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  • À Tricastin, un des plus gros chantiers industriels prend forme

    À Tricastin, un des plus gros chantiers industriels prend forme

    C’est un chantier bien moins visible et symbolique que celui de la destruction des tours Eurodif (notre édition du 12 avril 2025) mais d’une forte ampleur industrielle qui est en train de s’opérer sur le site nucléaire de Tricastin. Alors qu’après une grosse année de travail, les trois tours de refroidissement de l’ex-usine George-Besse ont définitivement disparu du paysage, Orano s’attelle à l’extension de l’usine George-Besse II. Un projet industriel hautement stratégique pour l’un des leaders de la fabrication de nucléaire, qui a ouvert ses portes à la presse ce lundi pour une visite de chantier.

    Inaugurée il y a plus de 15 ans, l’usine George-Besse II a pris le relais de sa grande sœur spécialisée dans l’enrichissement d’uranium. « C’est un savoir-faire unique au monde depuis plus de 60 ans, on transforme de l’uranium pour permettre de fournir en énergie bas carbone les centrales nucléaires », resitue Pascal Turbiault, directeur d’Orano Tricastin. Actuellement, l’usine couvre l’équivalent des besoins électriques de 90 millions de foyers par an, soit la France, l’Allemagne et la Grande-Bretagne confondues.

    Plus de la moitié

    du chantier achevée

    « Le projet d’extension va permettre d’augmenter notre capacité de 30% », précise le directeur et ce afin de répondre à la demande croissante en la matière. Orano, qui exporte 70% de sa production, a d’ailleurs été retenu pour construire une usine d’enrichissement aux États-Unis. À Tricastin, le chantier s’élève à 1,7 milliard d’euros et mobilise jusqu’à 1 000 personnes (lire les chiffres). « C’est l’un des cinq plus gros chantiers industriels actuellement en France », s’enorgueillit Christophe Mei, chef du projet d’extension de George-Besse II. Après la pose de la première pierre en octobre 2024, « 55% des travaux ont été réalisés dont déjà 98% de génie civil », précise-t-il. L’usine agrandie donnera sa pleine mesure d’ici à 4 ans. Actuellement, 14 modules d’enrichissement d’uranium composent l’usine, 4 nouveaux sont en phase de construction.

    « Dès le début de George II, le site a été pensé pour une future extension, ce qui permet de construire sans interruption d’activité, on ne pourrait pas se le permettre car les carnets de commandes sont pleins », fait valoir Christophe Mei. Preuve « du dynamisme », selon Pascal Turbiault, Orano doit embaucher 1 000 personnes dans tout le Sud-Est et quelque 1,3 milliard d’euros doivent encore être investis à Tricastin « pour renouveler et moderniser nos installations ».

    « Pour enrichir l’uranium, on utilise la technique de l’ultra centrifugation, un peu comme un panier à salade où les éléments les plus lourds sont plaqués contre les parois », vulgarise Christophe Mei. Entre la dalle surélevée par 480 plots ou 60 km de tuyauterie à poser, la visite passe par l’immense salle des centrifugeuses en travaux, où les photos ne sont pas autorisées. Mais on peut s’imaginer le grand champ des tulipes de Jonquières en floraison. En moins « instagrammable ».

    CHIFFRES

    800

    kilomètres de câbles vont être intégrés dans cette extension mais aussi 60km de tuyauterie (acier et aluminium) et 1 400 tonnes de charpente.

    180

    entreprises au total participent au chantier, mobilisant 300 à 500 personnes en moyenne avec des pics à 1 000.

    2030

    sera l’année de mise en service complète de l’usine étendue. Dans deux ans, une partie des nouveaux modules seront opérationnels.

  • Deux enfants retrouvés morts dans une voiture à Carpentras

    Deux enfants retrouvés morts dans une voiture à Carpentras

    Alors que le Vaucluse est placé en alerte canicule orange, avec des températures avoisinant les 40 degrés, un drame très certainement lié à ces fortes chaleurs a endeuillé Carpentras, ce lundi en début d’après-midi : deux enfants de 2 et 4 ans ont péri dans la voiture familiale, qui était stationnée sur le chemin d’accès de la maison, située impasse des Aulnes, une zone pavillonnaire mitoyenne du quartier du Bois de l’Ubac.

