Tag: Aix-en-Provence

  • Double assassinat de Bastia-Poretta : l’affaire rejugée à la Cour d’appel

    Double assassinat de Bastia-Poretta : l’affaire rejugée à la Cour d’appel

    Ils seront onze accusés dont neuf détenus à comparaître en appel, devant la Cour d’Assises des Bouches-du-Rhône. Contre quinze en première instance, dont une surveillante pénitentiaire. Son histoire avait en partie inspiré le film Borgo (Stéphane Demoustier, 2023). Treize d’entre eux avaient été reconnus coupables. Dès ce lundi, et jusqu’au vendredi 3 juillet selon le calendrier, les débats autour du double assassinat de l’aéroport Bastia Poretta, survenu le 5 décembre 2017, sont relancés. Ce jour-là, deux figures du grand banditisme corse, Jean-Luc Codacciono et Antoine Quilichini, dit « Tony le Boucher », sont ciblés par des tirs sur le parking de l’aéroport sur fond de « de guerre entre clans rivaux ». Le premier succombe à ses blessures à l’hôpital, quelques jours plus tard, le second décède sur le coup. En toile de fond de ces assassinats, une vendetta menée pour venger les fondateurs du gang de la « Brise de Mer ». À l’issue d’un chaotique procès en première instance, finalement arrivé à son terme sans personne dans le box, les peines prononcées à l’encontre des accusés allaient de 30 ans de réclusion criminelle (avec une période de sûreté de 20 ans) pour Christophe Guazzelli, considéré comme principal meneur du projet, à l’acquittement. Son frère, Richard Guazzelli, avait lui été condamné à 25 ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté de 16 ans. E.B-G.

  • À Aix, vers un « nouveau cap » pour le centre social de Beisson

    À Aix, vers un « nouveau cap » pour le centre social de Beisson

    « On revient de loin », résume Rachid Sabbouri. Dans son bureau du Centre socio-culturel (CSC) Aix Nord – renommé la Rose des Vents depuis peu – le directeur résume ainsi les dernières années de la structure. À ses côtés, Georges Meunier, récemment nommé à la présidence du CSC, rappelle que ce nouveau nom « annonce aussi une fin de flottement. Cette nouvelle dénomination est une façon d’insuffler un nouveau souffle. C’est aussi un nom moins administratif ». En 2024, face aux dettes, le centre social a dû être placé en redressement judiciaire, dont il sort juste la tête. « On avait un plan de 10 ans, à partir de 2024. On l’a remboursé au bout d’un an et demi », indique Rachid Sabbouri. Cette victoire pour cette structure de proximité nichée dans une partie des anciens locaux de l’École des Lauves, impulse aux équipes un « nouveau cap, une nouvelle dynamique. À travers le changement de nom, une symbolique mais aussi à travers les nouveaux projets que l’on met en œuvre au niveau de la structure, déroule Rachid Sabbouri. L’autre objectif pour nous est aussi de ne pas mettre tous les œufs dans le même panier en termes de financement. Là, on se concentre sur des financements et des projets européens ».

    Inclure les plus jeunes

    Si les projets réguliers, comme les actions citoyennes, les activités sportives et culturelles du centre social se poursuivent, La Rose des Vents place ses pions dans le Fonds Social Européen (FSE), dispositif financier visant à soutenir l’emploi, la formation et l’inclusion sociale dans les États membres, et intégrer ses adhérents au projet Erasmus +, destiné à soutenir l’inclusion professionnelle des jeunes. « Nos partenaires nous ont d’ailleurs appris que nous étions les seuls sur la Région Paca à porter ce projet de A à Z et le seul centre socio-culturel à porter [ce programme] au niveau national », se félicitent Rachid Sabbouri et Georges Meunier. « On porte chez nous ce qu’on appelle le pôle famille qui permet de travailler sur la réussite éducative, avec un accueil de soutien scolaire en partenariat avec l’Éducation Nationale, qui permet de lancer un repérage important de certains [profils de] jeunes, donne, en exemple, Rachid Sabbouri. « Erasmus + permet de donner les clefs de compréhension du système dans lequel on vit. On a tendance à croire que des structures ne sont pas capables, ont du mal, n’ont pas la technicité pour mettre en place des projets comme ça. Mais en se donnant du mal, on y arrive. Il faut en avoir l’envie, nous l’avons. On a une équipe ou il y a une réelle appétence pour aller de l’avant. »

  • [Entretien] Arnaud Clément : « C’était fabuleux de voir le court central plein »

    [Entretien] Arnaud Clément : « C’était fabuleux de voir le court central plein »

    La Marseillaise : Plus de 30 000 personnes ont sillonné les allées du Country Club tout au long de la semaine. Êtes-vous satisfait de cette 13e édition de l’Open d’Aix Provence Crédit Agricole?

