuivie à Forcalquier et Gap ce lundi, à Oraison ce mardi et continuera le 12 février à Gréoux et, enfin, le 13 février à Seyne-les-Alpes. Venez nous rencontrer !

    Merci lecteurs. 12 000 euros de dons. On continue !

    Nos lecteurs sont vraiment en or. Ce mardi matin au courrier, une lectrice nous a fait parvenir un chèque de 350 euros de dons avec un petit mot : « Avec mes excuses de ce retard après votre appel à la souscription. J’ai aussi besoin de vous. » Merci à elle et aux centaines de donateurs qui nous donnent la force d’aller de l’avant. Votre soutien nous honore. Depuis décembre et le lancement de la souscription « pour continuer à exister, pour se développer, pour conquérir les Alpes, La Marseillaise a besoin de vous », 12 000 euros ont été collectés. On continue, ensemble nous allons relever le défi !

  • [En images] L’opération « La Marseillaise » se poursuit dans les Alpes

    [En images] L’opération « La Marseillaise » se poursuit dans les Alpes

    Merci aux nombreux bénévoles qui ont vendu plusieurs centaines d’exemplaires sur les marchés de Digne, Manosque, Gap, Sisteron, Château-Arnoux-Saint-Auban, Reillanne… L’opération s’est poursuivie à Forcalquier et Gap ce lundi et continuera ce mardi 10 février à Oraison, puis le 12 février à Gréoux et, enfin, le 13 février à Seyne-les-Alpes. Venez nous rencontrer !

    Merci confrères !

    La radio des Hautes-Alpes RAM 05 nous a consacré un reportage radio et un article sur son site web intitulé « Alpes du sud : le journal La Marseillaise, doyens des médias régionaux, fait son retour dans nos départements »

    Enzo Maubert a reçu Léo Purguette, président et directeur éditorial de « La Marseillaise », en direct de Chorges lundi sur BFM d’ici pour évoquer le développement de notre journal.

  • [Entretien] Gérard Paul : « Frédéric Puech est un maire qui a fait ses preuves » aux Mées

    [Entretien] Gérard Paul : « Frédéric Puech est un maire qui a fait ses preuves » aux Mées

    La Marseillaise : Vous venez de lancer le comité de soutien à la liste conduite par Frédéric Puech, le maire des Mées, pourquoi avez-vous accepté ce rôle et quelles seront les prochaines initiatives ?

    Gérard Paul : J’ai accepté ce rôle en tant que maire honoraire des Mées. C’est à Frédéric Puech que j’ai passé le flambeau en 2023. Depuis, il a fait ses preuves, c’est un homme de terrain, proche des gens, humaniste, qui a su prendre les grands dossiers en main et être très assidu dans sa fonction de maire. C’est un bosseur, c’est la raison pour laquelle je ne regrette aucunement de lui avoir fait confiance. Je le soutiens pleinement dans cette campagne afin qu’il soit réélu avec toute son équipe renouvelée.

    Pouvez-vous déjà nous dévoiler des premiers noms de membres
    du comité de soutien
     ?

    G.P. : Nous le ferons dans les deux dernières semaines de la campagne mais ce que je peux dire, c’est qu’on est déjà à une centaine de personnes de tous horizons, actifs, retraités, engagés dans la vie associative, anciens élus. C’est un comité très large et qui grandit de jour en jour dont on ne peut que se féliciter.

    Comment recrutez-vous ?

    G.P. : Nous allons au contact de la population, dans les quartiers, au porte-à-porte. La prochaine réunion publique est prévue le vendredi 16 février* et sur le document de campagne qui présente la liste figure un coupon à retourner pour faire partie du comité de soutien. Chaque jour nous arrivent de nouveaux noms, ça témoigne d’une belle dynamique.

    Serez-vous sur la liste cette année ?

    G.P. : Non, je considère qu’il faut passer la main, laisser la place à des plus jeunes, ne pas s’accrocher. J’aide Frédéric au maximum que je peux, il sait qu’il peut compter sur moi à tout moment mais j’ai fait le choix de me retirer. J’ai eu quelques problèmes de santé mais cela ne veut pas dire que je ne serai plus présent dans la vie locale à travers des associations, de mes engagements au niveau social etc.

    Comment percevez-vous le retour de « La Marseillaise » dans votre département après une longue absence ?

    G.P. : Je m’en félicite, je m’en réjouis ! C’est même pour moi une grande nouvelle parce que j’ai été inspecteur des ventes du journal pendant un temps. Ensuite j’ai été
    un diffuseur bénévole assidu de La Marseillaise. C’est vraiment formidable pour le pluralisme, elle manquait au paysage.

