Les travaux préparatoires de l’échangeur du Pont de l’Arc sont lancés depuis ce 15 juillet. Il s’agit, pour la Ville, d’une « première étape opérationnelle d’un projet structurant destiné à améliorer durablement les déplacements et la fluidité du trafic sur cet axe majeur reliant le centre-ville aux quartiers sud (Pont de l’Arc, Luynes, Les Milles) ». Situé juste au-dessus de l’A8, « le projet de réaménagement de l’échangeur autoroutier du Pont de l’Arc s’inscrit dans une volonté de renforcer les liens urbains entre le centre-ville d’Aix-en-Provence et ses quartiers sud (…) cet échangeur constitue un axe stratégique de la ville, aujourd’hui peu adapté aux mobilités douces », rappelait toujours la Ville à l’issue des concertations publiques lancées autour du sujet. Il avait suscité des tensions chez les riverains. Les opérations en cours, prévues jusqu’au 31 juillet, prévoient la démolition des bordures existantes du rond-point et l’évacuation des terres de l’anneau central, la mise en œuvre d’une structure en grave bitume, la pose d’un nouvel enrobé et l’installation de dispositifs provisoires en béton en vue du futur anneau central temporaire. Pour limiter l’impact de la circulation, dense aux heures de pointe sur cet axe de la ville, les travaux se feront de nuit, entre 21h et 6h du matin. Toujours selon la Ville, ces travaux « ont pour objectif de préparer les futures interventions des concessionnaires de réseaux (Orange, GRDF, etc.) qui précéderont la démolition du rond-point actuel et le lancement du chantier principal de l’échangeur. Ils permettront notamment de reconfigurer provisoirement l’anneau central afin d’accompagner les prochaines étapes du projet ».
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Nocturnes au Camp des Milles, une expérience « personnelle »
Plusieurs facteurs ont poussé au lancement des visites nocturnes du site mémorial. à commencer par la canicule. « Il fait très chaud en journée, on se dit que les vacanciers qui viennent dans la région ont envie de faire des activités ailleurs qu’à la plage en fin de journée », commence Léna Casiez, responsable du pôle culture et éducation de la Fondation Camp des Milles. Sur le fond, des visites nocturnes « c’est une autre ambiance, plus intimiste, plus propice à la réflexion, aux émotions, quand on est à l’intérieur du bâtiment. C’est l’occasion de proposer une expérience plus personnelle », précise Léna Casiez. Pour la première fois, le Camp des Milles propose chaque jeudi soir, dès 19h, des visites nocturnes de cette ancienne tuilerie qui porte encore les traces de prisonniers politiques et de français juifs enfermés ici avant leur déportation. Le programme se décline autour de quatre thématiques proposées en alternance chaque jeudi : Créer pour résister, les 9 juillet et 27 août, Musique et témoignages, les 16 juillet et 6 août, À la recherche du mot précieux, session qui cible les familles, les 23 juillet et 20 août, et Memory Beyond Borders, proposée en anglais et en allemand, les 30 juillet et 13 août.
Pour réfléchir ensembleEn parallèle des visites thématisées et guidées, les visites libres du Camp des Milles et de son wagon des souvenirs sont maintenues avec une dernière entrée prévue pour 20h30. Si cette initiative est une première, le Camp des Milles avait déjà testé les visites de nuit, en participant tous les ans notamment aux Nuits Européennes des Musées, en organisant des visites à la bougie ou à la lampe torche. « Sur les murs (du Camp des Milles) il y a beaucoup de traces, de dessins et de peintures datées des périodes d’internement et avant les déportations, précise Léna Casiez, faisant allusion à l’ancienne salle des gardiens du camp. Dans ce sens, on a aussi une visite spécifiquement familiale le mercredi, autour des mystères de la salle des peintures autour de l’art, la résistance, la liberté d’expression. » Toute la programmation estivale du Camp des Milles a été pensée pour une visite en famille. Et s’inscrit dans un travail de réflexion contre les haines et discriminations porté par le long terme par la Fondation du Camp des Milles. « On va donc penser des actions de sensibilisation qui permettent à chacun de réfléchir par lui-même d’être vigilant face aux indicateurs qu’il va voir dans la société actuelle (…) et toutes les activités vont être liées à ces questions », conclut Léna Casiez. Toutes les informations sont à retrouver sur le site du Camp des Milles.
