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  • À Avignon, Olivier Galzi élu maire lors d’une séance qui solde la campagne

    À Avignon, Olivier Galzi élu maire lors d’une séance qui solde la campagne

    Ceint de son écharpe tricolore, Olivier Galzi sent « un poids immense », partagé entre « responsabilité et humilité » au moment de s’asseoir dans le fauteuil de maire, ce samedi midi. Sans surprise, l’ex-candidat DVD a été élu premier magistrat avec 36 voix, contre 5 pour Anne-Sophie Rigault (RN), 10 blancs -la gauche n’avait pas présenté de candidat- et 2 nuls. En attendant, dès ce lundi, de se plonger dans les finances et lancer « immédiatement un audit », Olivier Galzi a souhaité tourner la page de la campagne.

    Rappelant son triptyque de priorités, sécurité-propreté-circulation, Olivier Galzi fait déjà peser un air de « rigueur » sur la dépense publique, même si ses adjoints sont augmentés (lire ci-contre). « Nous sortons d’une séquence éprouvante. Le bruit et la fureur que certains appellent de leurs vœux au niveau national ont été rejetés par les Avignonnais. La campagne est terminée, place à la ville », veut-il avancer, remerciant « Cécile Helle [maire sortante] pour son attitude républicaine exemplaire ». « J’espère que l’opposition saura s’en inspirer. Je lui tends la main pour participer, dans la sérénité, à l’œuvre de redressement », poursuit-il.

    Mais il faudra plus que cette tonalité de promesses pour tisser une relation de confiance dans l’assemblée. Car l’opposition de gauche avait besoin de faire un solde de tout compte de cette campagne. S’il « félicite » Olivier Galzi, David Fournier (PS), arrivé second, tient à « revenir sur cette campagne qui a été rude, inélégante et diffamatoire », estime-t-il, sous quelques huées de l’assistance. Accusation de sang sur les mains, d’être antisémite, photo sur les réseaux sociaux d’un homme urinant sur son affiche, maison dégradée par deux fois… David Fournier se livre à un exercice cathartique. L’ex-adjoint évoque aussi son triptyque, solidarité-services publics-écologie. « Nous
    serons vigilants à la place
    que vous accorderez aux 11
     000 Avignonnais qui ont soutenu Ensemble et solidaires », prévient-il.

    « Porosité et vote utile »

    Mathilde Louvain (LFI), dont la liste avait fusionné avec celle de David Fournier, est déjà entrée de plain-pied dans le mandat. « Comptez sur notre attention permanente et nos valeurs humanistes », assure-t-elle, « heureuse d’avoir entendu que vous tourniez la page de la division ». Et d’inciter fortement Olivier Galzi « à s’engager dans le combat pour défendre les écoles publiques où une dizaine de classes sont menacées de fermeture ». Mouloud Rezouali (les Écologistes) a remis sur le métier sa marotte de la gratuité des transports et dénonce « la porosité avec un grave transfert de suffrages » lors du second tour.

    Allusion à la très forte progression de voix d’Olivier Galzi quand l’extrême droite en perdait 800. Si le nouveau maire parle « probablement de beaucoup d’électeurs socialistes », Anne-Sophie Rigault (RN) dément. « Vous avez été élu par un vote utile, pas d’adhésion qui vous appelle à la plus grande humilité », met en garde celle qui entame un 3e mandat d’opposante.

    Bien plus douce qu’à l’accoutumée, Anne-Sophie Rigault s’attribue une partie de la victoire, reprenant à son compte le terme « d’alliance de la honte [LFI-PS] » brandi par Olivier Galzi dans l’entre-deux tours. « Avignon a échappé au pire, vous avez identifié les mêmes priorités que nous depuis longtemps », remercie presque l’élue RN. Ce qui fait dire à un élu de gauche à l’issue de la séance : « Anne-Sophie Rigault s’est installée en 2e majorité. »

    L’indemnité des élus fait tiquer la gauche

    Ultime délibération, la fixation des indemnités des élus a fait tiquer Fabrice Tocabens (PS), ex-adjoint de la majorité précédente. « Certains adjoints ont une augmentation de 35%, même si vous baissez de 14% votre indemnité de maire, la hausse globale est de 25%, soit 11 000 euros par mois l’équivalent de 2 policiers municipaux », note-t-il en dénonçant « un choix cinglant quand tant de Français ont du mal à boucler leurs fins de mois ». Là où les adjoints percevaient environ 1 200 euros bruts, ce sera désormais 1 726 euros bruts. Le maire est à 5 631 euros bruts, les élus avec délégation 904 euros et ceux d’opposition, à 246 euros. Un choix assumé par Olivier Galzi : « Beaucoup ont pris un engagement pour réduire leur activité professionnelle, il me semblait juste de leur envoyer un signal face à l’exigence qui est énorme. » La gauche a voté contre, le RN pour. F.C.