    * Réunion publique le 16 février à 18h, salle des fêtes des Mées.

  • Élie Cordier face aux lecteurs à Gap

    Élie Cordier face aux lecteurs à Gap

    la jeunesse

    Amélie Lambiel : Quelles sont vos priorités concrètes pour favoriser l’emploi des jeunes sur la ville de Gap ?

    Élie Cordier : Il faut permettre aux jeunes de se loger et leur proposer des conditions de vie qui leur permettent d’échapper à la précarité ; ce qui est une situation que beaucoup de jeunes, même à Gap connaissent aujourd’hui. Donc augmenter l’offre existante en logement social, faciliter l’accès aux jeunes pour les résidences étudiantes et créer des résidences intergénérationnelles. Favoriser le tissu économique local fait essentiellement de petites entreprises, celles-ci ayant besoin d’avoir plus de visibilité et de soutien au niveau local, favoriser les embauches. Il faut diversifier les formations et l’offre universitaire sur le territoire de notre ville, ce qui va nous permettre de donner plus d’opportunités aux jeunes gapençais qui souhaiteraient rester pour étudier et travailler mais aussi à des jeunes de l’extérieur pour venir s’implanter à Gap. Je dirai que soutenir la jeunesse, c’est un acte politique et une des priorités de la liste Union pour Gap, qui d’ailleurs comprend de nombreux jeunes.

    Amélie Lambiel : Ce sont de beaux projets mais quels budgets comptez-vous allouer pour ces actions ?

    Élie Cordier : On aura un fonctionnement du budget à taux constant pour la ville de Gap. Aujourd’hui la ville dispose de ressources importantes, on est la septième ville de France où le taux municipal pour la taxe foncière est le plus élevé. On va faire le choix de réorienter les priorités budgétaires pour la ville. On ne va pas augmenter les impôts locaux pour ne pas amputer le pouvoir d’achat notamment des jeunes mais travailler à budget constant en ayant d’autres priorités, en particulier sur les actions sociales.

    le Handicap

    Fatiha El Ouannassi : J’ai rencontré une personne en situation de handicap en colère et on la comprend parce que se déplacer en ville, c’est peu ou pas de transport adapté, des trajets refusés, des horaires impossibles, résultat : une liberté amputée. Or, se déplacer est un droit. Que ferez-vous concrètement dès la première année pour améliorer la vie des personnes handicapées ?

    Élie Cordier : La première priorité sera d’associer les acteurs locaux, ce qui ne se fait pas actuellement. De nombreuses associations s’investissent sur les différents types de handicap aujourd’hui. Il faudrait déjà identifier les différents besoins pour des réponses spécifiques. Par exemple, sur le handicap visuel : faciliter les passages piétons. Pour les fauteuils roulants faciliter l’accès aux trottoirs et organiser des places de stationnement mieux adaptées à la voirie. En matière de handicap, il y a ce qui dépend de la commune comme la voirie, les transports urbains qui dépendent de la communauté d’agglomération et aussi l’accessibilité des lieux privés qui dépendent de leurs propriétaires pour la mise en conformité avec la loi. Il y a un énorme travail à faire en centre-ville de Gap avec un bâti plutôt ancien qui est à mettre aux normes et en conformité pour l’accessibilité. Nous avons un premier volet qui dépend de la mise en accessibilité des lieux publics mais qui n’est pas encore tout à fait abouti. Par ailleurs, la mise en accessibilité des transports urbains devra être mise en pratique avec le renouvellement de la flotte de transports. L’accessibilité des trottoirs, la correspondance des passages piétons et des trottoirs importe beaucoup pour les déplacements des personnes à mobilité réduite, on ne s’en rend pas compte quand on est valide. Il faut aussi accompagner les commerces privés qui accueillent du public pour être en conformité et tout simplement appliquer la loi. On va être bientôt dans le 21e anniversaire de la loi de 2005 sur la mise en accessibilité. Il reste énormément à faire et on a un vrai travail à mettre en place en associant tous les acteurs du territoire. Il faut recenser, écouter, dialoguer et agir.

    Fatiha El Ouannassi : Que proposez-vous pour les transports accompagnés ?

