Tag: Aix-en-Provence

  • Le Cercle du Silence pris pour cible : des élus alertent

    Le Cercle du Silence pris pour cible : des élus alertent

    Depuis des décennies, chaque second samedi du mois, plusieurs associations humanistes et militants variés se rassemblent à l’entrée des Allées Provençales, en « Cercle du Silence ». Cette mobilisation, pacifique et silencieuse, vise à afficher une solidarité avec les personnes étrangères, leurs conditions d’accueil difficiles et leurs parcours, tout en invitant les passants à se joindre, le temps de quelques minutes, au cercle. Pourtant, dans un courrier rédigé par les élus du groupe d’opposition municipale Aix Avenir (DVG), que nous avons pu consulter, et adressé au sous-préfet, Mathieu Gatineau, ces derniers écrivent que le Cercle est « régulièrement la cible de factieux d’extrême droite qui n’hésite pas, pour rompre le cercle, à proférer des insultes et bousculer les participants. »

    Deux fois perturbé

    Dans la suite de cette lettre, il est rappelé que « le cercle de juin a été perturbé pendant près d’un quart d’heure, avec banderole vindicative et porte-voix, par un groupuscule d’une dizaine de personnes qui s’intitule le Maquis ». Soit la « deuxième fois en quelques mois – après le collectif Némésis le 8 novembre 2025 – que ces manifestations sont l’objet d’intrusions identitaires et xénophobes où il est haineusement reproché de soutenir les étrangers, lesquels sont systématiquement présentés, par ces groupuscules, comme de dangereux criminels. » En fin de courrier, l’ensemble des élus demande au sous-préfet d’Aix-en-Provence de s’assurer « que ces groupuscules violents, forcément connus de vos services qui veillent à la tranquillité publique, ne viennent plus jamais perturber un rassemblement qui a lui toute sa place dans notre démocratie et notre République. »

  • « Accabadora », l’accoucheuse des morts au Festival d’Aix

    « Accabadora », l’accoucheuse des morts au Festival d’Aix

    Une création d’opéra est toujours un événement d’importance. Le Festival d’Aix joue depuis des années ce rôle essentiel. Accabadora, le dernier opus du compositeur italien Francesco Filidei, créé au Théâtre du Jeu de Paume, peut être d’ores et déjà considéré comme un classique. En témoigne le succès public de l’ouvrage, longuement applaudi. Adapté d’un roman de Michela Murgia, paru en 2009 sur un livret de Manuelle Mureddu, Accabadora nous plonge dans l’univers âpre de la culture sarde. Dans les années 1950, Maria grandit auprès de Tzia Bonaria Urrai, une couturière qui, dans la tradition sarde, exerce l’Accabadora, la fonction ancestrale de donner la mort aux agonisants pour abréger leurs souffrances. La tzia est une femme stérile qui n’accouche donc que de la mort. Viennent enfin la révélation, insupportable et l’exil dans le Nord. Maria revient et se charge à son tour de ce terrible rôle de Parque. La boucle est bouclée. On n’échappe pas à ses racines.

    Antique et masqué

    Pour cet opéra de chambre, le compositeur joue de 16 pupitres qui dessinent de courtes cellules répétitives, à l’expressivité raffinée et intense. La partition se double d’un bruitage de chants d’oiseaux, souffle du vent et rumeur domestiques. L’ensemble plonge l’auditeur dans un bain sonore à la fois étrange et envoûtant. Les personnages suivent un parlando qui se concentre sur une vérité des sentiments et des émotions toujours très exacte. Le chœur, mêlé parfois de chants sardes, est traité à l’antique. Il accentue le côté tragédie grecque de cette histoire au sous-texte fortement mythologique. La cheffe Lucie Leguay et l’Orchestre de l’Opéra de Lyon font sonner cette délicate dentelle avec beaucoup de lumière et de transparence. La mise en scène très inventive de Valentina Carrasco suscite une émotion de chaque instant. De grands métiers à tisser qui s’effondrent à chaque décès rappellent Atropos, la Moire qui rompait le fil de la vie. Les morts avancent masqués. L’espace éclairé de teintes automnales, laisse l’action et les personnages circuler avec fluidité. Tout y est lisible et l’émotion prend le spectateur à la gorge.

