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  • L’œuvre de Jacques Tati,« poète de la pellicule », à Aix

    L’œuvre de Jacques Tati,« poète de la pellicule », à Aix

    La tournée épique et burlesque, vitesse grand V, de François le facteur, inspiré par les méthodes de ses homologues américains, dans Jour de fête (1949) ; une partie de tennis ubuesque au cours de laquelle des mouvements dégingandés moquent l’effort des joueurs traditionnels dans Les vacances de Monsieur Hulot (1953) ; le jet d’eau d’une maison bourgeoise qui jaillit de la bouche d’un poisson, uniquement lorsqu’un invité de haut rang social déboule dans la demeure dans Mon oncle (1958)… 44 ans après sa disparition, les scènes imaginées par Jacques Tati qui arrachent un sourire ou une réflexion sur la pseudo-modernité habitent toujours les cinéphiles, illustre un cycle consacré par l’Institut de l’image d’Aix, pendant le mois d’octobre. À voir à l’Ecole supérieure d’art d’Aix jusqu’au 25 du mois.

    Il a été l’un des réalisateurs les plus ingénieux de l’histoire du septième art, un grand professionnel aux personnages avares en paroles, mais diablement éloquents par leurs gestuelles. Et le grand témoin artistique, mais aussi visionnaire, des évolutions de la société française au cours des Trente Glorieuses.

    Métronome comique

    « Héritier du burlesque, inventeur de formes, Tati joue du détail, porte son regard amusé sur le monde. Géométrique, musicale, sa mise en scène, d’une modernité sidérante, est celle d’un métronome, qui lui permet d’enregistrer les soubresauts de l’époque comme l’industrialisation, le design, l’architecture », résume le programme de la Cinémathèque française, qui lui a dédié une rétrospective l’été dernier.

    Double de Jacques Tati à l’écran, qu’il incarne lui-même, Monsieur Hulot vient dévergonder l’écran dans quelques bobines mémorables du cinéaste. Dans Mon oncle par exemple, le voici venu fendre de sa causticité le quotidien aseptisé et plutôt austère de la famille Arpel. Un film à l’issue duquel un certain Boris Vian loua : « Tati est bien plus qu’un Chaplin français. C’est un créateur original, un poète de la pellicule, un artiste aussi simple qu’il est bourré de talent ». Des éloges annonciateurs de son chef-d’œuvre Playtime, « le plus grand film qui ait été jamais tourné sur les temps modernes », qualifia Marguerite Duras.

    Parmi les autres films de Jacques Tati projetés à l’école supérieure d’art d’Aix-en-Provence, la comédie Trafic (1971), dernière apparition de Monsieur Hulot dans sa filmographie, ou encore son ultime long-métrage Parade, sorti trois ans plus tard sur les écrans, avec Tati dans le rôle du Monsieur Loyal d’un cirque cinématographique où son mime fait fureur.

    Horaires détaillés sur www.institut-image.org

  • À Aix, une assemblée pour s’inscrire dans la durée

    À Aix, une assemblée pour s’inscrire dans la durée

    Avant de poursuivre leur mobilisation, les étudiants ont pris place une nouvelle fois au pied de la Rotonde. Cette fois, une assemblée générale y a été organisée. À la fois pour faire le point sur la manifestation de la matinée de ce lundi, qualifiée « d’historique » par les porte-parole de syndicats, mais aussi pour décider de la suite du mouvement, dans les jours et semaines à venir. Les étudiants ont rapidement été rejoints par des professeurs d’Aix-Marseille université.

    Initialement, l’assemblée générale devait se tenir sur le parvis Schuman. Les étudiants expliquent toutefois avoir changé de lieu en raison, notamment, d’une importante présence policière. Première échéance pour les mobilisés : la journée d’action de ce mardi 6 octobre, soutenue par plusieurs syndicats de travailleurs. « Les AG doivent servir à discuter de nos problèmes (…) et du fait qu’aujourd’hui, on a la police, on a des directions qui essaient de faire des politiques de terre brûlée. Ils essaient de réprimer ardûment, de manière ultra-dure dès le début, pour qu’il n’y ait pas de mouvement de jeunesse (…). Quand bien même il y aurait des flics en civil ou des fachos, on doit se réapproprier l’espace public et on doit discuter », lançait l’une des syndicalistes du Poing Levé. « On doit discuter d’une stratégie ensemble. Déjà, pour faire face à une répression policière, on doit faire front », poursuit la syndicaliste.