  • Fortunes diverses pour les élus candidats aux municipales

    Fortunes diverses pour les élus candidats aux municipales

    Plus de trois mois après la dernière séance départementale, consacrée au budget, les élus vauclusiens se retrouvent ce lundi pour une plénière post municipales. En décembre, la présidente LR Dominique Santoni, avait prévenu que cette séance serait plus tardive qu’à l’ordinaire. Et pour cause, sur les 34 élus départementaux seuls 7, selon notre décompte, n’étaient pas candidats sur des listes les 15 et 22 mars derniers : les vice-présidents Christelle Castanier, Suzanne Bouchet et Jean-Baptiste Blanc, les élus RN Danielle Brun et Nicolas Humbert, mais aussi Noëlle Trinquier (DVG) et Léa Louard (EELV). Notons que Yann Bompard, maire (Ligue du sud) déchu d’Orange par la justice mais aussi de son poste de conseiller départemental, n’est pas pris en compte mais son successeur, qui sera intronisé aujourd’hui, oui : Jonathan D’Argenson, présent sur la liste de Jacques Bompard et désormais élu d’opposition.

    Dans l’ensemble, les conseillers départementaux qui postulaient au poste de maire ont été récompensés. Le Département compte 9 maires dans ses rangs, dont 4 nouveaux : le vice-président Patrick Merle est élu à Ménerbes, tout comme Jean-François Lovisolo (DVG) qui retrouve son fauteuil à la Tour d’Aigues après l’avoir laissé en 2022 pour cause de députation. Pierre Gonzalvez (DVD) à L’Isle-sur-la-Sorgue, Anthony Zilio (SE) à Bollène, Alexandre Roux (DVG) à Entrechaux, Max Raspail (DVG) à Blauvac et Thierry Lagneau (LR) à Sorgues ont été réélus. L’extrême droite vient compléter le tableau avec Hervé de Lépinau, nouveau maire de Carpentras, tout comme sa binôme, Marie Thomas de Maleville, vainqueure à Aubignan. Maire sortant de Cheval-Blanc, Christian Mounier (LR) ne se représentait mais figurait en position symbolique sur la liste de son successeur, Fabrice Liberato.

    À l’inverse, d’autres élus têtes de liste n’ont pas réussi à devenir maires : Sophie Rigaut (PS) à Vaison, Annick Dubois (PS) à Morières, Myriam Silem (DVC) à Saint-Didier ou Christine Lanthelme (SE) à Uchaux. À gauche, outre Alexandre Roux et les deux élues socialistes évoquées, les autres se sont faire élire au mieux dans l’opposition à Avignon (Rémy Blanc, Fabrice Tocabens) ou n’ont pu l’être dans la même ville-centre (Laurence Lefèvre, Samir Allel). Enfin, Dominique Santoni, qui était seconde de liste à Apt du Premier adjoint Jean Aillaud, a réussi à conserver la ville à droite de justesse (16 voix).

  • Qui sont les nouveaux adjoints d’Olivier Galzi ?

    Qui sont les nouveaux adjoints d’Olivier Galzi ?

    Leurs délégations ne seront connues qu’a priori en fin de semaine prochaine, même si pour la plupart ils savent quels seront leurs champs d’action. Dans la foulée de l’élection du maire, la liste des adjoints a également été votée. Ils seront 20, comme sous Cécile Helle, à accompagner au plus près Olivier Galzi dans la gestion municipale. Les 14 premiers sont les 14 premiers issus de l’ordre de sa liste : Corinne Chatriot, Jean-Luc Queyla, Emmanuelle Roux-Panis, Michel Adam, Laëtitia Dosne, Laurent Rochut, Violeta Lukic, Nicolas Donadille, Simone Vidal, Xavier Bourgue, Nezha Moummed, Philippe Bruey, Anaïs Hausmann, Florian Borba Da Costa. Parmi les proches suivants de liste, seul Eric Peytié, 16e adjoint, est rescapé. Djamila Bouras (15e), Isabelle Altayrac, Bertrand Dessaud-Delaye, Michèle Nesme et Matteo Boso complètent la liste.

    Lors de la présentation de sa liste, Olivier Galzi vantait « un changement des visages et de méthode ». Parmi les adjoints, on retrouve toutefois deux d’entre eux qui ont occupé cette fonction : Isabelle Altayrac, en charge de l’éducation lors du dernier mandat de Marie-Josée Roig (UMP), et Florian Borba Da Costa, qui s’est notamment occupé du commerce lors du premier mandat de Cécile Helle (PS). Quelques délégations sont toutefois pressenties, Olivier Galzi en ayant aussi dévoilé quelques potentialités début mars : Corinne Chatriot, 1ère adjointe, commerçante et ancienne élue à la CCI, pourrait s’occuper de l’attractivité quand Jean-Luc Queyla, ancien chef des pompiers d’Avignon, se chargerait de la sécurité.