    Élie Cordier : La chance que nous avons à Gap, je tiens à le rappeler, c’est que des élus de gauche se sont mobilisés il y a plusieurs décennies pour faire de Gap une des premières villes à avoir des transports urbains gratuits. Évidemment, cette gratuité doit être préservée. Nous maintiendrons donc cette gratuité et le service à la demande qui existent déjà. L’idée est bien sûr d’amplifier ces services. Toutes ces mesures représentent un enjeu important : lutter contre l’isolement des personnes âgées ou en situation de handicap et créer du lien social.

    la santé

    Michel Garcin : Il est très difficile de trouver un médecin généraliste à Gap, quant aux dentistes et spécialistes, il faut aller à Aix-en-Provence. Avez-vous engagé une réflexion pour faire venir des médecins dans notre ville ?

    Élie Cordier : Plus qu’une réflexion, c’est une de nos priorités. Je suis extrêmement étonné que nous soyons la seule liste pour ces élections à parler réellement du sujet d’accès aux soins. J’entends dire que ce n’est pas un sujet municipal mais qui dépasse la commune comme si on ne pouvait rien faire en la matière. Comment attirer des médecins connaissant le problème de pénurie nationale ? Notre projet phare sera d’implanter un centre municipal de santé (CMS). Dans un CMS, la ville prend à sa charge une infrastructure, le secrétariat, l’entretien pour libérer du temps aux médecins, à la différence d’une maison de santé où la commune se contente de délivrer un permis de construire. Cela fait donc appel à un nouveau type de professionnels de santé qui souhaitent être déchargés des tâches administratives pour se libérer du temps médical, avoir un rythme de vie plus équilibré entre vie professionnelle et privée. Par ailleurs, ce CMS vient en lien avec les dispositifs existants, hôpital public CHICAS, polyclinique des Alpes du sud et médecine de ville. Cela facilite de plus l’accès aux soins en étant sur une tarification en secteur 1. Nous sommes là au cœur du service public municipal.

    la Pauvreté

    Jacqueline Amouriq : Sur le programme d’Union pour Gap, on a vu que vous voulez travailler sur tous les quartiers. Pourriez-vous nous préciser ce que vous avez l’intention de faire dans tous ces quartiers où les gens sont en grande difficulté ? Je rappelle que le taux de pauvreté à Gap est de 15%.

    Élie Cordier : Je constate dans les consultations citoyennes et le travail de porte-à-porte, une précarité qui devient de plus en plus palpable. Tout d’abord, lutter contre la précarité suppose bien évidemment de favoriser le développement d’entreprises pour augmenter la création localement, cela suppose également une action dynamique de la commune pour désenclaver le territoire gapençais. On dispose de plusieurs outils au niveau de la commune pour identifier et accompagner les gens en situation de précarité : le premier travail étant d’avoir une vision claire de qui doit être accompagné en priorité, pour cela, le Centre communal d’action sociale (CCAS) est un outil privilégié. On constate des logements avec des températures de 12-13 ou 14°C en hiver dans des immeubles très mal isolés, donc, il y a des programmes massifs à mettre en place avec l’Office public de l’habitat 05 (OPH 05) pour rénover, requalifier ces logements. Il convient aussi de recréer une vie de quartier et de faciliter l’accès aux transports urbains car tout le monde ne peut pas se permettre d’avoir une voiture. Par ailleurs, il y a également un enjeu d’accès à la vie associative, sportive et culturelle. C’est pourquoi nous proposons un PASS Jeunes qui donnera un accès facilité à une inscription dans un club de sports ou une association culturelle et permettra de recréer du lien social. Plus largement, nous rencontrons des personnes en situation d’isolement qui ne voient personne de la semaine. Ces situations contribuent au sentiment d’insécurité. C’est là où la commune peut agir par un travail d’action sociale et par un travail sur des sujets de sécurité en développant des effectifs de police municipale et de médiateurs pour favoriser le travail de proximité et de lien avec la population. La tranquillité et la sécurité ne doivent pas être uniquement une affaire de répression mais il faut aussi un dialogue, une écoute, une proximité.

    les violences faites aux femmes

    Jacqueline Amouriq : Quelles propositions faites-vous pour répondre au problème des violences faites aux femmes ?