    Délivrance

    Actrice et chanteuse remarquable, Noa Frenkel joue de son contralto, presque « masculin », oserait-on dire, pour incarner cet implacable Zia Bonaria Urrai. Elle accomplit pourtant une dernière fois son rôle d’accoucheuse à rebours, le dernier, dit-elle. « J’ai été la dernière mère que certains ont vue ». Rachel Masclet est Maria, la jeune protégée, plus fragile avec un soprano ductile et lumineux mais tout aussi déterminée à fuir pour accepter d’être « l’ultime couturière ». Hugo Brady est un fort joli Andría, le jeune homme amoureux par qui la vérité foudroie. Issu de l’Académie Européenne, on peut lui prévoir un bel avenir lyrique. Même remarque pour Filippo Ravizza, bouleversant quand, mutilé, devenu un poids mort, il réclame l’accabadora qui le délivrera. L’ensemble du plateau mérite une mention d’honneur.

    Accabadora est une œuvre émouvante, envoûtante qui se laisse découvrir avec plaisir. Il nous dit aussi que l’opéra, malgré certaines remarques, est un art toujours profondément vivant.

  • Aurore Bergé lance son plan anti-haine depuis le Camp des Milles

    Aurore Bergé lance son plan anti-haine depuis le Camp des Milles

    C’est au Camp des Milles qu’Aurore Bergé a choisi de décliner les grandes lignes de son nouveau plan national de lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations liées à l’origine (Prado). Une stratégie interministérielle, visant à renforcer les moyens de luttes contre toute forme de haine. La ministre est également venue au Camp des Milles signer une déclinaison départementale de ce plan, auquel s’ajoute la lutte contre les haines LGBT+, cosignée par le préfet de région, les procureurs de Marseille et d’Aix en Provence, et le recteur d’académique. Le but, « garantir que dans chaque département, on ait une déclinaison territoriale. Aujourd’hui nous avons 54 plans territoriaux. Mon objectif, c’est qu’à la fin du premier trimestre 2027, nous ayons dans tous les départements un plan départemental d’action de lutte », précisait Aurore Bergé, en amont de sa venue au Camp des Milles. Ce jour, la convention pluriannuelle d’objectifs 2026-2028 entre l’État et la Fondation du Camp des Milles a elle aussi été renouvelée. Pour en revenir au plan national de lutte contre les haines, celui-ci repose sur plusieurs piliers forts. à commencer par celui de la scolarité, de l’éducation et la jeunesse. « Pour moi, c’était ça tout le symbole de le présenter hors de Paris, dans un lieu de mémoire et de compter cet enjeu majeur que sont la question de l’éducation et la transmission de cette mémoire, contextualise la ministre. Aujourd’hui, on a 500 000 élèves chaque année qui visitent des lieux de mémoire. L’objectif, c’est 800 000 élèves par an. »

    Construit « patiemment »