    C’est leur maman qui a donné l’alerte, peu avant 13h30, en découvrant ses enfants inanimés à l’intérieur du véhicule. « Les secours tentaient de réanimer les deux jeunes enfants sans succès », indique le parquet de Carpentras dans un communiqué, précisant que les corps ont été « transportés à l’institut médico-légal de Nîmes pour une autopsie qui se déroulera demain [ce mardi] afin de déterminer les causes et circonstances de la mort ». Mais, selon la procureure Hélène Mourgues, citée par l’AFP, « la piste de la canicule est privilégiée ». Une enquête pour homicide involontaire a été ouverte et confiée à la police nationale de Carpentras.

    Difficile, à ce stade, de retracer le cours des événements. Âgée de 33 ans, la maman, prise en charge par les sapeurs-pompiers, n’a pu être auditionnée « au regard de son état », stipule le parquet. Deux hypothèses ont été évoquées : d’abord, l’oubli des enfants dans la voiture au retour de courses puis, la possibilité que les deux garçons se soient introduits dans le véhicule avant de s’y retrouver coincés et que la maman ne s’en aperçoive trop tard. Garée en plein soleil sous près de 40 degrés, une voiture peut, en un quart d’heure, devenir une étuve mortelle à plus de 70 degrés, rappelle le ministère de la Santé.

    D’après plusieurs témoignages, la maman se serait récemment installée dans cette maison, domicile de sa propre mère, et avait inscrit son garçon de 2 ans à la crèche du quartier. « On n’a pas compris au départ, mais très vite, des informations ont circulé disant que deux enfants étaient morts et dans des conditions horribles, s’émeut Amandine, une voisine. On n’imagine pas que ce genre de chose arrive à des enfants si petits. » Séverine, riveraine directe du drame, raconte « entendre jouer ces enfants depuis chez nous, ils étaient pleins de vie, c’est un drame absolu, pour une maman, ce qui est arrivé est terrible, je pense beaucoup à elle ».

    Les écoles fermées

    ce mardi après-midi

    Dans un communiqué, le nouveau maire RN, Hervé de Lépinau, s’est dit « abasourdi par le drame », rappelant qu’il est « essentiel de porter une vigilance accrue envers les enfants en cette période de très fortes chaleurs ». Dès ce samedi, la municipalité avait annoncé la fermeture des écoles de la Ville à compter de ce mardi après-midi, « en raison des fortes chaleurs annoncées afin de garantir la sécurité et le bien-être des enfants ». Seul un accueil minimal dans une salle climatisée sera assuré l’après-midi à destination en priorité des familles travaillant dans le secteur de la santé, la sécurité et « aux agents assurant la continuité des services publics essentiels ».

  • Pleins feux sur les dispositifs contre les feux de forêts

    Pleins feux sur les dispositifs contre les feux de forêts

    Il y a une semaine, c’est à Villeneuve-les-Avignon que le premier incendie marquant de l’année s’est déroulé. Dans la commune gardoise certes, mais mitoyenne d’Avignon où 3 hectares ont brûlé en zone résidentielle nécessitant l’intervention d’un canadair et de 100 pompiers dont 28 venus du Vaucluse voisin. Hasard du calendrier, le lendemain la préfecture présentait, dans une forêt de Lioux, son dispositif annuel et estival de prévention et lutte contre les feux de forêts.

    Une thématique prégnante en cette période caniculaire alors que le Vaucluse est placé depuis vendredi en vigilance rouge, avec risque incendie élevé. « Le défi est de taille : avec 150 000 hectares de forêts, soit 43% de la surface du département, le Vaucluse doit préserver son patrimoine naturel face aux premières canicules estivales, c’est près de 10% de la population qui se trouve en zone à risque », campe la préfecture, épaulée dans ce dispositif par le Département, la Région et ses éco-gardes dans les parcs naturels régionaux du Luberon et Mont-Ventoux, mais aussi évidemment le Sdis (service incendie et de secours), la gendarmerie, l’Office national des forêts ou les 28 agents du syndicat mixte forestier de Vaucluse.