    Élie Cordier : La ville de Gap doit soutenir des acteurs qui font un travail formidable : une association, le Centre d’information sur les droits des femmes et des familles (CIDFF 05) qui fait un travail important en matière de repérage et d’accompagnement des situations difficiles. La commune doit assumer un rôle en termes d’hébergement d’urgence. Quand on détecte une situation de violences, il faut que la ville soit là pour accueillir immédiatement car les solutions proposées par l’État ne sont pas suffisantes. Il y a un modèle qui fonctionne bien, c’est celui des appartements relais municipaux. Ces appartements relais, une fois instaurés à Gap, permettraient d’accueillir sur une période de 6 à 12 mois la personne victime de violence le temps de retrouver une solution pérenne. Repérer, écouter, c’est le minimum, il faut proposer des solutions temporaires en urgence pour prendre en charge les femmes victimes de violence.

    la végétalisation

    Jacqueline Amouriq : À Gap, on a de belles places mais tout cela est minéral, est-ce qu’on peut y remédier et reverdir la ville ?

    Élie Cordier : La végétalisation est effectivement une priorité de notre programme. Aujourd’hui, en ville de Gap, on a un site fortement minéral et je vois les permis de construire délivrés et l’artificialisation à outrance alors que le nombre d’habitants n’augmente pas. On a l’impression que la politique urbanistique se limite à construire, construire, construire… En termes de végétalisation je distinguerai celle qui concerne le centre-ville et l’hypercentre qui est la partie la plus minérale de notre commune et celle de la ville dans son ensemble. Sur la végétalisation de cet hypercentre, c’est évidemment un enjeu d’une ville plus verte, plus agréable à vivre, plus esthétique. C’est aussi un enjeu de résilience du territoire contre le réchauffement climatique, des canicules et des risques naturels. Notre ville est aujourd’hui vulnérable face aux pluies diluviennes et aux risques d’inondations. Nous sommes en effet sur un site minéral situé en fond de vallée. Il faut donc que nous soyons une ville protectrice capable de lutter contre les risques naturels en arrivant à limiter et réduire l’artificialisation des sols, à végétaliser, à reverdir et à faciliter l’écoulement de l’eau. L’accès à la nature est facile autour de Gap car on a des sites majestueux comme le domaine de Charence, les collines de Saint-Mens et de Puymaure qui sont une richesse mais qui ne doivent pas occulter la nécessaire végétalisation des lieux et des espaces de vie. Cette végétalisation doit aussi avoir lieu dans toute la ville , par exemple, ponctuellement des petits marchés de quartiers qui pourraient recréer de la vie sur des places qui deviendraient agréables à vivre ou encore faciliter un libre accès à la culture avec du mobilier urbain, avec des livres, qui pourraient s’insérer dans le paysage. Une idée qui peut paraître anecdotique : l’installation de bancs dans un quartier ou sur une place, c’est recréer de la vie, un moyen pour les habitants de tisser du lien, d’échanger entre eux. Comme cela, on crée une ville plus verte, une ville agréable, accueillante et vivante.

    l’eau

    Michel Garcin : La ressource en eau pour la production d’eau potable concernant la ville de Gap se trouve essentiellement dans le Champsaur. Peut-on considérer qu’une erreur majeure a été commise par le maire actuel en s’extirpant du syndicat intercommunal qui gère la ressource du Drac. Quelle action comptez-vous entreprendre pour rétablir ces relations ?

    Élie Cordier : Concernant l’approvisionnement en eau, le sujet est simple, c’est retrouver le chemin du dialogue. Aujourd’hui nous avons à Gap, préfecture des Hautes-Alpes, une ville qui ne parle plus aux élus du Champsaur pour des questions de mésentente personnelle et de discordes individuelles d’élus avec d’autres élus. Le problème, c’est que le territoire est perdant en la matière. L’eau est un bien commun, il est normal que chaque territoire défende ses intérêts mais il faut aussi avoir la capacité d’aller plus loin et de défendre les intérêts du territoire tout entier. Aujourd’hui l’insécurité de l’alimentation en eau potable qui pèse sur Gap est un réel problème dont nous n’avons d’ailleurs pas suffisamment conscience collectivement. On est passé plusieurs fois devant un risque majeur que la commune ne puisse plus être alimentée en eau potable. Je vous rappelle que la ville est une commune agricole, donc on a un double problème, l’approvisionnement en eau pour la population et pour les activités agricoles. Et moi, je voudrais relier le sujet des ressources, de l’approvisionnement en eau avec celui du réseau. Ce dernier a été confié par la majorité actuelle au privé, à Véolia, par le biais d’une délégation de service public de 12 ans. Confier un bien aussi précieux que la ressource en eau à une entreprise privée pour cette durée pose évidemment un problème de souveraineté pour la gestion de notre réseau pour les prochaines années. Or, l’enjeu actuel est que pour un litre d’eau potable à Gap, il y a entre 1 litre sur 3 et 1 litre sur 4 perdus au niveau du réseau. Il conviendrait donc de se réapproprier le réseau d’eau par une régie municipale. Nous faisons confiance à une gestion publique de l’eau, on parle de quelque chose qui n’a pas à être une prérogative du secteur privé, on parle d’un bien commun. La réappropriation du réseau d’eau par une régie municipale sera une priorité mais je ne peux le dire pour le prochain mandat car la commune est liée à Véolia pour les 12 prochaines années donc ce sera un enjeu à moyen, voire à long terme.

    la Culture

    Amélie Lambiel : En ce qui concerne la vie culturelle, quelles sont vos propositions ?