    Deuxième problématique : « Les fermetures administratives (…). Où va-t-on pouvoir s’organiser concrètement pour lutter et pour parler ? Il faut qu’on puisse continuer à structurer notre mouvement. » « La réponse du gouvernement est la répression, celle de l’université, de fermer ses sites d’Aix-Marseille, ce qui est inacceptable et illégal. On va déposer un référé liberté pour ouvrir les sites de l’MMSH et d’Aix », appuie Mohamed Ouerfelli, secrétaire du Snesup. à ses côtés, une enseignante précise : « L’université n’est pas passée en distanciel, c’est interdit (…). Dans le communiqué qu’on a eu, on nous laisse le choix ou non de la liberté pédagogique. »

    Pour Christophe Demarque, de Sud Éducation, les mobilisations chez les lycéens et les étudiants « se rejoignent » : « Ce qu’il y a en commun, c’est la destruction du service public de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche. En tant que personnel mobilisé, on ne peut que soutenir ces revendications. »

  • Sciences Po Aix bloquée, les étudiants dans la rue

    Sciences Po Aix bloquée, les étudiants dans la rue

    « Soutien aux lycées ! », « Étude, logement, dignité », « Étudiants en colère, on ne va pas se laisser faire ! » Dans la foule d’une centaine de jeunes ce lundi matin, rassemblés rue Gaston-de-Saporta, les revendications sont multiples, portées, cette fois-ci, par les étudiants de Sciences Po (IEP d’Aix), principalement mobilisés en soutien aux mouvements lycéens organisés partout en France la semaine dernière.

    à l’aube, des étudiants se sont retrouvés sur le parvis de l’établissement afin d’en bloquer l’accès « pour la première fois de son histoire », rappelaient certains. Rapidement évacués par les forces de l’ordre, « gazés sans sommation », rapportent plusieurs porte-parole, les manifestants ont vu l’IEP appeler, quelques heures plus tard, ses étudiants à rester chez eux. « Nous étions mobilisés de façon pacifique », appuie une étudiante dans le cortège.

    L’épisode fini, les étudiants se sont rassemblés dans la rue de l’IEP, appelant au « soutien des étudiants, des travailleurs mobilisés, contre les politiques racistes, comme le programme Bienvenue en France », dénonçant la « répression policière » et affichant leur solidarité avec « les étudiants du monde entier ».

    La précarité étudiante, le gel des allocations logement, le système Parcoursup, des coupes budgétaires qui inquiètent pour l’avenir : « Il y a un ras-le-bol général », souffle une étudiante en master. « On arrive à faire prendre de l’ampleur au mouvement », se félicite, de son côté, le Collectif Sciences Po Aix en Lutte, qui pointe une répression « indécente » : « Nous avons des revendications légitimes. Trop d’étudiants ont besoin de matériel, ont besoin qu’on investisse dans l’enseignement supérieur. »

    Les étudiants sont restés une heure, environ, rue Gaston-de-Saporta, où chants et revendications se sont enchaînés, avant de déambuler jusqu’à la Rotonde, sous les yeux de passants curieux, parfois sous les applaudissements. Au pied de la fontaine, les chants ont repris. Les étudiants de Sciences Po ont alors été rejoints par des groupes d’étudiants d’Aix-Marseille université (AMU), qui a fermé plusieurs de ses sites, pour raisons de « sécurité », jusqu’à nouvel ordre.

    « Rejoignez-nous ! »

    Plusieurs lycéens, bien moins nombreux, ont également rejoint le rassemblement. Sur place, le cortège s’est mis d’accord pour remonter le boulevard de la République et se rendre devant le lycée Célony, dont les entrées et sorties étaient, selon les étudiants interrogés sur place, bloquées.

    Le rassemblement, a, malgré tout, été réprimé par les forces de l’ordre, qui ont fait usage de bombes lacrymogènes. Il aura fallu quelques minutes aux étudiants pour se remettre de l’échauffourée, avant de s’asseoir un moment face aux policiers, en signe de protestation. « Trop jeunes pour être écoutés, assez grands pour se faire gazer ! », pouvait-on lire sur l’une des pancartes brandies par les manifestants. D’autres appelaient passants, salariés et jeunes à rejoindre le mouvement. « Ne nous regardez pas, rejoignez-nous ! », scandaient notamment les étudiants.

    La mobilisation s’est conclue par une assemblée générale (voir ci-dessous) puis un arrêt, vers 14h30, devant le commissariat d’Aix, pour demander la « libération » d’un étudiant interpellé au cours de cet épisode. Sur place, son avocate, Me Mathilde Lanté, membre du Collectif d’action judiciaire, constitué dans le cadre du mouvement, a assuré que ce dernier allait « bien ». Selon la police, 150 personnes étaient réunies « au plus fort » devant l’IEP. Elle confirme par ailleurs une interpellation pour « violences et rébellion », une centaine de personnes au plus fort lors du rassemblement à la Rotonde « non déclaré », ainsi que deux manifestants blessés « de leur propre fait » et transportées à l’hôpital.

  • Clubs de sports : le grand coup de pompe des bénévoles

    Clubs de sports : le grand coup de pompe des bénévoles

    La scène est immuable. Un dimanche matin, alors que le jour pointe, débute le va-et-vient des voitures sur le parking d’un stade ou d’un gymnase.

