Tag: Aix-en-Provence

  • [C’est l’été] Le camion mobile du Centre Pompidou s’installe à Aix

    [C’est l’été] Le camion mobile du Centre Pompidou s’installe à Aix

    « Ce sont des œuvres originales ! », prévient le chauffeur du musée ambulant dès l’ouverture des portes. Sur la place de la Croix-Verte, également appelée place du Marché du Jas-de-Bouffan, une partie du Centre Pompidou a pris ses quartiers. Dans ce camion aux espaces modulables, quinze œuvres inspirées de l’univers du cirque, signées notamment Auguste Sander, Henri Matisse ou encore Raoul Dufy, sont présentées au public dans cette galerie nomade.

    Une projection vidéo et des ateliers pour les plus jeunes complètent la visite de cet échantillon du Centre Pompidou. Le MuMo (Musée Mobile) accueille ainsi le public aixois. Ses portes sont encore ouvertes gratuitement ce jeudi de 17h30 à 20h et ce vendredi de 16h30 à 19h. Initialement attendu dès mardi à Encagnane, le camion-musée n’avait pas pu ouvrir en raison de problèmes techniques.

    Pour la petite histoire, le MuMo permet aux œuvres des musées d’art moderne d’aller à la rencontre des habitants des villages et des quartiers les plus éloignés de l’offre culturelle. Créé en 2011 par Ingrid Brochard avec l’ambition de rendre l’art contemporain accessible à tous les publics, il s’est associé en 2022 au Centre Pompidou, donnant naissance à ce camion-musée qui sillonne aujourd’hui les routes de France. Depuis 2025, le MuMo poursuit son développement au sein de la Fondation Art Explora grâce à de nouveaux dispositifs culturels mobiles.

    Pour que le MuMo fasse halte à Aix-en-Provence, c’est le CIAM qui, en lien avec le Centre Pompidou, a porté l’idée auprès de la municipalité avant que le projet ne soit repris par la Direction de la culture et la Politique de la ville. « Il est important que la culture aille au-devant des gens (…), les personnes en précarité s’interdisent souvent d’aller vers la culture », contextualise Elisabeth Huard, élue à la politique de la Ville. En matinée, explique Yahnis, médiatrice culturelle au sein d’Art Explora, des ateliers sont organisés avec les structures sociales. « Quand on discute avec les familles, on se rend souvent compte d’un manque d’accessibilité vers les musées, parce qu’ils sont loin », notet-il. Dans le camion, le public arrive timidement à l’ouverture. Adrien, venu avec sa petite sœur et sa grand-mère, désigne une œuvre de Raoul Dufy qui attire son attention. « C’est quand même le musée Pompidou qui vient à nous ! Et puis le cirque, c’est passionnant… », glisse Marie-Josée, leur grand-mère.

    La halte prévue à Marseille les 25 et 26 juillet est annulée.

  • Au Festival d’Aix, toujours plus d’engouement pour l’opéra

    Au Festival d’Aix, toujours plus d’engouement pour l’opéra

    La 78e édition du prestigieux Festival d’art lyrique d’Aix-en-Provence vient de s’achever. Conçue par Pierre Audi, disparu l’an dernier, elle a été menée à son terme par son successeur, le metteur en scène américain Ted Huffman. Ponctuée de représentations exigeantes, d’actions à vocation solidaire et de visites officielles, dont celle de la ministre de la Culture, Catherine Pégard, cette édition s’est déroulée du 2 au 21 juillet (lire en page 18). Le Festival dresse son bilan.

    Sur plus de deux semaines, près de 64 000 spectateurs ont participé aux différentes propositions du Festival, dont plus de 38 000 pour les opéras et concerts programmés en juillet. Les événements gratuits organisés autour de la manifestation, qui fait de la démocratisation de l’opéra une priorité, ont quant à eux attiré 26 000 personnes.

    Dans cette même volonté d’ouverture au plus grand nombre, plus d’un tiers des billets ont été vendus à moins de 60 euros, tandis que 3 136 places ont été achetées par des spectateurs de moins de 30 ans. Le dispositif de découverte Opéra ON, destiné à ce public, a notamment permis à 697 jeunes d’assister à des représentations à tarif préférentiel. Les organisateurs soulignent un taux de remplissage des opéras de 97 %, en hausse de quatre points par rapport à 2025, tandis que la fréquentation globale du Festival s’établit à 92 %.

