Tag: 84

  • Au Grand Avignon, l’enjeu est aussi le territoire

    Au Grand Avignon, l’enjeu est aussi le territoire

    C’est une élection « aussi importe que celle de maire », selon Olivier Galzi, qui se joue ce mercredi matin (9h30). Les 73 élus communautaires du Grand Avignon ont rendez-vous à la salle polyvalente de Montfavet pour élire le président de l’Agglomération. Mobilités, transition écologique, développement économique, gestion des déchets ou encore politique de l’habitat, tout se joue à l’échelon intercommunal. Comme indiqué dans notre édition de ce week-end, le renoncement de Joël Guin, président (DVD) sortant, à briguer un second mandat, ouvre un boulevard à Olivier Galzi, nouveau maire (DVD) d’Avignon.

    « Ça va être du tout cuit pour Galzi », prédit un conseiller communautaire, alors que le scrutin s’annonçait très serré en cas de duel avec Joël Guin. À cette heure, l’ensemble des maires semble s’être fait une raison, « même si ce n’est pas ce qui me fait le plus plaisir », glisse l’un d’entre eux. Les quinze autres premiers magistrats hors Avignon posent comme condition d’être représentés au sein de l’exécutif avec une vice-présidence. Il n’est toutefois pas exclu qu’une autre candidature se présente, même de témoignage, histoire que chacun se compte. Et voir, aussi, où iront les voix des onze élus du RN, en froid avec Joël Guin, et des sept élus de gauche avignonnais.

    Mais, au-delà du « qui » à la tête du Grand Avignon, le « pour faire quoi » doit prévaloir. En 2020, un projet de territoire avait été élaboré à l’issue de l’élection. « C’est une conception de l’intercommunalité, fondée sur la concertation et la dynamique de l’échange », livre Joël Guin. La plupart des maires ont apprécié le soutien technique et financier du Grand Avignon, mais concèdent « qu’il y a encore du boulot ». Surtout côté projets structurants, où aucune infrastructure majeure de transports n’a été enclenchée.

    « Si on parle bien d’Avignon,

    on parlera bien du Grand Avignon »

    Côté Olivier Galzi, qui a précisé à l’écho du mardi que, s’il est élu, il n’aurait pas de directeur général des services mutualisé entre Ville et Agglo, mais bien deux DGS, on cherche à déminer toute volonté d’hégémonie. « Le rayonnement de la ville centre est aussi indispensable qu’à craindre, si on parle bien d’Avignon, on parlera bien du Grand Avignon », note Philippe Armengol, maire (DVG) de Velleron et vice-président sortant. « Il y a des grandes communes, des petites, mais il n’y a pas de petits maires et grands maires. Tous doivent pouvoir fonctionner dans un système de parité et dans une solidarité, quelle que soit leur couleur politique », défend le maire d’Avignon. Dans son projet, il souhaite faire du territoire la capitale des industries culturelles et créatives, domaine sur lequel l’Agglo est déjà engagée. Rayon mobilités, Olivier Galzi croit encore à la LEO actuelle et préfère le bus à haut niveau de service au tramway.

  • Joël Guin ne rempilera pas à la tête de l’agglo du Grand Avignon

    Joël Guin ne rempilera pas à la tête de l’agglo du Grand Avignon

    Comme révélé ce vendredi après-midi par La Marseillaise, Joël Guin ne postule pas à un second mandat à la tête du Grand Avignon, dont l’élection se tiendra ce mercredi (9h30). Le maire (DVD) de Vedène l’a confirmé, en fin de journée, dans un entretien à La Provence. « Pendant la campagne des municipales, j’avais annoncé que je ne serai pas candidat à la présidence de l’agglo. Je me tiens à la parole donnée », justifie-t-il, tout en reconnaissant qu’il a fortement songé à concourir : « Il en a été question, car j’étais très sollicité par l’ensemble de mes collègues. » Sa candidature avortée était largement poussée par de nombreux maires, craignant une main mise d’Avignon et de son nouveau maire, Olivier Galzi (DVD), candidat à la présidence. Désormais, Joël Guin se pose même en soutien du représentant de la ville-centre, avec comme garde-fou que l’exécutif actuel reposant sur une vice-présidence pour chaque maire soit reconduit. « M. Galzi arrive avec une nouvelle dynamique. Depuis Marie-Josée Roig [95-2014], la ville-centre n’a pas dirigé l’agglo, aujourd’hui c’est une opportunité pour que ça revienne à la cité des papes », assume-t-il chez nos confrères. Sauf retournement de situation, ce renoncement offre un boulevard à Olivier Galzi.