    Les transports pourraient revenir à Nicolas Donadille et le sport à Xavier Bourgue. Laurent Rochut, directeur de théâtre et ex-vice-président du Festival Off d’Avignon, aurait des délégations autour des arts vivants, quand la culture pourrait échoir à Violeta Lukic, ancienne journaliste culture chez nos confrères de Vaucluse matin. On ignore encore de quel portefeuille héritera Anaïs Hausmann, compagne d’Olivier Galzi, décrite comme « conseil spécialiste en innovation ».

  • À Avignon, la gauche ne compte pas lâcher le terrain

    À Avignon, la gauche ne compte pas lâcher le terrain

    La tête à la construction du mandat d’opposition mais l’esprit certainement encore un peu à la défaite de dimanche dernier. Ce samedi, les nouveaux élus de gauche d’opposition vont entrer dans une nouvelle ère, presque une semaine après avoir vu leur liste fusionnée portée par David Fournier (PS) être devancée de 760 voix (40,62%/38,01%) par Olivier Galzi (DVD). Les dix élus (PS, LFI, PCF, EELV ou l’Après sont représentés comme partis) ne devraient pas présenter de candidat et laisser seul le futur maire être élu en s’abstenant. David Fournier et Mathilde Louvain (LFI) prévoient de prendre la parole.

    Si les groupes ne seront pas officialisés dès ce samedi, la gauche devrait, à terme, parler à deux voix avec d’un côté les 6 élus issus de la liste initiale de David Fournier et, de l’autre, les 4 venus de Mathilde Louvain (LFI). La gauche est expérimentée puisque 6 élus sur 10 étaient déjà conseillers municipaux sortants. On peut aussi souligner que Maryline Croyet (PS) était élue lors du mandat précédent (2014-2020) et que Rémy Blanc (PCF) est conseiller départemental.

    « Avoir deux groupes permet d’instaurer une présence et une reconnaissance de nos marqueurs politiques », fait valoir Mathilde Louvain, qui entend bien « garder le lien permanent avec les habitants, on fera un travail pédagogique sur ce qu’il se passe en séance et le choix de nos votes ». La « défense des services publics » sera le fil rouge de la mandature. Même tonalité chez David Fournier : « Ensemble et solidaires [nom de la liste] va continuer, on a un devoir par rapport au plus de 11 000 voix qui se sont portées sur nous, nous devons répondre à l’urgence sociale et climatique », estimait-il, dès dimanche soir, promettant une « vigilance sur les services publics et la lutte contre le clientélisme ».

  • [Entretien] Olivier Galzi (DVD): « On n’arrive pas ici pour faire comme avant »

    [Entretien] Olivier Galzi (DVD): « On n’arrive pas ici pour faire comme avant »

    Même s’il n’est pas encore maire, ce qui sera chose faite ce samedi lors d’une séance d’installation à l’Hôtel de ville, Olivier Galzi a déjà eu une première semaine chargée avec une prise de connaissance des rouages municipaux et de multiples rencontres. Pour La Marseillaise, l’ex-journaliste TV livre quelques projections (lire page 3 les premières mesures).

    La Marseillaise : Près d’une semaine après votre victoire (40,62%) face à la gauche, quel est votre état d’esprit à l’heure d’être officiellement installé maire ?

    Olivier Galzi : On se prépare à la tâche immense qui nous attend. On en mesure l’ampleur et l’importance. Il sera urgent, dès lundi, d’essayer d’y voir plus clair sur les finances. On va passer par un audit, parce que c’est le nerf de la guerre (lire aussi page 3). On met tout en œuvre pour pouvoir être en position d’agir le plus rapidement possible. Sur la cérémonie en elle-même, je n’ai pas encore eu le temps d’y penser, de l’appréhender tellement les dossiers sont nombreux. Et notamment, ce qu’on appelle le troisième tour, c’est-à-dire l’élection à la présidence de l’agglomération [le conseil communautaire devrait se tenir le 8 avril] qui me prend beaucoup de temps.

    Est-ce que vous préparez votre premier conseil municipal comme votre premier journal télévisé ?

