Tag: Aix-en-Provence

  • Chez Cezanne, une plaque pour l’armateur CMA-CGM

    Chez Cezanne, une plaque pour l’armateur CMA-CGM

    Ils sont une poignée de mécènes à avoir contribué aux réhabilitations des lieux de vie de Paul Cezanne. Pour qu’ils puissent, d’abord, être dévoilés au grand public à l’occasion de l’année Cezanne, mais aussi pour que leur restauration soit poursuivie sur le long terme. À la Bastide du Jas de Bouffan, maison familiale du peintre, le principal soutien financier s’avère être CMA-CGM, armateur et groupe mondial de transport maritime.

    500 000 euros ont été donnés pour la restauration, notamment, du Grand Salon, dans lequel se poursuivent les recherches scientifiques qui ont permis de dévoiler des fragments de l’œuvre de Cezanne, à même le mur. « Ils ont souhaité se concentrer sur le cœur battant », précise-t-on du côté de la Ville. En remerciement, une plaque a été dévoilée à la Bastide, lors d’une cérémonie tenue ce vendredi, suivie d’une visite du site et de ses avancées.

    « Ce patrimoine, cette Bastide, est la depuis déjà de nombreuses années. Pour nous, CMA-CGM, c’est extrêmement important qu’elle puisse préserver, continuer cette histoire, cette narration qu’elle fait de ce territoire et c’est pour ça qu’on a souhaité s’engager, aux côtés du maire, dans la rénovation de ce patrimoine », déroule Benoît Tournebize, qui représentait CMA-CGM. « Ça a été une aventure assez étonnante », souligne de son côté Sophie Joissains, maire d’Aix-en-Provence, qui retrace l’engagement signé, en septembre 2024, l’engagement signé par les deux parties pour la conservation de ce bout de patrimoine avant d’ajouter : « Nous ne serons plus là pour admirer toutes les restaurations qui auront été faites à ce moment-là mais nous espérons que ce sont des générations d’enfants qui pourront admirer cette belle Bastide qui aujourd’hui n’est pas encore totalement terminée… » À suivre.

  • [ Entretien] Pour protéger la biodiversité de l’océan, peut-être faut-il l’écouter »

    [ Entretien] Pour protéger la biodiversité de l’océan, peut-être faut-il l’écouter »

    La Marseillaise : Vous montrez que le son produit par un poisson – « Argyrosomus japonicus » – nous le rend plus impressionnant, intelligent et sensible. Est-ce que vous vous attendiez à un tel effet du son ?

    Anne-Sophie Tribot : Cela confirme ce que j’avais pu tester de manière informelle lors d’activités de médiation auprès du public dans des aquariums : quand nous faisions écouter des sons aux visiteurs, cela suscitait de l’étonnement, de la curiosité et faisait travailler l’imagination. Nous savons que les sons émis par les animaux peuvent générer de l’affect positif. C’est bien documenté chez les oiseaux.

    Qu’est-ce qui provoque cette réaction ?

    A.-S.T. :C’est ce que nous aimerions approfondir. Est-ce parce qu’on trouve que c’est un beau bruit ? Parce qu’on l’associe à un animal en particulier ? Parce qu’il nous évoque quelque chose ? Il faudrait faire cela pour différentes espèces et différents types de sons et observer quelles réactions cela provoque. Nous voudrions aussi étendre l’étude à des paysages sonores sous-marins.

    C’est-à-dire ?

    A.-S.T. : Ne pas nous limiter à une espèce mais faire des assemblages d’espèces. C’est intéressant en termes de médiation car la dimension sonore des océans est méconnue. Et pour cause, c’est un espace plus difficilement accessible que l’espace terrestre. Au-delà des sons produits par les mammifères marins
    –baleines, dauphins…-, on connaît peu les bruits de l’océan. Or, il est loin d’être le « monde du silence ». L’écouter peut être un bon levier pour protéger la biodiversité qui le peuple.