  • À Avignon, Olivier Galzi distribue les rôles dans sa majorité

    À Avignon, Olivier Galzi distribue les rôles dans sa majorité

    Samedi dernier, Olivier Galzi a officiellement été installé maire (DVD) d’Avignon. Dans la foulée, le nom de ses 20 adjoints était aussi connu à l’issue d’un vote. Leurs délégations étaient promises d’ici à la fin de semaine prochaine. C’est chose faite depuis ce vendredi, de même que celles des conseillers municipaux. « Chacun a reçu ses missions et commence dès aujourd’hui à travailler avec les services de la Ville pour traduire nos engagements en actions concrètes », souligne le maire dans un communiqué ce vendredi. Rappelons que les adjoints vont recevoir une indemnité en hausse de 35% en moyenne par rapport au mandat précédent (1 726 euros bruts contre 1 200 euros) quand le maire diminue ses émoluments de 14% (5 631 euros bruts).

    Comme pressenti aux postes clés, la première adjointe Corinne Chatriot est en charge de la dynamique commerciale. La sécurité revient à Jean-Luc Queyla, ex-colonel des pompiers et chef de la caserne d’Avignon. Les finances sont dévolues à Emmanuelle Roux-Panis, consultante en affaires publiques ayant longtemps travaillé aux États-Unis. Laurent Rochut, ex-coprésident du Festival off, s’occupe de l’éducation et du spectacle vivant. Ancienne journaliste culture chez Vaucluse matin, Violeta Lukic hérite du patrimoine, des musées et de l’industrie culturelle. Une acception qui fait déjà grincer à gauche, où l’on reproche à Olivier Galzi sa vision purement mercantile de la culture.

    Autre poste qui fait tiquer, Michel Adam, adjoint à la propreté et qualité de vie. Un fort cheval de bataille de la majorité qui sera donc mené par le frais retraité chef du service… propreté urbaine de la Ville. Une collusion d’ailleurs mentionnée dans le recours en annulation porté par la liste de gauche aux municipales. L’ancien magistrat Philippe Bruey est délégué à l’urbanisme quand les mobilités reviennent à Nicolas Donadille. Bertrand Dessaud-Delaye se retrouve avec une énigmatique « relations avec les usagers » quand Anaïs Hausmann, compagne d’Olivier Galzi, récupère une délégation nouvelle sur-mesure de « déléguée à l’innovation, à la création de valeur territoriale ».

    Parmi les changements observés avec la mandature précédente de Cécile Helle, les élus en charge des quartiers ne sont pas tous adjoints. Seuls le centre-ville, Sud, Nord Rocade et Montfavet ont droit à ces honneurs. La santé, avec Valérie Issautier-Nocca, n’est pas non plus dans un portefeuille d’adjoint, tout comme la démocratie participative. Enfin, mention spéciale à Christian Paly, viticulteur déjà élu sous Marie-Josée Roig. Il cultive une improbable délégation au « quartier Est, au patrimoine œnotouristique, à la transition énergétique et au réseau de chaleur ».