    Arnaud Clément : On a eu vraiment une grande qualité de spectacle pendant toute la semaine. Donc c’était assez génial de voir autant de monde venir chaque jour. Dès le lundi, lundi c’est les qualifications, il y avait déjà pas mal de monde. Et puis ça n’a fait que monter en puissance pendant toute la semaine. Donc c’était assez fabuleux de voir aussi, sur les trois derniers jours, le court central plein.

    Avec quatre joueurs membres du top 50 qui ont participé au tournoi, est-ce qu’on peut affirmer que l’Open d’Aix est devenu une vraie préparation pour Roland-Garros ?

    A.C. : Tous les joueurs qui participent au tournoi seront à Roland-Garros dans quelques semaines. Pour la majorité, ça sera dans le tableau final. Et pour les autres, ça sera dans les qualifications. Donc on est vraiment au cœur de la saison sur terre battue. C’est ça qui est super intéressant aussi pour nous. C’est qu’on a des joueurs qui sont déjà très bien rodés sur terre battue, qui maîtrisent la surface. Et c’est pour ça qu’on a cette qualité de spectacle.

    Un mot sur Alejandro Tabilo,
    le vainqueur de cette 13
    e édition ?

    A.C. : Il a surmonté toute cette semaine grâce à son expérience, sa connaissance et sa maîtrise de la surface. On voit qu’il a été bousculé par moments, mais il est resté calme. Il ne s’est pas précipité, il a continué aussi, parce qu’il a un jeu qui est très agressif, mais il sait profiter aussi des failles de son adversaire pour faire jouer le coup supplémentaire. On sent qu’il est en confiance, et quand les choses se mettent bien en place, même quand il est bousculé, il ne panique pas.

  • Alejandro Tabilo, encore

    Alejandro Tabilo, encore

    Il devient le premier vainqueur à inscrire son nom à deux reprises au palmarès de l’Open Aix Provence Crédit Agricole. Déjà titré en 2024, le Chilien Alejandro Tabilo (28 ans, 43e mondial), tête de série n°2 de cette 13e édition, a triomphé en finale (6-4, 4-6, 6-3), dimanche, du Belge Zizou Bergs (26 ans, 44e mondial), tête de série n°3 du tournoi. « C’était un match très dur », confie le lauréat d’un septième titre sur le circuit Challenger. « Mon adversaire jouait de manière très solide, et je pense que le match a changé quand je suis devenu plus agressif. J’ai fait face à un très bon serveur, et j’ai dû rester très solide mentalement. Je suis très heureux d’avoir réussi à gagner le match », poursuit le natif de Toronto, au Canada.

    Objectif tête de série

    Ce deuxième succès sur les courts aixois lui permet de grimper dès lundi à la 35e place mondiale au classement ATP. Il n’est plus qu’à trois longueurs de figurer parmi les têtes de séries pour Roland-Garros. « Depuis que nous avons commencé à jouer bien l’année, avec l’ensemble de l’équipe, notre petit objectif est d’atteindre ce but. Nous en sommes très proches, j’espère que nous pourrons le faire. Il y a encore le Masters 1000 de Rome, donc j’espère que nous pourrons le faire. Et on verra ce qui se passera », souligne Tabilo. Ce dernier espère que sa belle semaine au Country Club aixois, un endroit où il « aime jouer » et où il se sent « confortable », lui permettra d’arriver sur le grand tournoi italien avec le plein de confiance. Comme il y a deux ans, le Chilien a connu une aventure exigeante avant de soulever le trophée. Mis à part face au Péruvien Ignacio Buse (22 ans, 61e), pourtant considéré comme un spécialiste en devenir de la terre battue, toutes ses rencontres se sont jouées en trois sets. « Le premier match de la semaine avec (Roberto) Batista Agut était le plus difficile », estime celui qui a pourtant bataillé contre l’Américain Ethan Quinn (22 ans, 48e), tête de série n°4, en demi-finale. Sans compter la finale face à un adversaire qu’il n’avait jamais battu auparavant. « C’est toujours dur d’affronter un vétéran comme lui, qui a tellement d’expérience. En plus, il était très énervé, il retenait tous les balles, et c’était très dur mentalement », raconte-t-il.

    Bergs prend confiance

    Défait par Tabilo en finale, Zizou Bergs n’a pas réussi à saisir les opportunités qui se sont présentées à lui. Notamment lorsqu’il a eu quatre occasions de faire le break dans le septième jeu de la première manche. « C’est dommage que je me sois braqué, parce que c’était un match de haut niveau », déplore le Belge, auteur d’une semaine « très correcte ». « C’est toujours bien d’être en finale, de gagner des matchs et de prendre confiance avant Rome et surtout Roland-Garros », ajoute-t-il, conscient que cette performance lui permet d’atteindre la 39e place au classement ATP. Il égale ainsi son meilleur classement en carrière. « Je cherche constamment à m’améliorer comme joueur. J’espère pouvoir montrer à Roland-Garros que j’ai progressé », glisse le deuxième « Zizou » préféré des Aixois.