    Ces ballets où parents et bénévoles de clubs se rencontrent, pour organiser les déplacements des jeunes aux quatre coins d’un département, voire plus loin, est mis à mal par l’inflation galopante du prix des carburants. « Nous avons un budget qui tourne autour de 90 000 euros, dont le tiers pour les frais de déplacement. Avec un gasoil qui a augmenté de 40%, forcément, cela complique tout. » Loïc Pons voit désormais dans chaque week-end un nouveau sujet d’inquiétude. Car le club de rugby qu’il préside est situé à Briançon. « Pour nous, chaque équipe qui doit jouer hors de la ville signifie des dépenses de plus en plus lourdes à supporter. »

    Même si son club a recours à des minibus pour assurer le transport de ses équipes, « avec pour la sortie la plus proche au moins trois-quart d’heure de voyage », précise le dirigeant, « nos transporteurs subissent eux aussi la hausse des prix du carburant ».

    La situation est la même du côté de Digne-les-Bains. Car, même si le club de rugby local a investi dans sept véhicules, « afin de ne pas solliciter les parents pour nos déplacements », les factures ne cessent de grimper pour Jérémy Teyssier. Le président du club, organisateur de la Coupe du monde de rugby amateur, a déjà convoqué une réunion de crise avec ses dirigeants. « Nous avons comme priorité de ne pas sacrifier les gamins. C’est pourquoi nous faisons le dos rond en maintenant les déplacements coûte que coûte. » Néanmoins, il a conscience que son club risque d’accuser un fort déficit. « Si rien n’évolue, nous organiserons une réunion avec les parents, pour voir dans quelle mesure ils pourraient nous aider. » La décision de la Fédération de football, qui a annoncé ce week-end une aide d’un million d’euros pour les clubs amateurs, sous forme de bons, devrait apporter un peu de répit. Du côté de Briançon, Loïc Pons ne veut pas solliciter les parents. « Il ne faut surtout pas que le chien se morde la queue et éviter de pénaliser les familles. » C’est pourquoi il a proposé à d’autres clubs de la ville « de mutualiser nos déplacements, quand cela est possible ».

    Si le rugby résiste, du côté de l’Olympique rovenain, on commence à tirer sur la corde. « Certains parents ne peuvent plus accompagner leurs enfants », soupire Christophe Rouzault. Le club de football qu’il préside est un des plus dynamique en matière de formation. Ce qui signifie des équipes de jeunes qui se déplacent dans tout le pays. « Nous allons sur Bordeaux, Saint-Etienne, voire en Corse. Nous avons deux minibus, mais chaque voyage, ce sont des pleins qui dépassent désormais les 160 euros par véhicule. Et je dois reconnaître que cela commence à taper dur ! »

    Octobre, un mois crucial

    S’il n’en est pas encore à renoncer à certains déplacements, comme c’est le cas dans certaines régions, il reconnaît que la situation « devient de plus en plus tendue. Et nous aurons à faire des choix à la fin du mois d’octobre si rien ne change ».

    À Aix-en-Provence, le club phare de l’escrime français a déjà enregistré des forfaits. « Si nous pouvons encore financer nos sorties, certains parents ont déjà jeté l’éponge, y compris pour les entraînements », déplore Frédéric Negroni. Le vice-président du club d’Escrime du Pays d’Aix organise des covoiturages, « afin que les familles qui le peuvent encore puissent continuer à accompagner les jeunes. Cela fonctionne sur les petites destinations », note-t-il.

    Le covoiturage, c’est également devenu la norme au Smuc. Le club marseillais incite les familles à cette pratique. « Et nous avons aussi des minibus pour les soulager. » Mais, le président de la section rugby, Stéphane Tollet s’attend « à des lendemains de plus en plus compliqués ». Les dirigeants interrogés ont aussi conscience que leurs clubs sont pris dans un étau infernal, qui écrase tout. « Nos partenaires sont aussi à bout de souffle », explique Loïc Pons. « Certains nous suivent encore, mais jusqu’à quand ? », s’interroge-t-il. « D’autant plus que les aides institutionnelles se réduisent », déplore Christophe Rouzault.

  • « La vraie bataille est culturelle »

    « La vraie bataille est culturelle »

    La Marseillaise : Quels souvenirs gardez-vous de la sortie de « Gibraltar » en 2006 ? Cet album avait dépassé la seule audience des amateurs de rap…

    Abd al Malik : J’avais alors l’intention d’être véritablement moi pour la première fois dans un disque. Cela m’a permis de montrer mon amour pour la littérature, la poésie, le jazz et la chanson française. Je voulais montrer que ça pouvait être harmonieux dans un esprit hip-hop. Mon amour pour la littérature s’est illustré à travers la manière dont je racontais les histoires, ce style qu’on appelle le slam ou le spoken word. J’avais aussi beaucoup de questionnements sur mon identité, sur ce que ça voulait dire d’être Français lorsqu’on est noir aux racines africaines. Déjà, à l’époque, on parlait des exilés, des migrants, des problématiques liées aux habitants des quartiers populaires. Pour la première fois, je suis allé au bout de ma pensée avec un côté spirituel qui m’importe. Ma démarche était de dire que, peu importe notre couleur de peau, qu’on croit en Dieu ou non, on a quelque chose en partage de fondamental qui est l’humanité.