    Second axe saisi par le plan Prado, la formation de « ceux qui enseignent à nos enfants, précise la ministre. L’objectif est de former les 1 000 référents nationaux que nous avons sur les valeurs de la République, aux enjeux contemporains du racisme, de l’antisémitisme, des discriminations, de former les 19 000 chefs d’établissement que nous avons… On donne des objectifs très précis, très chiffrés. » La question de l’accompagnement des victimes a elle aussi été retravaillée, une « priorité » à la fois inscrite dans le plan national, comme départemental. « 97% des victimes de haine ne portent pas plainte, illustre Aurore Bergé. On a largement progressé sur la question de la formation des policiers des gendarmes et des magistrats. Il faut aller encore plus loin, avec une convention cadre entre mon ministère et l’enjeu de la formation des policiers des gendarmes mais aussi des policiers municipaux, qui pour la première fois sont inclus dans ce plan de formation. » Y compris chez les inspecteurs au sein de la police et la gendarmerie nationale « pour garantir cette exemplarité à tous les étages. » Les alternatives de poursuites judiciaires, le développement des stages de citoyenneté intègrent la liste des mesures inscrites au plan Prado. Face à la montée des haines en ligne, Aurore Bergé promet aussi « de simplifier les parcours de signalement de la haine en ligne. » Pour la première fois « j’ai souhaité aussi qu’on ait un axe dédié sur la lutte contre les discriminations liées à l’origine », avec, entre autres, un travail mené auprès des entreprises et des acteurs de l’immobilier. « Depuis janvier, nous avons travaillé patiemment à ce plan, en lien avec les associations et administrations du ministère. Ça n’a pas été fait dans l’urgence. Là où il y a urgence, c’est sur l’état des discriminations, sur le racisme, sur l’antisémitisme, avec des chiffres beaucoup trop élevés dans notre pays », estime Aurore Bergé, qui alerte sur le « rajeunissement », tant des victimes que des auteurs de crimes de haine. Dans ce sens, la ministre soutient d’ailleurs les démarches d’inscription du Camp des Milles au patrimoine mondial de l’Unesco. « Le risque est que progressivement la mémoire s’efface. Aujourd’hui, rien que dans notre pays, on a un jeune sur 20 qui considère que la Shoah est une invention ou un mensonge », alerte Aurore Bergé.

    Eva Bonnet-Gonnet

  • Jeux 2030 : la Région Sud mobilise les entreprises

    Jeux 2030 : la Région Sud mobilise les entreprises

    À l’issue des échanges, la Région et plusieurs représentants du monde économique régional ont signé un accord de partenariat visant à mobiliser les entreprises dans la perspective des Jeux 2030 dans les Alpes. à travers cet accord, « la Région s’engage à accompagner les entreprises pour () saisir les opportunités économiques « olympiques », estimées à plus de 2 milliards d’euros, dans des secteurs tels que infrastructures, mobilités, bâtiment, travaux publics, ingénierie ou services ». Une gouvernance dédiée sera mise en place.

  • Le « Requiem » de Mozart repris à l’Archevêché

    Le « Requiem » de Mozart repris à l’Archevêché

    Le spectacle imaginé par Romeo Castellucci et la présence sur scène et dans la fosse du Chœur et de l’Orchestre Pygmalion, dirigé par Raphaël Pichon, en aurait été aussi une aussi suffisante justification. L’évidence du message de Castellucci nous apparaît-elle, en 2026, plus pressante qu’en 2019 ?

    La musique de Mozart sert un service funèbre à toutes les extinctions passées et à venir que le monde, avec ou sans les hommes, a subi depuis sa création. Sur le fond de scène est projetée cette effrayante litanie ; la faune, la flore, les peuples, les civilisations, les œuvres d’art, jusqu’aux sentiments les plus intimes… S’y sont ajoutées, depuis, les destructions au Proche-Orient, Gaza, bien sûr, et le Liban, la Syrie. La messe des morts se fait danse tribale, rite chamanique. Il ne reste de l’humain que des déchets dans lesquels on se vautre, une épave de voiture devant laquelle on pose comme pour un ultime selfie. Que restera-t-il de nous ? De ce paradis perdu d’où est chassé l’humain, mis à nu ? La voix cristalline d’un enfant qui chante un In Paradisum bouleversant. Et un nouveau-né qui nous regarde.

    La lecture de Raphaël Pichon reste profondément religieuse. Le Requiem est augmenté d’autres pièces de musiques sacrées de Mozart et de chants grégoriens. Tout devient plus sacral que sacré. Entre recueillement et exultation. Le chœur, soutenu de danseurs et de figurants, chante et danse la mort avec un élan rythmique et une intensité vocale passionnants.

    Les quatre solistes, Mélissa Petit (soprano), Alto Beth (alto), Duke Kim (ténor) et Alex Rosen (basse) sont comme les piliers de ce culte rendu si paradoxalement à la vie même.

    Ce qui paraissait naïf et appuyé en 2019 touche davantage aujourd’hui. Le monde change. Il a changé.