  • Le festival de cirques Jours [et nuits] sur le fil dans les Bouches-du-Rhône

    Le festival de cirques Jours [et nuits] sur le fil dans les Bouches-du-Rhône

    Faire le lien, le lien entre les corps en mouvement, les artistes et un public qui ne se connaissent pas, et pourtant se reconnaissent.

    Vous l’aurez compris, la nouvelle édition du Festival Jours [et nuits] de cirque(s) organisé par le Centre International des Arts en Mouvement (CIAM) est de retour dès ce samedi et jusqu’au 27 septembre avec différents événements proposés dans les Bouches-du-Rhône.

    L’occasion de découvrir ou redécouvrir des compagnies et créations circassiennes mais aussi d’inciter et inviter le public à se laisser surprendre par le cirque, emporter, émouvoir, transcender, déranger ou interroger à travers cet art.

    Cette année, le festival parle de famille, de transmission, de parentalité mais aussi de rôles que l’on reçoit et que l’on transforme. Sous les chapiteaux, dans le Magic Mirrors ou au plus près des artistes, « les corps racontent ce que les mots ne disent pas toujours. Un cirque viscéral, poétique et indocile, qui relie autant qu’il bouscule ».

    Un week-end riche
    en découvertes

    Le premier rendez-vous est donné ce samedi à Aix-en-Provence avec une traversée de la ville au fil de l’eau et plus précisément de ses fontaines. « Le cirque, de fontaine en fontaine » c’est trois parcours de cirque en espace public qui relient les fontaines du centre-ville et la Bastide du Jas de Bouffan, lieu cher à Cézanne exceptionnellement ouverte. Corps en mouvement, gestes suspendus et haltes poétiques, entre patrimoine et cirque contemporain vous attendent gratuitement mais sur réservation entre 11h et 15h30.

    Le lendemain, plusieurs rendez-vous sont donnés sur la place Jean-Pierre Saez à Venelles, au Grand pré de Jouques, à l’abbaye de Silvacane de La Roque-d’Anthéron ou encore au Stadium de Vitrolles. Entre déambulation circacienne, visite-spectacle, solo de jonglage plein d’humour et de cirtuosité et, énergie urbaine brute, toutes les propositions vous attendent entre 11h et 15h30 selon le programme autour d’une appellation commune : « Patrimoine [en mouvement] ».

    Toute la programmation sur le site : joursetnuitsdecirques.fr

  • [Ecologie] Comment attirer l’attention sur un poisson menacé mais pas très beau ?

    [Ecologie] Comment attirer l’attention sur un poisson menacé mais pas très beau ?

    Argyrosomus japonicus est menacé d’extinction. Ce poisson tropical est pourtant important, pour la biodiversité, des raisons culturelles et économiques. Il faudrait donc redoubler d’efforts pour le protéger. Seulement, il a un défaut : il n’a pas de charisme. Il est terne, n’a pas une silhouette très remarquable… Il fait partie des 15% des poissons tropicaux jugés les moins beaux, selon une étude de 2022. C’est cruel, mais « la perception que l’on a d’une espèce impacte le niveau d’attention et de protection qu’on lui accorde », rappelle Anne-Sophie Tribot, spécialiste en sciences sociales de la conservation de la biodiversité au laboratoire Telemme (Aix-en-Provence). Comment redorer l’image du « maigre japonais » –son nom commun- et donner envie de le protéger ? Une étude parue dans Biological Conservation montre que les sons qu’il émet pourraient aider. « C’est la première fois que nous montrons l’importance du son pour susciter de l’affect envers un poisson », ajoute la chercheuse coautrice de l’article avec Nicolas Mouquet, chercheur CNRS à l’Université de Montpellier.