    « La prévention, notre meilleure assurance »

    Toutefois, « la prévention est notre meilleure assurance », souligne Dominique Santoni, présidente (LR) du Département. Car malgré l’ampleur du dispositif -3 400 sapeurs-pompiers professionnels et volontaires-, l’essentiel de la vigilance repose sur la population. « Un feu de végétation démarre du sol et, dans 9 cas sur 10, est d’origine humaine, rappelle la préfecture. En outre, 8 feux sur 10 démarrent à moins de 50 m d’une habitation. » D’où l’importance de respecter les obligations légales de débroussaillement, obligatoire dans un périmètre de 50m autour des bâtiments et installations de toute nature.

    Pour parer aux incendies, 225 citernes d’eau de 60 à 120m3 sont installées dans les massifs et quelque 2 800 hectares de surfaces ont été débroussaillées en bordure de pistes, « permettant aux pompiers d’assurer une lutte efficace contre les incendies de forêt », précise la préfecture. Chaque jour jusqu’à mi-septembre, l’accès aux massifs est réglementé et soumis aux aléas météo. « Les bons comportements passent par l’interdiction des barbecues, usage de feux d’artifice et des jets de cigarettes », martèle le préfet, Thierry Suquet. L’ensemble du dispositif est piloté par un plan départemental qui s’achève cette année et fait actuellement l’objet d’une nouvelle mouture.

  • Un appel à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations

    Un appel à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations

    Zaïd, premier bébé de l’année à Avignon et déjà victime d’un déferlement de haine raciste en ligne. Des mamans déléguées de l’école des Grands-Cyprès visées par une vague de commentaires racistes car voilées. Depuis le début d’année, plusieurs cas de discriminations ont éclaté au grand jour. Il semblait donc impensable que le Vaucluse se tienne à l’écart d’un appel national à se mobiliser dimanche contre le racisme et les discriminations.

    Une quinzaine d’associations (LDH, Mrap, Attac Mouvement de la paix…) collectifs (No pasaran, Les Rési-liantes…), partis politiques (PS, LFI, PCF, G.s, EELV) et syndicats (FSU, CGT) appellent donc à une manifestation, place Pie (10h30), dimanche. « Parce que notre département connaît depuis de nombreuses années une implantation durable de l’extrême droite et que les discours de rejet, de stigmatisation et de division y trouvent trop souvent des relais, nous refusons la banalisation du racisme sous toutes ses formes », indique la LDH qui appelle à une autre facette du département : « Le Vaucluse est aussi une terre de diversité et de solidarité. Nous voulons affirmer une autre voie : celle de l’égalité des droits, du respect de la dignité humaine et de la fraternité. » Côté politique, le Parti communiste sera de la partie : « À un moment où, en l’absence de perspectives de transformation crédible, l’extrême droite progresse sur ces divisions, alimentées par un capitalisme en crise qui mène une attaque frontale contre les conquis sociaux et provoque la colère populaire, le PCF souhaite contribuer à l’émergence d’un grand mouvement contre le racisme, l’antisémitisme et toutes les discriminations. »

  • [Entretien] Jacqueline Bouyac : « Six ans après, le parc régional du Ventoux a fait taire les détracteurs »

    [Entretien] Jacqueline Bouyac : « Six ans après, le parc régional du Ventoux a fait taire les détracteurs »

    La Marseillaise : Le parc a vu le jour en juillet 2020, vous en êtes la seule présidente à ce stade. Quel bilan tirez-vous de ces six premières années ?