  • Le Camp des Milles en route vers l’Unesco

    Le Camp des Milles en route vers l’Unesco

    La Marseillaise : Pourquoi cette démarche à l’Unesco ?

    Alain Chouraqui : Quoi de plus important que de s’appuyer sur le patrimoine de souffrances et de courage de l’humanité pour contribuer à un avenir meilleur ? De construire un lien entre passé et présent qui soit utile, vivant, un repère collectif dans un monde où les repères se brouillent ? Nous souhaitons donc faire connaître le plus largement possible ce que l’histoire du Camp des Milles et de la Shoah apporte comme enseignements interdisciplinaires et intergénocidaires sur les mécanismes universels qui mènent au pire et aux résistances possibles. Cette approche est qualifiée de « percutante » par l’institution en charge de l’instruction des dossiers de candidature au patrimoine mondial de l’humanité. C’est la même raison qui nous avait fait obtenir avec AMU, la création d’une chaire de l’Unesco « Éducation à la citoyenneté, sciences de l’homme et convergence des mémoires ».

    Comment qualifieriez-vous l’originalité du site lui-même ?

    A.C. : Notre démarche éducative et nos ateliers ont été éprouvés auprès d’environ 700 000 jeunes très divers. Mais notre approche originale a d’abord la chance de s’appuyer sur le patrimoine exceptionnel que constitue le site lui-même, seul grand camp français d’internement et de déportation encore intact et l’un des très rares en Europe. Il porte les traces d’un enchaînement de persécutions visant des étrangers supposés « suspects » venant de 41 pays, des opposants, des « indésirables » puis des personnes juives envoyées vers l’assassinat d’Auschwitz. Car ce camp a aussi l’intérêt pédagogique d’être une antichambre de la mort, une usine « ordinaire » dont des hommes « ordinaires » ont fait un lieu de départ vers l’extraordinaire d’un camp d’extermination. On y perçoit mieux comment s’installe autour de nous une situation qui permet le basculement brutal vers un crime de masse. Le Camp des Milles, ce sont des résistances diverses, 18 Justes qui risquent leur vie pour sauver des hommes, femmes et enfants juifs et de nombreux artistes -parmi les plus grands comme Max Ernst-, qui continuent de créer pour résister à la déshumanisation, qui ont laissé leurs œuvres sur les murs du camp.

    Qu’est-ce que cela apporterait au site
    si elle venait à être acceptée ?

    A.C. : Nous en espérons bien sûr une plus grande visibilité du site et de notre « modèle scientifique, pédagogique et citoyen » de décryptage des leçons du passé pour éclairer le présent. Certains mémoriaux reprennent déjà ce « modèle ». Nous souhaitons aussi, dans l’intérêt de tous, une meilleure diffusion de ces leçons face aux engrenages des intolérances et des extrémismes qui menacent la démocratie partout dans le monde. L’inscription du site au patrimoine mondial serait ainsi un ancrage fort de ces leçons de l’histoire dans le patrimoine de l’humanité.

    On vous a déjà indiqué que le Camp des Milles cochait les cases des conditions d’inscription. Vous êtes donc confiants que cette démarche aboutisse ?

    A.C. : L’institution internationale évoquée affirme en effet que « les critères, les attributs et l’authenticité » existent pour fonder une « valeur universelle exceptionnelle » (VUE) du Camp des Milles, condition d’une inscription au patrimoine mondial. Nous attachons du prix au fait qu’elle vise à la fois le patrimoine matériel du Camp des Milles mais aussi le patrimoine immatériel que représente aujourd’hui son approche pédagogique originale. Mais il ne s’agit que du début d’un processus qui peut être long. Les candidatures venant du monde entier, même solidement fondées, ne peuvent pas être toutes retenues par l’Unesco. Mais il est vrai que cet avis spécialisé très positif renforce notre espoir d’aboutir. De même que les premières réactions de partenaires importants, y compris venant d’Auschwitz qui fut la fin du chemin pour les déportés des Milles. Beaucoup dépendra aussi de l’accompagnement de l’État et des collectivités concernées par cette reconnaissance humaniste exceptionnelle.

    En ces temps de conflits, de montée des haines, comment continuer
    à transmettre le devoir de mémoire ? Promouvoir la démocratie collective
     ?

    A.C. : Cette situation nous impose un véritable courage de mémoire : celui d’appliquer aujourd’hui les leçons civiques de cette histoire, des anti valeurs à combattre et de la démocratie à préserver et approfondir. Alors transmettre c’est aussi se souvenir de l’engrenage mortifère qu’enclenche ou aggrave la brutalisation des mots qui engendre la violence des actes. L’histoire montre ainsi que jouer avec l’antisémitisme, le racisme ou la xénophobie c’est ouvrir une boîte de Pandore passionnelle, immaîtrisable qui finit par dévorer aussi ceux qui ont cru l’instrumentaliser, et surtout qui peut détruire la démocratie et la paix civile.