    Car oui, A. japonicus émet des sons intentionnellement. Pas avec des cordes vocales, mais avec sa vessie natatoire
    -une poche qu’il remplit d’air pour contrôler sa position dans la colonne d’eau, comme un sous-marin. « Les contractions des muscles autour de cette vessie produisent des sons, précise Anne-Sophie Tribot. Cela peut servir à attirer des femelles ou à défendre un territoire. »

    Biais réduit

    Ces sons ont aussi rendu A. japonicus plus impressionnant, plus intelligent, plus sensible aux yeux des près de 1 100 participants de l’étude. Des informations au sujet de son importance culturelle, économique ou ses traits écologiques, fonctionnent aussi, mais dans une moindre mesure. « En revanche, les informations sur son statut d’espèce menacée ont peu d’impact sur son charisme », précise Anne-Sophie Tribot. Toutefois, ni les sons, ni les vidéos, ni les informations textuelles ne le rendent plus beau ou plus mignon aux yeux des participants.

    Mais le son ne fait pas tout. Pour donner envie de protéger l’espèce, les informations textuelles fonctionnent mieux. Les participants avaient une somme fictive à répartir pour protéger A. japonicus ou un autre poisson –A. neoguinaicus-, plus beau mais moins menacé. Préciser le statut de menace réduit le biais lié à l’apparence : les participants donnent moins pour protéger A. neoguinaicus… mais ils ne donnent pas plus pour protéger A. japonicus. « C’est un résultat à prendre avec précaution qui mérite confirmation », nuance Anne-Sophie Tribot.

    Le mieux, pour protéger A. japonicus, serait donc probablement de redorer son image grâce aux sons qu’il émet tout en informant sur la menace qui pèse sur lui. « C’est ce que nous voudrions tester à l’avenir, glisse la chercheuse. Et faire la même chose avec d’autres espèces. »

  • L’hôpital de Montperrin inscrit aux Monuments historiques

    L’hôpital de Montperrin inscrit aux Monuments historiques

    Cette journée est importante pour notre ville, qui compte désormais un bâtiment classé Monument historique de plus. Il s’ajoute aux 160 monuments historiques de votre ville qui sont déjà protégés », lance Marie-Pierre Sicard-Desnuelles à l’attention de Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix. Présidente du conseil de surveillance de l’hôpital de Montperrin, elle fait partie du florilège d’autorités locales et figures de santé réunies pour marquer, enfin, l’inscription de ce lieu patrimonial aux Monuments historiques.

    La démarche avait été engagée sous la direction de Pascal Rio, ancien directeur d’établissement. Installé en plein centre-ville, derrière son entrée principale historique, l’établissement raconte l’histoire et l’évolution du regard porté sur les différentes pathologies mentales et la prise en charge des patients au fil des décennies. « Les murs, les façades, la conception des pièces ne sont pas que des éléments matériels. Ce sont les témoins d’une histoire de la psychiatrie, de l’asile d’aliénés – sa dénomination d’origine – à l’établissement public de santé mentale d’aujourd’hui, déroule Gaëlle Dufour, directrice de l’établissement. Jusqu’au XIXe siècle, les personnes atteintes de troubles mentaux étaient généralement enfermées dans des conditions indignes, dans des lieux conçus avant tout pour les éloigner de leurs contemporains. »

    Un lieu qui « diffère »

    Ces considérations résident d’ailleurs encore dans les murs de l’hôpital. Le 3 bis F, par exemple, devenu, à la fin des années 1970, centre d’art contemporain installé au cœur même du site, garde encore les traces du pavillon d’enfermement pour femmes dites « agitées ». En 1838, une loi inspirée notamment par les travaux du médecin Philippe Pinel favorise une approche davantage tournée vers le soin des malades psychiatriques que vers leur mise à l’écart. Chaque département est alors tenu de se doter d’un « asile d’aliénés », selon la terminologie de l’époque. « Nommé médecin directeur en 1859, Eugène Pontier partage cette vision plus humaine et s’indigne des conditions d’accueil jusque-là réservées aux malades mentaux. En 1864, la propriété du Montperrin est acquise et, en 1867, débute la construction du nouvel asile », poursuit Gaëlle Dufour.