    Sur le titre éponyme de l’album, vous déclamiez : « Sur le détroit de Gibraltar, il y a un jeune noir qui pleure un rêve qui prendra vie, une fois passé Gibraltar. » À quelques kilomètres de là, l’actualité récente a rappelé ces propos avec la crise migratoire à Ceuta…

    Abd al Malik : à l’époque, on assistait déjà à toutes ces morts en Méditerranée. 20 ans après, les choses n’ont pas changé. Cela rend ce morceau encore plus pertinent qu’à l’époque. C’est aussi cela qui m’a poussé à me dire qu’on allait faire cette tournée anniversaire.

    Sur le titre « 12 septembre 2001 », vous parliez aussi des jours d’après l’effondrement des tours jumelles. « Après ça, fallait qu’on montre aux yeux du monde que nous aussi n’étions que des hommes, que s’il y avait des fous, la majorité d’entre nous ne mélangeait pas la politique avec la foi. » L’injonction faite aux musulmans de se désolidariser de quelque chose avec lequel ils n’avaient rien à voir n’était-elle pas un écueil ?

    Abd al Malik : Bien sûr, c’est un écueil, qui dure encore et encore. Mais ma manière de voir est différente. En tant que musulman, je ne regarde pas ce que les gens pensent ou disent. Ce qui m’importe, c’est ce que je vois quand je me regarde dans une glace. Ai-je le comportement et les mots qu’il faut ? Si individuellement, on pense comme ça, on va finir par réussir à le faire collectivement. Ce qui est important in fine, ce n’est pas de se dire « ils veulent qu’on se justifie », mais de faire attention à la façon dont on se comporte dans notre quotidien : de se dire peut-être que mon voisin est juif ou chrétien, qu’il est croyant ou non, mais que l’important est mon rapport avec lui. Si j’ai une bonne entente avec mon voisin, eh bien dans ma ville, puis dans ma vie aussi. Le danger, c’est de vouloir essayer de régler la grosse image et de négliger ce qui est le plus important : notre quotidien. Si on ne s’occupe pas de nos voisins, c’est BFM, CNews, le RN et tous les politiciens extrémistes, racistes, voire racialistes qui s’en occuperont. C’est à ce moment-là que la haine et la suspicion s’installent. La meilleure chose qu’on puisse faire pour améliorer le monde, c’est s’améliorer soi-même.

    Votre album dépeint aussi la misère sociale en France, thématique négligée au profit des questions identitaires. Comment analysez-vous les graines de ces maux, semées par le macronisme, et dont l’extrême droite récolte les fruits ?

    Abd al Malik : Il faut travailler ensemble pour lutter contre cette misère sociale, l’illettrisme, la destruction de notre système social… Les médias nous font regarder d’autres problèmes et on oublie finalement de voir ceux qui sont prioritaires. C’est un piège qu’ils nous tendent. Malheureusement, c’est ce que font la plupart des politiques en allumant des espèces de contre-feux. C’est comme ça que des lois assassines passent ensuite pour se retourner contre nous et l’avenir de nos enfants. C’est donc important qu’on réfléchisse avec nos différences et singularités, pour faire peuple, faire France. Pour faire front contre les esprits chagrins qui pointent telle histoire de voile ou d’identités. On oublie trop souvent que les dirigeants doivent s’occuper de leur peuple et surtout des plus fragiles.

    Sur « Saigne », vous clamiez de façon faussement naïve : « Derrière le statut, le vêtement, la couleur de peau, n’est-ce pas qu’on est tous semblables ? » Qu’on soit ouvrier ou bourgeois, blanc ou noir, on l’est toujours pas…

    Abd al Malik : C’est sans doute la conclusion qu’il faut en tirer. Mais il y en a une autre : avec les musiques, les livres, les films qu’on crée, et c’est notre seul pouvoir, il faut faire en sorte que nous soyons tous semblables. C’est avec ce travail des imaginaires que les choses peuvent changer. En 2026, j’ai par exemple réalisé un film, Furcy, né libre, où je parle de l’esclavage et de son abolition. Quelques mois après, le Code noir a été abrogé [voté par l’Assemblée nationale en mai dernier, Ndlr]. Bien sûr qu’il existe toujours des doubles standards selon qu’on soit nanti ou non, mais on doit travailler avec notre outil, qui est culturel, pour dire que nous sommes les mêmes. La vraie bataille est culturelle. Qu’est-ce qu’être français ? Ce n’est ni une couleur de peau, ni un sexe, ni une religion. Mais c’est d’adhérer à des principes et valeurs. Il faut sans cesse le rappeler. Nous ne nous laisserons pas faire par ces gens qui trafiquent la culture et l’histoire. Face au narratif d’extrême droite, écrivons un narratif humaniste, du respect et du dialogue.