    En ces temps, comment accueillir mieux, les jeunes et en plus grand nombre ?

    A.C. : Tout est question de moyens. Nous devons déjà limiter certaines activités
    -comme beaucoup d’autres associations, malgré une situation qui engendre de plus en plus de demandes. Nous espérons que des mécénats sauront compléter notre autofinancement et nos subventions publiques pour toucher plus largement les jeunes. Nous constatons chaque jour leur curiosité pour cette histoire forte dont ils perçoivent très spontanément qu’elle peut protéger leur appétit de vivre libres, épargnés par les tragédies autoritaires du passé. Sachons utiliser tous les leviers pour nourrir d’enseignements utiles leurs belles aspirations, en même temps qu’être fidèles au souvenir de nos aînés qui ont payé cher ces leçons de vie.

    LE SOUTIEN DES ACTEURS DU TERRITOIRES

    « Nécessaire reconnaissance mondiale », Benoît Payan, maire (DVG) de Marseille

    « Le Camp des Milles est un site de référence pour la mémoire de la déportation en France, il est nécessaire qu’il soit à présent mondialement reconnu. En ces temps où certains prônent la division et banalisent la haine, le devoir de mémoire doit être honoré, pour rendre hommage à ces hommes, ces femmes, ces enfants, victimes et héros de la Shoah. Pour que nul n’oublie jamais, il est nécessaire de préserver ces témoignages, de les valoriser et de les transmettre au plus grand nombre au travers de sites historiques tels que celui-ci. »

    Propos recueillis par Eva Janus

    « Le travail de mémoire est essentiel », Caroline Pozmentier, présidente du Fonds mémoire d’Auschwitz, élue Ren. à la Région

    C’est important que le camp des Milles figure sur cette liste du patrimoine mondial de l’Unesco parce que ce patrimoine a été réhabilité ici en France où se sont déroulées au XXe siècle les prémices et la collaboration active du génocide nazi.

    Ce patrimoine existe non seulement dans sa dimension patrimoniale historique mais aussi pour la conscience des génocides et des mécanismes qui entraînent à la haine et au génocide tel qu’il a pu se perpétrer pendant la Shoah.

    Les événements dramatiques qui se sont déroulés au Camp des Milles contribuent au travail de transmission de la mémoire de la Shoah et à son enseignement. Aujourd’hui, face aux controverses auxquelles l’enseignement de la Shoah fait parfois face, le travail de mémoire est essentiel. Ils constituent d’ailleurs l’un des piliers de notre politique culturelle à la Région. Notre collaboration et le partenariat avec la Fondation du Camp des Milles n’ont fait que se renforcer d’année en année, à la fois sur l’investissement et le fonctionnement. »

    E.J.

    « C’est une initiative honorable », Jérémy Bacchi, sénateur PCF des Bouches- du-Rhône

    C’est une initiative honorable qu’il faut à tout prix soutenir, que je soutiens pleinement parce qu’on est condamnés à bien connaître son histoire pour éviter que les choses se reproduisent de manière similaire ou différente.

    Surtout que l’on a coutume de dire : « Je ne comprends pas comment les gens ont pu accepter ce qu’il s’est passé il y a 80 ou 90 ans de cela. » Or les mécanismes qui étaient à l’œuvre il y a 90 ans sont aussi à l’œuvre aujourd’hui, et pour ça je veux saluer le travail remarquable du Mémorial du Camp des Milles qui invite à la réflexion et à décortiquer les mécanismes qui amènent au totalitarisme et à des épurations ethniques comme on a pu connaître. En plus de l’histoire du Camp, il y a aussi un volet réflexif sur l’ensemble des autres conflits qui ont eu lieu par la suite, comme le génocide au Rwanda. Je crois que connaître cette histoire-là, ces histoires-là, c’est aussi une manière de se prémunir de résurgence de phénomènes similaires. cela permet de regarder son histoire en face, cette période qui est à la fois douloureuse et honteuse pour notre nation. Ce qu’il s’est passé dans ce Camp a débuté bien avant la Seconde Guerre mondiale. »

    E.J.

    « Le Camp des Milles est un phare », Martine Vassal, présidente DVD du Département des Bouches-du-Rhône

    « En ces temps troublés partout dans le monde, le Camp des Milles est un phare, un appel à la vigilance contre toutes les formes de haine et d’exclusion. Il porte une mémoire essentielle, universelle et profondément ancrée dans l’histoire de la Provence et de la France. Nous devons en être les passeurs auprès des jeunes générations alors que les derniers témoins de cette époque s’effacent peu à peu. En soutenant sa candidature au patrimoine mondial de l’Unesco, le Département des Bouches-du-Rhône lance un appel à la tolérance et à la paix entre les hommes et les peuples. » E.J.

