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  • Avignon : David Fournier entend incarner l’unité dans la continuité socialiste

    Avignon : David Fournier entend incarner l’unité dans la continuité socialiste

    Un peu moins de deux mois après, on retrouve David Fournier comme on l’a laissé : sûr et certain d’être le profil idoine pour succéder, en mars, à Cécile Helle (PS) à la tête d’Avignon. Début juillet, l’actuel adjoint (PS) à l’administration municipale était le premier des candidats, tous bords confondus, à tenir une réunion publique. Ce lundi, celui qui, en avril, avait été désigné premier des socialistes pour les municipales, a lancé la rentrée politique par un point presse. « On voulait faire part d’un élément structurant de la campagne, le dépôt des statuts de notre association Ensemble et solidaires », expose David Fournier.

    Aux côtés de plusieurs élus actuels de la majorité (Fabrice Tocabens, Amy Mazari Allel, Anne Gagniard, Cyril Beynet ou Lilou Quennesson) ou de personnalités du monde culturel (Raymond Duffaut, longtemps à la tête de l’Opéra d’Avignon, et fils d’Henri Duffaut maire entre 1958 et 1983) ou sportif (Jean-Christophe Magnaud, ex-président du club de foot ACA, nommé mandataire financier de l’association), David Fournier affiche sa sérénité : « D’autres soutiens et partis de gauche nous rejoindront officiellement bientôt, il y aura de belles surprises », promet-il. Qui s’afficheront peut-être début septembre lors de premiers rendez-vous programmatiques dans les quartiers, dont le calendrier reste encore à acter. « Je défends le bilan de Cécile Helle, je suis fier de ce qui a été accompli, certaines choses restent à développer », revendique l’élu socialiste.

    Vers qui se penchera Cécile Helle ?

    Depuis son renoncement à briguer un 3e mandat il y a près de 7 mois, Cécile Helle n’a absolument rien laissé transparaître de ses sentiments quant à sa succession, se concentrant sur la dernière année de mandat à réaliser. Elle pourrait officialiser un soutien en septembre, alors que deux autres membres de sa majorité (lire ci-contre), Joël Peyre (PRG) et, à un degré moindre, Paul-Roger Gontard (La Convention) sont aussi prêts à prendre la relève. « Elle est au PS, je ne l’imagine pas un seul instant faire un autre choix que celui du candidat socialiste », se persuade David Fournier, alors que la rumeur bruisse d’un appui de la maire sortante à Joël Peyre.

    Toujours est-il que le PS entend bien conserver Avignon. « Les instances nationales ont fait de la ville une des 6 érigées en priorité absolue à conserver », insiste Maryline Croyet, secrétaire de la section PS d’Avignon et co-directrice de campagne avec Jean-Luc Bringuier. « On a bon espoir de trouver un accord d’union autour de David, une candidature légitime et d’expérience, on ira jusqu’au bout », prévient-elle. Cette volonté de forcer la main ne pourrait-elle pas braquer les partenaires potentiels ? « Avignon a une histoire socialiste avec les maires Louis Gros, Henri Duffaut, Guy Ravier, la ville est dirigée par une socialiste, il est naturel que les sortants soient privilégiés et que nos alliés soient à nos côtés, comme le PS le ferait par réciprocité dans des villes dirigées par d’autres formations de gauche », estime David Fournier.

    Manière encore d’appeler les partenaires de gauche à la responsabilité. « Face au risque de l’extrême droite [qui n’a pas encore désigné sa tête de liste, Ndlr], les partis qui porteraient la division seraient les responsables de l’échec », met en garde le premier des socialistes. Si une rencontre a eu lieu avec la France insoumise [les chefs de file, Mathilde Louvain et Farid Faryssy, ainsi qu’avec le député Raphaël Arnault] sans perspective d’accord immédiat, le PS espère plus aisément rallier le PCF, Génération. s et l’Après, certains écologistes aujourd’hui dans l’opposition, ou Génération écologie.