    Votre album est aussi traversé par des figures tutélaires comme Nina Simone, que vous samplez sur « Gibraltar », ou encore « Ces gens-là » de Jacques Brel, qui vous a inspiré la chanson « Les autres ». Vous animent-elles toujours aujourd’hui ?

    Abd al Malik : Profondément. D’abord, Jacques Brel dans son refus de correspondre à la vision des gens. Quand il décide d’arrêter sa carrière en 1966 du jour au lendemain car il a l’impression de répéter la même chose chaque fois qu’il monte sur scène, sa sincérité m’inspire énormément, tout comme son courage. On parle là d’artistes fabuleux, mais aussi de gens engagés. Et que dire du combat de Nina Simone contre le racisme, pour les droits civiques, son combat contre la maladie mentale qui l’a ensuite touchée. Ces artistes nous ont montré qu’il ne faut jamais baisser les bras. Ce sont des gens qui n’ont pas peur de montrer leurs faiblesses. Finalement, en les montrant, ils expriment leur force. L’art est un miroir d’humanité, une main tendue, une autre façon de dire je t’aime. C’est pour cela que j’invite tout le monde à venir voir mon spectacle : il y a quelque chose d’organique. On est là avec de vrais musiciens, des machines, de la lecture, du rap, du slam : c’est du spectacle vivant. Quelque chose qu’aucune intelligence artificielle, ni réseau social ne pourra nous procurer. Malgré notre époque qui peut être parfois triste, il est important d’affirmer qu’on peut quand même penser et festoyer en même temps.

  • Claude Kupfer veut « préserver ce qui fait l’âme » du Camp des Milles

    Claude Kupfer veut « préserver ce qui fait l’âme » du Camp des Milles

    La Marseillaise : Comment votre parcours vous a-t-il conduit à la présidence de la Fondation du Camp des Milles ?

    Claude Kupfer : Je suis un enfant de la République. Après la [Seconde] Guerre, mes parents y ont été accueillis. Je suis né 10 ans après, j’ai fait mes études. Par la suite, je suis devenu préfet, c’est-à-dire un serviteur de l’État. C’est ce parcours qui m’a animé tout au long de ma carrière. L’OSE, que j’ai dirigé pendant trois ans, travaillait déjà sur la Mémoire. C’est une association dont les activités sont présentées au rez-de-chaussée du Camp des Milles, à travers une exposition. Par ce travail, j’ai ensuite rencontré Alain Chouraqui, avant de prendre des fonctions de trésorier. Ce poste est une suite logique. Il y a aussi une dimension personnelle, puisqu’en visitant pour la première fois le site mémoriel, j’ai découvert qu’un des deux premiers enfants de mon père, qui ont été déportés puis assassinés à Auschwitz, était passé par le Camp. Il y a une dimension encore plus intime dans tout cela.

    Dans quel état d’esprit prenez-vous ces fonctions ?

    C.K. : Celui de continuer l’œuvre entreprise. En rappelant que sans Alain Chouraqui, ce lieu n’existerait pas. C’est lui qui, pendant des années, s’est battu pour que ces murs ne deviennent pas un supermarché, ou autre. Il a consacré toute son énergie et son talent à déployer cette œuvre de mémoire et tous les vecteurs qui permettent de comprendre comment le racisme, l’antisémitisme, l’exclusion de l’autre peuvent conduire au pire. C’est cette orientation qui sera la mienne : combattre avec nos moyens. Nous ne sommes pas des acteurs politiques, nous offrons à la réflexion un socle fondé, scientifique, pluridisciplinaire, pour montrer comment les choses peuvent aboutir au pire et les raisons qui doivent nous amener à lutter, quelle qu’en soit la forme.

    La tâche est lourde, c’est une responsabilité immense, mais exigeante. Par les temps qui sont les nôtres, l’explosion des actes antisémites, les extrémismes identitaires, cette tendance au repli sur soi… On ne rester sans agir. C’est une tâche qui correspond aux valeurs que j’ai entendu incarner tout au long de ma vie.

    S’il y a une volonté de poursuivre le travail engagé, y a-t-il aussi celle d’apporter des nouveautés au site ?