    « Avoir une reconnaissance encore plus forte », Marc Pena, député PS des Bouches-du-Rhône

    C’est un processus logique. Je suis membre du conseil scientifique du Camp des Milles : on a commencé par demander une Chaire Unesco, on a créé une Fondation qui s’adossait à ce qui se faisait à l’Université en matière de recherche, l’étape supplémentaire, c’est d’avoir une reconnaissance encore plus forte, une reconnaissance internationale importante au moins à deux niveaux. D’abord, pour ce que représente le Camp des Milles, dans la mémoire collective que cette fondation a su créer : beaucoup de choses qui s’étaient perdues au fil du temps, beaucoup de personnes ne connaissaient pas l’histoire du Camp. Deuxième point -pour parler d’avenir- c’est quelque chose qui nous donnerait une reconnaissance et peut-être des moyens pour aller plus loin dans la pédagogie, la transmission, l’actualisation de ce qu’a signifié la déportation. On a une société aujourd’hui en tension extrême, sens dessus dessous, mais surtout une montée des rapports de force et des impérialismes. On rencontre des éléments communs avec ce qu’il s’est passé dans les années 1930, à commencer par une montée de l’antisémitisme…

    Le rôle du Camp des Milles est d’aller dans ce sens, tout en s’ouvrant. On a associé (à cette cause) les représentants, arméniens, les représentants des Roms, d’autres associations… Aussi, ceux qui sont de cette génération, qui parfois ont été déportés, nous quittent petit à petit : c’est un moment essentiel pour ne pas perdre notre mémoire, et nous sommes dans un moment où cette labellisation est d’autant plus importante. »

    Propos recueillis par Eva Bonnet-Gonnet

    « Une démarche en lien avec le wagon du souvenir », Jean-Marie Valencia, secrétaire CSE, Casi Cheminot

    Cette démarche va dans la continuité de la volonté de pérenniser ce site, entamée avec le wagon de la mémoire. Cela va permettre de continuer le devoir de mémoire, au-delà du territoire. C’est un devoir doublement important, par rapport au ferroviaire. La SNCF a été impliquée dans le fonctionnement du système du moins de ce camp et de la région. Il y a la nécessité de rappeler que la SNCF a servi d’outil, même si les cheminots ont résisté par rapport au fascisme. Mais par contre, par rapport au système, la SNCF a été participante. Et de manière générale, c’est important de connaître, partager et se souvenir de l’histoire pour ne pas la revivre. Et rappeler qu’il faut toujours être pour la paix et combattre le fascisme, le racisme et la xénophobie. »

    E.J.

    « Ce serait tout à fait justifié qu’il soit à l’Unesco », Hendrik Davi, député (l’Après) des Bouches-du-Rhône

    C’est une revendication assez ancienne du Camp des Milles, donc, ce serait bien qu’elle soit acceptée. Et c’est aussi important car c’est le seul camp accessible en France. Il a un rôle important en termes de devoir de mémoire. D’autant que le travail interdisciplinaire qu’il fait au Camp des Milles est assez exceptionnel.

    Surtout dans le contexte politique dans lequel on vit, avec l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir dans de nombreux pays et les menaces de l’extrême droite en France. D’autant qu’au Camp des Milles, il y a une particularité, c’est qu’il a été mis en œuvre avant l’arrivée de l’Allemagne nazie. Ce qui rappelle le passé fasciste français, car on oublie un peu souvent la place de Vichy dans la déportation des Juifs. C’est une initiative importante. Car au Camp des Milles, il y a eu d’abord des prisonniers politiques plus généraux avant 40. Ce qui montre la continuité de certaines politiques : quand on fait des mesures exceptionnelles et qu’on s’attaque aux opposants politiques, petit à petit on élargit les opposants, on élargit ceux qui subissent des répressions, et ça aboutit à l’horreur qu’on connaît. Il y a vraiment un rôle mémorial extrêmement important de ce camp des Milles, d’autant que c’est le dernier encore accessible en France et que le travail interdisciplinaire qu’il y est fait est assez exceptionnel. Pour toutes ces raisons, ce serait tout à fait justifié qu’il soit un patrimoine de l’Unesco. »

    E.J.

  • Valeur universelle

    Valeur universelle

    La démarche engagée par le Camp des Milles, pour son inscription au patrimoine mondial de l’Unesco mérite un large soutien des acteurs de notre territoire.

    Elle vise à faire reconnaître à la fois le site du Camp mais aussi l’approche de convergence des mémoires qu’y développe la Fondation présidée par Alain Chouraqui pour comprendre et prévenir les engrenages génocidaires.

    Cette tuilerie transformée en camp par la IIIe République pour enfermer les ressortissants du Reich -bien souvent des artistes antifascistes qui espéraient trouver refuge en France-, a ensuite été l’instrument du régime de Vichy pour y concentrer jusqu’à 3 500 « indésirables » avant de devenir un camp de déportation des juifs, hommes, femmes et enfants… Plus d’une centaine d’enfants et adolescents juifs furent déportés depuis le Camp des Milles. Le plus jeune avait un an.

