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  • Aix-en-Provence : la première pierre du pôle d’Aillane posée

    Aix-en-Provence : la première pierre du pôle d’Aillane posée

    Installé à l’entrée
    du pôle d’activité d’Aix (PAAP), proche du quartier de la Pioline, de l’aérodrome d’Aix-Les Milles et du quartier de La Duranne, le « projet bénéficie également de la proximité de plusieurs opérations structurantes du territoire, dont Tech Valley, future Cité de la Défense et du Spatial », indique CS Invest, qui porte le projet. Le lot n°1 du chantier prévoit 20 000 m² de surface de plancher, et 6 bâtiments. La première phase du programme accueillera notamment une concession Ferrari sur 5 000 m².

  • Une jungle dans nos jardins

    Une jungle dans nos jardins

    Une tête d’épingle, un cerveau minuscule et pourtant des capacités qui pourraient faire bugger certaines intelligences artificielles. C’est avec les abeilles que Marie-Geneviève Guiraud travaille au quotidien. Chercheuse postdoctorale à AMU et au CNRS, spécialiste de la neurocognition des insectes, elle étudie leurs visions et leurs capacités d’apprentissage.

    Mais pour raconter les insectes, la scientifique ne s’est pas tournée vers un autre laboratoire. Elle a appelé son père, photographe naturaliste. Deux regards différents, réunis dans une même exposition : « Pollinisateurs : regards croisés entre science et photographie ». But affiché : comprendre le rôle des insectes dans les écosystèmes et leurs capacités cognitives.

    De la thèse à la macrophotographie

    À l’origine de cette collaboration, il y a une histoire familiale. Lorsque Marie-Geneviève Guiraud commence sa thèse, à Londres, elle doit régulièrement préparer des présentations scientifiques. Il lui faut des images. Son père, passionné de nature, commence alors à faire de la macrophotographie pour répondre à ses besoins.

    « Mon père, c’est un poète », raconte-t-elle. Un homme qui passe beaucoup de temps dehors à observer les paysages, les animaux et les insectes. Aujourd’hui, selon sa fille, il est « au top de son art » avec la collection présentée dans le cadre du festival.

    Derrière cette complicité familiale se cache aussi une volonté scientifique : rendre visible ce que l’on ne regarde pas. Car les insectes souffrent d’un paradoxe. Ils sont partout, mais restent largement méconnus. La chercheuse rappelle que les insectes représentent une part considérable de la biomasse et alerte sur leur déclin. Elle évoque notamment une diminution de 75 % sur les quinze dernières années. Un constat qui, selon elle, reste difficile à mesurer pour le grand public.

    Quand les abeilles défient l’intelligence artificielle

    Pour Marie-Geneviève Guiraud, changer le regard passe d’abord par la familiarité. « On a plus tendance à vouloir protéger ce qu’on connaît mieux », explique-t-elle. Les chiens et les chats nous sont familiers. Les insectes, beaucoup moins.

    Pourtant, derrière leurs centaines de milliers de neurones se cachent des capacités surprenantes. En moins d’une trentaine d’essais, les abeilles peuvent reconnaître des visages humains et les généraliser à d’autres. Une performance que la chercheuse compare à celle des IA, qui nécessitent selon elle des centaines d’images pour apprendre.

    À Marseille, cette découverte du monde minuscule prend aussi une dimension locale. L’exposition entend mettre en lumière les espèces présentes dans la région, notamment l’abeille noire, et rappeler la richesse des écosystèmes des Calanques. Pour la chercheuse, il s’agit de montrer que la biodiversité n’est pas une réalité lointaine : elle se trouve aussi « autour de chez nous ».

    Au fond, le duo père-fille ne cherche pas seulement à montrer de beaux insectes. Il cherche à provoquer un réflexe : celui de s’arrêter, d’observer et de s’émerveiller « comme quand on est enfant ».