    Les 20 adjoints et leur délégation

    Corinne Chatriot, première adjointe, déléguée à la dynamique commerciale ; Jean-Luc Queyla délégué à la sécurité et aux risques majeurs ; Emmanuelle Roux-Panis déléguée aux finances et au budget ; Michel Adam délégué à la propreté et au cadre de vie ; Laurent Rochut délégué à l’éducation et au spectacle vivant ; Violeta Lukic déléguée au patrimoine, aux musées et à l’industrie culturelle ; Laetitia Dosne déléguée à l’action sociale, aux aînés, à l’emploi et à l’insertion ; Isabelle Altayrac déléguée à la petite enfance et à la restauration scolaire ; Nicolas Donnadille délégué à la circulation, aux mobilités et à la voirie ; Philippe Bruey délégué à l’urbanisme, aux aménagements urbains et aux renouvellements urbains ; Djamila Herry-Bouras déléguée à la mairie de quartier Sud et aux logements ; Anaïs Hausmann déléguée à l’innovation, à la création de valeur territoriale ; Matteo Boso délégué à la transformation digitale et au système d’information ; Florian Borba Da Costa délégué à la mairie de quartier centre-ville et aux Halles ; Michèle Nesme déléguée à la prévention de la délinquance, à l’enseignement supérieur et à l’université ; Bertrand Dessaud-Delaye délégué aux relations avec les usagers ; Xavier Bourgue délégué aux sports et au quartier Nord Rocade ; Eric Peytié délégué à Montfavet et à la culture provençale ; Nezha Alami-Moumed déléguée aux relations sociales du personnel et au quartier Ouest ; Simone Vidal déléguée à l’environnement, à l’agriculture et au développement durable et à la condition animale.

  • Joël Guin ne devrait finalement pas être candidat au Grand Avignon

    Joël Guin ne devrait finalement pas être candidat au Grand Avignon

    C’est une décision politique importante qu’aurait décidé Joël Guin. Selon nos informations, le président (DVD) sortant du Grand Avignon renoncerait à se représenter à la présidence, dont l’élection se tiendra mercredi prochain, 8 avril (9h30, salle polyvalente de Montfavet).

    Si le maire de Vedène avait initialement annoncé, avant la campagne, ne pas briguer à nouveau la tête de l’agglo, il avait très sérieusement revu cette option, à tel point qu’un duel avec Olivier Galzi, maire (DVD) d’Avignon se profilait. Contacté, Joël Guin n’a pu être joint. Son entourage, a, en revanche, refusé de confirmer sans non plus infirmer la décision. «Vous l’apprendrez bien assez vite », nous a-t-on glissé.

    Ce renoncement pourrait laisser le champ libre à Olivier Galzi, même si d’ici à mercredi, un autre maire du territoire pourrait être poussé à se présenter. Mais, à ce stade, ce n’est pas l’hypothèse la plus crédible.

  • Olivier Galzi vante le service public

    Olivier Galzi vante le service public

    Au soir de sa défaite, le candidat David Fournier (PS), aussi adjoint sortant en charge de l’administration générale s’inquiétait pour le sort des agents avec la victoire d’Olivier Galzi (DVD). « J’ai senti beaucoup de soulagement », nous répondait, à l’inverse, le nouveau maire il y a une semaine, estimant que « les agents seront les acteurs du changement », réservant le détail de son propos aux intéressés. C’est chose faite depuis ce jeudi. Olivier Galzi a dévoilé sa feuille de route, entouré de sa majorité, à l’hôtel de ville. « Nous avons une responsabilité commune, immense et magnifique : bien faire fonctionner cette ville, bien servir les Avignonnais, et redonner, ensemble, de la fierté à l’action publique locale », brosse-t-il avec emphase, comptant sur les quelque 2 000 agents pour rendre « visible le grand changement ».