  • « La Femme sans ombre », triomphe sans l’ombre d’un doute

    « La Femme sans ombre », triomphe sans l’ombre d’un doute

    Une très longue standing ovation au Grand Théâtre de Provence (GTP), vendredi soir, a salué la première de la Die Frau ohne Schatten (La Femme Sans Ombre), de Richard Strauss. Une ovation unanime que le Festival d’Aix n’avait pas entendue depuis l’ultime mise en scène bouleversante de Patrice Chéreau pour Elektra du même Strauss en 2013.

    Quand un grand homme de théâtre comme Barrie Kosky s’allie à un chef de génie comme Klaus Mäkelä, et que vous réunissez un plateau de voix comme on en entend peu en Europe (et ailleurs), les planètes s’alignent. On obtient alors ce qui sera désormais le grand moment de ce 78e Festival et une date pour marquer son histoire déjà longue.

    Pour faire revivre cette histoire d’impératrice privée d’ombre, symbole de maternité, certes, mais pour Kosky davantage lié à l’âme humaine, rarement plateau n’a été aussi exceptionnel. La nourrice, âme noire, misanthrope, un peu mère abusive, bénéficie de la voix dense et sombre de Nina Stemme à la fois maléfique et protectrice. Entre ses mains, Vida Mikneviciuté est une Impératrice vocalement hors norme ; aigus surpuissants, accents dramatiques infaillibles. La teinturière, plébéienne rongée de contradictions, est littéralement incarnée par Ambur Braid qui, munie d’un soprano d’airain, en fait une figure féminine de premier plan. Le teinturier Barak de Brian Mulligan est bouleversant d’humanité. Michael Spyres fait un Empereur fou de solitude. Le bariténor lui offre ses failles et des accents dramatiques poignants. Jean-Sébastien Bou, Tomasz Kumiega et Daniel Mirosław ajoutent leur talent à cette distribution, redisons-le, exceptionnelle.

    Dire que la direction musicale de Klaus Mäkelä est exemplaire serait le moindre des superlatifs. Ce chef, encore jeune, qui dirige pour la première fois dans la fosse du GTP, est la musique incarnée. Le flot tumultueux, brutal, charnel, élégiaque et tendre, tout à la fois de la partition de Strauss, semble naturellement naître de ses gestes, mesurés et précis. Tout l’espace du théâtre est investi par le son et les voix. L’Orchestre de Paris est l’instrument parfait, ductile, sensible dans chaque pupitre (le solo de violon) et puissant sans fracas dans les temps les plus forts.

    Il faut du talent pour éclaircir le livret chargé de symbolique de Hugo Von Hofmannsthal. Barrie Kosky et son scénographe Michael Levine rendent au conte baroque une profonde et lumineuse humanité. La dichotomie entre monde supérieur ; L’Empereur, l’Impératrice, la Nourrisse, et celui des humains ; le couple des teinturiers, se joue dans le décor. Pour le pouvoir vacillant, un fauteuil et un cheval à bascule dans un monde dépouillé de lumière. Pour l’humain, une tour faite de bric et de broc, lieu de vie fourmillant et répugnant.

    Hofmannsthal voulait que La femme sans ombre soit à La Flûte enchantée ce que Le Chevalier à la Rose est aux Noces de Figaro, comme le rappelle Christian Merlin dans son excellent Richard Strauss, mode d’emploi (L’Avant-scène Opéra). Barrie Kosky crée une imagerie onirique et inquiétante, qui rappelle inévitablement le conte mozartien. En homme de théâtre, il crée une tension extrême comme on en voit peu sur une scène d’opéra et le final cataclysmique du deuxième acte est un choc musical et visuel. La blancheur immaculée du 3e acte (très belles lumières de Franck Evin) éclaire le moment de vérité, dépouillé et nu. L’amour peut y renaître et les ombres enfin signifier la profondeur de l’âme humaine. Cette Femme sans ombre aixoise est ce que l’opéra peut apporter de plus essentiel au spectacle vivant : la puissance pure de l’émotion. Sans l’ombre d’un doute !