    Jacqueline Bouyac : C’était une aventure collective, le fruit d’un long travail qui n’a pas été de tout repos. Il a fallu convaincre, dialoguer, avoir beaucoup de patience avec les uns et les autres, avec les élus, les associations, les agriculteurs, les chasseurs… Sans verser dans l’autosatisfaction, je dirais que le parc est désormais bien apprécié, il n’entraîne pas de remarques, ni vraiment de contraintes. Tous ceux qui disaient qu’avec le parc, on ne pourrait plus accueillir le Tour de France dans le Ventoux [l’épreuve cycliste est arrivée au sommet l’été dernier et, en août, le Tour féminin y fait étape], qu’on ne pourrait plus aller ramasser des champignons, qu’on ne pourrait plus chasser, en sont pour leur frais aujourd’hui. On a fait taire les détracteurs. Même chez les maires. Celui de La Roque-sur-Pernes est désormais prêt à adhérer [37 communes en sont membres pour 90 000 habitants]. Il y a une super équipe compétente de 21 agents, plus 24 écogardes l’été. À chaque réunion, il y avait le quorum, j’ai trouvé qu’il y avait beaucoup d’enthousiasme chez tout le monde. La méthode de travail est d’abord de réunir les neuf communes en cœur de massif. Si elles acceptaient tout l’ordre du jour, qu’il n’y avait pas de soucis, après, on le présentait aux autres maires. Je n’ai jamais travaillé à l’envers.

    Vous étiez la seule candidate en lice, quels seront vos objectifs désormais ?

    J.B. : Oui, j’étais la candidate légitime, parce que cette fois, c’est pour 2 ans, puisqu’après, il y aura les élections régionales, donc les cartes seront rebattues. On verra à ce moment-là. D’ici là, on aura ouvert notre belle maison du parc à Bédoin, qui sera inaugurée en mars prochain. Actuellement, le parc loue des locaux à côté de l’office de tourisme. Là, on aura un bâtiment en propre à la sortie du village avec vue sur le Ventoux. Plus largement, nous allons poursuivre nos missions auprès des communes et des intercommunalités, gérer les espaces sensibles, éduquer à l’environnement, s’adapter au changement climatique. Je n’oublie pas que nous venons de créer la première Réserve naturelle régionale du territoire à Villes-sur-Auzon (notre édition du 9 mai). Les Atlas de la biodiversité communale continuent à se déployer, nous allons amplifier le soutien à l’agriculture et à l’alimentation locale et encourager à un tourisme durable.

    Avez-vous les moyens financiers de vos ambitions ?

    J.B. : Le parc est doté d’un budget annuel de 3,1 millions euros en fonctionnement et d’1 million d’euros en investissement. On va dire que l’on gère en bon père de famille, avec prudence en reconduisant nos budgets sans partir à la hausse car il y a beaucoup d’incertitudes chez nos financeurs que sont l’État, la Région et le Département. On ne cherche pas des projets grandioses, en tout cas le manque d’argent n’a jamais été un frein.

  • Une seule liste pour redorer le blason de la CCI du Vaucluse

    Une seule liste pour redorer le blason de la CCI du Vaucluse

    Depuis plusieurs années, la Chambre de commerce et d’industrie de Vaucluse (CCI 84) fait davantage parler d’elle pour ses déboires, faits de mises sous tutelles successives et problèmes de gouvernance, que pour ses missions d’aides aux entreprises. « On a peut-être besoin d’un exorciseur », ironise-t-on, ce jeudi, au moment de présenter la seule liste en lice pour reprendre la gouvernance, vacante depuis la démission du bureau et la mise sous tutelle par la préfecture, fin janvier.

    Portée par Anne Benedetti, la liste est soutenue par le Medef et l’U2P [union des entreprises de proximité] et se présente aux quelque 30 000 électeurs recensés amenés à voter – par papier – entre le 29 juin et 10 juillet. Un décompte tronqué qui s’arrête en 2021, année de la dernière élection, les futurs élus n’étant là que de manière transitoire pour achever la mandature jusqu’à l’automne 2027.