    O.G. : (Sourires) Non, pas du tout, ce n’est pas le même exercice. À la télé, vous êtes tout seul face à une caméra et vous parlez à des millions de personnes. Là, il n’y a plus le filtre de la caméra : on est en démocratie directe, pas seul, mais avec une équipe. Les enjeux du journal télévisé, c’est d’essayer d’expliquer les problèmes. Les enjeux du maire, c’est d’essayer de les résoudre. Donc, l’exercice est résolument très différent. Il est nouveau, mais ce n’est pas pour autant qu’il me fait peur. En revanche, je mesure la responsabilité que nous avons désormais avec une attente qui a été assez forte. À savoir un désir de changement, qui sera dans la cohérence de notre discours de campagne. Nos priorités seront et sont toujours la sécurité, la question de la propriété et la circulation. Très clairement, on n’arrive pas ici pour faire comme avant.

    Propreté, circulation sont des compétences liées au Grand Avignon, le 3e tour vous occupe déjà beaucoup. Confirmez-vous que vous souhaitez prendre la présidence et comment y parvenir alors que pendant les deux derniers mandats, ce ne fut pas le cas pour la ville-centre ?

    O.G. : Je rencontre déjà mes pairs de l’agglo pour leur expliquer ma vision du bassin de vie. Je confirme que je serai candidat. Pour d’autres éventuels candidats, Mme Bories [maire LR de Villeneuve] a clarifié en disant qu’elle ne serait pas candidate, mais il y a des positions qui me semblent un peu moins claires. Je connais certains maires [Paul Mély, réélu aux Angles a clairement affiché son soutien], pas tous, d’autres attendaient de voir si j’allais être élu pour commencer une discussion, ce qui est normal. J’ai rencontré Joël Guin [maire de Vedène et président sortant, aperçu à un meeting de David Fournier], ça s’est très bien passé (sourires). À l’époque où la ville-centre dirigeait l’agglomération [sous Marie-Josée Roig], peut-être s’est-elle comportée de manière un peu hégémonique. Il y a de grandes communes, des petites mais il n’y a pas des petits maires et des grands maires. Tous doivent donc pouvoir fonctionner dans un respect, dans un système de parité et aussi dans une solidarité, quelle que soit leur couleur politique. Si je suis élu à la tête de l’agglomération, je ne serai pas un président hégémonique, qui écraserait les communes alentour, sinon ce serait ne rien avoir compris à la force d’un collectif. Ce qui m’intéresse, c’est la capacité de porter une voie qui va peser encore plus que celle d’Avignon. Afin d’actionner les leviers notamment de financement d’un certain nombre de projets qui seront à la fois utiles pour Avignon et pour l’ensemble de l’agglomération.

    Vous avez rencontré mercredi Cécile Helle, avez-vous seulement parlé du fonctionnement de la mairie ou aussi de la campagne ?

    O.G. : Non, on n’a pas parlé de la campagne, mais des dossiers. C’était un exercice très républicain, respectueux des deux côtés, factuel, dans une logique de transmission pour l’intérêt général. Je la remercie d’ailleurs de m’avoir déjà mis à disposition un bureau. Après, elle a ses idées, j’ai les miennes. Mais il n’y aura pas ici de départ sous les huées, contrairement à d’autres endroits où l’extrême gauche a pris le pouvoir.

    Dans votre discours dimanche soir, vous vous posiez en rassembleur, en maire de tous les Avignonnais. Ce n’est pas un peu facile après une vive campagne où la gauche dit qu’elle a été
    «
     violente et dégueulasse » et où même le RN dit que vous avez
    «
     joué sur les peurs » ?

    O.G. : Il y a eu effectivement une grande violence, très facile à comprendre. C’est celle faite aux électeurs socialistes qui se sont retrouvés les cocus au second tour d’une fusion qu’on ne leur avait pas annoncé au premier. Ils ont été obligés de constater que leur candidat était prêt à brader un certain nombre de valeurs qui étaient les leurs. C’est la seule violence que j’ai pu constater.

    Il y a une grève en cours au sein de la cantine scolaire. C’est quoi le bon sens pour y mettre fin ?

    O.G. : Le bon sens pour sortir d’une grève, c’est d’écouter ce que les représentants du personnel ont à dire et qu’on n’a, semble-t-il, pas envie d’entendre. Je suis encore à l’extérieur du dossier, j’ai une vision probablement très partielle. Dans ce dossier sensible, sordide et scandaleux puisqu’on parle quand même des vols de viande destinés aux enfants de nos écoles, il faut très clairement établir toutes les responsabilités et sanctionner. Et je n’ai pas le sentiment à ce stade que ceux qui font grève soient ceux qui ont envie d’étouffer l’affaire. Bien au contraire. Donc, si c’est ça, on devrait pouvoir trouver des solutions rapidement.

    Les cantines ont été municipalisées il y a plus de 10 ans, une des plus grandes fiertés de Cécile Helle. Est-ce que vous comptez garder ce service en régie ?