    Les échanges avec le public ont également rythmé cette édition, avec 27 Préludes, 17 Midis du Festival et 14 projections gratuites d’opéras organisées dans onze communes de la région. Au total, le Festival compte « près de 4 500 participantes et participants aux actions de sensibilisation à l’opéra, invités à 21 répétitions et spectacles, ou à 17 rencontres en musiques et récitals pédagogiques sur le territoire ».

    Côté rayonnement international, ce sont au total « 47 artistes de 16 nationalités accueillis dans le cadre des activités de l’Académie », indiquent les équipes. À noter que 223 journalistes étaient accrédités pour couvrir l’événement, dont 119 issus de médias internationaux. La 79e édition est d’ores et déjà programmée du 1er au 20 juillet 2027.

  • [C’est l’été] « El Cimarrón », voix d’un peuple au Festival d’Aix

    [C’est l’été] « El Cimarrón », voix d’un peuple au Festival d’Aix

    Dernier des spectacles programmés au Festival d’Aix, El Cimarrón peut surprendre l’amateur d’opéra. Car ce n’est pas d’opéra dont il s’agit ici, mais de théâtre musical. Cette nouvelle production du Festival, donnée au Théâtre du Jeu de Paume, se présente comme un récital pour quatre musiciens.

    Sur une musique du compositeur allemand Hans Werner Henze et un livret d’Hans Magnus Enzensberger, El Cimarrón, créé en 1970 au festival d’Aldeburgh, adapte deux récits ; la biographie d’Esteban Montejo, esclave cubain qui s’est échappé vers la liberté avant que l’esclavage ne soit aboli sur l’île en 1886 et Biografía de un Cimarrón de Miguel Barnet, écrivain et ethnologue cubain. Le Cimarrón, l’indompté, qualifiait un esclave fugitif dans les Caraïbes au XVIIIe siècle. On parlait de « Nègre marron » dans les Antilles françaises. Henze compose cette pièce atypique lors d’un séjour à Cuba entre 1969 et 1970.

    Trois instrumentistes, un guitariste, un flûtiste et des percussions fournies accompagnent un récit dit, chanté, psalmodié, incarné par une voix, celle du comédien vénézuelien Iván García. C’est toute l’histoire de Cuba, de la domination espagnole à l’indépendance et de la liberté données aux esclaves à l’hégémonie yankee, qui est racontée en à peu près d’une heure 20 d’un spectacle dense, exigeant et passionnant.

    La partition protéiforme de Henze présente des éléments aléatoires qui laissent place à l’improvisation. Les hauteurs et les sons sont spécifiés, mais le tempo et la dynamique sont laissés à l’appréciation des interprètes. La mise en scène d’Elayce Ismail et le travail de la scénographe et Rosie Elnile mettent à nu le plateau sculpté par les seules lumières. En 15 tableaux l’histoire d’un homme recoupe celle d’une nation. Les horreurs de l’esclavage, la fuite hasardeuse, le refuge dans les montagnes puis le retour dans la pseudo-liberté d’une exploitation capitaliste de main-d’œuvre et la guerre d’indépendance. L’humain, ce sont les femmes, les prêtres et enfin l’amitié, la solidarité et le combat qui ne finit jamais, symbolisé par la machette dernière image du spectacle.

    Dans une exceptionnelle performance théâtrale et vocale Iván García, incarne cet homme à la fois individu ballotté par l’Histoire et symbole dans sa chair du destin d’une nation. Il chante en baryton, dit le texte, en espagnol, danse, fait de son corps tout entier l’instrument de sa vie racontée avec crudité et sincérité. La musique est davantage le contrepoint, chaotique, violent, âpre de ce récit qu’une partition confortable. Elle exige un maximum d’attention. Elle enrobe la voix du comédien, sinueuse, insistante, lorsque le narrateur évoque la nature sauvage. Puis elle se fait capharnaüm percussif pour évoquer les combats, la bataille de Mal Tiempo, où les rebelles cubains, les Manbises, luttèrent contre le colonisateur espagnol en 1895. El Cimarrón, objet théâtral hors norme, trouve sa place dans ce festival, voué à des répertoires plus identifiables. Le public lui a fait un accueil plus que chaleureux. Avec raison.