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Viol d’une étudiante à Aix : plusieurs élus réagissent
Christian E., vient d’être mis en examen et placé en détention provisoire pour « enlèvement, séquestration, viols et agressions sexuelles avec menace ou usage d’une arme, menaces de mort, le tout en récidive légale », après avoir enlevé, puis violé une étudiante de 19 ans devant sa cité universitaire, vendredi soir dernier (voir notre édition du 13 juillet). Immédiatement, de nombreuses réactions ont occupé le débat public. Philippe Baptiste, ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace, a répondu à la presse sur le sujet, lors de sa venue à Aix, ce jeudi. « C’est un événement dramatique. J’ai une pensée triste et émue, profondément, pour la victime (…). Il y a une enquête qui est en cours et on regardera ses conclusions, ainsi que la décision de justice qui iront derrière, a d’abord insisté le ministre. Cette question de sécurité des campus est au cœur des préoccupations à la fois des universités, des Crous, des rectorats… On est extrêmement attentifs. Il faut aussi donner un message de confiance aux étudiants. Les dispositifs sont en place aujourd’hui. Peut-être qu’il faut les renforcer (…) » à ses côtés, Benoit Delaunay, recteur d’académie, rappelle que « la mission de l’école comme de l’université est à la fois d’instruire et de protéger ceux qui nous sont confiés. Dans cette mission-là, les Crous jouent un rôle formidable. Il ne faut pas que cette affaire efface le travail quotidien mené par (ses) agents. » Plus tôt dans la semaine, Marc Péna, député PS de la 11e circonscription et conseiller municipal d’opposition appelle à l’examen et l’adoption « rapide » de la proposition de loi-cadre portée par la députée Céline Thiébault-Martinez « visant à lutter de manière intégrale contre les violences sexistes et sexuelles commises à l’encontre des femmes et des enfants ». Le maire de Gardanne, Hervé Granier (LR), est lui aussi monté au créneau, alors que Christian E. a été repéré comme habitant de « sa » commune. Une présence dont il explique ne pas avoir été informé. Il adresse une lettre aux parlementaires, demandant de « donner des moyens aux maires de protéger leurs concitoyens face aux auteurs d’infractions sexuelles ». Ce jeudi, la section du PCF d’Aix estime « qu’il est urgent de donner aux services publics les moyens d’agir » et « exige l’adoption d’une loi intégrale contre ces violences. »
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Les universités vers plus d’autonomie
Les quatre universités de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur vont vers plus d’autonomie et vers une stratégie propre à leur développement. C’est en tout cas le sens des Contrats d’objectifs de moyens et de performance (Comp) signés ce jeudi, au rectorat d’Aix-en-Provence, entre Philippe Baptiste, Ministre de l’Enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace et les présidents des universités d’Aix-Marseille (AMU), d’Avignon, de Toulon mais aussi de l’Université de la Côte d’Azur. C’est au rectorat d’Aix-en-Provence que les parties se sont retrouvées pour signer ces contrats, vingt ans après la loi dite Pécresse, actant l’autonomie des universités. Le lieu signe « une marque de confiance », pour le recteur, Benoit Delaunay. La signature de ces COMP – qui engage l’état pour une durée de cinq ans – est une première, en France, qui emboîte le pas à « une phase de préfiguration » lancée en 2025. Le 7 juillet dernier, le Ministre s’était rendu en Nouvelle-Aquitaine, pour signer les six premiers contrats de cette stratégie qui vise à s’étendre sur tout le territoire national.