    Résistance

    Dans un monde déchiré par les haines et les conflits, défiguré par l’antisémitisme et tous les racismes, ce lieu singulier est précieux.

    Le Camp des Milles porte en lui la mémoire de la Seconde Guerre mondiale mais pas seulement. Son existence est un acte de résistance à l’oubli, à l’indifférence et aux divisions meurtrières.

    La Marseillaise, journal fondé dans la Résistance au nazisme, soutient pleinement l’inscription du Camp des Milles au patrimoine mondial de l’Unesco comme elle avait soutenu le projet de site mémorial en son temps.

    Dans le même esprit, elle vous invite ce soir à 18h, à découvrir l’exposition « La part visible des camps » sur l’enfer de Mauthausen, dont Marcel Thomazeau, dirigeant historique de notre journal, est ressorti ne pesant plus que 34 kg.

    En outre, chaque week-end, nous publierons J’avais 16 ans à Pitchipoï le récit de Denise Toros-Marter, rescapée d’Auschwitz. Toujours vivante, elle fait partie des « grands anciens » du Camp des Milles.

    Comme l’écrivait Paul Éluard, « si l’écho de leurs voix faiblit, nous périrons ».

  • L’Office de tourisme vote son budget dans la foulée

    L’Office de tourisme vote son budget dans la foulée

    L’Office de tourisme, central pour maintenir la réputation culturelle de la Ville, a lui aussi adopté son budget primitif. Un budget, selon Karima Zerkani-Raynal, adjointe au tourisme et à l’attractivité, qui « traduit d’une gestion sérieuse et prudente, reconnue par le label d’État destination d’excellence. Celui-ci s’inscrit dans une logique de continuité et de consolidation. Il vise à prolonger l’élan de Cézanne 2025, à maintenir l’image d’Aix-en-Provence comme grande destination culturelle et développer le tourisme d’affaire afin de mieux répartir la fréquence sur l’année », déroule Karima Zerkani-Raynal, adjointe au tourisme et à l’attractivité. « Il se stabilise à 7,311 millions d’euros en fonctionnement et 631 815 euros en investissement. » Côté recettes, « la Ville contribue à hauteur de 3,2 millions d’euros via le reversement de la part communale de la taxe de séjour », poursuit l’élue. « Si on n’avait pas cette taxe de séjour, c’est la ville qui paierait cette subvention, c’est quand même très important. » Précision apportée alors qu’un peu plus tôt dans le conseil, Cyril di Méo (PS), en demandait la réévaluation. « La règle à Aix est un plafonnement à 4 euros hors taxe additionnelle de cette taxe de séjour. Quelqu’un qui loue une chambre à l’Hôtel Renaissance pour 400 euros, aurait une taxe de séjour de 4 euros, la même que paierait quelqu’un qui loue une nuitée dans un camping à 66 euros, déplore Cyril di Méo. La loi permet de moduler cette taxe séjour de 1 à 5% du montant sans plafonnement. Est-ce qu’il serait possible, que la ville étudie dans les tarifications de cette taxe de séjour – puisque vous vous vantez d’être une ville touristique attractive – qu’il y ait une différenciation et une progressivité dans l’usage de cette taxe de séjour de façon à dissuader Airbnb et toute une partie du locatif, pour attribuer un caractère plus social à ces logements ? » La question reste en débat.

  • « Zizou » Bergs, un prénom qui a conquis le cœur du public aixois

    « Zizou » Bergs, un prénom qui a conquis le cœur du public aixois

    Sans représentant français encore en lice pour soulever le trophée aixois, le public du Country Club s’est trouvé un nouveau favori. Le Belge Zizou Bergs (26 ans, 44e mondial) a brillamment disposé de l’Australien Rinky Hijikata (25 ans, 101e), vendredi, en quart de finale de la 13e édition de l’Open Aix Provence Crédit Agricole. « C’était une belle bataille », souligne la tête de série n° 3 de la semaine aixoise. « Il a super bien commencé le match, avec un gros service et beaucoup d’agressivité. J’ai dû mettre un peu plus de pression sur mes retours et j’ai eu plus de contrôle sur le cours du jeu. C’était la clé du match », analyse le natif de Lommel, en région flamande.

    Frustré après la perte du premier set, il n’a pas caché son agacement, allant jusqu’à jeter violemment sa raquette au sol. « Je m’en suis voulu de ne pas avoir été aussi agressif que je l’avais prévu. Contre un autre adversaire, ça serait sûrement passé, mais pas contre lui », assure Zizou Bergs.