    O.G. : D’un point de vue extérieur, ça a l’air de fonctionner et apparaît comme une réalisation intéressante de la majorité précédente. Cela a été une bonne chose pour l’accès à une nourriture de qualité dans des circuits courts pour des populations qui n’ont pas forcément énormément de moyens, avec un tarif intéressant pour elles. À partir de là, ça me paraît aller dans le bon sens. Maintenant, le bon sens, c’est aussi, une fois qu’on est à l’intérieur, de voir ce qu’on ne voyait pas à l’extérieur. Mais très clairement, le dossier de la cantine scolaire, en dehors de cette affaire de viande volée, ne me paraît pas faire partie des priorités de chantier pour la mairie.

    « La cantine municipale apparaît comme une réalisation intéressante »

  • La ville d’Avignon ne « manque pas d’attractivité touristique »

    La ville d’Avignon ne « manque pas d’attractivité touristique »

    Avec le pont d’Avignon et le palais des Papes en arrière-plan, le site est une carte postale idéale pour tout support touristique. En bord du Rhône sur l’île de la Barthelasse, le restaurant le Bercail se prêtait parfaitement, ce jeudi midi, au lancement de la saison touristique avec remise des nouvelles brochures à l’ensemble des professionnels du tourisme.

    Si le printemps reste la saison encore ancrée pour ouvrir l’année touristique, Avignon est toutefois une destination prisée toute l’année. « Elle se visite de plus en plus en fin de saison, grâce notamment au tourisme d’affaires que l’on veut développer l’hiver », souligne Cécile Wiertlewski, directrice de l’Office de tourisme d’Avignon, insistant sur la « belle synergie des acteurs ». À commencer par son homologue au Grand Avignon, Claire Prost, qui gère la promotion des 15 autres communes de l’agglo. « On agit en complémentarité pour aller dénicher des pépites du territoire à faire connaître et, plus largement, faire en sorte que le Grand Avignon soit un camp de base pour les touristes dans un rayon de 50 km », fait-elle valoir.

    Le nombre de visiteurs sur le pont augmente de 12%

    En 2025, on assiste toutefois à un léger repli de fréquentation en Vaucluse (-4%). « Des résultats à relativiser car 2024 fut une année exceptionnelle notamment au printemps, 2025 enregistre ainsi pratiquement le même volume de nuitées qu’en 2019, avant la crise sanitaire », tempère l’office de tourisme. Côté monuments emblématiques, le Palais des papes enregistre un nombre de visiteurs quasi similaire (-0,85%) avec 778 551 entrées. En revanche, le pont d’Avignon voit sa fréquentation bondir de 12,13%, avec 606 607 visiteurs. « Nous avons mené une grosse campagne de communication sur ce monument, le fait aussi que l’exposition Othoniel parcourt le Pont a boosté les visites », se satisfait Cécile Wiertlewski. Parmi les touristes internationaux, Américains, Canadiens, mais aussi Sud-Coréens et Chinois, qui font leur retour post-Covid, sont à noter.

    Rappelons que le Palais des papes et le pont sont gérés par Avignon tourisme, une société paramunicipale, qui pilote aussi le centre de congrès, le parc des expositions et trois parkings souterrains. Une structure en difficulté financière chronique, que certains candidats aux municipales n’ont pas manqué de souligner. Comme le futur maire, Olivier Galzi (DVD). « On entend souvent en ce moment qu’il faut redonner de l’attractivité à Avignon, mais on n’en manque pas d’un point de vue touristique », assure Cécile Wiertlewski, qui dirige le pôle développement touristique au sein d’Avignon tourisme. Comme d’autres, elle est pour l’heure dans l’expectative quant aux futures orientations municipales, aussi bien pour attirer du monde que dans la gestion pure d’Avignon tourisme.

  • Avignon : Claude Le Roy donne le coup d’envoi du mandat

    Avignon : Claude Le Roy donne le coup d’envoi du mandat

    À 78 ans, Claude Le Roy retrouve un banc. Les amateurs de foot pourraient être surpris de l’apprendre mais en réalité l’ancien joueur et surtout entraîneur, connu pour avoir dirigé de nombreuses sélections africaines, ne reprend pas les rênes d’une équipe. Ce samedi, il prendra place sur les bancs du conseil municipal d’Avignon, où il a été élu dimanche dernier. Ou même réélu, après avoir brièvement siégé en 2001 dans l’opposition avec l’équipe d’Élisabeth Guigou (PS). Cette fois, Claude Le Roy a été sélectionné par Olivier Galzi (DVD). « Il sait très bien que je suis un mec de gauche, on ne partage pas les mêmes opinions sur tout, mais Olivier est une chance pour cette ville, c’est un capitaine fédérateur », estime Claude Le Roy, jamais encarté, mais qui a baigné toute son enfance dans le communisme avec un père, François, plusieurs fois candidat PCF aux législatives ou cantonales d’alors dans l’Eure dans les années 60. Une des premières personnes prévenues une fois son choix de soutenir Olivier Galzi fut « Cécile Helle, une amie, qui a fait de belles choses ».