    Le maire propose un « pacte de confiance », reposant sur trois notions : respect, reconnaissance et responsabilité. D’abord, « le respect du chef envers ses troupes, mais aussi le respect des troupes envers le chef », campe Olivier Galzi, relatant « trop d’histoires » entendues où le personnel municipal serait tire-au-flanc. « Je vous ai défendus dans cette campagne, parce que je crois en vous », assure-t-il. Lors de la présentation de son programme, il avait pourtant épinglé « ceux qui nuisent au service » en évoquant certains agents de la propreté. Des propos qui se retrouvent dans la responsabilité : « Cela implique la possibilité d’être sanctionné quand des fautes ont été commises… » À moins que cela ne fasse écho au vol de viande au sein de la restauration municipale qui a déclenché une grève. Enfin, par reconnaissance, Olivier Galzi, parle de primes « quand cela sera possible, en fonction de notre situation financière ».

  • Sauvées après la tempête, ses fraises sont prêtes

    Sauvées après la tempête, ses fraises sont prêtes

    L’effervescence née de l’urgence du moment a disparu. Seul le fort mistral rappelle qu’il y a pile sept mois, l’exploitation d’Alexandre Arnoux débordait de monde. Début septembre à Orange, dans la plaine Saint-Bardon, un fatras d’arceaux tordus et de bâches en plastique arrachées occupait une quarantaine de personnes. La veille, une tempête avec des vents à près de 150 km/h avait balayé le territoire, causant des dégâts « jamais vus » chez ce jeune producteur de fraises.

    À l’heure où ce beau fruit rouge de saison arrive sur les étals, l’occasion était toute trouvée, ce jeudi, pour retourner voir le site. Qui ne porte plus aucun stigmate. Maryse, la maman d’Alexandre, est toujours là. Cette fois pas en réconfort avec du café et viennoiseries, mais pour tenir le point de vente* de saison. Désormais un lourd conteneur aménagé plutôt qu’une frêle cabane. Outre les fraises, s’ajoutent des asperges, de l’huile d’olive, « fabriquée par la belle-sœur » et du miel, « du grand-père », précise Alexandre Arnoux, devenu aussi jeune papa. Une coopération familiale, pilier d’entraide. « Sans la solidarité professionnelle, familiale, amicale, je ne m’en serais pas sorti », constate Alexandre Arnoux.

    Le jour de la tempête, 40% de la production de fraises avait été mise en terre 48 heures plus tôt. « On a réussi à tout sauver grâce à l’aide de 40 personnes pendant une semaine, remercie celui qui est aussi engagé chez les Jeunes agriculteurs, président du canton d’Orange. On a retiré les arceaux, le plastique, toute l’infrastructure qui était morte, et réparé en bricolant avec ce que j’avais déjà sur place ou du matériel donné. » Un hectare de serres neuves, sans encore de fraises en devenir dessous, avait aussi été installé dix jours avant. « 100% des serres étaient par terre », se souvient-il.

    Un crédit pour compenser la quasi-absence d’aides

    Désormais, deux nouvelles grandes serres plus solides sont sorties de terre en novembre – « elles m’ont coûté une blinde » – en plus de la dizaine reconstituée. « J’ai différentes variétés de fraises, on a pu planter début décembre et on est en train de les ramasser », détaille Alexandre Arnoux qui écoule 22 tonnes de fraises entre mars et fin juin, principalement par la grande distribution. « J’ai réalisé un crédit de 120 000 euros », chiffre-t-il. L’assurance ? « Zéro », se désole-t-il. Histoire de multirisques pas couvert à 100%… « J’attends une aide de la Région et de l’État », livre-t-il, sans trop savoir quand et de combien. « La MSA [mutuelle sociale agricole], qu’on critique dans le milieu agricole a pour le coup été très réactive, avec de l’aide pour les nouvelles serres et des reports d’annuité », tient à souligner l’agriculteur.

    L’occasion pour le militant syndical d’élargir la focale. « On parle de souveraineté alimentaire mais on est un pays musée qui veut faire la guerre à tout le monde alors qu’on importe 60% de ce qu’on mange, c’est un cercle vicieux », déplore Alexandre Arnoux. « Y’a du pognon pour construire des sous-marins nucléaires mais pour manger, y’a plus de sous », lâche-t-il, sans parler du « gasoil à 2 euros ». « Comment est-ce possible que des fraises espagnoles soient vendues 4 euros le kilo chez Grand Frais [certains lots ont d’ailleurs été rappelés début mars pour dépassement du seuil de pesticides] quand moi je suis à 10 euros sur place ? », questionne Alexandre Arnoux.