  • Deux jours de compétitions exceptionnelles à Aix-en-Provence

    Deux jours de compétitions exceptionnelles à Aix-en-Provence

    Yannick Kerloch est un président satisfait d’un week-end bien rempli.

    Le club dont il est le président organisait les championnats de France d’épreuves combinées. Cinq catégories en décathlon, autant en hepathlon, qui ont bénéficié des installations entièrement remises à neuf du stade Georges-Carcassonne.

    « C’est devenu une très belle vitrine pour le club qui, de plus, a pu montrer sa capacité d’organisation aidée d’un outil exceptionnel. »

    Heptathlon et décathlon sont deux disciplines importantes au sein d’Aix Athlé Provence. Et Julien Foubert, qui était engagé sur les deux jours, a su mettre en avant le maillot sang et or, même s’il ne termine pas sur le podium.

    Question de dosage

    Parmi les observateurs, Stéphane Diagana a apprécié les prestations auxquelles il a assisté. « Décathlon et heptathlon sont des épreuves à part entière, dans lesquelles il faut savoir tout bien faire. Tout est question de gestion et de stratégie », confie l’ancien champion du Monde du 400 mètres haies.

    Il est clair que ceux qui se lancent dans les combinées doivent être bons sauteurs, bons lanceurs et maîtriser les courses. « C’est un peu comme pour réussir au golf, tout est question de dosage », précise Stéphane Diagana.

    Du côté du club aixois, on se porte déjà candidat pour accueillir d’autres compétitions. Les épreuves combinées constituent l’une des spécialités locales, avec des entraîneurs dédiés, qui travaillent en symbiose avec leurs collègues de discipline, mais aussi d’autres rendez-vous.

    La restauration du stade a permis de relancer le meeting d’Aix-en-Provence. La présence d’un second stade, en pleine nature, a permis la tenue en simultanée des championnats de France de décathlon et d’heptathlon. Aix Athlé Provence et ses 1 800 licenciés sont en tout cas prêts pour relever de nouveaux défis. Les retours positifs des participants à ces deux journées de compétition constituent un encouragement supplémentaire pour les bénévoles qui se sont fortement mobilisés pour la réussite de l’événement.

    Résultats et palmarès complets sur le site www.athle.fr

  • [Festival d’Aix] Gris paradis des amours enfantines à Aix

    [Festival d’Aix] Gris paradis des amours enfantines à Aix

    Accueil mitigé pour La Flûte enchantée au Théâtre de l’Archevêché jeudi soir. L’objet du dissensus ? La mise en scène très cérébrale de Clément Cogitore. Quant au consensus, il se fait sur la direction élégante de Leonardo García-Alarcón et sa Cappella Mediterranea, plateau de voix jeunes et l’excellent Chœur de chambre de Namur. Les vidéos de Clément Cogitore et son scénographe Alban Ho Van nous plongent dans l’Allemagne année zéro de 1945. Tamino est un enfant des ruines vivant d’expédients. Les trois dames sont ces « femmes des décombres » ayant nettoyé Berlin bombardé. Papageno, fusil à l’épaule, trafique la nourriture braconnée. L’initiation des héros est double : de l’enfance à l’âge adulte, ils sont aussi guidés vers les temps modernes de l’américanisation. Si le monde de la Reine de la Nuit est celui de la survie, celui de Sarastro, aveugle, très PDG de multinationale, file vers la société de consommation. Le théâtre de Clément Cogitore est fait d’ombre et de lumières mais dessine un univers désenchanté aux teintes grises, loin de la fantaisie naïve du dernier chef-d’œuvre mozartien.