« Caps à long terme »« Ce qu’on fait, c’est s’adresser à chaque université. On leur demande d’afficher leur stratégie : que voulez-vous faire dans les années qui viennent ? Il n’y a pas deux universités qui sont pareilles. On acte le fait que les universités sont toutes différentes (…) Là on a des différenciations qui sont très fortes, qu’on assume pleinement au travers de ces contrats », déroule Philippe Baptiste face à la presse. Cette stratégie prend en compte, notamment, le modèle économique, la vie étudiante, mais aussi la carte de formation. « C’est pour cela que l’on discute avec la Région, qui est autour de la table et qui vient expliquer quelles sont ses priorités en termes de formation », précise le Ministre de l’enseignement supérieur, qui précisera : « Aujourd’hui, il y a des dotations qu’on donne tous les ans aux universités. En plus de ces dotations, pour ces Comp, il y a une sorte de bonus contractuel en plus, pas loin de 14 millions d’euros, mis sur la table aujourd’hui et qui sera rediscuté, renégocié chaque année (…) Au lieu de faire des pilotages annuels, ou l’on règle les problèmes les uns après les autres, c’est fixer des caps de long terme. Les universités décident ensuite des manières dont elle va utiliser ces ressources additionnelles ». Le ministre insiste : « si on regarde sur les dix dernières années il y a eu un effort budgétaire annuel de l’état qui a cru de manière extrêmement significative. » Du côté de la Région, représentée par Georges Leonetti, conseiller régional spécial délégué à la santé, de la lutte contre la pandémie, de l’enseignement supérieur et de la recherche, on salue « une petite révolution dans le monde universitaire ». à noter que les Crous d’Aix-Marseille et de Nice-Toulon, l’ARS, mais aussi des organismes nationaux de recherche s’investissent dans ce partenariat. « Nous croyons en la décentralisation. Elle sera réussie pour l’enseignement supérieur », ajoute Georges Leonetti. Quand Eric Berton, rappelle qu’AMU, dont il tient la présidence, « a toujours été une université expérimentatrice. Je n’ai pas hésité à aller sur les Comp, parce que je savais avec l’équipe politique et l’équipe administrative que nous allons réussir à atteindre les objectifs. » Selon le ministère de l’Enseignement supérieur, d’ici la fin de l’année 2026, « l’École Centrale Méditerranée et Sciences Po Aix signeront à leur tour leur Comp, tandis que s’ouvre pour le rectorat la phase de suivi des contrats des quatre universités. »
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![[C’est l’été] Un voyage musical tout en nuances et délicatesse au Festival d’Aix](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/64310b603ec210eea971e7048591b3b8.jpg)
[C’est l’été] Un voyage musical tout en nuances et délicatesse au Festival d’Aix
Délaissant La Flûte Enchantée dans la fosse de l’Archevêché, Leonardo García-Alarcón offrait, mardi soir au GTP, un délicieux concert baroque, illuminé par la présence de la soprano bulgare Sonya Yoncheva. Soutenus par neuf pupitres choisis et d’un programme rayonnant entre l’Italie, Angleterre et Espagne, les deux artistes ont livré un peu plus d’une heure d’un voyage musical tout en nuance et délicatesse. Les deux artistes ont rappelé leur rencontre, leur projet mûri pendant les heures angoissantes de la crise du Covid et leur bonheur à se retrouver ce soir-là. Leur complicité était évidente. L’Argentin de La Plata, claveciniste et organiste, musicologue averti est désormais une incontournable figure du Festival. Outre le Mozart cette année, il est, l’homme des succès au Jeu de Paume des opéras de Cavalli ; Elena, Erismena et de Monteverdi, Il Ritorno di Ulisse in Patria, Orfeo et L’incoronazione di Poppea. Sonya Yoncheva qui a débuté aux côtés des Arts Florissants de William Christie, est depuis rompue aux grands rôles ; Violetta, Desdemona, Tatiana d’Onéguine, et semble mettre ses pas dans ceux de Callas en abordant Bellini, Donizetti, la Médée de Chérubini… Une voix bien ample, bien chaleureuse, pour un programme très « camerata musicale ».