    Heureusement, la passion demeure. « On adore être dehors, on adore nos terres et ce qu’on fait », conclut-il.

    * 768-1154 Chemin de Martignan, horaires sur facebook.com/p/Arnoux-fils

  • Au Grand Avignon, vers un duel Guin-Galzi pour la présidence

    Au Grand Avignon, vers un duel Guin-Galzi pour la présidence

    À une semaine de l’élection du président du Grand Avignon, la seule certitude qui se dessine, c’est que son nom commencera par G et tiendra en 4 ou 5 lettres. Les 73 nouveaux élus communautaires ont rendez-vous le mercredi 8 avril (9h30) pour désigner un successeur à Joël Guin, président sortant. Le maire (DVD) de Vedène, après avoir annoncé qu’il ne se représenterait pas, pourrait toutefois concourir à nouveau. Il s’opposerait alors à Olivier Galzi, nouveau maire (DVD) d’Avignon, qui rêve d’un doublé et, depuis une semaine, y consacre une majeure partie de son temps.

    Au sein des 16 communes, le panorama issu des municipales est quasiment inchangé, à l’exception notable d’Avignon, ville-centre, passé de gauche à droite. Les 12 maires qui se représentaient ont tous été réélus. À Saint-Saturnin, Entraigues et Jonquerettes, les édiles ayant passé la main ont été remplacés par des élus issus de leur majorité. Avec 11 élus, le RN reste stable et peut s’afficher en point d’appui, quand la gauche est, forcément, en net repli. En dehors des maires d’Entraigues (William Bouquet), de Sauveterre (Jacques Demanse) et de Velleron (Philippe Armengol), probablement amenés à rester dans l’exécutif avec des vice-présidences, la gauche avignonnaise compte 7 élus.

    « Ce sera serré »,

    RN et gauche en arbitres

    Le Grand Avignon dispose d’une majorité divers droite. Qui pour l’incarner ? Un temps évoquée, l’hypothèse Pascale Bories, maire (LR) de Villeneuve-lès-Avignon, a été écartée, jeudi dernier, par l’intéressée. « Je fais l’objet de rumeurs et d’interrogations au sujet d’une éventuelle intention de me présenter à la présidence du Grand Avignon. Je suis honorée, cependant, je ne suis pas candidate », a-t-elle clarifié sans afficher de préférence. Parmi les maires, seul Paul Mély (Les Angles) s’est déjà positionné en faveur de son homologue avignonnais. On se dirige donc vers un duel entre Olivier Galzi et Joël Guin. Les deux hommes se sont rencontrés il y a une semaine. « Ça s’est très bien passé », nous confiait Olivier Galzi dans une litote. La présence de Joël Guin au dernier meeting de campagne du 1er tour de David Fournier (PS), à Avignon, étant loin d’être passée inaperçue. Le sujet a pu être abordé entre les candidats putatifs, sans que l’abcès ne soit vraiment crevé.

    S’il n’est pas officiellement candidat, Joël Guin y réfléchit sérieusement. Il a reçu les maires sortants et d’autres échanges sont encore prévus d’ici à la fin de semaine. Sollicité, son entourage n’a pas donné suite quant au cheminement actuel de sa candidature. « S’il y va, ce sera très serré », prédit Philippe Armengol. Un temps sondé pour la présidence, le maire de Velleron a décliné. « Cela ne m’a pas laissé insensible, mais je ne me présenterai pas », soutient-il, assurant ne pas avoir arrêté son choix de vote. « En tant que vice-président à la transition écologique, j’ai eu des services compétents et un soutien continu logistique et financier pour Velleron, mais il y a du boulot sur les projets structurants », décrit Philippe Armengol, se refusant à opposer ville-centre et reste de l’agglo.