    « On a eu très peu de temps pour monter la liste, un mois et demi, alors qu’il faut un an d’habitude », campe Annie Benedetti, qui siège aussi à la Fédération des bâtiments et travaux publics, fière « d’avoir réussi l’union ». Toutefois, la CPME [petites et moyennes entreprises] n’est pas représentée. « Il y a eu un récent changement de gouvernance à la CPME [Denis Duchêne] pour qui c’était difficile d’être présent, il avait du mal à être partout », justifie Roland Paul, président du Medef Vaucluse et patron de l’entreprise GSE, hôte du point presse.

    « Allez voter, il nous faut une légitimité, que l’on soit reconnus pour fédérer et unir les forces vives », tente de convaincre Anne Benedetti, alors que ce type d’élection n’a mobilisé que 7,27% des votants en 2021 et risque d’être historiquement faible dans le contexte estival et de chambre transitoire. « Il faut nous aider à redorer le blason du territoire », abonde Nordine Saihi, président de l’U2P et seul, avec William Baud, à avoir déjà été élu parmi les 32 candidats. La future nouvelle équipe ne s’en cache pas, l’année de mandat sera consacrée « à gérer les affaires courantes, apprendre à se connaître et préparer une feuille de route », concède Roland Paul.

    Fini l’aéroport et le Quai des saveurs

    « On compte prendre nos marques, connaître les rouages de la CCI et mettre en place des moyens pour que les décisions prises soient des demandes des entreprises et non quelque chose fait en chambre », poursuit le patron du Medef qui précise que 70% des entreprises en Vaucluse ne comptent aucun salarié. Anne Benedetti trace toutefois un chantier : celui de la transmission d’entreprise : « 56% des chefs d’entreprise en Vaucluse ont plus de 60 ans [contre 41% au national], c’est un gros sujet dans les années à venir », se projette-t-elle.

    Parmi les dossiers, celui de l’aéroport qui a pris son envol sans la CCI. Jusque-là, la chambre gérait l’infrastructure via une société dédiée en délégation de service public pour la Région. « On aurait aimé que sa gestion reste ici, mais les dés sont jetés », regrette Roland Paul, la CCI n’ayant pu déposer un dossier pour renouveler la DSP. Autre sujet épineux, le Quai des saveurs. Le restaurant du parvis de la gare centre, géré par la CCI, est en redressement judiciaire et a fermé ses portes dans l’attente d’un repreneur. Une audience est prévue en juillet.

  • Un forum pour structurer l’inclusion à Avignon

    Un forum pour structurer l’inclusion à Avignon

    C’est à partir de son propre vécu qu’Annabelle Vega a eu l’idée de mettre en place un forum réunissant l’ensemble des acteurs de l’inclusion, comme première action en tant que conseillère municipale (UDI) déléguée au handicap et à l’accessibilité. Touchée aux cervicales et à la moelle épinière après une chute liée à de l’épilepsie, « je me suis aperçue qu’il y avait énormément de dispositifs, mais pas suffisamment d’information, les familles ne savent pas à quelle porte frapper ». La nouvelle élue a impulsé, ce mercredi à l’Hôtel de Ville, une rencontre entre une trentaine de structures et associations liées au handicap. « On va essayer de simplifier l’accès aux ressources et parcours de vie », espère-t-elle.

    Un constat partagé par l’association des paralysés de France (APF). « On s’aperçoit que nous sommes beaucoup à faire la même chose, ce forum aide à créer des ponts et partenariats pour être complémentaires et pas en doublon, cela enrichit in fine l’offre », souligne Cindy Bonet-Amedeau, chargée de développement des actions associatives à l’APF 13/84.

    Au cours de la journée, plusieurs moments d’échanges entre professionnels ont eu lieu, tandis qu’en continu, les personnes en situation de handicap et leurs familles pouvaient se renseigner sur leurs droits ou projets.