    Sarah Aït Ouazzi

    Être(S) lié

    Tisser des liens. Entre l’humain et l’animal. Entre la science et la société. Entre les étudiants et le public. Tel est l’objectif de l’exposition collective « Être(s) lié » organisée par Lalie Chassaigne et Noémie Raskin, stagiaires au sein de la Mission Interdisciplinaire d’Aix-Marseille Université. En collaboration avec le programme d’Engagement Étudiant, ce projet a réuni neuf œuvres de la communauté universitaire qui seront exposées jusqu’à demain, au forum du Mucem. Au printemps 2026, une question s’invite dans toutes les boîtes mail des étudiants et du personnel d’amU : « Comment définiriez-vous votre lien à l’animal ? ». Cet appel à projet artistique propose à chacun d’y répondre selon le support de son choix. Lalie et Noémie, étudiantes en Master de Médiation Scientifique, reçoivent alors une vingtaine de photos, illustrations, collages et textes qui tentent à leur manière de qualifier cette relation. Les thèmes sont variés et offrent une grande diversité de regards posés sur le vivant qui nous entoure.

    Tania Carde Bernheim Le Coeur

  • Un parking pour accompagner la mutation de la Duranne

    Un parking pour accompagner la mutation de la Duranne

    Il n’a pas plus de vingt ans. Le quartier de la Duranne, au sud ouest d’Aix-en-Provence, au fur et à mesure des années, se voit doté de nouveaux équipements et aménagements. Et inauguré ce mercredi, le nouveau parking P3, en face du collège de la Nativité. S’il doit encore être baptisé – et une concertation publique est ouverte jusqu’au 23 septembre pour qu’un nom lui soit trouvé – les 204 places gratuites de ce parking ombragé, dont 8 adaptées aux personnes à mobilité réduite, sont déjà prises d’assaut. Au-dessus du traçage des places, neuf ombrières photovoltaïques, pour une surface de 2 222 mètres carrés qui permettra de produire 730 Mégawatts d’électricité par an, injectés dans le réseau Enedis pour produire l’équivalent de la consommation annuelle de 150 à 300 foyers, selon leur consommation. « Une production renouvelable qui permettra d’éviter chaque année l’émission de près de 36 tonnes de CO2 et qui marque notre volonté d’accompagner la transition énergétique en réduisant le recours aux énergies fossiles – quand on voit le prix des carburants, on comprend – tout en répondant aux besoins des usagers », félicitait Sophie Joissains, maire (UDI) d’Aix-en-Provence. En supplément des places de parking, 28 arbres et 2 170 plantes « économes en eau » ont été ajoutés. Des places de parking à revêtement perméable permettront également aux eaux de pluies de facilement s’infiltrer dans le sol.

    Première ferme solaire

    Porté par la Semepa (société d’économie mixte), livré avec trois mois d’avance, le chantier veut participer à la « démarche de diversification et de souveraineté énergétique souhaitée par la Ville d’Aix », contextualise Eric Chevalier, président de la Semepa et premier adjoint au maire. « Il s’agit pour nous d’une première opportunité qui va se prolonger bientôt sur d’autres terrains ou équipements », poursuit Eric Chevalier. Le parking s’inscrit, donc, dans une démarche affichée de développement énergétique pour « construire ensemble l’avenir » et « essayer de rattraper les quatre degrés qui nous sont pronostiqués dans l’avenir sur notre territoire et dans notre ville », poursuit le premier adjoint. Coût du chantier : 2 millions d’euros pour la Semepa. « C’est une première ferme solaire publique sur la Ville d’Aix », insiste, de son côté, Rémi Capeau, élu du quartier de la Duranne. L’infrastructure, est aussi le visage d’un secteur qui se métamorphose au fil des nouveaux équipements. Selon l’élu, 700 logements doivent encore sortir de terre d’ici les six prochaines années, pour arriver à 5 500 logements. Sont aussi en cours la réalisation de l’église de la place du Coteau, portée par le diocèse d’Aix, épaulé par la municipalité, les travaux dans la bastide de la Grande Duranne, dans laquelle seront aménagés la mairie annexe et des locaux associatifs. L’inauguration du tout est prévue pour la fin d’année. « Nous avons un immense Central Park de 7 hectares qui va être réalisé, qui va structurer le bas et le haut de la Duranne, poursuit Rémi Capeau. (…) Nous avons aussi toujours à cœur de réaliser un pôle jeunesse. On est encore en pleine étude. » Est aussi attendue, d’ici 2030, la nouvelle ligne BHNS. Financé par la Métropole, « d’après les échanges que le Président de la métropole et le maire ont eus cet été, malgré les turbulences budgétaires que la Métropole rencontre, le budget du BHNS est sanctuarisé », précise l’élu.