    C.K. : Des projets, il y en a un grand nombre qui vont voir le jour. Ils étaient en gestation depuis des années. On va commencer les travaux de modification d’une nouvelle salle des Artistes, où seront présentées les œuvres de personnes qui ont été internées, réalisées pendant ou après leur période d’internement. On va accueillir, en mars 2027, l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste et à la lutte contre l’antisémitisme (IHRA). On est candidat à l’inscription sur la liste indicative du Patrimoine de l’Unesco. On a en projet – ce n’est pas encore bouclé – de mettre sur pied une exposition qui s’intitulera la « Fabrique de la démocratie », qu’on espère présenter au public, d’abord chez nous, d’ici la fin de l’année, avant de la rendre itinérante.

    Il y a un certain nombre de points sur lesquels j’aimerais mettre l’accent. On a ici un modèle unique, celui du parcours entre un volet historique, mémoriel, réflexif et éducation (VR). Je garde l’ambition de le faire partager par d’autres lieux dans le monde, le faire connaître et augmenter, si l’on peut, la fréquentation de ce lieu, peut-être en instaurant des moments de gratuités de visite en cette période de baisse pour le pouvoir d’achat. Montrer que ce lieu est un lieu de mémoire, d’avenir… Je voudrais aussi mettre l’accent sur la formation, en direction de la communauté éducative, des personnes qu’on dit en situation d’autorité. On a été lauréats d’un appel d’offres de l’Union européenne qui nous permet de former jusqu’à 19 000 personnes, et on attend les résultats d’un autre appel à projet au mois de novembre, qui va nous permettre de former à l’Histoire de la Shoah et les moyens de lutter contre l’antisémitisme. Nous souhaitons aussi renforcer et développer le mécénat auprès des entreprises. L’État et les collectivités territoriales sont à nos côtés, mais si l’on peut augmenter nos capacités à faire plus, nous le ferons. On va également digitaliser, rendre plus attrayant le schéma dans le volet réflexif. Globalement, je veux garder le cap, la trajectoire de ce qui fait l’âme de cette institution.

    Vous prenez les rênes dans un contexte particulier : élection présidentielle en préparation, montée des extrêmes… Comment poursuivre votre travail dans ces circonstances ?

    C.K. : Ici, il y a une formule que je fais mienne : on ne parle pas de l’actualité, on parle du présent. Je suis sidéré, d’une façon générale, de voir que l’antisémitisme soit encore une source de violence, verbale ou physique. Pour le reste, on est dans une période électorale, je considère que c’est une chance : on est dans un pays où les opinions s’expriment. En même temps, on voit bien que ce qui se passe montre que les fondements de la démocratie, par la mise en cause des institutions, la critique des élites, traduit un moment de bascule. Saisissons cette opportunité. Je parlais de l’exposition que nous espérons mettre sur pied sur la « Fabrique de la démocratie » : j’aime ce mot fabrique. C’est quelque chose qui nous appartient tous. Cette fabrique nous interpelle tous. J’espère pouvoir la diffuser. On ne prend pas parti, on éclaire. Aux citoyens, aux dirigeants et ceux qui le veulent ensuite de se saisir de ce que nous proposons, qui reposent sur des analyses scientifiques pluridisciplinaires, pour ensuite faire le choix qui leur appartient.

    Vous accueillerez l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA) en 2027. Quels sont les enjeux de cet événement pour le site mémoriel ?

    C.K. : Que l’IHRA se réunisse dans ce lieu exceptionnel est une reconnaissance de la qualité de notre travail. C’est la première fois que ce congrès international se tiendra dans un lieu de mémoire. Que le Camp des Milles soit choisi est évidemment une reconnaissance et une exigence à poursuivre le travail qui est nôtre. Ça va représenter entre 300 et 400 personnes : diplomates, chercheurs…

    Parmi les dossiers dont vous héritez figure celui de l’inscription du site au patrimoine mondial de l’Unesco. Où en est-il ?

    C.K. : C’est un dossier lourd. Lorsque le ministre des Affaires étrangères est venu, il a rappelé son soutien. Nous avons rencontré, avec Alain Chouraqui, le responsable du ministre de la Culture, pour nous guider à travers ces démarches. On reste battants. Nous souhaiterions être inscrits sur la liste indicative [liste de sites qu’un pays envisage de proposer à l’inscription au patrimoine mondial, Ndlr.] au plus tard en janvier prochain, pour en faire la présentation auprès de l’IHRA.

    Un point sur lequel vous souhaitez insister ?

    C.K. : Celui de saluer les équipes de la Fondation, qui réalise un travail avec engagement, même si les sujets sont parfois graves, sérieux. Tous nos combats pour la démocratie sont de plus en plus nécessaires.

  • Ce mosasauridé découvert en Provence préférait l’eau douce

    Ce mosasauridé découvert en Provence préférait l’eau douce

    Début 2015, Thierry Tortosa examine des dents découvertes dans des blocs de roche tombés le long d’une route départementale, à Bouc-Bel-Air. « Elles n’étaient pas des dents de dinosaure, ni de crocodile », assure le paléontologue maintenant au Département des Bouches-du-Rhône, spécialiste des dinosaures de Provence. Il soupçonne qu’elles soient celles d’un mosasauridé – un cousin éloigné du varan contemporain des dinosaures. Mais sans la mâchoire, difficile de conclure, estime Nathalie Bardet, chercheuse CNRS au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN, Paris).