    Avant cette réorganisation, les prémices de la prise en charge de la maladie mentale se trouvent dans l’ancien « hospice général des insensés », fondé en 1698, dans le quartier de Saint-Eutrope. Aujourd’hui, « c’est tout un urbanisme, l’hôpital de Montperrin. Ce sont des allées, des jardins, une conception qui diffère totalement des hôpitaux d’aujourd’hui, où l’on peut voir des dizaines d’étages s’empiler. Ici, il y a des chemins, des lieux de rencontre, mais aussi les 3 bis F (…), décrit Sophie Joissains. On espère que malgré les vicissitudes métropolitaines, l’aspect spectacle vivant pourra se poursuivre l’année prochaine, dans deux ans, dans trois ans… ».

    La maire se félicite aussi d’une inscription qui barre la route aux possibles « appétits immobiliers ».

  • Le car des Bleues en escale au stade Maurice-David

    Le car des Bleues en escale au stade Maurice-David

    Le rugby international revient au stade Maurice-David avec un sacré duel opposant les Bleues à leurs homologues australiennes (lire en page 25).

    Outre du beau jeu, entre deux nations fortes de l’Ovalie féminine, les spectateurs pourront admirer, en amont du match, le car qui transporte les Bleues.

    « Il y aura pour amener les joueuses un des deux cars officiels aux couleurs de l’équipe de France, que la RATP met à disposition depuis 2005 », explique Michaël Rabbia. Il est l’un des quatre conducteurs (trois hommes et une femme) attachée à la conduite du véhicule.

    « Nous sommes à la disposition des joueuses et du staff 24 heures sur 24. Nous les accompagnons dans chaque déplacement et dormons dans les mêmes hôtels précise-t-il. Tout en restant le plus discret possible, car il est capital que la bulle de tranquillité reste la plus hermétique possible. »

    Les bus sont partagés par les XV de France hommes et femmes. « Le véhicule est configuré en fonction des besoins de chaque sélection, pour répondre à la morphologie des joueurs et joueuses. Leur garantir un véritable havre de paix », insiste-t-il.

    Cette bulle de sérénité fait partie intégrante d’un match. « Joueuses et staff y sont dans un cocon, car le voyage, de la gare à l’hôtel puis de l’hôtel au stade, sont des étapes importantes dans la préparation d’une rencontre », poursuit-il.

    Michaël Rabbia est au volant depuis quatre ans. Son souvenir le plus marquant ? « La première fois que je suis arrivé à Twickenham est une expérience unique où le car devait fendre une foule compacte ». À Aix-en-Provence, il y aura moins de stress. Mais tout autant d’émotions et de discrétion.

  • L’inquiétude des Maires de Provence

    L’inquiétude des Maires de Provence

    Tandis que le maire (DVG) de Marseille Benoît Payan rappelait, dans nos colonnes ce vendredi, qu’il était « inacceptable » que sa ville porte « 70% des économies de cette Métropole », c’est à travers un communiqué, ce jeudi, que le groupe des Maires de Provence, le deuxième en taille dans l’hémicycle, a déclaré qu’il n’est pas question de toucher à l’argent reversé à ses municipalités.

    « Au nom des 42 communes que nous représentons, nous réaffirmons notre demande de maintien des attributions de compensation » (l’argent reversé par la Métropole sur la base de l’ancienne taxe professionnelle) écrit le président du groupe et maire (DVD) de Meyreuil Jean-Pascal Gournès, une semaine après le dernier conseil métropolitain. Il rappelle qu’il soutenait le choix du président (LR) de l’intercommunalité, Nicolas Isnard, de réduire de 53 millions la dotation de solidarité versée aux communes, dont 36 millions pour la seule ville de Marseille. Mais, avec l’échec de ce vote, puis l’adoption d’une modification du budget insincère, la chambre régionale des comptes doit reprendre la main. En attendant, l’arrêté initialement pris par le préfet, qui coupe dans les attributions de compensation, doit s’appliquer.