  • [Entretien] Pascal Carlier, ethnologue : « Il faut apprendre à intégrer l’animal dans nos vies »

    [Entretien] Pascal Carlier, ethnologue : « Il faut apprendre à intégrer l’animal dans nos vies »

    Pouvez-vous expliquer vos différentes interventions lors du festival ?

    Pascal Carlier : Le matin, c’est « comment entrer en relation avec les animaux », c’est un échange avec Ludovic Hadjeras, un artiste franco-algérien. Ses textes ont en commun de raconter des rencontres avec d’autres animaux. Il va lire des textes immersifs qui font part de son ressenti et de sa rencontre avec des animaux. L’après-midi, lors de la table ronde, on va se demander comment l’animalité peut générer le trouble, à travers des phénomènes d’hybridation. La troisième intervention, ce sera finalement plus classique. Je vais faire un atelier avec des collègues en sciences de l’Antiquité. Ils vont lire des textes romains autour du chien. L’idée est de comprendre comment cet animal était perçu à cette époque. Il y aura une autre éthologue qui sera présente, Florence Gonnet, qui travaille spécifiquement sur le sujet.

    Quel est votre rôle en tant qu’ethnologue dans ces discussions ?

    P. C. : Par exemple, ce qui est intéressant avec Ludovic Hadjeras lors du premier échange, c’est que lui parle de son point de vue d’écrivain. Il rend compte de ses émotions et de ses ressentis. Alors que de mon côté, j’essaie de mettre des mots et de la science sur cela. Même si la science, ça stérilise un peu les choses, j’ai vocation à modéliser la relation entre l’humain et les animaux, et sur quelle base elle peut se faire.

    Pour ce faire, j’ai beaucoup travaillé sur l’apprentissage par observation. J’ai fait beaucoup d’études de terrain aussi pour observer certains animaux, mais j’ai également travaillé en laboratoire.

    Pourquoi aller au-delà de l’aspect scientifique ?

    P. C. : Alors, quand on est scientifique, on travaille beaucoup sur la cognition, parce que ça, c’est facile de comparer les animaux, les humains sur la cognition, mais j’essaie d’appréhender les choses aussi du point de vue de la sphère émotionnelle. Je pense que quand on communique avec d’autres espèces ou entre espèces, il y a un champ relationnel qui s’inscrit beaucoup dans ce qu’on appelle le continu en philosophie, c’est-à-dire la sphère émotionnelle. Je pense que cette rencontre est intéressante.

    En quoi la relation humain-animal est intéressante à étudier et à faire connaître au grand public ?

    P. C. : Notre relation au vivant avec un grand V, c’est l’un des grands défis des années à venir, notamment dans un contexte où on parle du réchauffement climatique. Il y a vraiment des choses auxquelles il faut réfléchir. On ne peut plus continuer à être vivant comme on le fait. Il faut apprendre à intégrer l’animal dans nos vies. L’exemple du sanglier est intéressant. On va l’accuser de tous les maux, mais je constate que les collisions routières sont beaucoup plus fréquentes en période de chasse quand les chasseurs les déplacent.

    De plus, je pense que les individus qui sont capables de respecter les animaux et de les connaître sont des personnes qui sont plus largement respectueuses des autres humains. Ils arrivent davantage à se poser des questions sur l’altérité. En effet, avec l’animalité vient la notion d’altérité, qu’on trouve aussi dans les rapports humains : connaître l’autre, ne pas le craindre et aller vers lui.

    Vous parliez de la relation avec le chien. Comment cette relation a-t-elle évolué ?