    Zizou, comme un symbole

    Dans les tribunes du court central, ses cris d’encouragement trouvaient un écho grandissant. « Avec un tel prénom, on ne peut qu’être avec lui. Surtout ici », martèle Stéphane, passionné marseillais de la petite balle jaune. Ce dernier arborait fièrement un maillot rétro du Real Madrid floqué Zidane. Un clin d’œil qui amuse le principal intéressé : « Quand j’entends “allez Zizou”, ça me met la patate », confie-t-il, lui qui doit son prénom au surnom de son père lorsqu’il jouait au football. « C’est marrant quand les supporters viennent voir mes matches avec le maillot de Zinédine. Ça me fait sourire.»

    Conscient de bénéficier d’un soutien particulier, Bergs savoure. Les occasions de jouer devant un public acquis à sa cause restent rares, surtout depuis la disparition du principal tournoi belge, l’ATP 250 de Bruxelles. En confiance sur les courts aixois, le Belge s’est offert une place dans le dernier carré. Il y affrontera l’Espagnol Pol Martin Tiffon (26 ans, 312e), issu des qualifications, à l’image d’Ignacio Buse (22 ans, 58e), demi-finaliste surprise de la dernière édition. « Je suis venu pour gagner », affirme Bergs, persuadé d’être pratiquement prêt à 100% pour Roland-Garros.

  • La majorité adopte un budget très critiqué par les oppositions

    La majorité adopte un budget très critiqué par les oppositions

    Le budget a été voté à Aix, juste à temps, les communes ayant jusqu’au 30 avril pour l’adopter. Ce jeudi, les élus du conseil municipal se sont réunis deux semaines après avoir débattu du rapport d’orientations budgétaires (ROB) en salle des États de Provence. Budget décliné en plusieurs « axes majeurs », rappelle Dominique Augey, adjointe aux Finances, et sur lesquels repose aussi le budget primitif : proximité, qualité de service public, une préparation à la « ville de demain » mais surtout – et c’est une promesse de campagne – la préservation du pouvoir d’achat des Aixois. Néanmoins, pour l’année à venir, la Ville prévoit un budget à 330,5 millions d’euros. Le budget de fonctionnement s’élève à 238 millions d’euros de recettes. Et à 222 millions d’euros de dépenses, qui inclut 59,9% de dépenses en personnel. « Des recettes supplémentaires aux dépenses ça permet de dégager une marge de 15,6M d’euros, qu’on bascule dans le budget investissement, précise Dominique Augey. En complétant ce budget issu du fonctionnement par un certain nombre de recettes qu’on détaillera tout à l’heure pour un montant de 64 millions d’euros, on peut programmer des investissements qui sont à peu près à hauteur de 80 millions d’euros. » Quant aux 330,5 millions de budget total, ce chiffre inclut entre autres 110 millions d’euros de recettes fiscales (taxes foncières et autres taxes directes). 57 millions proviennent également de la Métropole (dotation de solidarité communale et attributions de compensation). La dotation globale de fonctionnement, chute de 4,9%. « Elle baisse de 50% sur les 15 dernières années. Il faut faire avec ces diminutions », précise Dominique Augey. Les grandes priorités du budget ont elles été présentées en « polyphonie ». Soit des « flashs sur un projet et des programmes variés en 2026 », présenté par plusieurs adjoints. Côté sports, Hervé Libermann estime que « le budget est à nouveau ambitieux et s’établit autour de 3,2 millions d’euros de dépenses de fonctionnement et de 810 000 en investissement ». Les aides aux associations et clubs sportifs s’élèvent à 1,6 million d’euros. Côté sécurité, parmi les sujets en poupe de la majorité, Mireille Lazare annonce notamment, la volonté de la Ville de « moderniser ses outils » avec l’agrandissement du centre de supervision urbain, la construction d’un nouveau commissariat de police municipale et « l’engagement de la Ville » dans le réseau Radio du futur (RFF). Les investissements dans les écoles se poursuivent eux aussi, notamment par la végétalisation des cours d’écoles, tout comme les investissements liés à l’environnement et la transition énergétique.

    Oppositions en désaccord

    « Face au désengagement de l’État, et pour préserver le pouvoir achat des Aixois, vous n’augmentez pas la taxe d’habitation des résidences secondaires. (…) Vous faites des choix, celui de préserver le pouvoir d’achat de certains Aixois. À côté de ça, on continue à payer la pénalité SRU (…) il faut prendre l’argent là où il est ! », pointe Agnès Daures (DVG, groupe Aix en Partage). Dans le même groupe, Magali Bailleul regrette qu’« il manque pourtant un aspect essentiel de la vie des enfants à l’école : le périscolaire. Il y a des attentes, ce qu’on demande est, dans ce budget, on ne voit pas une augmentation des ressources financières humaines suffisantes pour pouvoir améliorer le service tel qu’attendu par les parents. Pour la rentrée 2026, ce ne sera pas le cas ? ». Siégeant aux côtés de Philippe Klein, Cyrille Blint, conseiller départemental, regrette « un choix de baisser les investissements, d’endetter les Aixois, ou de céder les biens fonciers de la Ville. Je m’aperçois que vous avez fait les trois ». Le budget sera finalement, voté, contre l’avis de l’ensemble des oppositions.