    « Rendre hommage aussi à l’opposition »

    Ce samedi, Claude Le Roy jouera pourtant les capitaines de la matinée. Comme l’impose la loi, le doyen de l’assemblée présidera l’installation du conseil municipal. « Hélas, hélas, ça me ramène à un principe de réalité sur mon âge, vous vous rendez compte j’ai 60 ans d’écart avec la benjamine [Cyrine Blanc, 18 ans, élue aussi de la liste Galzi] qui sera aussi à mes côtés », sourit-il. L’expérience de Claude Le Roy lui permet d’aborder ce rendez-vous sans appréhension. « Ça n’a rien à voir avec une finale, mais il y a tout un protocole à respecter, j’ai passé mercredi une heure et demie en mairie avec tous les services juridiques », détaille-t-il. Celui qui a joué quelques saisons à l’Olympique avignonnais dans les années 70 remettra l’écharpe à Olivier Galzi à l’issue du vote. « Il faut que l’installation se fasse de façon très républicaine, courtoise, élégante, que tout se passe bien, en rendant hommage aussi à l’opposition, parce qu’ils ont tous bossé », prévoit-il.

    Dans la future majorité, Claude Le Roy ne compte pas jouer les premiers rôles. « Au départ, je voulais être 53e de liste [dernier], je suis finalement l’avant-dernier élu, je ne serai pas adjoint, je pense être utile dans le sport ou l’attractivité », ne s’avance-t-il pas encore dans l’attente des délégations qui ne viendront qu’un peu plus tard.

  • À Avignon, Olivier Galzi se prépare à changer de costume

    À Avignon, Olivier Galzi se prépare à changer de costume

    Contrairement à dimanche, le vote prévu ce samedi matin, à l’Hôtel de ville d’Avignon, ne devrait réserver aucune surprise. C’est ce jour-là qu’Olivier Galzi deviendra officiellement maire d’Avignon, lors du conseil municipal d’installation, où les nouveaux élus voteront pour désigner le maire et ses adjoints.

    Depuis ce lundi, le désormais ex-candidat DVD s’attelle à préparer son entrée en mairie et endosser un nouveau costume. « Ma troisième vie », dit-il à Vaucluse Matin, après une carrière de journaliste, notamment sur France 2 comme présentateur du JT, puis de vice-président d’Edeis, société de conseil et ingénierie auprès des collectivités locales.

    « Il a la volonté de bien faire les choses, ne pas se précipiter », indique-t-on dans son entourage au sujet de cette semaine de tuilage au cours de laquelle il doit rencontrer, ce mercredi matin, la maire sortante Cécile Helle, pour une première présentation des rouages municipaux. La construction de son cabinet est aussi en cours, avec un directeur en passe d’être intronisé et qui n’était pas dans son équipe de campagne. Romain Lautier, qui pilotait sa campagne, ne prolongera pas l’aventure.

    Au conseil municipal, Olivier Galzi disposera d’une majorité de 38 élus, qui devront s’engager sur une charte éthique autour de l’intégrité. Doyen des conseillers municipaux et issu de sa liste, l’ex-entraîneur de foot Claude Le Roy, déjà élu lors de la mandature 2001-2008 dans l’opposition de gauche d’alors, sera chargé de présider ce premier conseil municipal. La liste de David Fournier (PS) obtient 10 élus. Il n’est pas exclu que deux groupes de gauche se montent, entre les 6 issus initialement de sa liste et les 4 venus de celle portée par Mathilde Louvain (LFI). Le RN et ses 5 conseillers compléteront le casting.

    Dans son discours d’investiture, Olivier Galzi dévoilera la liste de ses premières décisions, qui tourneront autour de son triptyque sécurité-propreté-circulation. Un audit des finances sera certainement commandé, même si la chambre régionale des comptes rendra bientôt un rapport sur la gestion de la Ville. « La tâche est immense », disait-il, dimanche soir, avec la volonté de « rassembler », aussi bien les équipes municipales – là aussi une priorité de rencontres à venir – que l’opposition, « car les Avignonnais n’ont pas besoin de logique partisane ».