    P. C. : Donc, il y avait l’idée que le chien devait être à la fois un gardien. On peut dire qu’il était sélectionné déjà depuis au moins 6 000 ans, comme un animal fait pour comprendre l’homme et le servir. Alors, il y a peut-être moins la composante chien, vraiment de compagnie, qu’on va voir dans le lit. Mais il y a l’aspect, compagnon fiable, sur lequel on peut compter, qui est capable à la fois d’être protecteur et d’être héros.

    Programme de ce mercredi

    Le dilemme du loup-garou : 09h30 – 11h30

    3 bis f – Centre d’arts contemporains — Lecture-dialogue

    Une carte blanche du 3 bis f – Centre d’arts contemporain

    Quand l’animalité nous trouble : représentations, catégorisations, hybridités : 15h – 16h30 Salle de Théâtre — Table-ronde Une carte blanche Maison de la Recherche.

    CAVE CANEM ! : 16h30 – 18h. Le chien entre férocité et fidélité. Premier étage du Cube — Atelier

    festival-sciences-arts.univ-amu.fr

  • [Université] À Aix, la riposte au décret s’organise

    [Université] À Aix, la riposte au décret s’organise

    « Avec ce décret, c’est la capacité et le droit d’exonération qui était celui des universités qui sont contraints et nettement limités, recontextualise Valérie André, vice-doyenne aux relations internationales de l’UFR ALLSH (arts, lettres et langues et sciences humaines). On est en train de recenser les étudiants extracommunautaires qui se trouvent en situation critique pour pouvoir appuyer, si on nous y autorise, leurs demandes d’exonération. »

    à l’unanimité, le conseil de l’UFR ALLSH estimait, à l’issue d’une séance tenue le 12 mai, que le décret mettait en œuvre une « sélection sociale drastique » et en demandait le retrait. « Trouvez vos emplois du temps, allez en cours, informez vos profs, faites-nous remonter les informations sur ce que vous fait remonter la scolarité. On doit aussi exiger absolument une extension des délais pour le paiement des inscriptions (différenciés) », lance Armand Aupiais, pour le Réseau université sans frontières (RUSF). Parmi les participants, certains appellent à « massifier le mouvement ». « Derrière se joue la casse du service public, le désengagement total de l’état, estime Mohammed Ouerfelli, secrétaire du Snesup. Il faut que l’on se mobilise tous ! »

    Des discussions sont lancées pour rejoindre l’appel à la mobilisation du 17 octobre. E.B.-G.

  • Des outils pour débattre de la place de l’animal et du vivant

    Des outils pour débattre de la place de l’animal et du vivant

    Des questions récentes débattues dans un espace plus solennel. Dans l’un des bâtiments de la fac de droit d’Aix, les premières tables rondes du Festival de sciences et des arts sont lancées. Imaginé, puis pérennisé depuis 2019 par l’Université d’Aix Marseille (AMU), particulièrement par Maryline Crivello, vice-présidente du conseil d’administration d’AMU, en charge de la stratégie interdisciplinaire, la programmation 2026 a, comme fil rouge, notre lien aux animaux. « Une aventure commune ? » interroge cette nouvelle édition. Après un lancement à Arles, mardi matin, c’est à Aix que deux conférences proposent de se mettre dans le bain en interrogeant la « condition juridique de l’animal ». Jusqu’à vendredi soir, entre Marseille, Aix, Arles et Aubagne, des centaines d’intervenants issus de 40 disciplines proposent un vaste panel de formats pour repenser notre lien à l’animal et sa place dans nos sociétés. Les racines de ce thème naissent de questionnements récurrents autour de l’expérimentation animale en médecine, les interrogations éthiques et juridiques qu’elle suscite.