  • [1er-Mai] À Aix-en-Provence, la jeunesse est dans la rue pour défendre ses droits

    [1er-Mai] À Aix-en-Provence, la jeunesse est dans la rue pour défendre ses droits

    Ils étaient 500 selon la police, 800 selon les syndicats, à battre le pavé des rues aixoises pour réaffirmer leurs droits. En tête de cortège, l’intersyndicale composée de la CGT, la FSU, et une partie de la CFDT, mais aussi de l’Union étudiante. En ce 1er-Mai, une majorité des manifestants sont étudiants, jeunes travailleurs, ou les deux, en partie poussés par l’actualité. « Comme toute personne ici, on est d’abord sur place pour défendre les droits et la vie des travailleurs. Il y a eu récemment pas mal de morts, d’étudiants, voire de mineurs au travail ou en stage d’observation. Ça soulève encore une fois la question des conditions de travail. Pour les mineurs, les étudiants, mais pour tous les ouvriers. On est là parce que ça nous concerne directement. » Entre autres, alors que ce représentant du syndicat étudiant insiste sur une appréhension générale de l’entrée dans le monde du travail, justifiée la précarité des jeunes travailleurs. Ces deux points, reviennent unanimement parmi les plus jeunes interrogés dans la foule. Pour Émilie, de la Fédération syndicale étudiante (FSE), « les jeunes aux travailleurs sont exploités. Récemment, on a eu [les chiffres] des morts au travail, et parmi ces morts, il y a une surreprésentation parmi les jeunes, explique la jeune syndicaliste. C’est pour cette raison que le syndicat (FSE) fait constamment du lien avec les collectifs jeunes : on sait qu’actuellement les travailleurs sont exploités et qu’il faut les défendre, que ces travailleurs-là s’organisent… On s’attache également à être présent sur des piquets de grève, à [dénoncer] cette double besogne des travailleurs étudiants. » Un peu plus loin, sous les drapeaux du Mouvement des jeunes communistes et du Parti communiste français, Arthur Patou revient lui aussi sur cette question des jeunes morts au travail. « C’est une question qui revient avec d’autant plus de force sur le devant de la scène puisqu’on a eu quatre jeunes qui sont morts au travail [en 2025, Ndlr.] au cours de stages, dans lesquels les conditions de travail qui se dégradent et une pression constante, d’aller contre les normes de sécurité. » Pour Théo et Clara, membres de Jeunes Génération.S, il faut « réformer les stages d’observation en 3e et en seconde, il n’y a aucune protection et un système qui fait que les droits des travailleurs ne sont pas entendus. Tout est à réformer. »

    Précarité, guerres

    et tensions mondiales…

    De nombreux autres sujets interpellent les plus jeunes du cortège. « La précarité est grandissante, les conditions d’accès aux études se dégradent, les étudiants ont du mal à se loger, se nourrir, doivent travailler pour subvenir à leurs besoins nécessaires et sont totalement oubliés », estime Célia, qui manifeste pour la première fois, « un peu désespérée », indique cette étudiante. « Sans compter qu’après cinq années à avoir étudié et galéré, aucun emploi ne s’offre à nous. Avec de la chance, on peut travailler en restauration. Pour le reste, c’est un chômage. » Pour Marc Pena, député (PS) de la 11e circonscription des Bouches-du-Rhône, à la tête du groupe Aix Avenir au conseil municipal, la jeunesse « est la chair à canon. Ce sont souvent les moins protégés, ceux qui ne connaissent pas suffisamment leurs droits. Ce qu’on a à faire, c’est de rappeler qu’il y a un droit du travail qui protège, qui doit être appliqué dans toutes ses dimensions, on demande qu’il y ait dans le budget un gros effort sur le recrutement des inspecteurs du travail (…) une augmentation des moyens, et dire à ces jeunes qu’ils ne pourront pas s’en sortir seuls, qu’ils doivent s’organiser, se regrouper », poursuit le député. Le sujet des guerres et tensions internationales imprègne lui aussi les jeunes groupes dans ce cortège du 1er-Mai. Entre les banderoles des différents partis de gauche et progressistes, des divers syndicats et organisations, les drapeaux palestiniens, cubains – entre autres – flottent. « Cette logique de conflit nous impacte directement, nous les travailleurs. Investir dans la défense veut dire rogner sur les salaires. Les guerres et tensions ont un impact direct sur notre quotidien, on le voit avec l’augmentation des prix de l’essence ces derniers temps », pointe une étudiante. Résumé ainsi par Ludivine Martinez, pour la CGT : « Nous manifestons notre solidarité avec les millions de travailleurs qui se trouvent sous les bombes (…) il y a urgence à sortir de cette surenchère guerrière. »