Le baroque à ses sources vénitiennes est illustré par des madrigaux de Claudio Monteverdi, un extrait de L’incoronazione di Poppea et Francesco Cavalli, bien sûr ; Xerse, L’Egisto. Sans oublier une composition du maître Alarcón sur une mélodie de l’Italien Antonio Draghi. Un détour conduit vers les derniers feux du madrigal anglais élisabéthain d’Orlando Gibbons et John Dowland. La Mort de Didon, « Remember me ! » du Dido & Æneas de Purcell, suspend le vol du temps. L’auditoire est recueilli, comme il est bien plus encore lorsque la soprano entame un chant traditionnel bulgare. Puis le voyage passe par l’Espagne du Siglo de Oro. Une « Jácara » (chanson satirique) de Lucas Ruiz De Ribayaz et une mélodie de José Marín Ojos. L’Atlantique est alors traversé dans ce galion musical pour conduire le public sur les rivages du Venezuela (Simón Díaz) et l’Altiplano péruvien (Tomás De Torrejón y Velazco).
Un bel instantLe voyage n’aurait pas eu ce charme propice aux découvertes sans le talent des neuf pupitres qui ont servi de guides. Très applaudie la flûte à bec virtuose de Rodrigo Calveyra et les guitares aux teintes flamenca de Monica Pustilnik et Quito Gato, pinçant avec tout autant de grâce Archiluth et Théorbe. Sonya Yoncheva se laisse aller à quelques pas de danses. Il n’en faut pas plus pour séduire un public déjà largement acquis. Pour être entièrement juste il convient de retenir les noms de la harpiste Marina Bonetti, des violonistes Amandine Solano et Laura Corolla, de la gambiste Margaux Blanchard, du violoncelliste Oleguer Aymami Busqué et du contrebassiste Eric Mathot. Ils forment le Cappella Mediterranea qui est aujourd’hui l’instrument incontournable du répertoire baroque. Instrument on ne peut plus exact que Leonardo García-Alarcón dirige presque de loin, faisant entière confiance aux talents de ses musiciens. Un très bel instant de musique.
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Peter Knapp raconte l’école d’art du Bauhaus
La fondation Vasarely organise une conférence ce jeudi à 19h sur le mouvement du Bauhaus, raconté par le photographe et graphiste Peter Knapp qui a été élève d’un de ses fondateurs. L’événement, organisé par la fondation, est le fruit d’un partenariat avec le festival des nuits photographiques de Pierrevert, qui se déroulera dans les Alpes-de-Haute-Provence à la fin du mois de juillet.
La conférence permettra de découvrir l’école du Bauhaus, fondée en 1919, à travers les yeux de Peter Knapp qui fut l’élève de Johannes Itten, professeur du Bauhaus. « À 95 ans, il est un des derniers témoins qui peut en parler », insiste Stéphane Kossmann, président des nuits photographiques de Pierrevert. Car avant de désigner un courant artistique, le Bauhaus était avant tout une école d’architecture et d’arts appliqués créée par Walter Gropius à Weimar. Paul Klee, Vassily Kandinsky ou encore Johannes Itten y ont d’ailleurs été professeurs. Cette école portait l’ambition de rassembler l’enseignement de toutes les matières artistiques telles que l’architecture, la peinture ou art plastique. Une institution régie par le manifeste du Bauhaus, rédigé par son directeur, qui affirme notamment qu’« il n’existe aucune différence essentielle entre l’artiste et l’artisan ».
Menacés par le nazisme, car considérée comme une école apprenant « l’art dégénéré », beaucoup de professeurs se sont exilés. Comme Johannes Itten qui est parti à Zurich, où il a continué d’être professeur et où Peter Knapp est devenu son élève. La conférence sera également l’occasion de découvrir le travail de ce photographe et designer qui a notamment travaillé dans la mode. Au début de la conférence, un petit film retracera son œuvre.