    « Ce forum doit faire en sorte que chaque structure reparte avec un numéro de téléphone, une idée, un projet », poursuit Annabelle Vega, satisfaite de la mobilisation des acteurs et qui n’exclut pas de renouveler ce type d’opérations sous un format différent. Pour l’heure, l’élue ne s’aventure pas trop à livrer une feuille de route sur le mandat. Dans son programme, le maire Olivier Galzi (DVD) estimait que « le handicap n’est pas une question de compassion, mais une question de droits et de citoyenneté ». Un plan « zéro obstacle » a été promis, de même qu’un « conseil avignonnais du handicap, une instance de co-décision composée d’associations, d’experts d’usage et d’élus pour piloter et évaluer toutes les politiques publiques liées au handicap ».

  • Affaire Bruel : le maire de L’Isle-sur-la-Sorgue « stupéfait »

    Affaire Bruel : le maire de L’Isle-sur-la-Sorgue « stupéfait »

    Depuis près de 20 ans, Patrick Bruel a pris ses quartiers à L’Isle-sur-la-Sorgue, en développant des activités économiques au sein d’un domaine viticole et oléicole, puis, depuis septembre, avec un hôtel 5 étoiles à l’entrée du centre historique. Autant dire que la mise en examen du chanteur pour une série de viols fait réagir localement. Longtemps muet, le maire, Pierre Gonzalvez, est sorti du silence en fin de semaine, se disant « aux côtés des victimes ».

    « Je ne supporte plus que l’image de la Ville de l’Isle-sur-la-Sorgue soit associée à l’affaire Patrick Bruel, déplore l’édile. Le sujet est grave. Si Patrick Bruel et moi-même avons développé une relation cordiale, la découverte de cette affaire m’a stupéfié comme bon nombre de mes concitoyens. Alors que la justice doit suivre son cours sereinement, la Ville continuera à agir dans le respect de ses compétences, de la loi et de l’intérêt général. »

    Pierre Gonzalvez, qui coupait encore le ruban lors de l’inauguration de l’hôtel 5 étoiles, avait engagé une modification du plan local d’urbanisme pour que le projet puisse voir le jour. « Une délibération du conseil municipal a été adoptée et validée par les services de l’État », rappelle-t-il, après avoir fait venir aussi Patrick Bruel aux vœux de la préfète Violaine Démaret, en janvier 2024. Le maire partage « l’inquiétude » de la centaine de salariés de l’hôtel, dont l’activité pourrait être considérablement affectée par l’affaire.

  • Soupçonnée de violences, une enseignante suspendue à Avignon

    Soupçonnée de violences, une enseignante suspendue à Avignon

    Il y a encore quelques semaines, ce type d’affaire serait peut-être passée inaperçue ou aurait créé un émoi, seulement limité au sein de l’école. Mais depuis deux semaines et le meurtre de la jeune collégienne Lyhanna mais également l’affaire du périscolaire à Paris, où une quarantaine d’animateurs a été suspendue pour des faits présumés de violences physiques ou sexuelles sur enfants, la question des agressions sur mineurs est d’une brûlante actualité.

    Un cas se fait jour dans une école publique d’Avignon. Une enseignante est soupçonnée de plusieurs faits de violences physiques envers un élève de CE2, mêlant humiliations et insultes racistes. Il y a pile un mois, la professeure des écoles aurait attaché l’enfant à sa chaise de classe à l’aide d’une corde à sauter. La maman a porté plainte dès le lendemain. D’après Ici Vaucluse, une enquête de police est ouverte et plusieurs témoins doivent être entendus.

    En attendant les avancées qui ne devraient pas être immédiates, la direction des services départementaux de l’Éducation nationale (DSDEN) a déjà pris une mesure forte : « Une enquête administrative a été engagée afin d’établir précisément les faits. Dans l’attente de ses conclusions, l’enseignante a fait l’objet d’une mesure conservatoire de suspension », nous indique ce mercredi midi le rectorat. La mise en cause a été « reçue par son inspectrice de l’Éducation nationale ainsi que par les services de la DSDEN ». Dans l’autre sens, « la famille a été reçue par l’inspectrice et un rendez-vous va également avoir lieu avec les services de la DSDEN », précise le rectorat qui indique que le garçon présumé violenté n’est plus scolarisé dans cet établissement, de même que le reste de la fratrie.