    Vice-président sortant, Jean-Firmin Bardisa (DVD) avait accédé à l’exécutif grâce à un rejet du maire (RN) du Pontet, Joris Hébrard. Toujours élu d’opposition, Jean-Firmin Bardisa compte bien se représenter à la vice-présidence, mais n’a eu « aucun contact » avec Joël Guin ou Olivier Galzi. Même schéma pour Annick Dubois (PS), vice-présidente, battue à Morières par le maire (RN) sortant, Grégoire Souque. « Je compte me représenter », glisse-t-elle. En ce sens, l’extrême droite pourrait jouer les faiseurs de rois. Soutiens de Joël Guin au début du mandat, ses élus sont devenus progressivement ses opposants (gestion du délégataire des déchets, affaire Tecelys) à mesure que la gauche avignonnaise se rapprochait du président pour finir par voter les derniers budgets.

    « Je ne pense pas qu’on présentera un candidat », fait part Mouloud Rezouali, élu Écologiste d’Avignon. Son vote pourrait échoir au candidat opposé à Olivier Galzi si le RN soutient le maire d’Avignon. « On jouerait les arbitres, je suis préoccupé par une éventuelle alliance des droites, Olivier Galzi a déjà fait appel aux électeurs RN, là, s’il s’allie aux élus, ce serait gravissime », prévient-il. Olivier Galzi tente de rallier à sa cause les maires, « sans hégémonie » avec un discours de « respect, de parité et de solidarité, quelle que soit leur couleur politique ». S’il y parvient, il pourra se dispenser des voix du RN. Sinon…

  • La CGT juge « inacceptable » la gestion de la politique sociale

    La CGT juge « inacceptable » la gestion de la politique sociale

    Depuis plusieurs séances plénières, la CGT a désormais pris l’habitude d’organiser un rassemblement devant l’entrée de l’hôtel du Département. Ce lundi, deux pans majeurs de la politique sociale étaient visés : la gestion du RSA et les délais d’attente à la MDPH (maison départementale des personnes handicapées, lire aussi notre édition du 17 février). « Des dossiers s’accumulent, parfois jusqu’à 8 mois d’attente », s’irrite Amandine Laugier, secrétaire CGT des personnels du Département, faisant redouter que la MDPH « devienne un service qui fabrique de l’exclusion ». Le syndicat réclame « des renforts pérennes ». Une préoccupation relayée dans l’hémicycle par Rémy Blanc (PCF) à laquelle a répondu Suzanne Bouchet, vice-présidente, en charge des solidarités et du handicap. « La numérisation des dossiers fait qu’on a pris de retard mais in fine on gagnera du temps, justifie l’élue. On a embauché des contractuels, tout n’est pas encore résorbé mais énormément de progrès ont été faits. »

    Le sujet du RSA (notre édition de lundi) n’a en revanche pas été abordé dans l’hémicycle. Interrogée à l’issue de la séance, Dominique Santoni, reste droite dans ses bottes : « On ne peut pas être contre le fait de remettre des gens au travail, tout ne peut pas être blanc ou noir mais des ajustements ont été faits », défend la présidente sur ce sujet au long cours. D’ici à cet été, la collectivité prévoit une large communication dessus. En attendant, « la situation est inacceptable », selon Amandine Laugier qui relève une « multiplication de décisions arbitraires ». « J’ai été contrôlée 14 fois en un an et demi », n’en revient pas Nina *, 46 ans, qui a depuis retrouvé un travail mais a été confrontée à une suspension indue de droits.

    * Le prénom a été modifié

  • Dominique Santoni refait l’âpre match des municipales

    Dominique Santoni refait l’âpre match des municipales

    Le parfum des municipales flottait, ce lundi matin, dans l’hémicycle départemental. Comme indiqué dans notre édition de lundi, seuls 7 conseillers départementaux sur 34 n’étaient pas concernés par le scrutin des 15 et 22 mars. La plupart avaient sûrement encore la tête à cette élection ayant plongé les élus dans la torpeur, tant la séance et ses 36 rapports techniques n’ont donné lieu à aucun débat, s’achevant en 50 minutes.