Conférence sur le Bauhaus
par Peter Knapp, jeudi 19h,
à la fondation Vasarely -

Aux urgences, des hommes et femmes en première ligne
L’une des blouses blanches qualifiera le lieu de véritable « fourmilière ». Même le temps d’une après-midi d’apparence calme. Aux urgences du Centre hospitalier d’Aix-en-Provence Pertuis, ce sont en moyenne « cent, deux cents passages par jour » qui sont enregistrés, lorsque le flux se veut plus ou moins habituel. En coulisse de ces passages aux urgences, le personnel évoque adaptation constante, prise en charge d’urgences vitales, bobologie, humeurs variées des patients et des familles… « On a un personnel ici habitué à s’adapter en permanence, quelle que soit la situation, comparé à d’autres services de soins, c’est facilitant. C’est des personnels engagés, on n’a pas de difficulté à recruter ici sur Aix. (…) Généralement, les professionnels restent ici », pose d’entrée Nicole Blanc-Hautain, cadre de santé aux urgences. En poste depuis 13 ans sur Aix, elle est en charge de l’encadrement des équipes. « À la louche », de jour comme de nuit, 9 infirmiers, 6 aides soignants, un brancardier dont l’effectif peut être augmenté la nuit, se relaient pour faire tourner un service qui ne dort jamais. « Il n’y a pas de saisonnalité au niveau de l’accueil des urgences. Le seul changement qu’on a, ce sont plus de patients qui arrivent sur la période de nuit ou sur la permanence des soins. Mais on se retrouve un peu plus en difficulté pour hospitaliser les patients. Comme vous l’entendez de partout, il y a des problèmes d’hospitalisation par manque de lit. Alors on négocie, on s’organise pour garder les patients dans les urgences dans des conditions plus acceptables en termes de confort. » Pour répondre au flux du bassin aixois, des travaux ont d’ailleurs été lancés au sein des urgences. « Tout est en travaux, les conditions pas optimales pour l’entrée des urgences et le stress que ça engendre quand on arrive, pour les patients mais aussi pour les familles. Mais ce sera mieux après », pointe Cécile Mintoff, médiatrice. Elle est le « premier visage » que l’on voit en arrivant aux urgences. « On est des caméléons, parce que tout dépend de comment arrivent les personnes. L’écoute est primordiale », déroule la médiatrice. Ce, malgré les différents états, parfois agressifs, des patients et familles. « Mais les urgences, ce sont le reflet de la société. Il y a de tout. Il y a de tout et il faut qu’on soit alignés sur tout. L’hôpital public, sa priorité, c’est de garder nos valeurs, que tout le monde ait droit aux soins en même temps et de la même façon. » Un peu plus loin dans le parcours, Vincent, infirmier d’accueil (IAO). « On fait tout pour éviter l’embolie du service, ce n’est pas évident car il n’y a pas que les moyens humains. On est dans de vieux locaux qui n’ont pas grandi avec la population du bassin d’Aix, que reçoit l’hôpital. Il y a des jours de flux tendu. On aura beau être 10 infirmiers, le service sera bouché (…). Certains jours, l’entonnoir se remplit et la porte de sortie est toujours plus petite que la porte d’entrée », contextualise l’infirmier. Si cet après-midi de mi-juillet, le flux semble calme, dans les autres services des urgences – pédiatriques, psychiatriques – le quotidien ne connaît pourtant pas de répit, rythmé d’arrivées, du bruit des machines et des constantes en évaluation, des allers-retours des brancards et des interpellations de patients dans les couloirs. Au SAUV (service d’accueil des urgences vitales), la plupart des box sont occupés. Un cardiologue vient d’arriver dans le service. « Il y a un patient qui fait un gros infarctus », a-t-il le temps de préciser. De retour au poste médical, plusieurs soignants acceptent de parler de leur vision du métier. « Oui, les gens se plaignent beaucoup de l’attente. Mais il faut savoir que ce qu’on fait en une journée aux urgences – analyses, imagerie – on le fait en trois jours en dehors », explique un infirmier. Symptôme d’une « génération Uber Eats, estime Marceau Caradec, docteur aux urgences. Mais on travaille par choix aux urgences. » Le docteur Elodie Canault rappelle pourtant, « on ne s’est pas arrêtés en 2020 [au moment du Covid]. Les problématiques on a continué à les avoir. »
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Le Jardin des Thermes inauguré à Aix
Le haut bétonné du cours Sextius n’est plus. Désormais, depuis le parvis des Thermes, s’étendent 2 700 m² de pavés entourés d’espaces végétalisés. Au sol et le long d’une vaste allée, des rigoles d’eau s’écoulent depuis les fontaines, entièrement rénovées au printemps dernier.