    « La remise en cause du versement des attributions de compensation entraînerait un déséquilibre immédiat des budgets municipaux et mettrait les communes concernées en danger », alerte donc le communiqué, qui soutient l’action du maire (PS) du Puy-Sainte-Réparade Jean-David Ciot de contester la copie préfectorale en justice.

    Aix veut sortir

    De son côté, dans un entretien accordé à La Provence ce vendredi, la maire (UDI) d’Aix-en-Provence, Sophie Joissains, assume « sincèrement » que sa ville a intérêt à quitter la Métropole et qu’elle le ferait si elle le pouvait, « avec bien d’autres communes ». Pour réformer l’institution, il faut « s’autoriser tous les scénarios possibles, que ce soit sur le périmètre, sur le nombre de compétences… », explique-t-elle.

  • [Journées européennes du patrimoine] À Aix, les archives dévoilent le régime de Vichy

    [Journées européennes du patrimoine] À Aix, les archives dévoilent le régime de Vichy

    Traces indélébiles des rouages du régime de Vichy, elles étaient depuis quatre-vingts ans conservées dans le grenier d’une famille anonyme. Dans la salle des dessins du Camp des Milles, disposés sur une table drapée de noir, trois documents, tous issus de l’année 1941, revoient le jour. Ils seront dévoilés au public à l’occasion des Journées du patrimoine, dans l’auditorium du site. D’abord, un carnet de dessin ayant appartenu à Franz Meyer, artiste allemand qui, après avoir fui le régime nazi, sera interné, sous le régime de Vichy, dans cette ancienne tuilerie devenue camp d’internement français. Camp où furent notamment détenus des réfugiés allemands et autrichiens, puis des juifs avant leur déportation vers les camps de la mort.

    Les « rouages »

    d’une bureaucratie

    Juste à côté du carnet à la couverture noire, le rapport original rédigé par André Jean-Faure, haut fonctionnaire et préfet français, nommé en 1941 par le régime de Vichy comme inspecteur général des camps d’internement. En octobre de cette année, missionné sur le Camp des Milles, il y détaille l’organisation des lieux, des prétendues activités aux repas décrits comme copieux, de l’organisation matérielle des lieux, des chambres et des sanitaires. Un monument de mensonges éhontés.

    Il s’agit d’un outil de communication politique et de propagande, façonné par, et pour le régime de Vichy, alors qu’interrogations et colères émanent dans la population, dans cette zone de France non occupée. Mais aussi un outil de compréhension, pour les scientifiques, de celui-ci. « Il y a l’idée de produire des rapports pour montrer que le régime de Vichy est irréprochable, et que les camps sont bien organisés. Les conditions d’internement des camps au temps de Vichy sont extrêmement déplorables, on sait que les internés étaient entassés, n’avaient pas de lit, qu’ils étaient 3 500 en même temps dans le camp… », rappelle Lena Casiez, responsable du pôle éducation et culture. Si le rapport était, avant sa découverte, accessible en version numérique, des détails jamais connus ont été découverts par les équipes du Camp des Milles. À l’instar d’un schéma – toujours faussé – du camp, fruit d’une mise en scène le jour de la visite, ou d’une fable totale. Exposé à côté de cet épais rapport, un second, rédigé en 1942 sous la main de Jean-Faure, un an après sa première visite. Déjà, les déportations ont eu lieu, qualifiée de « départs » et de « transferts ». Preuve, d’une des méthodes de « déshumanisation » des juifs, explique Nicolas Sadoul, directeur de la Fondation du Camp des Milles. Enfin, un carnet de dessins offert par les hébergés du Camp à l’inspecteur du Camp des Milles et dans lequel les traits de Meyer sont identifiables. Autour de cette archive, les hypothèses planent : une commande imposée par le directeur du Camp, une traduction de l’humour développé par les artistes pour dénoncer leurs conditions d’internement ? Pour Léna Casiez, le document témoigne des « zones grises » qui planent autour de cette période. « Chaque action est à analyser, c’est une manière de parler de l’être humain (…) c’est très complexe mais aussi très intéressant d’un point de vue pédagogique », appuie cette dernière. Conservées de façon « extraordinaire », ces archives ont passé un an dans les laboratoires du Camp des Milles, examinés par divers historiens, archéologues, spécialistes de la documentation pour être authentifiés. « Cela nous montre aussi les rouages d’une bureaucratie, de manière précise, qui va essayer quoi qu’il en coûte de démontrer que les décisions indignes qui ont été prises, sont des décisions quasi-humanitaires », analyse Nicolas Sadoul. Des archives qui prennent une résonance particulière à l’heure où certains discours cherchent à réécrire des faits historiques.