    Sur les 151 maires vauclusiens, 9 d’entre eux siègent au Département, dont 4 nouveaux. Après les « félicitations » de rigueur adressées aux nouveaux élus, Dominique Santoni a tenu à refaire le match du scrutin dans un propos liminaire. Non sur un pur plan de recomposition politique, mais sur le climat de ces élections. La présidente, elle-même réélue à Apt et nommée adjointe, n’a pas du tout vécu une campagne sereine, le dénonçant avec force dans une vidéo la veille du premier tour. « Le débat local, jusqu’ici relativement épargné, devient un ring à ciel ouvert : la confrontation des idées a laissé place à des tensions, des attaques personnelles ou des formes de radicalisation », déplore-t-elle.

    Ce serait ainsi la conséquence « du spectacle affligeant du débat national », où « tout se confond dans une confiscation du débat local » alors que ce qui doit primer est « la compétence du maire, ses projets pour sa commune ». Et de citer en exemple « des SMS qui arrivent sur les téléphones des électeurs, leur expliquant que la victoire à la présidentielle passe par la victoire de leur candidat aux municipales en 2026, conditionnant ainsi le choix de leur maire à des enjeux nationaux ou idéologiques ».

    Sans l’évoquer nommément, Dominique Santoni considère l’alliance PS-LFI à Avignon au second tour comme une « schizophrénie électorale ». Interrogée post séance, Dominique Santoni parle d’un climat « totalement délétère, je n’avais jamais connu ça ». Un peu comme David Fournier, candidat PS, à Avignon battu par Olivier Galzi (DVD). « Il incarne un renouveau », salue-t-elle à propos de ce dernier, tout en se gardant bien de répondre si le nouveau maire a participé à cette lourde ambiance.

    Les « actes » plutôt que « les cris » pour avancer

    Depuis sa fragile élection à la présidence du Département en 2021, Dominique Santoni s’évertue à ne surtout pas polariser le débat au national, hormis pour dénoncer les affres de l’État, et mettre en avant les institutions locales comme des « pôles de stabilité ». « Avec mes collègues de la majorité départementale, nous assumons une ligne claire : rassembler plutôt que diviser, agir plutôt que commenter », martèle-t-elle. L’ex-maire d’Apt exhorte les élus locaux à désormais « avancer, apaiser, recréer du lien car à la fin, ce ne sont pas les cris qui font avancer un territoire…ce sont les actes », conclut-elle, sans que personne ne rebondisse dans l’assemblée. Au global, les municipales ont vu un maintien de la droite – parfois d’un cheveu à Apt et Cavaillon –, un effondrement de la gauche et une progression du RN. Y voit-elle des enseignements en vue des départementales de 2028 ? « Pas encore, mais nous allons nous y mettre », évacue-t-elle, alors que l’extrême droite, qui n’a encore jamais dirigé de département, rêve de Vaucluse.

  • À Avignon, Olivier Galzi élu maire lors d’une séance qui solde la campagne

    À Avignon, Olivier Galzi élu maire lors d’une séance qui solde la campagne

    Ceint de son écharpe tricolore, Olivier Galzi sent « un poids immense », partagé entre « responsabilité et humilité » au moment de s’asseoir dans le fauteuil de maire, ce samedi midi. Sans surprise, l’ex-candidat DVD a été élu premier magistrat avec 36 voix, contre 5 pour Anne-Sophie Rigault (RN), 10 blancs -la gauche n’avait pas présenté de candidat- et 2 nuls. En attendant, dès ce lundi, de se plonger dans les finances et lancer « immédiatement un audit », Olivier Galzi a souhaité tourner la page de la campagne.