    Élie Cordier : Le projet phare en matière culturelle sur le prochain mandat, ce sera la création d’un pavillon de la culture et de la vie associative car il y a un manque aujourd’hui en termes d’espaces de travail, de répétition et de création pour les associations de la ville de Gap. Je rappelle que la ville de Gap comprend plusieurs centaines d’association, c’est une des villes les plus riches en matière de vie associative mais il faut la soutenir. Ce pavillon de la culture doit être un lieu de rencontre, de création et d’émulation entre différentes disciplines artistiques. Il faut également capitaliser sur l’existant pour l’amplifier et le rendre plus dynamique, cela passe par des subventions pluriannuelles pour donner plus de visibilité aux associations, par des facilitations d’accès aux salles municipales et par un soutien financier accru à nos infrastructures, notamment au Tempo, au Quatro et à la médiathèque. On a la chance d’avoir une scène nationale à Gap, il faut également la soutenir en terme financier et sur l’aspect des locaux. On a une salle de concert formidable qui pourrait accueillir encore plus de concerts si les moyens étaient au rendez-vous. On peut imaginer un festival des musiques du monde ; pourquoi ne pas imaginer un salon du livre thématique qui pourrait avoir lieu en fin de printemps. On a une cinémathèque d’images de montagne, un lieu unique en France qui réunit toutes les archives du cinéma de montagne sur des dizaines d’année, un patrimoine richissime en la matière que peu de Gapençais connaissent pour le moment. Donnons à cette infrastructure les moyens de travailler et œuvrons autour de l’identité culturelle du territoire. Nous sommes en effet un territoire carrefour, une ville au carrefour entre la montagne et la Provence, entre la France et l’Italie proche, un territoire qui ne sait pas vraiment se définir, il y a une identité de l’entre-deux, il faut donc mettre la création culturelle au cœur du territoire. La culture est menacée par la baisse des crédits alloués au niveau national et par une offensive réactionnaire qui se met en place au niveau mondial.

    la Sécurité

    Fatiha El Ouannassi : Pensez-vous renforcer la présence de la police municipale et des médiateurs à Gap ?

    Élie Cordier : Aujourd’hui l’immense majorité des moyens alloués par la commune pour la sécurité et la tranquillité publique sont mis dans des caméras vidéo. 500 caméras à ce jour, ce qui, après la ville de Nice fait de Gap le taux le plus élevé de caméras par habitant. Aujourd’hui on constate une démagogie totale qui consiste en une sécurité d’affichage puisque la majorité actuelle se targue d’installations massives de caméras, sauf, que le soir et le petit matin, personne n’est au centre de supervision urbain pour pouvoir intervenir à l’aide des caméras si besoin. Lors d’un cambriolage ou d’un délit routier, c’est bien beau d’avoir des caméras si personne n’est présent pour aiguiller ou aider sur les interventions. Donc, on pourra toujours réfléchir à des installations ponctuelles de vidéosurveillance là où cela paraît nécessaire mais la meilleure façon d’assurer la sécurité de nos concitoyens, c’est de mettre le paquet sur les moyens humains. Aujourd’hui, dans la ville de Gap les effectifs sont de 20 officiers municipaux, on a donc un taux dans la ville de Gap qui est plus faible que la moyenne nationale. Les policiers municipaux sont ceux qui sont le plus en capacité de faire le travail de lien avec la population, d’identifier les situations problématiques particulièrement dangereuses avant qu’elles ne dégénèrent en conflit et en délinquance. La police de proximité est le meilleur dispositif pour faire du lien et on peut bien sûr imaginer la présence de médiateurs dans les situations qui le nécessitent.

    les jO

    Michel Garcin : Concernant les Jeux olympiques de 2030, ici, à Gap, il n’y aura rien, les épreuves de patinage espérées auront lieu à Nice. Selon vous, quel sera l’impact des JO sur la ville de Gap ?