Déjà, en cette période de fortes chaleurs, les lieux sont investis par les touristes venus chercher un peu de fraîcheur. Ce nouveau Jardin des Thermes a été inauguré vendredi 10 juillet par les représentants de la Ville, dont la maire, Sophie Joissains.
Cette rénovation du haut du cours Sextius ne constitue toutefois qu’une première étape d’un long chantier de requalification de cette artère historique de la ville. À terme, l’ensemble du quartier devrait être transformé d’ici 2030-2031.
Les aménagements de la partie basse du cours constituent désormais la prochaine phase du projet, dont l’achèvement est prévu dans les années à venir.
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Festival d’Aix : sublimes portes !
Un prologue parlé interroge : « Il était une fois… Est-ce au-dehors ou au-dedans, la scène est-elle à l’intérieur ou à l’extérieur ? » Il enjoint le public à ouvrir les yeux comme on ouvre un rideau de scène et de les garder grands ouverts. S’il existe un opéra que la version concert sert au mieux c’est bien Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók. Klaus Mäkelä, l’Orchestre de Paris et les deux solistes, le baryton canadien Gerald Finley et la mezzo-soprano américaine, Judith Irene Roberts, ont laissé samedi, au Grand Théâtre de Provence, le public du Festival d’Aix pantois.
Bartók et son librettiste Béla Balázs concentrent l’action sur les deux protagonistes et maintiennent ainsi une tension dramatique de chaque instant. Klaus Mäkelä est le maître de cette palette orchestrale d’une richesse inouïe. Bis repetita, après le Triomphe de La Femme sans ombre, pour cette partition que Zoltan Kodaly, compatriote de Bartók, qualifia de « volcan musical », le jeune chef finlandais en déploie avec une science musicale d’une étonnante maturité, l’étoffe d’une incomparable diversité tonale, scintillante, iridescente avec un raffinement d’orchestre renversant. Les martèlements de la cinquième porte, les soupirs angoissés de la sixième emportent l’auditeur dans un flot d’émotions harassant. Gerald Finley et Judith Irene Roberts ont le mérite de passer cette rampe sonore puissante sans jamais perdre un iota du sens profond exprimé par le livret.
Chef-d’œuvre concisLe château du conte n’est autre que Barbe-Bleue lui-même. Chaque porte que Judith veut ouvrir, avec une cruelle obstination, est une part secrète de l’âme de cet homme qui se livre tout entier à la femme qu’il aime. « Pourquoi veux-tu ouvrir ces portes ? Parce que je t’aime », répond-elle. Aimer c’est dévorer l’autre. La chambre des tortures suinte des souffrances de l’enfance.
Suivent les chambres du pouvoir et des richesses accumulées, celle du jardin merveilleux, âme de l’artiste. La cinquième porte que Judith ouvre sur un cri d’admiration ou de terreur voit s’ouvrir à elle tout un empire. Le lac de la sixième porte est rempli des larmes de Barbe-Bleue. Et la septième chambre enfin, garde les femmes vivantes comme on garde en mémoire les amours passées sans vouloir totalement y renoncer. Judith les rejoint. Barbe-Bleue retourne à son obscurité et sa solitude, au moment même où il croit atteindre la félicité.
Mais comme le souligne Georges Bataille, l’instant de la plénitude est aussi celui où apparaît la conscience de sa fin. La joie souveraine est liée à l’angoisse parce qu’elle ne peut durer. Eros et Thanatos se partagent le cœur de l’homme, celui, sans doute de Bartók, compositeur de l’angoisse, s’il en fut. C’est à juste titre que Piort Kaminki parle d’un chemin de croix vers la catastrophe finale. Le Château de Barbe-Bleue est un chef-d’œuvre concis (une heure de musique), une de ces œuvres qui ne peuvent laisser indifférent. Elle était servie à Aix par des interprètes hors pair. Un immense moment de musique !

![[Cest l’été] La Rose des Vents, garde ses « portes ouvertes tout l’été »](https://euapp01.newsmemory.com/lamarseillaise/news/wp-content/uploads/sites/2/2026/07/753be7b814c80bf6737c349cb248cde2.jpg)