  • Le Muséum d’histoire naturelle d’Aix poursuit ses ateliers pédagogiques

    Le Muséum d’histoire naturelle d’Aix poursuit ses ateliers pédagogiques

    Bien que son site soit toujours fermé au public, le Muséum d’histoire naturelle poursuit ses activités spécialement conçues pour les périodes de vacances. Destinés notamment aux plus jeunes, ces ateliers pédagogiques se déroulent dans la salle Gassendi. Durant la saison estivale, les équipes du Muséum proposent une thématique centrée sur la paléontologie, étroitement liée à l’actualité locale. Les recherches scientifiques se poursuivent en effet dans la réserve naturelle de la Sainte-Victoire, tandis que le secteur des « Grands-Creux » est réputé pour abriter des vestiges d’œufs de dinosaures.

    Les participants pourront aussi découvrir les fossiles, mais aussi des sujets liés aux plantations, aux graines ou aux sculptures ancestrales. Les ateliers ont débuté le 6 juillet et se poursuivent à intervalles réguliers.

    Dès ce mardi 21 juillet, un atelier consacré aux chauves-souris est proposé afin de démystifier cet animal, autour duquel circulent de nombreuses croyances. Le surlendemain, jeudi 23 juillet, un rendez-vous dédié aux fossiles, réservé aux plus de 8 ans, permettra notamment d’apprendre à reconnaître les « vrais » fossiles et à mieux comprendre leur rôle dans l’histoire de la biodiversité. La semaine d’animations s’achèvera le vendredi 24 juillet avec un atelier consacré à la peinture pariétale. Une initiation aux techniques de la peinture rupestre est notamment au programme.

    Les activités proposées par le Muséum se poursuivront ensuite jusqu’au vendredi 31 juillet. Pour participer aux ateliers, une participation de 4,60 euros est demandée. Chaque séance dure environ deux heures.

    Réservations au 04.88.71.81.81.

  • [C’est l’été] Atelier pédagogique à Aix

    [C’est l’été] Atelier pédagogique à Aix

    Ce lundi, ils sont invités à comprendre et à découvrir les différentes étapes de la fossilisation pour pouvoir ensuite observer des fossiles.

    De 14h à 16h.

    4,60 euros pour participer.

    Réservation : 04.88.71.81.81

  • Aix-en-Provence avance ses pions

    Aix-en-Provence avance ses pions

    Avec Étienne Bacrot, huit fois champion de France et ancien neuvième joueur mondial au classement FIDE, ainsi que Marc’Andria Maurizzi, plus jeune grand maître français de l’histoire à 14 ans, champion du monde junior en 2023 et champion de France en 2025, l’Échiquier du Roy René possède deux représentants parmi les cinq meilleurs joueurs français. Des atouts de poids qui permettent à la formation aixoise de s’imposer parmi les références nationales, aux côtés de Marseille-Échecs et de C’Chartres Échecs, vainqueur du Top 16 lors des trois dernières saisons. En plus de ses cadres tricolores, parmi lesquels figurent également Yannick Gozzoli (12e joueur français) et Mahel Boyer (23e), l’Échiquier du Roy René a renforcé son effectif avec trois internationaux de renom. Parmi eux, le Néerlandais Jorden Van Foreest, classé parmi les 25 meilleurs joueurs mondiaux. Une armada qui a permis au club aixois de terminer cette saison à la deuxième place du championnat, derrière l’incontournable C’Chartres Échecs.

    Tournoi international

    En se faisant un nom dans l’Hexagone, le club aixois parvient chaque année à attirer certains des meilleurs joueurs au travers du trophée Dole, un Open international réservé aux joueurs qui comptabilisent plus de 2 100 points ELO. Parmi les prétendants au titre lors de cette édition 2025, de grands champions comme le Russe Ian Nepomniachtchi ou l’Iranien Parham Maghsoodloo seront de la partie.