    « Cartes sur table »

    « Il est impossible, sur ce sujet, de vouloir se faire une opinion ou un avis sans avoir des éléments de connaissance et de savoir sur ce qu’il se passe vraiment et quels sont les points de vue à la fois juridiques et médicaux associatifs. Si on n’a pas un vrai débat, avec tous les acteurs qui participent à cette réflexion, chacun reste dans son coin. Mettre carte sur table un sujet pareil n’est pas simple », retrace Maryline Crivello. Second constat ayant motivé le choix du thème, celui « d’une sensibilité de nos étudiants à la question du vivant ». Et la place de l’art dans le festival ? « Les artistes comme les scientifiques, transmettent des connaissances, touchent un public différemment », précise Maryline Crivello. Si les thèmes varient chaque année, un fil relie chaque édition du festival : réaffirmer la place de la science et de l’université dans un contexte où toutes deux sont, peuvent être contestées. La multiplication des opinions, notamment sur les réseaux sociaux, tend à brouiller la frontière entre savoir et conviction, pointe l’enseignante. Or, pour Maryline Crivello, la science ne se construit pas dans la certitude : « le doute est fondamental ». En « ouvrant ses portes », l’université entend rendre visibles ses méthodes, ses recherches.

  • (Re)penser notre lien au vivant

    (Re)penser notre lien au vivant

    Attachement… Détachement… Et si l’on repensait notre lien aux animaux ? La problématique posée par le « Festival des Sciences et des arts » explore l’évolution de notre rapport aux animaux et au concept d’animalité de la Préhistoire à nos jours. Des conférences, des déambulations et des spectacles gratuits seront accessibles à tous d’aujourd’hui à vendredi à Marseille, Aubagne, Aix-en-Provence et Arles. Plus de 120 chercheurs issus de 40 disciplines partageront leur réflexion autour de ce thème d’actualité, à l’heure où le traitement animal pose des questions socio-politiques, écologiques et culturelles.

    « L’humain fait partie du monde animal, il n’en est pas le centre »

    « L’objectif est de traiter le sujet de mille manières différentes en faisant dialoguer arts et sciences pour nourrir le débat public », souligne Rémi Baille, chargé de programmation et de communication pour la Mission interdisciplinarité(s) de l’Université Aix-Marseille (AMU). Il rappelle que « penser notre lien au vivant c’est d’abord se rappeler que l’humain fait partie du monde animal et qu’il n’en est pas le centre ».

    Alors que 6 Français sur 10 ont un chien ou un chat, comment expliquer le rapport de domination encore exercé sur les espaces sauvages, le peu d’engouement à protéger les pollinisateurs ou les espèces marines et une augmentation de la consommation de viande (+1,3% en 2025 en France) ? Les politiques relatives aux loups en sont un exemple. Adam Weymouth expose dans son livre Dans les pas du loup, Une marche à travers les derniers espaces sauvages d’Europe la manière dont le loup peut être considéré comme un nuisible sans prendre en considération les bienfaits exercés par cette espèce sur les forêts. L’auteur révèle le cloisonnement fait par certains entre animal domestique et vie sauvage, tissé autour d’un imaginaire nourri de fantasmes et de craintes.

    Dans Décoloniser notre rapport aux animaux, le chercheur en éthologie et en primatologie Cédric Sueur aborde cette question, souhaitant s’extraire de la vision occidentale héritée du philosophe Renée Descartes qui place l’humain au-dessus de tout et conçoit l’animal comme une possession sans penser son environnement comme un écosystème dont il fait partie. À ce sujet, la table ronde « Quand les maladies passent des animaux aux humains » revient sur la transmission de maladies de l’animal à l’Homme liée à la destruction de la biodiversité, à l’élevage intensif et au changement climatique.

    Question animale, question politique

    « Il ne peut y avoir de politique d’émancipation qui n’intègre pas la question animale dans son dispositif », estime Kaoutar Harchi. Pour la sociologue, la question animale est d’abord une question politique. Elle démontre que la frontière entre maltraitance animale et maltraitance exercée sur un autre être humain est très perméable. Dans Ainsi l’animal est en nous, l’autrice fait dialoguer féminisme, écologie et lutte des classes autour de notre rapport de domination sur les animaux. Pour désigner les habitants de Gaza, les responsables politiques et militaires israéliens ont à plusieurs reprises employé le terme « animaux humains » dans une rhétorique de déshumanisation et de hiérarchisation. Le rapport de l’Homme à l’animal est donc autant politique qu’il peut être philosophique ou culturel.

    Lors du festival, une conférence sur « L’animalisation des humains » invitera au MUCEM des historiens pour comprendre la manière dont le langage peut devenir un outil de haine, du racisme à l’antisémitisme.