    Leur intérêt se porte alors sur une vingtaine d’os associés. Après une décennie d’analyses, la chercheuse et sa collègue Alexandra Houssaye du MNHN sont formelles : ils sont bien ceux d’un mosasauridé. Mais d’une nouvelle espèce : Garamaudo bauciensis. « Elle rebat certaines cartes sur ce qu’on pensait de l’évolution des mosasauridés », estime François-Louis Pelissier, agent du Muséum départemental du Var qui participe à ces travaux depuis son master et cosigne la découverte dans PCI Paleontology.

    Car tout porte à croire que ce spécimen vivait dans l’eau douce. « Les sédiments dans lesquels il a été découvert et les fossiles autour en témoignent », souligne Thierry Tortosa, coauteur de l’article. « À l’époque, il y a 80 millions d’années, un grand lac recouvre la région entre Pourcieux et Martigues, ajoute Yves Dutour, paléontologue responsable du Muséum d’Aix-en-Provence, également coauteur. Et ses os sont caractéristiques d’une espèce d’eau douce » ?

    Grands prédateurs

    Or les mosasauridés sont plutôt connus pour avoir peuplé l’océan. Presque tous les fossiles ont été découverts dans des dépôts sédimentaires marins. « Ce sont les reptiles marins qui prédominent à la fin du Crétacé et les plus gros prédateurs marins de l’époque », rappelle Thierry Tortosa.

    Un mosasauridé d’eau douce avait déjà été décrit en Hongrie en 2012 : Pannoniasaurus inexpectatus. « Celui de Provence est une preuve supplémentaire de la colonisation de milieux d’eau douce par ces animaux, estime Nathalie Bardet, première autrice de l’article. La multiplication des découvertes montre que ce ne sont pas des accidents. » Quelques vertèbres mises au jour dans l’Hérault avaient également été attribuées en 2015 à un mosasauridé d’eau douce.

    La forme des os laisse penser que Garamaudo bauciensis vivait dans des lacs peu profonds. « Il n’était ni très bon nageur, ni très à l’aise sur la terre ferme », avance Thierry Tortosa. Carnivore, il faut l’imaginer se faufiler discrètement dans des marécages, à la recherche de ses proies. Lesquelles ? « C’est une grande question », admet le chercheur. Les dents permettraient de répondre, sous réserve d’arriver à prouver qu’elles lui appartiennent. « Nous y travaillons toujours », glisse-t-il. Mais le mieux serait assurément d’en trouver d’autres, sur un bout de mâchoire.

  • « Garamaudo est une nouvelle référence internationale de mosasauridé »

    « Garamaudo est une nouvelle référence internationale de mosasauridé »

    La Marseillaise : En quoi cette nouvelle espèce de mosasauridé – « Garamaudo bauciensis » – est-elle importante ?

    Thierry Tortosa : Elle est définie à partir d’un nouveau spécimen qui constitue une référence taxinomique à l’international pour les mosasauridés vivant en eau douce. Tous les scientifiques qui découvriront un nouveau fossile de ce cousin éloigné du varan contemporain des dinosaures pourront venir le comparer. Jusqu’à présent, il n’y avait qu’une référence de ce type : une espèce découverte en Hongrie. Garamaudo bauciensis est la deuxième, et nous avons la chance qu’elle soit en Provence.

    Que nous apprend-elle sur l’évolution de cet animal ?

    T.T. : Elle montre que les mosasauridés adaptés à l’eau douce sont peut-être plus communs qu’on le pensait. De plus, elle combine des caractères primitifs hérités de formes terrestres et d’adaptations à la vie aquatique. Elle conserve des membres lui permettant de se déplacer sur la terre ferme, mais plus réduits, tandis que la densité élevée de ses os indique une adaptation à la vie en eaux peu profondes.

    Comment cette évolution a-t-elle eu lieu ?

    T.T. : Nous ne connaissons pas assez d’espèces pour le dire. Est-ce que ce sont des mosasauridés marins primitifs qui se sont adaptés à la vie peu profonde en eau douce ? Ou des espèces terrestres qui se sont adaptées à la vie aquatique directement en eau douce ? Durant le Crétacé supérieur, l’Europe est un archipel d’îles et la Provence appartient à une île qui va jusqu’à la péninsule ibérique. Beaucoup d’histoires évolutives sont possibles.