    Plateau mozartien

    Côté Mozart, on goûte la lecture fluide de Leonardo García-Alarcón. Il mène la Cappella Mediterranea avec délicatesse. Ying Fang est la révélation de ce plateau. Sa Pamina séduit par sa ligne de chant souple et ses aigus filés. De même, le Papageno de Sean Michael Plumb habite la scène avec sa bonhomie naïve et un baryton sans défaut. Si le Tamino de Mauro Peter est scéniquement en retrait -il double l’enfant et l’adolescent qui le jouent sur scène- son ténor mozartien en fait un prince de qualité. Sabine Devieilhe est une grande Reine de la Nuit. Plus plaintive et mater dolorosa que furie vindicative, elle offre à ses vocalises le plaisir d’un jeu dramatique fouillé. Brindley Sherratt est Sarastro à la basse profonde et son autorité vocale est saupoudrée d’humour. Rodolphe Briand (Monostatos) joue les sbires bouffon façon « bad cop » lubrique avec gourmandise. Emma Fekete est une fort jolie Papagena. Les trois enfants sont issus du Knabenchor der Chorakademie Dortmund. Edwin Crossley-Mercer (Der Sprecher), les deux prêtres déguisés en pompiers new-yorkais, Damien Pass et Jonghyun Park ainsi que les trois dames, Alix Le Saux, Ashley Dixon et le beau contralto de Adriana Bignagni Lesca complètent ce plateau mozartien.

  • Aix-en-Provence accueille les championnats combinés

    Aix-en-Provence accueille les championnats combinés

    Pour le club d’Aix Athlé Provence, le week-end sera actif.

    Les Sang et Or chers à Yannick Kerloch se sont vu proposer d’organiser les championnats de France d’épreuves combinées. « Notre équipe et les 1 800 licenciés sont très heureux que la Fédération Française d’Athlétisme ait retenu notre dossier de candidature. Ce championnat représente l’événement le plus important de dimension nationale accueilli depuis l’inauguration du stade Georges-Carcassonne, qui offre aux athlètes une infrastructure sportive de référence nationale au sein de la Plaine Nature d’Aix en Provence », indique le président aixois.

    Heptathlon en ouverture

    Dès vendredi, les athlètes engagés ont pu apprivoiser le site. Ils ont bénéficié d’une séance d’entraînement sur le site des championnats, mais aussi sur l’annexe, installée sur la plaine nature voisine. Concernant la compétition, les premières séries vont débuter ce samedi, à partir de 10h. L’heptathlon donnera le coup d’envoi de deux journées de compétition.

    Les sept épreuves composant cette discipline de l’athlétisme sont réservées aux femmes. Quatre seront disputées samedi, à savoir le 100 mètres haies, le saut en hauteur, le lancer de poids et le 200 mètres. Dimanche, les athlètes prendront part aux trois dernières épreuves, à savoir le saut en longueur, le lancer du javelot et le 800 mètres.

    Côté hommes, ces derniers participeront au décathlon. Cette discipline comprend les sept de l’heptathlon, à l’exception du 800 mètres remplacé par un 1 500 mètres, le 200 par un 400 et le 100 mètres haies par un 110 mètres. Auxquelles s’ajoutent le 100 mètres, le lancer du disque et le saut à la perche.

    Sur les deux jours de compétitions à Aix-en-Provence, plusieurs catégories seront représentées. Il y aura les seniors hommes et femmes. Mais le plateau servira également de support pour les championnats de France de catégories plus jeunes. À savoir les U18, les U20 et les U23. À l’issue des épreuves, dix titres de champion de France seront ainsi décernés.

    Concernant la Ligue Sud, qui aura la chance d’évoluer sur ses terres, ils seront dix à tenter d’aller chercher une médaille d’or ou un podium. Côté féminin, il faudra ainsi suivre Eva Lazerme, Shaden Mokadem, Lou Dumas, Louise Nicolas, Jade Rogez, Luna di Maggio et Sarah Lakhal.

    La délégation masculine sera un peu moins fournie. Avec trois représentants qui seront Quentin Waltzer, Enzo Ipkdjian et Julien Foubert.

    Samedi, trente-six séries vont rythmer la journée d’ouverture. Avec les seniors femmes qui ouvriront la manifestation en courant leur 100 mètres haies, alors que les seniors hommes cloront la journée avec leur 800 mètres.

    Dimanche sera le jour des podiums et des titres. Dès 9h30, ce seront les seniors femmes qui relanceront la mécanique, avec le saut en longueur. Suivront trente-deux autres séries. La clôture revenant aux U23 hommes, avec leur 1 500 mètres.