    Ainsi, la question animale permet de guider notre réflexion sur notre façon d’habiter le monde à une époque où l’on essaye plutôt de s’extraire de la nature.

  • Le 7e art italien sous toutes ses facettes à Aix

    Le 7e art italien sous toutes ses facettes à Aix

    « Depuis sa création, l’Institut de l’image entretient un lien privilégié avec le cinéma italien auquel il a consacré de nombreuses rétrospectives au fil des années et il est vrai que je l’affectionne particulièrement », écrit Sabine Putorti qui, après 23 ans à la tête de l’association éponyme, quitte ses fonctions de directrice. Pour ce dernier cycle griffé de son empreinte qui s’inscrit jusqu’au 27 septembre à l’école supérieure d’art Felix-Ciccolini, son site historique de Méjanes étant toujours en travaux, l’Institut de l’image d’Aix met les petits plats dans les grands avec de multiples projections allant des Pâques sanglantes de Giuseppe de Santis (1950) au Journal intime de Nanni Moretti (1994).

    Rêve et désillusions

    « Cette rétrospective invite moins à définir une essence du cinéma italien qu’à en explorer ses multiples visages », résume Sabine Putorti. Parmi la douzaine de films diffusés, des chefs-d’œuvre incontournables tels que La Dolce vita de Federico Fellini ou Nous nous sommes tant aimés d’Ettore Scola, mais aussi des bobines à peine moins connues du grand public comme Une vie difficile, de Dino Risi. Réalisé en 1961, une œuvre teintée de désillusions qui s’inscrit dans le sillage d’un ancien résistant nommé Silvio Magnozzi (incarné par Alberto Sordi) « reconverti en journaliste engagé » et qui a « de plus en plus de mal à subvenir aux besoins de sa famille ». Un cycle qui s’inscrit dans le cadre de la Biennale d’Aix, consacrée cette année à la Grande botte.

    Horaires des séances sur www.institut-image.org

  • Quatre jours pour explorer notre relation aux animaux et au vivant

    Quatre jours pour explorer notre relation aux animaux et au vivant

    Quatre jours pour repenser notre lien à l’animal, qu’il soit sauvage ou domestique. Entre Marseille, Aix-en-Provence, mais aussi Arles et Aubagne, l’Université d’Aix-Marseille propose la 7e édition de son Festival des Sciences et des Arts. Le fil rouge de cette édition est l’exploration de « notre relation ambivalente avec les animaux », de « l’histoire biologique aux imaginaires culturels, jusqu’aux grands débats d’aujourd’hui », et pourquoi pas l’occasion de « questionner, en miroir, nos conditions humaines », indique la note d’intention du programme.

    Dans de nombreux lieux culturels des villes participantes, mais aussi sur les campus et dans les cafés, le public est invité à rencontrer un large panel d’intervenants et à assister à de nombreuses conférences, projections, ateliers et autres événements.

    Interdisciplinaire

    Au total, plus de 120 intervenants, 40 disciplines, 10 instituts et plus de 70 propositions en 25 formats viennent rythmer la programmation. Cette édition, plus importante que les précédentes, s’ouvre dès ce mardi 15 septembre à Arles, à l’Hôtel de Quiqueran de Beaujeu, sur le campus universitaire : dès 9h, avec les discours d’officiels et, comme premier rendez-vous, une conférence dans l’auditorium consacrée à l’ibis sacré. Dans l’après-midi ce même jour, c’est sur le campus d’Aix-en-Provence que les festivités sont lancées, à la faculté de droit et de sciences politiques (bâtiment Pouillon). À 13h, un accueil café, puis de 14h15 à 15h15, une conférence sur la condition juridique de l’animal, animée par Caroline Lanty, avocate, Marie-Cécile Lasserre, maître de conférences en droit privé et Jean-Pierre Marguénaud, professeur de droit privé. À Aubagne, le festival est lancé dès 16h45 à la Satis. À Marseille, plusieurs animations sont proposées dès le jeudi 17 septembre, notamment avec une visite et une déambulation prévues au sein de Cosquer Méditerranée, dès 9h, et en soirée dès 19h, à la brasserie Zoumaï, avec un apéro-débat.