  • À Aix, les derniers messages d’Alain Chouraqui pour la démocratie

    À Aix, les derniers messages d’Alain Chouraqui pour la démocratie

    Au pied du Wagon du souvenir, juste en face du Camp des Milles où des milliers de juifs ont été internés, dont une centaine d’enfants, avant d’être déportés, officiels, représentants de la justice, élus et représentants d’associations, se sont rassemblés pour se souvenir des victimes des crimes racistes et antisémites, mais aussi des résistants « ordinaires », dénommés Justes parmi les Nations. Dix-huit, ont été identifiés comme ayant œuvré en faveur des internés du Camp des Milles. Ce soir, c’est aussi la dernière cérémonie officielle à laquelle Alain Chouraqui assiste en tant que Président de la Fondation du Camp des Milles, dont il est fondateur. Ce dernier, a annoncé quitter la présidence le mois dernier, quelque temps après avoir engagé les démarches pour inscrire le site au patrimoine mondial de l’Unesco. « C’est un moment particulier entre moi et la Fondation, confiait en amont de la cérémonie Alain Chouraqui. Il me semble que c’est le moment de rassembler, de mettre en avant les leçons de l’Histoire que nous avons fait émerger dans notre travail de recherche. » Avant de les développer, de revenir sur le travail de la Fondation, initiateur, Alain Chouraqui a d’abord exprimé son « dégoût » après avoir appris, ce même jour, « qu’à Paris a été brisée la plaque en hommage à trois Justes parmi les Nations qui sauvèrent un enfant juif ». Avant de s’atteler à rappeler des points majeurs « qui nous interpellent directement aujourd’hui ». En premier lieu, « la démocratie commence après l’élection (…) l’Histoire confirme qu’une légitimité démocratique ne repose pas seulement sur le suffrage universel : elle exige le respect absolu des droits, des libertés, des minorités et des contre-pouvoirs », rappelle-t-il. Le fondateur de la Fondation a également rappelé que « l’engrenage vers le pire est nourri par tout extrémisme », mais aussi, et surtout, que « chacun peut résister à sa manière (…) La passivité, plus encore que l’indifférence, est le principal facilitateur des persécutions ». La maire, Sophie Joissains, a rendu hommage au travail d’Alain Chouraqui
    « Il a voulu, avec une force immense faire en sorte que cette tuilerie, qui tombait en ruine à l’époque et que tout le monde souhaita voir disparaître – on n’aime pas avoir un souvenir pareil non loin de chez soi – puisse devenir le mémorial qu’il est aujourd’hui », a rappelé la première magistrate.

  • [C’est l’été] La palette de Cézanne inspire les musiciens à Aix

    [C’est l’été] La palette de Cézanne inspire les musiciens à Aix

    Au long des 5 km qui relient Aix à la Sainte Victoire, la route Cézanne laisse entrevoir certaines des inspirations de ce peintre et père de l’art moderne. Passé à la postérité sous ses coups de pinceau, le Domaine Saint-Joseph accueillera mercredi le concert d’ouverture des Musicales de la route Cézanne. Les pianistes Christophe Bukudjian et Josquin Otal à la manœuvre, le Sacre du printemps composé en 1913 par Igor Stravinsky y résonnera, avant la transcription pour deux pianos de La valse de Maurice Ravel et les Suites pour deux pianos de Rachmaninov.

    Hommages à Satie et Judy

    Jusqu’au 27 juillet, les Musicales de la route Cézanne proposent des « concerts au lever du jour » comme cela sera le cas jeudi à 8h30 avec « deux pianistes qui donnent vie à L’histoire de Babar de Poulenc » ainsi qu’au Casse-Noisette de Tchaïkovsky, et « des grandes soirées en plein air ». Parmi celles-ci, The last moon, « création mondiale » confiée à l’accordéoniste et compositeur Vincent Peirani, le 23 juillet, ou le Trio George Sand, le lendemain au Musée Granet, pour « un voyage au cœur du XIXe siècle, entre musique, peinture et littérature ». Le Château du Tholonet accueillera, lui, les trois dernières soirées du festival : un programme « de Vivaldi à Piazzolla », un hommage de la soprano Julie Fuchs à Erik Satie et un concert du Amazing Keystone big band, accompagné de la chanteuse Neïma Naouri, qui « retrace la vie éclatante de Judy Garland ».