    Rappelant son triptyque de priorités, sécurité-propreté-circulation, Olivier Galzi fait déjà peser un air de « rigueur » sur la dépense publique, même si ses adjoints sont augmentés (lire ci-contre). « Nous sortons d’une séquence éprouvante. Le bruit et la fureur que certains appellent de leurs vœux au niveau national ont été rejetés par les Avignonnais. La campagne est terminée, place à la ville », veut-il avancer, remerciant « Cécile Helle [maire sortante] pour son attitude républicaine exemplaire ». « J’espère que l’opposition saura s’en inspirer. Je lui tends la main pour participer, dans la sérénité, à l’œuvre de redressement », poursuit-il.

    Mais il faudra plus que cette tonalité de promesses pour tisser une relation de confiance dans l’assemblée. Car l’opposition de gauche avait besoin de faire un solde de tout compte de cette campagne. S’il « félicite » Olivier Galzi, David Fournier (PS), arrivé second, tient à « revenir sur cette campagne qui a été rude, inélégante et diffamatoire », estime-t-il, sous quelques huées de l’assistance. Accusation de sang sur les mains, d’être antisémite, photo sur les réseaux sociaux d’un homme urinant sur son affiche, maison dégradée par deux fois… David Fournier se livre à un exercice cathartique. L’ex-adjoint évoque aussi son triptyque, solidarité-services publics-écologie. « Nous
    serons vigilants à la place
    que vous accorderez aux 11
     000 Avignonnais qui ont soutenu Ensemble et solidaires », prévient-il.

    « Porosité et vote utile »

    Mathilde Louvain (LFI), dont la liste avait fusionné avec celle de David Fournier, est déjà entrée de plain-pied dans le mandat. « Comptez sur notre attention permanente et nos valeurs humanistes », assure-t-elle, « heureuse d’avoir entendu que vous tourniez la page de la division ». Et d’inciter fortement Olivier Galzi « à s’engager dans le combat pour défendre les écoles publiques où une dizaine de classes sont menacées de fermeture ». Mouloud Rezouali (les Écologistes) a remis sur le métier sa marotte de la gratuité des transports et dénonce « la porosité avec un grave transfert de suffrages » lors du second tour.

    Allusion à la très forte progression de voix d’Olivier Galzi quand l’extrême droite en perdait 800. Si le nouveau maire parle « probablement de beaucoup d’électeurs socialistes », Anne-Sophie Rigault (RN) dément. « Vous avez été élu par un vote utile, pas d’adhésion qui vous appelle à la plus grande humilité », met en garde celle qui entame un 3e mandat d’opposante.

    Bien plus douce qu’à l’accoutumée, Anne-Sophie Rigault s’attribue une partie de la victoire, reprenant à son compte le terme « d’alliance de la honte [LFI-PS] » brandi par Olivier Galzi dans l’entre-deux tours. « Avignon a échappé au pire, vous avez identifié les mêmes priorités que nous depuis longtemps », remercie presque l’élue RN. Ce qui fait dire à un élu de gauche à l’issue de la séance : « Anne-Sophie Rigault s’est installée en 2e majorité. »

    L’indemnité des élus fait tiquer la gauche

    Ultime délibération, la fixation des indemnités des élus a fait tiquer Fabrice Tocabens (PS), ex-adjoint de la majorité précédente. « Certains adjoints ont une augmentation de 35%, même si vous baissez de 14% votre indemnité de maire, la hausse globale est de 25%, soit 11 000 euros par mois l’équivalent de 2 policiers municipaux », note-t-il en dénonçant « un choix cinglant quand tant de Français ont du mal à boucler leurs fins de mois ». Là où les adjoints percevaient environ 1 200 euros bruts, ce sera désormais 1 726 euros bruts. Le maire est à 5 631 euros bruts, les élus avec délégation 904 euros et ceux d’opposition, à 246 euros. Un choix assumé par Olivier Galzi : « Beaucoup ont pris un engagement pour réduire leur activité professionnelle, il me semblait juste de leur envoyer un signal face à l’exigence qui est énorme. » La gauche a voté contre, le RN pour. F.C.