    Rassemblement

    à 19 heures

    C’est dans ce contexte que le collectif Les Rési-liantes appelle à un rassemblement ce jeudi soir (19h) devant l’inspection académique. Dénonçant les violences en milieu scolaire, le collectif réclame « la protection effective des enfants concernés, la transparence sur les suites données aux signalements, le respect des principes d’égalité, de dignité et de non-discrimination au sein de l’école publique ». Si la prudence s’impose tant que les faits ne sont pas avérés, ce cas interroge plus généralement sur le fonctionnement du système éducatif. C’est ce que sous-tend le syndicat Unsa Éducation 84 qui, dans un communiqué, précise ne pas avoir été alerté au préalable de « difficultés spécifiques » dans cette école. Tout en « refusant que l’on jette l’opprobre sur l’ensemble d’une profession » le syndicat ne minimise pas : « Si les faits de maltraitance étaient avérés, ils seraient intolérables et contraires à toutes les valeurs que nous défendons. Nous demandons à l’administration de prendre ses responsabilités en matière de prévention des risques et de soutien effectif aux personnels et aux élèves. »

  • En Vaucluse, LFI s’attelle aussi à composer sa liste pour les sénatoriales

    En Vaucluse, LFI s’attelle aussi à composer sa liste pour les sénatoriales

    Absente du scrutin en 2020, la France insoumise compte cette fois bien prendre le train du Sénat en présentant une liste en vue du scrutin du 27 septembre. Le parti qui, en parallèle structure son réseau d’élus en ayant créé fin mai l’association départementale du réseau des élus insoumis et citoyens de Vaucluse, a désigné ses co-chefs de file : Mathilde Louvain, élue d’opposition à Avignon après avoir porté la liste La nouvelle Avignon populaire aux municipales, et Julien Gautier, conseiller municipal minoritaire à la Tour d’Aigues.

    « On a une mission, celle de préparer une liste insoumise et citoyenne, prête à être déposé », fait valoir Julien Gautier, prévoyant de partir en campagne à la fin du mois. Pas question pour autant d’assurer avec certitude que LFI mènera à terme ce dessein. « Toutes les hypothèses sont ouvertes aujourd’hui », précise le nouvel élu de la Tour d’Aigues. Une décision sera prise au national qui pilote le dossier et les éventuelles discussions avec des partenaires. En Vaucluse à gauche, le sénateur PS sortant Lucien Stanzione est de nouveau sur la ligne de départ (notre édition du week-end) pour conduire une liste DVG sans forcément additionner les partis politiques et encore moins avec LFI.

    La base de grands électeurs pouvant accorder leurs voix à la liste insoumise reste très en deçà d’une possibilité de siège. « On ne se voit pas encore dans les jardins du Luxembourg », concède Julien Gautier, qui réfute toute « candidature de témoignage ». « C’est un combat pour les idées, dans le temps de la campagne présidentielle qui s’amorce déjà, et c’est important d’avoir une adresse politique en direction des grands électeurs. » Ce que les autres candidats ne feraient pas ou peu. « Je ne veux pas être désobligeant, mais des politiciens qui cherchent leur réélection en expliquant qu’il ne faut pas faire de politique, c’est vraiment ne pas prendre au sérieux les grands électeurs », dénonce-t-il.

    Cet avocat pénaliste, militant actif de LFI depuis sa création, tance aussi les ambitions du maire d’Avignon, Olivier Galzi (DVD) qui a lancé son mouvement « Le bon sens des territoires » et présentera Anaïs Hausmann en candidate (notre édition de vendredi). « Cette formule creuse du bon sens me fait penser à l’expression « La terre, elle, ne ment pas » [employée par le maréchal Pétain en 1940] », compare Julien Gautier. La France insoumise compte mettre la focale sur ses thèmes de prédilection des biens communs (eau, logement), lutte contre la pauvreté et « rénovations de nos institutions par une VIe République ».