    Le premier podium sera les seniors féminines à 14h45. Le dernier, celui des U23 hommes, autour de 18h.

    www.athle.fr

  • Innovation et emploi au menu des rencontres économiques

    Innovation et emploi au menu des rencontres économiques

    Sophie Joissains. La maire (UDI) d’Aix a donné le coup d’envoi de la deuxième journée des rencontres, lors du petit-déjeuner du monde économique. L’occasion aussi pour l’édile de donner son traditionnel discours, aux côtés de Jean-Hervé Lorenzi, fondateur des Rencontres économiques. Un discours adressé aux entrepreneurs… et politique. « Ce matin, je voudrais dire ma reconnaissance, ma considération, mon admiration et vous féliciter d’avoir cette flexibilité. Aujourd’hui, vous investissez, vous continuez alors que les cycles économistes raccourcissent, vous recrutez dans un contexte ou les métiers évoluent de manière inédite, vous innovez tandis que les technologies bouleversent tous les modèles établis », pose Sophie Joissains, qui félicite la « capacité d’adaptation » des entrepreneurs et dirigeants d’entreprise face à elle. « Elle mérite d’être accompagnée justement par les territoires. Je suis convaincue qu’une politique locale, économique, réfléchie, ne consiste pas à se substituer à vous ou penser à votre place. Mais qu’elle doit contribuer à créer un environnement favorable pour anticiper dans un monde ou les repères s’effacent et se brouillent, poursuit la maire. C’est cette conviction qui guide notre action à travers une feuille de route économique qui vise à structurer dès aujourd’hui les filières qui feront notre compétitivité de demain. » À Aix, estime la maire, cette position se reflète notamment dans l’essor des Tech et Energy Valley, le développement du Technopôle de l’Arbois et du Pôle d’activité, les partenariats académiques…

    Aurore Bergé sur place

    La journée a ensuite été jalonnée de débats avec les participations du président François Hollande ou de Gabriel Attal, candidat Renaissance à la présidentielle et ex-ministre. Les Rencontres ont aussi accueilli Aurore Bergé parmi le panel de responsables politiques. Dans la continuité du lancement de Talents de France, en janvier dernier, la ministre à l’Égalité des chances, est venue participer à l’atelier Patrons dans ma ville, initié par la Communauté des entreprises qui s’engagent. Habituellement, le format permet aux patrons et dirigeants de rencontrer des jeunes en recherche d’emploi. Ce vendredi, ce sont des jeunes accompagnés par la Région Paca ou élèves de l’École de la deuxième chance. Chacun a pu, face à un parterre de responsables, raconter son parcours, ses particularités, ses réorientations et ses ambitions. Côté dirigeants, l’on retrouve Sylvie Jéhanno, directrice générale de Dalkia ou Thibaut Guilluy, directeur général de France Travail. Talents de France, rappellera la ministre, est né du constat « qu’il y a à la fois un immense gâchis humain, à la fois des femmes et des hommes qui restent à la porte des opportunités professionnelles pour de mauvais critères : leur origine, sociale géographique, ethnique, le fait d’être un homme ou une femme… » Mais aussi celui d’une « aberration économique, parce que les entreprises ne cessent de dire qu’elles cherchent à recruter ». « L’objectif de Talents de France, c’est d’avoir des propositions très concrètes, opérationnelles, et d’engager massivement les entreprises, d’où ma présence aujourd’hui. Ce matin on a franchi le cap de plus de 1 000 entreprises françaises qui ont accepté de signer la charte d’engagement, rappelle Aurore Bergé. Elles s’engagent à avoir 8% de recrutement de personnes issues de QPV et des territoires ruraux, 15% de stagiaires issus de [ces mêmes quartiers] (…) On est sur des objectifs très clairs et très chiffrés qui ont été pris par les entreprises, qui vont du CAC40, des établissements publics jusqu’aux PME (petites et moyennes entreprises) des ETI (entreprises de taille intermédiaire) qui veulent s’engager ici. L’idée, c’est de recruter ici, tout au long du week-end. »