  • À Avignon, trois enseignements d’un scrutin inédit

    À Avignon, trois enseignements d’un scrutin inédit

    Olivier Galzi, la stratégie payante

    Quand, au cœur de l’été dernier, le nom d’Olivier Galzi a jailli comme possible candidat à la mairie, la circonspection dominait. Que vient faire cet ancien journaliste TV, passé ensuite dans le groupe d’ingénierie auprès de collectivités locales Edeis et qui possède aussi sa propre société de conseil en relations publiques ? S’il a passé une bonne partie de sa jeunesse à Avignon, Olivier Galzi ne s’était jusque-là jamais impliqué dans la vie locale au sens large. À l’instar de Patrick de Carolis à Arles, ex-PDG de France TV devenu maire en 2020, Olivier Galzi aura donc réussi son pari.

    Novice en politique, sans soutien officiel de partis politiques, il insistait quelques minutes après s’être annoncé vainqueur sur le volet historique de sa victoire. « Le défi continue », commente-t-il, regardant dans le rétroviseur d’une demi-année, « où on est arrivé face à des partis structurés là depuis longtemps, qui avaient cultivé leurs réseaux et qui étaient persuadés de n’être jamais délogés ». Tout de même bien marqué à droite, avec une équipe de campagne ayant œuvré dans ces cercles-là et quelques colistiers aussi, Olivier Galzi a aussi profité de la défection, en novembre, de Julien Aubert (LR). Il a donc su aimanter et mobiliser l’électorat qui avait le plus envie de changement après douze ans de gestion de Cécile Helle (PS).

    Après être arrivé en tête au 1er tour sans creuser de forts écarts, la différence s’est opérée dans l’entre-deux-tours, où il a clairement donné le tempo, invisibilisant Anne-Sophie Rigault (RN), en perdition de voix (-800 en une semaine), pour se poser en alternative la plus crédible à la liste d’union à gauche. À l’image de ce que sait faire la gauche quand elle appelle au vote utile et faire barrage à l’extrême droite, Olivier Galzi a utilisé la même recette en « jouant sur les peurs », selon Anne-Sophie Rigault, pour dénoncer « l’alliance PS-LFI de la honte ». Avec un rassemblement dit citoyen, jeudi dernier, dans la plus pure tradition de la gauche. Dimanche soir, au sein de la gauche candidate, bien qu’en déplorant « une campagne dégueulasse », on ne pouvait que s’incliner face à « une stratégie de com’ qui a bien fonctionné ».

    À gauche, une fusion utile, mais sans dynamique

    Comme à Toulouse ou Limoges, où les listes PS et LFI ont fusionné, l’alliance n’a pas été couronnée de succès non plus à Avignon. Quasiment à égalité au premier tour (234 voix d’écart), David Fournier (PS, 19,89%) et l’insoumise Mathilde Louvain (19,03%) se sont rapidement mis d’accord pour poursuivre la campagne ensemble. Sur le papier, le cumul des voix pouvait permettre de nourrir de sérieux espoirs de victoire.

    À l’arrivée, le calcul était plutôt bon, puisqu’en une semaine, la gauche progresse de 450 voix et récolte 38,01% des suffrages. Bien, mais largement insuffisant face au boom dix fois plus important d’Olivier Galzi (+4 454 voix), alors que la participation a cru de 3,6 points. Dimanche soir, personne ne remettait en cause cette stratégie d’union, préalable indispensable pour espérer l’emporter à condition qu’une dynamique s’enclenche. « Il y a eu des réflexes réactionnaires à l’œuvre », analysait David Fournier à chaud, faisant un parallèle au national avec Toulouse, Limoges ou Poitiers. Mais au-delà de cet entre-deux-tours, une partie de la défaite réside aussi dans une ambiance fin de règne, où la course à la succession de Cécile Helle a laissé des traces, tandis que les insoumis et leurs partenaires gagnaient aussi du terrain. Durant de trop longs mois, les habitants ont assisté au bal des prétendants, la situation ne se décantant vraiment qu’un mois avant le 1er tour, avec le renoncement de Paul-Roger Gontard. Pendant ce temps-là, Olivier Galzi a pu imprimer auprès de la population.

    Une participation

    à revoir

    Avec 51,25% de participation dimanche, Avignon enregistre un léger mieux de 3,6 points, soit quelque 2 000 votants de plus. Mais on reste très loin de 65,4% des municipales de 2014 ou des 60,7% du second tour des législatives de juillet 2024. C’est là aussi que la gauche a joué une partie de sa défaite en ne mobilisant pas assez les quartiers dits populaires. Par exemple, au groupe scolaire Louis-Gros, bureau le plus faible en votants (32,53%), David Fournier réalise 58,39%. Son plus gros score est à Saint-Chamand (65,95%), là où seulement 33,15% des inscrits se sont déplacés. Lors des législatives, la participation était presque de 54% dans ce bureau, qui avait alors très massivement voté pour Raphaël Arnault. À l’inverse, Olivier Galzi fait le plein en centre-ville, comme à l’école Bouquerie, où il enregistre son meilleur score (63,29%) dans le bureau qui a le plus voté (68%).