    Les archives seront présentées à 11h30 et 16h les samedi 19 et dimanche 20 septembre. Réservations obligatoires.

    « Des rapports destinés
    à montrer que le régime est irréprochable »

  • Malgré les incertitudes, l’aéronautique garde le cap

    Malgré les incertitudes, l’aéronautique garde le cap

    Véritable « petit Bourget » du Sud, le Salon Aérosud promettait, pour sa quatrième édition, de réunir 850 participants et une quarantaine d’exposants autour des secteurs de l’aéronautique et de la défense.

    Cette année, l’événement a pris place sur l’aérodrome des Milles avec un objectif affiché : « Faire rayonner les forces du territoire sur les filières aéronautiques, sécurité, défense à une échelle nationale », mais aussi faire « connaître les différentes technologies, les innovations et en créer de nouvelles », explique-t-on du côté du pôle Safe (aéronautique, spatial, sécurité, défense), organisateur de l’événement.

    Dans un contexte où plusieurs facteurs pèsent sur le secteur, ces enjeux ont été détaillés dès les premières interventions de la journée. « Aujourd’hui, les questions qui se posent pour l’accompagnement des pôles de compétitivité sont, pour les années à venir, le désengagement de l’état, a priori déjà acté, déroulait Bernard Kleynhoff, président de la commission développement économique, digital et industrie de la Région Sud, elle-même partenaire du pôle de compétitivité Safe. C’est (aussi) l’accompagnement financier de la Région avec des budgets extrêmement contraints et qui se réduisent. »

    Au cœur des premiers débats, consacrés aux « enjeux industriels et projets structurants pour les filières aéronautiques et défense », Pascal Kuhn, directeur du site Airbus Helicopters de Marignane-Vitrolles, rappelait que « l’ambition sur le territoire est à la fois de transformer les entreprises qui existent déjà », tandis que « d’autres vont se créer ». Le tout en « s’adaptant au changement climatique », en naviguant dans un « cycle électoral chargé », et avec des entrepreneurs parfois frileux à l’idée d’investir dans l’industriel, notamment en raison des conflits au Moyen-Orient. Lui propose « d’investir différemment » et de « nouer des partenariats avec l’écosystème ». Sur le terrain, malgré les incertitudes, certaines perspectives restent prometteuses sur le territoire, notamment pour les entreprises et leurs chaînes d’approvisionnement (Supply Chain).

    Plusieurs projets en vue

    La région compte plus de 250 petites et moyennes entreprises. Une convention a d’ailleurs été signée entre le pôle Safe et Airbus Helicopters. Parmi les mesures, « celle en faveur du développement de la “Supply Chain” pour la rendre plus robuste et plus agile », indiquait Pascal Kuhn. Parmi les exposants, Antoine Cascone, fondateur et dirigeant du groupe B.E.C, développeur d’outils industriels pour l’aéronautique, estime que le secteur « se porte très bien. Regardez autour de vous ! Il y a eu un coup d’arrêt au moment du Covid, mais depuis, les commandes sont reparties et ça n’arrête pas, notamment avec Airbus Helicopters. »

    Du côté de MX Engineering, bureau d’études spécialisé dans la structure, dont le champ d’intervention reste « transversal », pour l’aéronautique, « on voit beaucoup de petites boîtes pousser, qui font des levées de fonds et ont des programmes de développement », observe Yacine, l’un des cofondateurs. Parmi lesquels Ascendance, Aura Aéro, mais aussi Hynaéro, qui porte le projet du Fregate F-100, bombardier d’eau destiné à renforcer la lutte contre les incendies.