  • [Octobre rose] Penser l’avant, le pendant et l’après du cancer

    [Octobre rose] Penser l’avant, le pendant et l’après du cancer

    Alors qu’Octobre Rose est lancé, le centre hospitalier d’Aix et Pertuis (Chapp) s’affaire à organiser diverses animations qui ponctueront le mois. « Les gens sont sensibilisés sur le sujet, mais il y a le pic de sensibilisation au mois d’octobre. Le reste de l’année, c’est dans l’oubli. C’est une aussi une maladie dont on ne parle pas autour de soi », constate le Docteur Andy Schmitt, chef de service Gynécologie et Obstétrique du Chapp. Ce mois permet donc de rappeler les bons réflexes. Comme celui de l’autopalpation. « Quand je demande aux patientes, je dirais qu’elles sont 20% à le faire », estime le médecin. Pour autant, rappelle Andy Schmitt, hors octobre, la maladie se combat toute l’année. Sur le site de l’hôpital, un parcours permet un diagnostic en cas de suspicion, d’avoir un résultat en une seule journée et non en deux mois souligne Andy Schmitt. Sur le même site, les patientes peuvent poursuivre leur traitement dans « les 10-15 jours qui suivent », suivies par une équipe de psychologues.

    L’association des Praticiens Hospitaliers en Gynécologie (Apheg), dont il est le président, a mis en place les « Bulles de Bien-être » pour soutenir les patientes dans leur traitement, ses effets secondaires, par le biais de séances d’acuponcture, massages shiatsu, réflexologie plantaire… Plusieurs sorties sont également organisées pour être « déconnectés, un moment, de sa pathologie » et du matériel acquis pour soulager, au mieux, les patientes pendant leurs traitements.

    L’Apheg, soutient aussi les patientes dans l’après cancer du sein, en général. Toutes les activités organisées au cours d’Octobre rose, par le Chapp, permettent d’ailleurs de reverser des fonds pour ce soutien. Le médecin alerte aussi sur les « fausses idées sur le cancer du sein ». Exemple, si le principal pic de patientes se situe entre « 50 et 60 ans », la maladie touche aussi après. Or, le dépistage organisé, proposé gratuitement par la Sécu, s’arrête à cet âge. « Après, il faut continuer à faire des mammographies prescrites par le gynécologue. Plus de la moitié des patients que j’opère ont plus de 75 ans », rappelle le Dr Andy Schmitt. Pour en savoir plus sur les actions du mois, rendez-vous sur le site du Chapp.

  • À Aix, la tension s’est déplacée dans les rues du centre-ville

    À Aix, la tension s’est déplacée dans les rues du centre-ville

    Les premiers mouvements se sont manifestés dès 7h du matin. Au lycée Duby, les élèves se sont rassemblés aux aurores devant les grilles de l’établissement. Parmi leurs revendications figurent des journées longues ponctuées de plages horaires vides, le manque d’enseignants dès la rentrée ou encore la dégradation des locaux. Plusieurs feux d’artifice ont été tirés et un début de feu de poubelle a nécessité une intervention rapide des pompiers.

    Dans la foule, plusieurs lycéens rappelaient le mot d’ordre « d’un mouvement pacifique ». Dans le centre-ville d’Aix en revanche, les tensions se sont cristallisées jusqu’à la mi-journée. Les premières mobilisations, selon les lycéens sur place, ont commencé à émerger des lycées Cézanne et Vauvenargues. Dans ce dernier établissement, la manifestation s’est conclue par une intervention des forces de l’ordre. Un camion de pompiers a aussi été bloqué par la foule de lycéens, dont certains venus d’établissements voisins…

    Selon des manifestants, les policiers ont dispersé la foule vers 9h30. Plus tard dans la matinée, des centaines d’élèves issus des établissements du centre-ville se sont rejointes place Bellegarde, formant un cortège qui a ensuite emprunté la rue Mignet, la rue Gaston-de-Saporta puis le boulevard Jean-Jaurès. « On ne nous écoute pas quand on est 100, peut-être qu’on nous écoutera si l’on est 2 000 », estime un lycéen qui déplore, comme beaucoup, la « répression policière ». Dans la foule, les revendications mêlent manque de moyens, conditions d’enseignement dégradées, « soutien aux profs » et solidarité avec les « peuples opprimés par la guerre ». C’est sur le cours Saint-Louis et aux abords du lycée Cézanne que les tensions se sont concentrées, tandis que les forces de l’ordre repoussaient la mobilisation. Plusieurs dégradations, notamment des abribus détruits, ont été constatées. Des faits régulièrement dénoncés par les manifestants pacifiques rencontrés sur place…

    RÉACTIONS

    Sophie Joissains, Maire (UDI) d’Aix-en-Provence

    « Aucune cause ne peut justifier les dégradations, les violences ou la destruction du bien public, qui appartient à tous les Aixois. »

    Martine Vassal, présidente (DVD) du Département des Bouches-du-Rhône

    « Je condamne fermement les dégradations et les agressions qui touchent actuellement Marseille et le pays tout entier. Le mouvement lycéen se transforme en chaos urbain et appelle à la plus grande fermeté. »