  • En Vaucluse, cinq nouvelles villes conquises

    En Vaucluse, cinq nouvelles villes conquises

    L’histoire bégaye. En 1995, Jacques Bompard avait offert au FN d’alors une de ses premières mairies en France, à Orange, à la faveur d’une triangulaire. Une situation qui s’est reproduite en 2014, où Camaret et Le Pontet ont basculé à l’extrême droite lors d’un second tour à trois candidats. En 2020, la gauche avait été divisée lorsque Morières a viré brun. Ce dimanche, le scénario s’est reproduit à Carpentras, miné par la division à gauche de deux désormais ex-maires, et Monteux, où le RN s’est imposé en triangulaire.

    Municipales après municipales, l’extrême droite glane ainsi des mairies sans en perdre. Le cas orangeois mis à part, où Jean-Dominique Artaud (RN) a fini par mettre fin à plus de 30 ans de Bompard, une autre extrême droite, le parti lepéniste, s’implante. Après Le Pontet et Camaret en 2014 (lire aussi ci-dessous), où leurs maires Joris Hébrard et Philippe de Beauregard entament une 3e mandat, puis Morières en 2020 – Grégoire Souque a été réélu dimanche dernier, le RN a conquis cinq communes : Orange par Jean-Dominique Artaud, Carpentras avec le député Hervé de Lépinau – qui devra être remplacé à l’Assemblée par sa suppléante -, Monteux qui a élu Patrice de Camaret, Bédarrides avec Guillaume Taddio et Aubignan, gagnée par la conseillère départementale Marie Thomas de Malleville.

    Il s’en est fallu de très peu à Apt (16 voix) et Cavaillon (47 voix) pour que deux autres grandes communes ne basculent à l’extrême droite, mais finalement conservées par la droite (lire page suivante). En revanche, Louis Bonnet, maire sortant de Mazan, soutenu par le RN, a été battu par Stéphane Claudon (DVC). Pas de quoi consoler le camp progressiste qui a donc vu Carpentras, 2e ville la plus peuplée du département, s’offrir à Hervé de Lépinau. Contrairement à la gauche, l’extrême droite a su mettre de côté ses divisions dans l’entre-deux-tours pour unir ses trois listes. Sans cette fois trouver à redire au soutien de Christian Richaud-Simoni, le candidat initial du parti débranché suite à l’affaire des tweets racistes et injurieux. Ce dernier, bien que non-colistier, était présent dimanche en mairie, bras dessus-dessous avec Hervé de Lépinau. Bien moins radioactif que quand le RN l’avait désinvesti, pour des propos « en totale contradiction avec les valeurs et le projet portés par le RN », selon Thierry D’Aigremont, délégué du RN 84 et désormais conseiller municipal à Carpentras.

    Sénat et intercommunalités en ligne de mire

    « Ma ligne de conduite, c’est l’écoute, je ne ferai rien de violent », promet Hervé de Lépinau, qui devrait endosser l’habit de maire, ce vendredi soir, à l’issue du conseil municipal d’installation. Une réponse au sujet de sa future politique associative, dont les subventions et leurs orientations sont de véritables marqueurs (lire notre enquête du 13 février sur le sujet au sein des municipalités d’extrême droite du Sud-Est). « Plus que jamais, le RN est le premier parti de Vaucluse », s’enorgueillit le RN 84 dans un communiqué, se targuant d’obtenir 300 élus. Maire sortant et sorti, Serge Andrieu (DVG) redoute que « ce résultat, ce sont les plus faibles, les plus précaires, qui en paieront le prix pendant les prochaines années ». Dans un communiqué, relayé aussi par Julien Guérin, secrétaire de la section PCF et colistier de Serge Andrieu, celui-ci estime que « l’heure est donc désormais celle d’une nouvelle génération, qui doit organiser l’opposition à l’extrême droite ».

    Du côté de Renaud Muselier, président (Ren.) de la Région, on a une tout autre lecture des chiffres du RN. « En Vaucluse, sur 151 communes, le RN a échoué dans sa conquête. Il dispose aujourd’hui de huit communes, soit moins de 6% des communes du département », préfère voir Renaud Muselier dans un communiqué, alors que Jacqueline Bouyac, une de ses vice-présidentes à la Région, est réélue de justesse, dans l’opposition cette fois, aux côtés de Serge Andrieu. En attendant certainement l’élection d’un sénateur en septembre, les hauts scores du RN pourraient aussi lui permettre de gérer des intercommunalités, comme c’était déjà le cas à Orange. La Cove à Carpentras, actuellement présidée par Jacqueline Bouyac, ou les Sorgues du Comtat (Monteux, Camaret) sont des cibles possibles.