  • Andrea Pontanier, un nouveau guerrier pour Provence

    Andrea Pontanier, un nouveau guerrier pour Provence

    Il est l’un des nouveaux visages de Provence Rugby et le stade Maurice-David va devoir apprendre à le connaître. Andrea Pontanier a débarqué à Aix, au cœur de l’été, et s’affirme déjà comme un maillon important de la rotation provençale. Transfuge de Valence Romans Drôme Rugby (VRDR), le pilier gauche retrouve déjà son ancien club à l’occasion de la 4e journée de Pro D2. Des retrouvailles express et des émotions à gérer au moment de revenir dans la Drôme.

    « Excité. Excité de montrer qu’aujourd’hui, j’appartiens à Provence, excité de rejouer, puisque c’est toujours sympa de retourner là-bas. C’est un club qui a beaucoup compté pour moi. Mais j’essaie de faire un peu abstraction de tout ça, il faut rester lucide, rester concentré sur son job », confie le joueur de 24 ans.

    Lui-même se méfie de son ancienne équipe, qui avait terminé à une surprenante 5e place, la saison dernière. Une formation bien structurée, qui semble sur le bon chemin. « J’ai essayé de donner quelques infos que je connais par rapport à cette équipe. Après ils ne sont pas bêtes, ils ont dû se douter de ça, donc ils ont dû s’adapter, changer quelques tactiques on va dire. C‘est un club qui est ambitieux, qui travaille bien, qui se structure bien, avec des présidents qui mettent tout en œuvre. »

    « Un vrai professionnel »

    Andrea Pontanier est connu pour être un bourreau de travail et poursuit sa progression pour atteindre le but qu’il s’est fixé. Formé dans le Gard, aux Angles, le néo-Aixois ne se pose pas vraiment de limites et apprécie la forte concurrence sur son poste. « C’est ce que je recherchais, j’ai un peu quitté Valence, parce que, moi, mon rêve est de jouer en Top 14, donc pour moi, Provence était le projet le plus structuré, le meilleur projet pour atteindre cet objectif et monter avec eux, explique Pontanier. Je me demande même si, en Top 14, certains clubs sont aussi bien structurés que Provence. »

    Rémy Ladauge a appris à connaître son pilier gauche depuis son arrivée il y a deux mois. L’entraîneur de la défense évoque « un garçon plein d’énergie, un taiseux, qui ne parle pas pour rien dire ». Jamais dans la demi-mesure, l’ex-joueur du VRDR est donc quelqu’un sur qui on peut compter dans une équipe, avec un projet ambitieux. Sa place paraît toute trouvée à Provence Rugby. « C’est un vrai professionnel. Il bosse dur, on est content de l’avoir, de pouvoir compter sur lui et sur son énergie », poursuit Rémy Ladauge. Ce vendredi, face à une vieille connaissance, Andrea Pontanier ne compte pas faire de sentiments.

    VALENCE – PROVENCE

    4e journée de Pro D2

    Stade Georges-Pompidou (19h30)

    Arbitre : Benoît Rousselet

    VALENCE : Roziere – Marsan, Dupont, Guillomot, Randle – Meret, Rodor – Real, Spanderashvili, Bruchet – Fabregue, Suaud – Milasinovich, Marco-Pena, Trauth

    PROVENCE : Vareiro – Tui, Bituniyata, Finau, Drouet – Trouilloud, Coville – Jalagonia, Gambini, Youyoutte – Rodda, Zafra – Cotet, Giudicelli, Pontanier