  • Il restaure et recrée des véhicules d’avant-guerre

    Il restaure et recrée des véhicules d’avant-guerre

    Comme tout garagiste en service, Nicolas Bourianne vous accueille en serrant le poignet, histoire d’éviter de noircir les mains de cambouis. Mais son atelier, « Revival Engineering », à la sortie nord de Malaucène, est plutôt discret. Ici, on n’amène pas sa voiture, pour une révision classique, que l’on récupère quelques heures plus tard. D’ailleurs, Nicolas Bourianne préfère le terme d’atelier de restauration. « Garagiste, je l’associe aux voitures modernes, ici on ne fait que des modèles d’avant guerre », expose le patron, ingénieur mécanicien.

    Un secteur de niche, réservé à des passionnés – très – fortunés, qui traduit cependant un savoir-faire local. Si en Vaucluse, deux autres ateliers sont aussi dans les modèles anciens, Nicolas Bourianne est le seul à proposer l’entretien mais aussi et surtout la restauration et reconstruction de véhicules de prestige. « On fait de l’avant-guerre car ce sont les autos qui nous plaisent. Les voitures plus modernes, les youngtimer [précollection], tout le monde le fait », fait valoir ce passionné de 43 ans, dont le fils de 14 ans commence déjà à bricoler des motos. Un début d’atavisme familial alors que Nicolas Bourianne n’a jamais baigné dans le milieu : « J’ai eu la chance de découvrir ma passion, personne dans ma famille n’a de voitures de collections ».

    Une Delage championne du monde 1927 sur l’établi

    Originaire de Séguret, il a d’abord eu son atelier à Sarrians avant de déménager, il y a 3 ans, à Malaucène. Difficile de déambuler dans son atelier sans risquer de croiser François, allongé sous une Bugatti en cours de restauration, de manquer de se taper le pied sur une imposante roue ou de passer à côté d’un moteur recrée installé sur une bande de démarrage. « La Buggati bleue de 1928, là? C’est de la restauration, il y avait le châssis, l’essieu, le pont, la boîte, le moteur », illustre Nicolas Bourianne. Parfois, il faut partir d’une feuille blanche pour une construction, avec le bureau d’études au sein de l’atelier. « On dessine et reconstruit les pièces, on possède un département moteur, chaudronnerie… tout ce qu’il faut pour être au maximum autonome », résume l’ingénieur mécanicien.

    Sa clientèle est très large et internationale. États-Unis, Nouvelle-Zélande et même la présidence du Portugal. « On a restauré une Panhard et Levassor. L’an dernier pour les 100 ans de l’automobile club du Portugal, j’ai été le chauffeur du président dans les rues de Lisbonne », confie Nicolas Bourianne. Mais le projet phare, qui l’occupe depuis plusieurs années, c’est une Delage 15 S8 de Grand Prix, dont il est impératif d’avoir achevé la reconstruction en 2027, afin de marquer le centenaire de la victoire de cette voiture au championnat du monde des manufacturiers, compétition prémices de la F1. « C’est un projet complètement démentiel parce que la voiture a été détruite, des collectionneurs ont récupéré quelques morceaux. On a eu la chance de s’appuyer sur une base photos de la Delage numéro 1 pour recréer de toutes pièces la Delage de 1927 », s’enthousiasme l’ingénieur.

    « On se demande à l’époque comment ils arrivaient à fabriquer certaines pièces sans la technologie d’aujourd’hui, qu’on a du mal à refaire », constate-t-il. Manière d’aborder le savoir faire mécanique particulier, aucun diplôme n’existant en la matière. «Ce n’est pas parce qu’on a été mécanicien de course au Mans qu’on s’y connaît : il faut un bagage théorique important, avoir vu des lignes de fabrication, connaître l’usinage, la thermodynamique, la mécanique des fluides…», expose l’ingénieur « Mais le critère le plus important, c’est la passion. Tous les matins, j’ai l’impression d’être en congés », conclut-il.

    « Le critère le plus important, c’est la passion »