    C’est aussi dans la cité phocéenne que le festival se clôturera, avec toute une programmation en journée au Mucem, avant que le festival ne s’achève définitivement avec une soirée sur le toit-terrasse du Mucem, dès 20h30, vendredi soir. Le détail de la programmation est à retrouver sur le site de l’Université d’Aix-Marseille.

  • Croix-Rouge : anticiper les crises pour mieux soutenir les sinistrés

    Croix-Rouge : anticiper les crises pour mieux soutenir les sinistrés

    En toile de fond du projet, les incendies dévastateurs de cet été et les déplacements de masse qui en ont découlé. Derrière les murs de l’unité locale de la Croix-Rouge, en parallèle de ses nombreuses autres activités, un groupe d’urgence social se monte, soit une unité spécialisée dans l’accompagnement social en cas de sinistre. Quel qu’il soit, de l’incendie, à l’inondation, aux routes bloquées par la neige. « On s’est dit qu’à Aix, si cela se passait un jour, il faudrait avoir une équipe de bénévoles Croix Rouge pour aider, organiser ces gens, les recevoir, les nourrir, les loger, leur remonter le moral en cas de nécessité », déroule Jacques Mignon, référent urgence sociale et membre du bureau. Cheville ouvrière de la composition de cette unité, soutenue par le président de la Croix-Rouge Jean-Michel Bottai, Jacques Mignon intègre la Croix-Rouge comme bénévole en 1968, alors lycéen. En repensant à la genèse du projet, c’est dans les années 1990, alors que Vitrolles et en proie à un incendie, que l’idée de monter cette unité à Aix prends ses racines. Un centre d’accueil des impliqués (CAI) avait alors été installé dans un gymnase « mais l’on était pas bien organisés, se souvient Jacques Mignon. On s’est finalement aperçus qu’on n’avait pas besoin des secouristes, on pouvait être bénévole à la Croix Rouge mais formé à l’accueil social. Ca a mis du temps mais ça y’est, on est bien partis. » Seule condition pour intégrer cette l’unité en devenir, être bénévole à la Croix-Rouge et être formé au tronc commun des acteurs de l’urgence (TCAU), une formation dispensée par l’association et en deux temps. Dernière condition pour intégrer le groupe d’urgence sociale, la disponibilité. Sur le principe des pompiers volontaires ou des réservistes, les bénévoles acceptent d’être appelés à toute heure, sur des plages horaires définies à l’avance. En contact avec la préfecture, en charge de diriger les bénévoles, ces derniers auront pour mission de se rendre au plus vite sur les lieux du sinistre. Pour composer le groupe social d’urgence, un appel déjà été lancé au sein de la locale aixoise. Selon Jacques Mignon, une quarantaine de bénévoles ont déjà répondu à l’appel. D’ici mi-octobre, la formation devrait être mise en place.

    Du matériel à trouver

    L’équipage trouvé, il reste encore, pour que cette unité soit fonctionnelle, à trouver du matériel. Celui-ci devrait être financé par des dons. « On a commencé à prospecter, on a commencé à demander des pistes pour essayer d’avoir des financements. Au minimum à Aix, il nous faudrait un mini-bus et une grosse remorque dans lequel on met du matériel (…) en ce moment, le problème des subventions est difficile », précise Jacques Mignon. Autorités locales ou entreprises privées, les bénévoles sollicitent les acteurs susceptibles de pouvoir soutenir leur démarche. Le député Marc Pena (PS) a déjà rencontré les bénévoles à ce sujet. Une rencontre a également été organisée avec le maire, Sophie Joissains. En plus du matériel nécessaire, des formations, Jacques Mignon reste confiant quant au lancement de cette unité. « On est en groupe, conclut Jacques Mignon. Pour faire face aux situations difficiles, on sait faire preuve de sang-froid, se soutenir et on n’est pas seuls. » Et pour renforcer les rangs, la Croix-Rouge cherche toujours plus de bénévoles.

    Pour rejoindre la Croix-Rouge ou l’unité: 06 26 26 71 08.