  • Les riverains vent debout contre un parking dans un parc à Aix

    Les riverains vent debout contre un parking dans un parc à Aix

    à l’entrée du parc de la Torse, une barrière « normalement fermée, puisque c’est un accès piéton » est désormais ouverte. Elle laisse accéder les voitures d’une association d’insertion par les espaces verts, installée quelques mètres plus haut, sur le terrain dont le bail lui a été cédé par la Ville et communément appelé Legs Constant. Soumis à des aménagements, les bénéficiaires de l’association viennent donc garer leurs véhicules sur une parcelle du parc. Une situation qui crispe les riverains.« Avec ces chaleurs, on se dit que c’est une aberration d’enlever un espace de nature pour l’ouvrir aux voitures (…) c’est un parc hyper fréquenté, et de plus en plus », se désole Catherine, membre du CIQ la Torse-Cézanne et membre du Conseil syndical de la Tour d’Aygosi. Fin juin, le sujet commence à faire couler de l’encre, lorsque ce même conseil fait paraître une pétition en ligne contre « la transformation du parc arboré de la Torse en parking ».« Nous avons obtenu près de 3 500 signatures », estime Catherine. Un courrier a également été envoyé dans la foulée au premier adjoint, le 13 juillet et évoque un dossier « devenu le révélateur d’une préoccupation plus profonde : la place accordée à la nature en ville, la qualité du dialogue entre les élus et les citoyens, et la cohérence des choix publics face aux défis environnementaux ».

    Débat municipal

    Clément Frel-Cazenave, élu d’opposition municipale Les écologistes au sein du groupe Aix Avenir (DVG), un peu plus tôt dans la semaine, estimait que « cet espace utilisé par les véhicules est bien plus qu’un simple terrain », mais un lieu « fréquenté chaque jour par de nombreux habitants ». Pour l’élu, « autoriser le stationnement de voitures sur cette pelouse pourrait entrainer la dégradation d’un patrimoine arboré naturel précieux ». Une décision d’autant plus « difficile à comprendre » alors que « le parking Carcassonne, situé à seulement une centaine de mètres, dispose de nombreuses places. » Du côté de la municipalité, on rappelle que la parcelle concernée était « laissée en friche, initialement fermée par un portail » et que « cette solution a été mise en place dans un contexte particulier. Jusqu’à présent, les véhicules de cette association étaient stationnés sur un terrain situé en face sur lequel, la Ville vient d’engager des travaux d’aménagement destinés à créer un nouvel espace vert ouvert au public.(…) Il a donc été nécessaire de trouver une solution alternative permettant à l’association de poursuivre ses activités. » Sollicitée, l’association concernée n’a pas pu nous répondre.

  • L’Art du chant français au festival d’Aix

    L’Art du chant français au festival d’Aix

    Daniele Rustioni à la tête de l’Orchestre de Lyon, instrument idéal, a le geste ample et expressif. Il dirige, danse presque, de tout son corps animé d’une passion communicative. Très attentif au chanteur, souvent tourné vers eux, il enveloppe la musique et fait sourdre toutes les plus fines nuances et en fait jaillir la violence éruptive. Ajoutez-y un chœur inspiré et parfaitement en place et ce Verdi-là est servi à la perfection.

    L’Hélène de Karine Deshayes est une prise de rôle. Elle joue à merveille de son colorature étincelant (le célèbre boléro) et d’une projection de voix généreuse dans les moments plus dramatiques. Elle se permet des pianissimi de toute beauté et des accents plus sombres pour un rôle qui annonce déjà une Elisabeth de Valois de Don Carlo. John Osborn, était le Duc dans Rigoletto à Marseille le mois dernier. Il offre un ténor lumineux, sans brutalité à Henri, l’amant déchiré entre sa foi amoureuse, sa patrie et son amour filial. Parfait pendant du Guy de Montfort magnifié par Insik Choi, longuement applaudi. Le baryton à la diction française exemplaire jouit d’un timbre clair et ouvert qu’on peut qualifier d’évident tant il semble ne jamais passer en force, refusant toujours le spectaculaire au profit des enjeux dramatiques. Il lance avec son « mon fils ! » toute l’humanité profonde de ce personnage de méchant traditionnel (je suis ton père !)

    L’autre baryton, Michele Pertusi, est Jean Procida, au fanatisme monolithique. Mais que ce vieux routier sait le rendre passionnant. Samy Camps, que le public marseillais avait applaudi dans un Loge de L’Or du Rhin dirigé par un autre grand chef italien Michele Spotti, fait un Danieli de haute tenue. Loin d’être de simples comparses, Niamh O’Sullivan (Ninetta), Ugo Rabec (Le sire de Béthune), Thomas Dear (Vaudemont), Ronan Caillet, Jusung Park et Grégoire Mour consolident de leur talent ce plateau idéal.