    Élie Cordier : Si de l’argent olympique avait été attribué à la ville de Gap, il aurait dû aller aux infrastructures durables qui auraient pu bénéficier à la population dans le temps (des chantiers importants tels que la rocade de Gap ou celui d’un centre majeur à requalifier qui est le site de Gap Bayard. Aujourd’hui, ce ne sera pas le cas, c’est peut-être une opportunité ratée mais, en tout cas, il y a eu un attentisme et une passivité qui ne fait que des perdants. C’est-à-dire qu’on n’a pas la volonté de se dire qu’il y a peut-être des financements à aller chercher. Si demain, je suis élu maire de la ville de Gap, l’idée, c’est d’aller défendre les intérêts des Gapençais et des Gapençaises.

    Amélie Lambiel : On n’a pas d’épreuves des JO à Gap mais il va y avoir beaucoup de passages et de touristes. À ma connaissance, il n’y a qu’une ligne de bus et de train pour aller jusqu’à Briançon. La mairie peut-elle agir sur le sujet ?

    Élie Cordier : La mairie ne peut agir seule mais elle se doit d’agir. Actuellement, il n’y a aucune action mise en place par exemple, pour défendre la ligne de train Paris-Briançon qui est une infrastructure majeure de desserte de notre territoire au même titre que la rocade de Gap. Sur ces dossiers, les maîtres mots sont passivité, attentisme et absence de résultats. Encore une fois, la mairie ne peut pas tout faire, toute seule, mais si on ne se donne pas les moyens, tout au moins d’essayer d’obtenir des résultats, ce qui est certain c’est qu’on n’obtiendra rien. Je pense que, demain, il conviendra d’avoir une attitude combative. Un maire doit gérer les affaires de la commune mais aussi être capable de sortir de ses prérogatives strictes pour aller porter ses dossiers au niveau national, avoir une influence auprès des ministres, des élus nationaux, des instances comme SNCF Voyageurs ou autres pour défendre les intérêts de la commune. Tout le monde peut s’accorder à dire que le compte n’y est pas et que les résultats ne sont pas là. Demain, on ne peut pas promettre que nous arriverons à rétablir un train de nuit qui roulera de manière régulière et qui soit tous les jours à l’heure mais on s’engage sur le fait qu’on va tout faire pour améliorer la situation et se battre comme des beaux diables. Je crois qu’aujourd’hui, ce minimum-là n’est même pas atteint par l’équipe en place.

    Michel Garcin : Il semblerait que la municipalité actuelle soit enfermée dans un carcan, elle ne parle à personne sur le territoire et il apparaît que sur les dossiers importants on n’ait pas su mettre la ville de Gap en avant ?

    Élie Cordier : Et cela, surtout, pour des questions de conflit personnel, le problème est là. Quand on représente une collectivité territoriale, on ne se représente pas soi-même, on représente l’ensemble d’un territoire, l’ensemble d’une population. La personne de l’élu, son identité propre doivent passer au second plan. Dans cette situation, Gap est largement pénalisée, sur de nombreux sujets. Avec la mairie actuelle, nous constatons une absence d’anticipation en matière d’infrastructures, une passivité et des questions de conflits même avec des élus à la tête d’autres collectivités territoriales, de sorte que Gap est aujourd’hui paralysée. Ce qui manque encore une fois, aujourd’hui, c’est une volonté d’avoir ce travail d’hyperactivité politique pour travailler au désenclavement de Gap et de manière plus générale des Hautes-Alpes et Alpes du Sud. C’est un enjeu d’égalité d’accès aux services publics et entre les territoires.

    Focus sur les lecteurs

    Amélie Lambiel, jeune diplômée, en recherche d’emploi

    Michel Garcin, retraité, engagé sur les sujets santé et environnement

    Fatiha El Ouannassi, fonctionnaire en activité

    Jacqueline Amouriq, retraitée, bénévole dans le domaine des solidarités

  • [En images] « La Marseillaise » sur les marchés des Alpes

    [En images] « La Marseillaise » sur les marchés des Alpes

    Merci aux nombreux bénévoles qui ont vendu plusieurs centaines d’exemplaires. Mention spéciale à Joëlle sur le marché de Digne qui a battu tous les records. Ils devraient atteindre le chiffre de 600 ventes avec les prochains points de rencontre prévus en marge des marchés le 9 février à Forcalquier, le 10 février à Oraison, le 12 février à Gréoux, et enfin le 13 février à Seyne-les-Alpes.